posté le 02-07-2009 à 07:52:20

"Le remède et le poison", Dirk WITTENBORN

    États-Unis, 1952.

  Will Friedrich, jeune docteur en psychologie, enseigne comme assistant dans la prestigieuse université de Yale. Son épouse, Nora, s'occupe de leurs quatre enfants et Friedrich déplore la modestie de sa condition sociale, qui ne lui permet pas de combler sa famille comme il le souhaiterait.

   Aussi, lorsqu'il découvre qu'une de ses collègues, le médecin psychiatre Bunny Winton, a eu l'occasion, lors d'un séjour en Afrique, d'observer les effets bénéfiques sur le moral de ses patients de certaine plante exotique, il décide de saisir cette opportunité pour fabriquer à partir de cette plante un remède contre la dépression et franchir ainsi les portes de la réussite. Il convainc donc Winton de s'associer à lui pour élaborer ce médicament et le tester sur un échantillon d'étudiants volontaires, déprimés s'entend. Parmi eux, Casper Padrak, jeune homme au cerveau de surdoué mais au physique ingrat ...

 

   Si je vous dis que c'est exactement le genre de roman que j'aime, ça vous suffit ? Bon... je vais préciser un peu !

   Un narrateur revisite l'histoire de sa famille (de 1952 à 1994) et la sienne par la même occasion, dans une espèce d'autothérapie qui n'apparaît manifeste qu'in fine, avec une figure paternelle centrale, une histoire par certains aspects très originale bien sûr (très romanesque, quand bien même il semblerait que la trame en soit fortement autobiographique), avec quelques personnages étonnants et/ou déroutants, la vie qui au début semble suivre son cours tranquille, mais apparemment seulement parce que, évidemment, il se passera des choses absolument pas ordinaires. Et de toute façon, même dans les moments plus quelconques, le style ou les protagonistes colorent le récit d'une pointe d'incongru ou de dérision qui rehausse la banalité ou la fait basculer dans le hors normes, témoin ce début du roman où l'auteur évoque les étranges absences de son père (ses "phases-chaussettes", où il peut interrompre pendant un temps infini le geste entamé d'enfiler une de ses chaussettes, perdu dans d'insondables réflexions), telles qu'elles interviennent bien des années après le début du récit proprement dit.

   J'ai aimé participer à la vie de cette famille, la voir se redérouler sous mes yeux et comprendre, de l'intérieur, ce qui l'avait construite puis failli la détruire et comment le narrateur avait dû y trouver sa place... Au travers des personnages, que ce soient Friedrich, Nora ou Casper puis Zach, j'ai observé à l'œuvre la nécessité qu'éprouve chacun de se trouver, de réaliser ses rêves pour se réaliser lui-même. Comme Friedrich, j'ai espéré qu'il existait une substance miracle pour guérir l'humanité de son irrépressible tendance à la mélancolie et je me suis, au passage, interrogée sur la notion de folie telle qu'elle était encore perçue dans les années 50. Comme Zach, je me suis demandée ce qu'il fallait faire pour "avoir du caractère"... Et j'ai été surprise par le glissement progressif, en cours de narration, des drogues licites, les médicaments luttant contre les troubles du psychisme ou, simplement, les difficultés à vivre, aux drogues illicites de la période hippie, dont les buts sont si proches.


   J'ai vécu ce livre avec bonheur, goûtant les péripéties qui le ponctuaient et appréciant l'acuité et le mordant d'un narrateur doué pour nous faire partager les émois collectifs et individuels d'une famille, au travers d'une chronique enlevée, souvent caustique ou tendrement ironique, prenante et surtout terriblement humaine... voire terrible tout court.

   Un bon roman !

  

"Le remède et le poison", Dirk WITTENBORN

éditions Seuil (417 p)

 

L'avis de Cuné ("Un roman tout à fait réussi dans lequel on s'immerge profondément".)

 


Commentaires

 

1. Cuné  le 02-07-2009 à 08:04:39  (site)

Moi aussi c'est exactement le genre de roman que j'aime ! :-D

2. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 02-07-2009 à 08:12:18  (site)

rho ben c'est fou ça!! encore un que je tenais dans la main hier et que je n'ai finalement pas pris...
j'étais pô sûre que ça me plairait, mais vu ce que tu en dis, je pense que je vais me laisser tenter Sourire

3. amandameyre  le 02-07-2009 à 09:11:38  (site)

je ne lis pas ton billet car il part en vacances avec moi Sourire

4. cathulu  le 02-07-2009 à 11:05:53

Lâchement abandonné au moment des rats dans la piscine..Pas le bon moment sans doute Sourire

5. SD49  le 02-07-2009 à 11:09:23

et un de plus dans mon petit carnet deja bien rempli !!!!!

6. Leiloona  le 02-07-2009 à 11:24:32  (site)

Déjà que la couverture me faisait de l'œil ... alors si en plus ton billet est alléchant ... Clin doeil

7. brize  le 02-07-2009 à 12:05:20  (site)

@ Cuné : On est au moins deux !

@ Lasardine : J'ai longuement hésité aussi à l'acheter, guettant en vain son apparition à la bibliothèque (et manquant de patience car j'ai appris hier qu'il venait d'être commandé), pour finalement l'acheter, ce que je n'ai pas regretté (et mon cercle de lecture va apprécier, je crois... enfin j'espère, tout comme pour toi).

@ Amanda : Bonne lecture : j'espère qu'il te plaira !

@ Cathulu : Je penche pour "pas le bon moment" aussi, parce que j'aurais juré que c'était un livre pour toi !

@ SD49 : Le carnet-à-ne-pas-oublier-quand-tu-vas-à-la-médiathèque !

@ Leiloona : Si c'est aussi le genre de livre que tu aimes, n'hésite pas !

8. kathel  le 02-07-2009 à 12:45:47  (site)

Tu réussis à me faire noter un livre qui ne m'avait pas encore spécialement attirée ! Enfin, je le note pour la sortie en poche, disons, car ma PAL croît de manière exponentielle en ce moment !

9. Karine:)  le 02-07-2009 à 12:48:50  (site)

Très alléchant comme billet. Ce genre de thème m'intéresse beaucoup et je crois que ça me plairait!!

10. Aliénor  le 02-07-2009 à 13:56:14  (site)

Très alléchant en effet !

11. keisha  le 02-07-2009 à 14:20:46  (site)

"Si je vous dis que c'est exactement le genre de roman que j'aime, ça vous suffit ?"
Oh oui, Brize, ça me suffit!
Mais j'ai quand même lu l'article, sinon à quoi ça sert que tu l'écrives?
Voilà voilà, j'attends que la bibli fasse son travail...

12. brize  le 02-07-2009 à 18:44:19  (site)

@ Kathel : Hé, hé Diable, j'en note aussi chez toi, donc ce n'est que justice !

@ Karine : En tout cas, c'est ce que j'espère !

@ Aliénor : Quand on a aimé un livre, on a très envie que ce plaisir puisse être partagé !

@ Keisha : Ta remarque me fait très plaisir... et me prouve que nous commençons à avoir repéré nos goûts réciproques (au fait, j'espère que tu pourras bien venir au pique-nique de la blogoboule fin août : ce serait très sympa de faire enfin connaissance) !
Ta bibliothèque devrait le commander sinon tu peux le leur suggérer : j'avais vu une très bonne critique sur Télérama et j'en ai aperçu une autre du même acabit sur le site de Lire.

13. Ys  le 02-07-2009 à 21:53:59  (site)

Tu as un modèle de lettres pour le congé spécial lecture ?

14. Lounima  le 02-07-2009 à 21:58:52  (site)

La couverture et le titre me plaisaient déjà beaucoup lorsque je passais devant ce livre, alors, maintenant, c'est certain, je le mets dans ma liste à lire !

 
 
 
posté le 29-06-2009 à 08:03:05

"Mystère rue des Saints-Pères", Claude IZNER

    Paris, Exposition Universelle de 1889.

   La tour Eiffel attire les visiteurs en masse et ils en profitent pour signer le fameux Livre d'Or. Parmi eux, Eugénie Patinot, qui accompagne ses jeunes neveux. Ce sera sa dernière excursion, puisqu'elle meurt sur place, terrassée par une piqûre d'abeille.

Peu de temps auparavant, un homme mourait dans les mêmes conditions, sur les quais de la gare des Batignolles. Enfin, c'est au tour de l'explorateur John Cavendish de subir un sort identique.

   Si la police n'a pas l'air de se préoccuper outre mesure de cette série d'accidents, ce n'est pas le cas de Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères. Il se trouve en effet que son ami et collaborateur, le Japonais Kenji Mori, lui semble mêlé, de près ou de loin, à cette sinistre affaire, tout comme la jeune dessinatrice du journal à sensation "Le Passe-partout", Tasha Kherson, dont il vient de faire la connaissance et sous le charme de laquelle il est instantanément tombé. Le voilà donc entraîné, presque malgré lui, à mener l'enquête...

 

   J'étais impatiente de lire ce policier, repéré parce que l'action se déroule pendant l'exposition universelle de 1889 (et j'ai un faible pour tout ce qui a trait aux Expositions Universelles depuis la passionnante rétrospective que j'ai vue à ce sujet à la Conciergerie à Paris), mais je n'ai guère accroché à ce roman, dont j'aurais pu arrêter la lecture à tout moment si je n'avais souhaité m'en faire une idée exacte en allant donc jusqu'au bout. Pourtant le rythme est enlevé mais les personnages, le héros en tête, m'ont tous paru manquer de consistance et donc de crédibilité. Du coup, leur agitation (Victor Legris courant après Tasha , qui l'attire dès le premier regard...) me semblait sans intérêt, tout comme l'intrigue, qui n'a pas réussi à stimuler mon imagination.

    Les notations sur le Paris de l'époque sont certes bien rendues mais je n'ai pas ressenti l'atmosphère des Expositions Universelles comme cela avait été le cas lors de ma lecture du "Palais des Mirages", ni même l'ambiance de Paris tout court, comme dans "Obscura" (et procéder malgré moi à ce genre de comparaisons, au détriment du roman que je lisais, n'était pas bon signe).

  

   Pas séduite plus que cela, j'en resterai là de ma découverte de ce héros récurrent, le libraire Victor Legris. Mais que cela ne vous empêche pas, si ce type de roman policier historique vous tente, de tester à votre tour : cette série semble rencontrer en général un accueil favorable, ce que je comprends, car ce premier opus est vif, documenté et facile à lire.

 

"Mystère rue des Saints-Pères", Claude IZNER

éditions 10/18, collection Grands Détectives (283 p)

 

Fab n'a pas été emballée non plus mais Lilibook Miss Alfie , Bel Gazou  et Wictoria ont aimé.

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 29-06-2009 à 09:32:45  (site)

Je l'avais justement noté à cause du thème de l'expo universelle. Mince alors ... bon, je vais lire d'autres billets, histoire d'avoir d'autres points de vue. Clin doeil

2. kathel  le 29-06-2009 à 12:29:42  (site)

J'ai lu un autre titre du même auteur (ou des auteurs, je croyais qu'ils étaient deux, mais pourquoi ?) et je l'avais trouvé plutôt agréable et décrivant bien l'époque...

3. spikeathena  le 29-06-2009 à 21:22:20  (site)

bonsoir j'aime bien ton blog moi qui adore lire et j'aime les grands détectives la collections la ou est izner je vais aller me promener sur ton blog merci bonne soirée

4. brize  le 30-06-2009 à 08:22:20  (site)

@ Leiloona : Il peut tout à fait te plaire, comme ça a été le cas pour de nombreux autres lecteurs.

@ Kathel : Claude Izner est le pseudonyme utilisé par les auteurs, qui sont deux soeurs, Liliane et Laurence Korb.

@ Spikeathena : Bonnes balades sur mon blog, en espérant que tu y trouveras quelques idées de lectures à ton goût Sourire1. C'est vrai qu'elle est très bien, la collection "Grands détectives" de 10/18, avec un choix impressionnant !

5. la-ronde-des-post-it (laptitesardine)  le 30-06-2009 à 08:59:24  (site)

même si je ne suis pas dedans en ce moment, j'ai des périodes "policier", et justement je ne sais jamais vers lequel me tourner... je garde ce titre dans un p'tit coin, sait on jamais, même s'il ne t'a pas emballée...

6. la-ronde-des-post-it (ln)  le 30-06-2009 à 09:00:44  (site)

Le thème et l'époque ne me plaisent guère... ni la couv' d'ailleurs !!! lol tant pis!

7. brize  le 30-06-2009 à 12:19:58  (site)

@ Laptitesardine : Tu peux éventuellement en trouver d'autres en farfouillant dans la rubrique "policiers, thrillers" du blog, y compris en jetant un oeil au billet du 28/05/2008 où j'ai évoqué des policiers lus avant blog et où les commentaires donnent des tas d'autres pistes de lectures dans ce domaine.

@ LN : Dans ce cas, il vaut mieux passer Sourire1 !

8. Lilibook  le 30-06-2009 à 18:49:17  (site)

Ah dommage que tu n'es pas aimé, mais chacun à des goûts différents et des attentes différentes et c'est tant mieux ;-)) Et c'est ça que j'aime bien dans les blogs litté, c'est les avis de chacun.
A la rigueur je dirais que le 2ème de la série a un rythme moins lent et il m'a beaucoup séduite de nouveau. J'ai le 3ème dans ma PAL.
Bonne soirée.

9. brize  le 30-06-2009 à 19:08:11  (site)

Je crois aussi que ça dépend du moment où on lit le livre et de ce qu'on a lu juste avant : là, je sortais de "Little Bird" et le contraste était trop flagrant dans le traitement des personnages, fouillé chez Craig Johnson et à mon sens très léger chez Izner.

édité le 30-06-2009 à 19:08:29

10. Karine:)  le 01-07-2009 à 02:36:19  (site)

Dommage, le thème était tentant! Je vais aller lire les billets des autres, pour voir!

11. Lael  le 01-07-2009 à 16:35:56  (site)

heureusement on ne peut pas tout aimé et je dois t'avouer que cela m'arrange car une visite sur les blogs des copines et hop les LAL doublent de volume!! pour une fois je ne noterais pas celui là je prend en compte ton billet

12. brize  le 01-07-2009 à 20:33:50  (site)

@ Karine : De l'utilité des liens !

@ Lael : Quand ce ne sont pas des romans majeurs, j'avoue que je fais comme toi, ça permet de sélectionner et de toute façon il en reste toujours trop qu'on aimerait lire !

13. Stephie  le 02-07-2009 à 23:10:40  (site)

C'est un titre qui me fait très envie. Je verrai si je partage ton opinion.

 
 
 
posté le 26-06-2009 à 07:55:58

"Little Bird", Craig JOHNSON

     C'est au milieu de ses pâturages qu'un troupeau de moutons a découvert le corps de Cody Pritchard, tué par balle. Celui-ci faisait partie de la bande de quatre jeunes gens qui, deux ans auparavant, avaient violé l'Indienne Melissa Little Bird, suscitant l'opprobre publique. Autant dire que tout le monde est suspect !

   Le shérif d'Absaroka, Walter Longmire, va donc avoir fort à faire pour trouver le coupable, car les indices sont maigres...

 

   J'ai lu avec intérêt et tranquillement, car le rythme n'est pas celui d'un thriller et l'intrigue avance à la même allure que l'enquête, c'est-à-dire sans précipitation (heureusement qu'il y a un incident à mi-parcours pour la relancer), ce roman policier très dépaysant et dont j'ai apprécié le style, parsemé de pointes d'humour.

   Le lecteur se retrouve (et pour moi c'est tant mieux !) loin des ambiances gore des thrillers-urbains-avec-psychopathes, plongé dans le Wyoming (n'oublions pas que la spécificité des éditions Gallmeister est le Nature Writing), dans ces terres montagneuses restées en partie sauvages, proches de la Réserve cheyenne, où l'homme blanc côtoie l'Amérindien (c'est le terme à utiliser, rappelle l'un des protagonistes), quand il n'est pas, comme le shérif-héros, son ami. La nature, dont les descriptions sont intégrées à l'histoire sans l'alourdir, ne lui sert pas seulement de cadre mais joue son rôle, rappelant qu'ici elle impose encore sa loi. L'auteur accorde de l'importance à tous ses personnages et s'il s'agit bien d'un policier, ne vous méprenez pas, c'est d'abord un roman que vous allez lire, de ceux habiles à brosser portraits et environnements au sein du récit.

   A cet égard, la figure du shérif Walt Longmire retient bien évidemment l'attention. Près de deux mètres pour 118 kgs, la cinquantaine, Walt Longmire habite une espèce de cabane en friche, maison inachevée pour cause de veuvage quatre ans plus tôt et d'accès de blues soignés à coups de packs de bière, dont les caisses vides encombrent les lieux. S'il se laisse aller pour ce qui concerne le domaine domestique et sa bonne forme physique, Walt est malgré tout quelqu'un d'énergique, capable à l'occasion de distribuer quelques raclées bien senties. Surtout, il ne donne jamais dans l'apitoiement, prompt au contraire à manier l'autodérision. Il semble enfin que notre héros, fidèle jusque là au souvenir de son épouse, plaise aux femmes, en tout cas la belle Vonnie Hayes lui manifeste un intérêt certain et il s'en trouve tout chamboulé car virilité peut aussi rimer avec sensibilité.

   Dans son environnement immédiat gravite aussi son ami indien, Henry Standing Bear, dont la personnalité un peu mystérieuse nous vaut certain épisode montagnard inoubliable, à forte teneur en suspense, celui-ci, où le monde des vivants approche celui des esprits. A noter encore les adjoints du shérif, tous hauts en couleur, parmi lesquels Vic, belle jeune femme au tempérament affirmé dont son chef espère qu'elle pourra, à terme, lui succéder.

 

    Roman policier de qualité, "Little Bird" m'a plu, bien que je ne l'aie trouvé prenant que dans son dernier tiers, riche en tension dramatique. Ce sera donc volontiers que je retournerai, à l'avenir, dans le comté d'Abrasoka, y retrouver sa population, ses paysages et son shérif Walt Longmire, nouveau héros récurrent tout compte fait plutôt attachant.

 

"Little Bird", Craig JOHNSON

éditions Gallmeister (409 p)

 

Les avis de : Amanda , Cathulu , Emeraude .

 


Commentaires

 

1. Aifelle  le 26-06-2009 à 08:17:14  (site)

Déjà repéré chez les autres blogueuses, il me le faut celui-là ! Je suis quasiment sûre d'aimer.

2. keisha  le 26-06-2009 à 08:22:09  (site)

Pfff! Gallmeister, Nature writing, ce-livre-est-pour-moi-je-le-sais! Après Tapply et Abbey...et avant Peter From (dans ma PAL)

3. Lilibook  le 26-06-2009 à 11:38:25  (site)

Il doit être bien ce livre, dû au lieu et à l'ambiance.

4. amandameyre  le 26-06-2009 à 12:40:02  (site)

à lire Clin doeil)

5. BiblioMan(u)  le 26-06-2009 à 17:43:39  (site)

Je n'ai pas lu tout billet de crainte d'en apprendre trop. Jusqu'à présent je n'ai pas été déçu par les ouvrages de chez Gallmeister... dépaysement garanti. J'ai hâte de le lire :O)

6. brize  le 27-06-2009 à 19:37:25  (site)

@ Aifelle et Lilibook : Si vous aimez le polar en ambiance Grands Espaces, il devrait vous plaire !

@ Keisha : En tout cas, compte tenu de ton goût pour les romans de chez Gallmeister, tu as de bonnes raisons de le lire !

@ Amanda : De toute façon, tu le savais, qu'il me plairait !

@ BiblioMan(u) : On comparera nos billets après ta lecture !

7. la-ronde-des-post-it (laptitesardine) (laptitesardine)  le 30-06-2009 à 09:02:06  (site)

le fait que ce soit "loin des ambiances gore des thrillers-urbains-avec-psychopathes" me plaît!! ça peut changer... pourquoi pas? Sourire

8. brize  le 30-06-2009 à 12:21:57  (site)

@ Laptitesardine : Tu peux aussi, dans ce cas, trouver ton bonheur dans d'autres titres de romans policiers parus aux éditions Gallmeister car ce sont des romans qui ont la nature pour cadre.

9. cathulu  le 30-06-2009 à 19:34:51

Tu n'es donc pas sur les rangs pour séduire ce shériff , chouette !Sourire

10. brize  le 30-06-2009 à 19:59:16  (site)

Au début, quand j'ai découvert qu'il pesait 118 kgs (et ensuite, quand j'ai vu l'état de sa baraque), je me suis dit qu'il était mal barré pour me plaire ! Mais j'ai dépassé cette première approche en découvrant ce qui se cachait sous ces dehors peu attirants... pas au point de le trouver irréisistble, quand même !

 
 
 
posté le 23-06-2009 à 09:01:07

"Le liseur", Bernhard SCHLINK

  Allemagne, 1958

 A quinze ans, le narrateur vit une relation amoureuse et sexuelle intense avec une femme âgée de trente-six, Hanna Schmitz, une femme dont il a l'impression qu'elle ne se livre jamais totalement.

 Il la revoit sept ans plus tard, aux Assises, à l'occasion d'un procès funeste...

 

   Je ne pensais pas qu'une partie aussi importante du roman (dans mon édition, 88 pages sur 202) serait consacrée à ce que le narrateur et Hanna vivent ensemble et c'est vrai que j'ai attendu avec une certaine impatience ce qui, à mon sens, allait représenter le cœur du récit.

   Pourtant, approcher ainsi Hanna pendant toute cette période est capital. Car ce sont ses attitudes, avec ses retraits, ses emportements occasionnels et, d'une manière globale, sa façon de conserver, au-delà des actes intimes, une part d'ineffable mystère, que le lecteur, comme le narrateur, reviendront sonder ultérieurement pour tâcher d'y découvrir les clés de son terrible passé.

   Par ailleurs, j'ai apprécié la manière qu'a l'auteur de restituer les couleurs d'une petite ville allemande et de ses alentours, ainsi que celles d'une adolescence qui s'achève, entre cette liaison semi-cachée et les éclats de rire partagés avec les camarades du lycée autour des retrouvailles quotidiennes, l'été, à la piscine.

   Si cette première partie du roman ne m'a pas déplu (et s'avère indispensable car elle ne peut qu'éclairer ou tenter d'éclairer la suite), même si je reconnais l'avoir trouvée un peu longuette, la seconde m'a passionnée.


(attention, il n'y a pas vraiment de spoilers dans la suite de ce billet, mais je suis obligée d'être un peu plus explicite que d'habitude sur la teneur du roman, pour faire état des réactions qu'il a suscitées chez moi)

 

   Comme le narrateur, j'ai donc vu surgir le sombre passé d'Hanna (et je n'ai pas deviné son fameux "secret", qui m'a toutefois paru bien moins important que le reste, qu'à mes yeux il ne peut en aucun cas justifier). Et comme lui, je me suis interrogée pour essayer, en vain, de comprendre. Mais comment comprendre l'inexplicable ? L'auteur fouille, creuse la plaie encore ouverte, amorce des ébauches d'"explications" (anesthésie générale menant à une totale insensibilité face à l'horreur quotidienne, sentiment d'avoir un "travail" à accomplir point final, incapacité de trouver une alternative à l'exécution des ordres...) mais ne parvient pas à expliquer, à s'expliquer comment Hanna a pu participer à ce carnage.  En arrière-plan (comme dans ce film magistral de Costa-Gavras, "Music Box"), le narrateur se demande jusqu'à quel point on peut ne pas connaître les gens que l'on côtoie et ressent le sentiment douloureux d'avoir été trahi par un être cher... Et, sans cesse, la volonté de comprendre est anéantie par l'irrépressible besoin de condamner (quant à moi, j'ai fini par me demander si Hanna n'était qu'un monstre... mais alors, pourquoi y-a-t-il eu tant de gens, au même moment, pour renier leur humanité, leur compassion naturelle et fermer les yeux sur ces massacres ?).

   Le roman offre aussi une réflexion intéressante et pertinente sur la culpabilité allemande et la manière dont elle est vécue par les plus jeunes, lorsque l'inévitable conflit de générations se trouve inextricablement mêlé au poids des reproches formulés ou non auprès des aînés, au sujet de leur intolérable passé.


   Au final, "Le liseur" est un roman qui qui m'a fait une forte impression. Après lecture, j'ai continué à réfléchir à cette part d'inconnu d'Hanna, essayant d'entrevoir quel avait pu être son cheminement spirituel ultérieur, compte tenu de tous les éléments qui nous sont fournis sur la seconde partie de sa vie, sans toutefois parvenir à m'approcher davantage d'elle ...


"Le liseur", Bernhard SCHLINK

éditions Gallimard

et aussi en collection Folio

 

Les avis de : Sybilline , Levraoueg , Ys , Fantasio , Keisha , Karine , Erzébeth  , Cryssilda , Lasardine ...

 


 
 
posté le 22-06-2009 à 08:06:32

"Miss Potter"

     Dans la foulée de "Miss Charity", qui m'avait ravie, j'ai vu il y a peu le film inspiré lui aussi de la biographie de Beatrix Potter (mais plus fidèle), avec Renée Zellweger dans le rôle titre.

   Grosse déception avec ce film dont il me semblait pourtant avoir aperçu de bons échos sur les blogs de lecture.

   J'ai aimé les belles vues de la campagne anglaise et les (trop rares) passages rétrospectifs sur l'enfance de l'héroïne. Pour le reste, j'ai été atterrée par la manière dont Renée Zellweger joue le personnage de Beatrix Potter, qu'elle représente comme une vieille jeune fille coincée (tout en elle est coincé, de sa petite bouche serrée à sa silhouette et sa démarche, comme prisonnières d'elle-même), coincée d'ailleurs chez ses parents, puisque, alors qu'elle n'est plus toute jeune, elle vit encore chez eux et lorsqu'elle s'aventure à l'extérieur, c'est flanquée en permanence d'une espèce de duègne-chaperon caricaturale.

   Bref, le personnage frôle le ridicule (quand elle parle à ses personnages, on pourrait trouver cela attendrissant... sauf qu'elle a l'air un peu dingue) : je ne sais pas si cette interprétation reflète ce qu'était réellement l'écrivain-dessinateur mais en tout cas je me suis sentie bien loin de la sympathie et de l'attachement éprouvés pour cette chère Miss Charity (je nuancerai seulement en précisant que, tout à la fin du film, l'héroïne a trouvé grâce à mes yeux du fait de l'évolution de son comportement et de ses attitudes) !

 


Commentaires

 

1. Aifelle  le 22-06-2009 à 10:18:56  (site)

J'avais aimé ce film, mais je n'ai pas lu Miss Charity !

2. Alwenn  le 22-06-2009 à 12:09:10

J'ai aimé le film, que j'ai regardé il y a peu de temps. Je n'ai pas encore lu Miss Charityn qui est pourtant dans ma PAL. Dommage que tu n'aies pas aimé. Mais je comprends que parfois on a l'impression qu'elle est un peu "dingue" quand elle parle aux animaux... ^^

3. Leiloona  le 22-06-2009 à 22:51:47  (site)

Mince ! Je l'ai acheté hier ! smiley_id239869

4. SD49  le 23-06-2009 à 06:35:30

Pas du tout tentée du coup avec ce que tu as dit, je reste sur ma bonne impression de Miss Charity.

5. Brize  le 23-06-2009 à 09:07:35

@ Aifelle et Alwenn : Je pense que j'aurais eu la dent un peu moins dure avec Renée Zellweger si je n'avais pas lu Miss Charity avant, parce que, là, son image se heurtait avec celle que je m'était faite de Charity et ça, ce n'était pas bon du tout !

@ Leiloona : Jusqu'à présent, je n'ai pas lu d'avis négatif (sur les blogs) au sujet de ce film, donc il conserve toutes ses chances de te plaire Sourire1.

@ SD49 : A essayer peut-être à l'occasion, pour te faire ta propre idée.

6. manu--  le 23-06-2009 à 10:44:11  (site)

J'ai failli l'acheter mais il n'était qu'en version néerlandaise (ben oui quand on habite en Belgique, on a parfois quelques désagréments hihi)

7. brize  le 23-06-2009 à 13:43:44  (site)

Ah oui, en version néerlandaise... faut assurer Chat !

8. Ori  le 30-06-2009 à 21:57:59  (site)

Ah ben zut moi qui voulais le voir!

9. brize  le 30-06-2009 à 22:04:46  (site)

Ori, j'ai eu une réaction épidermique au jeu de Renée Zellweger, mais il y a beaucoup de spectateurs qui ont aimé, donc tu dois le voir pour te faire ton idée !

 
 
 
posté le 19-06-2009 à 07:59:14

"Miss Charity", Marie-Aude MURAIL

    Londres, 1875.

  Charity a cinq ans. Elle est fille unique, dotée de parents qui semblent ignorer son existence. Heureusement, il y a Tabitha, la bonne, mais Charity se méfie un peu des histoires terribles qu'elle lui raconte juste à l'heure du coucher. Et puis, il y a aussi les petits animaux qu'elle recueille pour les soigner dans la nursery et qu'elle aime dessiner.

  Charity grandit. A dix ans, elle bénéficie d'une gouvernante, Blanche, qui va essayer de lui inculquer les disciplines correspondant à son sexe, auxquelles la petite fille est rétive. En revanche, son goût pour le dessin et pour la nature, qu'elle étudie de manière scientifique, perdure. Elle s'occupe aussi en apprenant par cœur des pièces de Shakespeare. Surtout, elle est animée d'une indéfectible volonté d'animer une existence qui pourrait être morose et de lui fixer régulièrement des objectifs.

  Mais n'est-elle pas déjà un peu trop originale pour le monde dans lequel elle vit ?

  

   J'ai d'emblée été accrochée par le ton piquant du récit, qui démarre lorsque Miss Charity (dont l'histoire s'inspire librement de la vie de Beatrix Potter) n'a que 5 ans, mais déjà beaucoup d'esprit.

   En grandissant, cette jeune personne nous est d'autant plus proche et sympathique qu'elle est décalée par rapport aux codes en vigueur dans son environnement, déterminés par son sexe et sa condition sociale. Ainsi, ses centres d'intérêt (animaux, entomologie, champignons et moisissures qu'elle approche de manière scientifique) s'avèrent originaux et pas vraiment "féminins". Elle ne désire pas non plus se lancer dans le monde en se contentant de savoir jouer du piano, chanter et danser. Son modernisme et sa volonté d'avancer dans la vie sans avoir recours à la béquille habituelle du mariage lui confèrent donc le statut à part d'une héroïne moderne. Heureusement, elle n'a que faire du qu'en dira-t-on et, bien qu'elle soit dotée de peu d'estime d'elle-même (rien, dans le comportement de ses parents, ne l'ayant incitée à s'aimer car ils ne lui manifestaient guère d'amour), elle ne se pose jamais en victime mais en battante, tendue vers les buts qu'elle a choisis. Courageuse et tenace, Charity est infiniment attachante car elle refuse de céder à la neurasthénie que son existence produit chez elle, ainsi qu'à une santé parfois chancelante, pour toujours continuer à progresser.


   En dehors du personnage principal, le lecteur fait aussi la connaissance de l'environnement familial de Charity (dont ses deux cousines, Lydia et Ann, centrées sur leur mariage nécessaire et un de leurs proches, le jeune Kenneth Ashley, dont l'originalité séduit d'emblée notre héroïne) et de personnages secondaires mais spéciaux, comme Tabitha, ou attachants, comme le précepteur Herr Schmal et la gouvernante Blanche, les membres de la nombreuse et charmante famille de l'éditeur Mr King, quand il ne croise pas la route d'écrivains célèbres, tels Oscar Wilde et Bernard Shaw.


   Roman d'apprentissage dynamique, souvent drôle, sensible et chaleureux, offrant par l'intermédiaire d'un destin individuel un aperçu social très pertinent des mœurs de l'époque en général et de la place de la femme en particulier, "Miss Charity" est un livre que je n'ai pas pu lâcher une fois commencé et que j'ai aimé sans aucune réserve (mais est-ce bien étonnant, quand il s'agit d'un roman signé Marie-Aude Murail ?) !

   Qu'il soit estampillé "jeunesse" ne doit pas vous arrêter : c'est avant tout un excellent roman, et j'ai déjà croisé à la bibliothèque aussi bien une vieille dame qu'une jeune femme qui l'avaient adoré : si on ajoute à ces deux spécimens moi-même et ma fille de 14 ans, conquise elle aussi, vous aurez grâce à cet échantillon représentatif une idée du large public auquel cette "Miss Charity" est susceptible de plaire.

 

"Miss Charity", Marie-Aude MURAIL

L'École des Loisirs (563 pages faussement effrayantes, car la mise en page très aérée, du fait notamment des dialogues présentés comme ceux d'une pièce de théâtre, les rend tout à fait digestes)

 

Jusqu'à présent, toutes les lectrices qui l'ont lu l'ont aimé, que dis-je "aimé", adoré ! Les avis de : Clarabel , Cuné , Leiloona , Laël , Cathulu , Bookomaton , Marie , Papillon , Ori ...

 


Commentaires

 

1. keisha  le 19-06-2009 à 08:07:46  (site)

je voudrais bien le lire celui là, mais snif, ma bibli ne l'a pas... Un jour peut être... Et si je demande l'achat ils sont cap de le mettre en "jeunesse", là où je n'ai pas accès. Ben oui, c'est comme ça, une histoire d'informatique qui cloisonne.

2. keisha  le 19-06-2009 à 08:11:15  (site)

Gagné! Ils l'ont en jeunesse, disponible. Pour le lire, une seule solution : par petits bouts, installée dans la bibli... J'en suis capable! Une LCA n'a honte de rien!

3. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 19-06-2009 à 08:18:14  (site)

ha tu m'as donné envie!! je le note!!
et pour moi, le fait qu'il soit estampillé "jeunesse" n'a pas d'importance! j'ai déjà adoré plein de bouquins de cette catégorie (en même temps, j'suis encore jeune! lol Rire

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