posté le 26/09/10

Un petit tour au Festival America !

   Pour la première fois, je me suis rendu au Festival America, qui se tient tous les deux ans à Vincennes. Le principe :  d'une part, un chapiteau abritant un petit Salon du livre, d'autre part une série de rencontres avec les auteurs invités, sous forme d’interviews, débats etc. dans divers points de la ville (Hôtel de ville, maison des associations…), où les salles utilisées se voient rebaptisées pour la circonstance. Le site du Festival vous permettra si vous le souhaitez d’avoir une meilleure idée du dispositif.


   Je m’étais fixé un petit programme, limité au samedi faute de disponibilité le lendemain et avec, en amont, une déception : lorsque j’avais, il y a maintenant plusieurs mois, jeté un œil sur le site, j’avais noté une heure d’interview de Marisha Pessl (l’auteur de « La physique des catastrophes ») et je m’en réjouissais d’avance, mais à mon grand regret Miss Pessl avait disparu du programme définitif. J’ai mis un certain temps à comprendre (en fait, je l’ai compris hier) que je m’étais baladée sur le programme de 2008 et pas de 2010, qui ne devait pas être encore diffusé !

 

   Bref, faute de Pessl, j’ai visé Joseph Boyden, découvert avec son recueil de nouvelles, « Là-haut vers le nord », dont je continue à vous recommander la lecture et dont « Le chemin des âmes » et « Les saisons de la solitude » ont connu le succès que l’on sait.

   Et me voilà donc, à 11 H, dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville (alias salle Octavio Paz, ce qu’ignorait visiblement l’employée de mairie auprès de laquelle une dame devant moi se renseignait (pour les toilettes que quelqu’un d’autre lui demandait, pas de problème : elles n’avaient pas changé d’identité) : heureusement, j’ai tout de suite remis les pendules à l’heure en précisant, « la salle des mariages », ça allait beaucoup mieux !), une belle salle à l’esthétique néo-Renaissance.

 

   La rencontre, organisée par celui que j’ai pris pour un journaliste (particulièrement compétent, ça change de certains intervenants du Salon du Livre de Paris) mais qui s’est avéré être un libraire de Vincennes, Pascal Thuot (librairie Millepages), réunissait ledit Joseph Boyden et Pierre Pelot (auteur connu et prolifique, mais je n’ai lu que « L’été en pente douce », dont vous avez peut-être vu l’adaptation cinématographique), dont le dernier roman s’intitule « La montagne des bœufs sauvages ». Quelques générations d’écart entre les deux (et un avantage physique incontestable côté Boyden, face aux muscles et aux tatouages duquel les longs cheveux grisonnants de notre Vosgien ne pouvaient pas lutter !), mais pourtant le rapprochement opéré par le libraire, fervent lecteur de ces deux écrivains, était plus que pertinent, comme leurs réponses croisées à ses questions, autour du thème « Les saisons de l’écriture », l’ont fait apparaître.

   En répondant à la première question relative au rôle de l’environnement dans l’écriture, Pelot se souvient de la première fois où il est allé au Québec : il faisait – 20°… mais il avait laissé – 30° dans les Vosges, qui sont « comme un petit Canada », d’ailleurs, « les bouts du monde peuvent être à nos portes », a rappelé le libraire lorsqu’il l’a présenté. Pour Pelot, le paysage est un personnage, plus exactement, le paysage est représenté par les hommes qui y vivent. Nourri de littérature américaine (il compare Boyden à Faulkner), il se trouvait à l’aise dans ces œuvres, où il reconnaissait des gens côtoyés tous les jours.

   Boyden, lui, ne vit pas dans la baie James où il situe ses histoires, puisqu’il habite à la Nouvelle Orléans. Mais il y séjourne régulièrement pour faire le plein d’histoires à raconter, appréciant ensuite la distance géographique car elle lui procure le recul nécessaire à l’écriture. Il rappelle à quel point les Indiens font partie intégrante de leur environnement et le respectent, considérant qu’ils lui doivent tout. Chez eux, contrairement à ce qui se passe chez les Blancs, aucune volonté de dominer le vivant, mais la conscience aigüe de la place qu’y occupe l’homme : tout en bas du totem, il est celui qui ne peut se passer de ce qui l’entoure pour vivre, alors que les rocs, l’eau, l’air, n’ont besoin de rien pour exister.

   Pelot et Boyden se retrouvent dans ce que raconte une légende des Indiens Cree : les histoires sont des êtres vivants qui se promènent et ne demandent qu’à être capturées par les écrivains qui vont les nourrir. Pelot, actuellement, alors qu’il voulait souffler un peu, s’est fait chopper par l’une d’elles : elle n’a pas voulu le lâcher et il sait déjà qu’il lui en coûtera plus de mille pages pour la raconter.

   On passe ensuite aux personnages. Et à la question posée, « Comment entre-t-on dans tel ou tel personnage ? » (les femmes, en particulier), Pelot avoue qu’il ne sait pas. Mais il a un jour raconté un accouchement d’une époque plus que préhistorique et, nous dit-il, « Je vous jure que j’ai accouché ! »… et il a eu des retours éberlués de gynécologues, parce que comment il avait fait, là, pour que ce soit exactement ça ?

   Quant à Boyden, aucun problème pour évoquer les femmes, comme Annie et Susan : il a eu sept sœurs plus âgées que lui ! Et, dans les réserves indiennes, il y a, comme dans ses romans (et, il le constate maintenant, dans ses deux romans on retrouve cette opposition à travers deux personnages), des gens profondément enracinés dans leur culture et d’autres qui ne le sont pas et cette question des racines n’est pas pour lui spécifique aux Indiens mais concerne tout le monde.

   Ont-ils un projet d’ensemble, nos écrivains ?

   Non. Boyden se sentirait enchaîné par une telle démarche. En ce moment, il écrit une histoire se situant au moment où des Jésuites de France rencontrent des Indiens d’Amérique. Il espère qu’elle sera achevée pour le prochain Festival America !

   Pour Pelot, le projet est contenu dans la façon dont on raconte l’histoire.

   Quels sont leurs commentaires lorsqu’on leur cite ces propos de Fernando Pesoa : « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas » ?

   Boyden : « C’est vrai ! » (en français). « Mais il est trop tôt pour en parler : reposez-moi la question ce soir autour d’un verre de vin ! »

   Pelot : « On est dans ce qu’on écrit. Le reste est une machine de chair et d’os. Le mieux et le plus vivant, c’est ce que j’écris ».

   Quelles sont les saisons et les couleurs de leur écriture ?

   Boyden coupe l’herbe sous le pied à Pelot, puisque pour tous deux c’est l’automne, la saison de l’écriture, avec ses couleurs rouge, jaune, orange.


   Abandonnant Boyden à quelques lectrices désireuses de voir ses tatouages de plus près, j’ai traversé ensuite le hall du premier étage pour m’installer dans l’immense salle des fêtes Café des Libraires, où défilaient au cours de la journée tous les auteurs du festival : une grande scène et des interventions retransmises sur des écrans au-dessus des spectateurs, pas besoin de se tordre le cou pour apercevoir les uns ou les autres. Le thème de cette heure-là était « Les uns contre les autres » et, je le confesse, j’y allais surtout pour voir Craig Johnson, parce que les comptes-rendus de Quai du Polar à Lyon m’avaient donné envie de découvrir en chair et en os un auteur dont j’avais apprécié « Little Bird ». 

   Impossible de le manquer, puisqu’il ne se défait pas de son Stetson (signe de reconnaissance… ou calvitie à dissimuler à ses admiratrices ?) ! Bon, il n’était pas seul, mais cela m’a permis de faire connaissance de J.M Servin et de John Biquenet, avant d’entendre le son de sa voix. Mon anglais avait dû se dérouiller un peu avec l’heure précédente, parce que je l’ai trouvé beaucoup plus facile à comprendre que Boyden. Et il a fait rire l’assistance en évoquant l’endroit où il vit, où les 25 habitants ne manquent pas de se reconnaître dans les personnages de ses romans ! Juste après lui, Douglas Kennedy est intervenu en français (avec une tendance à démarrer ses phrases par « Honnêtement… » ou « Franchement… »). Il parlait de son dernier roman, « Quitter le monde » et (non, ce n’est pas de la sénilité précoce, juste du tri sélectif) j’ai mis un moment à me remémorer (partiellement) ce livre, dont l’empreinte s’efface plus que rapidement, mais ça ne m’étonne pas.


   Arrivée au début de l’après-midi (et après une pause casse-croûte, quand même, on a beau aimer les livres, faut bien se nourrir !), direction La maison des associations, alias Magic Mirrors, pour un débat autour du thème, « La ville, un personnage de roman », avec deux présents sur les quatre annoncés, j’ai nommé Paul Beatty  Slumberland ») et Steve Erikson, James Frey et Colum McCann s’avérant aux abonnés absents. Ce coup-ci, j’ai trouvé l’animateur beaucoup moins charismatique (je ne donnerai pas de nom !), mais la confrontation des deux écrivains, l’un, Beatty (photo à gauche), au look de basketteur américain, l’autre plus classique en écrivain vêtu de noir avec des cheveux blancs mi-longs, étaient intéressante. Tous deux ont assez longuement parlé de Los Angeles, puisque l’un comme l’autre, pas dans les mêmes quartiers (mais aucun du côté des plus riches) ni à la même époque (écart d’âge de 12 ans) y ont vécu étant jeunes.

   Pour Erikson, il faut distinguer les natifs de L.A. de ceux qui y arrivent volontairement. Lui, il a grandi dans la vallée de San Fernando et il a été le témoin des modifications spectaculaires qu’y a apportées l’explosion de l’industrie spatiale, les champs d’orangers cédant soudain la place à un paysage de banlieue. L’idée de la transformation/mutation de la ville, importante chez lui, a germé là.

   Beatty considère que L.A. est une ville qui ne change jamais, elle demeure médiocre. Il a grandi en rêvant de ce que devait être la ville dans les beaux quartiers, apercevant ici et là une piscine privée alors qu’il allait à la piscine communale. « Lorsque j’écris sur L.A., j’écris sur un monde imaginaire ». Mais c’est aussi ce qu’il a fait en évoquant Berlin, où il réside, dans « Slumberland ». Il ne connaissait pas la ville géographiquement parlant, pourtant il la percevait de manière intuitive, tant et si bien que les lecteurs l’ont reconnue sans problème

   Je n’ai pas quitté la salle où je me trouvais pour la rencontre suivante, autour du thème « Un endroit où aller ? » (avec à nouveau un très bon animateur, Francis Geffard… même s’il a été un peu débordé par l’un des auteurs, mais j’y reviendrai !). Ce coup-ci, tous étaient présents, j’ai nommé Craig Johnson (on ne s’en lasse pas !), Ron Rash (dont je lirai prochainement « Un pied au paradis »), Benjamin Percy et Richard Van Camp.

   Tour à tour, chacun a présenté l’endroit d’où il vient et expliqué en quoi cet endroit est important pour lui.

   Richard Van Camp (photo à droite) s’est levé (par respect pour nous, a-t-il déclaré, parce qu’une partie de l’assistance n’avait pas trouvé de place assise) et a brandi les photos de ses grands-parents indiens, en nous expliquant en détail comment son grand-père, chaman,  procédait pour capturer les pensées de ceux auprès desquels on lui demandait d’intervenir (il plaçait sous son oreiller un objet leur appartenant). Il s’est aussi inquiété de notre capacité à favoriser l'apparition des aurores boréales en sifflant (il a fallu siffler), ou bien en frottant les uns contre les autres les ongles de nos mains, au cas où on ne saurait pas siffler (on a frotté) ou bien… bon, j’ai déjà oublié. Mais je n’oublierai pas de sitôt le personnage, qui aurait pu retenir l’attention de l’assistance pendant l’heure entière (et n’aurait pas demandé mieux, si j’en crois les quelques mots que j’ai échangés avec lui lorsque je me suis retrouvée à ses côtés en quittant les lieux), passionné par ce qu’il voulait nous transmettre de son histoire (et, du coup, je me suis dit que j’irais jeter un œil à ce qu’il avait écrit).

   Ron Rash a déclaré qu’il ne se lèverait pas, lui, en gros parce qu’il n’était pas si plaisant que ça à regarder ! Il a évoqué les Appalaches, où sa famille s’est installée depuis le milieu du 18ème siècle (ça, c’est de l’ancrage !), une région beaucoup plus isolée que les autres, avec son langage et ses superstitions spécifiques, une manière d’inconscient collectif dont, en tant que jungien, il se réclame. Pour lui, le paysage, c’est le destin, c’est aussi un personnage à part entière et qui a une incidence sur tous les autres personnages.

   Craig Johnson a alterné propos sérieux et anecdotes amusantes (son père s’identifiant, à tort bien sûr, au personnage du shérif Walt Longmire et Craig et sa mère décidant de lui laisser ses illusions).

   Quant à Benjamin Percy… ben, je ne sais plus trop ce qu’il a dit (à ce stade, vous l’avez constaté, ma prise de notes se réduisait de plus en plus), mais il avait une voix incroyable dans le genre hyper grave, on aurait cru entendre Dark Vador (sauf qu’il n’a pas dit « Luke, je suis ton père ! », ça y est, la fin de ce billet hyper-méga-long part en vrille, de toute façon, s’il y en a encore qui me lisent, là, eh bien je leur tire mon chapeau, moi je n’en peux plus de toute cette prose !).


   Au final, je retiendrai de cette journée américaine (où je m’efforçais de comprendre ce qui était dit sans attendre l’intervention, ensuite, des interprètes, pff… excellent exercice, mais ça m’a crevée, moi !), au cours de laquelle j’ai salué quelques blogueuses , des regards croisés sur l’acte d’écrire, une réflexion sur ce qui fait naître les histoires et, d’une manière plus générale, sur le rapport au réel entretenu par les écrivains.

   Et pas de problème, si j’habite encore en région parisienne, je remettrai ça dans deux ans !

 


Commentaires

 

1. wonderful  le 26-09-2010 à 19:17:46  (site)

oh my! que je suis jalouse, je l'ai loupé il y a deux ans pour cause de maladie clouante, cette année j'étais assurée d'y aller et mon hotesse parisienne m'a fait faux bond... affreux... dans deux ans... merci pour ton billet, j'ai un peu l'impression d'y être allée.

2. In Cold Blog  le 26-09-2010 à 19:18:03  (site)

Mille mercis pour ce compte-rendu vivant, "vécu de l'intérieur". Ce que tu dis de Richard Van Camp me donne envie de découvrir ce qu'il a écrit. Je vais d'ailleurs illico faire une petite recherche sur le web histoire de me faire une idée. Merci à toi pour le partage de cette riche journée.

3. pincureuil  le 26-09-2010 à 19:21:26  (site)

Le programme était très alléchant cette année, j'aurais aimé y être !

4. Ys  le 26-09-2010 à 19:32:46  (site)

Merci merci pour ce compte rendu (ben oui, j'ai tout lu) qui me fait regretter plus encore de ne pas y être allée. C'était prévu depuis longtemps, mais quand la vie décide de faire autrement, c'est pas simple ! Tout ça donne très envie, le Ron Rash, et ce pauvre Craig Johnson qui prend la poussière depuis Saint-Malo, c'est indigne. Mais dis-moi, tu n'as pas acheté de livres !?

5. pappillon   le 26-09-2010 à 20:30:30

J'y étais aussi et je découvre que nous nous sommes croisées pour le débat avec Craig Johnson. J'ai adoré Richard van Camp, que j'ai revu aujourd'hui avec Joseph Boyden; du coup j'ai acheté son bouquin !

6. Aifelle  le 26-09-2010 à 21:33:42  (site)

J'ai assisté à plusieurs débats en même temps que toi ! je t'admire d'avoir pris des notes, moi j'ai plutôt pris des photos. J'aime ta pudique expression sur un animateur moins charismatique .. J'étais très déçue par l'absence de Louise Erdrich, mais j'ai découvert des écrivains que je ne connaissais pas bien et que j'ai trouvé très intéressants.

7. Petite Fleur  le 26-09-2010 à 22:00:29  (site)

J'en ai beaucoup entendu parlé, et pourtant je n'étais pas du tout sur la région de toute la semaine. Le programme à première vue ne me tentait pas forcément, mais ça me permet de découvrir bientôt des auteurs que je ne connaissais pas. Du coup, je regarderai attentivement le programme dans 2 ans !

8. Sassenach  le 27-09-2010 à 09:39:22  (site)

J'aurais vraiment beaucoup aimé y participer cette année vu les invités (dommage par contre que James Frey n'aie pas été là !). Mais ce n'est pas facile caser un week-end à Paris, surtout à cette époque de l'année ! Veinarde et merci pour ton compte-rendu qui m'a un peu donné l'impression d'y être !

9. mango  le 27-09-2010 à 13:33:08  (site)

Eh bien, ça c'est du reportage et très complet: je m'y croyais à tes côtés sauf que j'aurais sûrement eu besoin des interprètes tant mon anglais s'est rouillé! Je vais me renseigner maintenant sur quelques auteurs que tu cites et que je ne connais pas bien , voire même pas du tout pour certains!
N' y avait-il pas de femmes dans cette rencontre?

10. Titine75  le 27-09-2010 à 14:19:58  (site)

Je suis entièrement d'accord avec toi en ce qui concerne l'intervenant du débat entre Beatty et Erikson ! Heureusement qu'ils étaient intéressants tous les deux !

11. emmyne  le 27-09-2010 à 20:33:49  (site)

Ben oui, maintenant ce qu'on veut voir, ce sont les livres Sourire ( même si je reconnais que le chapeau de mon cow-boy préféré vaut le coup d'oeil )

12. brize  le 27-09-2010 à 20:54:17  (site)

@ Wonderful : Ah, mais pas cool, l’hôtesse parisienne ! Plus qu’à attendre deux ans, alors !

@ ICB : Tu sais, j’ai hésité à rédiger ce long billet… parce que je me demandais si sa taille ne serait pas trop dissuasive. Alors tes remerciements me vont droit au cœur : ça valait le coup que je me décarcasse !

@ Pincureuil : J’ai bien l’impression qu’il est toujours alléchant !

@ Ys : Comme je le disais à ICB, ça me fait vraiment plaisir de constater que vous lisez ce billet, comme cela je n’ai aucun regret du temps passé à le rédiger.
C’est dommage que tu n’aies pas pu venir, surtout que tu devais t’en réjouir. J’espère que ce sera bon pour dans deux ans.
Et pour répondre à ta question, zéro achat ! Pas faute d’envie (on en a toujours), mais parce que je m’impose de rester fidèle à ma règle : un livre (broché, les poches, ce n’est pas grave) acheté = un livre lu dans la foulée (sinon alerte : risque de PAL). Or, là, ce n’est pas possible : en ce moment je lis une biographie (partenariat BoB), j’attends le Kingsolver (assez épais) de Masse critique, le dernier Amélie Nothomb réservé à la bib est arrivé (mais il ne doit pas être bien gros, lui !), j’ai un SF à terminer (lecture commune Cercle d’Atuan)… bref, dans l’immédiat, je ne pouvais pas jouer le jeu.
Donc j’attends et je n’achète rien. Il y a quelques livres (pas des masses) de la rentrée littéraire qui m’attirent et si ça se trouve, mon attente me permettra de les trouver en bibliothèque (ou d’occasion), donc ce n’est pas un mal (et inutile d’avoir plus grands yeux que grande bouche : je connais mon rythme de lecture, pas spécialement rapide).

13. brize  le 27-09-2010 à 21:12:57  (site)

@ Papillon : C’est trop bête de s’être croisées sans le savoir ! Le problème, c’est qu’on ne risque pas de se reconnaître quand on ne s’est jamais vues…
La prestation de Van Camp était spectaculaire et très sympathique et c’est vrai que l’homme donne envie de découvrir l’œuvre.

@ Aifelle : Je ne t’ai pas vue et pourtant j’ouvrais l’œil ! En tout cas j’ai hâte de voir tes photos : te connaissant, ça va être très chouette !
Oui, l’animateur était… ectoplasmique !
Je ne savais pas que Louise Erdrich avait fait faux bond. Elle n’est pas la seule, apparemment, et c’est très dommage pour les lecteurs qui attendent de rencontrer un écrivain dont ils ont déjà apprécié l’œuvre.

@ Petite Fleur : Oui, bien sûr, on a tendance à aller vers ce (en l’occurrence ceux) que l’on connaît. Mais finalement, comme tu le remarques fort justement, ce Festival peut aussi permettre des découvertes. En tout cas, la richesse des échanges, à elle seule, vaut le détour.

@ Sassenach : Si mon compte-rendu t’a permis d’y passer un petit moment, son but est atteint et je m’en réjouis !

@ Mango : Je suis ravie de t’avoir permis cette petite incursion dans le Festival !
Quant aux femmes, bonne question : il y en avait, comme tu peux le constater en regardant sur le site la liste des auteurs présents, mais pas dans les rencontres auxquelles j’ai assisté (très peu, au regard de tout ce qui était proposé).
Mais du coup, suite à ta question, j’ai regardé la liste de plus près et elles sont minoritaires, ces dames. Est-ce que leur proportion au Festival est représentative de leur proportion parmi les auteurs américains ? Aucune idée !

@ Titine75 : Oui, parce qu’il ne fallait pas compter sur l’animateur… pour animer !

@ Emmyne : Mais y’en a pas, des livres ! Incredible, is not it ?
Voir mes (longues) explications (non, ce ne sont pas des justifications !) à Ys !

14. Restling  le 28-09-2010 à 12:14:55  (site)

J'avais prévu d'y aller et puis finalement, une de mes petites a été malade, alors le projet a été annulé (elle m'avait fait pareil pour un concert de Muse il y a 4 ans, le ferait-elle exprès ?). Mais ton compte rendu est parfait, c'est presque comme si j'y étais allée. :-)

15. val-m-les-livres  le 28-09-2010 à 12:42:12  (site)

Hum, tu donnes envie. Une date à retenir pour dans deux ans.
PS: je ne suis pas fan de tatouages mais je les aurais bien regardé de plus près moi aussi, ceux de Joseoh!

16. keisha  le 30-09-2010 à 09:38:20  (site)

J'ai tout lu (non mais !) et merci merci! J'espère retrouver des titres ici, tu as fait des achats?

17. brize  le 30-09-2010 à 09:49:50  (site)

@ Restling : Merci ! Il (mon compte-rendu) ne donne qu’un aperçu, car le nombre des rencontres possibles était impressionnant.

@ val-m-les-livres : Pas fan de tatouages non plus…mais j’ai dû me faire violence pour ne pas, en fin de séance, me diriger vers l’estrade où se tenaient les auteurs : y’avait comme qui dirait une attirance magnétique qui me poussait vers elle !

@ Keisha : Chouette, tu as tout lu (ça justifie mon décarcassage !) ! Et pour répondre à ta question : zéro achat ! (voir explications détaillées dans ma réponse à Ys)

18. manu--  le 02-10-2010 à 11:29:10  (site)

Mais bien sûr qu'on lit tout !
Je suis jalouse, j'avais envie d'y aller. En plus j'étais en région parisienne mais la route m'avait trop crevée. Mais dans deux ans, j'essaierai de m'organiser !

19. brize  le 03-10-2010 à 17:28:33  (site)

@ Manu : Ah, mais c'est très bien, ça, d'avoir tout lu Rire1 !
Et oui, je comprends que tu t'en veuilles un peu de ne pas y être allée, alors que tu étais en région parisienne, mais y arriver fatiguée n'était sûrement pas l'idéal pour en profiter.
A noter pour dans deux ans... et en arrivant la veille, si possible, pour être en forme !

 
 
 
posté le 24/09/10

"Le cuisinier", Martin SUTER

    S’il était resté au Sri Lanka, Maravan aurait sûrement été un grand chef cuisinier. Il en prenait le chemin, en tout cas, lui qui avait tout appris auprès de sa tante Nangay. Mais la guerre en a décidé autrement. Il a dû fuir son pays et rejoindre les tamouls exilés, comme lui, en Suisse. A Zurich, il est l’homme à tout faire du restaurant de luxe Huwyler, fréquenté par le gratin des hommes d’affaires en tous genres. Côté salle, la belle et inaccessible Andrea assure le service.

   Et parce que Maravan, pour la séduire, lui a concocté un dîner pour le moins spécial, Andrea lui propose de se lancer avec elle dans une entreprise de restauration à domicile très particulière, dont le nom annonce la couleur : « Love Food »…

 

   Avec « Le cuisinier », Martin Suter nous fait partager le quotidien d’un réfugié tamoul dont la personnalité, sensible et réservée, tenace aussi, ne peut manquer de lui attacher la sympathie du lecteur. Maravan survit tant bien que mal dans un pays à la culture radicalement différente du sien, ne s’intègre guère à la communauté tamoule locale et doit en permanence veiller, au prix d'un soutien forcé aux Tigres tamouls, sur les membres de sa famille restés au pays, dont la situation le préoccupe fortement. J’ai apprécié cette peinture réaliste et subtile d’un individu pour lequel rien n’est jamais gagné, à laquelle l’auteur adjoint, à coups d’incises, celle de quelques riches hommes d’affaires ou industriels sans scrupules. Deux univers à l’opposé l’un de l’autre, mais qui finiront pas se croiser d’une manière inattendue, rencontre improbable dont je vous laisse découvrir les conséquences, surprenantes (comme surprenait aussi, in fine, « Le dernier des Weynfeldt »).

 

   Très rythmé dans sa première partie, le roman accuse quelques lenteurs au milieu, s’étendant parfois par trop sur le détail des recettes de cuisine, souvent moléculaire, mises en œuvre par Maravan (reprises in extenso en appendice), mais se rachète sur la fin.

   Au travers d’une histoire particulière, et même si les silhouettes de l’ « autre » milieu, celui des nantis et des combinards, m’ont paru un peu artificielles, Martin Suter réussit à stigmatiser les dérives d’un pays centré sur son bien-être, à l’image de notre société occidentale, sans égard pour les laissés-pour-compte.

   Intéressant et pertinent.

 

« Le cuisinier », Martin SUTER

Christian Bourgeois éditeur (317 p)

Paru en mai 2010

 


Commentaires

 

1. kathel  le 25-09-2010 à 14:48:18  (site)

Je ne suis pas trop tentée par la cuisine moléculaire... et cela peut être un frein pour m'empêcher d'ouvrir ce roman trop vite ! Pour moi, ce sera en poche, même si j'aime beaucoup cet auteur !

2. KUTIK  le 26-09-2010 à 10:52:50

Bravo pour ta critique, tu t'en sors bien, elle n'était pas du tout évidente à faire. Le résumé est clair, concis. Le dernier paragraphe de ta chronique montre clairement les enjeux du livre.

3. brize  le 03-10-2010 à 17:32:05  (site)

@ Kathel : Ce n’est guère qu’un aspect, mineur, du roman. Mais, bon, si tu n’es pas trop convaincue, tu peux attendre le poche (ou le lire en bibliothèque, comme moi).

@ Kutik : Merci ! Je n’ai pas trouvé cet article évident à rédiger, d’ailleurs j’ai laissé passer un peu de temps après ma lecture, pour que mes impressions se décantent.

 
 
 
posté le 22/09/10

La cote d'amour de mes lectures !

   Dorénavant, vous pourrez constater la présence, en fin d’article, d’une mini-tarte aux fraises dont le nombre  de parts vous donnera la « cote d’amour » de ma lecture, la légende étant précisée sur le côté droit du blog.

 

    Il ne s’agit pas d’une appréciation portée sur le livre en tant que tel (ce n’est surtout pas une note), de toute façon ce que j’en pense est détaillé dans l’article, mais d’une information personnelle sur l’écho que cette lecture a trouvé en moi.

 

   Preuve qu’il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ! », je me suis moi-même permis de critiquer à l'occasion des cotations de ce genre aperçues sur des blogs … et voilà que j’y viens !

 

   Pourquoi un tel revirement ?

   Parce que :

  •  je me suis rendu compte que ma critique de ce procédé était née d’une confusion : afficher ses goûts ne signifie pas juger un livre dans l’absolu, mais seulement par rapport à soi
  • je constate que ce système de « cote d’amour » me permet, sur Télérama et Lire, notamment, de repérer plus facilement les livres qui ont séduit les lecteurs-critiques
  • des visiteurs de mon blog m’ont déjà suggéré d’utiliser ce genre d’indicateurs, utiles lorsqu’ils se promènent chez moi
  •  le dire avec des parts de tartes montre bien à quel point cette cote d'amour est subjective !
 


Commentaires

 

1. Gwe(naelle)  le 22-09-2010 à 23:23:06  (site)

Oui, mais c'est très embêtant pour celles et ceux qui aiment les tartes : ça leur donne envie d'en chiper une part! ;-)

2. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 22-09-2010 à 23:56:26  (site)

j'aime ton dernier point! Rire

3. Sandrine(SD49)  le 23-09-2010 à 07:05:55  (site)

très bonne idée cette tarte, j'espère qu'il y aura souvent beaucoup de parts. Cela me fait penser que je vais changer le titre de mon classement car j'ai mis très bien, bien etc .... je vais plutot mettre j'ai aimé, un peu beaucoup passionnément, un truc dans le genre ;-)))

4. kp78  le 23-09-2010 à 07:51:39

Très bonne idée et très alléchante..Mais dis moi, elle est aux fraises non ? moi je la préfère aux myrtilles ....Clin doeil1

5. clara brest  le 23-09-2010 à 08:34:43  (site)

je ne mets ni note, ni classement, ni étoiles... car comme tu le dis, un lecture et son ressenti sont subjectifs.
Pour le moment, aucun visteur ne m'a fait de réclamation...

6. Sassenach  le 23-09-2010 à 09:15:36  (site)

C'est une bonne idée et de toute façon, on sait bien que les billets et les appréciations d'un livre restent personnelles et correspondent à un moment donné de notre vie Sourire Mais c'est facile de voir en un clin d'oeil ton impression globale de lecture !

7. Tamara  le 23-09-2010 à 12:56:16  (site)

OH ! Tu me donnes faim, avec ta tarte !!!
Je songe aussi à un système dans ce genre, mais j'avoue que c'est surtout la difficulté à trancher entre le nombre d'étoiles / de parts de tarte qui m'effraie... Je ne serais pas un bon professeur, je n'aime pas noter ! ;-)

8. Aifelle  le 23-09-2010 à 13:52:08  (site)

C'est amusant d'utiliser des parts de tarte, on voit la gourmande derrière .. Je n'arrive pas à adopter un système comme celui-ci, j'y ai pensé souvent, mais je crois que je serais embarrassée à chaque lecture.

9. Nymphette  le 23-09-2010 à 14:53:32  (site)

J'aime bien ton indicateur :-) ! Pour ma part j'ai énormément de mal à donner une note d'appréciation à ce que j'ai lu. Parceque si je n'aime pas, j'arrète ma lecture, donc la note est toujours entre 3 et 5 sur 5 elle perd donc son intérêt. Ce qui fera la différence: c'est le souvenir que je garderai du livre et donc mon top annuel.

10. Acr0  le 23-09-2010 à 16:23:51  (site)

Je ne m'en passe plus Sourire
Effectivement, pour moi aussi ce n'est pas une note, mais un "plaisir de lecture"

11. keisha  le 23-09-2010 à 17:19:44

Tiens, je n'ai rien de ce genre (mais j'aime ces tartes!) en fait je ne parle pratiquement de ce que j'ai aimé, sauf partenariats mauvaise pioche!

12. ChoupynettedeRestin  le 23-09-2010 à 18:54:47  (site)

L'idée est sympa... j'adore les tartes aux fraises!
je n'aime aps trop donner des notes, mais de cette manière c'est moins ... note du professeur. Moins jugement.

13. brize  le 23-09-2010 à 19:15:58  (site)

@ Gwenaëlle : Hé, hé ! Je vois qu’il y a d’autres blogueuses gourmandes !

@ La Sardine : Très important, ce dernier point : car j’ai longuement hésité… et si ça se trouve, ce ne sera qu’une expérimentation, dont je voulais souligner le caractère ludique.

@ SD49 : S’il n’y avait que des trois ou quatre parts, ce serait cool ! Mais je ne suis pas toujours facile à satisfaire…

@ KP78 : Tu me fais goûter quand tu veux !

@ Clara Brest : Ce ne sont pas des blogueurs qui m’ont fait la remarque, mais une amie m’avait transmis ce type de demande, qu’elle avait reçue de copines auxquelles elle avait donné l’adresse de mon blog, lorsque je l’ai ouvert. C’était il y a deux ans… et c’est une réaction récente sur mon blog + la lecture d’un édito de François Busnel où il disait clairement qu’il « n’avait pas aimé » les précédents romans de Houellebecq qui m’ont fait revenir (au moins pour un temps, car ce ne sera peut-être qu’une expérimentation) sur ma position à ce sujet.

@ Sassenach : Tout à fait : c’est ça le but.

@ Tamara : Même si je ne veux pas noter, il reste qu’il me faudra évaluer ce que j’en ai pensé et si ça se trouve, je ne serai pas satisfaite du procédé, qui manque de finesse, c’est vrai (mais l’appréciation littérale est là pour affiner)… On verra bien : je peux toujours laisser tomber ultérieurement si je m’aperçois que j’ai fait fausse route.

@ Aifelle : Eh oui, je suis très gourmande ! Quant au procédé, comme je viens de le dire à Tamara, je vais tester et je verrai.

@ Nymphette : Tu mets le doigt sur deux points clés : de mon côté, j’ai peur d’avoir en majorité des cotes d’amour à deux parts de tartes, donc le procédé risque de n’avoir qu’un intérêt fort modéré ; quant au recul nécessaire pour mieux apprécier sa lecture, là aussi, je te rejoins… au point que je me suis même dit que, si ça se trouvait, il m’arriverait de réviser ma cote d’amour quelques mois après, avec le recul…
De toute façon, comme je l’ai dit plus haut, je tente et je pourrai toujours arrêter si ça ne me satisfait pas.

@ Acr0 : Oui, c’est bien comme cela que je le vois.

@ Keisha : En fait, j’aimerais bien ne voir que des trois ou quatre parts de tartes sur mon blog… mais il est finalement assez rare qu’une lecture me satisfasse à ce point.

@ Choupynette : Et, surtout, ça ne veut pas être une note !

14. In Cold Blog  le 23-09-2010 à 22:20:19  (site)

Perso, je trouve que tu argumentes suffisamment tes billets pour que l'on sache si tu as aimé ou pas le livre dont tu parles.
Me connaissant, avec ce système, je me vois bien finir un jour par mettre une part et trois miettes pour un livre, trois parts et deux fruits et demi pour un autre... histoire de bien montrer la différence d'appréciation entre les deux (je ne vous avais encore jamais dit qu'on me surnomme parfois Monk ?).
Et puis, ces appréciations varient tellement dans le temps. Que dire des livres qui nous font de l'effet sur le moment mais que l'on aura oubliés au fil des ans ?
Cela dit, je reprendrais bien une part de tarte, moi.smiley_id119161

15. Reka  le 23-09-2010 à 22:42:42  (site)

Des quartiers de tarte ! Une idée ingénieuse et originale !
C'est super Sourire

16. pincureuil  le 24-09-2010 à 09:45:27  (site)

Super, ce système de tartes ! c'est vrai que pour nous lecteurs, c'est bien de repérer tout de suite ce qui t'a plu...avec gourmandise !

17. brize  le 24-09-2010 à 18:35:40  (site)

@ ICB : Tu as entièrement raison pour ce qui est du manque de subtilité de la cotation (d’autant que j’ai l’impression que le « deux parts de tartes » sera majoritaire) : seul le billet peut donner un aperçu précis et exact de ce que j’ai pensé de ma lecture, la cote n’est qu’une approximation, qui vaut ce qu’elle vaut. Et, ma foi, si elle varie avec le temps… je n’aurai plus qu’à modifier le nombre de parts de tartes !
Au fait : bon appétit smiley_id117957 !

@ Reka : Une idée de gourmande !

@ Pincureuil : Oui, le but est de permettre au visiteur de repérer plus rapidement sur le blog les lectures qui m’ont marquée… histoire de le mettre en appétit !

18. Reka  le 24-09-2010 à 22:26:12  (site)

Par contre, Brize, tu n'as pas l'impression que du 1/4 au 3/4 les nuances sont très légères?
Tu ne verrais pas plutôt :
Pas du tout pour moi
J'ai peu accroché (c'est drôle que tu voies le verre à quart rempli quand il est surtout.... à 3/4 vide !)
J'ai apprécié sans plus
J'ai beaucoup aimé
J'ai dévoré/été très marquée

Simple suggestion Clin doeil
Bonne soirée Sourire

19. MamzelleMelo  le 25-09-2010 à 18:32:52  (site)

Miam ! De la tarte aux fraises !

Tes arguments me vont bien ! J'y viendrais sûrement aussi.

20. wonderful  le 25-09-2010 à 23:43:18  (site)

miam!

21. brize  le 03-10-2010 à 17:42:33  (site)

@ Reka : Merci pour tes suggestions !
Pour le moment, j’en reste à ma cote d’amour actuelle, un peu mal taillée, j’en conviens (même si cela ne me gêne pas de voir les choses de manière plutôt positive et le verre rempli au quart plutôt que vide aux ¾), c’est toujours le risque quand on schématise ainsi.
Libre à moi de la modifier ultérieurement… voire de la supprimer tout court, si je finis par la trouver trop réductrice (mais, n’oublions pas, elle n’est qu’un indicateur, qui ne peut absolument pas remplacer l’article qu’elle accompagne, détaillé, lui).

@ Mamzelle Melo : Ma foi, ils valent ce qu’ils valent et je me lance, on verra bien !

@ Wonderful : Et dire que ce n’est même plus la saison des fraises Triste1 !

22. Alwenn  le 03-10-2010 à 20:23:06

Chouette idée ! Et les parts de tarte... hmmm... ça met l'eau à la bouche !

 
 
 
posté le 21/09/10

"Ma vie a changé", Marie-Aude MURAIL

     Madeleine (un prénom qu’elle déteste) est documentaliste dans le collège de son fils, Constantin, en 5ème, un gamin au langage peu châtié et d’autant moins facile à élever que son père a quitté le domicile familial depuis trois mois sans donner signe de vie : tout ça pour aller vivre avec sa secrétaire…

   Au collège, le proviseur voit d’un mauvais œil la manière de travailler de sa documentaliste, qui s’acharne à proposer dans son CDI des romans jeunesse et pas seulement des classiques, afin d’amener vers la lecture les plus récalcitrants. Bon, il y a bien le professeur de français de Constantin qui s’intéresse à elle… mais elle ne s’intéresse pas du tout à lui.

   A la maison, ça ne va pas mieux : une odeur bizarre de muguet envahit régulièrement l’appartement ; la femme de ménage n’arrête pas de se plaindre que tout tombe en panne ; des objets se baladent à droite à gauche, à croire que Madeleine les déplace sans s’en rendre compte, d’ailleurs elle se demande si elle ne va pas bientôt devenir aussi folle que son voisin, Monsieur Tibère, qui vient se plaindre que son elfe a disparu.

   Bref, la dépression n’est pas loin !

   Pourtant, un événement imprévu va changer la vie de Madeleine…

 

« Ma vie a changé » est un petit conte pas bête, genre bonbon acidulé, gentiment troussé par cette chère Marie-Aude Murail, qui s’y entend à croquer avec une pointe de causticité et beaucoup de malice le quotidien d’une documentaliste jusque là très ordinaire mais un peu malmenée par la vie.

   Une fois commencé, je ne l’ai pas lâché : un petit moment de lecture tonique et plaisant !

 

« Ma vie a changé », Marie-Aude MURAIL

Editions L’école des loisirs – collection Médium – (181 p)

Paru en 1998

 


Commentaires

 

1. saxaoul  le 22-09-2010 à 07:50:48  (site)

Avec Marie-Aude Murail, on est rarement déçu !

2. kathel  le 22-09-2010 à 08:59:14  (site)

ça a l'air sympa ! Mais je suis intriguée par la tarte aux fruits qui apparaît en bas de ton billet : nouvelle notation ? Sourire1

3. Sassenach  le 22-09-2010 à 09:43:02  (site)

Comme je l'écrivais tout à l'heure à ICB, je vais d'abord lire Miss Charity de cette auteure vu qu'il est déjà dans ma PAL ... ensuite, on verra Clin doeil

4. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 22-09-2010 à 11:13:02  (site)

rhoo!! encore un qui passera certainement à la casserole chez moi!!
contente de voir qu'il me reste encore plein de titres à découvrir!!

5. Gwe(naelle)  le 22-09-2010 à 11:42:51  (site)

J'aurais tendance à dire la même chose que Saxaoul : on est rarement déçu avec Marie Aude...

6. Tamara  le 22-09-2010 à 14:49:49  (site)

Elle fait partie des auteurs dont je me dis "oh, il faut que je lise quelquechose de cet auteur !" dès que je les vois sur des blogs, et je ne le fais jamais... Toujours en attente de la découvrir, donc, cette M.A.M !

 
 
 
posté le 18/09/10

"Cadavre exquis", Pénélope BAGIEU

  

   Zoé, 22 ans, est hôtesse d’accueil dans des salons divers, où elle sert de faire valoir aux objets exposés pour la vente et ce boulot sans envergure de femme potiche la déprime. Pas de compensation non plus chez elle, avec un copain du genre beauf, qui passe son temps à regarder la télé. Un jour cependant, elle fait la connaissance d’un mystérieux écrivain vivant reclus dans son appartement. Lui semble enfin s’intéresser à elle !

 

   Pénélope Bagieu met son graphisme vif et clair au service d’une histoire pas mal troussée, même si le développement de l’intrigue, au moins dans la première partie, se laisse aisément deviner. Les notations concernant Zoé et sa petite vie pas très réussie m’ont davantage séduite que la critique du milieu littéraire, de l’ordre du rebattu. Au final, un album sympathique mais sans plus (et dont j'attendais davantage car j'avais aperçu des critiques très élogieuses à son sujet) . 

 

 

« Cadavre exquis », Pénélope BAGIEU

Editions Gallimard, collection Bayou

Paru en avril 2010

 


Commentaires

 

1. Slo  le 19-09-2010 à 00:13:17

Lu il y a quelques mois, j'ai beaucoup aimé. J'attends Joséphine 3 avec impatience d'ailleurs d'ailleurs.

2. Karine:)  le 19-09-2010 à 03:36:24  (site)

Tiens, moi aussi j,ai lu des billet élogieux et j'ai des attentes... vais baisser ma barre, du coup!

3. hathaway  le 19-09-2010 à 09:09:10  (site)

Il est prévu pour bientôt, je l'ai sous le coude. J'en ai lu tellement de bien moi aussi que je crois au " super album" mais je vais modérer mes attentes avec ton "sans plus" !

4. saxaoul  le 19-09-2010 à 09:42:14  (site)

Toujours pas lu Pénélope Bajieu. Il faudrait peut être que je m'y mette, un jour !

5. Mango  le 19-09-2010 à 10:48:24  (site)

J'ai lu tout et son contraire sur cet album. Je vais donc me faire ma propre idée dès qu'il sera libre à la bibliothèque - ce qui va probablement demander un certain temps!

6. Sassenach  le 19-09-2010 à 15:41:07  (site)

J'avais déjà décidé que je ne ferais que l'emprunter à la biblio ... je crois que cette décision est donc justifiée Clin doeil Maintenant, il faut juste que je sois patiente car il est tout le temps emprunté !

7. Pincureuil  le 19-09-2010 à 21:10:13  (site)

C'est déjà pas mal, si c'est sympa - de quoi passer un bon petit moment avec d'agréables dessins, par moments je n'en demande pas plus !

8. sylire  le 20-09-2010 à 20:54:50  (site)

Ma fille a été déçue aussi. Il est dans ma PAL. On verra...

9. val-m-les-livres  le 21-09-2010 à 16:54:54  (site)

Comme toi, j'ai aimé sans plus. Mais un peu plus que la série des Joséphine quand-même.

10. brize  le 21-09-2010 à 21:32:03  (site)

@ Slo : Pas lu « Joséphine », mais je le ferai à l'occasion.

@ KarineSourire, Hathaway, Sylire : On verra ce que vous en penserez !

@ Saxaoul : Elle a la cote, ces temps-ci, alors ça vaut le coup d'aller jeter un oeil, ne serait-ce que pour ta culture générale BD.

@ Mango et Sassenach : J'ai eu de la chance car je l'avais réservé à la médiathèque (en ligne) et je l'ai eu très rapidement après.

@ Pincureuil : C'est pas faux !

@ val-m-les-livres : Oui, j'avais vu ton billet. Bon, pas très encourageant pour moi pour « Joséphine »...

11. ChoupynettedeRestin  le 21-09-2010 à 22:07:36  (site)

J'ai adoré Ma vie est tout à fait..., un peu moins le premier tome de Joséphine. J'ai vu des critiques assez mitigées de la part de fan. Du coup, j'attends que cette BD soit à la médiathèque.

12. Midola  le 24-09-2010 à 15:37:44  (site)

Je n'ai pas du tout accroché à cette BD malgré tous les avis élogieux... Les personnages m'ont agacé dès le départ. Ton billet me rassure !

13. brize  le 24-09-2010 à 20:32:03  (site)

@ Choupynette : J’avais bien aimé aussi « Ma vie est tout à fait fascinante ». Pas lu « Joséphine »… et au vu de certains commentaires, dont le tien, je me demande si j’aimerais. Je testerai en bibliothèque (comme je l’ai fait pour celui-ci).

@ Midola : Oui, parfois on se sent un peu seule, dans nos appréciations, mais dis-toi que c’est souvent parce que les autres, comme nous, ont tendance à faire des billets en priorité sur ce qu’ils ont aimé : du coup, on n’entend pas la voix de ceux qui ont été déçus !

 
 
 
posté le 16/09/10

"Meurtres entre soeurs", Willa MARSCH

    Dans l’Angleterre d’après la seconde guerre mondiale, les petites Emmy et Livy deviennent demi-sœurs suite au remariage de leurs parents mais elles ont du mal à s’entendre. Au moment où les choses semblent s’améliorer entre elles, c’est la naissance de leur sœur, Rosie. L’attention des parents se focalise alors sur elle, au grand déplaisir de ses aînées qui lui en veulent littéralement à mort. Et ce sera ensuite au tour de Rosie d’être jalouse d’Emmy et Livy quand, devenues jeunes filles, elles occupent le devant de la scène : elle s’avère alors d’une ingéniosité machiavélique pour perturber dramatiquement le cours de leurs existences…

 

   Reconnaissons-le, arrivée à la page 50, j’ai failli en rester là ! Rien ne m’agace davantage, en effet, que de voir quelqu’un manipuler tout le monde et s’en tirer sytématiquement, avec un schéma récurrent le conduisant inévitablement à triompher, alors même que c’est parfaitement injuste. Mais quelques minutes après avoir refermé le livre, je l’ai ouvert à nouveau : j’avais en mémoire de bonnes critiques aperçues à son sujet … et puis je l’avais pris pour occuper un trajet en voiture et je n’avais rien d’autre sous la main !

 

   J’ai donc poursuivi, sans difficulté car on lit ce roman comme on regarderait à l’écran une petite comédie de mœurs anglo-saxonne rondement menée. D’un bout de leur vie à l’autre, les personnages s’agitent au gré de rebondissements en cascades, selon une mécanique parfaitement huilée. L’auteur, démiurge ironique, s’amuse à ponctuer les situations d’épisodes tragicocasses et les dialogues de piques assassines. La narration, au présent, donne au lecteur l’impression de traverser en accéléré les vies des protagonistes, redoutant la suite (et toujours un peu agacé de constater que les mêmes continuent à triompher) mais incapable de résister à l’envie de la connaître !

   Un petit livre caustique et distrayant.

 

« Meurtres entre sœurs », Willa MARSCH

Editions Autrement (206 p)

Paru en 2009

 

D'autres avis recensés chez BoB.

 


Commentaires

 

1. clara brest  le 16-09-2010 à 08:17:58  (site)

Tu te transfomes en démon tentateur ?

2. keisha  le 16-09-2010 à 08:20:01  (site)

Avoue quand même que ce roman grinçant offre des surprises vers la fin, bien ficelée, non?
Oui, clara, il va te plaire (allez, j'en rajoute!)

3. manu--  le 16-09-2010 à 20:10:16  (site)

Ah oui il m'avait bien plu celui-ci !

4. Slo  le 16-09-2010 à 22:03:28

Je l'avais remarqué mais ne savais quoi penser jusqu'à présent. Il me tente bien maintenant en tout cas ;-)

5. Sassenach  le 17-09-2010 à 10:43:33  (site)

Je crois que je l'ai noté lors d'une réunion du club de lecture car je n'avais pas réussi à l'emprunter à ce moment-là ... quelqu'un d'aussi tenté que moi avait été plus rapide Sourire

6. Mango  le 19-09-2010 à 10:43:33  (site)

Bon, finalement ton billet plus les commentaires qui l'accompagnent me laissent penser que je pourrais sans doute aimer ce roman!

7. kp78  le 20-09-2010 à 16:54:33

La vengeance est un plat qui se mange froid ! Voilà bien résumé ce roman qui m'a vraiment séduite ! On s'en délecte.

 
 
 
posté le 12/09/10

"Les rêves de mon père", Barack OBAMA

    Ce document a été publié aux Etats-Unis en 1998 et on peut trouver curieux de voir quelqu’un écrire son autobiographie à seulement 33 ans ! Mais, comme le rappelle l’auteur dans la préface de la seconde édition du livre :

"[…] c’est au cours de mes études de droit, après mon élection à la tête de la Harvard Law Review, dont j’étais devenu le premier président afro-américain, qu’on me proposa de l’écrire.[…] Je me mis donc au travail, convaincu que l’histoire de ma famille et le récit de mes efforts pour comprendre cette histoire pouvaient illustrer la séparation raciale qui a caractérisé l’histoire américaine, ainsi que l’état fluctuant de l’identité – du fait des sauts dans le temps, du choc des cultures – qui marque la vie moderne."

   Dix ans après cette première publication , Barack Obama s’est relu et, avec le recul, ne renie rien quant au fond de ce qu’il a écrit. Il précise :

"[…] je ne peux prétendre que la voix de ce livre ne soit pas la mienne, que je raconterais l’histoire de manière très différente aujourd’hui, même si certains passages se révèlent inopportuns politiquement et prêtent le flanc aux commentaires des experts et à l’"opposition research"."

   Tant mieux pour nous que ce témoignage ait été rédigé aussi tôt : depuis, Barack Obama est devenu président des Etats-Unis et il n’est pas certain qu’il s’exprimerait maintenant avec une telle liberté. Car c’est la franchise de ton qui surprend, dans ce document. La qualité de l’écriture, aussi, de la part de quelqu’un qui n’est pas écrivain mais en a le talent.

   Mais revenons à la franchise. Barack Obama raconte son histoire, celle de ses parents, puis remonte dans le temps, à l’occasion du voyage qu’il effectue, enfin, au Kenya, pour découvrir ce que fut la vie de son père (en dehors de l’épisode hawaïen où il rencontra sa mère) et celle de son grand-père. Cette dernière partie est, je l’avoue, celle qui a le moins retenu mon attention : non que la vie du père et du grand-père ne soient pas intéressantes mais si les connaître était important pour leur descendant, cela me touchait moins puisqu’il ne s’agissait pas d’expériences directes de l’auteur.

   Et ses expériences, il y revient en partant de son enfance, alors qu’il était élevé par sa mère uniquement : son père, un étudiant kenyan  venu faire ses études à Hawaï, avait en effet dû aller étudier ensuite au Massachussets, sans sa femme et son fils âgé de deux ans, car la bourse obtenue ne lui permettait pas de subvenir à leurs besoins. Puis il repartit au pays, conformément à ce qu’on attendait de lui et Barack Obama ne le revit qu’à 10 ans, pendant une brève période. A vingt en un ans, il apprendra qu’il est mort dans un accident de voiture, comme il le raconte au tout début de l’ouvrage. « Au moment de sa mort » explique-t-il, « mon père demeurait encore un mythe pour moi. » Ces images d’Epinal de son enfance, représentées par tout ce qu’on avait bien voulu lui raconter, la légende familiale en quelque sorte, il les rappelle pour creuser ensuite au-delà et mieux connaître la vie de sa mère et de son père. A laquelle, bien sûr, il est mêlé. Et dans cette retranscription des faits, Barack Obama fait preuve à la fois de beaucoup de lucidité dans son analyse rétrospective et, lorsqu’il est directement partie prenante, d’une incroyable sincérité pour évoquer ses attitudes et ses réactions, quelles qu’elles soient. Au demeurant, toute sa jeunesse, parcourue de rencontres variées liées à la diversité des lieux et des conditions dans lesquelles il a vécu, est passionnante.

 

   Elle reste aussi marquée par un épisode (que les psychologues qualifieraient sans doute de traumatisant) vécu à l’âge de 6 ans, lorsque le jeune Barack découvre ce qu’être noir veut dire alors que, jusqu’à présent, il n’avait attaché aucune espèce d’importance à la couleur de sa peau.

   C’est en feuilletant un exemplaire du magazine Life que se produit cette révélation. Le jeune garçon y voit la photo d’un Noir âgé dont la couleur de peau est bizarre, étrangement et irrégulièrement pâle. Et la légende explique qu’il regrette le traitement subi pour éclaircir sa peau : il avait « essayé de se faire passer pour un Blanc, se désolait de la manière catastrophique dont l’expérience avait tourné. Mais les résultats étaient irréversibles. Il existait des milliers de gens comme lui en Amérique, des Noirs, hommes et femmes, qui s’étaient soumis au même traitement à la suite de publicités qui leur avaient promis le bonheur, une fois devenus blancs.

Je sentis la chaleur envahir mon visage et mon cou. Mon estomac se serra ; les caractères devinrent flous. Ma mère était-elle au courant ? […]

Mon accès d’anxiété passa […]. Je gardai une grande confiance en moi, pas toujours justifiée et un don irrépressible pour les bêtises. Mais mon regard sur le monde avait été modifié, et ce, de manière définitive. »

   Plus tard, Barack Obama prendra, douloureusement, conscience de sa difficulté à se positionner entre le monde des Blancs, auquel malgré sa proximité (famille, éducation) il constate qu’il ne peut pas appartenir et celui de ses frères noirs, dont beaucoup « ont la haine ». Ce tiraillement l’amènera, un temps, à se sentir « absolument seul ». Quant à son choix ultérieur de vivre aux Etats-Unis et, pendant quelques années, d’y occuper dans un quartier difficile à majorité noire, à Chicago, un poste d’ « organisateur de communauté », sans équivalent chez nous, il reflètera sa volonté de s’engager activement pour lutter contre le déséquilibre social persistant entre Noirs et Blancs. Enfin, la quête de ses racines africaines, qui l’amènera à découvrir les membres de sa famille du Kenya (dont des frères et sœurs de son père remarié), se situera dans le prolongement de cette démarche visant à se situer, en tant qu’individu et en tant que Noir, dans son environnement.

   Jusque là, je considérais que Barack Obama était certes  le premier président des Etats-Unis afro-américain, avec toute la valeur emblématique représentée par un tel événement mais, assez naïvement sans doute, je ne mesurais pas l’importance que sa couleur de peau avait pu revêtir pour l’intéressé : la lecture de son autobiographie m’a ouvert les yeux.

 

   « Les rêves de mon père » fut une lecture globalement captivante, donc, d’autant que le récit est plein de vivacité, avec une insertion fréquente de dialogues contribuant à l’impression de naturel.

   Une petite frustration tout à la fin cependant : j’attendais avec impatience la romance avec Michelle… et j’en ai été pour mes frais, car le récit détaillé s’interrompt en 1988, la suite (à laquelle appartiennent la rencontre puis le mariage avec Michelle) ne faisant l’objet que d’un très rapide survol événementiel !

 

Extrait de la seconde préface :


   "[…] ce qui me frappe le plus en songeant à l’histoire de ma famille, c’est une éternelle tendance à l’innocence, une innocence qui semble inimaginable, même mesurée à l’aune de l’enfance. Le cousin de ma femme, qui n’a que six ans, a déjà perdu, lui, cette innocence. Il se trouve que certains petits camarades du cours préparatoire ont refusé un jour de jouer avec lui parce qu’il a la peau noire, comme il l’a raconté à ses parents en rentrant de l’école. Apparemment, ses parents, nés et élevés à Chicago et à Gary, ont pour leur part perdu leur innocence depuis longtemps, et s’ils ne montrent aucune amertume […], on décèle cependant une note de chagrin dans leur voix quand on les écoute se demander s’ils ont bien fait d’aller s’installer à l’extérieur de la ville, dans une banlieue principalement blanche, afin d’éviter à leur fils d’être pris dans d’éventuelles fusillades entre gangs et de fréquenter, à coup sûr, une école aux moyens insuffisants.

   Ils en savent trop, nous en avons tous trop vu, pour prendre la brève union de mes parents – un homme noir et une femme blanche, un Africain et une Américaine – pour argent comptant. En conséquence, certaines personnes ont beaucoup de mal à me prendre pour argent comptant. Quand on ne me connaît pas bien, qu’on soit noir ou blanc, et qu’on découvre mes origines (et c’est généralement une découverte, car j’ai cessé de mentionner la race de ma mère à l’âge de douze ou treize ans, quand j’ai commencé à flairer que, ce faisant, je cherchais à m’attirer les bonnes grâces des Blancs), je vois la fraction de seconde d’adaptation, le regard qui cherche dans mes yeux quelque signe révélateur. Ils ne savent plus qui je suis. En secret, ils devinent le trouble intérieur, je suppose… le sang mêlé, le cœur divisé, la tragédie du mulâtre pris entre deux mondes. Et quand je leur explique que, non, cette tragédie n’est pas la mienne, ou tout du moins pas la mienne seule, c’est la vôtre, fils et filles de Plymouth Rock et d’Ellis Island, c’est la vôtre, enfants d’Afrique, c’est la tragédie à la fois du cousin de ma femme âgé de six ans et celle de ses camarades blancs, vous n’avez donc pas à chercher ce qui me perturbe, tout le monde peut le voir au journal télévisé, le soir… et si nous pouvions au moins reconnaître cela, le cycle tragique commencerait à se rompre… quand je leur dis tout cela, eh bien, je suppose que je parais incurablement naïf, cramponné à de vains espoirs […]. Ou, pire encore, j’ai l’air de vouloir me cacher de moi-même."

 

 

« Les rêves de mon père », Barack OBAMA

 Paru en 1995 sous le titre original : « Dreams from my father »

Traduction française en 2008, aux Editions Presses de la cité (454 p)

Disponible aussi en poche (collection Points)

 


Commentaires

 

1. manu--  le 12-09-2010 à 19:36:33  (site)

Il est dans ma PAL. Mon mari a beaucoup aimé. Je pense qu'il existe une deuxième partie où il évoque son histoire avec sa femme ;-)

2. kp78  le 13-09-2010 à 07:26:46

Visiblement très intéressant ! Il va rejoindre ma liste celui là !

3. Gwe(naelle)  le 13-09-2010 à 08:50:20  (site)

Une lecture originale et intéressante. Je retiens...

4. Sassenach  le 13-09-2010 à 09:53:20  (site)

Je le note dans un coin, même si je ne suis pas fan d'autobiographies ! Il est à la biblio alors je peux quand même essayer de le lire et on verra bien si j'accroche Sourire

5. harfang  le 13-09-2010 à 14:06:42  (site)

oui ce peut -être intéressant bien que je préfère la fiction en général.
On verra quand ma pile aura diminuée car en ce moment c'est plutôt la folie ! surtout que je jongle avec le cinéma, alors j'ai moins le temps de lire...

6. maijo  le 14-09-2010 à 04:47:54  (site)

Ton billet donne franchement envie de lire le livre. Je m'empresse de le noter.

7. Nanne  le 15-09-2010 à 15:00:38  (site)

J'ai acheté ce livre dès sa sortie en poche, mais sans avoir encore eu le temps de me plonger dans ses souvenirs d'enfance et ses réflexions sur sa qualité d'afro-américain ! Ton billet me fait d'un coup regretter de ne pas l'avoir encore lu ...

8. brize  le 15-09-2010 à 21:58:12  (site)

@ Manu : Je sais qu’il y a d’autres ouvrages de Barack Obama, mais il me semble qu’ils sont d’ordre idéologique, ceux-là, et non autobiographiques.

@ KP78 : Je suis certaine qu’il t’intéresserait !

@ Gwenaëlle, Maijo : Un de plus dans la LAL !

@ Sassenach : J’ai souvent eu envie de l’acheter, mais j’avais peur qu’il traîne sur mes étagères sans que je le lise. Du coup je l’ai emprunté à la bibliothèque, ce qui m’a permis en plus de bénéficier du grand format, pas désagréable.
Et je pense que tu accrocheras.

@ Harfang : Eh oui, il faut faire des choix !

@ Nanne : Un bon achat, que tu ne regretteras pas, je pense !

9. val-m-les-livres  le 21-09-2010 à 16:53:32

J'aurais été frustrée moi aussi. Michelle et Barack, c'est quand-même autre chose que Nicolas et carla (gloups, j'ai rien dit).

10. Brize  le 21-09-2010 à 21:39:09

@ val-m-les-livres : Qui ça ??? smiley_id118878

11. Theoma  le 22-09-2010 à 19:47:50  (site)

En effet les extraits sont beaux et donnent envie. Je passe pour l'instant, ce que tu en dis m'a suffit.

12. GeishaNellie  le 22-09-2010 à 19:57:48  (site)

Je me permet seulement un petit commentaire, peut-être ne devrais-je pas. Mais en lisant ton résumé je me suis dit : « à quoi sa sert d'avoir femme et enfant si tu ne les vois jamais. Non pas rarement, mais jamais. Aussi bien divorcer et permettre à la femme d'avoir une nouvelle vie. Non ?» Voilà, petit commentaire pas rapport.

13. brize  le 22-09-2010 à 20:14:01  (site)

@ Theoma : Je sais qu’on hésite toujours avant de se lancer dans ce genre de lecture et je suis contente que tu apprécies les extraits : je les avais choisis justement pour vous donner une idée du livre, même si vous ne le lisez pas.

@ GeishaNellie : Mais tu as tout à fait raison, je trouve (et j’aime beaucoup la spontanéité de ton commentaire) ! Mais les parents de Barack ont effectivement divorcé et refait leur vie chacun de leur côté, ce que mon billet ne dit pas explicitement (mais il y aurait eu tant de choses à dire !) puisque j’ai seulement mentionné au passage que le père était remarié.

 
 
 
posté le 09/09/10

"Quai d'Orsay", BLAIN et LANZAC

   Arthur Vlaminck a rendez-vous avec le ministre des affaires étrangères, Alexandre Taillard de Worms. Le ministre s’enquiert à peine de l’état d’avancement de sa thèse puis lui expose ses théories sur le danger que présente la crise dans le royaume de Lousdem et la nécessité, pour y faire face, de former un commando de gens réactifs. Et il a justement décidé qu’André en ferait partie, en tant que chargé du langage !

   C’est ainsi qu’André, pas peu fier de venir travailler sous les ordres d’un homme qu’il admire, prend ses fonctions au ministère des affaires étrangères. Comme première tâche, il se voit confier la rédaction d’un discours que le ministre doit prononcer à la commission des droits de l’homme à Genève. Mais entre les recommandations des uns et des autres et les injonctions idéologico-sémantiques du ministre, André s’y perd ! Et ce n’est là que le début de son calvaire !

 

   Je n’avais entendu ou lu que des éloges sur cet album et pourtant j’étais réticente : je l’avais ouvert en librairie pour le refermer aussitôt car le graphisme ne me plaisait pas. Eh bien (et grand merci aux bibliothèques !) j’aurais eu tort de m’arrêter à cette première impression car dès le début de ma lecture, j’ai constaté que le dessin collait pile poil au propos : dynamique et expressif, il croque à merveille, d’un trait ironique, voire caricatural, la gestuelle et les mimiques des uns et des autres, bref forme et fond coïncident pour le plus grand bonheur du lecteur.

   Le fond, justement, parlons-en. Les auteurs (dont l’un au moins serait fort bien renseigné sur ce qu’il dépeint…) n’y vont pas avec le dos de la cuiller et donnent libre cours à leur verve satirique, même si, occasionnellement, une séquence admiration s’intercale entre les séquences critiques.

   Dominique de Villepin aurait servi de modèle au ministre de l’histoire : si c’est effectivement le cas, ils ont dû s’amuser lorsqu’il était au Quai d’Orsay, enfin c’est façon de parler ! Car le personnage est décoiffant et plutôt difficile à saisir (au propre comme au figuré): une vraie tornade, mêlant les citations d’illustres philosophes aux concepts clés de sa vision politique, souvent plus nébuleux que pragmatiques. En cela, il est en décalage total avec le calme professionnel et efficace de son plus proche collaborateur, soucieux de réagir vite et bien en situation de crise.

 

   Au fil de l’apprentissage qu’en fait André, on frémit en auscultant les rouages kafkaïens de cette administration des affaires étrangères et en suivant la longue chaîne menant des idées (là aussi, il y aurait de quoi commenter…) à leur affichage public et en observant les luttes d’influence et les poids relatifs que les uns ou les autres donnent à tel ou tel événement dramatique. Mais on sourit souvent, même si c’est un sourire jaune et on rit parfois franchement (ainsi lorsque le ministre explique à sa secrétaire pourquoi il a impérativement besoin d’un stabilo : « Regardez par exemple ce livre. Vous voyez tout de suite qu’il est nul. Y’a rien de stabilobossé. Alors que ça, là, j’ai tout stabilobossé. Ça, c’est un bon livre. C’est du lourd ! […] Et vous savez quoi, même ? Un livre, pour savoir s’il est bien, j’ai à peine besoin de le lire. Je le stabilote intuitivement. » ou bien lorsqu'il est représenté sous les traits de Dark Vador) !

 

   Un album excellent (et à suivre, mais je vous rassure : aucun suspense insoutenable, cet opus se suffit déjà à lui-même, d’ailleurs je ne suis pas persuadée que la suite lui apportera quelque chose de nouveau, même si elle nous permettra de voir l’évolution du personnage d’André) !

 

« Quai d’Orsay  - Chroniques diplomatiques » tome 1, BLAIN et LANZAC

Editions Dargaud

Paru en mai 2010

 


Commentaires

 

1. Sassenach  le 10-09-2010 à 08:53:02  (site)

De mon côté, c'est le thème qui m'attire peu ! Mais en empruntant à la biblio, cela permet de lire des choses qu'on n'aurait même pas regardé autrement Clin doeil

2. Aliénor  le 10-09-2010 à 19:27:25  (site)

Je l'ai mais ne l'ai pas encore lu. Je vais vite réparer ça !

3. A_girl_from_earth  le 11-09-2010 à 12:37:56  (site)

Pareil que toi pour les impressions de départ et la réticence, du coup ton billet éveille un peu ma curiosité. Je vais peut-être lui donner sa chance!

4. 3meraude  le 12-09-2010 à 12:17:28

c'est intéressant que tu aies pu le lire n'aimant a priori pas le graphisme. Je lis peu de BDs mais je fais partie de ceux qui ne peuvent pas lire de BDs si le graphisme ne me plaît pas.
Celle là me tente, et le graphisme ne me déplait pas ! Malheureusement, je ne prends pas le temps de lire des Bds !!

5. Ys  le 12-09-2010 à 19:25:44  (site)

pas du tout du tout mon genre de BD (ni de littérature d'ailleurs). Je ne connais même pas les noms des ministres actuels, ni rien de la vie politique française, donc, pas pour moi.

6. yoshi73  le 15-09-2010 à 17:56:56  (site)

J'ai adoré cette bd qui m'a valu de nombreux fou rires! Vivement la suite!

7. brize  le 15-09-2010 à 21:51:54  (site)

b>@ Sassenach :Sur ce coup-là, je n’avais rien contre le thème. Mais ça m’arrive aussi !

@ Aliénor : ça vaut le coup !

@ a-girl-from-earth : oui, je serais curieuse de voir si la lecture emportera tes réticences initiales !

@ Emeraude : ça m’arrive régulièrement de faire un effort pour dépasser ce type d’a priori, grâce aux bibliothèques.

@ Ys : Ici, on est dans la politique étrangère, donc on dépasse, par la force des choses, la politique franco-française politicienne, donc c’est intéressant.

@ Yoshi73 : Pour la suite, je demande à voir : je ne suis pas convaincue que l’intérêt se maintiendra car j’ai l’impression, mais peut-être à tort, qu’on a un peu fait le tour du sujet.

 
 
 
posté le 08/09/10

edit du 10/09 : Deux petits livres se sont envolés !

  

   Les deux petits livres dont je vous ai parlé ces jours-ci, « Corps », de Fabienne Jacob et « Bifteck », de Martin Provost, ne demandent qu’à voyager jusqu’à vous , si vous souhaitez les découvrir !

 

   Rappel pour les petits nouveaux : un  est un livre mis en circulation par son propriétaire, le blogueur A. A recense les blogueurs intéressés et récupère leurs adresses, puis le livre part effectuer son petit périple : A l'envoie donc à B, qui l'envoie ensuite à C (sachant que A lui a communiqué l'adresse de C), qui l'envoie à D etc. Le dernier de la chaîne renvoie le livre à son propriétaire, j'ai nommé A (c'est-à-dire, dans le cas qui nous préoccupe et si vous avez bien suivi, moi-même).

 

   Si vous êtes intéressé et dans la mesure où vous faites partie des blogueurs que je connais au moins virtuellement, parce que vous commentez sur ce blog, faites-le moi savoir dans les commentaires : je vous contacterai ensuite pour vous demander de me communiquer votre adresse postale.

 

   J'ajoute qu'il importe de lire le livre assez rapidement (et non de l'enfouir au fin fond de sa PAL), de manière à ce que les blogueurs figurant sur la liste ne l'attendent pas indéfiniment. Et comme, dans les deux cas, il s’agit de livres très courts, aucune raison de traîner  !

 

Edit du 10/09 : ça y est, les deux petits livres se sont envolés !   + MISE  A  JOUR au fur et à mesure du périple

- "Corps" a rendu visite à Keisha puis est parti rejoindre Pincureuil et poursuit sa route vers Nanne.

- "Bifteck" a rendu visite à Clara Brest, La Sardine, Keisha, SD49. Il a rejoint maintenant Cathulu, avant de partir chez  Cécile (Lecture émoi).

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 08-09-2010 à 08:47:14  (site)

suis souvent en voyage sans changement d'adresse mais c'est une bonne idée pour faire voyager les livres bonne journée

2. clara brest  le 08-09-2010 à 09:00:51  (site)

Je m'inscris pour Bifteck !
lecture rapide assurée ...

3. keisha  le 08-09-2010 à 09:43:03  (site)

Mouhaha! Clara ne résiste pas! Mais je sais qu'elle est hyper rapide.
Comme je viens de terminer le pavé dickensien de 800 pages en VO écrites petit petit, pfffou, moins de 150 pages, je me lance, et pour les deux... (allez, je clique sur poster avant de réfléchir)(non je n'ai rien bu)

4. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 08-09-2010 à 09:53:23  (site)

je m'inscris pour Bifteck aussi!! (et comme tu l'a compris, je ne risque pas de te le manger Clin doeilClin doeil)
merciiiiiiiiiiiiiii Brize!!!

5. Sandrine(SD49)  le 08-09-2010 à 11:13:56  (site)

je veux bien un morceau de bifteck, Merci !!!!

6. LVE  le 08-09-2010 à 12:45:50  (site)

C'est une chouette initiative mais moi j'aime pas être le cinquante douzième à avoir tripoté un livre Sourire)...

7. Pincureuil  le 08-09-2010 à 15:16:53  (site)

Eh bien je m'inscris de mon côté pour "Corps", bien que bifteck me fasse de l'oeil aussi...

8. brize  le 08-09-2010 à 20:47:39  (site)

@ Clara Brest, Keisha, La Sardine, SD49 : C’est noté !

@ Pincureuil : Tu peux faire comme Keisha et t’inscrire aux deux, si tu veux.

@ LVE : Mais les blogueurs sont très soigneux (j’en veux pour preuve l’état dans lequel mes précédents livres voyageurs ont achevé leur périple), ils ne « tripotent » pas, voyons shocked, ils manipulent avec précaution !
En tout cas, tu ne dois pas être un usager des bibliothèques (contrairement à moi, qui les adore smiley_id117729) !

9. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 08-09-2010 à 22:17:55  (site)

merciii!

10. Nanne  le 11-09-2010 à 18:27:39  (site)

Je veux bien que tu m'inscrives pour lire "Corps" de Fabienne Jacob ... Cela m'évitera de l'oublier en cours de route Rire1 Je t'envoie mes coordonnées par mail. Mais inscris-moi en fin de parcours, tout au bout de la chaîne ! Et si d'autres s'inscrivent après moi, fais-les passer devant. J'ai le temps. Je ne manque pas de livres à lire smiley_id117950

11. cathulu  le 12-09-2010 à 09:00:39

Pas tirée au sort par babélio pour ce livre, je peux encore m'inscrire pour Bifteck? Sourire

12. brize  le 12-09-2010 à 16:29:27  (site)

@ Nanne et Cathulu : Pas de problème ! Je vous ai ajoutées sur les listes !

13. cathulu  le 12-09-2010 à 19:28:23

Merciiiiiiiiiiiiii ! Sourire)

14. Exxlibris  le 21-09-2010 à 14:18:33  (site)

Ha je t'ai envoyé un mail (ou message) mais j'ai trouvé l'endroit adéquate pour ma requête de Bifteck.. Je sais que l'on ne se connait pas, mais crois-tu que mon inscription soit possible?

15. brize  le 21-09-2010 à 15:04:05  (site)

@ Exxlibris : Non, puisque tu ne fais pas partie des blogueurs que je connais et qui commentent régulièrement sur ce blog Sourire1.

16. Cécile de Lecture Emoi  le 23-09-2010 à 02:24:21  (site)

La saga des bouchers me tente beaucoup, beaucoup . C'est encore possible de s'inscrire ?

17. brize  le 24-09-2010 à 08:35:00  (site)

@ Cecile de lecture émoi : Oui, bien sûr, je t'inscris de ce pas sur la liste !

 
 
 
posté le 06/09/10

"Bifteck", Martin PROVOST

Quatrième de couverture :

   Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. En pleine Première Guerre mondiale, le tout jeune André se découvre un don pour faire « chanter la chair » - et pas n’importe laquelle : celle des femmes, dont la file s’allonge devant la boucherie… Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur André pour goûter au plaisir suprême. Hélas, le conflit touche à sa fin et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier d’osier, puis un deuxième, un troisième… Du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants, et poursuivi par un époux jaloux décidé à lui faire la peau. Avec la chair de sa chair, André s’enfuit à Concarneau et affrète un bateau. Direction l’Amérique !

 

   Voilà un tout petit livre très original ! Mais si vous êtes un partisan pur et dur des récits réalistes, passez votre chemin : car ici on fait dans le conte, alors les limites imposées par le vraisemblable, on les franchit sans état d’âme, on peut même basculer dans le fantastique, voire l’allégorique. L’écriture, comme le récit, est colorée, charnue, savoureuse, (l’énumération-litanie des différentes pièces de viande est à elle seule tout un poème). Les faits s’enchaînent rapidement, comme si André se trouvait pris dans une espèce de tourbillon, avec toutes ces naissances et leurs conséquences. L’amour tient le haut du pavé : celui d’André pour les femmes, puis celui qu’il porte à sa progéniture, des amours différentes mais où toujours le corps parle le langage du cœur.

   « Bifteck » mène plaisamment son lecteur par le bout du nez… là où il ne s’attendait pas du tout à arriver : un petit périple surprenant, qui mérite bien un détour !

 

« Bifteck », de Martin PROVOST

Editions Phébus (125 p)

Paru en août 2010

 

L'avis de Benebonnou (qui a "beaucoup aimé cette histoire farfelue à souhait.") .

 


Commentaires

 

1. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 06-09-2010 à 21:28:01  (site)

oh ça a l'air chouette dis donc!! Rire
mais on peut le lire si on mange pas de viande? Clin doeil

2. Aifelle  le 07-09-2010 à 06:39:09  (site)

La couverture me ferait fuir à toutes jambes (je déteste la viande rouge) mais l'histoire me tente bien.

3. clara brest  le 07-09-2010 à 07:30:42  (site)

Tu le vends bien!!!!

4. keisha  le 07-09-2010 à 07:53:53

La couverture et le titre m'auraient fait fuir (je n'aime pas la viande rouge, beurk!) mais finalement le roman a l'air bien! merci de ton billet.

5. bene  le 07-09-2010 à 07:55:54  (site)

Excellent! Clin doeil

6. manu--  le 07-09-2010 à 09:53:45  (site)

J'ai hésité à le cocher chez babelio mais finalement le titre m'a fait fuir. Si on parle trop de viandes, j'ai bien fait ;-)

7. kathel  le 07-09-2010 à 12:09:05  (site)

Ce petit roman me tente bien... je l'ai coché chez Babelio, entre autres, on verra !

8. Titine75  le 07-09-2010 à 16:37:55  (site)

Ce livre a l'air vraiment très original et farfelu, ça change !

9. cathulu  le 07-09-2010 à 16:50:26

demandé chez babelio, je croise les doigts!Sourire))

10. brize  le 07-09-2010 à 20:43:08  (site)

@ La Sardine : Tout à fait Thierry ! Parce que ça commence certes dans une boucherie, mais pour se poursuivre, très rapidement, sur un bateau (et là, ne viens pas me dire que tu as le mal de mer … surtout que, pour une Sardine, ça la ficherait mal) !

@ Aifelle et Keisha : Ne vous arrêtez pas à la couverture (voir ce que j’ai dit à La Sardine) !

@ Clara Brest : Et je n'aurai même pas de pourcentage sur les ventes... pfff !

@ Bene : Une bonne petite tranche de lecture !

@ Manu : Que nenni, ça ne parle pas trop de viande, mais non (ce n’est pas parce que j’ai cité un exemple à ce sujet qu’il faudrait croire ça !) ! Voir ci-dessus ma réponse à Mademoiselle La Sardine. En plus, il y a un des enfants d’André qui est végétarien smiley_id118663 !

@ Kathel et Cathulu : Plus qu’à attendre le résultat du tirage au sort Surprise !

@ Titine75 : Oui !

édité le 07-09-2010 à 20:45:28

11. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 07-09-2010 à 21:04:19  (site)

ouarf!!
ha nan!! mal de mer... connais pô!!
sardine et 100% bretonne du bord de mer donc Clin doeilClin doeil

merci en tout cas! je vais le noter de ce pas!! Rire

12. choco (et son grenier)  le 16-09-2010 à 17:39:13  (site)

Je fais partie des non-bouffeurs de viande Clin doeil
et j'ai même pas peur de le lire ! ^^

13. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 22-09-2010 à 09:10:12  (site)

j'ai adoré!!! merci Brize pour cette lecture à côté de laquelle je serais sans doute passée!

14. Aliénor  le 13-10-2010 à 21:39:31  (site)

Moi j'ai vraiment trouvé ça bâclé !

 
 
 
posté le 03/09/10

"Corps", Fabienne JACOB

     Esthéticienne dans une ville française, Monika est bien loin de sa Pologne natale. Au fil des passages dans son institut de beauté, elle glane des bribes d’existences de femmes : l’épouse du boucher qui a toujours froid et dont le corps marmoréen trône en retrait derrière la caisse ; Ludmilla, et son refus obstiné de vieillir ; Adèle qui, sans la guerre, n’aurait pas vécu ; Alix, à qui un homme confie des pans de son histoire… Et à ces vies se mêlent les souvenirs que Monika a de la sienne, quand elle était enfant, dans la ferme où elle jouait avec sa sœur aînée, Else, toutes deux fascinées par ces mystères du corps si soigneusement dissimulés…

 

   « Corps » est un tout petit roman qui ne raconte pas une histoire mais des bribes d’histoires. Elles surgissent dans l’intimité de la cabine de l’institut de beauté : les vêtements tombent et les corps dévoilés affichent la seule vérité de la chair qui porte trace du vécu, loin des artifices dont se méfie Monika, que son enfance a ancrée dans la terre.

   D’une écriture dont le rythme adhère au cours de la pensée (et où m’a seulement gênée l’absence occasionnelle de négations, même si elle survient surtout dans les passages remontant à l’enfance, ce qui peut l’expliquer), souvent poétique et sensuelle, Fabienne Jacob franchit la barrière des corps pour s’immiscer dans des souvenirs égrenés au fil des jours et des rencontres. Traquant avec justesse l’affleurement des émois adolescents aussi bien que le désarroi de l’âge mûr, elle nous livre un carnet de croquis à fleur de chair et d’être. Une belle découverte !

 

Extraits :


-   "Parfois je redeviens une Polonaise au bord d’un champ de patates, accroupie dans un sillon de terre brune, les mains pleines de terre séchée, la terre quand elle sèche et qu’elle se colle sous les ongles, elle change de couleur et de texture, une poussière bistre et dure. Derrière moi les sillons d’argile à perte de vue, la terre est grasse et brune, une femme noire avec les cuisses ouvertes sur des pépites jaunes et nous, on est des chercheurs d’or accroupis dans le tropique de nos genoux."


-   "Il faudrait dire aux femmes d’arrêter de se faire des mèches, c’est moche. […] Les seins morts, pareil, quel homme pourrait aimer un sein mort, un sein qui ne respire plus, ce qu’ils aiment, eux, c’est la matière molle et blanche, ça leur fait penser à avant, à l’enfance quand ils étaient encore tous là, les pères, les mères, les tantes, debout derrière eux dans la cuisine, derrière la chaise haute, la famille comme une constellation d’astres alignés en ordre éternel derrière la chaise haute, la constellation immuable de l’enfance chacun à sa place pour les siècles des siècles."

 

« Corps », Fabienne JACOB

Editions Buchet Chastel (157 p)

Paru en août 2010

 

Les avis de Cathulu et Theoma.

 


Commentaires

 

1. L'or des chambres  le 03-09-2010 à 22:12:51  (site)

Est tu inscrite au challenge 1% de la rentrée littéraire ???

2. brize  le 03-09-2010 à 22:23:02  (site)

@ L'Or des chambres : Ma foi non, au moins pour le moment. En 2008, Levraoueg l'avait lancé et j'avais fait partie de ce premier contingent d'inscrits, pas nombreux à l'époque. En 2009, le nombre de participants a explosé et, cette année, Levraoueg ne le reconduit pas. Il a été repris par Schlabaya, mais je ne me suis pas (encore ?) inscrite.

3. Aifelle  le 04-09-2010 à 06:26:57  (site)

Je ne suis toujours pas attirée par ce livre, ouf, j'ai suffisamment de tentations par ailleurs ..

4. cathulu  le 04-09-2010 à 06:44:13

Ah chic, tu as aimé ! Sourire

5. Pickwick  le 04-09-2010 à 10:20:03  (site)

Oups oups oups, je constate que je n'adhère pas beaucoup à la plume grâce aux extraits que tu as mis...

6. Stephie  le 05-09-2010 à 10:10:38  (site)

Des avis contradictoires autour de ce livre. Je ne sais pas si je le lirai.

7. val-m-les-livres  le 05-09-2010 à 18:21:12  (site)

Ah, je l'avais enlevé de ma LAL après des billets peu enthousiastes. Je ne le remets pas mais s'il croise mon chemin, je le lirai.

8. Restling  le 05-09-2010 à 18:28:57  (site)

J'aime bien les tranches de vie, il me tente assez ce livre.

9. brize  le 06-09-2010 à 12:29:58  (site)

@ Aifelle : Initialement, il ne me disait trop rien, jusqu’à ce que j’aie l’occasion de le feuilleter et c’est son écriture qui m’a attirée.

@ Cathulu : Oui !

@ Pickwick : La réaction à cette écriture est très personnelle (pas plus tard qu’hier, ma sœur me disait que les extraits cités lui avaient donné envie de lire le livre), raison pour laquelle j’ai voulu en donner un aperçu.

@ Stephie et val-m-les-livres : Il est tout petit, donc si vous en avez l’occasion, ça vaut le coup de vous faire votre opinion (et, pour le moment, je n’ai vu que deux avis sur les blogs, dont un réservé, celui de Theoma, pour laquelle l’écriture a représenté un écueil rédhibitoire).

@ Restling : Dans ce cas, n’hésite pas !

10. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 06-09-2010 à 21:28:34  (site)

je l'ai noté il y a quelque temps!

11. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 06-09-2010 à 21:33:13  (site)

enfin quand je dis il y a quelques temps, c'est il y a quelques jours quoi ^^

12. manu--  le 07-09-2010 à 09:55:48  (site)

Si je le vois à la bibliothèque, je le prendrai sûrement.

13. Theoma  le 07-09-2010 à 16:05:03  (site)

J'attendais bcp du sujet, le style a été pour moi un écueil.

14. Noukette  le 08-09-2010 à 23:13:49  (site)

Je n'ai pas été aussi enthousiaste que toi à cette lecture... ! L'écriture m'a profondément agacée je dois dire...

15. myloubook  le 10-09-2010 à 20:27:37  (site)

Je l'ai repéré il y a quelque temps mais je ne suis pas sûre d'avoir envie de ce type de lecture en ce moment... pourtant il m'intrigue, alors je le note dans ma petite tête pour plus tard Sourire

16. Nanne  le 11-09-2010 à 18:21:42  (site)

Je l'avais repéré et noté dans le cadre du partenariat avec Ulike pour la Rentrée Littéraire 2010, mais j'ai reçu un autre ouvrage aussi intéressant, mais différent de celui-ci ! Dans tous les cas, il est bien noté car c'est un thème qui - s'il est bien traité - nous donne à voir les grandeurs et les misères de chacun d'entre nous ... Une belle découverte en perspective !

 
 
 
posté le 01/09/10

"Blast", tome 1 : "Grasse carcasse", Manu LARCENET

     Il s’appelle Polza Mancini et il fait face aux deux policiers chargés de l’interroger, tout au long de sa garde à vue, au sujet de « ce qu’il a fait à Carole », actuellement en coma artificiel suite à ses opérations. Sa « grosse carcasse » les dégoûte, Polza le sait, mais il ne se fait pas prier pour raconter sa vie à deux enquêteurs qui, lorsqu’ils sont seuls, s’interrogent sur sa santé mentale. Son enfance sur les routes avec son frère et son père, ce père qu’il n’avait pas vu depuis dix ans et qu’il retrouve, moribond, sur un lit d’hôpital. C’est peu après qu’il est soumis, pour la première fois, à l’incroyable expérience de perte de conscience/ouverture au monde qu’est le « Blast ». Dans la foulée, alors que son père vient juste de mourir, Polza largue les amarres : l’écrivain qu’il était devient clochard par choix, accro aux barres chocolatées et à l’alcool…

 

   Il a fallu que « Blast » me saute dans les bras à la bibliothèque pour que je me plonge dans cet album très sombre qui ne m’attirait guère et qui, je dois l’avouer, me laisse dubitative…

   En noir et blanc respectant les couleurs au lavis des planches d’origine, l’album recèle quelques belles surprises graphiques, des paysages notamment, dont le trait et les couleurs en demi-teintes rendent à merveille l’âpreté. 

   Quant au fond… On l’aura compris, il est à l’image de la forme, noir. Et pas toujours explicite : certes le père, gisant décharné au long bec d’oiseau auquel répondrait ensuite la figure du héron, apparaît comme l'image inversée du fils, mais les surgissements intempestifs de sculptures de l’île de Pâques, le hibou qui écrase soudain une page entière, restent énigmatiques. Au fil du récit, Larcenet, dans une prose parfois aussi forte et troublante que son trait, assène quelques considérations bien senties sur la difficulté à être, dans sa différence, et les malaises inhérents à notre société. Soit, mais encore… Que dire aussi du « Blast », cet état de la conscience ressenti à deux reprises par le héros, et dont la traduction graphique, avec cette irruption soudaine de dessins d’enfants colorés, contrastant par leur naïveté avec la tonalité du contexte, suscite un certain malaise ? 

 

   « Blast » distille une atmosphère aussi pesante, voire poisseuse, que la « grasse carcasse » qu’il étudie, tourne autour de cette personnalité en nous laissant davantage de questions que de réponses, puisqu’au terme même de ce premier volume nous ne sommes pas plus avancés que les policiers dans l’enquête qu’ils mènent.

   Larcenet, comme je l’apprends dans l’interview qu’il a donnée à Bodoï et dont je vous recommande la lecture, éclairante, a mis beaucoup de lui dans cette BD :

 "Dans la série Blast, je souhaite mettre tous les ingrédients que j'ai toujours voulu faire figurer dans un livre. Je crois que c’est mon chef d'œuvre, il faut que j’y aille à fond, que j’en sois le plus fier possible. Je souhaite en faire cinq tomes, et j’espère que le public me suivra."

    De mon côté, je suis restée en surface de l’histoire que j’ai survolée sans m’y intéresser vraiment et avec pas mal de perplexité. Mais cette impression sera peut-être à nuancer ultérieurement, lorsque les albums suivants m’auront permis d’intégrer ce premier volet dans une perspective globale.

 

« Blast », tome 1 : « Grasse carcasse », Manu LARCENET

Editions Dargaud (204 p)

Paru en novembre 2009

 

D'autres avis (plus positifs que le mien) recensés chez BoB.

 


Commentaires

 

1. chiffonnette  le 01-09-2010 à 19:43:47  (site)

J'ai eu beaucoup de mal aussi, mais le dessin m'a permis de restée peut-être plus accrochée que toi. J'attends le second pour me faire une idée définitive!

2. val-m-les-livres  le 01-09-2010 à 23:16:09  (site)

J'ai beaucoup aimé mais tu as raiosn, difficile de juger vraiment tant qu'on n'a pas lu l'intégralité de la BD. J'ai trouvé que cela ressemblait vraiment à de l'art.

3. Sassenach  le 02-09-2010 à 09:02:31  (site)

Le graphisme ne m'attire pas du tout ... et puis, comme ce n'est qu'un premier tome, je préfère attendre d'en avoir plusieurs à lire !

4. Ys  le 03-09-2010 à 17:47:07  (site)

Oui je suis d'accord, tout ça est bien énigmatique, mais ça donne envie de connaître la suite. Pour ma part, j'en veux encore !

5. brize  le 03-09-2010 à 20:36:19  (site)

@ Chiffonnette : On en avait tellement parlé que je voulais me faire mon opinion. Le jeune bibliothécaire auquel j’ai rendu l’album, amateur de BD lui aussi, m’a dit que cet album l’avait déçu.

@ Val-m-les-livres : Il paraît que les étrangers considèrent toutes nos BD comme des œuvres d’art… et ils ont bien raison ! Pas à dire, on a de la chance d’avoir un tel choix, ce n’est pas partout le cas : en Allemagne, par exemple, les rayons BD sont du genre invisibles, quant à trouver des librairies spécialisées, même pas la peine d’y penser.

@ Sassenach : J’ai cédé à la curiosité (grâce à la bibliothèque), car le graphisme ne m’attirait pas non plus.

@ Ys : Et pour ma part, ce ne sera que la curiosité (encore elle) qui m’incitera à lire la suite…

6. Stephie  le 05-09-2010 à 10:11:14  (site)

Je viens de l'emprunter à la bibliothèque, on verra bien.

7. brize  le 05-09-2010 à 10:30:35  (site)

@ Stephie : je suis curieuse de savoir ce que tu en penseras.

8. Midola  le 05-09-2010 à 12:37:44  (site)

J'ai lu cette BD avant l'été et je ne sais toujours pas exactement ce que j'en pense (je n'ai même pas écrit le billet encore !). C'est avis assez positif dans l'ensemble même si je suis moi aussi je n'ai pas réussi à entrer totalement dans l'histoire. Il n'y a plus qu'à attendre la suite !

9. choco (et son grenier)  le 06-09-2010 à 19:20:45

C'est étonnant que vous soyez nombreuses à rester indécises quant à cet album. Pour ma part, je trouve le dessin magnifique. On sent bien que Larcenet a mis beaucoup de lui dedans. On reste sans réponse mais je crois que c'est le but : nous accrocher comme il accroche les flics ! ça sera une très grande série, j'en suis sure !

10. brize  le 06-09-2010 à 19:38:57  (site)

@ Midola : Oui, on verra ce que ça donne.

@ Choco : Je ne suis pas indécise : pour être claire, je n’aime pas, voilà, c’est dit ! Sauf que j’essaie d’être un peu moins subjective, alors je parle du graphisme, je dis aussi que, peut-être, ça me plaira davantage au prochain album… parce que là, côté scénario, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose. Et puis, que Larcenet ait mis beaucoup de lui dans cet album, soit, mais je m’en moque, moi, si je n’y trouve rien qui me parle.
smiley_id117197 ! Je crois que j’ai été un peu trop franche dans ma réponse, là !

édité le 06-09-2010 à 19:40:36

11. choco (et son grenier)  le 16-09-2010 à 17:35:10  (site)

Oui tu as été cash, c'est clair !
Après, tu as le droit de ne pas aimer Sourire
J'apprécie les nuances de ton billet mais pourquoi ne pas être honnête dès le début si tu ne l'as pas aimé.
Par contre, dire qu'il n'y a rien dans le scénario et que tu n'en as rien à foutre du ressenti de l'auteur me choque un peu...
Le scénario est à mille lieux d'être creux.
Ensuite, que cet album ne te touche pas soit, mais le but de l'auteur n'est-il pas de nous faire ressentir une tripotée d'émotions, à travers son imagination et parfois son vécu ? Comme pour un roman, l'auteur met de lui dans son oeuvre et s'en battre les couilles, c'est un peu se moquer de l'acte d'écrire lui-même, non ? Après que ça nous touche ou pas, c'est autre chose...

12. brize  le 17-09-2010 à 15:14:30  (site)

@ Choco :
« rien à foutre », « s 'en battre les couilles » : pour le coup, Choco, c'est moi qui suis choquée de te voir employer ce ton-là, qui caricature le fond de mon propos.
Mon billet était, comme tu l'as souligné, nuancé. Honnête aussi, puisqu'il reflète ce que j'ai ressenti.... et ça n'a pas été « une tripotée d'émotions ». Et oui, : libre à quiconque d'écrire ce qui lui plaît et qu'il juge, sans doute, important, libre à lui de « mettre de lui dans son œuvre », bien sûr ; mais libre à tout lecteur, heureusement, de s'y intéresser ou non. Il ne suffit pas, en effet, de s'investir dans un projet d'écriture ou/et de dessin pour en garantir la qualité, si c'était le cas, cela se saurait.
Mais tout ceci n'est que mon appréciation. De ton côté, tu considères que « Blast » « sera une très grande série », libre à toi d'en être convaincue.

13. choco (et son grenier)  le 20-09-2010 à 12:06:13  (site)

Je m'excuse si je t'ai choqué à mon tour, ce sont des expressions que j'utilise fréquemment dans la vie courante (et oui, je ne suis pas tjs la jeune fille polie que l'on croit ^^) et que d'habitude j'essaye de supprimer sur les blogs ! Loin de moi, l'idée de caricaturer tes propos. J'avais bien compris que tu n'avais rien ressenti à sa lecture, ni perçu les émotions que larcenet a voulu passer. Il ne me semble pas t'avoir reproché de critiquer l'auteur mais plutôt d'avoir dénigrer d'une certaine façon son travail d'écriture. Que ce soit Larcenet ou un autre, chaque auteur a le droit d'être reconnu pour son travail, qu'on l'apprécie ou pas (exception faite de lévy, peut-être ? lol). Voilà ce que j'avais cru comprendre dans tes propos. A tort, peut-être ?

14. brize  le 20-09-2010 à 15:03:23  (site)

Oui, à tort. Ce que j'ai voulu dire, c'est que ce n'est pas le travail de l'auteur qui compte : il n'y a pas, de ma part, d'appréciation portée sur lui, pour moi c'est simplement hors sujet (donc cela n'interfère pas dans mon jugement et quand je dis « je m'en moque » il faut comprendre « peu m'importe ») car je ne m'intéresse qu'au résultat. Le lecteur prend l'oeuvre telle qu'elle lui est livrée et n'a pas d' « avertissement » de l'auteur en préambule (du style : « appréciez mon oeuvre, parce que je me suis donné beaucoup de mal ») et heureusement. L'oeuvre échappe à son créateur, elle est appréciée en tant que telle, c'est tout.

 
 
 
posté le 29/08/10

"Le dernier des Weynfeldt", Martin SUTER

     Dernier descendant de la riche lignée suisse des Weynfeldt, Adrian, cinquante-quatre ans, mène une existence particulièrement aisée et régulière. Son métier d’expert en art, s’il ne lui est pas indispensable, l’occupe, autant que la fréquentation de ses cercles d’amis, la plupart davantage intéressés par ses largesses que par lui.
   Dans cette vie dont l’immuable ordonnancement semble le rassurer, Adrian a la surprise de voir un soir débarquer Lorena, belle jeune femme qui lui rappelle Daphné, son amour de jeunesse. Ex-mannequin sans le sou, Lorena, le lendemain de la nuit qu’elle passe chez Adrian, tente de se suicider. Et si, grâce à Adrian, elle renonce à sa tentative de se précipiter du haut du balcon, c’est pour que son hôte lui promette de, désormais, veiller sur elle.
   Séduit, Adrian est prêt à tout pour Lorena. Cette attraction s’exerce sur lui au moment-même où il doit négocier la vente du fameux tableau de Vallotton, «Femme nue devant une salamandre », dont le propriétaire, Baier, a bien du mal à se séparer…

   « Le dernier des Weynfeldt », c’est d’abord la peinture psychologique, fouillée, d’un homme hors du commun, Adrian. Sa bonté paraît souvent bien proche de la naïveté, tant le lecteur a l’impression que ses proches abusent de sa générosité, trop heureux qu’il est de pouvoir partager les biens dont sa naissance l’a si largement pourvu. Mais, au-delà de la façon dont Adrian structure son existence et ses relations, on pressent autre chose, une forme de désarroi mélancolique sous-jacent qui ne demande qu’à refaire surface. Cette étude de caractère s’intègre avec bonheur à une trame romanesque qui, sans être foncièrement originale (une jeune femme tentée de profiter de l’attrait qu’elle exerce sur un homme riche), bénéficie de facteurs la renouvelant : le personnage d’Adrian est en effet suffisamment atypique (comme Lorena le constatera) pour que le lecteur ne devine pas forcément comment il va réagir aux événements se produisant autour de lui ; la thématique artistique (vrai et faux tableau) pimente l’intrigue, dont elle constitue un facteur déterminant et lui donne aussi une autre dimension en posant la question de l’authenticité, qu’on peut éventuellement étendre aux individus.
   J’ai lu « Le dernier des Weynfeldt » avec plaisir, découvrant un auteur et une écriture, de qualité, au travers d’une histoire qui a suscité en moi intérêt et curiosité (et même si le dénouement, qui m’a plu sur le fond, a soulevé en moi quelques réserves d’ordre technique quant à sa vraisemblance). Il n’est donc pas du tout exclu que je m’aventure dans d’autres romans de Martin Suter !

 

« Le dernier des Weynfeldt », Martin SUTER
titre original, « Der letzte Weynfeldt » - paru en Suisse en 2008
Editions Christian Bourgeois (340 p) pour la traduction française (2008)
Disponible aussi en poche, aux éditions Points.

 

D'autres avis chez BoB.

 


Commentaires

 

1. kathel  le 29-08-2010 à 21:38:18  (site)

Un auteur que j'aime bien, et puis on n'a pas tant que ça l'occasion de lire les auteurs suisses ! Je te recommande aussi "Le diable de Milan" et "Un ami parfait".

2. keisha  le 30-08-2010 à 08:34:20  (site)

Jamais lu mais encore une fois les blogs sont positifs pour cet auteur! A noter pour un passage en bibli!

3. A_girl_from_earth  le 30-08-2010 à 23:55:07  (site)

J'ai cet auteur dans ma PAL depuis quelques années, il faudrait que je l'en ressorte! A un moment ça me disait vraiment de le lire mais l'envie est passée.Sourire

4. Aifelle  le 31-08-2010 à 06:50:59  (site)

Je n'ai jamais lu Martin Sutter. J'y pense régulièrement et puis .. j'oublie.

5. Pincureuil  le 31-08-2010 à 14:40:39  (site)

C'est aussi le seul Suter que j'ai lu et il m'avait donné envie de découvrir ses autres romans. Il a su traiter de manière originale une histoire au départ plutôt courante...

6. harfang  le 03-09-2010 à 08:55:09  (site)

ahlala voila un de mes auteurs préférés (voir article dans mon blog)
En particulier La face cachée de la lune et Small world. Son dernier est dans ma pile de livres à lire et j'attends de finir La voix du couteau (découvert ici) pour le commencer. C'est vraiment un auteur ewtra en particulier ses premiers romans qui étaient je trouvent plus forts.

7. brize  le 03-09-2010 à 20:25:28  (site)

@ Kathel : Oui, ces deux là, je les ai repérés !

@ Keisha et Aifelle : Un auteur à découvrir (rien à faire, il en reste toujours) !

@a-girl-from-earth : Ah, on le connaît tous, ce coup de l’envie… qui disparaît ensuite ! Aussi, quand j’ai envie de m’acheter un livre broché, je fais en sorte de pouvoir le lire dans la foulée, quand cette fameuse envie de le lire est toujours là (pour les poches, si ça traîne, c’est moins grave, le prix n’est pas le même). Et quand je lis les billets de blogs avec des PAL à trois chiffres, ça m’effraie tellement que je suis encore plus vigilante qu’avant côté achats : j’ai trop peur d’être contaminée par ce virus palesque !

@ Pincureuil : Oui, il y a une atmosphère bien spécifique et j’ai trouvé ce roman très fin.

@ Harfang : Je suis justement en train de lire « Le cuisinier » !

8. Nanne  le 11-09-2010 à 18:14:10  (site)

On m'a fortement conseillé ce roman pour commencer à lire Martin Suter que je ne connais que de réputation (positive) ! Et ton billet me donne envie de me lancer dans l'aventure du "Dernier des Weynfeldt", surtout que l'on y parle d'art, et j'aime particulièrement les livres sur ce thème ...

 
 
 
posté le 27/08/10

"Truman Capote", un film de Bennett Miller

     En novembre 1959, une famille est assassinée sauvagement dans sa maison du Kansas. Truman Capote, écrivain célèbre, décide de s’emparer de ce fait divers pour se lancer dans l’écriture d’un roman pas comme les autres, une œuvre de non-fiction. Dans ce but, il se rend sur place en compagnie de son amie journaliste, Nell Harper Lee. Il rencontre le shérif chargé de l’enquête, puis, directement, les coupables présumés, Perry Smith et Dick Hickock, lorsque ceux-ci ont été arrêtés…

 

   J’avais pourtant lu bien des critiques élogieuses sur ce film mais, que voulez-vous, quand le cœur n’y est pas… Bref, ce n’est que cette semaine que, ayant en main le DVD, à la médiathèque, j’ai ressenti l’envie soudaine de le voir (et comme c’est justement celle qui me faisait défaut, j’ai sauté sur l’occasion).

   La prestation de Philip Seymour Hoffman m’a bluffée ! Voix, gestuelle…, l’acteur ne joue pas Capote, il l’est, du moins le spectateur en a-t-il la certitude (confirmée a posteriori, lorsqu’on sait que P. Seymour Hoffman s’était longuement documenté sur le personnage avant de l’incarner). Je ne me souvenais plus des relations de Harper Lee, l’auteur de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » avec Capote (petite surprise, au passage, pour la prononciation anglaise… on a l’air fin, avec notre [troumanncapote] !), j’avais même oublié qu’il était le jeune Dill de son roman.

    Bref, en dehors de ça, quid du film ? Il prend son temps, mais ce n’est pas gênant car la densité du personnage de Capote, tout ce qui affleure derrière le non-dit, ce qui interpelle le spectateur, donne suffisamment de tension pour qu’on ne s’y ennuie pas. Impossible, en effet, d’assister passivement à ce qui se joue entre Capote et Perry Smith, l'un des deux criminels, cette attirance qu’éprouve l’auteur et toute l’ambigüité d’une relation de longue durée où l’écrivain se nourrit d’une vie, qu'il demande à l'homme de lui raconter, et de son drame final. Le drame final, justement ! Présent dès les premières images du film,  il n’apparaît plus, ensuite, de la manière à laquelle on pourrait s’attendre : l’enquête n’est pas décrite, le procès se limite à la seule scène du verdict (alors que les films américains sont friands de tout ce qui se passe dans les prétoires), et pourtant on ne décroche pas, on continue à s’intéresser au parcours/enquête de Capote. Et au moment où on se demande quand, enfin, il sera question de ce qui s’est réellement passé ce soir-là, on se rend compte que Capote en est au même point que nous et là…

    Rarement un film m’aura autant donné l’impression de lire entre les images les conflits intérieurs d’un homme : puissant et évocateur, « Truman Capote » me poussera bien évidemment à m’intéresser à « De sang-froid », le livre que l’écrivain tira de ces quelques longues années consacrées à l'étude approfondie du drame et de ses protagonistes, dont le film ne fournit qu’un aperçu en le situant dans son contexte, puisqu’il semble que l’œuvre ait infléchi radicalement la manière qu’avaient les écrivains d’appréhender le réel.

 

A découvrir, si vous ne l’avez déjà fait !

(et maintenant, il ne me reste plus qu’à voir « Scandaleusement célèbre », paru la même année sur le même thème, pour comparer les deux approches)

 

« Truman Capote », un film de Bennett Miller (2006)

Scénario de Dan Futterman, d’après le livre « Truman Capote » de Gerald Clarke

Durée : 1H50

 


Commentaires

 

1. keisha  le 27-08-2010 à 10:12:20  (site)

Bon, alors, on doit prononcer comment? ^_^

2. Cécile de Lecture Emoi  le 27-08-2010 à 10:19:00  (site)

Je suis bluffée par ce magnifique billet, Brize, Bravo !

Et surtout, je retrouve parfaitement ce que j'ai ressenti lorsque j'ai vu ce film. Je ne connaissais alors rien de Truman Capote (j'assume...) si ce n'est ce qui figurait sur le magnifique livret qui accompagnait ce DVD prêté par une amie "bibliothèque tournante".

En fait, c'est un film sur T.Capote dont toute la personnalité extrêmement trouble se révèle lors de l'écriture laborieuse du roman De sang-froid, en liaison directe et simultanée avec ce fait divers qui l'a inspiré.

Je lui donc d'avoir, depuis, "De sang-froid" et "Ne tirez pas sur les oiseaux moqueurs" dans ma PAL !

3. In Cold Blog  le 27-08-2010 à 11:08:19  (site)

J'avais tant aimé ce film que j'ai lu dans la foulée la biographie de Gerald Clarke qui avait servi de base au scénario. Je te la conseille, elle est passionnante (et pour une extase totale garantie, tu peux la lire en parallèle avec le recueil des lettres de Capote : "Un plaisir trop bref").
En ce qui concerne Scandaleusement célèbre, sorti à peu près à la même période, il n'a pas à rougir, malgré l'époustouflant Philip Seymour Hoffman.
(désolé, je crois que je me suis un peu emballé) smiley_id118878

4. mango  le 27-08-2010 à 14:36:05  (site)

J'ai vu récemment ce DVD et comme toi j'ai été conquise par ce film et le jeu de l'acteur. Les cinq oscars sont totalement mérités!

5. Aifelle  le 27-08-2010 à 16:19:30  (site)

Et bien malgré tous ces avis extrêmement positifs, je n'ai toujours pas envie de le voir.

6. Petite Fleur  le 27-08-2010 à 17:05:43  (site)

J'avais adoré ce film, où on découvrait à la fois ce personnage, cette histoire vraie et cet auteur bluffant. Du coup, comme toi, je me suis procurée le livre. Mais là, grosse déception : impossible de le finir tellement ça n'avance pas ! Peut être parce que je savais déjà justement l'effet recherché à cause du film ? Je ne sais pas. Par contre, j'ai adoré "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee.

7. Bene  le 28-08-2010 à 11:02:59  (site)

Un coup de coeur énorme pour ce film! Je l'ai vu dès sa sortie et il m'a beaucoup marqué!

8. wonderful  le 28-08-2010 à 12:09:57  (site)

je me suis endormie (je suis rouge de honte). Ton billet me confirme que j'aurais dû lutter...

9. brize  le 28-08-2010 à 20:18:41  (site)

@ Keisha : Aïe… c’est que j’ai oublié mes cours de phonétique, moi ! Donc je vais la jouer phonétique à ma façon et ça donne quelque chose comme [tRoumannKaipoti], mais c’est vraiment de l’à peu près. Pour tout te dire, la première fois qu’il a prononcé son nom (et après, on a dû l’entendre deux ou trois fois, mais uniquement le nom de famille), je n’avais absolument pas compris ce qu’il avait dit (merci les sous-titres) !

@ Cécile : Merci !
« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », je l’ai déjà lu et aimé, même si j’ai préféré la seconde partie à la première, que j’ai trouvée un peu lente (au point que je me demandais pourquoi ce roman était considéré comme un chef d’œuvre, mais ensuite, j’ai été conquise).
Quant à « De sang-froid », je viens de l’emprunter à la bibliothèque (je pouvais l’acheter… mais je craignais de le voir ensuite traîner sur mes étagères Clin doeil1 !) : on verra si je le lis ou pas mais j’y jetterai au moins un œil.

@ In Cold Blog : Pas étonnant que tu t’emballes : j’ai pensé à toi en regardant le film, car je sais que « In Cold Blood » t’a inspiré lorsque tu as choisi le nom de ton blog.
Pour la biographie, elle m’intéresserait sûrement mais, normalement, je m’efforce d’avoir lu au moins une œuvre de l’auteur si je veux lire sa biographie et là, je n’ai rien lu de T.C. Mais peut-être pas pour longtemps car je viens d’emprunter « De sang-froid » : on verra si je le lis dans la foulée ou non.

@ Mango : Incontestablement !

@ Aifelle : J’étais EXACTEMENT dans le même cas que toi ! Aussi, lorsque l’envie m’a soudain prise de voir le DVD en l’apercevant à la médiathèque, j’ai battu le fer tant qu’il était chaud et je l’ai regardé le soir même!

@ Petite Fleur : Beaucoup aimé « Ne tirez pas… » aussi ! Et « De sang-froid », je viens de l’emprunter, donc on verra bien : j’en lirai au moins des passages.

@ Bené : Oui, finalement, si je l’avais vu à sa sortie au cinéma, il m’aurait beaucoup plu. Comme quoi on croit parfois qu’on ne va pas aimer et on passe à côté d’œuvres qui nous plairaient beaucoup (ça m’a fait la même chose avec « Le secret de Brokebain Mountain » : pas envie d’aller le voir au ciné… mais coup de cœur lorsque je l’ai vu à la télé).

@ Wonderful : Mais je comprends qu’on puisse s’endormir, car le film est lent, c’est un fait et on n’est pas toujours réceptif à ce genre-là : la preuve, il m’a fallu attendre 4 ans pour me sentir dans les dispositions ad hoc !

10. hathaway  le 29-08-2010 à 15:26:41  (site)

Et dire que je ne l'ai toujours pas vu... Il va falloir remédier à cela vite vite vite !

11. Sassenach  le 29-08-2010 à 17:13:28  (site)

L'acteur est excellent dans le rôle et le film est fascinant ... tout passe par le jeu des acteurs alors il valait mieux choisir un bon acteur Sourire

12. brize  le 29-08-2010 à 19:22:18  (site)

@ Hathaway : J'ai pris mon temps moi aussi !

@ Sassenach : Sur ce coup-là, tout le monde est d'accord : il n'y a pas eu d'erreur de casting !

13. Titine75  le 30-08-2010 à 11:47:20  (site)

J'ai beaucoup d'affection pour le personnage de Truman Capote et "In cold blog" est pour moi un immense chef-d'oeuvre de la littérature américaine. Tout ça pour te dire que j'ai adoré ce film (que j'ai en DVD of course!!!) et la prestation de Hoffman qui est extraordinaire. "In cold blood" a changé la littérature mais aussi la vie de Capote qui n'a jamais pu s'en sortir après. Comme tu vois, je pourrais en parler des heures !!!

14. brize  le 30-08-2010 à 13:26:56  (site)

@ Titine75 : Ah, mais on aurait dû/pu en parler hier Sourire1 !

15. dasola  le 30-08-2010 à 13:51:40  (site)

Bonjour, j'ai vu les deux films. J'ai une petite préférence pour le Scandaleusement célèbre avec Toby Jones (plus proche physiquement, me semble-t-il du vrai Truman Capote) et il y Daniel Craig en brun dans le rôle Perry Smith qui est très bien. Les deux films valent la peine d'être vus. Bonne journée.

16. brize  le 31-08-2010 à 20:29:03  (site)

@ Dasola : "Scandaleusement célèbre" ne figure pas au catalogue de ma médiathèque, donc il va falloir que j'attende une rediffusion. J'avoue que le choix de Daniel Craig m'étonne, tant il diffère physiquement de l'acteur interprétant lui aussi Perry Smith dans "Truman Capote" , mais ce n'est qu'un a priori.

17. harfang  le 03-09-2010 à 08:57:20  (site)

Ce film est vraiment extra en particulier grâce à l'acteur génial qu'est Philip Seymour Hoffman. Il est absolument incroyable.

 
 
 
posté le 25/08/10

Coup de cœur pour le tome 1 de "La Zone", d'Eric STALNER

    Dans une Grande-Bretagne post-apocalyptique où la nature semble avoir repris tous ses droits, un petit village d'Ecosse s’est reconstruit sur les ruines du passé et vit comme avant la révolution industrielle. A l’écart, avec un puma pour seule compagnie, il y a Lawrence. Lawrence et ses étagères bourrées de livres et, surtout, sa connaissance du monde du dehors où il voyagea dix ans plus tôt, un monde contaminé dont les autorités du village, religieuses entre autres, refusent d'entendre parler . D’ailleurs les livres, porteurs de savoir et germes potentiels de perturbations, n’y ont pas plus la cote que Lawrence et c’est tout juste si les habitants savent lire. La jeune Keira, pas davantage que les autres, alors que Lawrence cherche à l’instruire.
   Mais elle et ses deux compagnons, Jared et Thomas, ne cherchent qu’une chose : découvrir ce qui existe au-delà des limites du village, grâce à une carte détenue par Lawrence, dont ils viennent d’apprendre l’existence…


 

   Tout, strictement tout m’a plu dans cette BD ! 
   Le graphisme, bien sûr, qui m’avait attirée vers elle (car je n’ai réalisé qu’ensuite, les références à ses œuvres précédentes ne figurant pas, c’est étonnant, dans cet album, qu’Eric Stalner est le coauteur et dessinateur, entre autres, de la série « La croix de Cazenac »), avec des planches superbes : le dessin, classique, est d’une grande finesse et les couleurs, travaillées, parfaitement adaptées ; la mise en page fait la part belle aux vues d’ensemble (en intérieur, où on a par exemple droit à des bibliothèques comme on les aime et en extérieur, avec un village à l’ancienne, la nature qui a envahi les villes etc.) véritables petits tableaux insérés dans la trame du récit.


    Et l’histoire, dont je craignais, malgré ses prémices prometteuses, qu’elle ne me change guère des nombreux récits post-apocalyptiques que j’ai déjà pu lire. Eh bien si, elle m’a surprise  car je n’avais pas imaginé tout ce qui allait m’être révélé (et dont je me garderai bien de vous parler) dans ce premier tome, au fil de péripéties qui m’ont tenue en haleine jusqu’au bout.


 

   Autour d’un héros un peu mystérieux, auquel on s’intéresse immédiatement, « La Zone » conte une histoire plus originale qu’il n’y paraît, menée tambour battant et servie par un graphisme d’excellente tenue : un album que je suis ravie d’avoir acheté (sur la foi de sa seule bonne mine, après l’avoir feuilleté en librairie) et dont j’attends la suite avec impatience !
(et en allant sur le site officiel de l’auteur, j’apprends que le tome 2 est annoncé pour novembre : super !)

 

« La Zone » - tome 1 : « Sentinelles » - Eric STALNER
éditions Glénat
paru en avril 2010

 


Commentaires

 

1. keisha  le 25-08-2010 à 09:57:51  (site)

Ouch une série dont seul un tome est sorti! je suis convaincue mais j'attendrai qu'il y en ait plus à lire, c'est trop frustrant!

2. Sandrine(SD49)  le 25-08-2010 à 12:16:28  (site)

je note mais je vais attendre pour pouvoir lire plusieurs tomes sans attendre une suite

3. Sassenach  le 25-08-2010 à 13:10:53  (site)

Je vais donc attendre un peu que la suite soit parue mais j'aime bien Stalner. Et est-ce par hasard que tu as mis la planche où on voit cette superbe pièce/bibliothèque ? mdr !

4. Aifelle  le 25-08-2010 à 17:28:10  (site)

Je vais regarder s'il est à la bibliothèque.

5. Hathaway  le 25-08-2010 à 21:14:37  (site)

Le genre de dessins que j'aime! Je la note, je suis à la recherche de BD en ce moment !

6. emmyne  le 25-08-2010 à 21:22:08  (site)

Tes coups de coeur BD sont des valeurs sures pour moi, ne chipotons pas, noté-souligné ( et si après je pleure en attendant la suite, ce sera de ta faute Sourire)

7. fabi (la-ronde-des-post-it)  le 26-08-2010 à 09:12:59  (site)

je note!!

8. Pincureuil  le 26-08-2010 à 10:46:11  (site)

Les dessins me plaisent, mais comme les autres je crains d'être frustrée après la lecture du premier tome !

9. SBM  le 26-08-2010 à 16:06:23  (site)

Ben cé koi tesse ça, je connais pas !? Ça m'a l'air tout à fait recommandable, m'en vais chercher ça...

10. val-m-les-livres  le 26-08-2010 à 17:16:59  (site)

Noté!

11. brize  le 26-08-2010 à 18:21:21  (site)

@ Keisha, SD49, Pincureuil : De mon côté, j’ai l’habitude d’avoir quelques séries que je collectionne et là, ça faisait un moment que je n’en avais pas entamé une nouvelle, donc je suis toute contente !

@ Sassenach : Tu verras, ce n’est pas la seule…

@ Aifelle : De toute façon, comme c’est Stalner, tu peux faire une suggestion d’achat : les bibliothécaires connaissent.

@ Hathaway : Moi aussi, c’est le genre de dessin que j’aime (même si j’arrive à lire d’autres BD qui ne sont pas dans ce style, mais parfois je dois faire un effort pour aller vers elles).

@ Emmyne : J’assume Rire !

@ SBM : J’espère qu’elle te plaira à toi aussi !

@ Val-m-les-livres, Fabi : Sourire1

12. A_girl_from_earth  le 30-08-2010 à 23:52:55  (site)

On dirait que tu es tombée sur une perle. Le graphisme est plaisant en effet. Je note mais je vais attendre un peu pour au moins pouvoir lire 2 tomes à la suite, sinon c'est rageant d'attendre les parutions!

13. chiffonnette  le 01-09-2010 à 19:45:18  (site)

Noté, renoté et surnoté, c'est le genre de BD que j'adore!

14. Bibliomanu  le 02-09-2010 à 23:04:06  (site)

Je ne sais plus où donner de la tête et je ne te dis pas merci ;O)

15. brize  le 03-09-2010 à 20:57:18  (site)

@ a girl from earth : Une “perle” au moins pour moi, car elle correspond pile à mes goûts ! Et c’est vrai que c’est bien agréable de lire une série quand elle est complète !

@ Chiffonnette : Moi aussi !

@ BiblioMan(u) : Rire

 
 
 
posté le 24/08/10

Pique-nique de la Blogoboule : le retour !

 

     La fin des vacances signifie aussi le retour du Pique-nique de la Blogoboule, organisé dimanche 29 août et pour la quatrième année consécutive, dans un parc parisien,

par Caro[line] !

 

     Pour ma part, ce sera la troisième fois que j'y participerai et je me réjouis d'avance de retrouver des blogueurs (bon, il y a surtout des blogueuses !) que je connais et d'en rencontrer d'autres « en vrai » : plus qu'à souhaiter que, cette fois encore, le beau temps soit de la partie.

.

     Tous les renseignements relatifs à cette manifestation hautement recommandable  ici !

 


Commentaires

 

1. Pickwick  le 24-08-2010 à 10:01:32  (site)

Mes billets de train en poche, j'arrive ! Longtemps que je ne suis pas montée à Paris en plus !

2. la-ronde-des-post-it (lasardine)  le 24-08-2010 à 10:04:53  (site)

amusez vous bien!!

3. Stephie  le 24-08-2010 à 10:08:50  (site)

J'ai hâte de te revoir !!!

4. Aifelle  le 24-08-2010 à 13:02:20  (site)

J'espère que le ciel sera avec vous et que tu nous feras un petit compte-rendu.

5. Hathaway  le 24-08-2010 à 13:16:40  (site)

J'ai hâte de voir vos comptes rendus à toutes ! Belle journée !

6. keisha  le 24-08-2010 à 16:00:56  (site)

Ne possédant pas le don d'ubiquité, je n'y serai pas.. Je vais rater l'occasion de voir des blogueuses que j'ai déjà ratées pour books...
Amusez vous bien!
(d'un autre côté, dans les 5 heures de trajet en tout pour y aller, ça fait beaucoup...)

7. Caro[line]  le 24-08-2010 à 17:00:24  (site)

A dimanche, Brize !!

8. Acr0  le 24-08-2010 à 19:35:04  (site)

Je ne pourrai point venir mais en tout cas, je vous souhaite tout plein de bon temps Sourire

9. brize  le 24-08-2010 à 20:21:38  (site)

@ Pickwick : Tu fais partie des nouvelles rencontres que je me réjouis de faire Sourire1 !

@ La Sardine : Pas de problème, c’est prévu Fou !

@ Stéphie : Moi aussi Sourire!

@ Aifelle et Hathaway : Je n’avais pas, les années précédentes, fait de compte-rendu, mais je ne manquerai pas de vous signaler celui de Caro[line] dans mon blog-it.

@ Keisha : Oui, ça fait vraiment loin pour toi ! En tout cas, j’avais eu le plaisir de faire ta connaissance à cette occasion l’année dernière, c’est déjà ça de pris !

@ Caro[line] : Et d’ici là, on va prier le dieu Météo (s’il existe !) !

@ Acr0: Dommage… et merci !

10. val-m-les-livres  le 24-08-2010 à 21:57:40  (site)

Je ne connaissais pas ce pique-nique. Dommage car il est un peu tard pour que je m'organise mais ça doit être très sympa.

11. brize  le 25-08-2010 à 21:17:54  (site)

@ Val-m-les-livres : Ben oui, c'est dommage !

12. liliba  le 02-09-2010 à 16:13:38  (site)

Ah grrr, c'est à chaque fois le we où je récupère mes enfants de leurs camps scouts... j'ai bien pensé à vous !

 
 
 
posté le 21/08/10

"Anna Karénine", Tolstoï

    Chez les Oblonski, ce matin-là, rien ne va plus. Darie Alexandrovna vient de découvrir que son époux, le prince Stépane Arcandievitch, la trompe avec l’ancienne institutrice française de leur cinq enfants et elle envisage de le quitter. Stépane Arcandievitch, lui, ne sait quelle attitude adopter pour éviter d’envenimer la situation. Arrivé à son bureau, il a l’heureuse surprise de voir surgir son ami Lévine. Celui-ci a quitté ses terres pour Moscou, dans l’intention de demander enfin en mariage la belle-sœur de Stépane, la jeune Kitty, dont il est secrètement amoureux. Mais il ne tarde pas à se rendre compte que Kitty n’est pas insensible au charme du beau comte Vronski, qu’elle côtoie régulièrement.
   Vronski, de son côté, croise inopinément le chemin de la belle Anna Karénine, la sœur de Stépane Arcandievitch, qui vient rejoindre son mari à Moscou : la rencontre ne laisse aucun des deux indifférent…

   « 
Anna Karénine » m’a d’emblée séduite par son entrée directe dans le vif du sujet (on débarque littéralement chez les Oblonski) et sa manière d’aborder de front les personnages : justesse des notations, finesse de l’analyse des caractères, avec un auteur tout en empathie, donnent une impression de vraisemblance, le sentiment de pénétrer dans l’intimité des situations et des gens. Par moments, l’auteur se permet d’aller encore plus loin, en indiquant ce que tel ou tel protagoniste aurait voulu dire… pour finalement exprimer autre chose, des mots qui ne sont pas fidèles au fond de sa pensée : et j’ai trouvé que c’était infiniment réaliste, ces propos qui nous échappent, non conformes à ceux que nous avions formulés intérieurement et toutes ces incompréhensions qui peuvent résulter de telles difficultés ou erreurs de communication.
   A cette remarquable peinture psychologique, insérée dans une trame romanesque à souhait qui explique l’engouement que ce roman ne manqua pas de susciter, « 
Anna Karénine » allie une peinture sociologique dont je ne doute pas qu’elle ait passionné les lecteurs contemporains, puisque les questions socio-politiques évoquées étaient d’actualité. Pour ma part, autant j’ai été sensible à tout ce qui concernait les relations de l’aristocratie avec le peuple (à cet égard, les états d’âme de Lévine, reflets de ceux de Tolstoï, sont passionnants), autant d’autres sujets abordés me sont totalement passés au-dessus, soit parce qu’ils ne m’intéressaient pas, soit parce que je ne faisais pas l’effort de les comprendre. Mais ces passages sont, somme toute, assez peu nombreux et n’entravent guère le cours principal du roman. Et ils sont, largement, contrebalancés par les descriptions des lieux où l’action se déroule, de la campagne russe souvent, à mon sens jamais trop longues et toujours particulièrement évocatrices.
   J’ai lu la première moitié de ce long roman avec enthousiasme, savourant une œuvre qui me rappelait certaines peintures du 19
ème siècle dont le classicisme n’a d’égal que la beauté, liée à l’harmonie de la composition et des couleurs. Au passage j’ai remarqué, parfois, que le cours des choses s’infléchissait subitement de manière radicale (je pense à la fin de certaines des parties du roman), sans que l’auteur s’appesantisse dessus alors qu’il nous avait comblé de détails sur la situation antérieure : le procédé m’a surprise mais il s’avère finalement assez efficace car dynamique.


   Arrivée à mi-parcours, mon engouement a manifesté un léger fléchissement... mais grâce à l'envoi simultané d'un SOS à la blogosphère   qui a suscité de très sympathiques encouragements  (relayés par une période de
canicule pluies estivales propice à la lecture), je me suis replongée illico et avec intérêt dans le roman, fermement résolue à ne pas le lâcher avant la fin.


   Bilan fort positif (malgré un épilogue, heureusement rapide, dont le caractère métaphysico-spirituel m'a lassée, même si je sais qu’il reflète bien les préoccupations de Tolstoï), puisque j’ai découvert une œuvre majeure de la littérature, ainsi que je m’étais promis de le faire et un auteur dont le talent n’est pas à démontrer, comme j’ai pu le constater. J’en garderai le souvenir de personnages étudiés avec un soin tel que je l’ai rarement observé dans mes lectures : aucun ne peut nous être vraiment antipathique, tant il nous est permis de les approcher de près avec leurs forces et leurs doutes (ceux de Lévine, par moments, m'ont beaucoup touchée), voire leurs failles et tant Tolstoï fait preuve d'humanité dans leur traitement. Des images fortes de séquences marquantes (la course de chevaux, une agonie et une naissance, entre autres…) me resteront en mémoire et le sentiment de m’être, à plusieurs reprises, promenée dans la campagne russe, pour mon plus grand bonheur.

« Anna Karénine », Tolstoï
éditions Folio classique (858 p pour le roman proprement dit)

 

Les avis de Bladelor et Keisha (qui ont achevé de me décider à lire ce roman).

 


Commentaires

 

1. Sandrine(SD49)  le 21-08-2010 à 21:43:06  (site)

Ravie que nos encouragements aient été efficaces smiley_id172957 j'essaierai de faire aussi bien que toi .... un jour smiley_id118699

2. bladelor  le 21-08-2010 à 22:55:04  (site)

Ah, je suis ravie ! ;-)

3. Petite Fleur  le 21-08-2010 à 23:57:10  (site)

Bravo !!!! Je l'ai récupéré sur mon livre électronique, mais je pense que je commencerai par "Guerre et Paix", à choisir... Tu n'as plus qu'à le lire aussi pour me dire si j'ai raison :-)

4. Cécile Lecture Emoi  le 22-08-2010 à 02:04:53  (site)

Il est dans ma PAL, mais il m'impressionne, et j'avoue craindre de ne pas être à la hauteur ... En tous les cas : Bravo ;-)

5. Aifelle  le 22-08-2010 à 07:12:35  (site)

Enfin ! le voilà ce billet tant attendu, victoire, tu as triomphé, tu peux dire que tu as lu un incontournable de la littérature mondiale .. (tu as fini par avoir le soleil en Normandie !).

6. keisha  le 22-08-2010 à 07:38:34

Yes! (ou plutôt Da!)
Tu as aussi remarqué les "accélarations" du récit, des pages pour une scène, puis hop, le temps passe, moi aussi j'aime bien. Les paysages russes aussi (quel talent ce Tolstoi pour intéresser à ce genre de scènes!)
Quand tu auras repris ton souffle, tu prendras bien un petit Guerre et paix, non? ^_^

7. manu--  le 22-08-2010 à 07:42:21  (site)

Génial ! Tu es non seulement arrivée au bout mais en plus tu as aimé ! Ca m'encourage à laisser ce roman sur ma LAL.

8. mango  le 22-08-2010 à 09:10:05  (site)

Tu as terminé: bravo! J' apprécie aussi chez Tolstoï cette plongée rapide dans l'histoire et cette impression de vraisemblance si utile pour bien suivre les nombreux personnages! L'été aura donc été propice à la lecture de ce chef d'œuvre:

9. Mélopée  le 22-08-2010 à 12:17:13  (site)

Oula la je veux bien te croire qu'il t'en aura fallu des encouragements pour persévérer sur du Tolstoï. Quelle fierté ce doit être d'en être venue à bout ! Sourire

10. kathel  le 22-08-2010 à 13:15:01  (site)

Bravo ! Tu as aimé cet incontournable et tu donnes envie de le lire ou de le relire : mission accomplie ! Tu vas pouvoir te pencher sur du plus facile, mais que tu vas peut-être trouver trop fade.

11. Restling  le 22-08-2010 à 13:39:32  (site)

Et bien voilà, avec tant d'encouragements, c'était sur que tu allais y arriver ! :-)
Et maintenant, tu me donnes envie de m'y atteler à mon tour, en plus, il est dans ma PAL donc il faut juste que je me ménage un peu de temps.
C'est drôle ce que tu dis sur l'épilogue, celui de Guerre & Paix m'a lassée aussi.

12. hathaway  le 22-08-2010 à 14:24:25  (site)

C'est bien que tu aies pu reprendre ta lecture et surtout la terminer! Et en plus, ça t'a plu ! Il faut moi aussi que je lise ce livre dont on dit tant de bien !

13. Tulisquoi  le 22-08-2010 à 15:59:39  (site)

Bravo d'avoir été jusqu'au bout ! Finalement ça valait la peine de lancer ce SOS Sourire

14. George  le 22-08-2010 à 17:22:23  (site)

Donc tu es parvenue au bout de cette lecture... d'abord bravo, ensuite ton billet, effectivement, me donne envie de m'y mettre à mon tour !!!! smiley_id147765smiley_id147765smiley_id147765smiley_id147765smiley_id147765

15. val-m-les-livres  le 23-08-2010 à 16:23:54  (site)

Ah bravo! Ca valait la peine!

16. brize  le 24-08-2010 à 09:32:56  (site)

@ SD 49 : Et je suis certaine que tu liras ce roman sans problème !

@ Bladelor : Je me suis rendu compte que je n’avais pas mis de commentaire après la lecture de ton billet : comme quoi, même quand on ne dit rien, l’idée fait son chemin !

@ Petite Fleur : J’ai apercu pas plus tard qu’hier “Guerre et paix” en librairie : plus du double d’”Anna Karénine”! Euh… sans moi (d’autant plus que j’avais déjà essayé quand j’étais jeune) !

@ Cécile : Ce n’est pas une lecture difficile, mais il faut être un peu endurant… et accepter quelques longueurs (mais là, chacun ne le ressentira pas de la même manière : tout ce qui était en campagne me charmait).

@ Aifelle : Oui, je suis très contente d’avoir lu un chef d’œuvre de la littérature, c’est-à-dire une œuvre qui dure et il n’y en a pas tant !

@ Keisha : Je crois bien que ce que j’ai préféré ce sont les scènes dans la nature alors que cela aurait pu être ennuyeux !
Et pour « Guerre et paix », voir ma réponse à Petite Fleur !

@ Manu : Oui, sans conteste, il faut le laisser sur ta LAL.

@ Mango : Farpaitement !

@ Mélopée : Mais, tu sais, ce n’est rien quand on regarde « Guerre et paix » : c’est deux fois plus gros qu’ »Anna Karénine », alors je tire mon chapeau à celles qui sont en train de le lire !

@ Kathel : Bingo ! J’ai poursuivi avec un roman de Martin Suter, que j’avais déjà entamé avant, mais là je peine à trouver de quoi retenir mon attention…

@ Restling : Après „Guerre et paix“, „Anna Karénine“ te paraîtra très facile (rapide) à lire.

@ Hathaway : Oui, c’est une lecture qui vaut le coup.

@ Tulisquoi : Rien de tel que de chouettes encouragements de lecteurs avisés pour se remotiver !

@ George : Je suis certaine qu’il te plairait !

@ Val-m-les-livres : Oui, un roman incontournable et dont je garderai, je pense, un souvenir fort.

17. Pickwick  le 24-08-2010 à 09:59:46  (site)

Lu il y a un bout, lorsque j'étais dans ma période russe... mais je dois bien reconnaitre ne pas en avoir gardé un souvenir impérissable 10 ans après, même de la tragédie finale... vraiment dommage pour moi !

18. kp78  le 24-08-2010 à 12:02:34

Bravo, voilà qui est fait et en plus cela donne envie ! Pour changer un peu d'univers, je pense que cela fait du bien de se forcer un peu sinon on lit toujours la même chose ! Pour ma part, en challenge personnel je devais lire "l'idiot" de Dostoïevski et ce n'est pas fait.. Honte à moi mais je ne désepère pas de m'y mettre un jours...

19. dasola  le 24-08-2010 à 12:31:35  (site)

Bonjour Brize, bravo pour être arriver à lire ce gros pavé. Personnellement, je ne m'y risque pas. En revanche, je me distrait bien avec "Quelle époque" d'Anthony Trollope qui vient d'être publié pour la 1ère fois en français: 800 page!!! qui se lisent bien. J'en suis à la page 360. Bonne journée.

20. brize  le 24-08-2010 à 20:29:45  (site)

@ Pickwick : Je ne sais pas si c’est dommage : ce n’est pas parce qu’un roman est reconnu comme un chef d’oeuvre qu’on y est forcément réceptif (et, tu sais, ce n’est finalement pas ce qui est considéré comme le plus marquant dans ce roman qui me restera, je pense… mais on pourra en reparler de vive voix dimanche !).

@ KP78 : Oui, je suis certaine que tu le liras !
(et, au fait, du coup je n’ai pas lu « La Religion »… car j’ai fait un choix entre ces deux pavés).

@ Dasola : Ah, mais Trollope est un classique, aussi ! Et j’avoue n’avoir jamais rien lu de lui. En tout cas, voilà encore un bon pavé !

21. Sassenach  le 25-08-2010 à 13:08:56  (site)

Je n'ai pas eu l'occasion de t'encourager mais je viens là te féliciter pour avoir lu ce pavé Sourire De mon côté, je n'ai pas encore sauté le pas avec les classiques russes ... ils me font encore trop peur Clin doeil

22. MamzelleMelo  le 26-08-2010 à 09:45:52  (site)

Faut que je le lise, faut que je le lise !

23. zarline  le 26-08-2010 à 12:14:03  (site)

Je sue sur Guerre et Paix depuis plusieurs mois. Je bloque à chaque fois sur les scènes de bataille décrites avec autant de détails que les personnages et ça me parait très très long. Je pense cependant tenter Anna Karénine dans quelques années. Il m'a l'air quand même plus "accessible" que Guerre et Paix.

24. brize  le 26-08-2010 à 18:13:38  (site)

@ Sassenach : Celui-ci, je suis certaine que tu en viendrais facilement à bout car ce n’est pas aride mais, au contraire, très romanesque (et tu peux toujours sauter les passages qui ralentissent éventuellement ta lecture).

@ Mamzelle Melo : Tu peux le faire !

@ Zarline : Je suis convaincue que „Anna Karénine“ est BEAUCOUP plus accessible ! D’ailleurs, je n’ai pas du tout l’intention de me lancer un jour dans la lecture de « Guerre et paix » : trop lourd pour moi !

25. A_girl_from_earth  le 30-08-2010 à 23:50:06  (site)

Mon commentaire à venir prochainement dès que j'ai un moment. Finalement tu l'auras fini avant moi.Clin doeil

26. Titine75  le 07-09-2010 à 16:42:25  (site)

"une œuvre qui me rappelait certaines peintures du 19ème siècle dont le classicisme n’a d’égal que la beauté, liée à l’harmonie de la composition et des couleurs" J'adore ta phrase, c'est exactement ça !! j'ai adoré "Anna Karénine", un grand et beau souvenir de lecture.

27. brize  le 07-09-2010 à 18:54:41  (site)

@ a girl from earth : Je guette !

@ Titine 75 : Je suis bien contente que tu aies repéré cette phrase : elle est importante pour moi, dans la mesure où elle rend parfaitement compte de ce que j’ai ressenti, dont je constate avec plaisir que nous le partageons.

28. Karine:)  le 19-09-2010 à 03:35:47  (site)

Un très bon souvenir de lecture qu'Anna Karenine. J'ai lu Guerre et Paix il y a peu et j'ai maintenant le goût de m'y replonger! Dans Anna, I mean!

 
 
 
posté le 14/08/10

"Harold", Louis-Stéphane ULYSSE

   États-Unis, début des années 60.

  Chase Lindsey, éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau dont le nom, Harold, est inscrit sur une bague rivée à l’une de ses pattes. Il est frappé par sa surprenante intelligence mais aussi par son caractère farouche, voire agressif. Peu de temps après, il est contacté par Ray Berwick, dresseur à Hollywood, auquel il va prêter main forte sur le tournage des « Oiseaux » d’Hitchcock.

  Sur place, Chase est fasciné par la nouvelle actrice fétiche du réalisateur, Tippi Hedren. Mais il n’est pas le seul à l’être : Harold aussi tombe sous son charme et, dès lors, manifeste vis-à-vis de la jeune femme un inquiétant comportement protecteur.

  Chase fait aussi la connaissance d’Eva Beaumont, la doublure lumière de Tippi, moins séduisante que l’actrice mais dont il devient proche.

  Autour d’eux gravite tout le petit monde d’Hollywood, dont un certain nombre d’individus plus ou moins recommandables, que Berwick et Chase finissent par côtoyer…

 

 

   « Harold » est un roman d’atmosphère, un roman qui, insensiblement, devient de plus en plus tendu et noir, à l'image du corbeau dont il porte le nom, ombre menaçante planant sur tout le récit.

   Au fil de chapitre courts, ramassés sur eux-mêmes, Louis-Stéphane Ulysse campe avec efficacité des personnages réels ou imaginaires : ils se côtoient en étant aussi crédibles les uns que les autres, de même que les trucages sur une pellicule ne se laissent pas deviner car tout paraît vrai (je pense aux trucages présents dans « Les oiseaux », d’Hitchcock, tels qu’ils sont évoqués dans le roman : j’avais revu le film il y a peu et je m’y étais laissée totalement prendre).

   Le début du roman, après les pages présentant l’histoire antérieure de Harold et distillant déjà une certaine inquiétude, se situe dans un cadre naturel avec la ferme où Chase élève ses oiseaux, puis le tournage des extérieurs des « Oiseaux », à Bodega Bay. Mais progressivement l’environnement urbain s’impose et c’est Hollywood qui se retrouve sur le devant de la scène, avec ses mœurs gangrénées par la mafia qui semblent réussir à contaminer certains des protagonistes. L’auteur intègre habilement les incidents (réels) du tournage des « Oiseaux » et les relations (là aussi avérées, au moins pour l’essentiel) du réalisateur avec l’actrice Tippi Hedren, soit des éléments présentant un intérêt documentaire pour tout cinéphile amateur, à une trame romanesque relevant, elle, de son imagination, mais qui s’y adapte parfaitement, comme si elle se contentait de les prolonger.

   Au fur et à mesure, le thème principal, par cercles concentriques, s’élargit à des domaines adjacents (la mafia et le cinéma, avec l’émergence de la pornographie et de la violence ; le poids des événements socio-politiques du moment) par le biais d’incidents annexes représentant autant de micro-récits (ce qui pourra gêner certains lecteurs, car le nombre des intervenants, parfois éphémères, s’en trouve augmenté d’autant) : ils l’inscrivent dans un contexte historique marqué et cet environnement va lui aussi, en retour, interférer dramatiquement dans l’histoire racontée. L’écriture, au plus près des instants vécus, colle aux êtres et aux situations, elle est précise et dense, à la fois retenue et percutante, c’est elle aussi qui donne sa couleur au récit et elle m’a plu immédiatement.

 

   « Harold », roman pas ordinaire, m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas et que je ne risque pas d’oublier : servi par une plume d’une qualité indéniable, il illustre à sa manière, troublante, une certaine période des Etats-Unis, où le glamour hollywoodien n’était qu’un trompe l’œil.

 

« Harold », Louis-Stéphane ULYSSE

Editions Le Serpent à plumes (341 p)

Livre reçu dans le cadre d’un partenariat de BoB avec les éditions Le Serpent à plumes.

A paraître le 26 août 2010

 


Commentaires

 

1. clara brest  le 14-08-2010 à 21:06:19  (site)

Voilà un livre qui semble vraiment intéressant !

2. SBM  le 14-08-2010 à 21:08:38  (site)

A chaque fois que je croise un roman sur Hollywood, je pense à "La conspiration des ténèbres" de Theodore Roszak, un chef d'œuvre absolu sur lequel je fais une fixette. L'as-tu lu ?

3. kathel  le 14-08-2010 à 21:44:53  (site)

Rien que la couverture me l'avait déjà fait remarquer... si en plus le roman tient la route, il me faut le noter !

4. keisha  le 15-08-2010 à 07:45:01  (site)

j'hésitais à le lire, celui là... En fait je n'ai jamais vu ce film d'Hitchcock, trop la trouille... Mais tu vas presque me convaincre...
Bonnes vacances!

5. manu--  le 15-08-2010 à 08:35:36  (site)

Je suis tentée mais j'ai peur que tous les récits connexes me perdent un peu d'autant plus que je ne suis pas cinéphile.

6. bene  le 15-08-2010 à 12:41:37  (site)

Je suis d'accord avec toi! mon article ne saurait tarder!

7. 3meraude  le 18-08-2010 à 22:49:49

Il me semble en avoir déjà parlé avec toi (probablement sur mon blog!) mais si j'ai trouvé le tout très sympathique, un peu angoissant, j'ai vraiment trouvé que la fin partait en queue de poisson...
mais bon, ça reste un bouquin sympa !
J'ai eu l'autre livre de serpent à plumes, sur Andy Warhol mais je ne me suis pas encore penchée dessus...
en tout cas,bravo à leur graphiste pour les couvertures !! :-)

8. brize  le 21-08-2010 à 20:24:14  (site)

@ Clara Brest : Il l’est sans conteste !

@ SBM : Un pavé (il me semble) que je n’ai pas lu, mais dont j’ai entendu parler (entre autres chez toi, je pense).

@ Kathel : Original, il ne plaira pas à tout le monde mais il tient la route.

@ Keisha : Tu peux voir le film d’Hitchcock sans problème (c’est une trouillarde qui te le dit) ! Et laisse-toi convaincre de lire « Harold » : je serais curieuse d’avoir ton avis.

@ Manu : Les nombreux fils qui se rattachent au fil principal peuvent gêner-déconcerter (ça dépendra du lecteur), mais le fait de ne pas être cinéphile n’est pas, à mon avis, un obstacle.

@ Bené : Affaire à suivre, donc : j’attends ton billet !

@ Emeraude : Oui, j’avais mis un commentaire sur ton blog. Et je persiste : pour moi, la fin ne part pas en queue de poisson, parce que cela voudrait dire qu’il n’y a pas de fin en bonne et due forme or il y en a une et avec un épilogue à la suite, pour couronner le tout.
Et, comme toi, j’aime beaucoup la couverture (pas encore vu celle de l’autre roman que tu évoques) !

9. Sassenach  le 25-08-2010 à 13:07:17  (site)

Tu parles d'Hollywood ... vlan, ça y est, tu m'as convaincue !!! Que je suis faible, moi !!!! mdr Clin doeil

10. brize  le 26-08-2010 à 18:14:31  (site)

@ Sassenach : Faible peut-être... mais moi je suis contente de t'avoir convaincue !

 
 
 
 

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