posté le 22/09/08

"La Forêt d'Iscambe", Christian CHARRIERE

   It’van habite la vallée d’Emeraude, tout près de la mystérieuse et dangereuse forêt d’Iscambe. Il est le fils adoptif de Tanguy, dont la vaillance et l’aptitude au combat ont réussi à établir, dans cette vallée, une population paisible et travailleuse, alors que des bandes de brigands continuent à piller d’autres territoires.

   La civilisation dans laquelle s’inscrit son village est agricole. L’ère industrielle a en effet pris fin avec les cataclysmes nucléaires qu’elle a suscités et qui ont transformé les anciennes villes et toutes les infrastructures ainsi que les moyens de transport en carcasses inutiles et envahies par une végétation surdimensionnée, comme celle de la forêt d’Iscambe.

   Le début du récit voit l’arrivée de deux laineux, philosophes errants à la recherche des fameux archipels qui réconcilieront les humains avec eux-mêmes : le Fondeur et son disciple, Evariste. Le Fondeur veut pénétrer dans l’obscure et inquiétante forêt d’Iscambe, pour gagner une ancienne cité mythique, Paris, où il devrait trouver le secret qui le conduira au terme de sa quête.

    Mais bien des obstacles vont se dresser sur la route de ces deux pèlerins, à commencer par l’arrivée de Blanc-Pétral, chef de la blagoulette, milice chargée par le Bureau Populaire de Marseille d’éradiquer toute velléité spirituelle parmi les populations.

    La fuite des laineux entraînera à sa suite It’van, qui va se risquer à son tour, seul, dans la forêt d’Iscambe et que ses aventures conduiront, pendant un temps, à se joindre au peuple des termites …

 

    Je ne vous ai raconté là que le tout début de l’histoire et encore sans vous parler de la cérémonie rituelle qui unit le roi Tanguy à sa monstrueuse épouse, sans vous parler de sa fille Anne, ni entrer plus avant dans les ressorts de la philosophie des laineux et dans les raisons de l’opposition que lui manifeste le Bureau Populaire.

« La Forêt d’Iscambe » est en effet un roman touffu, conte fantastique sur fond de quête spirituelle, porté par une langue foisonnante et non dépourvu d’humour

 

    Certes, le roman prend place dans un monde post apocalyptique, mais on n’y retrouve pas les étendues arides et désolées auxquelles on pourrait s’attendre (comme, de mémoire, dans « Le dernier homme », de Margaret Atwood). C’est la raison pour laquelle je ne le rangerais pas parmi les ouvrages de ce type. Et, surtout, il s’en dégage une telle vitalité, un tel espoir et une telle confiance dans l’humain, qu’on n’est absolument pas dans l’errance catastrophée emblématique du récit post apocalyptique.

    Je ne parlerais pas non plus de « Fantasy », même s’il y a bien quelques nains, un marmouset et un ogre. Le livre vient effectivement d’être réédité dans la collection « Points Fantasy », mais je trouve réducteur de le classer dans cette catégorie : d’ailleurs, je n’aurais pas été le lire si je l’avais vu présenté ainsi car la fantasy ne m’attire pas plus que ça.

 

    C’est donc un conte fantastique, avec des personnages qui vivent des aventures palpitantes et parfois cruelles, car ils sont guettés par de nombreux dangers, humains, végétaux ou animaux. Christian Charrière crée une nature extraordinaire où se côtoient : une gigantesque fleur carnivore, une femme-arbre, des limaces, termites, fourmis et libellules géantes etc, le tout formant un  incroyable et surprenant bestiaire imaginaire. 

 

    Ce conte fantastique est profondément enraciné dans une quête spirituelle. A ce titre, on pourrait même parler de conte initiatique.

Chaque événement qui survient possède en effet une explication psycho-philosophique, voire religieuse, au sens où la religion est l’aspiration au supra humain enracinée dans les profondeurs secrètes de l’âme. Les aventures n’ont pas lieu que pour elles-mêmes (ce qui n’ôte rien à la puissance narrative du roman) mais s’inscrivent dans un cheminement (au sens propre et figuré) qui les justifie. Une fois de plus, on pourra aussi parler de roman d’apprentissage, puisque deux des héros, It’van et Evariste, sont de jeunes hommes qui sortiront modifiés et, en quelque sorte, « accomplis » de l’histoire.  

 

    Tout cela ne serait rien sans la langue utilisée par l’auteur, une langue travaillée, aux accents anciens (le recours au subjonctif n’est pas rare), dont la richesse et la luxuriance reflètent celles de la forêt. Les mots créés de toutes pièces foisonnent et le lecteur se meut au milieu des clapattes, des choupins et autres flamours, autant d’appellations que l’auteur s’est visiblement beaucoup amusé à inventer, en même temps qu’il se plaisait à créer des noms propres  imagés, comme celui de Blancheboudine, la reine des termites.

 

    Parce que, s’il est bien question d’aventures spirituelles, de recherche de l’unité essentielle du vivant, celle qui relie le moi profond enraciné dans la terre maternelle à ses aspirations supérieures, l’humour vient régulièrement ponctuer le récit. La description des choupins hermaphrodites, la manière dont Evariste se met à vouer un culte aux stations services et crée autour d’elles tout un édifice philosophico-religieux, les déboires du roi des termites résolus par le traitement psychanalytique apporté par It’van… autant d’exemples de la distance que l’auteur n’hésite pas à prendre avec son sujet, ajoutant un aimable grain d’auto dérision pour pimenter son œuvre.

 

     J’ai plongé avec délice dans ce roman d’aventures à nul autre pareil, retrouvant le plaisir qu’on peut avoir, enfant, à écouter le récit de contes dont les rebondissements nous tiennent en haleine.

    Je vous recommande d’en découvrir au moins le début (même si je l’ai beaucoup aimé, je ne pense pas que, du fait de son originalité, il puisse plaire à tout le monde) : si vous accrochez, n’hésitez pas et partez pour un inoubliable périple !

 

   Extrait de la page 2 (le genre de passage qui m’indique que je devrais aimer le livre !) avec ce très beau portrait d’It’van :

« It’van a vingt-deux ans. Il est vêtu d’une tunique jaune lui arrivant aux genoux et laissant à déouvert ses bras nus. Il porte en bandoulière une besace de cuir […]. Sa main brandit un arc et des flèches. Son visage annonce la franchise, la force, mais aussi l’incomplétude. Un être mystérieux – et comme futur – semble lové en lui, qui attend l’instant favorable pour se déployer et se montrer à la clarté du jour. It’van est en formation et sur le chemin du rassemblement. Il est un pur devenir, une fenêtre où s’accoudera l’homme nouveau qui patiente dans la chambre. Une fenêtre, oui, une haute fenêtre, car ile est d’imposante stature, mesurant à peine moins de sept pieds, précise silhouette physique qui semble enveloppée d’une autre et imprécise silhouette : celle formée par la lumière qui émane de lui, gangue impalpable et mouvante que seuls le sommeil ou la mort peuvent altérer. » 

 

C’est l’enthousiasme de Chiffonnette qui m’a convaincue de porter mes pas vers la Forêt d’Iscambe !

 

"La Forêt d'Iscambe", Christian CHARRIERE

éditions Phébus, libretto (403 p)

et aussi en Points Fantasy

 


Commentaires

 

1. amandam  le 22-09-2008 à 14:01:46

tu me donnes presque envie.... mais même un seul ogre, c'est trop pour moi, je crois Clin doeil

2. chiffonnette  le 22-09-2008 à 21:36:21  (site)

Je suis ravie que cette lecture t'ai plue! J'avais été suduie comme toi par ce mélange d'humour, de réflexion et d'aventure!! Un mélange dont l'alchimie fonctionne alors que ce n'était ps gagné!!

3. Leiloona  le 22-09-2008 à 23:16:57  (site)

La couverture et le titre ne m'auraient pas attirée, mais ta description me donne envie de découvrir ce livre.
Punaise ... j'en note tellement ! smiley_id239914

édité le 22-09-2008 à 23:17:15
édité le 22-09-2008 à 23:17:32

4. Ninabrigitte  le 22-09-2008 à 23:18:22  (site)

Je note ce livre il me semble que je vais aimer.

5. brize  le 23-09-2008 à 08:00:57  (site)

@ Amanda : Eh oui, j'ai beau renâcler devant l'appellation "fantasy", il y a certains "ingrédients" hors du commun et je peux comprendre que ce ne soit pas ta tasse de thé !
@ Chiffonnette : Il m'a plu au point que je l'ai commandé (en collection Phébus), ce que je ne fais que lorsqu'un livre lu à la bibliothèque m'a vraiment marquée !
@ Leiloona : Et celui-ci ne se lit pas en cinq minutes car les pages sont bien denses !!!
@ Nina : Si, avec ce que j'en ai dit, il t'attire, il y a des chances qu'il te plaise. A confirmer !

6. liliba  le 23-09-2008 à 09:15:31  (site)

Pas du tout le genre de livre que je lis habituellement, mais après un tel billet, comment résister ??? Je le note donc et m'en vais samedi matin faire un tour à la bibli...

7. fashion victim  le 23-09-2008 à 18:53:51

ouh, ça fait envie!!!!

8. Isil  le 23-09-2008 à 20:31:10  (site)

Je le rajoute à ma liste à lire.

9. Karine :)  le 23-09-2008 à 23:30:14  (site)

J'étais déjà très tentée chez Chiffonnette... je le suis encore plus! Pourtant la couverture ne me disait rien au départ!

10. pom'  le 24-09-2008 à 07:30:32  (site)

c'est le genre de recit qui peut me plaire, je note, merci

11. Lucile  le 24-09-2008 à 10:08:57  (site)

C'est vrai que ton billet fait sacrément envie! Je découvre avec délectation le monde du fantastique, et ce roman qui a l'air d'en faire partie "mais pas que", me paraît tout à fait approprié pour continuer ma découverte!

12. brize  le 24-09-2008 à 18:17:35  (site)

@ Liliba : Tu devrais le trouver sans difficulté en bibliothèque et après, plus qu'à essayer !
@ Fashion et Isil : Eh oui, que de tentations sur les blogs !
@ Karine : C'est vrai que la couverture... bof !
@ Pom' : Oui, je pense effectivement qu'il peut te plaire !
@ Lucile : Tout à fait adapté, à mon avis, dans le cadre de ton "initiation" au fantastique !

 
 
 
posté le 20/09/08

Donald WESTLAKE : Pas pour moi ???

Quatrième de couverture du livre « Le contrat », de Donald WESTLAKE :

 

  « Tout commence dans la salle de lecture d’une bibliothèque de Manhattan. Bryce Proctorr, auteur à succès, y prend des notes pour son prochain roman, qu’il a du mal à commencer. Il faut dire que Bryce est au milieu d’un divorce particulièrement pénible et que Lucie, sa future ex femme, a promis de le saigner à blanc. Soudain, Bryce aperçoit Wayne Prentice, un « collègue » avec lequel il a débuté. Mais qui n’a pas eu sa chance : il est sur la fameuse liste « intermédiaire de l’ordinateur, des commerciaux, celle qui recense les écrivains dont la courbe des ventes est descendante. Les conséquences sont faciles à prévoir : moins de livres mis en place dans les librairies, des avances de plus en plus faibles, le début d’un cercle vicieux.

  Les deux hommes, qui ne se sont pas revus depuis des années, exposent leurs difficultés, et Bryce a soudain une idée de génie : Wayne a un manuscrit, mais pas d’éditeur ; Bryce a un éditeur mais pas de manuscrit. Wayne va donc « vendre » son œuvre à Bryce qui la fera publier sous son nom et les bénéfices seront répartis de façon égale.

  Wayne accepte. C’est alors que Bryce ajoute une clause à l’étrange contrat qui va les lier : son épouse doit mourir. »

 

   Avec cette quatrième de couverture et les éloges lus au sujet de ce livre, j’étais acquise d’avance à ce premier roman que je découvrais de Donald Westlake, auteur autour duquel je tournais depuis un moment, sans parvenir à choisir le titre par lequel l’aborder (et auteur que, même si vous croyez ne pas le connaître, vous avez peut-être déjà croisé par l’intermédiaire du film « Le couperet », avec José Garcia, qui est une adaptation d’une de ses œuvres). 

 

   Hélas, j’ai trouvé la narration plate et plutôt languissante, au point que, après une petite centaine de pages, j’ai failli arrêter ma lecture.

   Il est vrai que les thèmes utilisés pour l’intrigue m’avaient un petit goût de déjà vu, sans que je puisse clairement identifier l’origine de cette impression (Hitchcock, Stephen King…). Mais peu importe. En littérature, la reprise de thèmes n’est pas exceptionnelle, tant s’en faut, mais c’est la modification du traitement qui en fait toute la richesse. Ici, j’ai trouvé ce traitement linéaire et nulle qualité de style particulière n’est venue racheter cela.

 

   Pour ce qui est de la psychologie des personnages, certes, l’auteur s’y intéresse. Mais Wayne est déconcertant et il me semble que l’auteur élude la difficulté le concernant, puisque l’individu surmonte finalement rapidement son "problème". Quant à Bryce, il y a à mon sens davantage ressassement que progression psychologique vers un point culminant, ce que pourtant l’auteur a voulu faire. Enfin Susan, l’épouse de Wayne, est dotée d’une personnalité qui mériterait qu'on s’y attarde davantage.

   Je n’ai pas non plus noté d’arrière-plan social dans ce roman (excepté les considérations concernant le milieu de l’édition) : c’est l’intrigue qui prime, resserrée sur un nombre très réduit de personnages.

 

   Tout ça pour dire que je n’ai rien trouvé qui me permette d’accrocher à ce livre.

 

   Pour conclure, l’ensemble m’a paru manquer de rythme et de surprise : je voyais les choses arriver et, en fin de compte, je me moquais un peu qu’elles arrivent ou non, parce que les protagonistes n’avaient pas retenu mon attention.

   Un livre que je n’ai achevé que pour savoir si le fin mot de l’histoire allait, pour moi, racheter le reste. Ce ne fut pas le cas. La chute, qui se veut impressionnante, ne m’a pas étonnée plus que cela. 

 

   Déçue, je n’ai pas envie de lire à nouveau du Westlake. Je me demande en effet si ce type de récit est pour moi, car lorsque la jaquette du livre affiche la mention « thriller », je m’attends à davantage de tension dramatique. 

 

   Mais ce n’est que mon avis et il n’est absolument pas partagé par Cuné et Amanda , qui ont beaucoup apprécié leur lecture. 

 

« Le contrat », Donald Westlake

Editions Rivages collection Thriller (337 p)

(et en édition de poche Rivages Noir) 

 


Commentaires

 

1. Karine :)  le 20-09-2008 à 13:00:24  (site)

Je l'avais noté chez Cuné et Amanda, celui-là... je le garde noté mais un avis plus mitigé va remettre mes attentes à la bonne place!!

2. amandameyre  le 21-09-2008 à 13:22:17  (site)

oui, il n'y a pas de suspens au sens propre du terme, tout est dans la noirceur des personnages.

Je te conseille d'essayer aussi avec Jimmy the Kid, qui est tout à fait drôle Sourire

3. brize  le 22-09-2008 à 11:49:55  (site)

@ Karine : Donald Westlake est un grand nom du roman policier et il y a de fortes chances que tu l'appréhendes quand même différemment de moi.
@ Amanda : Tu as raison, il faudrait que je voie si le côté humoristique de l'auteur me séduit davantage que son côté obscur !

4. Solen  le 22-09-2008 à 18:16:15

J'adore Weslake, le couperet reste son meilleur, mais n'hésites pas à en tester d'autres, Le rythme n'est pas toujours au rdv, mais on passe en général un bon moment;

5. brize  le 23-09-2008 à 08:04:02  (site)

Peut-être... mais pas tout de suite !

6. liliba  le 23-09-2008 à 09:18:30  (site)

Il est dans une de mes tournantes de bouquins et passera surement donc un jour à la maison... On verra bien ce qu'il en ressortira !

7. uncoindeblog  le 24-09-2008 à 14:03:24  (site)

Ce n'est pas le Westlake que j'ai préféré. Cela fait un moment que je l'ai lu, mais peut être était-ce cette platitude que tu soulignes ou alors en comparant avec d'autres titres tel qu"Aztèques dansants" qui m'a fait éprouvé une certaine déception.

8. brize  le 24-09-2008 à 18:20:14  (site)

@ Liliba : Oui, tu pourras te faire ton opinion, comme ça !
@ Uncoindeblog : Ouf, tu me rassures, je n'ai pas été la seule à être déçue (même si, pour ce qui te concerne, tu ne l'étais qu'un peu) !

9. keisha  le 15-01-2009 à 19:56:37  (site)

En effet, c'est un flop pour toi ! Bon, Westlake c'est peut être plus pour l'ambiance, mais il y a généralement quand même du suspense et des rebondissements.

 
 
 
posté le 18/09/08

"Mère-fille, mode d'emploi", un film de Garry Marshall

  Ce film, datant de 2007, n’est pas sorti en salles en France et je viens de le découvrir sur Canal +. Vous pourrez le trouver en  DVD en octobre. 

 

  Le thème :

Rachel, 17 ans, en fait tellement voir à sa mère, Lilly, que celle-ci décide de l’envoyer passer l’été chez sa grand-mère, Georgia. Entre Rachel et Georgia ce n’est pas d’emblée le grand amour, car Georgia impose un certain nombre de règles de vie et de conduite que l’adolescente, de mœurs très libres ( ! ), a du mal à tolérer. Ce sont ces mêmes règles qui avaient contraint Lilly à quitter le domicile familial très jeune, parce qu’elle les jugeait insupportables. Depuis, ses liens avec sa mère ne se sont pas améliorés.

Entre ces trois générations de femmes, rien n’est simple.

Et pour tout arranger, Lilly déclare soudain avoir été victime, à l’âge de 12 ans, d’inceste de la part de son beau-père, pour se rétracter dans la foulée en prétendant qu’elle a menti… 

 

 

  Trois actrices se partagent la distribution :

 

- Jane Fonda (que je ne vous ferai pas l’injure de présenter)

- Félicity Huffman ( la Lynette Scavo de « Desperate Housewives », pour ceux qui connaissent)

- Lindsay Lohan : enfant star, elle a joué dans les films jeunesse comme : « A nous quatre » (une super histoire de jumelles séparées à leur naissance, avec Dennis Quaid dans le rôle du père : je connais ce film, que mes filles ont regardé je ne sais combien de fois quand elles étaient plus jeunes, par cœur… parce que moi aussi j’étais sous le charme); « Freaky Friday » (avec Jamie Lee Curtis, parfaite dans le rôle de la mère soudain coincée dans le corps de sa fille adolescente !) ; « La coccinelle revient » ; elle est ensuite passée à des films hors du secteur Disney, comme « The last show ».

  Et un acteur notamment se joint à elles : Dermot Mulroney (l’ami de Julia Roberts dans « Le mariage de mon meilleur ami »).

     Là, je me dois de faire une petite parenthèse (extrêmement futile, je vous préviens, donc vous pouvez aller directement à la case "ce que j'en ai pensé" si les considérations superficielles relatives au physique des acteurs, masculins de préférence, vous paraissent totalement superflues et je ne saurais vous donner tort, bien entendu !). Mais revenons à ma parenthèse !

     Je n’avais pas vu Dermot Mulroney depuis bien longtemps (en fait, je me demande si je l’avais vu jouer dans autre chose que le film mentionné plus haut, film que j’adore, avec ce cher Rupert Everett !), si bien que j’ai eu un choc en voyant ses cheveux. Ils avaient pris une drôle de couleur, comme s’ils étaient recouverts d’une espèce de mélasse grisâtre.  Mais (me suis-je dit) quel besoin avaient donc eu les producteurs d’ajouter (sans doute pour les besoins du rôle) cette coloration bizarre (parce que j’ai trouvé que ça faisait bizarre) à sa chevelure ?

     En fait, recherches effectuées, c’est juste qu’il a (un peu) vieilli et (légèrement) grisonné, étrangement à mon goût (du moins dans ce film, parce que sur les photos vues par ailleurs la couleur de sa chevelure paraît tout ce qu'il y a de plus normale) mais a priori tout à fait naturellement !

 

  Ce que j’en ai pensé (du film, pas de Dermot Mulroney !) :

  J’attendais sans doute trop de ce film, parce que le thème du conflit entre trois générations de femmes me semblait très porteur et le trio d’actrices prometteur.

  Malheureusement, le jeu de Jane Fonda (dont on notera la sveltesse, l’âge n’ayant apparemment aucune prise sur son corps de sylphide… dit la jalouse qui sommeille en moi !) m’a, dès le départ, heurtée, parce que je le trouvais singulièrement dépourvu de naturel. Quant aux règles qu’elle assène (cf le titre original : Georgia Rule), dont celle qui consiste à se savonner la bouche quand on insulte le nom du Seigneur, je me contenterai de remarquer qu’elles m’ont paru bien loin de ce que j’entends personnellement par « éducation ». Mais, me direz-vous, c’est ce qui rend la rupture avec sa fille Lilly crédible ! Certes, sauf que trop c’est trop et qu’il faut croire un tant soit peu à ce que l’on voit pour y adhérer.

  Félicity Huffman tire bien son épingle du jeu, malgré un rôle difficile, avec des scènes d’alcoolisme pas évidentes à jouer. La psychologie de son personnage, tiraillé entre son amour pour son mari et celui qu’elle porte à sa fille, dont elle ignore si elle dit la vérité (sa propension au mensonge étant notoire) est intéressante.

  Lindsay Lohan, pour sa part, joue avec justesse une jeune fille venant perturber une paisible bourgade de l’Idaho, où son affranchissement sexuel choque les jeunes filles puritaines (au sens propre, puisque certaines sont de confession mormone) du coin.Heureusement, car il faut qu’elle compense les faiblesses d’un scénario peu vraisemblable, où l’accusation (grave) d’inceste est traitée sur le mode du : « Devinez si je mens ou pas ?! ».

  L’action s’étire donc entre la valse hésitation aveux - démentis de Rachel et les atermoiements consécutifs de sa mère (doit-elle ou non quitter son mari ?). Le spectateur s’interroge un peu, mais sans beaucoup se passionner pour la question (ce qui est révélateur de la relative inefficacité du scénario). Le personnage joué par Dermot Mulroney essaie, par l’intermédiaire de messages lourdement appuyés, de faire comprendre à Rachel qu’il faut qu’elle apprenne à faire la distinction entre le Bien et le Mal. Georgia dévoile progressivement son humanité (sans que le jeu de Jane s’améliore). 

 

  A voir, éventuellement… parce que, après cet avertissement, vous en attendrez moins que moi, donc vous pourriez être agréablement surpris !

 


Commentaires

 

1. fashion victim  le 18-09-2008 à 11:52:49  (site)

Voilà qui explique peut-être la sortie direct to dvd... Dermot Mulroney est charmant dans "Esprit de famille" avec Sarah jessica Parker. Quant au "Mariage de mon meilleur ami, voilà un film que je n'aime pas du tout malgré le duo d'actrices...

2. SD49  le 18-09-2008 à 17:41:35

bon eh bien après ce commentaire je ne sais vraiment pas si je vais louer le film ou non !!!!!!! (peut etre pour le regarder avec ma fille de 17 ans ????.....)

3. Cuné  le 19-09-2008 à 06:40:56  (site)

Moi j'ai laissé tomber au bout d'1/2 h.... :-D

4. brize  le 19-09-2008 à 07:52:30  (site)

@ Fashion : "Le mariage de mon meilleur ami", si je m'en souviens bien, m'avait un peu déçue lorsque je l'ai vu à sa sortie, parce que le personnage de Julia Roberts m'agaçait par son côté outrancier. Avec le temps, ce film s'est pour moi bonifié et fait partie de mes comédies romantiques préférées, avec une bande originale que je connais par coeur !
@ SD 49 : J'avais vaguement envisagé de voir ce film avec ma fille de 16 ans. Finalement, je l'ai regardé seule et je ne pense pas qu'elle ait raté quelque chose ! Mais, bon, c'est vraiment une question de sensibilité personnelle !
@ Cuné : J'ai failli... mais la curiosité a été la plus forte (et puis, je me disais que ça allait peut-être s'améliorer !) !

5. cathulu  le 20-09-2008 à 07:04:07

Vu aussi et les bons sentiments m'ont passablement énervée...

6. brize  le 21-09-2008 à 14:04:51  (site)

Pour le moment, ce film ne recueille pas de commentaires enthousiastes !

7. myloubook  le 22-09-2008 à 10:09:13  (site)

Je crois que je le verrai quand même si je n'oublie pas le titre... on verra bien Sourire

8. brize  le 22-09-2008 à 11:50:38  (site)

N'hésite pas à revenir nuancer mon avis !

 
 
 
posté le 16/09/08

"Les poubelles pleurent aussi", Guillaume SUZANNE

    Imaginez une contractuelle jubilant à l’idée de verbaliser une maison en dépassement de durée de stationnement, une poubelle vivante et dotée d’une certaine forme d’intelligence, normal puisqu’elle a accompagné la venue d’extraterrestres, lesquels extraterrestres, les Nods, font tout pour permettre aux Terriens de vivre mieux.

    Imaginez cela et vous commencez seulement à entrevoir ce que vous réserve « Les poubelles pleurent aussi », de Guillaume Suzanne, une novella qui vient de paraître aux éditions « Griffe d’encre ».

 

    Pour en revenir aux Nods, précisons qu’il y a entre eux et les humains un fossé tenant plutôt du gouffre (j’adore ce passage, que je ne résiste pas au plaisir de vous citer) :

« En vérité, les Nods étaient des individus bien plus évolués que ces pauvres deux-pattes qui ne réussissaient même pas à quitter leur atmosphère sans provoquer de catastrophes. Toutes ces navettes qui avaient fini en feux d’artifice avaient tout de même eu leur utilité : elles avaient servi de fanions aux Nods depuis l’espace. Les extraterrestres avaient été intrigués par ces émanations spontanées. Ils avaient tout d’abord cru à des manifestations volcaniques intenses, puisque leur détecteur d’intelligence ne captait rien en provenance de ce petit caillou bleu. Ils s’étaient ensuite aperçu qu’il y avait bel et bien de l’intelligence sur Terre, mais si diffuse et primitive qu’elle se situait en deçà de la norme communément admise dans l’univers. »

 

    Les Nods sont tout-puissants et a priori pleins de bonnes intentions à l’égard des Terriens qu’ils veulent aider à évoluer dans le bon sens.C’est ce dont tous les Terriens ne sont pas persuadés ! D’aucuns ont d’ailleurs fondé l’ « association de non-assistance à Nod en danger ». Parmi eux, des fumeurs, bien sûr, puisque sur l’injonction des Nods, les Terriens ont éradiqué le tabac.

    Tout-puissants, les Nods s’affirment aussi comme bienveillants et incapables de mentir. Mais jusqu’à quel point sont-ils réellement tout-puissants ?

 

    L’histoire est irracontable (et tant mieux, car sinon vous n’iriez pas la lire !). Les divers protagonistes en sont : un très séduisant président français acteur-imposteur (Etienne Siphon devenu Leonard Veiga) et son premier ministre qui tire les ficelles (Pierre Chiffre) ; le conducteur de la maison mentionné ci-dessus, Arnold Sextan et le petit groupe de savants qu’il convoie (la maison sert de taxi), sans oublier Betsy, la poubelle.

    On s’y interrogera sur les desseins des Nods, au travers d’aventures trépidantes et à l’issue incertaine, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour, noir de préférence.

 

    Une novella pas mal du tout, pour amateurs d’histoires déjantées… mais qui se tiennent quand même, j’en veux pour preuve la progression crescendo de l’histoire ! 

 

   Vous pouvez en découvrir les premières pages ici.

 

   C’est Lucile qui m’a incitée à plonger dans ces poubelles ! 

  

« Les poubelles pleurent aussi », Guillaume SUZANNE

Editions Griffe d’encre (74 p) 


Le billet (enthousiaste) de Fashion . 

Yv à son tour a lu et a aimé ! Et Chiffonnette aussi !

 


Commentaires

 

1. CeN  le 16-09-2008 à 17:02:02

Eh be c'est du rapide Sourire
Désolée de t'avoir loupée samedi, Meno m'a transmis ton bonjour. En tout cas je suis contente que l'histoire t'ai plu. Sourire

2. fashion victim  le 16-09-2008 à 22:58:58

Oh tiens, j'ai publié mon billet aujourd'hui aussi! Je rajoute ton lien!

3. cathulu  le 17-09-2008 à 07:02:12

Si vous insitez les filles, je me rends!Sourire

4. myloubook  le 17-09-2008 à 12:30:34

J'ai repéré de suite la collection ! J'en ai encore à lire mais celui-ci me tape dans l'oeil, il sera mon prochain !Sourire

5. Leiloona  le 17-09-2008 à 20:20:05  (site)

Le titre et l'histoire sortent des sentiers battus.
Ça a l'air sympa. hihi

6. Michel SériaLecteur  le 17-09-2008 à 21:32:52

Je le note, il m'a l'air aussi déjanté que certains livres de Stanislas Lem

7. brize  le 18-09-2008 à 09:07:22  (site)

@ CEN (alias Magali) : Cela aurait été un heureux hasard que tu sois là au moment où je passais Sourire1 !
@ Fashion : J'ai fait de même pour ton lien !
@ Cathulu et Myloubook : Allez, hop, un p'tit tour du côté des poubelles extraterrestres !
@ Leiloona : On retrouve un thème connu, celui des extraterrestres apparemment bienveillants mais qui inquiètent malgré tout les humains (qui tiennent à la préservation de leur liberté), mais le traitement humoristico-loufoque est sympa !
@ MichelSeriaLecteur : Je ne connais que "Solaris", de Stanislas Lem... donc je ne suis malheureusement pas en mesure de comparer !

8. Solen  le 18-09-2008 à 13:35:03

Je suis souvent étonnée par les livres que tu dégotes. mais où trouves-tu ces titres surprenants?? Du coup, je le notes, mais ma médiathèque n'a pas l'air de te lire!!!

Pour Pujade Renaud, laisse-toi tenter par la nuit la neige...

9. brize  le 18-09-2008 à 13:43:14  (site)

Solen, la majorité des livres que je lis provient de la bibliothèque, donc ta médiathèque devrait être en mesure de te les fournir.
Néanmoins, il y a des exceptions (ça m'arrive quand même d'acheter des livres !), dont les deux novellas des éditions "Griffe d'encre" que j'ai commentées ici.
Je connais ces éditions depuis quelque temps (par l'intermédiaire d'un forum auquel je participais) et Lucile, du blog "La mer à lire" chronique les nouveautés, ce qui m'a permis de découvrir "La Vieille Anglaise et le continent" et "Les poubelles pleurent aussi".
Pour "La Vieille Anglaise et le continent", c'est un petit livre qui a d'ailleurs fait l'objet d'une sélection FNAC Science-Fiction cet été.
Sinon, je note ta suggestion pour Pujade-Renaud !

édité le 18-09-2008 à 13:50:21

10. Lucile  le 18-09-2008 à 13:44:26  (site)

Aaah! ben je suis bien contente de ne pas t'avoir poussée dans les poubelles pour rien! ;-) Je mets ton billet en lien chez moi!

11. Karine :)  le 19-09-2008 à 22:24:53  (site)

Je veux absolument lire ça... je l'ai noté en super foncé chez Fashion il y a quelques jours (je suis hoooorriblement en retard dans ma lecture de blogs!!)

12. sybilline  le 21-09-2008 à 12:51:00  (site)

Mais où vas-tu pêcher ces bouquins complètement déjantés-délirants-originaux-détendants?

13. brize  le 21-09-2008 à 14:23:08  (site)

@ Lucile : Avec "Griffe d'encre", il faut être prêt à tout (variante : Si c'était à refaire, je replongerais !) !
@ Karine : J'espère que tu pourras trouver cette novella dans tes contrées lointaines !
@ Sybilinne : Dans les poubelles smiley_id258194!
Non, j'rigole, mais j'ai pas pu m'empêcher, c'était trop tentant !
Sinon, comme je le disais plus haut à Solen, c'est chez Lucile, du blog "La mer à lire", que j'ai trouvé ce titre.

14. Michel SériaLecteur  le 21-09-2008 à 15:18:05  (site)

Je pensais à "les mémoires d'Ivon Tichy" et les mémoires trouvées dans une baignoire"
Mais ils sont peut être introuvable aujourd'hui

15. brize  le 21-09-2008 à 19:56:22  (site)

Je l'ignore... mais je constate qu'ils ne figurent pas, en tout cas, au catalogue de ma bibliothèque Triste1 !
Mais tant pis, il reste quelques milliers (millions !) d'autres livres à lire !

16. liliba  le 23-09-2008 à 09:20:34  (site)

Bien original ! Je c rois que que je vais moi aussi faire un petit plongeon dans les poubelles !

17. brize  le 24-09-2008 à 18:22:41  (site)

Et une de plus, plouf !

18. Yv  le 04-10-2008 à 18:48:35  (site)

j'avoue être très tenté moi aussi, tout à fait ce que j'aime trouver dans un livre. Je note cette référence.

19. brize  le 04-10-2008 à 18:51:58  (site)

Si tu penses que ça peut te plaire, je te recommande de jeter un oeil aux éditions "Griffe d'encre", tu as des chances d'y trouver d'autres livres à ton goût !

20. Yv  le 13-10-2008 à 14:13:52  (site)

J'ai acheté, j'ai lu et beaucoup aimé cette histoire folle.

21. brize  le 16-10-2008 à 12:46:49  (site)

J'ai ajouté un lien vers ton commentaire !

 
 
 
posté le 14/09/08

"La joueuse d'échecs", Bertina HENRICHS

     Sur la petite île grecque de Naxos, Eleni, 42 ans, partage ses journées entre son travail de femme de chambre à l’hôtel Dyonisos et son foyer : un mari, Panis et deux enfants adolescents. Un jour, elle aperçoit un échiquier dans une des chambres de l’hôtel et décide soudain d’en offrir un à son mari, pour son anniversaire. Sur les conseils de Kouros, son ancien maître d’école, ce sera un échiquier électronique.

    Mais Panis se désintéresse de son cadeau. Ainsi Eleni envisage-t-elle d’apprendre à jouer aux échecs. Cette décision, qu’elle juge un peu folle, ne sera pas sans conséquences…

 

    Le quotidien d’Eleni est à son image, quelconque. Femme sans intérêt (dans les deux sens de l’expression), quasi transparente, Eleni a une vie sans histoire, où sans le savoir elle fait exactement ce qu’on attend d’elle, se conforme à la norme.

    Mais voilà que son quotidien prend soudain une autre dimension, par la grâce de ce soudain engouement qu’elle se découvre pour les échecs. Elle se passionne pour le jeu, se projette complètement dans l’espace des 64 cases, qu’elle vit comme peuplé de créatures imaginaires mais, le temps d’une partie, plus réelles que n’importe quoi d’autre.

    C’est à cette espèce de réveil, au travers du bonheur d’une activité surprenante, que le lecteur assiste.

    En même temps qu’elle se découvre, Eleni (re)découvre son environnement… et bouleverse son entourage, parce qu’elle sort des sentiers battus… 

 

   Joli portrait de femme brossé d’une écriture élégante (ce qui est d’autant plus remarquable que le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur), ce court roman, récit emblématique d’une métamorphose, se lit avec bonheur.

 

C'est Pom' qui m'avait donné envie de lire ce livre, que Leiloona a elle aussi apprécié !

 

"La joueuse d'échecs", Bertina HENRICHS

éditions Liana Levi (152 p)

et éditions du Livre de Poche

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 14-09-2008 à 12:55:58  (site)

Je l'ai lu cet été et j'avais bien aimé ce livre court.

édité le 14-09-2008 à 12:56:11

2. SD49  le 14-09-2008 à 21:03:54

Je l'ai lu en 2007 pour le prix des lecteurs angevins, elle avait gagné le prix et elle était venue à la soirée de cloture. Son livre m'avait bien plu également. Tiens, ca me donne envie de le relire !

édité le 14-09-2008 à 21:10:07

3. Ninabrigitte  le 15-09-2008 à 22:57:09

J'espère que cette fois-ci je vais réussir à te mettre un commentaire, c'est vraiment difficile il le rejette à chaque fois.

4. Ninabrigitte  le 15-09-2008 à 23:01:08  (site)

Bon ça marche, j'ai mis Brigitte à coté de Nina et c'est bon, depuis hier j'essaye !! J'ai beaucoup aimé ce roman, c'est en effet un très beau portrait de femme et puis le paysage grecque en toile de fon m'a beaucoup plus. j'espère que tu vas bien depuis samedi, je t'embrasse.

5. brize  le 16-09-2008 à 09:24:22  (site)

@ Leiloona : J'ai ajouté le lien vers ton commentaire !
@ SD 49 : Sympa ce Prix des lecteurs angevins ! Bonne relecture !
@ Ninabrigitte : Contente de te voir Sur mes brizées ! Tes tentatives initiales de commentaires ont dû échouer parce que ton pseudo, "Nina", devait déjà être pris sur Vefblog, donc tu étais (impitoyablement !) rejetée ! Heureusement que tu as habilement contourné l'obstacle !

6. pom'  le 17-09-2008 à 07:59:33  (site)

j'aime ce genre d'histoire de femmes qui bravent les interdits.

je suis ravis que te es apprécié cette lecture

7. Leiloona  le 17-09-2008 à 20:18:24  (site)

Merci ! Clin doeil

édité le 17-09-2008 à 20:18:35
édité le 17-09-2008 à 20:18:45

8. liliba  le 23-09-2008 à 09:22:43  (site)

Je suis curieuse de savoir comment ces petites cases noires et blanches peuvent changer le cours d'une vie...

9. brize  le 24-09-2008 à 18:25:48  (site)

@ Pom' : Je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant de lire ton billet et j'aurais regretté de passer à côté de ce petit roman !
@ Leiloona : De rien !
@ Liliba : Tu verras (je n'ai pas voulu en dire trop, car le roman est court donc il fallait quand même qu'il reste quelque chose à découvrir au lecteur !) !

 
 
 
posté le 10/09/08

"De Niro's Game", Rawi HAGE

Quatrième de couverture (extrait) :

« A Beyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d’enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s’imaginent coulant des joursmeilleurs : Bassam rêve de fuir à l’étranger et Georges, lui, se sent deplus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne.

Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeux où Georges travaille. Mais l’argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ? »

  

    Si les bombes pleuvent sur Beyrouth, c’est sous un déluge verbal que le lecteur, rapidement, se trouve pris. Le récit des (més)aventures de Bassam et Georges est en effet régulièrement ponctué de passages où  le narrateur procède par accumulation de mots, de métaphores, où l’écriture peut devenir haute en couleurs et baroque, en même temps qu’elle est rêche et fougueuse. Un souffle puissant anime ce roman, où les mots s’entrechoquent et se bousculent : il m’a immédiatement emportée, au-delà de la dureté de son sujet, qui aurait pu me rebuter.

 

    Mais c’est aussi cette écriture qui permet de tenir à distance un présent de cauchemar où la vie, arrachée à la guerre, est menée dans l’urgence, avec l’alcool et la drogue comme monnaie courante. 

 

   La ville de Beyrouth est dévastée, envahie par les morts, les décombres, les tas de déchets, les chiens errants et la poussière omniprésente.

On peut y vivre avec un trou béant dans le mur de façade de la cuisine, presque comme si de rien n’était.

Seuls quelques personnages conservent leur humanité, des femmes notamment, quand les autres sont entraînés par le maelström de la guerre. 

 

    Quant au lecteur, il est brinquebalé dans cet univers apocalyptique, perdu entre les milices, les puissances étrangères, les coups de feu et les bombes. On va crescendo dans l’horreur, des victimes des bombardements, voisins ou parents, aux massacres de Sabra et Chatila (dont la furie insensée s’inscrit directement dans cet univers de folie, en marge de la réalité, de la normalité) en passant par une scène de torture.

    Domine l’impression d’un énorme capharnaüm où tout le monde soupçonne tout le monde, où les enfants se mettent à agresser, armes à la main, les plus âgés. Un pays où c’est la loi de la jungle, où on se demande qui manipule qui et à quel jeu George (alias "De Niro") joue…

  

   « De Niro’s Game », roman bouillonnant de violence, de révolte contre ce qui a été enduré, témoigne mieux que plus d’un reportage de l’absurdité de la guerre et, dans sa  seconde partie, des effets durables qu’elle peut avoir sur le psychisme d’un individu.

  

   En tant que tel et parce que son écriture lui confère un intérêt supplémentaire, sa lecture ne pourra vous laisser indifférent. Pour ma part, j'ai trouvé ce roman éprouvant mais je l'ai apprécié.

 

Merci à Violaine, de Chez-les-filles.com et aux Editions Denoël, qui m'ont offert ce livre.

 

Les avis de Cathulu, Fashion, Kathel, Levraoueg, Caro[line], Erzébeth, Jules, AlwennRoxane ...

  

« De Niro’s Game », Rawi HAGE

Editions Denoël et d’Ailleurs (265 p)

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 10-09-2008 à 19:18:26  (site)

Je lirai ta critique dès que j'aurai reçu et lu le livre. Histoire de découvrir entièrement l'intrigue. Clin doeil

édité le 10-09-2008 à 19:18:39
édité le 10-09-2008 à 19:18:51

2. calepin  le 10-09-2008 à 20:53:30  (site)

Je viens de le commencer, non sans une pointe d'appréhension.. ton commentaire m'encourage à poursuivre ma lecture !

3. Levraoueg  le 10-09-2008 à 21:39:25  (site)

C'est incroyable tout ce qu'on peut dire sur un roman quand celui-ci est aussi riche que De Niro's game. Tu arrives encore à relever des éléments que les autres blogueurs l'ayant déjà chroniqué n'ont pas mentionnés Je trouve cette petite expérience de lecture commune très enrichissante et bravo pour ton billet.

4. KP78  le 11-09-2008 à 08:09:21

ça donne vraiment envie de le lire. J'affactionne particulièrement les histoires comme celles là. Ce livre me fait penser à la trilogie de Yasmina Khadra (les hirondelles de Kaboul, les sirènes de Bagdad et l'attentat) est-ce aussi dur ? Pour les hirondelles de Kaboul, j'en été sortie complètement éffondrée !! Mais d'un autre côté cela apporte un regard lucide sur les turpitudes de l'être humain. A mettre dans la pal.

5. Karine (mon coin lecture)  le 12-09-2008 à 03:18:09  (site)

Pour moi aussi: lecture éprouvante mais très marquante!

6. brize  le 13-09-2008 à 19:34:47  (site)

@ Leiloona : A bientôt donc (et je ne manquerai pas d'aller lire ton commentaire) !
@ Calepin : Tant mieux si mon commentaire t'encourage et bonne lecture !
@ Levraoueg : Merci Sourire1 !
@ KP 78 : N'ayant lu aucun des trois romans que tu cites (peut-être parce que les commentaires d'une certaine amie à moi, tu vois qui je veux dire ?!, m'en avaient dissuadée, parce que ces ouvrages avaient l'air vraiment très durs), il m'est malheureusement difficile de te répondre en les comparant à "De Niro's Game" !
Si quelqu'un peut le faire à ma place, qu'il n'hésite pas !
@ Karine : Oui, notre ressenti est similaire !

7. Ninabrigitte  le 15-09-2008 à 23:04:40  (site)

C'est vrai que c'est bien ces "romans-témoignage" pour montrer le vêcu des habitants c'est souvent mieux que des reportages, je note le titre.

8. liliba  le 23-09-2008 à 09:26:39  (site)

Je viens de le terminer et suis en préparation de mon billet. Adoré moi aussi ce livre foisonnant, poignant et l'écriture si incisive de l'auteur.

9. brize  le 24-09-2008 à 18:28:48  (site)

@ Nina : C'est un livre dont la lecture devrait t'intéresser.
@ Liliba : J'irai lire ton billet !

10. Alwenn  le 05-10-2008 à 20:55:23  (site)

Je viens de le terminer et j'ai fait un billet. J'ai bien aimé même si au départ je pensais que je n'aurais pas du tout accroché. Tu en parles très bien en tout cas, je trouve.

11. Roxane-Devorelivre  le 17-11-2008 à 16:01:37  (site)

J'ai adoré...littéralement !

12. brize  le 18-11-2008 à 08:43:00  (site)

@ Alwenn et Roxane : J'ai ajouté un lien vers vos billets !

 
 
 
posté le 06/09/08

"Une vie ", Simone VEIL

    De Simone Veil, je ne savais pas grand-chose, excepté que c’est grâce à elle qu’avait été votée la loi pour l’avortement, qu’elle avait œuvré à la construction européenne et aussi qu’elle avait été, plus jeune, déportée.

    C’était assez pour que j’éprouve de l’admiration pour cette femme.

   Et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité mieux la connaître en lisant son autobiographie.

 

   En la découvrant, c’est tout un pan de notre histoire que nous revisitons, parce que Simone Veil se situe au cœur de cette histoire.

 

   Certes, les jeunes années passées à Nice sont évoquées comme un souvenir personnel et la figure maternelle y tient une place majeure mais, d’une manière générale, cette autobiographie m’a frappée par son aspect distancié.

   Simone Veil se raconte, mais avec une extrême pudeur, même dans ces moments infiniment douloureux de la déportation (et dans ces réactions hostiles et antisémites qu’elle a encore connues à son retour et qui m’ont profondément choquée).

   J’apprécie cette attitude et cet effacement de la vie privée derrière la vie publique. Mais je dois aussi reconnaître que, si cela permet au livre de couvrir en seulement  398 pages 80 années de vie, j’ai pour ma part regretté de ne pas avoir un aperçu plus intime de l’auteur. Qu’elle ait en effet décidé, dans les années 50, de travailler alors qu’elle avait trois enfants et que son mari n’y était guère favorable, me semble exceptionnel. Et j’aurais été curieuse de connaître, dans le détail, sa vie de mère et d’épouse lorsqu’elle rentrait chez elle, parce que je pense que ses difficultés devaient être très modernes.

   Simone Veil livre sa vie mais, globalement, elle ne se livre guère.

 

   Pour le reste, l’éclairage qu’elle donne sur tous les événements politiques (au sens large) auxquels elle a participé est intéressant. Pas de langue de bois et, si elle n’hésite pas à remercier ou approuver au passage un tel ou une telle, elle ne se gêne pas non plus pour stigmatiser le comportement des uns ou des autres, fussent-ils ou non célèbres, voire figures historiques : son franc parler est remarquable.

 

   A lire, quelles que soient vos opinions politiques, pour revivre quelques pages marquantes de notre histoire et surtout rencontrer une femme de talent et de grande humanité, qui a toujours eu la volonté d’avancer en donnant un sens à sa vie. 

 

   A noter, en annexes, les principaux discours prononcés par Simone Veil. Parmi eux celui, historique, concernant le projet de loi sur l’avortement et un très beau discours en hommage aux Justes de France (18 janvier 2007), dont voici un extrait :

« Certains Français se plaisent à flétrir le passé de notre pays. Je n’ai jamais été de ceux-là. J’ai toujours dit, et je le répète ce soir solennellement, qu’il y a eu la France de Vichy, responsable de la déportation de soixante-seize mille Juifs, dont onze mille enfants, mais qu’il y a eu aussi tous les hommes, toutes les femmes, grâce auxquels les trois quarts des Juifs de notre pays ont échappé à la traque. […] Dans aucun pays occupé par les nazis, à l’exception du Danemark, il n’y a eu un élan de solidarité comparable à ce qui s’est passé chez nous. »

 

   Dernier extrait, d’un discours prononcé à l’ONU en janvier 2007 aussi, à la mémoire des victimes de l’Holocauste :

« La Shoah ne se résume pas à Auschwitz : elle a couvert de sang tout le continent européen. Processus de déshumanisation mené à son terme, elle inspire une réflexion inépuisable sur la conscience et la dignité des hommes, car le pire est toujours possible. Alors que nous avions fait le vœu, si souvent exprimé, du « plus jamais ça », nos mises en garde sont restées vaines. Après les massacres du Cambodge, c’est l’Afrique qui, depuis plus de dix ans, paie le plus lourd tribut à la folie génocidaire. Après le Rwanda, nous voyons, au Darfour, semer la mort et la désolation. C’est un bilan tragique : deux cent mille morts et deux millions de réfugiés chassés de chez eux. Nous le savons. Mais comment intervenir ? Comment mettre fin à cette barbarie ? »

 

« Une vie », Simone VEIL

Editions Stock

 


Commentaires

 

1. cathulu  le 06-09-2008 à 16:08:08

Il me tente encore plus après ton billet, mais j'attendrai sa sortie en poche.

2. Jules  le 07-09-2008 à 14:20:34  (site)

Je suis sur le point de le retourner à la biblio sans l'avoir lu... je devrais peut-être le renouveler...

3. brize  le 07-09-2008 à 14:32:45  (site)

@ Cathulu : J'ai la chance que ma mère l'ait acheté, donc je le lui ai emprunté en passant la voir aux vacances !
@ Jules : Si tu l'as emprunté, c'est qu'il te tentait... (mais le nombre de livres que j'emprunte et rends sans les avoir lus ! ).La question est de savoir si c'est le bon moment pour le lire ou pas (toujours cette affaire de "réceptivité") !

4. litteraturepassion  le 08-09-2008 à 20:47:28

Je découvre ton blog très sympa, j'y reviendrai.

5. SD49  le 08-09-2008 à 22:31:22

Peut etre que j'emprunterai celui qu'on a offert à ma maman pour Noel

6. brize  le 09-09-2008 à 17:45:51  (site)

@ Clochette (Littératurepassion) : Bienvenue et à bientôt Sourire1 !
@SD 49 : Bonne idée, d'autant que ça te permettrait de le lire tranquillement (pas d'échéance de retour à la bibliothèque), ce qui est bien pour ce type d'ouvrage.

7. songes-litteraires  le 12-09-2008 à 11:09:15

Je découvre aussi ton blog qui me plait bien! J' ai lu ce livre aussi et je trouve que c' est vraiment une femme extraordinaire par la leçon de vie qu' elle laisse à la postérité!
Je te conseille dans la même veine Les hommes aussi s' en souviennent, de Simone Veil égalment. Je l' avais lu avant une vie, et celui-ci parle spécialement de la question de l' avortement. Il commence par présenter le discours qu' elle a tenu à l' assemblée pour présenter son projet de loi, puis est suivi un entretien avec une journaliste ou elle se livre sur ses impressions à l' époque, les retombées de la loi... Si tu veux plus de détails tu trouveras un billet sur mon blog.

8. brize  le 13-09-2008 à 19:36:27  (site)

Merci pour cette information intéressante concernant un livre que je ne connaissais pas du tout !

9. Ninabrigitte  le 15-09-2008 à 23:08:52  (site)

Je pense que je vais le lire aussi car vraiment on doit beaucoup à cette femme, et sa vie est vraiment spectaculaire de courage, de conviction, d'intelligence..... Tu dis qu'elle a voulu travailler malgré ses 3 enfants peut-être avait - elle une femme qui l'aidait à la maison pour faire face au quotidien sinon elle avait vraiment beaucoup de courage en effet.

10. liliba  le 23-09-2008 à 09:27:56  (site)

Il est dans ma tournante et je vais le lire cet hiver. Surement passionnant, car même si on n'a pas les mêmes idées politiques qu'elle, on ne peut nier le fait qu'elle a fait bouger la France.

 
 
 
posté le 04/09/08

"Ne t'inquiète pas pour moi", Alice KUIPERS

   Une mère trop absorbée par son travail. Sa fille de 15 ans.

   Qui n’arrêtent pas de se croiser.

   Alors, il y a les post it sur la porte du réfrigérateur (cf le titre anglais, bien plus explicite : « Life on the refrigerator door »), petits messages pour demander à l’une de faire quelques courses, rappeler à l’autre l’argent de poche oublié, signaler une absence ou un retard et même se fixer un rendez-vous…

 

   Dans ce train-train quotidien, le cancer fait sa sinistre apparition, tout d’abord sous la forme d’une tumeur au sein repérée chez la mère.

 

   On lit les post it. On lit entre les post it, grâce aux allusions concernant les faits qui se sont déroulés dans l’entre deux.

   On note les ellipses, les silences qui en disent long.

 

   Entre la vie qui continue, avec l’autorité parentale à exercer contre vents et marées et le combat à mener, solitaire au début, contre la maladie, la mère doit jongler. 

  Inquiétudes réciproques (chacune reprochant à l’autre de dissimuler : ce Michael avec lequel Claire semble sortir, cette maladie de plus en plus envahissante), maladresses et même disputes parfois, puis retrouvailles, autant de jalons sur un chemin qui oblige à mûrir.

 

   Avec réalisme et pudeur, ce roman très court (une page par post it, même s’il est tout petit !) dresse une esquisse rapide mais qui fait mouche du lien mère-fille.

   Malgré le poids de la maladie, qui se fait de plus en plus lourd, il ne verse jamais dans le pathos. Ce qui n’empêche pas l’émotion d’être présente et, surtout, l’amour.

 

    Un livre vif et sensible, qui m’a touchée au cœur. 

 

Les avis de Ayu, Lily, Gawou, Cathulu, Clarabel, Liliba, Rennette ...

 

« Ne t’inquiète pas pour moi », Alice KUIPERS

Editions Albin Michel (jeunesse ou non : le roman existe sous ces deux formes)

 


Commentaires

 

1. Karine (mon coin lecture)  le 05-09-2008 à 00:05:32  (site)

Il me tente depuis un moment, celui-là... peut-être volera-t-il vers mon panier lors de ma prochaine visite en librairie anglo!!!

2. maijo  le 05-09-2008 à 08:53:05  (site)

Je l'ai également lu cet été et j'ai ressenti la même chose: beaucoup d'émotion à travers ces petits bouts de papier dans le frigo.

3. cathulu  le 05-09-2008 à 17:36:03

Oui,tout est dans les ellipses, ce qui évite le pathos.

4. Alwenn  le 05-09-2008 à 18:56:30  (site)

Je l'ai lu aussi il y a peu de temps, et il m'a également bouleversée. C'est tendre et émouvant, et tout en pudeur. J'ai beaucoup pleuré mais c'est en même temps plein d'espoir ! Un beau livre, vraiment.

5. Leiloona  le 05-09-2008 à 20:16:04  (site)

Je l'ai lu il y a quelques mois. Ce petit livre est très bien écrit. Émouvant sans tomber non plus dans le pathos. A découvrir, oui.

édité le 05-09-2008 à 20:16:16

6. SD49  le 05-09-2008 à 20:52:30

alors là je suis vraiment obligée de le rajouter dans ma LAL deja bien remplie !!!!! mais j'aime ça

7. sybilline  le 10-09-2008 à 12:31:58  (site)

Brize, tu devrais cesser de me donner de telles envies de lecture! Mon portefeuille ne suit pas et mes PAL s'effondrent!

8. brize  le 13-09-2008 à 19:41:51  (site)

@ Karine et Sybilline : Désolée de provoquer ainsi de nouvelles dépenses smiley_id119173 !
@ TOUTES : Ce petit livre a l'air de faire l'unanimité !

9. solen  le 15-09-2008 à 22:10:28  (site)

tu me donnes très très envie!

10. brize  le 18-09-2008 à 13:26:45  (site)

Oui, Solen, ce petit livre est tout à fait digne d'intérêt Sourire1 !

11. litteraturepassion  le 25-09-2008 à 21:23:14

Je suis contente de ne pas être la seule à avoir apprécié ce roman. Merci de ton passage sur mon blog

 
 
 
posté le 03/09/08

"Big bang", Neil SMITH

 

 Des situations originales, un style alerte, un zeste d'humour et beaucoup de sensibilité : j’ai, dans un premier temps, totalement accroché à ce recueil de nouvelles ! 

 

  La première d’entre elles, « Incubateurs », met en scène une petite fille prématurée dans un service hospitalier spécialisé. 

 « Pour la mère, le bébé aux yeux bleu-noir est un extraterrestre posé en catastrophe sur sa planète. Séquestrée et gardée en vie par des G-Men chargés d’évaluer la menace que représente ce petit visiteur. »

  Sa mère, c’est An, confrontée à cette situation si difficile. L’auteur revient sur ses rapports avec les garçons (« A l’époque de ses vingt ans, elle avait commis la folie d’emménager dans le loft de son petit ami. Devant sa bonne humeur de chiot, elle avait eu envie de le conduire à la campagne et de l’y abandonner. »), pourquoi elle a voulu un enfant, comment elle a choisi le père. Beaucoup de dialogues, des éclats de vie, éclats de vérités (aimer, mais aimer comment et à quel point ?). Je suis entrée sans difficulté dans cette nouvelle et je me suis intéressée immédiatement à An, brièvement, certes mais suffisamment pour que son passage laisse une trace.Une nouvelle forte et touchante.


  Dans la deuxième nouvelle « Protéine vert fluo », c’est Max, un garçon âgé de 17 ans, qui raconte :

« Dans l’appartement, il y  a un couloir super long qui ressemble à un bowling en bois blond. Autre détail génial : la fenêtre de ma salle de bains privée est équipée d’un vitrail qui transforme le simple acte de pisser en expérience religieuse. »

  Un père mort, dont les cendres sont stockées dans une boule de curling. Une mère ancienne alcoolique qui a tendance à collectionner les petits amis. Et l’ami de Max, Roubi-Dou, fasciné par l’expérience d’un savant qui a isolé la protéine vert fluo des méduses et l’a intégrée dans le zygote d’un cochon d’Inde pour qu’il luise dans le noir.

  Max s’interroge sur lui-même…

  Rien d’appuyé. Un questionnement sur ce qui nous est étranger, nous paraît monstrueux sans l’être forcément, une interrogation sur le regard.

  J’ai aimé cette nouvelle.

 

  Troisième nouvelle : « Les bénins bénis ».

  John a subi l’ablation d’une tumeur bénigne et décide de créer un groupe de « soutien aux victimes de tumeurs bénignes », les Bénins Bénis. Il s’aperçoit que les gens qui se manifestent ont un point commun avec lui …

  La nouvelle est rondement menée et se laisse lire avec plaisir  car elle est plutôt amusante. 

 

C’est ensuite que ça s’est dégradé. 

 

  «Big bang »: Une petite fille de 8 ans est atteinte du syndrome de Fred Hoyle et vieillit d’un mois tous les jours …

  Changement stylistique, avec un « tu » de narration personnelle et des phrases qui s’enchaînent sans espace.

  Mais ça ne m’a pas gênée. Ce qui m’a gênée, c’est que cette histoire ne m’a pas touchée. Je l’ai parcourue comme un fait divers, c’est tout, sans plus.

 

  Idem pour les suivantes : je les ai lues, mais leurs thèmes ne m’ont pas accrochée, ni leur traitement, si bien qu’elles n’ont trouvé aucun écho en moi : le charme initial n’opérait plus, autant dire qu’à chaque fois j’étais déçue… mais j’espérais encore de la suivante.

 

  Malheureusement,  la palme est revenue à la dernière, « Extrémités », une histoire de gants qui parlent, de pied (qui parle aussi) qui a atterri dans un jardin etc. , à mon avis du grand n’importe quoi : rien ne sert de vouloir faire original à tout prix, si ce n’est pas, au moins, amusant et pour ce qui me concerne cette dernière histoire ne m’a même pas amusée.

 

  Conclusion : des nouvelles enlevées, qui ont le mérite de l’originalité et  vous « parleront » ou pas. En ce qui me concerne, je n’ai été réceptive qu’à trois d’entre elles (sur huit) : mais après tout, ce n’est déjà pas si mal, non ?! 

 

  Pour compléter l'aperçu que j'en ai donné, les avis d’Antigone et Lily, qui ont aimé ce recueil.

 

 

Merci à « Books and the city », qui m’a permis de gagner ce livre (grâce à la valeureuse, talentueuse etc. équipe « Antoine Le Tellier », oui, je sais, je me répète !!!). 

 

« Big bang », Neil SMITH

Editions « Les Allusifs », (181 p)

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 03-09-2008 à 16:20:47  (site)

Ah. :/
J'ai toujours du mal avec les nouvelles. J'ai besoin de bien connaître les personnages pour entrer dans une histoire.
Dommage car la première de couverture me plaisait bien.

édité le 03-09-2008 à 16:21:23

2. brize  le 03-09-2008 à 16:32:21  (site)

Leiloona, ce recueil peut tout à fait te plaire, comme à Antigone et Lily : comme c'est particulier, il n'y a que toi qui pourras dire si ça te convient ou pas Sourire1 !

3. liliba  le 03-09-2008 à 21:19:13  (site)

pas sure que ce soit une lecture pour moi, je passe mon tour !

4. Karine (mon coin lecture)  le 05-09-2008 à 00:04:38  (site)

Je ne suis pas très nouvelles au départ... et j'ai passé mon tour même si c'est "La recrue" de septembre!

5. brize  le 05-09-2008 à 09:29:40  (site)

@ Liliba : Ma foi, il y aura d'autres commentaires (comme c'est "La Recrue" de septembre), donc tu auras d'autres points de vue pour comparer.
@ Karine : Je ne lis moi aussi quasiment jamais de nouvelles. Mais quand j'ai vu que l'auteur était à l'honneur, je pouvais difficilement ne pas lire son livre, que j'avais la chance d'avoir, grâce à "Books and the city" !

 
 
 
posté le 01/09/08

"Sagan à toute allure", Marie-Dominique LELIEVRE

Françoise Sagan,  personnage qui  défrayait la chronique, ne m’a pourtant jamais spécialement intéressée. Un peu, sans doute, parce qu’elle appartenait à la génération de mes parents. Beaucoup parce que son œuvre ne m’attirait pas. Et aussi parce que, d’une manière générale, je considère que c’est l’œuvre qui importe et non son auteur.

 Cette année, néanmoins, victime (consentante) de la déferlante Sagan, j’ai daigné me pencher sur cet auteur. Après avoir découvert avec plaisir « Bonjour tristesse », je me suis plongée dans la biographie rédigée par Marie-Dominique Lelièvre.

 

   M-D Lelièvre a pris le parti d’une biographie kaléidoscopique, en complément de biographies exhaustives classiques existant déjà.

    Il y a, bien sûr, une trame chronologique avec, en fil conducteur, la série d’entretiens qu’a eus l’auteur avec Florence Malraux, amie d’enfance (et de toute la vie) de Françoise Sagan.  Mais, à mon avis, le point fort de l’ouvrage est d’être parsemé d’analyses qui permettent d’éclairer l’individu et (mais en partie seulement) son œuvre de manière très pertinente.

   M-D Lelièvre explique ainsi comment le personnage Sagan s’est ancré dans son époque. En effet, lorsque Françoise Sagan, toute jeune fille, arrive sur la scène littéraire, en 1954, le groupe social  des « jeunes » n’existe pas encore. Mais à cette période, aux Etats-Unis, apparaissent James Dean, Elvis Presley qui amorcent un changement radical en la matière… La construction par l’éditeur, aidé des médias (Paris Match surtout) de l’image Sagan (comme écrivain "people" dirait-on maintenant), s’opère dans ce contexte et aussi en réaction à la guerre qui s’est achevée depuis peu.

   A cette analyse initiale en succèdent d’autres, concernant notamment :

- l’évolution du roman français après-guerre (avec l’apparition du Nouveau Roman) et l’absence significative de tout roman mettant en scène les Français sous l’Occupation et pendant la guerre en général (analyse reprise à Francine de Martinoir)

- le choix limité des thèmes dans l'œuvre de Sagan : la vision qu’elle eut, enfant, des charniers des camps de concentration l’aurait profondément traumatisée ; elle était en effet à l’âge où aurait dû se fixer en elle la notion de différence radicale entre le bien et le mal, or ici le mal se trouvait, de manière incompréhensible, atrocement banalisé ; sa  volonté de ne pas se risquer sur certains terrains dans le roman en découlerait ("Ni dans sa vie ni dans son oeuvre Sagan ne s'est autorisée à explorer les secrets du passé et à écrire sur la honte, l'humiliation, le déshonneur, l'insensibilité coupable, limitant probablement son talent.")

- le style (au sens littéral) de ses  romans : un universitaire de la Sorbonne en effectue une analyse stylistique au demeurant fort élogieuse (alors que Sagan continuerait d’après lui à ne pas faire l’objet d’études universitaires)

 

   Pour ma part, je ne connaissais quasiment rien à la vie de Sagan, j’arrivais donc sans idée préconçue et j’ai apprécié ce livre : il se lit facilement (mais la fin m’a un peu pesé, parce que les dernières années de la vie de Sagan sont pénibles) et dresse un portrait de l’auteur qui m’a semblé complet et plutôt impartial, même si on sent bien que la biographe s’est attachée à l’objet de son étude (ce qui ne déteint pas forcément sur le lecteur ). 

 

  En revanche, la place de l’écriture dans la vie de Françoise Sagan n’est qu’effleurée. On sait qu’elle écrit en gros un livre par an (sans qu'il nous soit présenté), durant toute la période où elle écrit, c’est tout : il n’y a pas d’analyse d'une éventuelle progression dans ses thèmes, dans sa manière de travailler etc., alors que j'aurais aimé profiter de la biographie pour survoler l’œuvre (dont j'avoue ne pas trop avoir l’intention de poursuivre la découverte). On apprend aussi qu’elle lit beaucoup, sans que nous soit précisée la teneur de ses lectures. Mais ces réserves ne me sont  venues qu’après coup : en cours de lecture, je n’y ai pas pensé.

 

   Au final, une biographie intelligente et percutante qui a su retenir mon attention. 

 

"Sagan à toute allure", Marie-Dominique LELIEVRE

Editions Denoël (337 p)

 


Commentaires

 

1. céline de enlivrezvous  le 02-09-2008 à 16:19:07  (site)

J'ai essayé de lire Bonjour Tristesse mais je n'ai pas accrocher avec le style de Sagan... Mais c'est vrai que le personnage est assez intrigant !

2. cathulu  le 02-09-2008 à 16:40:59

J'aime beaucoup la couv'!

3. brize  le 03-09-2008 à 11:35:36  (site)

@ Céline : Oui, le personnage mérite un détour !
@ Cathulu : Ah, l'importance des couvertures ! C'est vrai que cette photo de Sagan est très naturelle, c'est rare d'arriver à photographier/capter quelqu'un de cette manière.

4. Levraoueg  le 06-09-2008 à 13:41:45  (site)

J'ai aussi emprunté ce livre peu après avoir vu le film de Kurys, mais je n'ai finalement fait que le feuilleter, lisant un passage par-ci par-là. Le livre n'est pas en cause, j'ai eu l'impression que c'était plutôt une bonne biographie, Mais en fait je ne raffole pas du genre... Ici ce que j'ai trouvé étonnant et intéressant c'est cette forme d'enquête que prend la biographie. Car on suit la biographe allant interviewer les différents personnages de la vie de Sagan, dire "je", retranscrire des dialogues, enfin bref habiter son livre. Et comme elle est aussi romancière, ça me donne assez envie d'aller voir du côté de ses propres livres plutôt que du côté de ceux de Sagan...

5. Ninabrigitte  le 22-09-2008 à 23:23:17  (site)

J'ai fait comme toi, je connaissais très peu Sagan et puis j'ai vu le film et bien sur j'ai voulu en savoir plus j'ai lu quelques romans et cette bio que j'ai trouvé vraiment bien aussi par contre j'ai pas fait d'article sur mon blog..
Je te ferais signe si je vais de nouveau à Paris car c'était sympa cette rencontre j'ai beaucoup apprécié vraiment.

6. brize  le 24-09-2008 à 18:32:10  (site)

@ Levraoueg : Peut-être n'aurais-je pas non plus eu trop envie de lire la biographie de Sagan si j'avais vu le film avant.
Sinon, je ne connais pas non plus M.D Lelièvre comme romancière.
@ Nina : Oui, cette biographie m'a paru vraiment pas mal.

 
 
 
posté le 30/08/08

"Wisconsin", Mary RELINDES ELLIS

 

   En 1967, aux Etats-Unis, dans une ferme du Wisconsin. Bill a 8 ans et joue aux jeux de son âge. Il admire son grand frère James qui, lui, veut échapper à l’emprise d’un père alcoolique et violent, auquel sa femme ne parvient pas suffisamment à s’opposer. James décide donc de s’enrôler comme volontaire pour partir faire la guerre au Vietnam.

   Son départ laisse le jeune Bill désemparé, malgré le soutien apporté par le couple voisin des Moriseau.

   Quant à James, il découvre la guerre et entame une correspondance avec Bill …

 

   Il est des romans qui vous happent dès la première page, pour ne plus vous lâcher. Pour moi, « Wisconsin » appartient à cette catégorie. J’ai commencé à le lire et sa musique s’est immédiatement insinuée en moi.

 

    Extrait (de cette première page) :

« L’automne le rendait plus conscient de sa condition mortelle, et pourtant chaque année sa poitrine se gonflait d’excitation, le changement à venir réveillait ses sens. Il percevait avec une acuité particulière l’odeur piquante de l’écorce humide et des feuilles mouillées, la senteur âpre des pins, la fertilité parcheminée de l’herbe desséchée. Les feuillages déclinant toutes les nuances du feu, que la première tempête d’octobre emporterait comme de la fumée. L’étonnante beauté des branches nues dressées vers le ciel, comme s’il les avait déshabillées pour les mettre au lit. » 

 

   Que cet extrait ne vous induise pas en erreur, cependant. « Wisconsin » n’est pas un livre truffé de descriptions même si la nature est bien là, présence sous-tendant le roman. A cet égard, le titre anglais : «The Turtle Warrior» est plus révélateur que son adaptation française. « Le Guerrier Tortue, c’est en effet le  surnom que se donne le jeune Bill quand il combat des ennemis imaginaires, armé de son épée en bois et protégé par son bouclier-carapace de tortue. Centré sur l’individu, ce titre correspond mieux au contenu du roman.

 

   Tendue sur des êtres en devenir, en proie à des conflits souvent violents, la narration est rythmée, de 1967 à 2000, par l’alternance des voix des différents protagonistes. Les mêmes faits peuvent ainsi être présentés plusieurs fois, mais ce  n’est pas du tout systématique.

   Il y a des temps forts et des pauses. Des épisodes sereins et d’autres atroces. C’est un roman d’apprentissage, mais pas seulement parce qu’il y est question d’un jeune garçon et d’un jeune homme. Les adultes aussi vont apprendre (tous, sauf l’un d’eux). Apprendre à vivre, sans doute, et dans leurs cas la vie n’est pas vraiment facile. Chaque personnage a son histoire, ses blessures secrètes, ses espoirs, ses déceptions, ses peurs et sa manière (d’essayer) de les vaincre.

 

   C’est un roman dur, âpre mais aussi très beau, comme la nature qui en est le cadre. 

 

   Un roman où la guerre du Vietnam joue un rôle important, sans que ce soit un roman sur la guerre du Vietnam, parce que l’un des protagonistes y participe et que cette participation rejaillit sur tout son environnement.

 

   Un roman où les drames les plus douloureux, grâce à l’aide des autres, finissent par être surmontés.

 

   Où l’espoir renaît parce que la vie continue, comme la rivière Chippewa continue de couler, malgré tout.

 

Tamara et Fashion ont elles aussi beaucoup aimé ce livre.

 

« Wisconsin », Mary RELINDES  ELLIS

Editions Buchet Chastel (432 p)

et en collection 10/18

 


Commentaires

 

1. Karine (mon coin lecture)  le 30-08-2008 à 15:29:00  (site)

Je l'ai noté chez Fashion et Tamara aussi. Sans leurs avis, je crois que jamais je n'aurais eu l'idée de lire un tel livre, je ne sais pas pourquoi! Mais bon, dès que je le vois en paperback... je l'achète!

2. amandameyre  le 30-08-2008 à 16:42:24

toujours pas lu, mais j'en ai très envie Sourire)

3. Leiloona  le 30-08-2008 à 20:00:26  (site)

Tout comme Karine, je ne me serais pas arrêtée devant ce livre car la couverture ne m'aurait pas attirée. Par contre, ton billet m'a donné en vie de découvrir ce roman.
"Narration rythmée, pluralité des voix"
Je note ce livre.

4. SD49  le 30-08-2008 à 21:08:39

il est deja dans ma LAL conseillé par une amie, il faut que je le trouve à la bib

5. kathel  le 31-08-2008 à 09:47:11  (site)

Je suis sûre que je me laisserai tenter lorsqu'il sortira en poche !

6. Hydromielle  le 01-09-2008 à 11:35:01  (site)

Je le note, j'aime bien ce que tu en écris.

7. Lucile  le 01-09-2008 à 13:58:43  (site)

Je l'avais déjà noté aussi chez Fashion et Tamara! Vous êtes unanimes en tout cas!

8. brize  le 02-09-2008 à 13:10:13  (site)

@ TOUTES : Il ne me reste plus qu'à souhaiter qu'il vous plaise aussi... et ça, c'est jamais gagné d'avance !

9. Tamara  le 03-09-2008 à 07:57:46  (site)

Oui, un excellent souvenir de lecture !!

10. céline de enlivrezvous  le 13-12-2009 à 14:55:57

J'ai beaucoup aimé ce livre aussi, malgré certains moments très violents, beaucoup d'espoir s'en dégage!

11. kp78  le 15-03-2010 à 12:47:17

Je n'ai pas du tout été déçue par ce livre ! Je ne l'ai plus lâché malgré des passages difficiles. un beau livre sur la beauté de la vie malgré tout.

 
 
 
posté le 30/08/08

"AYU'S BOOKS" : JEUNE BLOG A DECOUVRIR !

Cet été, pendant que chacun vaquait à ses vacances, un blog original en a profité pour voir le jour :

AYU'S  BOOKS !

      Pourquoi "original" ?

      Parce que, pour une fois, ce ne sont pas des adultes qui commentent des livres jeunesse... mais une jeune lectrice elle-même (l'auteur du blog a 13 ans) !

      Cette jeune personne (que je connais assez bien !) s'intéresse d'ailleurs, comme vous pourrez le constater, non seulement aux lectures estampillées "jeunesse" et aux mangas bien sûr mais aussi à des romans plus classiques.

 

      Elle vous attend, impatiente que vous visitiez son blog... et serait ravie s'il y en a qui, parmi vous, pouvaient  le faire connaître à d'autres adolescents !

 

   BONNE  DECOUVERTE !   

 


Commentaires

 

1. Sue  le 30-08-2008 à 17:15:12  (site)

Voilà, j'ai même déposé son lien chez moi car son blog est intéressant et de plus, ses commentaires sont pertinents.

2. sybilline  le 31-08-2008 à 13:43:11  (site)

Très sympa ton initiative, Brize! J'y suis allée et j'ai admiré ce blog très mature et fort beau.

3. Hydromielle  le 01-09-2008 à 11:34:34  (site)

Je viens de donner le lien à ma fille.

4. brize  le 02-09-2008 à 13:07:34  (site)

MERCI pour vos visites Rire1 !

5. céline de enlivrezvous  le 02-09-2008 à 16:20:10  (site)

Chouette, je vais le conseiller à ma copine libraire en jeunesse ! Super initiative !

6. liliba  le 04-09-2008 à 20:41:07  (site)

Impression pour une si jeune fille d'écrire aussi bien et "mature" !

 
 
 
posté le 28/08/08

COUP DE COEUR pour :"La Vieille Anglaise et le continent"

 

  A 80 ans, le docteur Ann Kelvin est aux portes de la mort quand son ancien élève, le professeur Marc Sénac, lui propose de transférer son esprit, par le procédé de la mnèse, dans celui d'un cachalot. Elle prolongera ainsi sa vie au maximum de deux ou trois ans mais, surtout, une mission pourra lui être confiée, en total accord avec ses profondes convictions environnementales.

 

  Vous dire qu' Ann va habiter le corps d'un cachalot ne dévoile rien de l'intrigue, puisque le livre démarre directement sur cet état de fait.

  Pour le reste de l'histoire, je resterai discrète car le roman est très court (chez « Griffe d'encre », il est répertorié dans la collection des « Novellas ») et trop en raconter conduirait rapidement à tout raconter.

  Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est que j'ai tout aimé dans ce roman, pour lequel je n'ai strictement aucune réserve à formuler (vous l'avez sans doute remarqué : ça arrive rarement... voire jamais !) : c'est un véritable COUP DE COEUR !

 

  Je vous vois d'ici prétendre qu'avec moi l'auteur avait la partie belle : l'eau est mon élément de prédilection, j'aime la mer, la natation et la plongée, donc, c'est sûr, moi aussi j'aurais accepté de m'incarner dans un cachalot (encore que, personnellement, j'aurais préféré un dauphin !). Ajoutez à cela mes préoccupations environnementales, qui ne datent pas d'hier et il y avait de quoi être certain que le livre me plairait.

  Je vous concède aisément ces points.

  Mais de tels éléments ne font pas un livre. Ce ne sont que des idées de démarrage, tout est dans leur exploitation et, évidemment, dans le style.

  Et pour ces deux aspects Jeanne-A Debats réalise un sans faute.

 

  Autour de son idée initiale, elle structure une histoire vivement menée, avec quelques retours en arrière qui permettent de mieux cerner la personnalité de l'héroïne et les conditions du « transfert », en même temps que les aventures aquatiques se poursuivent. L'intrigue avec ses rebondissements est plantée dans un contexte suffisamment bien esquissé (malgré la taille réduite du volume) pour qu'elle y soit crédible (dans son domaine, celui de la science-fiction ; je suggère au passage aux non amateurs du genre de s'intéresser malgré tout à ce roman, sous peine de se priver d'une oeuvre de qualité). Les personnages, tant principaux que secondaires, sont caractérisés finement.

 

  Surtout, l'auteur sait nous faire plonger dans l'océan en même temps qu' Ann. Nous vivons ses premiers coups de caudale, la découverte de ses congénères, la rencontre avec les profondeurs abyssales... Pour ce qui me concerne, j'étais totalement immergée dans le récit !

 

  L'histoire, écrite dans un style impeccable, est riche et prenante, voire émouvante. L'une de ses facettes touche à une dimension singulière et attachante.

Cerise sur le gâteau, la couverture du livre est superbe (j'adore le papier aussi... mais là, on va dire que j'en fais trop !) !

 

Bref, j'ai été conquise... et il ne me reste plus qu'à espérer que vous le serez aussi !

 

Pour Lucile, je sais déjà que ça a été le cas !

 

"La Vieille Anglaise et le continent", Jeanne-A DEBATS

Editions Griffe d'Encre, collection Novella ( 71 p)

 

Goelen  , à son tour, a lu et aimé.

 


Commentaires

 

1. Argantel  le 28-08-2008 à 14:52:11  (site)

Voilà un billet qui donne très envie ! :-)

2. Lucile  le 28-08-2008 à 15:05:37  (site)

Oh oui, oui oui! J'avais vraiment adoré! Sourire Je suis ravie qu'il t'ait séduite aussi! Je précise d'ailleurs que tout ce que j'ai lu de chez Griffe d'Encre m'a emballée (mon billet sur "La Porte" de Karim Berrouka paraîtra demain! Excellent mais dans un genre tout à fait différent)

3. Sue  le 28-08-2008 à 16:41:41  (site)

Merci de votre permission pour votre lien et voici mon adresse qui n'esr pas du tout restreinte. (Désolée de mon erreur)
http://entreleslignes.blogg.org/
À propos de votre coup de coeur, je note en espérant le lire bientôt.

4. La liseuse  le 28-08-2008 à 17:40:29  (site)

J'ai lu chez Griffe d'encre "Au nord-nord ouest d'éden" de Kopp. Un très bon livre de SF malgré que je ne sois très portée sur le genre. Mais quand il y a de bonne histoire, je fais un crochet par la SF. Et celui que tu présentes est tout à fait ce que j'aime. Je note !

5. maijo  le 28-08-2008 à 18:08:25  (site)

Ton enthousiasme est communicatif!

6. sentinelle  le 28-08-2008 à 18:46:32

Je ne connaissais pas du tout mais je note !

7. Cuné  le 29-08-2008 à 06:50:51  (site)

Je ne vois pas comment ne pas noter avec un tel billet ! Quel enthousiasme ! :-D

8. Tamara  le 29-08-2008 à 13:11:15  (site)

Bien que je sois peu portée sur la SF, tu m'as quand même donné envie de lire ce court roman !

9. brize  le 30-08-2008 à 14:43:05  (site)

"Enthousiaste"... j'ai l'air enthousiaste, moi smiley_id118658 ?!!!
En tout cas, bonne (future) lecture à ceux et celles qui plongeront à leur tour avec Ann smiley_id117724 !

10. bladelor  le 23-04-2009 à 21:53:52  (site)

Très jolie billet que je vais rajouter en lien de ce pas. J'ai hésité à en "faire" un coup de coeur, je n'étais pas loin, mais un peu frustrée par la longueur du texte, j'en aurais voulu davantage...

11. brize  le 24-04-2009 à 18:10:06  (site)

Bladelor, j'ai une amie qui a, comme toi, été "frutstrée" par la brièveté du texte. Ce n'est pas mon cas car je pense qu'il n'est pas toujours évident de développer en conservant la densité du récit : il faut avoir suffisamment de matière pour.
J'ai malgré tout fait part de ce regret à l'auteur, lorsque j'ai eu l'occasion de la rencontrer. Elle m'a appris qu'au départ, cette "novella" n'était qu'une nouvelle, de taille bien sûr plus réduite et qu'elle avait donc déjà dû développer pour qu'elle soit publiée.

12. Spocky  le 14-12-2009 à 17:35:23  (site)

Je ne connaissais pas du tout ce livre. Mais ton billet me donne vraiment envie de le lire. En plus, moi, fan de plongée sous-marine et de mamifères marins, je pense que je ne vais pas résister bien longtemps.

EDIT: Ah ben zut, je viens d'aller voir sur amazon, et il n'est plus disponible.Pleure1

édité le 14-12-2009 à 17:40:23

13. brize  le 15-12-2009 à 20:52:06  (site)

Spocky , ce serait bien le diable si tu n'arrivais pas à le trouver dans une des nombreuses librairies parisiennes (et voilà un bon prétexte pour aller les écumer !) !

14. L'or des chambres  le 18-02-2010 à 22:30:33  (site)

Très souvent j'ai failli repartir avec ce livre, à lire ton billet je regrette de ne pas l'avoir fait...

15. brize  le 19-02-2010 à 14:24:03  (site)

@ L'or des chambres : J'ai eu un coup de coeur pour ce roman mais (comme souvent) il ne fait pas l'unanimité, même si beaucoup l'ont apprécié : il ne me reste plus qu'à souhaiter qu'il te plaira autant qu'à moi !

 
 
 
posté le 26/08/08

"La Théorie du panda", Pascal GARNIER

   Un homme arrive dans une petite ville bretonne (loin de la mer). Il prend une chambre à l’hôtel, puis cherche un restaurant où dîner.

   Le lendemain et les jours suivants, il reste dans cette ville. Il fait davantage connaissance de José, le patron du bistrot-restaurant, dont la femme est à l’hôpital et les enfants chez la grand-mère. Gabriel, puisque c’est ainsi, nous l’apprenons, que le héros se nomme, fait à manger pour eux deux. Plus tard, il cuisinera aussi pour Madeleine la séduisante réceptionniste de l’hôtel, qui l’avait invité à sortir avec elle.

  On ne sait de Gabriel, peu à peu, que des bribes d’information données sous forme de retours en arrière, passages en italique dans le texte, en même temps que, progressivement, il côtoie d’autres personnages dans la ville. Il ne se livre pas, mais il est là lorsqu’on a besoin de lui et sa présence est appréciée, tout comme son talent culinaire. Il peut aussi sortir une liasse de billets pour acheter un cadeau à des enfants qu’il n’a jamais vus.

  Les jours se suivent comme les anecdotes quotidiennes ponctuant sa vie et l’inscrivant davantage dans ce lieu, auprès de gens qui s'attachent à lui.

  Une question demeure : qui est Gabriel ?

 

  Avec ces quelques lignes, vous voilà bien en peine pour vous faire une idée de ce livre, non ?

  Pourtant, je me suis bornée à en raconter, de manière objective, les débuts.

  Sauf que je ne l’ai pas fait avec la plume de l’auteur, Pascal Garnier.

 

 Extraits (pour illustrer mes propos) :

 

 « Il est assis, seul au bout d’un banc. C’est un quai de gare désert où s’enchevêtrent des poutrelles métalliques sur fond d’incertitude. »

« Quelques boutiques éteintes sur le boulevard, pareilles à des aquariums vides. »

« Il pleut depuis tôt ce matin, une pluie fine qui s’harmonise parfaitement à la ville, lui donne une certaine élégance, un verni de respectabilité. »

« A la table d’à côté, deux jeunes hommes empesés dans des costumes de mauvaise coupe discutaient affaire avec le sérieux des enfants qui jouent aux grandes personnes ».

« Gabriel déchire des lambeaux de barbe à papa et les laisse fondre lentement dans sa bouche. On ne devrait se nourrir que de nuages… »

« C’est une petite rue, de celles dont on ne retient pas le nom, une rue qui ne fait que passer. » 

 

   Et cette écriture, voyez-vous, ça change tout, ça vous transforme une histoire qui a l’air à la fois banale et  quand même un peu mystérieuse en une immersion dans une atmosphère qui vous capte et vous retient (en dehors du fait qu’on tourne les pages pour savoir qui au juste est Gabriel et reconstituer le puzzle de son passé).

  L’auteur peint des choses toutes simples, des scénettes du quotidien, mais avec, à chaque fois, ces sentiments qu’on dit ou qu’on ne dit pas, ces tensions sous jacentes qui affleurent soudain, cette manière qu’ont les gens, dans leurs gestes anodins, de se chercher pour se trouver ou non. Pas de dissection psychologique mais du concret qui en dit beaucoup, comme cette habitude que Gabriel a de cuisiner pour les autres, ces autres dont, souvent, trop souvent, la vie est parsemée de drames qui les arrachent à eux-mêmes et dont l’évocation ponctue le roman. 

  Le passé de Gabriel, le lecteur va l’apprendre au fur et à mesure.

  Qui il est, vraiment, il ne le saura que tout à la fin.

 

   Un roman déroutant : on croit l’avoir cerné quand, au dernier moment, il vous surprend là où vous ne l’attendiez pas.

   Et du coup, tout ce que vous aviez pu en penser, tout ce que vous venez d’en dire, devrait être revu et corrigé.

   Peut-être. Ou peut-être pas…

 

   Un petit livre plutôt vite lu... mais sûrement pas vite oublié !

 

  L’avis de Florinette, chez laquelle j’avais repéré ce titre (avec en plus tous les liens vers les autres commentaires… que je n’ai pas le courage de reprendre !).

 

« La Théorie du panda », Pascal GARNIER

Editions Zulma (175 p)

 


Commentaires

 

1. SD49  le 26-08-2008 à 08:45:13

C'est marrant je suis en train de le lire et j'ai presque fini, je le trouve très agréable ce livre et je me demande bien ce qu'on va découvrir sur le passé de Gabriel

2. kathel  le 26-08-2008 à 11:17:12  (site)

J'ai bien aimé "Comment va la douleur ?" je continuerai volontiers par celui-ci à l'occasion...

3. Lucile  le 26-08-2008 à 12:41:16  (site)

Je l'avais aussi noté chez Florinette celui-ci... Tu en remets une couche, là! ;-)

4. Karine (mon coin lecture)  le 26-08-2008 à 13:18:10  (site)

Je suis très tentée par celui-là aussi mais on dirait que cette maison d'édition est introuvable au Québec... ou bien c'est moi qui est les deux yeux dans le même trou!!! (Ca se pourrait aussi, mettons!)

5. SD49  le 26-08-2008 à 16:42:07

Oh la la je viens de le finir, quelle fin surprenante et dérangeante !!!!
Je pense effectivement qu'il restera dans ma mémoire

6. Solen  le 26-08-2008 à 19:33:09

9a me donne envie... ton commentaire et cette écriture.

7. YS  le 26-08-2008 à 21:40:47  (site)

J'avais emprunté ce livre à la bibliothèque pour mes vacances et je l'ai rendu sans le lire ; aurais-je eu tort...

8. Sue  le 26-08-2008 à 23:32:49

Un petit intermède pour vous dire que j'ai déposé votre lien sur monblog avec le plaisir de pouvoir revenir chez vous vous lire et partager sur notre passion commune. Si vous y voyez un inconvénient, m'en faire part. Merci

9. brize  le 27-08-2008 à 08:49:45  (site)

@ SD49 : J'attendais avec impatience ton second commentaire ! Je pense avoir lu le livre dans le même état d'esprit que toi... et j'ai trouvé la fin d'autant plus "dérangeante", comme tu le dis si bien !
@ Kathel : Je viens de relire ton billet sur "Comment va la douleur" : ce serait sûrement intéressant pour toi de comparer les deux livres.
@ Karine : Sinon, tu vas devoir revenir nous voir en France : on t'attend !
@ Lucile, Solen et Ys : Ce n'est sans doute pas un livre incontournable mais il est ... particulier !
@ Sue : pas de problème (mais je suppose qu'il s'agit d'un blog à accès restreint, car vous n'en donnez pas l'adresse ?) !

10. sybilline  le 27-08-2008 à 12:38:21  (site)

Encore un auteur que je ne connais absolument pas. Ce qui m'attire dans ce roman, c'est ce côté psychologie jamais exprimée mais dite entre les lignes...

11. brize  le 28-08-2008 à 12:13:04  (site)

Pour ce qui est de l'aspect "psychologie dite entre les lignes", pas de problème : il y a matière à réflexion pour le lecteur !

12. -Fleur-  le 01-09-2008 à 19:31:13  (site)

Lu aussi et beaucoup aimé

13. brize  le 02-09-2008 à 13:12:12  (site)

J'ai été trop déconcertée/perturbée par la fin pour dire que je l'ai beaucoup aimé... mais il ne m'a pas laissée indifférente !

14. Yv  le 04-10-2008 à 18:19:48  (site)

Bonjour, j'ai lu et adoré du même auteur Comment va la douleur , L'A 26 et Les hauts du bas. J'ai hate d'essayer sa théorie du panda.

15. brize  le 04-10-2008 à 18:47:47  (site)

Et j'ai hâte de lire ton commentaire (en particulier parce que tu pourras éventuellement comparer ces oeuvres entre elles) !

 
 
 
posté le 23/08/08

"La mémoire fantôme", Franck THILLIEZ : Thriller efficace !

Quatrième de couverture :

 

    Une femme à bout de souffle court sous l’orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres de sang : « Pr de retour ». Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s’est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique…

   Quatre minutes. C’est pour elle la durée approximative d’un souvenir. Après, les mots, les sons, les visages… tout disparaît.   Pourquoi ces traces de corde sur ses poignets ? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans sa chair ? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre années plus tôt ?

   Pour Lucie Henebelle, promue lieutenant à la brigade criminelle de Lille depuis l’affaire de la « chambre des morts », la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars… Une lutte s’engage, qui fera resurgir ses plus profonds démons.

 

    C’est la couverture (une fois de plus !) et le titre, ainsi que cette présentation de l’éditeur, qui m’ont amenée à choisir ce roman. Ce n’est qu’en cours de lecture que je me suis souvenue avoir lu des billets sur des livres de Franck Thilliez, qui me paraissaient un peu trop « gore » pour moi, en même temps que je me rendais compte qu’il y avait un psychopathe dans l’affaire (j’avais lu la 4ème de couverture un peu rapidement !)… alors que j’avais proclamé haut et fort que je ne voulais plus lire ce genre d’histoires !

   Mais j’étais déjà trop accrochée par la personnalité des deux héroïnes : Lucie Henebelle, lieutenant de police mère de jumelles de 4 ans et Manon Moinet, à la mémoire volatile, jeunes femmes aussi intéressantes et attachantes l’une que l’autre, pour les laisser en plan.

   J’ai donc poursuivi la lecture de ce thriller original (bien qu'il ait, une fois de plus, recours au thème rebattu du psychopathe serial killer !) et sans temps mort,  particulièrement bien construit, véritable puzzle dont il faudra attendre les dernières pages pour voir toutes les pièces finir de se mettre en place et avoir ainsi une vue d’ensemble tout à fait cohérente. J’ai survolé rapidement les passages un peu « gore » (en me souvenant que, après tout, j’étais une ancienne fan de Patricia Cornwell !), reconnaissant qu’il y avait pire dans ce domaine (ouf !).

   On notera, au passage, des informations très intéressantes sur les processus cognitifs et les mécanismes de la mémoire et on constatera que les mathématiques jouent un rôle d’importance dans le roman (seraient-elles à la mode en ce moment ?).

   Pour le reste, il s’agit d’un thriller efficace (et sensible, j’en veux pour preuve l’analyse des deux personnages féminins), sans qualité d’écriture particulière mais ici c’est l’histoire qui prime et l’auteur s’avère un conteur de premier ordre.

   Lecture que je recommande aux amateurs du genre : ils ne devraient pas être déçus !

Je précise que le fait de ne pas avoir lu « La chambre des morts » (dont le thème me paraît bien plus sordide !), où Lucie Henebelle fait sa première apparition, ne m’a absolument pas gênée.

 

 « La mémoire fantôme », Franck THILLIEZ

Editions Le Passage (et à paraître bientôt en Pocket) 

 


Commentaires

 

1. Karine (mon coin lecture)  le 23-08-2008 à 14:19:51  (site)

Ca a l'air un peu gore, en effet... mais par contre, juste le résumé m'intrigue à fond!

2. SD49  le 23-08-2008 à 20:56:24

C'est malin !!!! un livre de plus dans ma LAL ! c'est vrai que c'est tentant

3. Ys  le 23-08-2008 à 22:12:42  (site)

c'est bizarre, j'ai tendance à me méfier du polar français, peut-être parce que je trouve qu'ils ont beaucoup tendance à faire d'inutiles efforts pour copier les anglos saxons...

4. brize  le 24-08-2008 à 19:00:24  (site)

@ Karine : J'ai trouvé que cette 4ème de couverture était très bien faite (ce n'est pas toujours le cas !) et je n'ai pas été déçue par rapport à ce qu'elle laissait entrevoir du livre.
@ SD 49 : La Malédiction de la LAL en Constante Augmentation frappe a priori tous ceux qui fréquentent les blogs (moi la première !), donc je te comprends !!!
@ Ys : Je ne sais pas (en fait... je ne m'étais jamais vraiment posé la question !). Ce que je crois, en revanche, c'est qu'il y a des tas de sortes de polars, tous très différents les uns des autres (chez les anglo-saxons, par exemple, un Harlan Coben n'a rien à voir avec un Dennis Lehane) .
Bien sûr, on ne peut nier que la culture qu'ont les auteurs dans ce domaine influence leur écriture. Mais elle peut aussi être très personnelle : il n'y a qu'à considérer le cas Vargas pour s'en convaincre !

5. Lucile  le 26-08-2008 à 12:42:17  (site)

"Nana" vient de le commencer. Pour ma part, je ne l'ai pas encore lu, mais ton billet est tentant! Sourire

6. Laetitia la liseuse  le 26-08-2008 à 19:33:39  (site)

Un auteur à suivre c'est sûr ! J'ai vraiment accroché à son style en lisant "train d'enfer pour ange rouge" et "deuils de miel". J'attends la sortie poche de la mémoire fantôme avec impatience.

7. brize  le 27-08-2008 à 08:55:58  (site)

@ Lucile : C'est sans doute "Nana" qui achèvera ou non de te convaincre de le lire !
@ Laetitia la Liseuse : Tu ne devrais pas être déçue !

8. Lucile  le 01-09-2008 à 14:03:12  (site)

Hé bien, il a été plutôt déçu... Mais je le lirai tout de même un jour, il reste dans notre bibliothèque de toute façon! ;-)

9. brize  le 01-09-2008 à 14:14:58  (site)

Quand j'avais vu que "Nana" le lisait, je m'étais quand même demandé si cela lui plairait, parce qu'il me semblait que ça pouvait convenir davantage à un public féminin (et il a beau s'appeler "Nana" !!!). Après, je me suis dit que c'était peut-être une opinion idiote : après tout, j'aime bien les héros masculins, moi (cf Adamsberg !) !

10. Alwenn  le 05-09-2008 à 19:08:45  (site)

Bon, comme tu as peut-être pu le remarquer sur mon blog, c'est le genre de lectures que j'aime... et c'est vrai que celui-là me fait de l'oeil depuis pas mal de temps... ton billet confirme donc aussi tout ce que j'ai pu lire... j'attendrai peut-être en revanche qu'il sorte en poche.

11. brize  le 05-09-2008 à 19:50:37  (site)

Je l'ai lu grâce à la bibliothèque (comme la plupart des livres commentés sur ce blog). J'adore les bibliothèques smiley_id118694 !

12. SD49  le 05-09-2008 à 21:09:12

moi aussi j'adore les bibliothèques et heureusement qu'elles sont là sinon je serai ruinée ou je lirai beaucoup moins

13. BiblioMan(u)  le 14-10-2008 à 09:09:29  (site)

Bonjour... j'ai vraiment adoré ce bouquin, du début à la fin, parce que j'y ai retrouvé l'ambiance de "la chambre des morts". seul bémol, la note au lecteur franchement pas utile... "La Forêt des ombres" du même auteur reste à mes yeux son meilleur ouvrage.

14. brize  le 14-10-2008 à 21:38:21  (site)

Tiens, tu n'es pas le premier à me recommander ce roman !

 
 
 
posté le 20/08/08

"Bonjour tristesse", Françoise SAGAN

 

  Années 50, France.

  Cécile, 17 ans, passe deux mois d'été dans une villa de location du sud-est de la France, en compagnie de son père, Raymond. Celui-ci ,veuf de 40 ans, a retiré Cécile deux ans plus tôt de sa pension pour lui faire partager sa vie.

Extrait :

« Je crois bien que la plupart de mes plaisirs d'alors, je les dus à l'argent : le plaisir d'aller vite en voiture, d'avoir une robe neuve, d'acheter des disques, des livres, des fleurs. Je n'ai pas honte de ces plaisirs faciles, je ne puis d'ailleurs les appeler faciles que parce que j'ai entendu dire qu'ils l'étaient. Je regretterais, je renierais plus facilement mes chagrins ou mes crises mystiques. Le goût du plaisir, du bonheur représente le seul côté cohérent de mon caractère. »

  Cécile escorte son père dans ses nombreuses sorties nocturnes, en même temps qu'elle voit défiler chez eux les jeunes femmes qu'il séduit.

  C'est d'ailleurs la dernière en date, Elsa, 25 ans, demi-mondaine entretenue par ses amants successifs, qui les accompagne dans leur villégiature.

  Le séjour est paisible. Cécile fait connaissance de Cyril, jeune homme épris d'elle, avec lequel elle fait du bateau . Jusqu'à l'arrivée d'Anne. Belle femme de l'âge du père de Cécile, Anne est surtout une intellectuelle posée dont le mode de vie diffère nettement du leur. Alors qu'elle évince Elsa et tandis que Raymond et elle décident de se marier, Cécile panique à l'idée de voir mis en péril l'équilibre de l'existence menée avec son père, gage selon elle de leur bonheur.

Extrait :

« Il fallait absolument se secouer, retrouver mon père et notre vie d'antan. De quels charmes ne se paraient pas pour moi subitement les deux années joyeuses et incohérentes que je venais d'achever, ces deux années que j'avais si vite reniées l'autre jour... La liberté de penser, et de mal pense et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux dire « être moi-même » puisque je n'étais rien qu'une pâte modelable, mais celle de refuser les moules. »

  Cécile en vient à décider, sans trop y croire, de manipuler les personnes de son entourage pour défaire ce qui est en cours...

Extrait :

« C'est ainsi que je déclenchai la comédie. Malgré moi, par nonchalance et curiosité. Je préfèrerais par moments l'avoir fait volontairement avec haine et violence... Que je puisse au moins me mettre en accusation, moi, et non pas la paresse, le soleil et les baisers de Cyril. »

 

 

  C'est avec beaucoup de curiosité que j'ai lu ce roman. Je connaissais bien sûr l'auteur (comme tout le monde), sans plus : son univers ne m'avait jamais vraiment attirée. Mais comme j'avais demandé à une amie de me prêter la biographie écrite par M.D Lelièvre ("Sagan à toute allure") parue cette année, il me fallait quand même, au minimum, avoir lu une de ses oeuvres avant de la parcourir !

 

  Ma curiosité initiale s'est vite muée en un intérêt réel pour le récit de la narratrice, Cécile en personne. J'ai ressenti, comme elle, la chaleur oppressante de cet été dans le sud-est de la France. J'ai partagé son émoi lors de l'arrivée d'Anne, son impression que ce serait bien de changer de vie et d'opter pour la voie raisonnable, puis ses doutes.

  Car l'auteur s'y entend à rendre compte des sentiments de son héroïne, jeune fille sans complaisance vis à vis d'elle-même, scrutant ce qu'elle est autant que ce qu'elle paraît.

  Avec elle, les personnages du roman sont peu nombreux, cinq en tout et l'action est resserrée autour d'eux. Mus par leurs pulsions, ils succombent à la pantomime vaine de ce qu'est leur apparence de vie, Anne excepté, victime d'un entourage bien plus superficiel qu'elle.

  Bien que le milieu dépeint m'ait paru trop en dehors de la "vraie vie", parce que c'est celui des gens riches, échappant à toute contrainte bassement matérielle, l'histoire m'a bien accrochée et je me demandais quel en serait exactement le dénouement.

   Tout compte fait, c'est celle d'une jeune fille inconséquente (ou trop fatiguée par le soleil), qui mène la danse, au risque de se perdre un peu plus.

  Je pense que je n'oublierai pas cette Cécile de si tôt et j'admire que l'ouvrage ait été écrit par une jeune personne de seulement 18 ans... en souriant à l'idée du scandale qu'il a provoqué lors de sa sortie, en 1954 !

 

  A découvrir (si vous ne l'avez pas déjà fait !) !

 

"Bonjour tristesse", Françoise SAGAN

éditions Pocket

 


Commentaires

 

1. pom'  le 20-08-2008 à 10:24:04  (site)

je l'ai lu il y un sacré bout de temps, c'est le seul de sagan que j'ai lu.

2. kathel  le 20-08-2008 à 11:36:37  (site)

Je crois que je l'ai lu il y a longtemps, ma mémoire me fait défaut, c'est agaçant... En tout cas, tant mieux s'il a bien "vieilli" !

3. Karine (mon coin lecture)  le 20-08-2008 à 12:46:01  (site)

Il m'attend dans ma pile "officieuse", celui-ci... c'est à dire les livres que je désespérais d'avoir le goût de lire un jour! Je crois que je vais le déménager dans ma pile officielle!!! C'est déjà ça!

4. kesalul  le 20-08-2008 à 17:48:09  (site)

Je l'ai lu il y a deux ans environ et j'en ai toujours un agréable souvenir. Je ne connaissais pas les romans de cet auteur, mais je n'ai pas été déçu de cette découverte.

5. brize  le 20-08-2008 à 21:03:03  (site)

@ Pom : Je voulais au moins avoir lu celui-ci !
@ Kathel : Oui, il a bien "vieilli" (et je me demandais si c'était le cas, d'où ma curiosité !) !
@ Karine : ça vaut le coup de le déménager dans la pile "officielle" (et puis, il n'est pas très gros et se lit donc très vite !) !
@ Kesalul : Exactement comme toi, je n'ai pas été déçue de cette découverte.

6. Solen  le 20-08-2008 à 21:19:31

Je reste comme toi admirative quand je pense à l'âge de l'auteur...

7. Jules  le 22-08-2008 à 15:52:44  (site)

J'ai beaucoup aimé ce livre et depuis, je veux toujours lire autre chose de Sagan, mais la disponibilité dans les librairies fait défaut!

8. brize  le 22-08-2008 à 19:44:32  (site)

Ta quête tu poursuivras (non, je ne viens pas de revoir "La Guerre des Etoiles" !), car viennent d'être réédités un certain nombre de titres chez Julliard et il y a aussi des parutions récentes aux Carnets de l'Herne.

9. Isil  le 25-08-2008 à 18:20:41  (site)

J'ai eu exactement la même sensation à cette lecture. Je pensais m'imposer un "must read" ennuyeux et je me suis plongée dans cette histoire à priori à mille lieues de ce qui m'intéresse. Une belle découverte.

10. Leiloona  le 30-08-2008 à 20:03:45  (site)

Ce roman m'attend depuis plus d'un mois ... il faudrait peut-être que je lui accorde du temps. Clin doeil

11. brize  le 30-08-2008 à 20:25:21  (site)

@ Isil : C'est vrai que, spontanément, ce n'est pas le genre de livre qui m'intéresse ! Comme quoi nous avons eu raison de passer outre nos a priori !
@ Leiloona : Et comme ce roman est court, tu n'auras pas besoin de lui consacrer beaucoup de temps !

12. -Fleur-  le 01-09-2008 à 19:32:32  (site)

Lu il y a longtemps mais je n'en garde malheureusement aucun souvenir Bof1

13. brize  le 02-09-2008 à 13:14:26  (site)

Rendez-vous dans quelques années, Fleur : je te dirai si, de mon côté, "Bonjour tristesse" a résisté à l'usure du temps (bon test pour savoir si finalement le livre nous a marqué ou pas) Sourire1 !

14. Alwenn  le 05-09-2008 à 19:12:43  (site)

Seul livre de Sagan que j'ai lu... et il y a fort, fort, longtemps... mais j'en garde un très très bon souvenir...

15. brize  le 05-09-2008 à 19:52:27  (site)

Donc, de ton côté, il a passé le test "résistance à l'usure du temps" avec succès !

16. songes-litteraires  le 12-09-2008 à 11:16:11  (site)

Je l' ai lu il y a quelques semaines et il m' a plus également. J' ai eu la curiosité de le lire car on a pas mal parlé d' elle cette année dans la presse, du coup j' ai ét très intriguée par ce titre!
Bon classique à mettre dans toute bibliothèque, à lire de préférence en été bien évidemment!

17. Florinette  le 11-11-2008 à 18:34:45  (site)

Tout comme toi c'est un roman qui va me rester longtemps en mémoire ! Désolée, je n'avais pas vu ton article, je vais vite le rajouter dans mes liens ! :-)

18. jo  le 06-03-2010 à 02:52:14  (site)

mauvais souvenir. je l'ai lu d'un bout à l'autre en trainant les pieds. Je reconnais que la personnalité de la damoiselle est bien approfondi et que pour l'epoque et contenu de l'age de Sagan à ce moment c'est un exploit. Hélas de nos jours, c'est dépassé vu ou lu à maintes reprises sous de multiples angles. Aujourd'hui une ado qui choisi de vivre sa vie, sa sexualité etc... c'est commun

 
 
 
posté le 17/08/08

"Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir", Sylvie TESTUD

 

   Sylvie Testud raconte des anecdotes relatives à sa vie d'actrice.

  De son arrivée au Conservatoire, où elle vient d'être admise et perd ses moyens devant un monstre sacré qui lui reproche son allure sportive inconciliable avec les personnages de Molière, à la cérémonie des Césars à laquelle elle se prépare en bénéficiant du luxe du prêt d'une robe haute couture, en passant par un invraisemblable tournage dans un froid glacial, une scène d'amour dans le plus simple appareil où Sylvie fait revenir toute l'équipe sur le plateau, les scènes relatées sont nombreuses, souvent surprenantes et toutes relatées dans un style qui n'appartient qu'à la comédienne.

 

  Mais c'est justement le style qui m'a gênée !

  Un style brut de décoffrage... mais (constat paradoxal !) a priori similaire à celui qui ne m'avait pas déplu du tout dans « Le ciel t'aidera », parce que je l'avais trouvé très nature et permettant de rendre parfaitement compte des situations vécues. « Le ciel t'aidera » est postérieur de deux années et je ne l'ai malheureusement pas sous la main pour être en mesure de comparer ces deux écritures : y a-t-il une modification légère mais suffisante pour influer sur mon approche des deux ouvrages ?

  Dans « Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir », en tout cas, l'écriture m'a paru globalement à la fois primaire et lourdingue et m'a gâché la narration.

  Ou peut-être les anecdotes racontées ne m'ont-elles pas plu davantage que ça, si bien que je me suis, du coup, montrée beaucoup moins tolérante pour le style (alors que j'avais beaucoup aimé ce que Sylvie Testud présentait dans « Le ciel t'aidera ») ? Je laisse la question en suspens , mais s'il y en a parmi vous qui ont lu les deux livres, votre avis comparatif m'intéresse !

 

  Pour faire bref concernant le contenu du livre, « Bof ! » est le qualificatif qui me vient le plus spontanément à l'esprit.

   Ce n'est pas passionnant, ça se laisse lire, c'est tout et heureusement que c'est court.

   Je n'ai pas retrouvé cette salutaire autodérision qui m'avait tant plu dans « Le ciel t'aidera » (dont le thème concerne les tendances paranoïaques de l'auteur !) et m'avait rendu l'actrice infiniment sympathique . Il m'a même semblé que celle-ci faisait par moments, dans "Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir",  preuve d'une certaine complaisance, voire d'un certain narcissisme dans l'étude de ses difficultés à se lever et à se préparer le matin de bonne heure (la pauvre, quelle épreuve !) et/ou de ses états d'âme lors des tournages, narcissisme dont nous autres, simples mortels, avons tendance, je le reconnais, à facilement créditer les comédiens.

 

  Une bonne surprise toutefois, mais seulement sur la fin (est-ce à dire qu'il faut impérativement finir tous les livres que l'on commence ? Si j'en crois mon expérience, ce n'est pourtant pas toujours le cas !):

- l'avant-dernier chapitre raconte les difficultés qu'a l'actrice à se concentrer pour une scène et l'analyse psychologique qui est faite de la situation va bien au-delà de la simple anecdote, si bien qu'elle gagne en profondeur

- le dernier chapitre est tout à fait atypique (et son style ne ressemble d'ailleurs pas du tout à celui du reste du livre) : on y assiste à la difficile séparation de l'actrice d'avec le personnage qu'elle a joué, Claire ; c'est troublant, touchant et infiniment révélateur du retentissement qu'un rôle peut avoir sur le psychisme d'un comédien.

 

  Conclusion : à feuilleter pour vous faire une idée... en n'hésitant pas si vous n'êtes, comme moi, pas emballé, à vous rendre directement aux deux dernières cases !

  Recommandation : le livre « Le ciel t'aidera », du même auteur !

 

« Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir », Sylvie TESTUD

éditions Le Livre de Poche (188 p)

 


Commentaires

 

1. Hydromielle  le 17-08-2008 à 20:38:18  (site)

Je n'ai lu qu'un livre de Testud, c'est et je n'ai vraiment, mais vraiment pas aimé du tout.

2. kesalul  le 18-08-2008 à 09:18:28  (site)

Je ne suis pas vraiment tentée par ce type de bouquin. Les célèbrités qui nous distribuent leurs petites anecdotes, sans plus...

3. cathulu  le 18-08-2008 à 13:41:05

C'est rigolo, je parle d'un autre roman de cette auteure bientôt avec presque les mêmes conclusions que toi !Sourire

4. Le blog de Philo  le 18-08-2008 à 22:28:53  (site)

A bon entendeur...

5. LVE  le 19-08-2008 à 09:49:18  (site)

Le livre m'avait bien plu. Sa fraîcheur, son authenticité, son côté j'me-la-pète-pas-arrêtons-là-la-mythification-de-l'artiste, il va faire ses courses comme tout le monde... Sylvie Testude raconte bien la trouille, le trac et les mystères de la petite célébrité et l'image qu'elle véhicule auprès des autres et mêmes des proches. Une petite descente agréable dans la réalité d'un monde dont on fait tout une montagne. C'est salvateur.

6. brize  le 19-08-2008 à 12:47:03  (site)

@ Hydromielle : oui, j'avais vu sur ton blog que tu n'avais pas aimé "Le ciel t'aidera"... que justement je recommande ! Une fois de plus, les goûts et les couleurs Sourire1!
@ Kesalul : Je reconnais que j'avais le même a priori que toi. Je me suis intéressée à Sylvie Testud parce qu'une amie, qui lit beaucoup et écrit à ses heures, me l'avait recommandée.
@ Cathulu: Je ne manquerai pas de te lire !
@ Philo : Oui... mais les avis sont partagés, donc chacun jugera !
@ LVE : Ce n'est pas ainsi que j'ai perçu ce livre, qui m'a déçue. Mais peut-être est-ce parce que j'en attendais trop : cela faisait un moment que je le cherchais et j'ai été toute contente lorsque je l'ai trouvé ! J'aurais bien aimé qu'il me plaise comme à toi !

7. sentinelle  le 19-08-2008 à 20:22:29

Ce livre ne m'a jamais tentée, et tu ne m'encourages pas vraiment à dépasser cet a priori lol

8. brize  le 19-08-2008 à 21:14:29  (site)

ça m'apprendra aussi, avec mes commentaires du genre : smiley_id119168 ! C'est comme ça qu'on finit de dissuader une lectrice déjà réticente : je plaide coupable !

 
 
 
posté le 13/08/08

"Le nom du monde est forêt", Ursula LE GUIN

 

Quatrième de couverture

 

  La planète Athshe était un vrai paradis sous le couvert de la forêt qui était le monde. Des humains y vivaient en paix, dont le corps était revêtu d'une soyeuse fourrure verte et qui ne mesuraient guère plus d'un mètre.

  Puis d'autres humains, beaucoup plus grands, la peau lisse, tombèrent du ciel et entreprirent de défricher, c'est-à-dire détruire,la forêt qui était le monde. Et ils ne se soucièrent pas plus des Athshéens que s'ils étaient des animaux sauvages, violant et tuant. Ils venaient d'un monde ruiné, surpeuplé, affamé de matières premières, de bois, de grains et de terres vierges, la Terre.

  Ceci est l'histoire de la révolte de Selver, l'Athshéen qui devint un dieu dans la légende de son peuple parce qu'il lui apprit la haine et de Lyubov l'ethnologue terrien qui sauva l'honneur de son peuple.

 

  En rupture (provisoire !) de lecture pendant mes vacances, je me suis décidée à relire (ce que je ne fais quasiment jamais) ce roman (Prix Hugo 1973, traduit en français en 1979) découvert il y a plus de 20 ans, en même temps que d'autres ouvrages de science-fiction d'Ursula Le Guin, dont je me souviens seulement qu'ils m'avaient marquée.

 

  On peut considérer cette oeuvre comme une espèce d'étude illustrée de la question suivante :

que peut faire un peuple numériquement majoritaire, parfaitement adapté à son environnement mais dont le mode de vie semble primitif, envahi par un groupe dit « civilisé », bien moins nombreux mais redoutablement armé, décidé à conquérir, en le détruisant, cet environnement ?

  Pour servir son propos, Ursula Le Guin a malheureusement recours à une figure qui m'a paru extrêmement caricaturale, celle du colonel Davidson. Aucune nuance dans sa présentation : il est sûr de lui, prétentieux, raciste, incapable d'évolution, bref odieux. Personnellement, j'ai du mal à croire en un tel personnage monolithique, mais peut-être s'agit-il seulement de naïveté de ma part. Toujours est-il que cette figure m'a gênée, parce qu'elle a une importance capitale dans le roman, dans la mesure où, à deux reprises, elle sert de déclencheur d'événements dramatiques.

  Mais, au-delà de ma réticence concernant ce personnage , sans doute emblèmatique, pour l'auteur, des tares du colonialisme , le propos du roman m'a gobalement intéressée et j'ai trouvé la narration tout comme la réflexion sur laquelle elle s'appuie efficaces.

 

  Ursula Le Guin décrit en effet un peuple fondamentalement différent du nôtre : physiquement (taille d'enfants de 6 ans, pelage vert) ; dans son adaptation parfaite à son environnement : les Athshéens sont littéralement intégrés à la forêt, ils se fondent en elle ; dans son mode de vie (structure veille/sommeil radicalement différente de la nôtre) et dans sa structure philosophico-sociale originale, bâtie sur la place accordée au monde du rêve par rapport au monde réel, le premier dûment maîtrisé pour conduire le second.

  Ce peuple est absolument non violent, c'est pourquoi il lui faut quand même 4 ans avant d'être en mesure d'envisager une réaction par rapport aux Terriens .

  Le racisme terrien est dû à la méconnaissance : l'Athshéen, renommé « créate », est qualifié d'inférieur et méprisé parce que personne (sauf l'ethnologue Lyubov) ne s'intéresse vraiment à ce qu'il est.

 

  Ursula Le Guin dresse un portrait sans concession des Terriens colonisateurs d'une planète à laquelle leur arrivée (invasion) ne peut apporter que malheur et désolation. C'est un récit dur, celui d'une révolte d'opprimés dont la violence n'est que l'écho des brutalités subies. Pas d'angélisme : les Athshéens ne sortiront pas indemnes du passage des Terriens.

 

  Le plus remarquable est de constater comment chacun des groupes s'interroge sur l'« humanité » de l'autre, nous invitant ainsi à nous demander quels sont les critères qui définissent ladite humanité.

  Un récit, à mon sens, intemporel (ce qui est souvent une des caractéristiques les plus intéressantes des oeuvres de science-fiction) et à découvrir.

 

« Le nom du monde est forêt », Ursula LE GUIN

(162 pages dans l'édition Robert Laffont 1979, collection "Ailleurs et Demain"... vous savez, celle avec les magnifiques couvertures, dont un exemple figure en tête de cet article !)

 


Commentaires

 

1. sentinelle  le 13-08-2008 à 20:00:15

Une question me brûle les lèvres : cette lecture n'était pas trop "didactique" ?

2. brize  le 13-08-2008 à 20:48:47  (site)

Bonne question !
Et tu pointes sans doute, avec le recul de ta propre analyse de mon commentaire, ce qui globalement a dû me gêner et perturber mon plaisir de lecture (en fait, j'ai été un peu déçue par rapport au souvenir que j'avais, mais peut-être aurais-je dû relire un autre livre d'Ursula Le Guin ?).
Je n'irais cependant pas jusqu'à dire que le propos est trop didactique, mais c'est sûrement limite. Pour moi en effet, il était évident que, même si je lisais un roman, j'étais en face d'un auteur qui voulait transmettre un message.
Les personnages prinicpaux ne sont par ailleurs pas nombreux et le livre est trop court pour qu'on ait le temps de s'attacher à eux, ce qui est dommage.
Est-ce à dire que le "message" de l'auteur aurait gagné à être inclus dans un roman plus développé ? La question reste ouverte !

3. chiffonnette  le 18-08-2008 à 09:18:03  (site)

Le Guin est sans doute un peu didactique parfois mais elle reste un auteur d'une intelligence remarquable! En tout cas, je note ce titre et je vais m'empresser de le lire! ;-)

4. brize  le 19-08-2008 à 14:26:11  (site)

Et je lirai ton commentaire avec intérêt !

5. myloubook  le 19-08-2008 à 15:02:40

Bravo pour cette note intéressante ! J'ai lu un autre Ursula Le Guin décrivant une société disparue imaginaire mais je n'arrive plus à trouver le titre (publié chez actes sud). Très intéressant aussi, avec des documents imaginés notamment.

6. brize  le 19-08-2008 à 20:58:37  (site)

Merci, Lou !
Tu m'intrigues avec ce roman d'Ursula Le Guin publié chez Actes Sud (en particulier avec les documents imaginés que tu évoques, j'aime beaucoup l'idée). Peut-être s'agit-il de "Loin, très loin de tout" (seul titre que j'ai trouvé chez cet éditeur), mais qui semble être un ouvrage jeunesse.

7. myloubook  le 20-08-2008 à 16:05:23  (site)

Je n'avais pas le temps de le chercher hier mais voilà : "la vallée de l'éternel retour". Voici le résumé sur Amazon : A lire dans l'ordre... ou le désordre, en inventant le parcours de libre découverte d'un peuple imaginaire, de son territoire et de ses coutumes, la Vallée de l'éternel retour est avant tout un fascinant roman d'ethnofiction. Dans ce texte inclassable qui signe des noces inattendues entre le réalisme magique et la rigueur de l'observation ethnologique, Ursula Le Guin donne en effet vie, langue et histoire à la vallée, un territoire d'après le Séisme, et à ses habitants, les Kesh. Merveilleuse et singulière architecture, authentique création littéraire, livre " total " et surprenant, la Vallée de l'éternel retour s'enracine dans le drame et l'émotion des origines à travers le récit de Roche Qui Raconte, un personnage de femme qui, de l'enfance à la vieillesse, connain un bouleversant destin. Et le voyage de cette héroïne à la recherche de son identité et essayant de réconcilier en elle les deux peuples dont elle est issue donne à cette oeuvre de libre fantaisie la tonalité, plus grave, des grandes fables où se narre l'aventure de l'existence.

8. brize  le 20-08-2008 à 17:02:47  (site)

Un grand MERCI, Lou, pour cette présentation d'une oeuvre figurant comme "indisponible" à la FNAC et sur AMAZON... mais bien présente sur le catalogue du réseau des bibliothèques de ma ville, comme je viens de le constater ! Mais étant donné que c'est un pavé (pas loin de 700 pages !), on va attendre un peu pour s'y plonger !

9. Fantasio  le 02-09-2008 à 15:01:17  (site)

Je l'ai lu il y a longtemps (sans doute à sa sortie). J'en ai gardé un bon souvenir. Je crois (à vérifier) qu'il est disponible en "poche" mais couplé avec un autre roman.

 
 
 
 

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