posté le 06/05/09

"Passage du vent", Harry BELLET

 Présentation de l'éditeur :

   Guantanamo, on n'en sort pas facilement, et on s'en échappe encore moins. Mais Sam Adams est réputé pour ne rien faire comme tout le monde...

   A la veille d'éblouir le Tout-New York avec son nouveau joujou - une fondation d'art contemporain en plein cœur de Manhattan - le redoutable milliardaire et maire de New York, Adhemar Thibodeaux jubile : le seul homme qui menace son pouvoir, le seul qui a suffisamment de preuves contre lui pour révéler ses crimes et le faire tomber, le détective-assureur Sam Adams, croupit, sur son ordre, dans les geôles de Guantanamo. Mais, tout puissant qu'il soit, Thibodeaux a tort de se croire débarrassé d'Adams, qui n'a rien oublié de ses années de soldat dans les forces spéciales...

   Porté par l'élégance et le style de son héros, plein de flegme et d'humour, Harry Bellet nous entraîne dans un polar mené à cent à l'heure, de Cuba à New Yen passant par Moscou, Bonifacio, Langley (le siège de la CIA et même le ministère de l'intérieur, place Beauvau.

 

   Parce que je n'ai pas su résister à la (sympathique) proposition de la BOB team, partenaire des éditions Robert Laffont, j'ai plongé directement dans le troisième volet des aventures de Sam Adams, sans avoir lu les deux précédents.

   Ce coup-ci, contrairement à ce qui figure sur la couverture, il ne s'agit pas d'"Une nouvelle enquête de Sam Adams", mais des efforts que tous ceux qui le connaissent et l'apprécient vont déployer pour le faire sortir de Guantanamo, tandis que les autres, c'est-à-dire, essentiellement, celui qui a réussi à l'y faire enfermer, vont s'acharner à le faire taire définitivement. "Interrogé" dans le cadre de sa captivité (et on ne sort pas de Guantanamo facilement...), Sam Adams ne m'est donc malheureusement pas apparu sous le jour du "héros plein de flegme et d'humour" décrit plus haut, tel que j'aurais sans doute pu le connaître si je l'avais fréquenté dans les deux tomes décrivant les aventures l'ayant conduit à son dramatique emprisonnement ("L'affaire Dreyer" et "Carré noir"). La tonalité de cet opus-ci est en effet sombre.

   Néanmoins, j'ai apprécié la technique de l'auteur : la narration est enlevée et maintient le suspense en permanence, au gré de séquences précédées d'une indication de date au sein desquelles alternent les chapitres courts, mentionnant chacun l'endroit où ils se déroulent (un peu comme dans les séries télévisées de ce type). Les personnages ont leurs caractéristiques (et leur caractère) bien à eux, une réelle originalité et certains suscitent notre sympathie. Il y a une "patte" Harry Bellet, c'est sûr, alliance maîtrisée des points que je viens d'évoquer et de considérations psycho-sociologiques tout à fait dignes d'intérêt sur l'art contemporain des pays parcourus, avec à l'occasion quelques notations descriptives sur les pays en question suffisantes pour que le lecteur s'y projette.

   Voilà donc un auteur de romans policiers français, historien d'art de formation, que je suis ravie d'avoir découvert, comme je vous suggère à votre tour de le faire... mais pas à ma manière : j'ai eu l'impression de commencer à regarder une série en étant catapultée immédiatement au début de la saison 3. J'ai réussi, en gros, à reconstituer le puzzle des deux "saisons" antérieures, grâce aux indications fournies par l'auteur, mais quelle frustration de connaître la fin (provisoire ?) de ces aventures pleines de rebondissements sans les avoir suivies depuis leur origine, quand les personnages (quasiment tous sont récurrents) apparaissent puis se rencontrent, quand les amitiés (voire plus...) se nouent et les inimitiés se forgent !

Allez, si j'en ai l'occasion, j'irai faire un tour du côté des deux volumes précédents !

 

"Passage du vent", Harry BELLET

éditions Robert Laffont (293 p)

 

edit du 16/05 : L'avis de BiblioMan(u) ... très différent du mien ("[...] une farce grossière, mal fagotée, qui frôle le ridicule |...]") !

 


Commentaires

 

1. kesalul  le 06-05-2009 à 09:56:35  (site)

Merci de ta participation Brize. Contente que ce livre dans son ensemble t'ai plu.
On te recontacte une prochaine fois?
Kesalul

2. kathel  le 06-05-2009 à 12:57:11  (site)

Je ne connais pas du tout cet auteur, et je note les deux premiers... bien que le sujet du troisième et les lieux où il se passe me parlent beaucoup !

3. brize  le 06-05-2009 à 13:15:08  (site)

@ Kesalul : Cela fait toujours plaisir de pouvoir parler en bien d'un auteur (français qui plus est) au sujet duquel je n'avais jusqu'à présent rien vu sur les blogs.
Partante (bien sûr !) pour de nouvelles propositions !

@ Kathel : Si ce tome-ci t'attire davantage, tu peux quand même le lire directement, c'est tout à fait faisable.

4. SD49  le 06-05-2009 à 14:46:01

bizarre, aucun livre de cet auteur dans le catalogue de ma bibliothèque, dommage !

5. Brize  le 06-05-2009 à 19:20:38  (site)

Ici, ils ont le deuxième tome ("Carré noir") accessible pour moi dans une des annexes, alors que le premier n'est présent qu'à la bibliothèque centrale (à laquelle je ne me suis pas inscrite cette année car elle est trop loin de chez moi). Quant à la médiathèque de la ville voisine à laquelle je suis en revanche inscrite, c'est pareil que chez toi : ils ne connaissent pas !

6. pom'  le 10-05-2009 à 09:59:17  (site)

je note le premier pour découvrir l'auteur

7. Thaïs  le 10-05-2009 à 18:02:36  (site)

ce livre me semble bien intéressant !
A bientôt Brize

8. Brize  le 10-05-2009 à 18:18:10  (site)

@ Pom' : Si tu en as la possibilité, c'est mieux, à mon avis, de commencer avec le premier.

@ Thaïs : Bonne (future) lecture et à bientôt !

9. freude  le 10-05-2009 à 18:19:18  (site)

Je ne connais pas encore Sam Adams ! Noté !

10. liliba  le 10-05-2009 à 20:57:05  (site)

Pas pour moi, je crois.

11. brize  le 11-05-2009 à 18:11:29  (site)

@ Freude : Il me semble que cet enquêteur atypique (spécialisé dans l’art) doit gagner à être connu !

@ Liliba, de toute façon, on ne peut pas tout lire !

12. BiblioMan(u)  le 16-05-2009 à 10:14:47  (site)

Une fois de plus, nous n'avons pas eu la même vision du livre. Ce qui bien sûr, ne veut pas dire que je n'adhère pas à tous tes billets. Il y a certains des livres que tu as commentés sur lesquels je suis prêt à foncer tête baissée :O) J'ai mis ton billet en lien aussi.

13. brize  le 16-05-2009 à 12:04:33  (site)

@ BiblioMan(u) : Heureusement que c'est la même couverture, sinon on pourrait se demander si on a lu le même livre Hoooo, en particulier parce que j'en ai retenu le côté sombre, qui a totalement occulté pour moi l'humour dont tu fais état.
Mais, après tout, nos commentaires se complètent en se nuançant (fortement !) l'un l'autre !!!
Et, même si ces temps-ci ce n'est pas le cas, il arrive plus souvent (pour me rassurer, je viens de le vérifier en faisant un tour sur ton blog !) que nos avis se rejoignent sur nos lectures communes, comme pour "Zen City", les romans de W.G. Tapply, "Swap", "La mémoire fantôme, "La déclaration"...

14. Lucile  le 24-05-2009 à 13:55:08  (site)

Le nom de l'auteur est donc à retenir... Je vais m'y essayer! Sourire

15. brize  le 24-05-2009 à 19:52:43  (site)

En essayant de commencer par le commencement, pas comme moi !

 
 
 
posté le 04/05/09

"L'Amour est à la lettre A", Paola CALVETTI

  Italie, à Milan, en 2000.

  A cinquante ans, Emma, divorcée et mère d'un garçon de dix-sept ans, prend un tournant radical dans sa vie en décidant d'ouvrir une petite librairie uniquement consacrée aux romans d'amour, "Rêves et sortilèges". Peu de temps après, elle renoue avec Federico, un ancien amour de jeunesse, architecte marié vivant maintenant à New-York. Entre eux deux s'installe une relation épistolaire secrète, qui prend bientôt autant d'importance dans la vie d'Emma que le développement de sa librairie...

 

   Lorsque j'ai accepté la proposition de chez-les-filles.com de recevoir ce roman des Presses de la Cité, ce fut après en avoir lu les premières pages, ici : l'écriture, le thème (et la couverture) ne me déplaisaient pas et un roman d'amour à l'air pas bête, en partie épistolaire qui plus est , à l'occasion... ça ne se refuse pas.

   J'en ai donc entamé la lecture toute guillerette, charmée par les premiers pas de la narratrice dans le nouveau monde qu'est sa petite librairie (même si je n'adhère pas à son concept romans d'amour exclusivement), sa manière de composer les vitrines, sa relation avec les livres et leurs lecteurs etc. Les retrouvailles avec l'ancien amoureux, le coup du "tu n'as pas changé", trente ans après, pourquoi pas, il y a effectivement des gens qui changent peu physiquement (en quantité sans doute moindre dans la vie réelle que dans les romans) et les deux cœurs immédiatement à nouveau au diapason, malgré les années écoulées, là aussi pourquoi pas.

   J'ai gentiment poursuivi mon petit bonhomme de chemin... sauf que j'ai commencé à me demander, au bout d'un moment, quel allait être le ressort dramatique permettant à ce roman de tenir sur la durée (ça, c'est bien évidemment parce que je sentais que, moi, je n'étais pas vraiment captivée et que je m'essoufflais pour ne pas dire que je m'ennuyais un peu, malgré un certain intérêt pour la vie de la librairie et un intérêt bien moindre pour une histoire d'amour stagnante).

   Déjà, j'avais noté chez moi une fâcheuse tendance à survoler puis à carrément zapper les lettres de Federico, lorsqu'il partait dans ses anecdotes historico-architecturales. Mauvais signe. Arrivée malgré tout au milieu du roman, j'ai commis l'irréparable (ce qui, contrairement à ce que quelqu'un de mon entourage proche prétend, ne m'arrive qu'exceptionnellement) : je suis allée fureter plus loin (bon, oui, d'accord, vers la fin), pour voir quel serait le point d'arrivée (pour la date à laquelle ça finissait, euh... j'avais déjà été jeter un œil !). Au passage, j'ai chopé une scène-clé (dont je ne peux parler ici sous peine de spoiler mais dont je dirai seulement qu'elle m'a laissée particulièrement dubitative), le tout ne m'a pas vraiment motivée pour poursuivre.

   Je suis donc revenue en arrière et, par acquis de conscience (histoire de vérifer que je ne ratais rien de capital), j'ai parcouru en diagonale (balayant les pages d'un œil vigilant) la seconde partie du roman.

 

   Bilan ? Un livre sans aucun doute plaisant, bien rédigé, faisant preuve d'une grande culture littéraire (mais, paradoxalement, j'ai aussi sauté des passages relatifs à la littérature, qui n'avaient pas forcément l'art et la manière de me séduire... ) et qui caresse dans le sens du poil toutes les lectrices rêvant d'une petite librairie avec salon de thé intégré délicieusement cosy.

   Cependant, pour ce qui concerne l'histoire d'amour, Federico (à cinquante ans passés, quand même), reste bloqué dans son mariage, état de fait sans lequel le roman n'aurait pas lieu d'être mais qui, à mon sens, tient davantage du trivial que du romanesque : heureusement qu'il y a une correspondance sous forme de lettres (et non d'e-mails), qui donne une petite couleur romantique à cette aventure .

   Enfin et c'est là, pour ce qui me concerne, le point qui fut bloquant, l'histoire s'étire en longueur et manque cruellement de tension dramatique, puisque la seule question que le lecteur se pose est : "Bon, alors, cette histoire d'amour à distance, elle va durer longtemps ?". Et il faut croire que j'ai trop lu de thrillers ces temps-ci, car le rythme normal de l'écoulement des jours ne me convient guère !

   "L'amour est à la lettre A" fut donc une lecture dans un premier temps agréable et sensible, pimentée par le développement (idéal !) de la librairie "Rêves et sortilèges", mais pas suffisamment motivante pour qu'elle réussisse à capter durablement mon attention.

  

"L'Amour est à la lettre A", Paola CALVETTI

Presses de la Cité (380 p)

 

Cryssilda n'y va pas par quatre chemins : "Le roman rassemble tous les éléments qui font pour moi un mauvais livre...". Hathaway n'a pas été séduite : "[...] même si j'ai apprécié certains romans d'amour dans le passé, sur ce coup-là, j'ai été totalement hermétique", Restling non plus : "[...] je n'ai pas du tout été embarquée par ce roman semi-épistolaire".

Pom' a trouvé la lecture plaisante mais s'attendait à mieux. Cuné relève certes des imperfections mais "En tant qu'amoureuse des livres [...] déclare solennellement ce roman sympathique". Virginie a été conquise : "Ce roman est un vrai petit bijou !" et Doriane la rejoint dans cette appréciation.

 


Commentaires

 

1. la Pyreneenne  le 04-05-2009 à 08:38:53  (site)

J' ai l' impression que que les avis sont dans l' ensemble plus négatifs que positifs !

2. keisha  le 04-05-2009 à 08:45:53  (site)

Avis fort divers... Mais je ne l'ai pas lu!
Pourtant au départ l'idée était bien, non?
Sur ton en passant: j'ai lu aussi Déjanté (et sa suite) et Lune captive. Aimé beaucoup ces deux là, alors bonne lecture!

3. SD49  le 04-05-2009 à 10:23:25

J'ai tellement de livres sur ma LAL que je n'y ajouterai pas celui-là. J'ai bien aimé Lune captive dans un oeil mort comme la théorie du panda du meme auteur.

4. Alwenn  le 04-05-2009 à 11:54:36

Bon décidément, après tous les avis que je lis sur la blogo, je crois que je passe mon tour définitivement...

5. kathel  le 04-05-2009 à 12:00:44  (site)

Au moins, je n'ai pas de regrets de ne pas avoir reçu de proposition pour ce livre !

6. Hathaway  le 04-05-2009 à 12:12:31  (site)

J'avais hâte de connaître ton avis et ton avis est très bien fait !
J'ai prêté le livre à ma maman, elle peine, elle aussi.

7. Aifelle  le 04-05-2009 à 12:55:39  (site)

J'ai presque terminé la lecture de ce roman, je reviendrai à ton billet après. Je pense que je serai moins sévère que toi.

8. brize  le 04-05-2009 à 13:38:05  (site)

@ La Pyrénéenne et Alwenn : Attendons de voir : je n'ai recensé que les avis dont j'ai eu connaissance et d'autres vont continuer à paraître.

@ Keisha : C'est surtout l'idée de la librairie qui m'avait séduite (même si une librairie consacrée aux romans en général m'aurait davantage convenu) !
C'est ton billet sur "Triste flic", de Hugo Hamilton qui m'a donné envie de lire le précédent, "Déjanté" (j'avais d'ailleurs cru comprendre que, celui-ci, tu ne l'avais pas lu), pour y faire la connaissance du héros récurrent, Pat Coyne. Et je ne regrette pas cette découverte, que je te dois !

@ SD49 : Tu verras, il y a des avis divergents sur d'autres blogs... alors tu finiras peut-être par le rajouter quand même sur ta LAL !
Apprécié aussi "Lune captive dans un oeil mort" (cf mon billet à venir).

@ Kathel : Elle pourrait encore venir, cette proposition !

@ Hathaway : J'ai hésité à laisser ce billet tel quel, parce que je le trouvais un peu long pour une lecture inachevée. Mais je souhaitais rendre compte de l'évolution de ma perception du roman et expliquer pourquoi je l'ai laissé en cours de route, alors que je partais avec un a priori favorable et l'envie qu'il me plaise.
Je l'aurais volontiers prêté à ma maman, si elle habitait plus près, pour avoir son avis. Ce sera pour les prochaines vacances : en attendant, il va faire le tour de mon cercle de lecture (je vais veiller à ne pas les dissuader de le lire... et comme toutes ne fréquentent pas ce blog, ça devrait être possible !), parce qu'il peut très bien plaire, comme le montrent les échos divers qu'il recueille dans la blogosphère.

@ Aifelle : Euh... je t'assure que j'ai essayé de ne pas être trop sévère, en collant au mieux à ce que j'avais ressenti en cours de lecture !

9. pom'  le 04-05-2009 à 18:42:22  (site)

l'histoire d'amour et son final m'a fait finir ce livre mais il est parfois monotone.

10. Leiloona  le 04-05-2009 à 23:09:02  (site)

Je passe moi aussi. Déjà qu'il ne me disait rien sans le connaître ...

11. Karine :)  le 05-05-2009 à 12:52:15  (site)

Le thème me plait tout à fait... et au départ, j'étais super déçue qu'on ne me l'ait pas proposé (chez les filles me boude!!) mais plus ça va, plus je me dis que bon, c'est peut-être pas la fin du monde après tout! Sourire

12. floaimelesmots  le 05-05-2009 à 18:15:17

Et bien, un de moins sur ma LAL !

13. brize  le 05-05-2009 à 20:34:18  (site)

@ Pom' : Comme toi j'avais envie de savoir comment cette histoire allait finir... mais j'ai aussi trouvé qu'elle manquait un peu de rythme !

@ Leiloona : Dans ce cas, il vaut mieux effectivement ne pas insister, il y a assez d'autres livres qui t'attendent !

@ Karine : Oui, je pense que tu pourras survivre à cette non-lecture... encore que Diable ?!!!

@ Floaimelesmots : Est-ce bien raisonnable ? Ce livre plaît pas mal, quand même Fillette !

14. pralinerie  le 05-05-2009 à 20:52:30  (site)

Bon, je ne l'ai toujours pas commencé et les critiques que je croise ne me donnent pas très envie...

15. george sand et moi  le 07-05-2009 à 13:58:53  (site)

En ce moment il y a de nombreux romans qui parlent de librairie... le lieu devient sujet romanesque!j'ai également entendu parler de "Au beau roman" de Cosset, qui parle d'une librairie consacrée uniquement aux chefs-d'oeuvre de la littérature, je ne sais pas ce qu'il vaut! le connais-tu ?

16. brize  le 07-05-2009 à 14:09:03  (site)

@ Praline : Il te plaira peut-être... je serais bien incapable de le prévoir (et je vais guetter ton billet pour en avoir le coeur net ) !

@ George Sand et moi : J'ai moi aussi vu des billets au sujet de "Au bon roman", qui ne m'attire pas trop. Comme toi, j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de livres autour des livres ou de la littérature en général. Davantage qu'avant ou bien y sommes-nous plus sensibles parce que nous les voyons dans la blogosphère littéraire ? Je ne sais pas mais j'ai tendance, peut-être à tort, à finir par me méfier de cette thématique en craignant qu'elle ne soit un moyen pour l'auteur de masquer un manque d'inspiration pour parler d'autre chose que ce que lui et ses lecteurs potentiels connaissent bien et aiment : les livres (avec en plus l'impression qu'on tourne en circuit fermé et que la littérature ne permet pas de s'ouvrir ainsi sur autre chose que sur elle-même).

17. Cryssilda  le 07-05-2009 à 17:51:03  (site)

Ah la la, tous vos billets me rassurent ! Sourire Très amusant ton billet, tu lances un truc pas trop dur, pis hop, tu nous fait une pirouette et finalement ça devient plus cignlant Sourire

18. brize  le 07-05-2009 à 22:05:28  (site)

Cinglante, moi ? C'est pas (du tout !) mon style smiley_id119173 !!! (et ravie que mon billet t'ait plu... davantage que le roman smiley_id118881 ?!).

19. Laetitia la liseuse  le 08-05-2009 à 10:10:31  (site)

c'est beaucoup d'attente pour pas grand chose apparemment ! dommage. l'histoire avait l'air sympathique.

20. brize  le 08-05-2009 à 11:48:32  (site)

Laëtitia, j'ai été déçue, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde (d'ailleurs, en Italie, le livre a rencontré un beau succès) et l'histoire n'est pas désagréable : la seule solution pour savoir si ça te plaît ou non sera donc de tenter Clin doeil1 !

21. liliba  le 10-05-2009 à 20:58:48  (site)

Je rêve d'une librairie avec salon de thé cosy ! Mais je n'ai pas lu ce livre, et au vu des billets lus précédemment, plus du tien, je ne vais pas le noter, celui-ci !

22. brize  le 10-05-2009 à 21:10:02  (site)

A ta place, Liliba, je lui laisserais sa chance, car les avis sont partagés et si ça se trouve il te plaira malgré tout.

23. Restling  le 15-05-2009 à 20:48:16  (site)

Je n'ai pas trop apprécié non plus ce roman, je me suis plutôt ennuyée en me demandant comme toi, si il allait bientôt se passer quelque chose !

24. brize  le 16-05-2009 à 12:09:03  (site)

Restling, je confesse humblement que j'ai un faible pour les romans où on tourne les pages sans problème, parce qu'il s'y passe toujours quelque chose !

 
 
 
posté le 01/05/09

"La controverse de Valladolid", Jean-Claude CARRIERE

   1550, à Valladolid (Espagne)

  Le philosophe Sepulveda s'est vu refuser la publication en Espagne d'un livre qu'il a fait paraître en Italie : "Des justes causes de la guerre". Il souhaite que l'Église revienne sur ce veto qu'elle a formulé et fait appel.

   Une commission de théologiens est donc convoquée à Valladolid. Présidée par le légat du pape, le cardinal Roncieri, il lui incombera de donner ou non son aval à cette publication. Le dominicain Bartolomé de Las Casas, qui a passé la majeure partie de sa vie en Amérique, représente ceux qui s'opposent aux thèses de Sepulveda, selon lesquelles la colonisation par le fer et dans le sang était juste et justifiée.

   Pour y voir plus clair, il importe de répondre à une question fondamentale, objet de la controverse : les indigènes sont-ils ou non des humains, créatures de Dieu ?

 

   Dans le prologue, l'auteur, historien de formation, explique très précisément comment il a utilisé des données historiques réelles pour en faire un roman, distinguant ce qui correspond à l'exacte vérité factuelle et ce qui relève de la mise en scène romancée : j'ai beaucoup apprécié ces quelques éclaircissements, grâce auxquels on situe sans ambiguïté l'œuvre dans son dessein et sa réalisation.

 

   Le premier chapitre présente un rappel historique permettant d'appréhender au mieux le contexte spécifique de la controverse. Y sont évoquées les différentes phases de la colonisation espagnole du Mexique et plus généralement des territoires de l'Amérique du Sud, avec comme corollaire l'anéantissement des empires aztèques et mayas (et donc des civilisations qu'on appellera ensuite précolombiennes), ainsi que toutes les questions que les contemporains se posaient au sujet de la nature de ces étranges créatures d'allure humaine peuplant ces terres lointaines.

 

   Le début de la controverse m'a surprise parce que Las Casas raconte les horreurs commises par les Espagnols lors de leur conquête et je ne m'attendais pas à de telles atrocités, à une telle barbarie.

   Lorsque c'est au tour de Sepulveda d'intervenir, la "dispute" proprement dite démarre. Elle est brillante, impressionnante. Chaque adversaire maîtrise parfaitement ses arguments, même si, dans l'art de la rhétorique , c'est Sepulveda qui a l'avantage car c'est un être froid et calculateur, de logique pure, alors que Las Casas parle avec son cœur, de toute sa fougue, marqué par les expériences vécues. Les arguments évoqués par Sepulveda paraissent, à nos yeux de lecteurs du XXIème siècle, infiniment datés parce qu'ils reposent sur des concepts que nous ne pouvons plus maintenant accepter (et que Las Casas n'acceptait pas non plus). Mais c'est justement l'intérêt du livre : mesurer ce que l'esprit humain, pour justifier l'inacceptable, pouvait concevoir comme argumentation spécieuse (et on a du mal à imaginer qu'il y croyait vraiment), à partir des théories d'Aristote (sur la notion de peuples par nature esclaves car inférieurs, des sous-humains en quelque sorte) et/ ou de l'interprétation alambiquée de textes sacrés, par le recours à des syllogismes retors.

 

   On ne s'ennuie pas une seconde, comme on pourrait le craindre en se disant qu'une joute verbale de ce type, quelle que soit sa qualité, va finir par nous lasser. En effet, la controverse proprement dite est en elle-même déjà intéressante et stimulante mais elle est aussi parfaitement maîtrisée dans sa construction et son rythme, avec notamment des épisodes de tension entre les deux protagonistes (dus en particulier à la bouillonnante personnalité de Las Casas), l'incertitude qui règne quant à son issue et donc le suspense qui en découle. Qui plus est, l'auteur y a inséré d'autres éléments de dramaturgie (introduction d'un objet puis de personnages extérieurs sujets d'expériences) propres à retenir l'attention du lecteur, car ils contribuent à mettre en scène la controverse comme une pièce de théâtre. Pris dans cette mécanique de précision, dont il ne peut qu'apprécier l'intelligence, le lecteur se laisse emporter jusqu'au dénouement, à double détente, qui ne manquera pas de le surprendre.

   Un petit livre passionné et passionnant.

 

N.B : Il ne me reste plus qu'à guetter une rediffusion de l'adaptation télévisée (1) qui en a été faite (que je n'ai jamais vue), avec le superbe Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Las Casas, Jean-Louis Trintignant dans celui de Sepulveda et Jean Carmet dans celui du légat du pape (excusez du peu !), que j'imagine tous les trois parfaits dans leurs rôles respectifs!

(1) Renseignements pris (après le commentaire de Leiloona), apparemment, il y a d'abord eu le téléfilm, sur un scénario de Jean-Claude Carrière, puis le livre et quelques années plus tard l'adaptation sous forme d'une pièce de théâtre.

 

"La controverse de Valladolid", Jean-Claude Carrière

collection Pockett (253 p)

 


Commentaires

 

1. la Pyreneenne  le 01-05-2009 à 11:12:08  (site)

J' avais beaucoup beaucoup aimé l' adaptation télévisée !
Bon 1er mai Brize ...

2. keisha  le 01-05-2009 à 11:33:10  (site)

Débat intéressant! Ce n'est pas là qu'on suggérait de remplacer les indiens (qui ont une âme) par... (je ne veux pas spoiler!) ?

3. amandameyre  le 01-05-2009 à 12:01:55  (site)

je l'ai lu il y a qq temps maintenant, mais j'en garde un bon souvenir et me dis souvent que je devrais le relire Sourire

4. brize  le 01-05-2009 à 13:31:48  (site)

@ La Pyrénéenne : Je l'ai laissée passer à plusieurs reprises car je n'étais pas dans l'état d'esprit ad hoc pour la regarder à ce moment-là (ben oui, j'suis comme ça, faut tomber au bon moment !) ! Mais maintenant, j'ai TRES envie de la voir, parce que j'imagine que ce téléfilm doit être à la hauteur du livre, je dirais parfait !
Bon 1er mai à toi aussi !

@ Keisha : Chuuut Sparadrap...., lectrice à l'excellente mémoire !!!

@ Amanda : ça ne m'étonne pas que tu aies envie de le relire : je trouve que, dans son genre, c'est vraiment un petit livre brillant.

5. Leiloona  le 01-05-2009 à 15:30:05  (site)

Lu et relu dans le cadre du boulot. Un livre indispensable ! (Je préfère la pièce de théâtre au roman : écriture plus incisive.)

6. choupynette de restin  le 01-05-2009 à 19:14:49

J'avais adoré le film, vu au lycée... jen e savais pas que c'était tiré d'un livre, mais du coup j'ai très envie de le lire!

7. Neph  le 01-05-2009 à 19:42:16  (site)

Je l'avais aussi vu et lu au lycée, et même subi pour le bac : je l'ai redécouvert depuis ! Lire sous la contrainte, c'est un calvaire...

8. brize  le 01-05-2009 à 19:57:30  (site)

@ Leilonna : J'ignorais qu'il y avait une pièce de théâtre : j'ai complété le Nota Bene de mon article en conséquence (mais la pièce doit ressembler beaucoup à la reprise des dialogues du téléfilm, non ?).

@ Choupynette : Tu vas sûrement apprécier, en retrouvant le plaisir du film !

@ Neph : Je ne risquais pas d'étudier ce livre pour le bac... étant donné qu'il n'était pas encore paru quand je l'ai passé ! Il me semblait vaguement, ce que les commentaires confirment, que l'œuvre était parfois étudiée au lycée. Pour ma part, c'est vrai que j'ai apprécié de la lire telle quelle, sans aucun appareil critique et sans avoir vraiment conscience de me plonger dans une œuvre "reconnue". A posteriori, je peux dire qu'à mon sens cette reconnaissance est amplement méritée.

9. Lilibook  le 04-05-2009 à 13:26:22  (site)

Bonjour,
Je l'ai étudié au lycée et j'en garde un très bon souvenir.

10. brize  le 04-05-2009 à 13:40:42  (site)

Cela ne m'étonne pas, Lilibook !
Et bienvenue "Sur mes brizées" et dans la blogosphère littéraire en général : je souhaite longue vie à ton jeune blog, que je découvre ! smiley_id117731

11. pom'  le 04-05-2009 à 18:41:31  (site)

j'avais vu le film sans savoir qu'il y avait un livre, quand je l'ai acheté, je n'iai pas fait le rapprochement puis au fil de ma lecture je me suis rappelée ce film qui était rester si longtemps dans ma mémoire, du coup ce fut un double plaisir que j'ai ressenti avec cette lecture

12. brize  le 04-05-2009 à 19:00:46  (site)

Pom', si tu as écrit un billet au sujet de ce livre, n'hésite pas à me communiquer le lien car j'ai cherché en vain sur ton blog (avec le moteur de recherche intégré).

13. céline de enlivrezvous  le 05-05-2009 à 13:21:44  (site)

J'ai lu ce livre il y a déjà quelques années, et je me souviens l'avoir dévoré ! Toutes ces débats avaient stimulés ma petite tête d'adolescente !

14. dasola  le 05-05-2009 à 15:08:55  (site)

Bonjour, où on apprend qu'il y a pire que d'être un indien "sauvage" : c'est ... J'ai vu la controverse en DVD et j'ai lu le livre après. Les deux sont très bien. Bonne après-midi.

15. brize  le 05-05-2009 à 20:39:05  (site)

@ Céline : Une petite tête qui devait déjà être pas mal faite, je pense Sourire !

@ Dasola : Tant pis : j'ai eu un petit espoir, en voyant que tu parlais d'un DVD...mais il ne figure pas au catalogue de la médiathèque que je fréquente ! Je patienterai donc, comme prévu, jusqu'à la prochaine rediffusion télé.

16. sylvielectures  le 05-05-2009 à 21:57:42  (site)

Je m'étais juré de le lire après avoir vu une excellente adaptation à la TV... toujours pas fait, mais tu me fais comme une piqure de rappel!

17. brize  le 11-05-2009 à 11:36:33  (site)

Ravie de t'avoir été utile Infirmiere !

18. sybilline  le 12-05-2009 à 18:03:10  (site)

Ton billet est prodigieusement intéressant et je n'y résiste pas: Je note tout de suite, et en tête de liste, cette controverse brûlante!

19. brize  le 12-05-2009 à 18:22:40  (site)

Sybilline, je suis pratiquement certaine qu'elle t'intéressera autant que cela a été le cas pour moi et je me réjouis par avance de connaître tes impressions/réactions !

 
 
 
posté le 29/04/09

"Les Vies d'Emily Pearl", Cécile LADJALI

     La jeune Emily Pearl vit à Chichester, Angleterre, en 1897. Elle est la gouvernante de Terence, le fils de Lord Auskin, dont l'épouse est morte en donnant naissance à son enfant, huit ans plus tôt. Celui-ci porte les stigmates de sa venue difficile au monde puisque, s'il est d'une intelligence supérieure à la moyenne, sa santé est fragile et il est hydrocéphale.

   Emily s'acquitte avec conscience de ses devoirs au sein de la maisonnée mais elle a le sentiment permanent d'être prisonnière de sa vie étriquée dans le manoir, pas loin de la ferme où ses parents, qu'elle méprise, se sont mis en tête de lui trouver un mari de sa condition.

   Que n'a-t-elle le courage de suivre l'exemple de sa sœur, Virginia, qui a quitté le domicile familial pour vivre une vie dont elle lui retrace les péripéties au fur et à mesure des lettres qu'elle lui envoie régulièrement !

   En attendant, Emily s'épanche dans ses carnets intimes où elle raconte tout ce qu'elle vit... et tout ce qu'elle imagine.

 

   "Les Vies d'Emily Pearl" est un roman assez fascinant. L'écriture entremêle habilement les pensées de la narratrice, saisies au vol, et ses réflexions a posteriori, avec le récit de divers incidents ou événements, en y ajoutant les propos externes captés à l'occasion ou extraits des lettres reçues de sa sœur, sans rupture apparente du flux narratif (et sans qu'apparaisse distinctement ce qui figure ou non dans les carnets). Ainsi, on ne perçoit pas de différence entre la réalité représentée au premier plan et les autres éléments, tout se fond de manière fluide, comme dans l'esprit de l'héroïne qui rédige ses carnets en même temps qu'elle vit et continue à penser.

   Mais derrière cette fluidité, le lecteur devine des failles, dès lors qu'Emily reconnaît qu'elle a tendance à mentir. Elle use d'ailleurs de ce défaut à dessein, imaginant à plusieurs reprises des faits qu'elle relate comme s'ils étaient vrais dans son carnet intime, le laissant ostensiblement traîner pour qu'il soit lu par Lord Auskin, en espérant que la suite des événements tournera comme elle l'entend. Et ça marche... parfois au-delà de ses espérances ou d'une manière telle qu'on se demande si elle n'a pas exécuté ce qu'elle accuse les autres d'avoir commis.

   La jeune gouvernante n'est donc pas la frêle et naïve demoiselle qu'on pourrait attendre dans ce type de personnage romanesque. Elle est de chair (intensément, mais vit-elle ou imagine-t-elle ce qu'elle décrit ?), tourmentée par la pensée et les aventures de sa sœur (mais on en vient à douter pafois de l'existence de celle-ci), comme un double d'elle-même qui se serait affranchie des amarres la retenant naguère au port d'attache qu'était son lieu de naissance.

   Récit social troublant, "Les Vies d'Emily Pearl" dépeint le quotidien d'une jeune fille dont le rapport à la réalité n'est jamais satisfaisant : Emily ne se contente pas d'un environnement sans surprise (et pourtant, il en recèle, des surprises, quand on découvre par exemple la personnalité atypique de Lady Anne !), elle le rejette, elle exige davantage de son existence et le lecteur se demande quand et comment elle parviendra à adapter sa vie à ses désirs. En même temps, il ne cesse de s'interroger sur la véracité de ses propos puisque le récit se focalise sur ce seul personnage, qui nous donne tout à voir.

 

   "Les vies d'Emily Pearl" est un livre auquel je reconnais d'indéniables qualités. Cependant, la seule chose qui m'ait, au bout d'un moment, poussée à tourner les pages, était le désir qui m'animait de connaître le fin mot de cette histoire au goût un peu étrange, qui ne me déplaisait pas mais ne me captivait pas non plus, si bien que j'aurais pu en abandonner la lecture. 

     Je vous laisse essayer de deviner si le dénouvement a ou non répondu à mes attentes !

 

"Les Vies d'Emily Pearl", Cécile LADJALI

Actes Sud (191 p)

 

Les billets élogieux de Lou , Uncoindeblog , Restling , Karine:) , Lilly .

 


Commentaires

 

1. sybilline  le 29-04-2009 à 10:20:09  (site)

A te lire, l'héroïne de ce roman est bien peu sympathique, elle qui est prisonnière non de de sa vie confinée au manoir mais de son propre repli sur elle-même ..

2. Leiloona  le 29-04-2009 à 16:24:17  (site)

Il est dans ma PAL ... je verrai si je ressens la même chose que toi. Clin doeil1

3. manu--  le 29-04-2009 à 18:03:15  (site)

J'ai très envie de lire ce roman. Et je m'interroge sur ta dernière question ! C'est très cruel de nous laisser mariner ainsi ! Mais le fait que tu ne le dises pas franchement me fait pencher vers une réponse négative, non?

4. chiffonnette  le 29-04-2009 à 20:09:39  (site)

Un de mes abandons. Jer n'ai jamais réussi à m'intéresser à cette jeune femme!

5. brize  le 29-04-2009 à 21:18:57  (site)

@ Sybilline : Elle est quand même, dans les faits, prisonnière de ce manoir dans lequel elle travaille et ce sentiment d'étouffer dans sa vie (au sens matériel) la conduit à se replier sur elle-même, mais parce qu'elle ne s'adapte pas à son environnement.
Quant à savoir si elle est ou non sympathique... j'avoue que ta question m'a prise de court, car je me suis rendu compte que je ne me l'étais pas posée, ne me situant pas sur ce plan-là. J'ai observé Emily avec curiosité (une curiosité d'entomologiste ?), sans ressentir d'empathie pour elle, mais sans la trouver antipathique non plus : pour moi, c'était plutôt une victime qui essayait, à sa (drôle de) manière, de s'en sortir. Mais il est sûr que certains de ses agissements ne permettent pas de la ranger du côté des personnes aimables, au sens propre du terme !

@ Leiloona : Jusqu'à présent, toutes les critiques étaient très positives (heureusement que Chiffonnette est venue signaler son abandon, ce qui prouve que ce roman ne plaît pas non plus systématiquement). Je serai curieuse de voir comment tu réagiras !

@ Manu : Attention : la réponse à la question (précise) de Manu peut (éventuellement) être considérée comme un SPOILER !
Effectivement, la réponse fut négative et, dans un premier temps, j'étais tellement agacée/frustrée que j'avais rédigé la fin de mon billet en conséquence. Puis, je me suis dit que les lecteurs potentiels ne voudraient pas forcément être informés à ce sujet... mais en fait, j'aurais bien aimé l'être, moi, donc j'ai entrouvert la porte, que tu viens de pousser, ce qui m'arrange.

@ Chiffonnette : Ah, je savais bien que j'avais noté un abandon dans un commentaire d'un des billets mis en lien ! Merci, Chiffonnette, d'être venue le signaler : j'ai peur qu'on se dise que je suis une lectrice incapable de goûter ce type de littérature (ce que je ne pense pas être), parce que j'ai moi aussi failli abandonner cette lecture (euh, pour être tout à fait franche, je l'aurais peut-être abandonnée si ce n'avait pas été un livre que j'avais acheté !).

6. Alwenn  le 30-04-2009 à 00:38:21

J'arrive du blog de Pimpi qui en parle justement. Je ne l'avais que vaguement noté, mais du coup, avec vos deux avis coup sur coup, il ne me tente plus beaucoup... :/ Lecture agréable apparemment, mais pas forcément captivante... Mais moi en ce moment, j'ai envie d'être happée par mes lectures ! ^^

7. brize  le 30-04-2009 à 12:31:26  (site)

Ben, là, Alwenn, c'est sûr, je ne peux pas te garantir que tu seras "happée" par ta lecture, même s'il s'agit sans conteste d'un roman digne d'intérêt (et qui a suscité l'enthousiasme d'autres lectrices).

8. Florinette  le 01-05-2009 à 12:36:07  (site)

Mince alors, ce livre, j'en ai déjà pris note en pensant qu'il allait bien me plaire, mais ce que tu en dis me coupe dans mon élan...surtout qu'en plus je ne pense pas que le dénouement à vraiment répondu à tes attentes...Bon 1er mai Brize !

9. brize  le 01-05-2009 à 12:38:33  (site)

Florinette, je pense qu'il faut goûter le livre tel qu'il est. Sans doute mon attente était-elle hors de propos par rapport au projet de l'écrivain.

10. les livres de George Sand et moi  le 01-05-2009 à 12:41:25  (site)

Ce livre est dans ma PAL je crois que je te l'avais déjà dit ! ta note me donne encore plus envie de le lire !

11. brize  le 01-05-2009 à 12:49:59  (site)

Tant mieux : je serai ravie de lire ton billet Sourire1 !

12. Karine :)  le 02-05-2009 à 03:41:22  (site)

Je l'ai beaucoup aimé quant à moi mais Pimpi l'a lu et n'a été que moyennement conquise par l'histoire... j'ai eu les mêmes questionnements que toi tout au long du roman... j'ai d'ailleurs décidé de ma réponse à tous mes questionnements, mais sans trop savoir si elle est réaliste ou non!

13. brize  le 03-05-2009 à 21:41:33  (site)

Karine, dommage qu'on ne puisse pas se rencontrer pour comparer de vive voix nos interprétations respectives !!!

14. liliba  le 10-05-2009 à 21:00:51  (site)

Je note ! Ce livre va me plaire, je le sens, et en plus j'adore la couverture...

15. brize  le 10-05-2009 à 21:12:23  (site)

Liliba, je peux te l'envoyer si tu veux (j'envisageais d'en faire un livre voyageur) : n'hésite pas à me le demander.

16. Restling  le 15-05-2009 à 21:22:17  (site)

Je me suis posée les mêmes questions que toi : imagine-t-elle ce qu'elle décrit ? sa sœur est-elle réelle ? J'ai eu l'impression qu'on pouvait voir si on le souhaitait tout le roman comme un immense fantasme écrit mais le dénouement a ruiné mon axe d'interprétation...

17. brize  le 16-05-2009 à 12:11:08  (site)

Ce dénouement m'a agacée, tu ne peux pas savoir à quel point smiley_id1464783 !

18. kathel  le 10-10-2009 à 09:44:13  (site)

Je viens de le finir, et mon avis, sans être aussi sévère que celui de Fashion, rejoint le tien ; je suis assez partagée...

19. Titine75  le 18-01-2010 à 13:50:08  (site)

je viens de terminer la lecture "Des vies d'Emily Pearl" et je pense tout pareil que toi! J'ai continué parce que je voulais connaître la fin mais ça ne m'a pas passionné. Je n'ai eu aucune empathie avec le personnage principal.

 
 
 
posté le 27/04/09

"Un simple génie", David BALDACCI

   Présentation de l'éditeur :

  Sean King, espion free-lance, est embauché par une entreprise spécialisée dans le cryptage des données afin d'enquêter sur la mort suspecte de l'un de ses chercheurs. Le siège social de cette entreprise est aussi bien protégé des intrusions extérieures que la Maison-Blanche, pourtant un autre mathématicien y est assassiné.

  Que se trame-t-il vraiment dans ces mystérieux laboratoires ? Pourquoi scientifiques de haut niveau et experts en codes secrets y côtoient-ils des agents de la CIA et une adolescente autiste ?

  Ma présentation :

  Le duo de détectives privés Michelle Maxwell et Sean Young reprend du service. Pourtant, tout commence mal pour Michelle, qui provoque une violente bagarre, suicidaire, dans un bar. Afin d' éviter les poursuites, elle doit accepter, dans la foulée, d'effectuer un séjour en clinique psychiatrique. Elle y est prise en charge par un psychiatre ami de Sean, Horatio Barnes, qui voudrait l'aider à faire ressurgir ce qui, dans son passé, la mine. Mais, de son côté, ce sont plutôt les agissements suspects d'un des infirmiers, Barry, qui éveillent sa curiosité...

  Pendant ce temps, Sean est parti démarrer une nouvelle enquête, dans l'enceinte de Babbage Town. Il s'agit d'un complexe scientifique se consacrant à des études mathématiques de haute volée qui pourraient, si elles aboutissaient, révolutionner dangereusement le domaine des mouvements informatiques de données cryptées . Babbage Town est située juste en face de Camp Peary, un camp d'entraînement de la CIA, à l'intérieur duquel, pas loin de la grille d'enceinte, on a retrouvé un de ses savants, qui se serait apparemment suicidé. Il laisse derrière lui une fillette autiste mais aussi prodigieusement douée pour les mathématiques qu'il l'était.

   Et si elle détenait la clé de l'énigme de la mort de son père ?

 

  La comparaison de ces deux présentations vous permettra de comprendre mon étonnement lorsque, après avoir commencé à lire le roman, je me suis dit que je connaissais déjà cette Michelle et ce Sean. Et pour cause : ma dernière lecture de David Baldacci remontait à 2004, avec "Une seconde d'inattention", où j'avais vu se créer le duo. Entre temps, le binôme (dont j'avais oublié les noms) que j'avais perdu de vue et ne m'attendais pas à retrouver ici (il n'est pas fait mention de Michelle sur la quatrième de couverture), s'était manifesté dans "L'heure du crime", roman paru en 2005 dont j'ai découvert l'existence après quelques recherches sur internet.

  Bref. Ce moment de surprise passé, j'ai constaté qu'il ne me manquait, heureusement, pas d'éléments nécessaires à la compréhension des événements (encore que la dépression de Michelle s'explique peut-être par les aventures vécues dans le volume précédent).

 

  Les deux enquêteurs, dont on suit les faits et gestes indépendamment, se rejoignent environ au tiers du roman, une fois que Michelle a résolu une mini-énigme dans l'enceinte de l'hôpital : affaire sans aucun rapport avec celle sur laquelle elle retrouve son acolyte et dont je n'ai pas trop saisi l'intérêt, si ce n'est qu'il lui permet de s'occuper pendant son séjour.

  En revanche, l'intrigue principale est prenante et suffisamment complexe pour retenir l'attention du lecteur tout au long du roman (je l'ai lu pendant un fastidieux trajet en voiture (est-il besoin de préciser que ce n'est pas moi qui conduisais ?!), que je n'ai pas vu passer). Les chapitres courts, composés pour l'essentiel de dialogues, rythment efficacement l'ensemble, mélange de policier et d'espionnage où rien n'est cousu de fil blanc.

  Ce n'est pas un polar d'atmosphère : ici, on est dans le thriller pur jus, avec quand même une petite touche psy pas désagréable, où suspense, action et rebondissements sont garantis jusqu'à la fin. De quoi satisfaire les amateurs du genre !

 

"Un simple génie", David BALDACCI

éditions Michel Lafon , collection Thriller (410 p)

 


Commentaires

 

1. Florinette  le 27-04-2009 à 11:56:03  (site)

Intrigue complexe et prenante voilà tout ce que j'aime dans les thrillers, je note sans hésiter !!

2. freude  le 27-04-2009 à 21:14:16  (site)

J'ai déjà lu cet auteur etj'avais bien aimé je note le titre !

3. Hathaway  le 28-04-2009 à 18:41:58  (site)

Je n'aime pas vraiment les polars, sauf quand ils sont biens menés et prenants.
Je note donc ce titre

4. Karine :)  le 29-04-2009 à 00:15:13  (site)

Donc, si je comprends bien, c'est mieux de lire l'autre avant??

5. brize  le 29-04-2009 à 09:08:47  (site)

@ Florinette, Freude et Hathaway : Bonne (future) lecture !

@ Karine : Il y en a deux, avant. Je ne peux pas te donner d’appréciation pour le deuxième, que je n’ai pas lu, et je ne pense pas indispensable de le lire avant celui-ci. En revanche, j’ai un excellent souvenir de « Une seconde d’inattention » (celui où se forme le duo d’enquêteurs), que je te recommande.

 
 
 
posté le 24/04/09

"Il est parmi nous", Norman SPINRAD

 Présentation de l'éditeur :

   Qui est vraiment Ralf, le "comique venu du futur" ? Et pourquoi "Le Monde selon Ralf", le talk-show qu'il anime à la télévision, est-il de plus en plus amer? Quand Texas Jimmy Balaban, son agent, l'a découvert sur les planches d'un café-théâtre de troisième zone, il était pourtant d'un drôle...

   Dexter D.Lampkin, un écrivain de science-fiction désabusé, et Amanda Robin, qui joue les coaches mystiques, pensaient avoir bien peaufiné le personnage. Le problème, c'est que Ralf ne sort jamais de son rôle. Comme s'il était son rôle. Comme s'il venait vraiment du futur... et quel futur !

   Le pire que vous puissiez imaginer : la biosphère a été dévastée, l'air est irrespirable, et les derniers représentants de l'espèce humaine se sont réfugiés dans des centres commerciaux pressurisés. En un mot, l'homme survit sur le vaisseau devenu fou d'une planète morte qu'il n'a pas su sauver.

   Ralf a-t-il été envoyé dans le passé pour réveiller nos consciences ? Est-il celui dont nous avons besoin pour traverser l'inévitable "crise de transformation" que nous devons affronter ? Car ce qui est, est réel. Et nous ne pourrons y échapper.

 

   Une telle présentation de l'éditeur (et, en première approche, elle correspond parfaitement au contenu) m'a attirée et je me suis dit que ce roman aurait aussi l'avantage de me permettre de découvrir Norman Spinrad, auteur de SF réputé mais dont je n'avais jusque là rien lu.

   Malheureusement, ce thème que je trouvais très porteur a été traité de telle sorte qu'il a fini par perdre tout intérêt à mes yeux .

 

   Commençons malgré tout par les points que j'ai trouvés positifs. Les trois personnages principaux (je laisse de côté Ralf, par nature intriguant et un autre protagoniste sur lequel je reviendrai plus tard), à savoir Texas Jimmy Balaban, Amanda Robin-von Staulenburg (elle change de nom en fonction du rôle social qu'elle joue) et Dexter D. Lampkin, sont suffisamment bien campés pour être, chacun dans leur genre, très crédibles : j'ai apprécié leur portrait tout en finesse et la manière dont était planté leur cadre de vie (en particulier la maison perdue dans la nature d'Amanda !). Idem pour l'environnement californien et hollywoodien : on s'y croirait !

 

   Quid du reste et de l'intrigue à proprement parler ? Disons que sa progression, dont j'ai douté pendant un long moment, apparaît réelle au moins dans la seconde partie : on part bien d'un point A pour aller à un point B, mais il ne faut pas être pressé et surtout pas s'attendre à du spectaculaire à l'arrivée... Et pour ce qui est d'une réflexion stimulante, là aussi, je n'y ai pas trouvé mon compte.

   On avance donc lentement, à coup de réunions successives de l'équipe entourant Ralf avec le producteur de l'émission, pour savoir si oui ou non elle va se poursuivre, mais globalement la narration tourne en boucle autour de la question qu'on se pose : Ralf vient-il ou non du futur ? Et Dieu sait que la réponse tarde à venir ! Quant aux sketches de Ralf, ils se suivent et se ressemblent, violentes diatribes sarcastiques à l'égard de cette "Bande de macaques" qu'est son public, celui qui va conduire l'humanité droit dans le mur.

   Pour pimenter le récit, on a droit aux interrogations mystiques d'Amanda, actrice mais aussi quêteuse du sens à donner à ce qui l'entoure et animatrice de stages New Age, quand elle ne participe pas à certains d'entre eux. A côté de cela, le lecteur de science-fiction français découvre avec consternation ses "homologues" (terme que vous jugerez totalement inadéquat une fois que vous aurez lu la suite) américains : la plupart obèses (l'auteur insiste si lourdement là-dessus qu'il m'est impossible de passer cette caractéristique sous silence), souvent déguisés, à l'occasion des conventions qui les réunissent, dans de grotesques accoutrements de personnages du domaine, les fans de SF donnent l'impression d'une population passionnée certes mais surtout pathétique. L'auteur essaie bien de rattraper le coup tout à la fin  mais, globalement, je pense que le lectorat (américain) en question appréciera l'image de lui qui lui est renvoyée, a priori sans second degré ...

   Venons-en maintenant au protagoniste évoqué plus haut : Foxy Loxy ! Régulièrement, le projecteur est braqué sur cette jeune fille, au départ juste une nana qui vit chez sa mère, travaille dans un snack minable et touche à la drogue de temps en temps, l'essentiel pour elle, c'est qu'elle maîtrise et ne vire pas junkie. Sauf qu'un jour, elle goûte au crack ; elle ne croit pas qu'on puisse être accro en n'y touchant qu'une seule fois mais la suite de son histoire va prouver le contraire : rien ne nous est épargné (sur un style qui, chaque fois qu'elle entre en scène, devient phonético-parlé-vulgaire et se dégrade autant qu'elle, j'vous raconte pas comment qu'ça devient soûlant eud'lire ça !) de sa descente vers le no man's land des paumés, sauf qu'on ne voit toujours absolument pas le rapport avec l'intrigue principale et il faudra attendre (patiemment) le milieu du livre pour qu' (enfin !) il apparaisse.

 

   Mélange de mysticisme New Age ("Le Temps du Rêve" et son irruption dans le quotidien et autres élucubrations...) et de thèmes de science-fiction rebattus (recyclage de poncifs SF sur les paradoxes temporels, sur le pouvoir de changement de l'infime sur le cosmique...), "Il est parmi nous" m'a donné l'impression que l'auteur diluait quelques vagues idées au fil des pages, dont celle relative au pouvoir supposé de la science-fiction de faire évoluer le monde en améliorant nos capacités de projection et d'anticipation. Le tout à la mode écrivain-de-L.A.-branché (même s'il n'y habite plus) donc agrémenté d'une bonne louche de show-biz, assaissonné d'un zeste de sex and drugs et saupoudré d'humour caustique. Pas de chance pour moi : la recette ne m'a pas convenu et je n'ai pas apprécié ce pavé, que j'ai trouvé fort indigeste.

 

   Le pire est, sans doute, qu'à aucun moment je n'ai pensé lire les propos de quelqu'un croyant réellement au pouvoir de la science-fiction pour changer les choses (j'ai dû être trop sensible à l'incommensurable autodérision de l'auteur et je n'y ai pas perçu de second degré). Or mes récentes investigations sur internet tendent à prouver que, bien au contraire, Norman Spinrad est convaincu du rôle possible que peut jouer la science-fiction, comme en témoigne son manifeste, intitulé  "La crise de transformation". Cette donnée, que j'ignorais au moment de ma lecture, ne peut cependant pas modifier mon jugement sur celle-ci : je n'ai pas ressenti la sincérité de l'auteur ni reçu le "message" véhiculé par son roman, qui m'a plutôt donné l'impression (à tort, semble-t-il) de relever d'un grand n'importe quoi, si bien que la mécanique du livre n'a pas fonctionné comme elle aurait dû.

 

Biblioman(u) , contrairement à moi, a été enthousiasmé par cette lecture ("Il est parmi nous" est un roman foisonnant, riche, aux pistes de lecture multiples".), dont il a notamment savouré l'humour ("fin, vachard et satirique...").

 

"Il est parmi nous", Norman SPINRAD

éditions Fayard (692 p)

 

   En janvier 2002, Sylvie Denis analysait ce roman, inédit en France :

 "Il est parmi nous n'est peut-être pas un roman de science-fiction au sens strict et absolu du terme. Il est très certainement quelque chose d'autre, peut-être même quelque chose de plus, en tout cas une oeuvre qui mérite autant d'être lue que quantité de pavés à épisodes qu'on nous sert ici et là à n'en plus finir...

   L'histoire y est secondaire, au sens où elle n'y repose pas sur une idée de SF éminemment nouvelle [...]. Ce qui importe avant tout à l'auteur c'est de mener une réflexion sur la science-fiction, sa place et son rôle en tant que littérature, son identité et celle de la culture de ceux pour qui elle est plus qu'un genre littéraire - les auteurs mais aussi et surtout leurs fans et leurs étranges coutumes, à cause de qui, toujours selon l'auteur, en dépit de leurs meilleures intentions, la SF demeure une sorte de mystère exotique pour le reste du monde littéraire, quand ce n'est pas pour le reste du monde tout court. [...]

   Ce que nous montre Norman Spinrad [...] c'est que, contrairement à ce qu'on nous dit parfois, apprécier la SF ne signifie pas qu'on "suspende son incrédulité", mais bien au contraire que l'on croie - naïvement, bêtement peut-être - à un certain pouvoir de la technoscience de transformer nos existences, à un avenir radicalement différent et, ma foi, aussi couillon que cela puisse paraître, meilleur. "

 

   L'avis du Cafard Cosmique :

"Avec l'ironie mordante qui lui est coutumière, Norman Spinrad nous revient donc avec un propos incisif et d'une rare intelligence. Il est parmi nous se révèle indéniablement comme une lecture diablement stimulante".

 

edit du 27/04 :

   L'avis de [off] french cokpit [on]

"Pénible, mal fichu, truffé de bonnes idées déjà exploitées ailleurs (souvent par Spinrad himself), Il est parmi nous ne décolle jamais et enlise son lecteur dans un ennui considérable. Reste l’humour sous-jacent, quelques scènes d’anthologie et deux ou trois moments de grâce. Pas assez cependant pour rendre acceptable un roman dont les deux tiers mériteraient de passer à la trappe. Une notable quantité d’importance nulle, comme dit l’autre. Et c’est dommage."

 

edit du 28/04 :

   La critique de Claude Ecken :

"La SF peut-elle sauver le monde ? C'est cette question qui domine, finalement, par-dessus toutes les autres. Et qui rejoint celle, plus générale, de savoir si une fiction peut avoir un impact sur le réel. Pour fantaisiste que la SF apparaît aux yeux des autres, elle a l'avantage de poser les bonnes questions et, de tenter d'apporter des réponses, peu importe si certaines d'entre elles sont farfelues, échevelées ou irréalistes car trop utopiques. Cependant répondre par l'affirmative serait présomptueux. Tout juste peut-on espérer qu'une fiction ait un impact suffisant sur des personnes susceptibles, elles, de changer le monde. "Ce qui est, est réel" ne cesse de répéter le roman. C'est donc à chacun d'agir selon ses convictions."

 


Commentaires

 

1. SD49  le 24-04-2009 à 19:07:55

Je ne note pas celui là, en plus c'est un pavé !!!!!

2. fashion victim  le 25-04-2009 à 23:20:20

C'est un auteur qui ne m'a jamais accroché (impossible de me rappeler des deux titres de lui que j'ai lus), j'ai souvenir d'un style assez ardu.

3. brize  le 26-04-2009 à 11:31:18  (site)

@ SD49 : Ce roman m'a beaucoup déçue... et ennuyée !

@ Fashion : Je n'avais jamais rien lu de l'auteur et je ne suis pas certaine que celui-ci soit de la même eau que les précédents, si j'en crois les commentaires aperçus sur internet. En tout cas, aucun problème, ici, avec le style, ni même avec l'histoire : il n'y a rien de difficile à comprendre... c'est seulement long !

4. Euh  le 26-04-2009 à 12:59:10

Puisqu'il n'y a "rien de difficile à comprendre", comment se fait-il que vous n'ayez pas compris ?

yingyang

5. brize  le 26-04-2009 à 14:03:11  (site)

@ Euh : J'ai compris le texte, l'histoire proprement dite et le message transmis, (relatif, comme je le dis dans mon billet, au "pouvoir supposé de la science-fiction de faire évoluer le monde en améliorant nos capacité de projection et d'anticipation "). Simplement, j'ai trouvé que la manière de raconter affaiblissait tellement ce message qu'il ne m'a pas touchée, pas convaincue (alors que je ne demandais que ça, moi, d'être convaincue par un message de ce genre). Du coup, j'ai pensé que l'auteur racontait cette histoire comme quelque chose de totalement hypothétique, auquel il ne croyait pas vraiment lui-même...

6. Euh  le 26-04-2009 à 14:45:31  (site)

J'ai beau relire votre critique, je ne vois rien sur les archétypes. J'en conclus donc qu'un aspect fondamental du livre vous a échappé.
Je crois aussi que vous vous êtes méprise sur la description du fandom SF américain. Mais si vous ne l'avez pas trouvée hilarante et pertinente, je ne chercherai pas à vous convaincre.

7. brize  le 26-04-2009 à 15:48:45  (site)

@ Euh : J'ignore à quelle(s) donnée(s) du roman vous vous référez en évoquant ces "archétypes" (je ne sais pas si vous faites allusion aux différents types de publics sélectionnés pour les talk-shows de Ralf ou à quelque chose de plus général) et cela m'intéresserait de savoir quel est l'aspect fondamental du livre qui m'a échappé (sans compter que cela complèterait utilement mon article avec un commentaire éclairant pour ceux qui le lisent).
Je me doutais que la présentation des fans de SF était censée être drôle... mais elle ne m'a effectivement pas semblé telle (il faut dire qu'en matière d'humour les réactions sont souvent très diverses).

8. Euh  le 28-04-2009 à 09:54:39  (site)

Il me semble que le mot "archétype" apparaît assez souvent dans le roman pour que des explications soient superfétatoires.
Néanmoins:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arch%C3%A9type_(psychologie_analytique)

Je vois que vous avezr ajouté un extrait d'une critique faite par quelqu'un qui est totalement passé à côté du sens du roman. En voici deux faites par des gens qui, eux, ont mieux saisi:

Claude Ecken sur
http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2009/04/18/il-est-parmi-nous.html

"Ce roman n'est cependant pas un cri d'alarme écologiste de plus, cette problématique n'étant évoquée qu'en arrière plan. Son sujet est bien la science-fiction. Ce n'est pas un roman de science-fiction mais un roman sur la science-fiction, qui tente d'expliquer au profane sa tournure de pensée, si curieuse vue de l'extérieur, les mises en perspective qui sont les siennes et qui lui permettent de voir le monde selon un angle inédit mais qui peut être proteur de connaissance."

Stalker sur
http://www.cafardcosmique.com/phpBB2/viewtopic.php?t=4540&start=15

"Certains voient aussi le livre par le petit bout de la lorgnette, en se focalisant par exemple sur la question "du pouvoir de la SF à sauver le monde". Mais la réflexion est bien plus large que ça dans le roman, c'est un questionnement général sur le pouvoir du discours (scientifique, politique, religieux etc.) à influencer le monde. C'est pas nouveau certes, c'est une vieille question de philosophie politique, théorie révolutionnaire etc, mais elle est ici bien menée et appliquée au monde moderne des mass-médias."

yingyang

9. brize  le 28-04-2009 à 12:26:56  (site)

@ Euh : La critique de Claude Ecken (que je rajoute en lien dans mon article) rejoint celle, élogieuse, de Sylvie Denis (parue d'ailleurs sur le même blog, "Génération science-fiction") que j'avais déjà mise en lien et dont j'avais repris une citation.
J'en reprendrai une autre, de Claude Ecken cette fois :
"La SF peut-elle sauver le monde ? C'est cette question qui domine, finalement, par-dessus toutes les autres.".
Apparemment, je ne suis pas la seule à considérer que cet aspect du roman est essentiel, comme Sylvie Denis le soulignait déjà.

10. BiblioMan(u)  le 29-04-2009 à 16:12:56  (site)

En ce qui concerne ce livre, j'ai bien l'impression ques les avis sont très tranchés. Jusqu'à présent je n'ai pas vu d'avis mitigés. En tout cas , il va bien au-delà de la lecture détente et suscite bien des discussions. Comme quoi la SF bouge encore !

11. brize  le 04-05-2009 à 13:01:40  (site)

C'est certain, pour susciter des réactions et des discussions... il en suscite smiley_id119168 Rire smiley_id1464855 !!!

 
 
 
posté le 23/04/09

Premier Bloganniversaire !

  "Sur mes brizées" a un an !

    Merci à vous tous qui passez régulièrement lire et                commenter mes comptes-rendus de lectures !

 


Commentaires

 

1. In Cold Blog  le 23-04-2009 à 09:10:01  (site)

Et ce n'est certainement qu'un début !
Joyeux bloganniv'.

2. Ys  le 23-04-2009 à 09:15:05  (site)

Longue et riche vie à ton blog ! Et merci à toi aussi pour tes commentaires !

3. Leiloona  le 23-04-2009 à 09:16:12  (site)

Oh je pensais que ça faisait plus longtemps (nous sommes donc arrivées en même temps dans la blogo. Clin doeil )

Bon bloganniversaire ! Surprise

4. bladelor  le 23-04-2009 à 09:54:57  (site)

Je ne te suis que depuis peu, mais j'apprécie ta façon d'écrire.
Joyeux anniversaire à ce salon de lecture !

5. keisha  le 23-04-2009 à 10:00:00  (site)

Eh bien , bon blog anniversaire!!! Et encore du temps sur ce blog...

6. saxaoul  le 23-04-2009 à 10:21:17  (site)

Et bien, bon bloganniversaire !

7. amandameyre  le 23-04-2009 à 10:35:45  (site)

bon anniversaire Sourire)

8. Aifelle  le 23-04-2009 à 11:12:47  (site)

Bon bloganniversaire !

9. SD49  le 23-04-2009 à 11:14:11

Un très joyeux anniversaire à ce blog et à sa créatrice. J'apprécie vraiment beaucoup de passer par ici très souvent.
Et c'est ton blog qui m'a contaminée pour aller voir tous les autres qui sont maintenant dans mes favoris et grace auxquels j'ai une LAL assez impressionante !!!!

édité le 23-04-2009 à 11:19:26

10. Alwenn  le 23-04-2009 à 11:28:57

Joyeux bloganniversaire Brize ! Longue vie à cet espace que je viens visiter avec grand plaisir, toujours !

11. maijo  le 23-04-2009 à 14:28:31  (site)

Super! Bon bloganniversaire!

12. BlueGrey  le 23-04-2009 à 15:54:03  (site)

Très joyeux bloganniversaire Brize, et longue vie à ton blog ! Sourire1

13. pralinerie  le 23-04-2009 à 16:28:45  (site)

Happy bloganniv' Sourire

14. Isil  le 23-04-2009 à 17:43:45  (site)

Tiens, je pensais que tu étais là depuis plus longtemps.
Très bon bloganniversaire! Champagne virtuel.

15. manu--  le 23-04-2009 à 18:05:01  (site)

Très bon bloganniversaire Brize ! Et je t'en souhaite encore beaucoup d'autres :-)

16. kathel  le 23-04-2009 à 18:24:42  (site)

Joyeux bloganniversaire, Brize ! J'ai laissé passer le premier anniversaire de mon blog, il faudra que je pense au deuxième ! hihi

17. http://insatiable-lectrice.over-blog.com/  le 23-04-2009 à 19:39:06

Bon 1er anniv'!
A l'année prochaine pour le 2ème!

18. Patachousse 1  le 23-04-2009 à 20:40:27

Bon Anniversaire !
Longue vie à ton blog !
Je ne me lasse jamais de passer faire un petit tour sur ton blog pour voir les articles qui sont vraiment intéressants.
Continue comme cela !
Cordialement.

19. sentinelle  le 23-04-2009 à 21:55:23

Merci à toi Brize Sourire

20. Jules  le 23-04-2009 à 23:40:07  (site)

Un an?! Je te croyais plus vieille que ça! En tout cas bon blog aniversaire!! Langue

21. BiblioMan(u)  le 24-04-2009 à 09:50:50  (site)

Ben moi aussi je croyais que tu sévissais depuis plus longtemps. Quoi qu'il en soit, bonne continuation et bonnes lectures à venir...

22. freude  le 24-04-2009 à 10:06:12  (site)

Hppy Birthday !

23. brize  le 24-04-2009 à 12:42:15  (site)

A TOUTES ET TOUS :

Cela m'amuse de constater que d'aucuns parmi vous ont l'impression que je "sévis" depuis plus longtemps que cela dans la blogosphère : j'ai eu exactement la même réaction en découvrant un certain nombre d'anniversaires de première année de blogs que je fréquente !
Sinon, je n'ai pas vu passer cette année blogueuse... et j'espère aussi que ce n'est que la première d'une longue série !
smiley_id118473

24. Albertine  le 24-04-2009 à 14:09:30

Bon anniversaire !!!!!!!!!!!!!!!!!!

25. Karine :)  le 24-04-2009 à 20:11:21  (site)

Bon blog-anniversaire!! Seulement un an, il me semble que ça faisait plus longtemps! Ceci dit j'espère continuer à te lire encore un moment!

26. Cécile de Quoide9  le 24-04-2009 à 22:24:57  (site)

Bon bloggiversaire !

27. Laetitia la liseuse  le 25-04-2009 à 19:50:50  (site)

Un cap qui se fête ! Joyeux bloganniversaire Brize !!!!

28. sylire  le 25-04-2009 à 21:49:24  (site)

Bon bloganniversaire !

29. fashion victim  le 25-04-2009 à 23:18:51

Bon bloganniversaire!!!

30. Hydromielle  le 26-04-2009 à 13:39:23  (site)

Je suis en retard, mais je te souhaite un bon blogganiversaire de tout coeur.

31. Tamara  le 26-04-2009 à 15:24:11  (site)

Eh bien voilà, ce n'était pas si difficile que ça de se lancer, finalement ! Longue continuation à ton blog !

32. brize  le 26-04-2009 à 19:54:33  (site)

CHOUETTE : encore des souhaits de "Joyeux Bloganniversaire !" :

Mais c'est que je ne m'en lasse pas, moi smiley_id117187 !

33. Florinette  le 27-04-2009 à 11:54:18  (site)

Mince, désolée pour ce retard, mais je n'allais pas ressortir de chez toi sans souhaiter à ton blog un très joyeux anniversaire !!

smiley_id147760

34. Julien(lecturesdejulien)  le 29-04-2009 à 20:18:05  (site)

J'ai loupé ça, j'étais en vacances !! Bon anniversaire à ton blog, Brize !
Je te souhaite de continuer encore longtemps à rédiger tes billets de lecture. Je ne réagis pas souvent, car je ne connais pas beaucoup de livres que tu lis, mais je suis 'abonné' à ton blog depuis quelques temps maintenant et je suis les sorties de tes articles régulièrement Clin doeil
Continue comme ça !

35. brize  le 29-04-2009 à 20:22:48  (site)

@ Florinette et Julien : Ne vous inquiétez pas, il n'y a aucune date limite quand il s'agit de recevoir d'aussi sympathiques messages smiley_id118675 !

36. chiffonnette  le 29-04-2009 à 20:32:01  (site)

Avec du retard certes; mais de tout coeur, joyeux premier bloganniversaire!

37. Katell  le 02-05-2009 à 13:13:23  (site)

Joyeux bloganniversaire!!!
Continue encore longtemps :-D

38. sylvielectures  le 23-05-2009 à 15:41:27  (site)

quoi!
je me rends compte que j'ai raté ça!!!
Désolée mais de tout cœur!
Bravo, un an c'est déjà beaucoup, et je suis sure que ton blog fêtera de nombreux autres anniversairessmiley_id119181

39. Lucile  le 24-05-2009 à 13:58:06  (site)

Bon bloganniversaire! (avec un petit mois de retard... :/ oups!)

40. calypsoo  le 27-05-2009 à 16:51:23  (site)

Joyeux bloganniv en retard ! Je découvre ton blog !

 
 
 
posté le 20/04/09

"Le Palais des Mirages", Hervé JUBERT

    Paris, 1900, Exposition universelle.

   Au Palais des Mirages, la jeune fille qui joue le rôle de la fée, lors du spectacle donné quotidiennement, est victime d'un attentat qui aurait pu lui coûter la vie si sa chute n'avait été stoppée par un jeune et beau Suédois, Lukas Sandström, membre d'une chorale invitée.

   La pseudo-fée a quinze ans et s'appelle Clara. Elle est la fille d'Hyppolyte Charpentier, l'ingénieur concepteur du Palais des Mirages. Et elle est déterminée à découvrir qui a voulu lui couper les ailes.

   Ce faisant, elle se trouve entraînée dans une incroyable aventure, dans laquelle Lukas s'avère bien plus important qu'un simple choriste, puisqu'il doit ni plus ni moins empêcher la réincarnation d'une puissance maléfique sollicitée par une dangereuse faction occulte dont les intérêts financiers s'accommoderaient volontiers du chaos universel. Les péripéties vécues par les deux jeunes gens ne vont pas être de tout repos !

 

   Voilà un roman jeunesse très original, mêlant avec brio une plongée passionnante dans l'univers de l'exposition universelle de Paris de 1900, avec la griserie des découvertes technologiques de l'époque et de leurs applications (les miracles de la fée électricité, le téléphone, les publicités élaborées par les frères Lumière diffusées sur un écran géant , un aperçu de la télévision, les courses cyclistes, un trottoir roulant électrique, les débuts du métropolitain etc.), à une intrigue fantastico-ésotérico-policière, le tout inséré dans une trame familiale riche, où domine la figure de Clara, jeune demoiselle de quinze ans très déterminée et dont le comportement est résolument moderne.

   D'un point de vue personnel, c'est l'aspect réveil des légendes nordiques qui m'a le moins convaincue (pas en tant que tel mais parce que je lui ai trouvé par certains de ses aspects un petit air de fantasy auquel j'ai eu par moments du mal à adhérer ; en revanche, tout ce qui concerne les cheminements oniriques de Clara m'a beaucoup plu). Mais le fait que l'auteur le justifie par des considérations politico-philosophiques à mon sens pertinentes et le mouvement enlevé de l'ensemble ont eu raison de mes réticences occasionnelles.

   En outre, j'ai apprécié que l'auteur n'hésite pas à sortir des sentiers battus lorsqu'il choisit les chemins que son intrigue va emprunter... notamment pour ce qui concerne le dénouement.

 

   "Le Palais des Mirages" devrait donc séduire un lectorat jeunesse avide de lectures de qualité (on notera, au passage, que l'auteur use avec justesse d'un vocabulaire tout à fait approprié à l'époque, ce qui contribue au charme de l'ouvrage), avec dépaysement, suspense et attachement aux personnages garantis !


"Le Palais des Mirages", Hervé Jubert

éditions Albin Michel, collection Wiz (358 p)

Et, en prime, le site dédié au roman, permettant entre autres de parcourir, comme Clara, cette fameuse Exposition Universelle .

 

Les billets de Clarabel , Alwenn , Laure et SBM, charmées par leur lecture.

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 20-04-2009 à 10:18:43  (site)

Il attend patiemment dans ma PAL. Envie de le découvrir très vite, mais je manque de temps !
quoi

2. Hydromielle  le 20-04-2009 à 10:46:56  (site)

Ho ben mince alors, depuis le temps que j'essaie, c'est la 1ère fois que j'arrive à mettre un commentaire ! ENFIN !
Ceci pour dire que j'aime beaucoup l'idée de ce livre lol

3. manu--  le 20-04-2009 à 10:59:33  (site)

Il me tente mais certaines petites choses me freinent (le côté fantasy entre autres ) J'attendrai donc une éventuelle apparition à la bibliothèque ou la sortie en poche.

4. Alwenn  le 20-04-2009 à 11:39:16

C'est vrai que l'intrusion de la mythologie nordique m'a déstabilisée au début. C'est un mélange pour le moins inattendu, mais j'ai fini par trouver que Jubert parvenait à un point d'harmonie, au bout de quelques pages, entre tous les éléments qu'il insérait. Mais ce n'était pas gagné au départ...

5. SBM  le 20-04-2009 à 11:56:12  (site)

Le même livre que moi le même jour ! J'aime beaucoup Hervé Jubert, ces livres jeunesse me plaisent toujours : c'est bien documenté, bien écrit et très agréable à lire.

6. Neph  le 20-04-2009 à 13:25:01  (site)

La couverture est si splendide qu'on en vient à regretter que ce ne soit pas une BD ! Je regarderai si mon CDI l'a dans ses rayons Clin doeil

7. Isil  le 20-04-2009 à 14:19:07  (site)

Je n'ai lu qu'un roman SF adulte que je n'avais pas aimé mais ma nièce est fan de ses œuvres fantastiques donc je vais sûrement mettre la main sur ce titre à un moment ou un autre :-)

8. pralinerie  le 20-04-2009 à 16:37:41  (site)

Il me tente trop trop ! J'avais beaucoup aimé son quadrille d'assassins !

9. brize  le 20-04-2009 à 18:49:19  (site)

@ Leiloona : Hé, Hé Diable ! Pas facile de gérer les infinies tentations de la PAL (crois-moi, une mini-PAL, c'est beaucoup moins impressionnant !)

@ Hydromielle : Désolée que tu galères pour poster un commentaire ! Si ça peut te rassurer, sache que, dans quelques (rares, tant mieux pour moi !) blogs, mes commentaires disparaissent systématiquement dans les oubliettes des spams : heureusement que les vigilantes blogueuses concernées les en exhument !
Sinon, je suis tout à fait d'accord avec toi : l'idée de départ du livre est très sympathique !

@ Manu : Je comprends, car j'ai aimé cette lecture mais pas au point que ce soit un coup de coeur.

@ Alwenn : Oui, ça passe plutôt bien... mais je n'arrive pas, malgré tout à vraiment adhérer (alors que j'adhère parfaitement à la trilogie "A la croisée des mondes", de Philip Pullman).

@ SBM : Premier livre d'Hervé Jubert que je lis et j'apprécie de découvrir un auteur jeunesse talentueux.

@ Neph : Oui, la couverture est très belle. Et je pense que c'est le type de roman que les bibliothèques doivent facilement acquérir.

@ Isil : Ah, ces adolescentes qui nous obligent à lire leurs livres Fillette !!!

@ Praline : Je constate que les lecteurs qui connaissaient déjà l'auteur sont très satisfaits de ce nouvel opus, donc je pense que tu ne seras pas déçue.

10. myloubook  le 21-04-2009 à 16:39:35

Je lis assez peu de romans jeunesse mais je note celui-ci Sourire Et ca tombe bien, je devrais parler (enfin!) cette semaine d'un livre pour ados de Neil Gaiman ! Je reste dans cet univers...

11. brize  le 21-04-2009 à 18:35:32  (site)

Neil Gaiman (dont je n'ai lu que "Coraline") est à l'honneur cest temps-ci sur les blogs Roi !

12. Florinette  le 22-04-2009 à 11:54:29  (site)

Très envie de découvrir ce livre, en plus cette belle couverture est déjà très attirante ! :-)

13. brize  le 22-04-2009 à 12:01:48  (site)

Le contenant et le contenu sont en harmonie smiley_id172963 !

14. Karine :)  le 24-04-2009 à 20:12:25  (site)

Je le veux, celui-là! La couverture est magnifique, en plus!

15. laloula  le 25-04-2009 à 18:26:30  (site)

Ah, moi c'est le seul de lui que je n'ai pas trop aimé...

16. brize  le 11-05-2009 à 11:41:59  (site)

@ Karine : J'espère que tu réussiras à te le procurer, dans tes lointaines contrées !

@ Laloula : C'est le premier livre que je lis de cet auteur et pour le moment ses autres titres ne m'attirent pas : je crois que c'est "Le Palais des Mirages" qui me correspond le mieux.

 
 
 
posté le 17/04/09

"Le tigre blanc", Aravind ADIGA

    Balram, dit "Le Tigre blanc", écrit une lettre au premier ministre de la Chine, qui doit bientôt effectuer un voyage officiel en Inde.

   Pour qu'il comprenne. Parce que ce qu'il va voir de l'Inde n'est pas l'Inde. Alors, Balram a décidé le l'éclairer, de le guider, lui, l'entrepreneur nouveau qui est sorti des Ténèbres où il était né pour se faire une place à Bangalore, dans la Lumière, en créant sa propre société.

   Mais ça ne s'est pas fait tout seul.

   Aussi Balram se raconte-t-il, au travers d'une longue lettre rédigée sur sept nuits, afin d'illustrer au travers de sa vie la vérité de l'Inde.

   Et, à la fin de la première séquence du récit, il dit ce qu'il lui a fallu faire pour gagner le statut social qui est dorénavant le sien...

 

   L'auteur, conteur matois, sait accrocher son lecteur par cette incroyable annonce, à la fin de la première nuit. Dès lors, le lecteur n'aura de cesse de tourner les pages pour découvrir comment Balram va, justement, en arriver là. En outre, il sait déjà que Balram est devenu son propre patron et il est curieux de connaître le chemin qu'il a parcouru pour sortir des Ténèbres.

   Quant au procédé de la lettre au dignitaire chinois, il est lui aussi très bien trouvé : il permet en effet à l'auteur, par la bouche de Balram, le narrateur, d'émettre toutes sortes de considérations ironico-réalistes au sujet de l'Inde, sous couvert d'éviter à l'invité officiel d'être leurré. Balram est très sûr de lui : il connaît l'Inde, il en maîtrise désormais tous les rouages et n'hésite pas à se considérer comme un "intellectuel", ce qui prête parfois à sourire, mais à sourire jaune, si je puis dire, parce qu'il n'y a jamais de quoi rire franchement dans ce roman.

   Balram se raconte, donc, partant de son enfance dans un village où l'instituteur détournait les fonds des matériels scolaires et des uniformes... parce que lui-même n'était pas payé. C'est un inspecteur qui donne au passage à Balram ce surnom de "Tigre blanc", car il lui découvre des capacités hors du commun.

   Pourtant, Balram ne va pas rester longtemps à l'école, rapidement entraîné à exercer un métier de misère, jusqu'à ce qu'il réussisse, au prix de nombreuses difficultés, à obtenir un poste de chauffeur. Dès lors, c'est en écoutant et en regardant agir son maître et la famille de celui-ci qu'il va apprendre à connaître l'Inde et décider de sa vie.

 

   Ce roman est terrible. Le récit de Balram nous confronte au quotidien des Indiens pauvres, de ceux qui vivent encore dans un logement familial commun à ceux qui dorment dans les rues, à Dehli, en passant par les serviteurs dont les conditions d'hébergement sont inadmissibles.

   Mais il n'y a pas que les descriptions de la misère qui sont insupportables. L'auteur nous emmène au-delà, au cœur des rouages du "système" indien, viscéralement corrompu : les riches contrôlent la police à coup de pots de vin et leurs trafics économiques en tous genres sont eux-mêmes soumis au bon vouloir des politiciens, qu'ils achètent là aussi avec force dessous de table. Dans ce pays, la démocratie n'a aucun sens car toutes les voix (= empreintes digitales) des pauvres sont vendues avant même que le vote ait lieu et, d'une manière plus générale, les riches tiennent les pauvres en otages en se vengeant sur leur famille s'ils se révoltent. Quant aux pauvres eux-mêmes, ils reproduisent entre eux une forme de chantage, imposant à celui qui travaille l'obligation de vivre dans la misère car il doit envoyer la majeure partie de son salaire à sa famille. S'il ne le fait pas, on prévient son riche patron... qui le punira !

   Ce n'est pas pour rien que Balram estime être enfermé dans une Cage à Poules dont il finit par vouloir à tout prix (mais à quel prix !) s'échapper.

 

   Mené de main de maître, "Le Tigre blanc" n'est pas le genre de livre qu'on peut lâcher facilement, si j'en crois la rapidité avec laquelle je l'ai lu, en veillant cependant à ne rien perdre de toutes les informations fournies au sujet de l'Inde. Roman d'apprentissage, même si la qualification, ici, peut paraître caustique, il décrit le parcours d'un jeune homme dont la candeur et l'honnêteté initiales, en se heurtant à la corruption qui l'entoure, finiront par céder la place à une rage de s'en sortir coûte que coûte, au risque de se perdre dans ses propres ambiguïtés.

   Enfin, ce roman magistral invite à s'interroger sur l'avenir de l'Inde, dont il dresse un portrait glaçant.

 

"Le Tigre blanc", Aravind ADIGA

éditions Buchet Castel (318 p)

 

L'avis de Tamara, Amanda, Lily, Fashion, Kathel .

 


Commentaires

 

1. saxaoul  le 17-04-2009 à 10:41:54  (site)

je veux le lire depuis longtemps et ton post me conforte dans l'idée de le faire rapidement

2. kathel  le 17-04-2009 à 11:49:25  (site)

Bravo pour ce billet qui donne vraiment envie de découvrir ce roman... magistral, tu as trouvé là un qualificatif qui lui convient très bien !

3. liliba  le 17-04-2009 à 12:34:50  (site)

Je note !
Décidément, l'Inde est à l'honneur en ce moment...

4. Tamara  le 17-04-2009 à 12:36:08  (site)

Lu pour le prix Fnac l'été dernier, je lui avais décerné ma meilleure note ! J'avais particulièrement aimé le ton du récit, mêlant humour et ironie, malgré la noirceur du sujet...

5. sybilline  le 17-04-2009 à 17:42:43  (site)

Ton article est passionnant, comme d'habitude, d'autant plus qu'il m'éclaire sur un auteur et un livre dont je n'avais jamais entendu parler.
Je le note illico!

6. brize  le 17-04-2009 à 20:38:57  (site)

@ Saxaoul : Je l'avais moi aussi noté depuis longtemps, mais j'attendais le bon moment (et avant cela, il fallait que la bibliothèque l'ait acheté) !

@ Kathel : Merci ! Si mon billet donne envie de découvrir ce roman à ceux qui ne l'auraient pas déjà noté, je m'en réjouis, car je pense que c'est un livre qui mérite d'être lu.

@ Liliba : Pour les romans, je pense que c'est un effet à moyen terme du fait que l'Inde était l'invité d'honneur du Salon du Livre 2007 : ça doit (à mon avis) booster un peu l'intérêt pour les livres du pays concerné et donc les traductions.

@ Tamara : C'est chez toi que j'avais repéré ce roman et je comprends ton coup de cœur car son style m'a moi aussi séduite.

@ Sybilline : Ton commentaire me rassure car, pour cet article, j'étais assez embarrassée : j'avais peur de trop en dire (et je ne voulais surtout pas déflorer l'histoire) mais, en même temps, je voulais transmettre ce que j'avais retenu comme marquant dans cette lecture et qui, pour moi, en fait tout l'intérêt. Alors, si j'ai réussi à éveiller le tien, tu m'en vois ravie !

7. Hathaway  le 19-04-2009 à 16:16:38  (site)

J'aime beaucoup ton billet, je vais noter ce titre car je ne connais absolument pas !

8. brize  le 20-04-2009 à 10:53:18  (site)

Si le contenu de ce billet t'a plu, Hathaway, je crois que le roman a toutes les chances de t'intéresser Sourire1.

9. zarline  le 04-05-2009 à 11:09:58  (site)

Ton billet donne vraiment envie. C'est bien le livre qui a reçu le Booker Prize, non?

10. brize  le 04-05-2009 à 12:41:36  (site)

Oui, Zarline, ce roman a bien reçu le Booker Prize ... parce qu'il le vaut bien (et bienvenue "Sur mes brizées" !smiley_id117731 ) !

 
 
 
posté le 14/04/09

"Le Feu de Dieu", Pierre BORDAGE

     Franx est à Paris pour régler une affaire de succession quand, subitement, une série de séismes ébranlent la ville. Et ce n'est que le début car l'obscurité s'installe et une pluie de cendres s'abat en continu sur une agglomération dévastée.

   C'est ce cataclysme d'ampleur planétaire que Franx avait prévu depuis des années. Raison pour laquelle, avec d'autres familles, il avait transformé une ancienne bâtisse, pas loin de Brive, en camp retranché destiné à les abriter lorsque le pire se produirait.

   Mais il est loin de chez lui au moment où les événements se déclenchent. Dès lors, il va devoir franchir, accompagné qui plus est d'une gamine recueillie en chemin, par un froid polaire, des territoires d'apocalypse bouleversés par des secousses sismiques récurrentes, pour tenter de rejoindre, cinq cents kilomètres plus au sud, les siens.

   Ceux-ci, à savoir sa femme Alice et leurs deux enfants, Zoé et Théo, n'habitent plus qu'avec Jim, le seul à être resté quand, peu de temps auparavant, les autres familles du Feu de Dieu ont décidé de quitter les lieux, ne croyant plus aux prédictions de fin du monde de Franx. Or Jim est un psychopathe en puissance...

 

   Rien de bien original dans cette histoire de fin du monde. Le parcours de Franx est émaillé des incidents qu'on s'attend un peu à rencontrer en pareilles circonstances, certains quand même plus stressants que d'autres.

Du côté du Feu de Dieu, la présence de Jim-le-psychopathe donne aux situations un aspect que j'ai trouvé par moments assez caricatural. Et, là aussi, le huis-clos amène son lot de péripéties un rien convenues.

   Sans réelle surprise, donc, mais l'auteur sait raconter, alternant un chapitre avec Franx et un autre au Feu de Dieu, et si certes l'histoire est, à mon sens, à classer dans le registre des films catastrophe de seconde zone, elle est rythmée et se laisse lire, pimentée par un petit côté fantastique et une vague réflexion humaniste pas désagréables.

   L'ensemble donne une vision (au sens cinématographique du terme) brossée de manière spectaculaire et d'allure très réaliste de l'après-civilisation tant redouté, quand l'homme se retrouve soudain totalement démuni face à une nature hostile et s'acharne à survivre.

 

N.B.1 : C'est le troisième roman de Pierre Bordage que je lis et je continue à préférer celui avec lequel j'ai fait connaissance de l'auteur, "Porteurs d'âmes".

N.B.2 : Dans le genre thriller d'anticipation sur fond d'apocalypse, je ne saurais trop vous recommander "Gaïa", de Yannick Monget : bon, dans cette version, l'auteur a choisi la chaleur équatoriale au lieu du froid polaire, mais ce n'est pas ce qui justifie ma préférence, puisque personnellement je m'adapte plus facilement au froid qu'au chaud !

 

"Le Feu de Dieu", Pierre BORDAGE

éditions Au Diable Vauvert (492 p)

 

L'avis de Cuné et de Lily , plus enthousiastes que moi .

 


Commentaires

 

1. la Pyreneenne  le 14-04-2009 à 10:26:18  (site)

Cuné m'a plutôt donné envie mais je note Gaïa aussi ...

2. keisha  le 14-04-2009 à 16:12:47  (site)

Les autres avis étaient plus "chauds" si j'ose dire, mais comme tu cites d'autres idées lecture...

3. brize  le 14-04-2009 à 20:34:31  (site)

@ La Pyrénéenne : Cède à ton envie, car le roman peut te plaire autant qu'à Cuné et Lily Sourire1 .

@ Keisha : Oui, mon appréciation est plus... tempérée ! Mais elle ne fait que refléter mon ressenti, fonction notamment de mes lectures antérieures.

4. Choupynette  le 15-04-2009 à 20:32:01  (site)

j'aime beaucoup la raison avancée à ta préférence pour la référence que tu donnes en toute fin... le climat... Clin doeil))

5. brize  le 15-04-2009 à 20:55:31  (site)

On pourrait faire une étude des différentes typologies d'apocalypse recensées dans la littérature, je crois que ça ne manquerait pas d'intérêt !

6. kaalook  le 16-04-2009 à 00:43:20  (site)

Bon, dans ta critique alors je retiens la biblio ! J'essaierai porteur d'ames !

7. Hathaway  le 16-04-2009 à 17:57:55  (site)

Je vais passer mon tour je crois... Ca ne me tente pas vraiment !

8. brize  le 16-04-2009 à 20:31:48  (site)

@ Kaalook : "Porteurs d'âmes" m'avait fait forte impression !

@ Hathaway : Le thème est particulier et il vaut mieux ne pas te risquer sur ces terres dévastées si le voyage ne te dit rien !

9. SD49  le 18-04-2009 à 22:09:06

je n ai pas lu celui-ci mais j'avais bien aimé Porteurs d'ames.

10. brize  le 19-04-2009 à 18:59:28  (site)

"Porteurs d'âmes" m'avait beaucoup plu, mais celui-ci ne m'a pas emballée.

11. freude  le 22-04-2009 à 16:59:43  (site)

Je n'ai jamais lu cet auteur, mais les différents billets sur le web me donnent envie. J'aime bien les histoires de fin du monde !

12. brize  le 22-04-2009 à 18:42:43  (site)

Alors, il faut tenter !

13. pom'  le 25-04-2009 à 09:51:42  (site)

ses meilleurs ouvrages sont les derniers hommes et Abzalon que je te recommande si tu ne les pas lu

14. brize  le 04-05-2009 à 12:56:46  (site)

C'est noté, Pom' Sourire !

 
 
 
posté le 11/04/09

"Le Sang des Lions", Loïc LE BORGNE

    Au début du XXIIème siècle, c'est l'Afrikwana qui est devenue l'Eldorado des pays du Nord, victimes du réchauffement et du dérèglement climatiques, quand elle-même a su, en temps et en heure, effectuer les spectaculaires mutations technologiques nécessaires pour s'adapter (création, notamment, de miroirs spatiaux, gigantesques prismes permettant de mieux contrôler le climat du continent africain et aussi de centrales solaires sans déperdition d'énergie) et ainsi s'enrichir.

   Fuyant son bidonville natal, le jeune Jef Cody s'est fait capturer en franchissant illégalement le mur qui sépare les pays du nord de l'Afrikwana, où il arrive donc comme Ouvrier Disciplinaire. Il doit purger sa peine dans un des nombreux parcs Magic Eden, celui du Kilimandjaro. Il s'agit d'un complexe naturel exceptionnel, habité d'animaux transgéniques dépourvus désormais de toute agressivité.

   Territoire de rêve, le Parc Kilimandjaro ne l'est cependant pas pour la foule des OD qui y travaillent dans des conditions rappelant l'esclavage d'antan. En outre, d'étranges rumeurs courent sur l'apparition de garous, des animaux aussi dangereux que ceux d'autrefois...

 

   Le parti pris d'inverser, dans le cadre d'un récit d'anticipation, des situations qui paraissent aller de soi peut donner des résultats intéressants. C'est le cas ici, même si l'auteur s'appuie sur un postulat à mon avis discutable, celui selon lequel les miracles de la technologie finiront par apporter une solution aux dramatiques conséquences des erreurs environnementales humaines. Cette réserve (très personnelle) mise à part, j'ai aimé voir l'Afrique parée des couleurs de mirage que revêtent actuellement les pays occidentaux, parce que cela rappelle au lecteur à quel point un contexte géopolitique s'avère souvent le fruit des circonstances, des opportunités qui ont ou non été saisies. Et à quel point, aussi, les pays qui s'en sortent refusent égoïstement le partage.

   Ainsi, le besoin farouche qu'ont les habitants des pays du Nord de gagner ceux du Sud permet de mieux comprendre, en le rendant plus proche, ce que doivent éprouver actuellement les habitants des pays défavorisés cherchant à pénétrer en Europe. Et j'ai apprécié l'ironie consistant à indiquer que le mur érigé par les pays d'Europe pour se protéger des indésirables s'était retourné contre eux.

   Le concept des parcs de loisirs peuplés d'anitrans aussi inoffensifs que des peluches géantes m'a lui aussi beaucoup plu.

   Cet environnement bien pensé est découvert par le lecteur en même temps que le héros, Jef Cody. Celui-ci est immédiatement la victime désignée du gardien Lémiso, véritable tortionnaire. Heureusement, Shaka, OD lui aussi, le prend sous son aile. D'autres personnages viennent ensuite peupler le roman : la jeune et belle Astrid Fox (que Jef ne laisse pas indifférente), fille du traqueur sans pitié Drake Fox, le vieillard Massaï Naphtal et sa petite-fille Soïla...

   Tous vont se trouver impliqués dans les événements déclenchés par la soudaine augmentation du nombre des animaux garous.

 

   Original et bien rythmé, "Le sang des lions" se laisse lire avec plaisir (malgré les trop nombreux passages à tabac du héros). J'ai cependant regretté que la psychologie des personnages ne soit pas assez fouillée, voire frôle le stéréotype et j'aurais aimé que davantage d'ampleur soit donnée à l'histoire (j'ai même pensé, au fur et à mesure que je voyais la fin du livre approcher, qu'il s'agissait du premier tome d'un cycle, ce qui n'était pas le cas).

   Malgré ces réserves, il s'agit d'un roman jeunesse intéressant et prenant et qui a l'insigne mérite d'amener le lecteur à mettre en question des données socio-politiques trop souvent considérées comme intangibles.

 

"Le Sang des Lions", Loïc LE BORGNE

éditions Intervista, collection 15-20(334 p)

 

L'avis de Lily , Fashion , SBM .

 


Commentaires

 

1. SBM  le 11-04-2009 à 09:51:51  (site)

Celui-là n'est pas mal, mais j'ai de loin préféré "Je suis ta nuit" : excellent !

2. Hathaway  le 11-04-2009 à 13:07:44  (site)

Il me tente bien ce roman jeunesse, alors ourquoi pas ! je note !

3. brize  le 11-04-2009 à 21:33:14  (site)

@ SBM : Hmm...mais le thème de "Je suis ta nuit", fantastico-horrifique, ne m'attire pas du tout.

@ Hathaway : Il se distingue par son thème, que j'ai trouvé très original.

4. Karine :)  le 12-04-2009 à 00:10:04  (site)

Il est noté celui-là, mais en pâle. EN fait, je crois que l'autre roman de l'auteur me tente davantage.

5. george sand et moi  le 12-04-2009 à 16:03:24  (site)

j'avais mis ce roman dans la pré-liste pour le prix Mauprat (livres de jeunesse), finalement il n'a pas été choisi pour figurer dans la liste finale mais ce roman me paraissait intéressant et assez nouveau!

6. amandameyre  le 12-04-2009 à 18:24:38  (site)

ce n'est pas sympa de frimer avec ton abonnement à canal + !!! (même si je ne suis jalouse que parce que l'ami qui me les passe ne l'a pas encore fait cette fois-ci) pour en revenir à LLB, je n'ai lu que " je suis ta nuit" et j'avais aimé Sourire

7. brize  le 12-04-2009 à 20:40:09  (site)

@ Karine : Ben moi, il ne me tente pas vraiment, je lui trouve un air trop sordide à mon goût.

@ George Sand et moi : Tu avais tout à fait raison, il est original et intéressant.

@ Amanda : Frimer, moi, jamais !!! Je fais rien que partager ma petite satisfaction de télespectatrice pas désespérée !
Sinon, j'ai lu ton billet (et parcouru les autres) sur "Je suis ta nuit"... qui ne me tente toujours pas : ça a l'air glaçant à souhait et, surtout, l'idée qu'il soit lu par des adolescents de l'âge de mes filles perturberait ma lecture car je ne suis pas persuadée qu'un roman "à la Stephen King" soit idéal à cet âge (non que je veuille condamner les ados à ne lire que des nunucheries), mais ce n'est que mon avis très personnel.

8. Laetitia la liseuse  le 12-04-2009 à 22:44:21  (site)

L'avis de Ys m'avait convaincue. depuis il a attéri dans ma pile. ton avis me conforte dans l'idée que je vais passer un très bon moment de lecture.

9. aurore  le 13-04-2009 à 00:41:12  (site)

jolie la déco...où sont les oeufs ?.. joyeuses pâques !! bisous

10. Thaïs  le 13-04-2009 à 09:46:31  (site)

J'ai déjà entendu parler de ce livre et il m'attire.
Bon lundi Brize Sourire

11. Lael  le 13-04-2009 à 10:44:09  (site)

un roman qui pourrait m'intéresser grâce à un billet fort bien écrit!

12. brize  le 13-04-2009 à 12:10:02  (site)

@ Laetitia : Je viens de vérifier, mais je ne trouve pas de billet chez Ys au sujet du "Sang des lions". En revanche, elle en a bien fait un sur "Je suis ta nuit", du même auteur.
Malgré les quelques réserves émises dans mon billet, j'ai passé un bon moment de lecture avec "Le sang des lions".

@ Aurore : On les a mangés, les œufs smiley_id118694! Bises à toi aussi !

@ Thaïs : J'espère qu'il te plaira. Bon lundi à toi aussi !

@ Laël : Merci pour ce gentil compliment ! J'avais repéré ce livre et j'ai eu la chance de le trouver en bibliothèque, sans le chercher d'ailleurs : il était sur le présentoir (un signe qui ne trompe pas !).

13. Florinette  le 16-04-2009 à 09:42:26  (site)

J'ai tellement bien aimé "Je suis ta nuit" que j'ai bien l'intention de découvrir les autres romans de cet auteur !!
Bonne journée Brize !

14. brize  le 16-04-2009 à 20:33:07  (site)

Je serai ravie de découvrir tes impressions de lecture ! A bientôt, Florinette !

 
 
 
posté le 08/04/09

"Pour vous", Dominique MAINARD

    Delphine M., trente-cinq ans, dirige une agence très particulière. "Pour Vous" offre en effet aux clients qui la sollicitent une gamme de prestations très étendue, allant de l'accompagnement du grand-père pour sa sortie hebdomadaire à celui d'un homme atteint du sida en phase terminale en passant par les jeux de rôle les plus divers visant à prendre la place d'un disparu ou à combler les manques d'un vivant. Et cette agence, au sein de laquelle travaille aussi une employée, Marja , n'hésite pas à repousser toujours plus loin les limites de son offre : dès lors qu'il s'agit d'aider son prochain... en échange d'une rémunération substantielle, Delphine M. semble ne connaître aucun interdit.

   Imperturbable, elle mène son affaire de main de maître, sans jamais se laisser distraire de son objectif (amasser toujours plus d'argent) par des sentiments parasites.

   Mais sa carapace est-elle aussi indestructible qu'elle le paraît ?

 

   Quelle écriture envoûtante ! Comme une voix basse et mélodieuse capable de capter immédiatement mon attention ! J'ai donc prêté l'oreille, sans difficulté, à ce que me racontait la narratrice, cette femme que je ne suis pas arrivée à trouver antipathique, malgré la distance qu'elle affiche vis à vis de ses clients. Cette distance, je l'ai interprétée comme une volonté de se protéger, liée à ce qu'on apprend de son entrée initiale dans la vie et du parcours qui l'a menée au démarrage de son activité. Et, à aucun moment, je n'ai eu envie de la fustiger comme certains de ses clients qui, parfois, la traitent de prostituée.

   Delphine M. est un obligeant caméléon qui se prête aux désirs de personnages pressés de recourir à ses services pour vivre ou survivre. Bien sûr, elle profite de la situation mais, après tout, son offre ne fait que correspondre à une demande, si on se place dans sa logique purement économique.

   Son refus de s'impliquer ne m'a donc pas choquée : comment exercer, sur le long terme, un tel métier si on se laisse absorber par la frénésie de sentiments des autres ?

   Elle n'est pas méchante, juge d'ailleurs Adorno (le client par lequel la fêlure se fera jour). C'est juste une pierre, sur laquelle rien n'accroche.

   Elle va loin, pourtant, Delphine. Et il est difficile de ne pas la qualifier de cynique.

   Cependant, la faille que le lecteur a l'impression de discerner chez elle (ou celle qu'il espère ?) va finir par apparaître.

 

   Même si j'ai été moyennement convaincue par les conditions dans lesquelles se fissure plutôt soudainement la carapace de l'héroïne, le livre m'a beaucoup plu.

  J'ai contemplé avec étonnement, chez Delphine, une manière d'être déconcertante, où la rigueur professionnelle s'exerce au sein d'activités pas toujours avouables (et lorsque cette rigueur, dans un moment d'égarement, fait défaut, le pire peut arriver). Par son intermédiaire, j'ai aussi perçu les humains dans ce qu'ils ont de plus vulnérable et de plus volontairement candide, puisqu'ils confondent les chimères de "Pour Vous" avec la réalité. Et j'ai vu en Delphine, derrière l'écran des fantasmes créés et le matérialisme assumé, l'indéniable solitude d'une femme passant à côté de la vie.

 

   Un roman original et infiniment captivant !

 

"Pour vous", Dominique MAINARD

Editions Joëlle Losfeld (250 p)

 

Cuné ("Etrange et pénétrant, à goûter !") et Cathulu ("Un roman qui nous invite à une réflexion sur notre société et sur les rapports humains [...].") ont aimé, Amanda attendait mieux ("L'intention était bonne mais la réalisation me laisse particulièrement dubitative".)

 


Commentaires

 

1. la Pyreneenne  le 08-04-2009 à 09:14:00  (site)

Plutôt intrigant en tout cas !

2. Jumy  le 08-04-2009 à 09:38:53  (site)

C'est vrai que l'histoire de départ est assez intrigante. Je me laisserai bien tenter...
Je note, j'irai voir si la bibliothèque l'a en rayon.

3. cathulu  le 08-04-2009 à 09:42:23

"à côté de la vie" , c'est tout à fait ça !

4. pom'  le 08-04-2009 à 09:51:55  (site)

le ciel des chevaux ne m'a pas laissé un souvenir si positif que ça, si je le vois à la biblio, je le lirai peut etre

5. saxaoul  le 08-04-2009 à 11:29:50  (site)

C'est une histoire originale dont j'ai entendu parler à droite et à gauche. Je ne pense pas acheter le livre (ou alors d'occasion) mais je me laisserai peut être tenter si je le trouve à la médiathèque.

6. brize  le 08-04-2009 à 21:36:33  (site)

@ La Pyrénéenne et Jumy : J'étais moi aussi assez intriguée par cette histoire mais pas convaincue qu'elle pouvait me plaire car je lui trouvais un côté plutôt glauque. Du coup, j'ai aperçu plusieurs fois le livre à la bibliothèque, sans avoir envie de m'y frotter.
C'est seulement après avoir lu "Ailleurs", que je me suis dit que, pour ce qui est du glauque, ça ne risquait pas d'être pire, donc je pouvais peut-être y aller.
Et je ne l'ai pas regretté : je ne m'attendais pas à être autant captée par ce livre !

@ Cathulu : Oui, c'est vraiment l'impression, très forte, que j'ai eue.

@ Pom' : Je n'avais jamais rien lu de l'auteur mais des bibliothécaires connaissant cet auteur ont trouvé ce roman très différent de ses précédents.

@ Saxaoul : Tu as de grandes chances de le trouver à la médiathèque car l'auteur est connue et le livre a fait parler de lui.

7. Leiloona  le 08-04-2009 à 23:24:12  (site)

Je serais tentée de découvrir ce roman pour son écriture mais le thème est bien glauque. Quoi

8. Aifelle  le 09-04-2009 à 00:08:00  (site)

J'ai lu "leur histoire" de cet auteur. J'ai apprécié l'écriture, mais c'était tellement triste que je n'ai pas tellement envie d'en lire un autre.

9. brize  le 09-04-2009 à 12:16:42  (site)

@ Leiloona : Entièrement d'accord avec toi et c'est la raison pour laquelle je n'envisageais pas, initialement, cette lecture. Et puis, je me suis dit que cette réticence me faisait peut-être passer à côté de quelque chose... et je me suis lancée !

@ Aifelle : Je ne peux pas dire que "Pour vous" soit gai... ni qu'il soit triste : c'est sans doute lié au fait que l'héroïne se situe au-delà des sentiments "normaux"...

10. manu--  le 09-04-2009 à 17:37:13  (site)

Je trouve le sujet vraiment particulier. Et le fait que ce soit écrit de manière si impersonnelle me rebute. Je ne sais pas trop si ça me tente. Mais intriguant, c'est sûr !

11. brize  le 09-04-2009 à 20:32:15  (site)

Manu, si tu en as l'occasion, lis les deux ou trois premières pages : tu verras bien si tu accroches au ton de la narratrice (comme cela a été le cas pour moi).

12. Thaïs  le 10-04-2009 à 05:05:58  (site)

intrigante cette histoire ! tu m'as donné envie (mais pas le temps en ce moment de lire beaucoup). Je le note. Bon WE de Pâques !

13. fashion victim  le 10-04-2009 à 09:16:46

Très tentant. Un auteur que je n'ai toujours pas lu. Il me faudrait plus de vacances. Sourire)

14. SD49  le 10-04-2009 à 14:03:41

eh bien moi je n'ai pas Canal plus et j'enrage !!!!!!!!

15. Karine :)  le 10-04-2009 à 16:58:18  (site)

Je n'étais pas du tout tentée... mais là, j'hésite, vu que tu dis que l'écriture peut nous happer!! Bon... peut-être, alors!

16. brize  le 10-04-2009 à 18:49:51  (site)

@ Thaïs : Bon week-end de Pâques à toi aussi !

@ Fashion : Mais non, je suis sûre et certaine que, si tu avais davantage de vacances, tes élèves finiraient par te manquer !

@ SD49 : Il y a eu un début de saison (je crois que c'était pour la 3), où j'avais failli arrêter, tellement je trouvais que ça virait uniquement au soap. Finalement, j'avais trouvé que ça démarrait après environ 6 épisodes. Mais là (c'est pas que j'veux insister !), ça démarre illico presto, avec tous les ingrédients qui font le succès de la série (dont un mystère à résoudre !) ! Bref, je me régale (oui, je sais, là j'insiste vraiment lourdement !!!) !

@ Karine : Je te dirais bien comme à Manu, d'essayer de lire les premières pages, si tu en as l'occasion, pour voir si le charme de cette écriture opère ou non sur toi.

17. myloubook  le 16-04-2009 à 18:32:22  (site)

C'est la première fois que je lis un avis sur ce livre (que je ne connaissais pas de toute manière) mais le sujet m'intrigue. Je me fie à ton avis et le note de suite !

18. brize  le 16-04-2009 à 20:35:26  (site)

Lou, le sujet est très déroutant mais l'auteur est apparemment connue et appréciée donc je pense que la découverte vaut le coup.

19. sybilline  le 17-04-2009 à 17:45:20  (site)

Voilà une Mainard inhabituel et qui me tente énormément!

20. brize  le 17-04-2009 à 20:41:47  (site)

Et ta comparaison avec les autres oeuvres de l'auteur ne pourra que nous intéresser !

21. sylvielectures  le 01-05-2009 à 15:28:05  (site)

J'ai très envie de le lire celui là...

22. brize  le 01-05-2009 à 19:59:05  (site)

Sylvie, c'est une lecture qui vaut le coup, ne serait-ce que pour la qualité de l'écriture.

23. tulisquoi  le 23-05-2010 à 16:42:57  (site)

Je viens de terminer ce livre que j'ai aussi beaucoup aimé. Je me suis permise de reprendre une de tes phrases qui exprime bien ce que je voulais dire. J'ai bien sûr indiqué qu'elle venait de toi et mis un lien vers ton article. J'espère que ça ne te pose pas de problème.

24. brize  le 26-05-2010 à 13:41:29  (site)

@ Tulisquoi : Pas de problème Sourire1.

 
 
 
posté le 07/04/09

Mini-PAL pour mini-prix !

Jugez un peu de l'influence pernicieuse de vos blogs (les coupables se reconnaîtront !) sur quelqu'un qui, comme moi, se targue de ne pas avoir de Pile A Lire !

Or donc, je pars en quête du "Palais des mirages", de Hervé Jubert (suite aux billets élogieux d'Alwenn et Laure) ... et voyez avec quoi je suis revenue !

 

Bon, je vous rassure : j'ai acheté l'ensemble  pour la modique somme de... 34€, parce que j'ai eu la chance de tout trouver d'occasion !

Elle est pas belle, la vie ?!!!

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 07-04-2009 à 19:58:06  (site)

Nous avons deux livres en commun dans nos pal respectives. Rousse
Celui de Jubert (acheté depuis le billet de Clarabel) et celui de Ladjali.

2. emmyne  le 07-04-2009 à 20:17:05  (site)

Très belle la vie, joliment fleurie avec juste ce qu'il faut d'agréables lectures

3. amandameyre  le 07-04-2009 à 20:51:38  (site)

je crois deviner où tu es allée Clin doeil

4. brize  le 07-04-2009 à 21:54:54  (site)

@ Leilonna : Chouette, de futures impressions de lecture à comparer !

@ Emmyne : J'ai fait une mise en scène de la PAL, histoire de partager (aussi) avec vous les fleurs de mon balcon smiley_id176237 !

@ Amanda : Et tu devines très bien smiley_id118675 !

5. george sand et moi  le 07-04-2009 à 22:07:32  (site)

J'ai aussi acheté le Ladjalie c'était au Salon du Livre !!! tu l'as eu d'occas ? super !!! Pas encore lu, il faut dire que ma PAL comporte à ce jour plus de 55 romans !!!!

édité le 07-04-2009 à 22:08:57

6. Albertine  le 07-04-2009 à 23:08:36

Brize,

Je sais que tu adores lire, il y a un moyen de lire et de commenter avec plaisir en participant au Grand Prix des Lectrices de ELLE , tu envoies ta candidature sur le net et si tu es retenue tu seras jurée pour l'année prochaine ! C'est très sympa de participer ! Voilà comme cela tu pourras lire plein de livres !

7. Jules  le 07-04-2009 à 23:25:16  (site)

Ils ont l'air neufs en plus!!! Merveilleux!!

8. la Pyreneenne  le 07-04-2009 à 23:55:49  (site)

Comment ça tu te targues de ne pas avoir de PAL ? Comment fais- tu ???shocked

9. cathulu  le 08-04-2009 à 07:34:59

Avec Kate Atkinson, tu vas te régaler ! Sourire

10. brize  le 08-04-2009 à 08:52:25  (site)

@ George Sand et moi : Belle PAL... mais on a vu pire !!!

@ Albertine : J'y ai bien pensé et j'avais même commencé à remplir le questionnaire quand j'ai finalement décidé de laisser tomber : j'ai épluché la sélection de l'année dernière et, tout compte fait, il n'y en a pas tant que ça qui m'auraient beaucoup plu ; mais, surtout, compte tenu de mon rythme de lecture, je pense que je ne pourrais lire QUE les livres sélectionnés et du coup ça deviendrait vite trop contraignant, même avec le plaisir de faire de belles découvertes (et de recevoir des livres régulièrement dans sa boîte aux lettres).

@ Jules : Pour "Le Palais des Mirages" et "Le Feu de Dieu" c'est au point que, franchement, je ne vois pas la différence (sauf le prix !) avec des neufs !

@ La Pyrénéenne : La sagesse de l'âge, sans doute ! Plus sérieusement, j'ai eu souvent des déconvenues suite à des achats, si bien que, maintenant, je me méfie et j'attends de lire à la bibliothèque (quitte à acheter le livre ensuite si c'est un coup de cœur), ou alors je guette les occasions, si bien que j'ai moins d'achats compulsifs que d'autres blogueuses. Et puis, lorsque j'achète, c'est parce que j'ai très envie de lire le livre en question, donc, normalement, une PAL ne devrait pas avoir le temps de se constituer !

@ Cathulu : T'as vu, je fais tout à l'envers : je commence par "A quand les bonnes nouvelles ?" et je remonte dans le temps !

11. SD49  le 08-04-2009 à 10:30:24

tout à fait d accord avec toi pour la PAL, la mienne se constitue des livres pris à la bibliothèque et de 2-3 en plus en cas de panne !!!! je ne supporte pas de ne plus avoir de livre à lire

12. Alwenn  le 08-04-2009 à 12:47:28

Waouh ! Et tout ça à petits prix ! C'est génial ! Et ça me fait rire pour l'histoire de la PAL parce que depuis le bon temps où je m'enorgueillissais d'avoir une mini PAL, elle a triplé de volume ! Tu as vu, ma pauvre Brize où tout cela va nous amener ? ^^

13. insatiable.lectrice  le 08-04-2009 à 15:03:14  (site)

Rien de tel que les bouquins d'occa's pour avoir un rapport quantié/prix à faire voir la vie en rose Clin doeil1

14. brize  le 08-04-2009 à 21:29:09  (site)

@ SD 49 : C'est vrai que c'est rassurant, quelques livres d'avance, à soi ou provenant de la bibliothèque : ils permettent d'avoir le choix et de ne pas tomber en panne de lecture !

@ Alwenn : "Le Palais des Mirages", je ne le cherchais même pas en occasion, car son prix n'est pas trop élevé . Mais quelques euros en moins et un état neuf, ça ne se refuse pas !
Et pour la PAL, ah oui, ça fiche la trouille : je vais la surveiller de près, faudrait pas qu'elle continue à prendre de l'embonpoint, la bougresse !

@ Anne (Insatiable lectrice) : Tu as raison, ça m'a mise d'une humeur charmante !!!

15. Karine :)  le 10-04-2009 à 16:59:35  (site)

J'ai beaucoup aimé Emily Pearl mais je n'ai pas lu les autres! Je te rassure, c'est pas une PAL, ça... c'est juste le contenu normal d'un SLAT!! Sourire)

16. brize  le 10-04-2009 à 18:42:35  (site)

Vu sous cet angle... me voilà effectivement rassurée Rire1 !

17. uncoindeblog  le 11-04-2009 à 23:36:39  (site)

On commence comme cela et on se retrouve avec une 50aine de livres en attente. Moi je dis : Méfiance ! Bonne lecture en attendant :-D

18. brize  le 12-04-2009 à 08:54:14  (site)

Sages propos ! D'ailleurs, je me méfie tellement... que j'en ai déjà lu 2, dans cette mini-PAL smiley_id118671 !

19. Laetitia la liseuse  le 12-04-2009 à 22:39:34  (site)

J'ai découvert Marin Ledun avec Marketing viral. Une belle découverte où j'ai appris plein de chose sur le marketing en plus. c'est vraiment palpitant. Bonne lecture !

20. brize  le 13-04-2009 à 12:15:46  (site)

Ce "Marketing viral", ça fait un moment que je voulais le lire, mais sans être pressée et comme il ne figure toujours pas au catalogue de la bibliothèque, j'ai sauté sur cette occasion.

21. myloubook  le 21-04-2009 à 16:41:31  (site)

Le Ladjali est excellent !

22. brize  le 21-04-2009 à 18:29:48  (site)

Je l'ai lu et le dénouement m'a déçue (frustrée devrais-je dire) ...

 
 
 
posté le 06/04/09

"Blankets - Manteau de neige", Craig THOMPSON

  L'auteur, l'Américain Craig Thompson (né en 1975), évoque des souvenirs d'enfance et d'adolescence et en particulier son premier amour, Raina, rencontré alors qu'il avait 17 ans.

 

   On pourrait, en BD comme dans le domaine du roman, craindre le pire en voyant un auteur aussi jeune s'adonner à ce genre couru mais périlleux qu'est l'autobiographie. Or, dans ce roman graphique (je trouve qu'ici l'appellation convient mieux que celle de bande dessinée), Craig Thompson s'en tire haut la main : son album, tout en sensibilité, fait à l'occasion la part belle à l'imaginaire sublimant le réel... et la religion, qui y occupe une large place, car l'éducation reçue par le narrateur en est très fortement imprégnée (et le pasteur de sa paroisse ne cesse de l'inciter à marcher sur ses traces).

   Le lecteur fait ainsi connaissance d'un garçon (déjà passionné de dessin) qui doit partager son lit avec son petit frère, Phil, ce qui nous donne quelques merveilleuses séquences de lit pris dans les vagues d'une tempête. On notera cependant au passage, aperçu en début de narration, quelque chose d'un peu plus sordide...

    Les souvenirs du petit garçon s'entremêlent à ceux d'un adolescent toujours à l'écart des autres, dont le chemin croise celui d'une jeune fille qui semble faite pour lui. Rencontre, désir immense de se revoir car les deux jeunes gens habitent très loin l'un de l'autre et récit, lorsque ce désir se concrétise, des quinze jours passés ensemble, dans la famille de Raina, où les parents sont en instance de divorce : Craig Thompson se souvient et nous fait partager des moments fugitifs mais intenses, capturés au fil de ses dessins, des sentiments doux et forts et fragiles à la fois.

  Le trait, noir et blanc, esquisse avec bonheur des expressions et des atmosphères, des dits et des non dits, des mouvements inachevés... L'auteur croque avec autant d'aisance les scènes d'intérieur que celles où le parcours des personnages s'inscrit dans des paysages enneigés.

   Beau, fin et mélancolique.

   A découvrir !


"Blankets - Manteau de neige", Craig THOMPSON

éditions Casterman, collection écritures (582 p)

paru en 2004


Le billet de Bladelor (qui m'a incitée à ouvrir une BD dont j'avais déjà croisé le chemin... mais jusque là sans plus !) et celui de Joëlle.

 


Commentaires

 

1. keisha  le 06-04-2009 à 16:11:42  (site)

Feuilleté à la bibli, pas emprunté. Sans doute bien, on verra... Merci pour ton avis!

2. Fleur-Haibane  le 06-04-2009 à 21:24:14  (site)

Je l'ai lue l'année dernière et j'ai eu un gros coup de coeur pour cette BD !

3. Karine :)  le 07-04-2009 à 04:05:45  (site)

Je l'ai notée je ne sais plus trop où... c'est exactement le genre d'histoire qui peut me plaire. Mais bon, comme je ne réussis jamais à trouver les BDs que je note... c'est pas gagné!! Sourire

4. Hathaway  le 07-04-2009 à 07:54:54  (site)

Je ne lis que trop peu de BD, je note celle ci, je pense qu'elle pourrait me plaire!

5. Jumy  le 07-04-2009 à 09:17:16  (site)

J'avais déjà noté cette BD chez Joëlle. J'aime beaucoup en plus cette édition. Il faut que je le trouve en bibliothèque.

6. freude  le 07-04-2009 à 11:08:06  (site)

Décidément, ça me dit bien, je l'avais repéré chez Bladelor !

7. brize  le 07-04-2009 à 13:26:45  (site)

@ Keisha : Tu verras bien si ça te tente un jour...

@ Fleur-Haibane : Je comprends que tu aies eu un coup de cœur !

@ Karine : Ah oui, j'ai remarqué que ce n'était pas évident pour toi de dénicher des BD (mais là, ce sera peut-être plus facile puisqu'à l'origine elle est américaine (parue en 2003 aux USA).

@ Hathaway et Freude : C'est une BD que j'ai trouvée très subtile, autant qu'un roman.

@ Jumy : Tu devrais, comme moi, la trouver en bibliothèque car elle a été repérée lors de sa parution.

8. Florinette  le 08-04-2009 à 12:02:56  (site)

Chouette, j'ai vu cet album à la biblio et la prochaine, je n'hésiterai pas à l'emprunter ! ;-)

9. brize  le 08-04-2009 à 21:38:38  (site)

Et j'ai comme l'impression qu'il te plaira Sourire !

10. bladelor  le 12-04-2009 à 01:28:59  (site)

Ravie que ça t'ait plu !
C'est toujours une grande joie de pouvoir partager ce genre de découvertes !

11. brize  le 12-04-2009 à 09:00:30  (site)

Et les blogs que nous fréquentons nous en offrent souvent, de telles découvertes smiley_id118696 !

12. Mo' la fée  le 28-06-2010 à 20:21:29  (site)

moi aussi, gros coup de coeur pour cet album. Une lecture un peu plus hasardeuse de Thompson depuis (Adieu Chunky rice) n'a absolument pas ébréché le capital sympathie que j'attribue à cet auteur ^^

 
 
 
posté le 04/04/09

L'Epervier à Versailles !

  Je n'ai pas résisté à l'appel de cette affiche incontournable ces temps-ci à Versailles et j'ai donc visité ce matin la belle exposition consacrée à la parution du premier tome du deuxième cycle des aventures de l'Epervier, une BD (de type classique) de Pellerin qui compte déjà 6 tomes, "La mission", qui se déroule en (petite) partie à Versailles.

 

  Bien évidemment, je suis repartie avec un exemplaire du tirage exceptionnel (700 exemplaires) de ce tome 7, qui a pour caractéristique d'être doté d'une couverture spécifique, similaire à celle de l'affiche (ça me fera un beau souvenir des quelques années que j'aurai passées dans cette royale cité... lorsque mon séjour ici sera achevé, ce qui n'est pas le cas pour le moment !). Je n'ai cependant pas eu le courage d'affronter la file d'attente pour la dédicace, mais j'ai pu admirer le superbe coup de crayon de Pellerin, retransmis en direct live sur un grand écran au-dessus de sa modeste personne.

 

    Tous les détails sur cette exposition sur le site qui lui est dédié.

 

 


Commentaires

 

1. emmyne  le 04-04-2009 à 14:11:56  (site)

Quel dommage qu'elle soit aussi courte cette expo, je ne suis pas disponible demain.
Je n'aurais pas pu résister comme toi au tome 7 collector !

2. Laetitia la liseuse  le 04-04-2009 à 22:16:53  (site)

Voilà une exposition que j'aurais adoré découvrir. J'ai vu aujourd'hui au musée d'histoire naturelle d'Aix, l'exposition de Lucy, la bande dessinée qui a été faite sur l'australopithèque. Si mes photos sont bonnes, j'en ferai un billet.

3. Leiloona  le 05-04-2009 à 07:59:23  (site)

Argh c'est dommage que cette expo soit si courte ! Hein

4. brize  le 05-04-2009 à 09:08:48  (site)

@ Emmyne : Ce tome 7 collector est aussi en vente sur le site de l'expo.

@ Laetitia : J'espère que tu seras contente de tes photos... pour qu'on ait le billet !

@ Leiloona : Je suppose qu'elle n'est pas prolongée sur un second week-end parce que l'auteur aura déjà passé deux jours pleins en dédicaces !

5. Alwenn  le 06-04-2009 à 00:13:48

Une BD au tirage exceptionnel ? Chouette ! Et pour les dédicaces, je comprends que faire la queue pendant des heures ne soit pas une idée très enthousiasmante. D'avoir déjà la couverture spéciale expo, c'est pas mal !

6. brize  le 06-04-2009 à 08:40:53  (site)

... et une petite gravure numérotée ajoutée en prime à l'intérieur de l'album au moment de l'achat Sourire !

7. Florinette  le 08-04-2009 à 11:58:15  (site)

Moi qui adore Versailles, je vais vite aller voir le site de cette exposition, merci Brize ! :-D

8. brize  le 08-04-2009 à 20:15:18  (site)

Florinette, si tu t'intéresses à Versailles, il y a un hors-série du magazine "Détours en France" intitulé "Redécouvrez Versailles" qui vient de sortir et peut te plaire.

9. françoise2  le 11-04-2009 à 12:45:05

je viens d'acheter le numéro de Détours en France sur Versailles et il est vraiment très beau ! Les photos sont sublimes et ça donne vraiment envie d'y retourner...

10. brize  le 11-04-2009 à 13:04:33  (site)

Ah oui, Françoise, les photos sont magnifiques : ce hors-série est très réussi Roi

11. coming soonn  le 11-06-2009 à 19:04:55  (site)

et alors l'expo en elle même elle était comment?

j'ai pensé y aller mais c'était déjà fini!!

12. brize  le 11-06-2009 à 19:28:25  (site)

Scénographie classique (mais efficace !) mettant en valeur des dessins et peintures originaux de Pellerin, sur des panneaux bleus + une petite vidéo intéressante.

 
 
 
posté le 04/04/09

"Le Montespan", Jean Teulé

    Jean Teulé brosse ici le portrait de l'illustre inconnu qu'était pour nous l'époux de la très renommée Marquise de Montespan, maîtresse de Louis XIV.

   Les débuts du mariage de Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan et de Françoise de Rochechouart de Mortemart sont heureux : le couple est très amoureux et deux enfants naissent de cette union. Mais les problèmes financiers sont récurrents. Aussi la marquise de Montespan accepte-t-elle de servir à la Cour... où elle finit par devenir la maîtresse attitrée du roi.

   Le marquis, qui n'a rien vu venir, n'aura désormais de cesse de fustiger la traîtrise du roi et, surtout, de faire revenir vers lui son épouse, dont il est toujours éperdument épris.

  

   L'ouvrage de Jean Teulé aura fait sortir de l'ombre un personnage qui méritait certainement d'en être tiré, hâbleur, courageux, viril et surtout amoureux ! Et mari bien peu clairvoyant, par ailleurs, puisqu'il ne sent pas poindre le risque du trop d'empressement royal, alors même que sa femme s'en plaint et veut quitter Paris (elle n'émettra ce souhait qu'une seule fois et lorsqu'il sera trop tard et qu'elle sera devenue la maîtresse du roi, elle n'aura plus aucune envie de revenir en arrière).

   C'est, bien sûr, le portrait de ce cocu magnifique qui domine l'ensemble. Françoise-Athénaïs (le prénom qu'elle s'est choisi pour la Cour), on ne la voit que dans les premières années de son mariage, quand elle a les sangs aussi échauffés que ceux de son mari car ces deux-là s'entendent rudement bien au lit (un lit dont ils peuvent aussi parfaitement se passer !). Ensuite, elle disparaît à nos yeux, comme à ceux de son mari, qui n'a qu'occasionnellement des échos de sa vie à la Cour. Son amour maternel, déjà diffus, semble s'être totalement dissipé, et son amour marital avec : seul demeure le plaisir de paraître, d'être couverte d'argent facile et de l'admiration des courtisans.

 

   Dans sa peinture de l'époque, Jean Teulé témoigne d'une parfaite connaissance documentaire : elle  se traduit notamment par des décors très bien plantés, avec le souci des détails évocateurs, que ce soit une rue de Paris, le premier appartement des Montespan (et sa fontaine à eau en cuivre), le château délabré du marquis etc.; elle est aussi manifeste dans l'évocation, à deux reprises, de la manière dont le marquis lève des troupes pour le roi, espérant des succès militaires qui lui permettraient d'obtenir une pension et de mettre ainsi un terme à ses difficultés financières.

   L'auteur conte avec entrain les aventures de son héros ou plutôt ses mésaventures car on ne lutte pas impunément contre le pouvoir du roi. Les péripéties s'enchaînent et le lecteur ne peut s'empêcher d'éprouver de la sympathie pour le tenace marquis.

   Quelle est la part, cependant, de la vérité historique et des affabulations romanesques de l'auteur ? Voilà un point que j'aurais bien du mal à préciser. En effet, si, globalement, le récit m'a paru vraisemblable, j'ai émis de sérieux doutes quant à la véracité de certains épisodes et j'ai trouvé quelques passages assez outranciers dans leur présentation (pour n'en citer qu'un , mineur, la manière dont les apprentis du perruquier-propriétaire des Montespan se pâment, voire plus, lorsque leurs yeux plongent dans le décolleté de la marquise...)

   Mais qu'importe, finalement ! Le roman est enlevé, écrit dans une langue riche, je dirais même charnue, verte quand il faut car le très gaulois Teulé n'a que faire de pudibonderie ; seules m'ont gênée les ruptures occasionnelles de ton, lorsqu'un vocabulaire moderne trivial pointe soudain.

 

   Au final, une lecture diablement plaisante mais pas inoubliable (contrairement à "L'allée du Roi", de Françoise Chandernagor), qui sent fort toutes les odeurs de l'époque, pas seulement celles des rues de Paris mais aussi celles de la Cour... et des courtisans (liées entre autres à leur superbe dentition et à leur répugnance à l'eau !) et d'où déborde l'admiration de l'auteur pour un Gascon, accessoirement marquis, grande gueule et gros cœur.

 

"Le Montespan", Jean Teulé

éditions Julliard (333 p)

disponible en Pocket 

 

Les billets de Milou , Sentinelle , La Liseuse, Nina, Restling , Stéphanie, Ys , Liliba , Cuné , Marie , Caro[line] , BlueGrey, Clochette , George Sand et moi ...

 


Commentaires

 

1. la Pyreneenne  le 04-04-2009 à 10:10:10  (site)

J'ai bien aimé aussi ... souvenir d' un bon moment de lecture mais comme toi .... l' Allée du Roi reste inoubliable !

2. Aifelle  le 04-04-2009 à 10:10:12  (site)

Non décidément, malgré tous les billets que je vois, je ne suis toujours pas prête à lire Jean Teulé ..

3. SD49  le 04-04-2009 à 10:27:49

Je ne l'ai pas encore lu il va falloir que je me décide, KP78 m'avait dit que c'était bien et assez "chaud" !!!!

4. manu--  le 04-04-2009 à 14:38:29  (site)

Pareil que Aifelle, cet auteur ne m'attire pas du tout !!!

5. Karine :)  le 04-04-2009 à 15:24:30  (site)

J'attends sa sortie en poche, à celui-là... je crois que c'est pour bientôt... ou déjà fait, d'ailleurs! Je note aussi l'allée du roi qui semble très bien!

6. Laetitia la liseuse  le 04-04-2009 à 22:10:41  (site)

Je pense tout comme toi. Une très bonne lecture même si il est difficile de faire la part entre fiction et réalité.

7. fashion victim  le 04-04-2009 à 23:56:27

Nous avons eu la même lecture : enlevé mais outrancier et pas inoubliable...

8. Leiloona  le 05-04-2009 à 08:01:51  (site)

C'est justement le côté excessif voire vulgaire qui me gêne : les passages sont-ils nombreux ?

9. freude  le 05-04-2009 à 09:17:18  (site)

Toujours rien lu de cet auteur, pourtant j'ai son bouquin sur Villon dans ma Pal !

10. brize  le 05-04-2009 à 09:25:12  (site)

@ La Pyrénéenne : Ah oui, "L'allée du Roi", c'est quelque chose ! Et le téléfilm (en deux parties, je crois) qui en a été tiré, aussi.

@ Aifelle et Manu : Dans ce cas, il vaut mieux ne pas vous forcer : les billets lus doivent vous donner une assez bonne idée de ce qui vous attend... et si ça ne vous attire pas, c'est que ça risque fort de ne pas passer, ce que je peux très bien comprendre.

@ SD49 : En fait, on est tellement averti de ce côté "chaud", qu'on s'attend à pire !

@ Karine : Oui, il est disponible en poche, depuis peu.
"L'allée du Roi" m'a beaucoup plu, alors que je ne lis quasiment jamais de roman historique. J'ai, en particulier, été conquise par la langue, qui est tout à fait celle de l'époque.

@ Laetitia : Et c'est un peu ennuyeux, parce que du coup on se dit que l'auteur était super bien documenté (cf la toile de fond) mais qu'on ne peut quand même pas lui faire tout à fait confiance pour le principal : les incidents et événements qu'il raconte !

@ Fashion : Le côté outrancier était visiblement un parti pris de l'auteur (d'ailleurs, j'ai aperçu une interview de lui et j'ai trouvé qu'il en faisait un bon argument de vente...) mais c'est ce qui, à mon avis, ne permet pas de classer ce roman parmi ceux qui feront date.

@ Leiloona : Difficile à estimer... Mais on peut dire que ça touche (je n'ai pas dit "contamine" !) l'"esprit" du roman, donc si ça te rebute, ça risque de perturber toute ta lecture parce que tu t'en agaceras.

@ Freude : Ouh, celui-là, il paraît qu'il arrache, dans le genre descriptions pas piquées des vers !
De mon côté, je ne connaissais que "Le magasin des suicides", que j'avais bien aimé.

édité le 05-04-2009 à 09:25:54

11. SD49  le 05-04-2009 à 09:29:57

c'est aussi ce qu'elle m'avait dit !!!!!

12. brize  le 05-04-2009 à 09:35:08  (site)

SD49 : Bon, maintenant, KP78 et moi, on attend ton verdict !

13. george sand et moi  le 05-04-2009 à 18:50:12  (site)

J'ai moi aussi lu ce roman et je suis assez d'accord avec toi sur le langage cru et parfois trop moderne! par contre je n'ai pas été du tout sensible à cette histoire, je ne suis pas rentrée dedans, trop de crudité, une complaisance dans l'ordure qui, me semble-t-il n'apporte pas grand chose... bref Teulé m'a déçue !

14. brize  le 05-04-2009 à 19:08:29  (site)

J'ai retrouvé ton billet et je viens de mettre un lien vers lui.
Je comprends parfaitement qu'on puisse être réfractaire à ce roman, car il faut bien reconnaître que Teulé ne fait pas dans la dentelle et les critiques que tu formules dans ton billet ne manquent pas de pertinence !
Malgré tout, j'ai trouvé son Montespan sympathique, dans sa folle agitation d'indéfectible amoureux.

15. Yv  le 05-04-2009 à 19:58:10  (site)

Jusqu'ici, j'ai toujours été déçu de mes lectures de Jean Teulé; bien que je le trouve, lui très intéressant. peut-être essayerais-je celui-ci, mais s'il ne me palit pas, ce sera le dernier !

16. levraoueg  le 05-04-2009 à 21:17:31  (site)

C'est fou le nombre de blogueurs qui ont lu ce livre ! En tous cas la fin de ton billet me conforte dans ma non-envie de le lire (malgré sa sélection au Prix des lecteurs du Télégramme)

17. brize  le 06-04-2009 à 11:46:26  (site)

@ Yv : Il est prévenu, le gars Diable !

@ Levraoueg : Ravie d'avoir (involontairement !) contribué à la non augmentation de ta Liste A Lire !

18. sentinelle  le 06-04-2009 à 17:16:40

Un bon souvenir en ce qui me concerne :-)

19. chris89  le 06-04-2009 à 22:36:59  (site)

Très tentant, je vais de ce pas le mettre dans la PAL ; Pour son coté langue riche !

20. brize  le 07-04-2009 à 12:59:01  (site)

@ Sentinelle : C'est un roman où on n'a pas le temps de s'ennuyer !

@ Chris89 : Une langue pas piquée des vers !

21. george sand et moi  le 07-04-2009 à 22:10:21  (site)

merci pour le lien !!!!

22. Albertine  le 07-04-2009 à 23:06:13

Hey Brize, sympa ce petit billet, j'ai rencontré l'auteur, j'ai pris un pot avec lui et mes tutrices de stage ! C'est un homme très sympathique ! Je n 'ai pas lu le livre mais une personne proche de moi l'a adoré...
A bientôt !

23. Florinette  le 08-04-2009 à 12:01:56  (site)

Ce livre est dans ma PAL et je ne vais pas tarder à le lire...Comme toi, je garde un très bon souvenir du livre de Françoise Chandernagor ainsi que de son adaptation que j'ai acheté lors de sa sortie DVD !! ;-)

24. brize  le 08-04-2009 à 22:01:30  (site)

@ George Sand et moi : De rien Sourire1 !

@ Albertine : Super, cette rencontre ! Avec tout ça, tu vas peut-être te laisser tenter par la lecture de "son" Montespan, non ? !!

@ Florinette : "L'allée du Roi" est un livre qui m'a marquée, en particulier par son écriture remarquable et l'adaptation filmée contribue à asseoir le souvenir de l'oeuvre littéraire.

25. Albertine  le 10-04-2009 à 14:12:18

ça y est ! j'ai commencé ce matin !

26. brize  le 10-04-2009 à 18:51:14  (site)

Super ! On va bientôt savoir ce que tu en auras pensé !

27. uncoindeblog  le 11-04-2009 à 23:37:45  (site)

Il m'attend donc je ne lis que la chute de ton billet :s

28. brize  le 12-04-2009 à 08:57:40  (site)

Il est dans ta PAL Diable ?!!!

29. pom'  le 13-04-2009 à 09:35:37  (site)

je viens de la lire, j'ai bien aimé le toupet de ce cocu, mon avis dans les jour à venir

30. brize  le 13-04-2009 à 12:20:19  (site)

Je ne manquerai pas d'aller le lire, Pom' !

31. BlueGrey  le 16-04-2009 à 15:20:59  (site)

Ce Montespan, quel cocu magnifique ! Teulé à écrit là une bien jolie farce !

32. brize  le 16-04-2009 à 20:40:15  (site)

Je viens d'offrir le livre à ma maman (je suis en vacances dans le sud-ouest) : je suis curieuse de savoir ce qu'elle en pensera !

33. les livres de George Sand et moi  le 01-05-2009 à 12:42:14  (site)

merci pour la réf à mon billet !

34. Cécile de Quoide9  le 17-05-2009 à 17:10:22  (site)

Moi je crois que je vais abandonner...
C'est mal écrit au point d'en devenir pesant, très scolaire, les passages où il plaque ses informations historiques sont pesants tant ils manquent de naturel et puis globement le personnage de la belle Athénaïs est bien insignifiant et est largement plus central que celui de son mari (pour le premier tiers du livre en tout cas) .
Bien d'accord avec toi sur un point : l'allée du roi est autrement mieux sur le fond comme sur la forme et Teulé n'est pas Chandernagor.

35. brize  le 18-05-2009 à 12:09:56  (site)

Si ça ne t'accroche pas plus que ça, effectivement, il vaut mieux laisser tomber : tant d'autres livres susceptibles de te plaire davantage te tendent leurs pages !

36. SD49  le 17-06-2009 à 12:09:46

je l'ai presque fini et je n'accroche pas trop, quel sot ce Montespan de n avoir pas écouté la requete de sa femme !!! Je ne trouve pas grand interet à cette histoire, je vais le finir vite fait quand meme car il se lit facilement.

37. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 17-06-2009 à 14:32:18  (site)

je l'ai commencé hier... pas trop d'avis pour l'instant, ne connaissant de Teulé que "le magasin des suicides" je découvre autre chose...
je repasserais pour donner mon avis Clin doeil

38. brize  le 17-06-2009 à 18:56:04  (site)

@ SD 49 : C'est vrai qu'on le trouve particulièrement naïf (voire bête) de ne pas céder à la requête initiale de sa femme, lorsqu'elle ne souhaite pas rejoindre la Cour ! Un moment de stupidité qu'il va payer cher !
Quant à l'intérêt de l'histoire, disons que je l'ai trouvée distrayante, mais je comprends que ça puisse ne pas t'accrocher plus que ça.

@ Laptitesardine : Bonne lecture et à bientôt !

39. Alcapone  le 11-06-2010 à 19:06:43  (site)

Tout à fait d’accord avec toi. Excellent commentaire!

 
 
 
posté le 02/04/09

"La dame blanche", Christian BOBIN

    Dans la collection "L'un et l'autre", qui a pour vocation de présenter des biographies atypiques, où l'auteur entre en résonance avec celui ou celle dont il évoque la vie, Christian Bobin a choisi de retracer la vie de la poétesse américaine Emily Dickinson (1831 - 1876), "La dame blanche".

 

   Au travers de fragments d'une écriture poétique, écho de celle d'Emily, il esquisse d'un trait fugitif des moments-clés de sa vie, échappées vers un esprit hors du commun... et qui décida de vivre en dehors du commun des mortels, puisqu'elle choisit de passer les 25 dernières années de sa vie sans quitter la maison familiale.

   Des figures importantes de l'environnement proche d'Emily sont dépeintes, car elles ont joué un rôle majeur dans son existence. D'autres ne feront que la traverser mais la marqueront de même. Il est fait mention de certains événements datés, repères temporels incontournables dans le cheminement de cette femme en marge. Mais l'essentiel réside dans le désir de l'auteur de faire passer sur nous le souffle poétique qui animait Emily Dickinson, de nous donner à voir la dimension dans laquelle sa vie s'inscrivait.

 

   Opération réussie, pour ce qui me concerne, pendant toute la première partie de l'ouvrage (au point que je me disais que j'allais l'acheter en poche, une fois que je l'aurais rendu à la bibliothèque). Et puis, pour des raisons que je ne m'explique guère (est-ce l'écriture qui m'a moins charmée ou la vie adulte de la poétesse ?), mon attention a décru au long de la seconde partie...

    Bilan en demi-teinte, donc.


"La Dame blanche", Christian BOBIN

éditions Gallimard, collection "L'un et l'autre" (120 p)

disponible aussi en Folio

 

L'avis de Katell , Antigone , Sentinelle .

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 02-04-2009 à 09:23:36  (site)

merci de tes commentaires sur les livres assez court pour etre lu bon jeudi

2. Florinette  le 02-04-2009 à 10:54:47  (site)

De cet auteur, je n'ai lu que "L'inespérée" et je dois dire que ce livre a été un très beau coup de coeur, je retenterais bien avec celui que tu présentes !

3. Hathaway  le 02-04-2009 à 23:20:30  (site)

J'ai un peu peur avec Bobin... J'ai lu de très beaux livres de cet écrivain et d'autres qui m'ont carrément hérissés...
Alors je ne sais pas trop...

4. brize  le 03-04-2009 à 19:15:47  (site)

@ Anaflore : Bienvenue "Sur mes brizées"... et tant mieux si tu y trouves des idées de lecture, c'est le but smiley_id118694 !

@ Florinette et Hathaway : C'est le premier livre de cet auteur que je lis.
Florinette, cela vaudrait sûrement le coup de tenter... en espérant que tu ne rencontreras pas les mêmes déconvenues qu'Hathaway !

5. Alwenn  le 03-04-2009 à 20:58:00  (site)

J'avais un prof de fac qui parlait toujours de Christian Bobin comme d'un auteur à lire ab-so-lu-ment ! Mais je n'ai toujours rien lu de lui... ^^ Quant à la poétesse en question, j'avoue aussi mon ignorance sur sa vir. Je connais de nom, mais je n'ai jamais rien lu d'elle non plus... Du coup, je ne sais pas si je le note ou pas... Hem, commentaire hautement inintéressant je m'en rends compte... Bon week-end Brize !

6. brize  le 04-04-2009 à 09:58:58  (site)

Alwenn, rassure-toi, ton commentaire m'aura au moins appris que Christian Bobin était un auteur très connu... alors que je le découvre à peine ! Quant à Emily Dickinson, je ne la connaissais que de nom. L'autre jour, j'ai voulu emprunter un recueil (bilingue) de ses poésies, mais j'ai pris le temps d'essayer de lire quelques passages... et ça ne devait pas être le jour ad hoc car j'ai trouvé que c'était plutôt hermétique. Du coup, je n'ai pas emprunté ledit recueil : j'attendrai de me sentir davantage en phase !

7. Thaïs  le 05-04-2009 à 11:20:57  (site)

j'ai lu quelques livres de lui et j'aime bien son univers. "geai" par exempla ma inspirée. Je prends note de celui-ci. Bon dimanche

8. sybilline  le 05-04-2009 à 14:34:49  (site)

Comme Hathaway, je suis méfiante face à Bobin que je considère comme un grand amateur d'idées toutes faites...
J'aime autant alors lire une bonne biographie de la dame.
D'ailleurs le principe de la collection , mêler la subjectivité à une biographie, me laisse douteuse...

9. brize  le 05-04-2009 à 20:13:32  (site)

@ Thaïs : Je note ce titre, car il n'est pas exclu que je fasse un jour une nouvelle incursion sur les terres de Christian Bobin.

@ Sybilline : Il est certain que pour être bien renseigné au sujet d'Emily Dickinson, une biographie au sens classique du terme conviendra mieux.
Mais le mérite du livre de Bobin, c'est d'essayer de faire passer ce qui relève de l'indicible... et que donc une biographie "nromale" risque d'avoir du mal à présenter.

10. sentinelle  le 06-04-2009 à 17:15:42

Comme tu le sais, je n'ai pas été convaincue plus que cela par ce roman, du coup, je ne compte pas lire un autre ouvrage de cet auteur... pas vraiment ma tasse de thé ;-)

11. Isil  le 07-04-2009 à 08:34:45  (site)

Je veux découvrir cet auteur. J'ai un recueil de poèmes d'Emily Dickinson à ouvrir d'abord car j'en ai lu peu.

12. brize  le 07-04-2009 à 13:04:19  (site)

@ Sentinelle : De mon côté, je serais curieuse de lire autre chose de l'auteur, dans un contexte différent (plus personnel) de cette optique biographique.

@ Isil : Si tu connais un peu la poésie d'Emily Dickinson, je pense que tu appréhendras d'autant mieux "La dame blanche".

 
 
 
posté le 31/03/09

"Une vengeance au goût amer", Ann RULE

   Dans le paisible bourg de Prairie Village (Kansas) un événement horrible s'est déroulé, en 1995. Une maison a soudain pris feu, en pleine nuit. La mère, Debora Green, a pu s'en échapper et seule un de ses trois enfants a survécu au drame en sautant du toit en flammes. Sur les lieux du sinistre il ne reste maintenant plus rien.

  Comment un tel drame a-t-il pu avoir lieu ? C'est la question à laquelle il faut maintenant répondre...

 

   Très rapidement, le lecteur devine l'identité de l'incendiaire. On n'a donc pas affaire à un "thriller", même si c'est ce qu'annonce la collection. N'en demeure pas moins une certaine tension dans la lecture, pour découvrir quels événements ont amené cet incendie criminel et de quelle manière exactement l'affaire va être résolue.

    C'est ce à quoi s'attache l'auteur, en retraçant minutieusement l'avant et l'après l'incendie.

   Le passé des principaux protagonistes de l'affaire, Debora et son mari Mike, est ainsi évoqué de façon détaillée, grâce aux témoignages recueillis. Suivront les détails des investigations menées et la procédure judiciaire.

   Davantage qu'auteur de fiction, Ann Rule agit ici comme une enquêtrice dressant de manière organisée le rapport des éléments qu'elle a rassemblés et dont on sait qu'ils sont réels, même si les noms ont été changés.

Ce livre tient donc davantage d'un documentaire travaillé pour ressembler à un roman que d'un vrai roman policier, d'ailleurs, aux États-Unis, les œuvres d'Ann Rule font partie du genre mixte du true crime, classé là-bas en non fiction et non pas en "littérature romanesque" comme chez nous.

   Néanmoins, il se lit avec intérêt dès lors qu'on cherche à appréhender la réalité des investigations menées lors d'une affaire criminelle, telles que doivent être amenés à les connaître, aux États Unis, les jurés convoqués pour la juger : entre les faits constatés, la manière dont ils ont été perçus ou sont rapportés par les uns et les autres, il s'agit de discerner la vérité, des événements et des personnes qui y ont participé. Ce n'est pas une mince affaire et le talent d'Ann Rule consiste à présenter à son lecteur une reconstitution dynamique et prenante d'une affaire qui ne manque pas de susciter bien des interrogations.

   Un bémol cependant : le principe même de l'opération génère des redites, puisque l'exposé circonstancié des faits et de leur préalable par l'auteur se trouve ensuite repris dans le procès (enfin, ici, l'audience préliminaire). Certes, il y a une forme de mise en scène de la délivrance de l'information (et on sait, au vu des romans, des films et ses séries télévisées, que les Américains adorent les scènes de procès) mais le fait de revenir sur des données déjà fournies m'a paru ennuyeux.

 

   Ce livre m'a permis de découvrir ce genre du true crime . Je lui préfère les œuvres de fiction : savoir que c'est la réalité qui m'est racontée m'interpelle en me dérangeant, j'ai l'impression de regarder comme un voyeur dans l'intimité de gens que je n'aurais jamais eu à connaître dans d'autres circonstances.

Force m'est pourtant de reconnaître que cette réalité, lorsqu'elle aussi habilement dépeinte que c'est le cas ici, ne se défend pas mal non plus pour ce qui est de retenir, globalement, l'attention du lecteur !

 

"Une vengeance au goût amer", Ann RULE

éditions Michel Lafon (391 p)

(livre offert par l'éditeur)

 

Le billet de Keisha .

 


Commentaires

 

1. keisha  le 31-03-2009 à 13:41:08  (site)

Rien à ajouter, sauf que j'ai aimé découvrir ce genre de livre, mais quant à en faire mon quotidien , sans doute pas...

2. chris89  le 31-03-2009 à 16:35:12  (site)

Je ne connais pas ce genre, alors je l’ai noté pour la découverte !

3. freude  le 31-03-2009 à 20:01:40  (site)

Je pense que je le lirais, il a l'air pas mal quand même et je ne connais pas l'auteure.

4. coups de coeur  le 01-04-2009 à 16:30:13  (site)

Je viens de terminer ce livre et suis passée par chez Keisha. Dit différemment, il semble que nos avis soient très proches !

5. coups de coeur  le 01-04-2009 à 16:31:47  (site)

Au fait, mon billet sur ce livre paraîtra demain et j'y mets un lien vers ton avis !

6. brize  le 01-04-2009 à 19:51:17  (site)

@ Keisha : moi non plus, car je préfère les "vrais" romans policiers !

@ Chris 89 et Freude : je n'ai pas regretté cette lecture-découverte, que j'ai trouvée de qualité.

@ coups de coeur : j'irai lire ton billet !

7. Laetitia la liseuse  le 04-04-2009 à 22:13:20  (site)

Il est dans ma pile. Je suis très curieuse de découvrir ce genre que je ne connais pas.

8. brize  le 05-04-2009 à 09:26:50  (site)

Le genre a effectivement son intérêt !

9. Soie  le 05-04-2009 à 21:35:20  (site)

Je ne connais pas du tout le "True crime" ... j'essaierai peut être, mais je ne raffole pas des détails trop réalistes ... et j'avoue que, lorsque le lis un thriller, savoir que c'est de la fiction me rassure ;-) ...

10. brize  le 06-04-2009 à 11:48:07  (site)

Oui, je trouve aussi que ça aide à tenir l'histoire à distance... même si on sait pertinemment que, hélas, la réalité peut dépasser la fiction.

 
 
 
 

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