De Simone Veil, je ne savais pas grand-chose, excepté que c’est grâce à elle qu’avait été votée la loi pour l’avortement, qu’elle avait œuvré à la construction européenne et aussi qu’elle avait été, plus jeune, déportée.
C’était assez pour que j’éprouve de l’admiration pour cette femme.
Et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité mieux la connaître en lisant son autobiographie.
En la découvrant, c’est tout un pan de notre histoire que nous revisitons, parce que Simone Veil se situe au cœur de cette histoire.
Certes, les jeunes années passées à Nice sont évoquées comme un souvenir personnel et la figure maternelle y tient une place majeure mais, d’une manière générale, cette autobiographie m’a frappée par son aspect distancié.
Simone Veil se raconte, mais avec une extrême pudeur, même dans ces moments infiniment douloureux de la déportation (et dans ces réactions hostiles et antisémites qu’elle a encore connues à son retour et qui m’ont profondément choquée).
J’apprécie cette attitude et cet effacement de la vie privée derrière la vie publique. Mais je dois aussi reconnaître que, si cela permet au livre de couvrir en seulement 398 pages 80 années de vie, j’ai pour ma part regretté de ne pas avoir un aperçu plus intime de l’auteur. Qu’elle ait en effet décidé, dans les années 50, de travailler alors qu’elle avait trois enfants et que son mari n’y était guère favorable, me semble exceptionnel. Et j’aurais été curieuse de connaître, dans le détail, sa vie de mère et d’épouse lorsqu’elle rentrait chez elle, parce que je pense que ses difficultés devaient être très modernes.
Simone Veil livre sa vie mais, globalement, elle ne se livre guère.
Pour le reste, l’éclairage qu’elle donne sur tous les événements politiques (au sens large) auxquels elle a participé est intéressant. Pas de langue de bois et, si elle n’hésite pas à remercier ou approuver au passage un tel ou une telle, elle ne se gêne pas non plus pour stigmatiser le comportement des uns ou des autres, fussent-ils ou non célèbres, voire figures historiques : son franc parler est remarquable.
A lire, quelles que soient vos opinions politiques, pour revivre quelques pages marquantes de notre histoire et surtout rencontrer une femme de talent et de grande humanité, qui a toujours eu la volonté d’avancer en donnant un sens à sa vie.
A noter, en annexes, les principaux discours prononcés par Simone Veil. Parmi eux celui, historique, concernant le projet de loi sur l’avortement et un très beau discours en hommage aux Justes de France (18 janvier 2007), dont voici un extrait :
« Certains Français se plaisent à flétrir le passé de notre pays. Je n’ai jamais été de ceux-là. J’ai toujours dit, et je le répète ce soir solennellement, qu’il y a eu la France de Vichy, responsable de la déportation de soixante-seize mille Juifs, dont onze mille enfants, mais qu’il y a eu aussi tous les hommes, toutes les femmes, grâce auxquels les trois quarts des Juifs de notre pays ont échappé à la traque. […] Dans aucun pays occupé par les nazis, à l’exception du Danemark, il n’y a eu un élan de solidarité comparable à ce qui s’est passé chez nous. »
Dernier extrait, d’un discours prononcé à l’ONU en janvier 2007 aussi, à la mémoire des victimes de l’Holocauste :
« La Shoah ne se résume pas à Auschwitz : elle a couvert de sang tout le continent européen. Processus de déshumanisation mené à son terme, elle inspire une réflexion inépuisable sur la conscience et la dignité des hommes, car le pire est toujours possible. Alors que nous avions fait le vœu, si souvent exprimé, du « plus jamais ça », nos mises en garde sont restées vaines. Après les massacres du Cambodge, c’est l’Afrique qui, depuis plus de dix ans, paie le plus lourd tribut à la folie génocidaire. Après le Rwanda, nous voyons, au Darfour, semer la mort et la désolation. C’est un bilan tragique : deux cent mille morts et deux millions de réfugiés chassés de chez eux. Nous le savons. Mais comment intervenir ? Comment mettre fin à cette barbarie ? »
« Une vie », Simone VEIL
Editions Stock
Une mère trop absorbée par son travail. Sa fille de 15 ans.
Qui n’arrêtent pas de se croiser.
Alors, il y a les post it sur la porte du réfrigérateur (cf le titre anglais, bien plus explicite : « Life on the refrigerator door »), petits messages pour demander à l’une de faire quelques courses, rappeler à l’autre l’argent de poche oublié, signaler une absence ou un retard et même se fixer un rendez-vous…
Dans ce train-train quotidien, le cancer fait sa sinistre apparition, tout d’abord sous la forme d’une tumeur au sein repérée chez la mère.
On lit les post it. On lit entre les post it, grâce aux allusions concernant les faits qui se sont déroulés dans l’entre deux.
On note les ellipses, les silences qui en disent long.
Entre la vie qui continue, avec l’autorité parentale à exercer contre vents et marées et le combat à mener, solitaire au début, contre la maladie, la mère doit jongler.
Inquiétudes réciproques (chacune reprochant à l’autre de dissimuler : ce Michael avec lequel Claire semble sortir, cette maladie de plus en plus envahissante), maladresses et même disputes parfois, puis retrouvailles, autant de jalons sur un chemin qui oblige à mûrir.
Avec réalisme et pudeur, ce roman très court (une page par post it, même s’il est tout petit !) dresse une esquisse rapide mais qui fait mouche du lien mère-fille.
Malgré le poids de la maladie, qui se fait de plus en plus lourd, il ne verse jamais dans le pathos. Ce qui n’empêche pas l’émotion d’être présente et, surtout, l’amour.
Un livre vif et sensible, qui m’a touchée au cœur.
Les avis de Ayu, Lily, Gawou, Cathulu, Clarabel, Liliba, Rennette ...
« Ne t’inquiète pas pour moi », Alice KUIPERS
Editions Albin Michel (jeunesse ou non : le roman existe sous ces deux formes)
1. Karine (mon coin lecture) le 05-09-2008 à 00:05:32 (site)
Il me tente depuis un moment, celui-là... peut-être volera-t-il vers mon panier lors de ma prochaine visite en librairie anglo!!!
2. maijo le 05-09-2008 à 08:53:05 (site)
Je l'ai également lu cet été et j'ai ressenti la même chose: beaucoup d'émotion à travers ces petits bouts de papier dans le frigo.
4. Alwenn le 05-09-2008 à 18:56:30 (site)
Je l'ai lu aussi il y a peu de temps, et il m'a également bouleversée. C'est tendre et émouvant, et tout en pudeur. J'ai beaucoup pleuré mais c'est en même temps plein d'espoir ! Un beau livre, vraiment.
5. Leiloona le 05-09-2008 à 20:16:04 (site)
Je l'ai lu il y a quelques mois. Ce petit livre est très bien écrit. Émouvant sans tomber non plus dans le pathos. A découvrir, oui.
édité le 05-09-2008 à 20:16:16
6. SD49 le 05-09-2008 à 20:52:30
alors là je suis vraiment obligée de le rajouter dans ma LAL deja bien remplie !!!!! mais j'aime ça
7. sybilline le 10-09-2008 à 12:31:58 (site)
Brize, tu devrais cesser de me donner de telles envies de lecture! Mon portefeuille ne suit pas et mes PAL s'effondrent!
8. brize le 13-09-2008 à 19:41:51 (site)
@ Karine et Sybilline : Désolée de provoquer ainsi de nouvelles dépenses
!
@ TOUTES : Ce petit livre a l'air de faire l'unanimité !
10. brize le 18-09-2008 à 13:26:45 (site)
Oui, Solen, ce petit livre est tout à fait digne d'intérêt
!
11. litteraturepassion le 25-09-2008 à 21:23:14
Je suis contente de ne pas être la seule à avoir apprécié ce roman. Merci de ton passage sur mon blog
Des situations originales, un style alerte, un zeste d'humour et beaucoup de sensibilité : j’ai, dans un premier temps, totalement accroché à ce recueil de nouvelles !
La première d’entre elles, « Incubateurs », met en scène une petite fille prématurée dans un service hospitalier spécialisé.
« Pour la mère, le bébé aux yeux bleu-noir est un extraterrestre posé en catastrophe sur sa planète. Séquestrée et gardée en vie par des G-Men chargés d’évaluer la menace que représente ce petit visiteur. »
Sa mère, c’est An, confrontée à cette situation si difficile. L’auteur revient sur ses rapports avec les garçons (« A l’époque de ses vingt ans, elle avait commis la folie d’emménager dans le loft de son petit ami. Devant sa bonne humeur de chiot, elle avait eu envie de le conduire à la campagne et de l’y abandonner. »), pourquoi elle a voulu un enfant, comment elle a choisi le père. Beaucoup de dialogues, des éclats de vie, éclats de vérités (aimer, mais aimer comment et à quel point ?). Je suis entrée sans difficulté dans cette nouvelle et je me suis intéressée immédiatement à An, brièvement, certes mais suffisamment pour que son passage laisse une trace.Une nouvelle forte et touchante.
Dans la deuxième nouvelle « Protéine vert fluo », c’est Max, un garçon âgé de 17 ans, qui raconte :
« Dans l’appartement, il y a un couloir super long qui ressemble à un bowling en bois blond. Autre détail génial : la fenêtre de ma salle de bains privée est équipée d’un vitrail qui transforme le simple acte de pisser en expérience religieuse. »
Un père mort, dont les cendres sont stockées dans une boule de curling. Une mère ancienne alcoolique qui a tendance à collectionner les petits amis. Et l’ami de Max, Roubi-Dou, fasciné par l’expérience d’un savant qui a isolé la protéine vert fluo des méduses et l’a intégrée dans le zygote d’un cochon d’Inde pour qu’il luise dans le noir.
Max s’interroge sur lui-même…
Rien d’appuyé. Un questionnement sur ce qui nous est étranger, nous paraît monstrueux sans l’être forcément, une interrogation sur le regard.
J’ai aimé cette nouvelle.
Troisième nouvelle : « Les bénins bénis ».
John a subi l’ablation d’une tumeur bénigne et décide de créer un groupe de « soutien aux victimes de tumeurs bénignes », les Bénins Bénis. Il s’aperçoit que les gens qui se manifestent ont un point commun avec lui …
La nouvelle est rondement menée et se laisse lire avec plaisir car elle est plutôt amusante.
C’est ensuite que ça s’est dégradé.
«Big bang »: Une petite fille de 8 ans est atteinte du syndrome de Fred Hoyle et vieillit d’un mois tous les jours …
Changement stylistique, avec un « tu » de narration personnelle et des phrases qui s’enchaînent sans espace.
Mais ça ne m’a pas gênée. Ce qui m’a gênée, c’est que cette histoire ne m’a pas touchée. Je l’ai parcourue comme un fait divers, c’est tout, sans plus.
Idem pour les suivantes : je les ai lues, mais leurs thèmes ne m’ont pas accrochée, ni leur traitement, si bien qu’elles n’ont trouvé aucun écho en moi : le charme initial n’opérait plus, autant dire qu’à chaque fois j’étais déçue… mais j’espérais encore de la suivante.
Malheureusement, la palme est revenue à la dernière, « Extrémités », une histoire de gants qui parlent, de pied (qui parle aussi) qui a atterri dans un jardin etc. , à mon avis du grand n’importe quoi : rien ne sert de vouloir faire original à tout prix, si ce n’est pas, au moins, amusant et pour ce qui me concerne cette dernière histoire ne m’a même pas amusée.
Conclusion : des nouvelles enlevées, qui ont le mérite de l’originalité et vous « parleront » ou pas. En ce qui me concerne, je n’ai été réceptive qu’à trois d’entre elles (sur huit) : mais après tout, ce n’est déjà pas si mal, non ?!
Pour compléter l'aperçu que j'en ai donné, les avis d’Antigone et Lily, qui ont aimé ce recueil.
Merci à « Books and the city », qui m’a permis de gagner ce livre (grâce à la valeureuse, talentueuse etc. équipe « Antoine Le Tellier », oui, je sais, je me répète !!!).
« Big bang », Neil SMITH
Editions « Les Allusifs », (181 p)
1. Leiloona le 03-09-2008 à 16:20:47 (site)
Ah. :/
J'ai toujours du mal avec les nouvelles. J'ai besoin de bien connaître les personnages pour entrer dans une histoire.
Dommage car la première de couverture me plaisait bien.
édité le 03-09-2008 à 16:21:23
2. brize le 03-09-2008 à 16:32:21 (site)
Leiloona, ce recueil peut tout à fait te plaire, comme à Antigone et Lily : comme c'est particulier, il n'y a que toi qui pourras dire si ça te convient ou pas
!
3. liliba le 03-09-2008 à 21:19:13 (site)
pas sure que ce soit une lecture pour moi, je passe mon tour !
4. Karine (mon coin lecture) le 05-09-2008 à 00:04:38 (site)
Je ne suis pas très nouvelles au départ... et j'ai passé mon tour même si c'est "La recrue" de septembre!
5. brize le 05-09-2008 à 09:29:40 (site)
@ Liliba : Ma foi, il y aura d'autres commentaires (comme c'est "La Recrue" de septembre), donc tu auras d'autres points de vue pour comparer.
@ Karine : Je ne lis moi aussi quasiment jamais de nouvelles. Mais quand j'ai vu que l'auteur était à l'honneur, je pouvais difficilement ne pas lire son livre, que j'avais la chance d'avoir, grâce à "Books and the city" !
Françoise Sagan, personnage qui défrayait la chronique, ne m’a pourtant jamais spécialement intéressée. Un peu, sans doute, parce qu’elle appartenait à la génération de mes parents. Beaucoup parce que son œuvre ne m’attirait pas. Et aussi parce que, d’une manière générale, je considère que c’est l’œuvre qui importe et non son auteur.
Cette année, néanmoins, victime (consentante) de la déferlante Sagan, j’ai daigné me pencher sur cet auteur. Après avoir découvert avec plaisir « Bonjour tristesse », je me suis plongée dans la biographie rédigée par Marie-Dominique Lelièvre.
M-D Lelièvre a pris le parti d’une biographie kaléidoscopique, en complément de biographies exhaustives classiques existant déjà.
Il y a, bien sûr, une trame chronologique avec, en fil conducteur, la série d’entretiens qu’a eus l’auteur avec Florence Malraux, amie d’enfance (et de toute la vie) de Françoise Sagan. Mais, à mon avis, le point fort de l’ouvrage est d’être parsemé d’analyses qui permettent d’éclairer l’individu et (mais en partie seulement) son œuvre de manière très pertinente.
M-D Lelièvre explique ainsi comment le personnage Sagan s’est ancré dans son époque. En effet, lorsque Françoise Sagan, toute jeune fille, arrive sur la scène littéraire, en 1954, le groupe social des « jeunes » n’existe pas encore. Mais à cette période, aux Etats-Unis, apparaissent James Dean, Elvis Presley qui amorcent un changement radical en la matière… La construction par l’éditeur, aidé des médias (Paris Match surtout) de l’image Sagan (comme écrivain "people" dirait-on maintenant), s’opère dans ce contexte et aussi en réaction à la guerre qui s’est achevée depuis peu.
A cette analyse initiale en succèdent d’autres, concernant notamment :
- l’évolution du roman français après-guerre (avec l’apparition du Nouveau Roman) et l’absence significative de tout roman mettant en scène les Français sous l’Occupation et pendant la guerre en général (analyse reprise à Francine de Martinoir)
- le choix limité des thèmes dans l'œuvre de Sagan : la vision qu’elle eut, enfant, des charniers des camps de concentration l’aurait profondément traumatisée ; elle était en effet à l’âge où aurait dû se fixer en elle la notion de différence radicale entre le bien et le mal, or ici le mal se trouvait, de manière incompréhensible, atrocement banalisé ; sa volonté de ne pas se risquer sur certains terrains dans le roman en découlerait ("Ni dans sa vie ni dans son oeuvre Sagan ne s'est autorisée à explorer les secrets du passé et à écrire sur la honte, l'humiliation, le déshonneur, l'insensibilité coupable, limitant probablement son talent.")
- le style (au sens littéral) de ses romans : un universitaire de la Sorbonne en effectue une analyse stylistique au demeurant fort élogieuse (alors que Sagan continuerait d’après lui à ne pas faire l’objet d’études universitaires)
Pour ma part, je ne connaissais quasiment rien à la vie de Sagan, j’arrivais donc sans idée préconçue et j’ai apprécié ce livre : il se lit facilement (mais la fin m’a un peu pesé, parce que les dernières années de la vie de Sagan sont pénibles) et dresse un portrait de l’auteur qui m’a semblé complet et plutôt impartial, même si on sent bien que la biographe s’est attachée à l’objet de son étude (ce qui ne déteint pas forcément sur le lecteur ).
En revanche, la place de l’écriture dans la vie de Françoise Sagan n’est qu’effleurée. On sait qu’elle écrit en gros un livre par an (sans qu'il nous soit présenté), durant toute la période où elle écrit, c’est tout : il n’y a pas d’analyse d'une éventuelle progression dans ses thèmes, dans sa manière de travailler etc., alors que j'aurais aimé profiter de la biographie pour survoler l’œuvre (dont j'avoue ne pas trop avoir l’intention de poursuivre la découverte). On apprend aussi qu’elle lit beaucoup, sans que nous soit précisée la teneur de ses lectures. Mais ces réserves ne me sont venues qu’après coup : en cours de lecture, je n’y ai pas pensé.
Au final, une biographie intelligente et percutante qui a su retenir mon attention.
"Sagan à toute allure", Marie-Dominique LELIEVRE
Editions Denoël (337 p)
1. céline de enlivrezvous le 02-09-2008 à 16:19:07 (site)
J'ai essayé de lire Bonjour Tristesse mais je n'ai pas accrocher avec le style de Sagan... Mais c'est vrai que le personnage est assez intrigant !
3. brize le 03-09-2008 à 11:35:36 (site)
@ Céline : Oui, le personnage mérite un détour !
@ Cathulu : Ah, l'importance des couvertures ! C'est vrai que cette photo de Sagan est très naturelle, c'est rare d'arriver à photographier/capter quelqu'un de cette manière.
4. Levraoueg le 06-09-2008 à 13:41:45 (site)
J'ai aussi emprunté ce livre peu après avoir vu le film de Kurys, mais je n'ai finalement fait que le feuilleter, lisant un passage par-ci par-là. Le livre n'est pas en cause, j'ai eu l'impression que c'était plutôt une bonne biographie, Mais en fait je ne raffole pas du genre... Ici ce que j'ai trouvé étonnant et intéressant c'est cette forme d'enquête que prend la biographie. Car on suit la biographe allant interviewer les différents personnages de la vie de Sagan, dire "je", retranscrire des dialogues, enfin bref habiter son livre. Et comme elle est aussi romancière, ça me donne assez envie d'aller voir du côté de ses propres livres plutôt que du côté de ceux de Sagan...
5. Ninabrigitte le 22-09-2008 à 23:23:17 (site)
J'ai fait comme toi, je connaissais très peu Sagan et puis j'ai vu le film et bien sur j'ai voulu en savoir plus j'ai lu quelques romans et cette bio que j'ai trouvé vraiment bien aussi par contre j'ai pas fait d'article sur mon blog..
Je te ferais signe si je vais de nouveau à Paris car c'était sympa cette rencontre j'ai beaucoup apprécié vraiment.
6. brize le 24-09-2008 à 18:32:10 (site)
@ Levraoueg : Peut-être n'aurais-je pas non plus eu trop envie de lire la biographie de Sagan si j'avais vu le film avant.
Sinon, je ne connais pas non plus M.D Lelièvre comme romancière.
@ Nina : Oui, cette biographie m'a paru vraiment pas mal.
En 1967, aux Etats-Unis, dans une ferme du Wisconsin. Bill a 8 ans et joue aux jeux de son âge. Il admire son grand frère James qui, lui, veut échapper à l’emprise d’un père alcoolique et violent, auquel sa femme ne parvient pas suffisamment à s’opposer. James décide donc de s’enrôler comme volontaire pour partir faire la guerre au Vietnam.
Son départ laisse le jeune Bill désemparé, malgré le soutien apporté par le couple voisin des Moriseau.
Quant à James, il découvre la guerre et entame une correspondance avec Bill …
Il est des romans qui vous happent dès la première page, pour ne plus vous lâcher. Pour moi, « Wisconsin » appartient à cette catégorie. J’ai commencé à le lire et sa musique s’est immédiatement insinuée en moi.
Extrait (de cette première page) :
« L’automne le rendait plus conscient de sa condition mortelle, et pourtant chaque année sa poitrine se gonflait d’excitation, le changement à venir réveillait ses sens. Il percevait avec une acuité particulière l’odeur piquante de l’écorce humide et des feuilles mouillées, la senteur âpre des pins, la fertilité parcheminée de l’herbe desséchée. Les feuillages déclinant toutes les nuances du feu, que la première tempête d’octobre emporterait comme de la fumée. L’étonnante beauté des branches nues dressées vers le ciel, comme s’il les avait déshabillées pour les mettre au lit. »
Que cet extrait ne vous induise pas en erreur, cependant. « Wisconsin » n’est pas un livre truffé de descriptions même si la nature est bien là, présence sous-tendant le roman. A cet égard, le titre anglais : «The Turtle Warrior» est plus révélateur que son adaptation française. « Le Guerrier Tortue, c’est en effet le surnom que se donne le jeune Bill quand il combat des ennemis imaginaires, armé de son épée en bois et protégé par son bouclier-carapace de tortue. Centré sur l’individu, ce titre correspond mieux au contenu du roman.
Tendue sur des êtres en devenir, en proie à des conflits souvent violents, la narration est rythmée, de 1967 à 2000, par l’alternance des voix des différents protagonistes. Les mêmes faits peuvent ainsi être présentés plusieurs fois, mais ce n’est pas du tout systématique.
Il y a des temps forts et des pauses. Des épisodes sereins et d’autres atroces. C’est un roman d’apprentissage, mais pas seulement parce qu’il y est question d’un jeune garçon et d’un jeune homme. Les adultes aussi vont apprendre (tous, sauf l’un d’eux). Apprendre à vivre, sans doute, et dans leurs cas la vie n’est pas vraiment facile. Chaque personnage a son histoire, ses blessures secrètes, ses espoirs, ses déceptions, ses peurs et sa manière (d’essayer) de les vaincre.
C’est un roman dur, âpre mais aussi très beau, comme la nature qui en est le cadre.
Un roman où la guerre du Vietnam joue un rôle important, sans que ce soit un roman sur la guerre du Vietnam, parce que l’un des protagonistes y participe et que cette participation rejaillit sur tout son environnement.
Un roman où les drames les plus douloureux, grâce à l’aide des autres, finissent par être surmontés.
Où l’espoir renaît parce que la vie continue, comme la rivière Chippewa continue de couler, malgré tout.
Tamara et Fashion ont elles aussi beaucoup aimé ce livre.
« Wisconsin », Mary RELINDES ELLIS
Editions Buchet Chastel (432 p)
et en collection 10/18
1. Karine (mon coin lecture) le 30-08-2008 à 15:29:00 (site)
Je l'ai noté chez Fashion et Tamara aussi. Sans leurs avis, je crois que jamais je n'aurais eu l'idée de lire un tel livre, je ne sais pas pourquoi! Mais bon, dès que je le vois en paperback... je l'achète!
2. amandameyre le 30-08-2008 à 16:42:24
toujours pas lu, mais j'en ai très envie
)
3. Leiloona le 30-08-2008 à 20:00:26 (site)
Tout comme Karine, je ne me serais pas arrêtée devant ce livre car la couverture ne m'aurait pas attirée. Par contre, ton billet m'a donné en vie de découvrir ce roman.
"Narration rythmée, pluralité des voix"
Je note ce livre.
4. SD49 le 30-08-2008 à 21:08:39
il est deja dans ma LAL conseillé par une amie, il faut que je le trouve à la bib
5. kathel le 31-08-2008 à 09:47:11 (site)
Je suis sûre que je me laisserai tenter lorsqu'il sortira en poche !
7. Lucile le 01-09-2008 à 13:58:43 (site)
Je l'avais déjà noté aussi chez Fashion et Tamara! Vous êtes unanimes en tout cas!
8. brize le 02-09-2008 à 13:10:13 (site)
@ TOUTES : Il ne me reste plus qu'à souhaiter qu'il vous plaise aussi... et ça, c'est jamais gagné d'avance !
Cet été, pendant que chacun vaquait à ses vacances, un blog original en a profité pour voir le jour :
Pourquoi "original" ?
Parce que, pour une fois, ce ne sont pas des adultes qui commentent des livres jeunesse... mais une jeune lectrice elle-même (l'auteur du blog a 13 ans) !
Cette jeune personne (que je connais assez bien !) s'intéresse d'ailleurs, comme vous pourrez le constater, non seulement aux lectures estampillées "jeunesse" et aux mangas bien sûr mais aussi à des romans plus classiques.
Elle vous attend, impatiente que vous visitiez son blog... et serait ravie s'il y en a qui, parmi vous, pouvaient le faire connaître à d'autres adolescents !
BONNE DECOUVERTE !
1. Sue le 30-08-2008 à 17:15:12 (site)
Voilà, j'ai même déposé son lien chez moi car son blog est intéressant et de plus, ses commentaires sont pertinents.
2. sybilline le 31-08-2008 à 13:43:11 (site)
Très sympa ton initiative, Brize! J'y suis allée et j'ai admiré ce blog très mature et fort beau.
5. céline de enlivrezvous le 02-09-2008 à 16:20:10 (site)
Chouette, je vais le conseiller à ma copine libraire en jeunesse ! Super initiative !
6. liliba le 04-09-2008 à 20:41:07 (site)
Impression pour une si jeune fille d'écrire aussi bien et "mature" !
A 80 ans, le docteur Ann Kelvin est aux portes de la mort quand son ancien élève, le professeur Marc Sénac, lui propose de transférer son esprit, par le procédé de la mnèse, dans celui d'un cachalot. Elle prolongera ainsi sa vie au maximum de deux ou trois ans mais, surtout, une mission pourra lui être confiée, en total accord avec ses profondes convictions environnementales.
Vous dire qu' Ann va habiter le corps d'un cachalot ne dévoile rien de l'intrigue, puisque le livre démarre directement sur cet état de fait.
Pour le reste de l'histoire, je resterai discrète car le roman est très court (chez « Griffe d'encre », il est répertorié dans la collection des « Novellas ») et trop en raconter conduirait rapidement à tout raconter.
Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est que j'ai tout aimé dans ce roman, pour lequel je n'ai strictement aucune réserve à formuler (vous l'avez sans doute remarqué : ça arrive rarement... voire jamais !) : c'est un véritable COUP DE COEUR !
Je vous vois d'ici prétendre qu'avec moi l'auteur avait la partie belle : l'eau est mon élément de prédilection, j'aime la mer, la natation et la plongée, donc, c'est sûr, moi aussi j'aurais accepté de m'incarner dans un cachalot (encore que, personnellement, j'aurais préféré un dauphin !). Ajoutez à cela mes préoccupations environnementales, qui ne datent pas d'hier et il y avait de quoi être certain que le livre me plairait.
Je vous concède aisément ces points.
Mais de tels éléments ne font pas un livre. Ce ne sont que des idées de démarrage, tout est dans leur exploitation et, évidemment, dans le style.
Et pour ces deux aspects Jeanne-A Debats réalise un sans faute.
Autour de son idée initiale, elle structure une histoire vivement menée, avec quelques retours en arrière qui permettent de mieux cerner la personnalité de l'héroïne et les conditions du « transfert », en même temps que les aventures aquatiques se poursuivent. L'intrigue avec ses rebondissements est plantée dans un contexte suffisamment bien esquissé (malgré la taille réduite du volume) pour qu'elle y soit crédible (dans son domaine, celui de la science-fiction ; je suggère au passage aux non amateurs du genre de s'intéresser malgré tout à ce roman, sous peine de se priver d'une oeuvre de qualité). Les personnages, tant principaux que secondaires, sont caractérisés finement.
Surtout, l'auteur sait nous faire plonger dans l'océan en même temps qu' Ann. Nous vivons ses premiers coups de caudale, la découverte de ses congénères, la rencontre avec les profondeurs abyssales... Pour ce qui me concerne, j'étais totalement immergée dans le récit !
L'histoire, écrite dans un style impeccable, est riche et prenante, voire émouvante. L'une de ses facettes touche à une dimension singulière et attachante.
Cerise sur le gâteau, la couverture du livre est superbe (j'adore le papier aussi... mais là, on va dire que j'en fais trop !) !
Bref, j'ai été conquise... et il ne me reste plus qu'à espérer que vous le serez aussi !
Pour Lucile, je sais déjà que ça a été le cas !
"La Vieille Anglaise et le continent", Jeanne-A DEBATS
Editions Griffe d'Encre, collection Novella ( 71 p)
Goelen , à son tour, a lu et aimé.
2. Lucile le 28-08-2008 à 15:05:37 (site)
Oh oui, oui oui! J'avais vraiment adoré!
Je suis ravie qu'il t'ait séduite aussi! Je précise d'ailleurs que tout ce que j'ai lu de chez Griffe d'Encre m'a emballée (mon billet sur "La Porte" de Karim Berrouka paraîtra demain! Excellent mais dans un genre tout à fait différent)
3. Sue le 28-08-2008 à 16:41:41 (site)
Merci de votre permission pour votre lien et voici mon adresse qui n'esr pas du tout restreinte. (Désolée de mon erreur)
http://entreleslignes.blogg.org/
À propos de votre coup de coeur, je note en espérant le lire bientôt.
4. La liseuse le 28-08-2008 à 17:40:29 (site)
J'ai lu chez Griffe d'encre "Au nord-nord ouest d'éden" de Kopp. Un très bon livre de SF malgré que je ne sois très portée sur le genre. Mais quand il y a de bonne histoire, je fais un crochet par la SF. Et celui que tu présentes est tout à fait ce que j'aime. Je note !
6. sentinelle le 28-08-2008 à 18:46:32
Je ne connaissais pas du tout mais je note !
7. Cuné le 29-08-2008 à 06:50:51 (site)
Je ne vois pas comment ne pas noter avec un tel billet ! Quel enthousiasme ! :-D
8. Tamara le 29-08-2008 à 13:11:15 (site)
Bien que je sois peu portée sur la SF, tu m'as quand même donné envie de lire ce court roman !
9. brize le 30-08-2008 à 14:43:05 (site)
"Enthousiaste"... j'ai l'air enthousiaste, moi
?!!!
En tout cas, bonne (future) lecture à ceux et celles qui plongeront à leur tour avec Ann
!
10. bladelor le 23-04-2009 à 21:53:52 (site)
Très jolie billet que je vais rajouter en lien de ce pas. J'ai hésité à en "faire" un coup de coeur, je n'étais pas loin, mais un peu frustrée par la longueur du texte, j'en aurais voulu davantage...
11. brize le 24-04-2009 à 18:10:06 (site)
Bladelor, j'ai une amie qui a, comme toi, été "frutstrée" par la brièveté du texte. Ce n'est pas mon cas car je pense qu'il n'est pas toujours évident de développer en conservant la densité du récit : il faut avoir suffisamment de matière pour.
J'ai malgré tout fait part de ce regret à l'auteur, lorsque j'ai eu l'occasion de la rencontrer. Elle m'a appris qu'au départ, cette "novella" n'était qu'une nouvelle, de taille bien sûr plus réduite et qu'elle avait donc déjà dû développer pour qu'elle soit publiée.
Commentaires
1. cathulu le 06-09-2008 à 16:08:08
Il me tente encore plus après ton billet, mais j'attendrai sa sortie en poche.
2. Jules le 07-09-2008 à 14:20:34 (site)
Je suis sur le point de le retourner à la biblio sans l'avoir lu... je devrais peut-être le renouveler...
3. brize le 07-09-2008 à 14:32:45 (site)
@ Cathulu : J'ai la chance que ma mère l'ait acheté, donc je le lui ai emprunté en passant la voir aux vacances !
@ Jules : Si tu l'as emprunté, c'est qu'il te tentait... (mais le nombre de livres que j'emprunte et rends sans les avoir lus ! ).La question est de savoir si c'est le bon moment pour le lire ou pas (toujours cette affaire de "réceptivité") !
4. litteraturepassion le 08-09-2008 à 20:47:28
Je découvre ton blog très sympa, j'y reviendrai.
5. SD49 le 08-09-2008 à 22:31:22
Peut etre que j'emprunterai celui qu'on a offert à ma maman pour Noel
6. brize le 09-09-2008 à 17:45:51 (site)
@ Clochette (Littératurepassion) : Bienvenue et à bientôt
!
@SD 49 : Bonne idée, d'autant que ça te permettrait de le lire tranquillement (pas d'échéance de retour à la bibliothèque), ce qui est bien pour ce type d'ouvrage.
7. songes-litteraires le 12-09-2008 à 11:09:15
Je découvre aussi ton blog qui me plait bien! J' ai lu ce livre aussi et je trouve que c' est vraiment une femme extraordinaire par la leçon de vie qu' elle laisse à la postérité!
Je te conseille dans la même veine Les hommes aussi s' en souviennent, de Simone Veil égalment. Je l' avais lu avant une vie, et celui-ci parle spécialement de la question de l' avortement. Il commence par présenter le discours qu' elle a tenu à l' assemblée pour présenter son projet de loi, puis est suivi un entretien avec une journaliste ou elle se livre sur ses impressions à l' époque, les retombées de la loi... Si tu veux plus de détails tu trouveras un billet sur mon blog.
8. brize le 13-09-2008 à 19:36:27 (site)
Merci pour cette information intéressante concernant un livre que je ne connaissais pas du tout !
9. Ninabrigitte le 15-09-2008 à 23:08:52 (site)
Je pense que je vais le lire aussi car vraiment on doit beaucoup à cette femme, et sa vie est vraiment spectaculaire de courage, de conviction, d'intelligence..... Tu dis qu'elle a voulu travailler malgré ses 3 enfants peut-être avait - elle une femme qui l'aidait à la maison pour faire face au quotidien sinon elle avait vraiment beaucoup de courage en effet.
10. liliba le 23-09-2008 à 09:27:56 (site)
Il est dans ma tournante et je vais le lire cet hiver. Surement passionnant, car même si on n'a pas les mêmes idées politiques qu'elle, on ne peut nier le fait qu'elle a fait bouger la France.