Callum Mc Gregor est le fils de la bonne. Sephy Hadley, la fille du premier ministre. Il appartient à la classe sociale des Nihils, elle fait partie des Primas. Parce qu'il est blanc et qu'elle est noire.
Mais alors que tout devrait les séparer, l'amitié qui les a liés enfants ne s'est jamais, avec le temps, démentie et se transforme en amour, alors qu'elle a maintenant 14 ans et lui 17.
Lorsque Callum réussit l'examen d'entrée au lycée de Sephy, pourtant, gage de son accès futur à des études qui commencent à peine à s'ouvrir aux Nihils, sa satisfaction est tempérée par les difficultés qu'il escompte rencontrer sur place.
Et il ne croit pas si bien dire...
Cédant aux vives instances d'une bibliothécaire du secteur jeunesse ajoutées à celles de ma fille cadette, qui a beaucoup aimé ce livre, j'ai entamé la lecture d'"Entre chiens et loups", séduite par l'idée de voir inversées les couleurs des oppresseurs et des opprimés.
Pourtant, dans les premiers temps, je me suis dit qu'en tant que lectrice adulte je n'allais pas y trouver mon compte : le livre démarrait comme une love story adolescente contrariée et, même avec le contexte spécifique de la haine raciale (au sujet duquel je me disais qu'avais déjà tout lu), j'ai pensé un moment que je faisais fausse route et que j'allais voir défiler le catalogue des situations conflictuelles que je ne prévoyais que trop, celles que j'avais pu voir évoquées dans le cadre de la ségrégation raciale aux Etats-Unis ou dans celui de l'apartheid en Afrique du Sud.
Mais le roman, bien plus subtil que je le croyais, n'a pas tardé à retenir suffisamment mon attention pour que le lise d'une traite.
Certes, je n'ai pas vraiment ressenti l'impact que pouvait avoir sur le lecteur cette fameuse inversion des couleurs, qui n'est signalée qu'à la page 50. Est-ce parce que l'auteur, considérant qu'une fois posée elle est acquise, n'y revient guère, mais j'avoue que je ne voyais pas toujours spontanément le livre se dérouler avec les personnages noirs et les personnages blancs, je ne sais pas pourquoi mais il fallait que je fasse un effort pour me rappeler que c'est ainsi qu'ils se présentaient (c'est bizarre, je sais, ma fille n'a en tout cas pas du tout ressenti cette difficulté) et davantage de descriptions du physique des individus m'auraient été utiles . Mais, bon, rassurez-vous, je n'oubliais jamais qu'il y avait d'un côté ceux au pouvoir et de l'autre leurs quasi-esclaves, ça c'était impossible ! J'indique au passage que "nihil", en latin, signifie "rien", ce qui est éloquent, d'ailleurs l'appellation péjorative des "Nihils" est "Néants".
Donc, si j'ai cru être en mesure, au début, d'imaginer le scénario du roman, je me suis vite aperçue que je me trompais, une fois passées les premières péripéties, qu'on voit, elles, venir de loin.
Car l'histoire se densifie et se complexifie, franchissant le cadre des relations au sein du jeune couple, perturbées par l'environnement, pour aborder la question des réactions à avoir face à l'oppression. Le terrorisme pratiqué par la Milice de libération est-il ou non une solution envisageable quand toute autre possibilité d'action semble à court terme vouée à l'échec ? Sans répondre à cette épineuse question, le roman, qui ne vire pas à la romance, décline les possibilités qui s'ouvrent à Callum et décrit les chemins qu'il emprunte, ses choix n'étant pas toujours fonction de ses convictions mais aussi aiguillés par les circonstances...
Autour de nos jeunes héros, les adultes ne font pas de la figuration. Le père de Sephy est prêt à tout pour maintenir l'ordre tel qu'il l'entend face aux exactions de la Milice de libération. Les parents de Callum ont des points de vue diamétralement opposés concernant l'impact que peut avoir cette fameuse Milice. Et, au lycée, Callum découvrira qu'il existe des Primas, malheureusement minoritaires, aussi soucieux que lui de voir les choses changer.
"Entre chiens et loups" est une réflexion pénétrante et douloureuse sur les conflits raciaux ancrés dans des conflits de pouvoir. L'auteur évoque aussi bien la manipulation historico-idéologique, les ambiguïtés des comportements personnels demeurant influencés, que l'individu le veuille ou non, par l'éducation reçue, l'affranchissement difficile des préjugés et l'affirmation quasi-impossible d'une liberté dans un environnement totalitaire.
Un roman jeunesse ( pour les grands ados) fouillé et percutant, qui n'a rien d'une bluette et peut aussi intéresser les adultes.
"Entre chiens et loups", Malorie BLACKMAN
éditions Milan, collection Macadam (397 p)
Ce livre, qui peut être lu indépendamment (il y a une fin en bonne et due forme !) est le premier d'une trilogie. Les deux tomes suivants s'intitulent :
- La couleur de la haine
- Le Choix d'aimer
L'avis de deux blogueuses adolescentes, Ayu ( "L'idée est très bien traitée et l'intrigue est passionnante") et TVless ("J'ai adoré ce premier tome d'une trilogie qui s'annonce dure et poignante".) et le billet de Clochette.
En 1867, à Dove River, petit village paisible du Grand Nord canadien, le trappeur Laurent Jammet est retrouvé un jour mort dans sa cabane, égorgé et scalpé. En même temps, le jeune fils des Ross, Francis, disparaît.
Commence alors une série de chasses à l'homme impliquant aussi bien la mère de Francis que des intervenants extérieurs, Donald Moody et son chef Mackinley entre autres, envoyés par la Compagnie de la baie d'Hudson pour faire la lumière sur cette affaire...
J'ai entamé cette lecture persuadée d'avance qu'elle allait me plaire, tant j'étais heureuse de renouer avec les récits du Grand Nord. J'ai été surprise par le foisonnement de personnages, auquel je ne m'attendais pas, mais pourquoi pas, chacun était bien caractérisé et présentait de l'intérêt. Et puis, la voix occasionnelle, à la première personne, de Mme Ross, me plaisait bien.
Pourtant, arrivée vers la deux centième page, j'ai été obligée de constater que je m'ennuyais un peu (vous savez, le signe qui ne trompe pas : il me reste combien de pages, est-ce que je suis (enfin) à la moitié ?). Je continuais à attendre beaucoup de l'histoire, derrière laquelle je croyais deviner une construction savante qui allait permettre de recoller ensemble un certain nombre de morceaux jusque là épars mais je trouvais le temps long. Parce qu'à part progresser (les uns à la suite des autres, solitairement ou en groupe, en suivant la trace des précédents à plusieurs jours de distance) à travers les étendues sauvages, avec certes quelques incidents, mais vraiment mineurs... les personnages ne faisaient pas grand-chose : aucune péripétie marquante depuis le meurtre initial et, surtout, aucun élément nouveau dans le cadre de l'enquête.
Seule la curiosité m'a poussée à poursuivre (en plus, il s'agit d'un livre couronné par des prix), car j'aurais pu laisser le roman en plan à ce moment-là, fatiguée d'attendre au moins un rebondissement.
J'ai achevé ce livre sans entrain, espérant un dénouement fracassant ... mais il a continué sur sa lancée, les longues progressions laborieuses dans la neige imprimant leur rythme à un récit comportant peu d'incidents notables, même s'il y en a davantage dans les cent dernières pages (pour éclaircir ce qui s'est produit jusque là).
Ce livre bien écrit et bien orchestré manquait pour moi de dynamisme et de tension dramatique (oui, je sais, il n'y avait pas marqué "thriller" sur la couverture, j'attendais apparemment trop de ce côté-là).
Quant aux personnages, esquissés fermement mais de façon partielle (sans doute sont-ils trop nombreux pour que l'auteur puisse vraiment s'attacher suffisamment longtemps à l'un d'eux), leur aventure individuelle ne m'a quasiment jamais touchée, j'avais l'impression de les regarder mais en restant plus ou moins à l'extérieur . Pourtant certains sont davantage fouillés que d'autres, Francis et Donald en particulier, Mme Ross aussi (quoiqu'il il reste chez elle pas mal de zones d'ombre), mais ça n'a pas suffi à me les rendre vraiment proches.
Au final, un roman dont je reconnais qu'il peint avec talent des paysages et des habitants du Grand Nord... mais auquel je suis malheureusement restée assez indifférente, d'où ma déception.
"La tendresse des loups", Stef PENNEY
éditions Belfond (446 p)
L'avis de Cuné, qui a beaucoup aimé ce "moment très fort de lecture" et celui de Katell , elle aussi sous le charme "d'un récit protéiforme qui est tout sauf indigeste à lire".
2. cuné le 03-02-2009 à 13:07:27 (site)
Oh dommage ! Moi j'avais passé un excellent moment entre ces pages, oui :-D
3. SD49 le 03-02-2009 à 13:32:23
sur les loups il y a aussi Loup de nicolas Vannier il parait qu'il est très bien mais je ne l ai pas encore lu
4. kathel le 03-02-2009 à 18:19:07 (site)
Je jette juste un coup, il me semble que tu as été un peu déçue... Dommage, il est dans ma PAL !
5. La liseuse le 03-02-2009 à 18:56:41 (site)
Aïe ! c'est bien dommage. Je pense le lire pour les mêmes raisons que tu évoques. J'ai aussi un avis mitigé avec ma lecture du moment "Sur la paupière de mon père" de Sjon. J'avoue que j'ai même sauté quelques pages. Heureusement, il ne fait que 220 pages.
6. brize le 03-02-2009 à 21:01:15 (site)
@ Pascal : Merci et à bientôt !
@ Cuné : Ben oui, j'étais déçue ! Mais, bon, c'est comme ça
!
@ SD49 : En fait, je ne l'ai pas précisé dans ma présentation, mais il n'est pratiquement pas question de loups, dans ce roman ; on ne les aperçoit qu'occasionnellement en arrière-plan. Pour "Loup", je n'ai pas encore eu d'écho, mais j'avais lu, de Nicolas Vanier, "Le chant du Grand Nord" (2 tomes), dont je garde un bon souvenir.
@ Kathel : J'espère que tu aimeras, comme ça a été le cas pour Cuné.
@ La Liseuse : Oui, il ne faut surtout pas que mon billet te retienne de le lire car je pense que c'est vraiment le genre de roman dans lequel on entre bien ou pas.
Je ne connais pas l'auteur que tu évoques... mais je sais ce que c'est que de sauter des pages : je n'hésite pas à le faire au besoin (pas pour "La tendresse des loups", parce que j'avais peur de rater un élément qui serait soudain apparu concernant l'enquête et aussi parce que je voulais suivre l'évolution psychologique des personnages).
7. sentinelle le 03-02-2009 à 21:43:54
Ce livre me tentait, mais en lisant tes commentaires, je me dis que j'ai bien fait de ne pas l'avoir acheté et d'attendre de le trouver en bibli. La lisseuse aussi me fait hésiter, j'étais fort tentée également par "Sur la paupière de mon père" de Sjon mais je vais aussi attendre un peu
8. brize le 03-02-2009 à 23:00:46 (site)
Sentinelle, il m'est arrivé assez souvent d'être déçue par un livre acheté (encore récemment : "Treize lunes" de Charles Frazier, dont je n'ai pas pu, malgré mes deux tentatives, dépasser une centaine de pages... au point que je l'ai offert à la bibliothèque), si bien que j'y regarde moi aussi à deux fois (mais quand j'ai un coup de coeur pour un livre lu à la bibliothèque, il m'arrive de l'acheter ensuite, pour le plaisir de l'avoir dans ma bibliothèque et de pouvoir le prêter).
édité le 03-02-2009 à 23:02:00
9. Le blog de philo le 04-02-2009 à 09:42:59 (site)
Tout comme Sentinelle je vais donc attendre de le trouver dans une bibli. Dommage ces temps-ci, j'ai envie d'aventure. Je relirai peut-être un Clavel.
10. Aifelle le 04-02-2009 à 10:52:57 (site)
Je l'avais noté chez Cuné, qui était très enthousiaste. De toute façon, je vais attendre le poche ou voir en bibliothèque.
11. chris89 le 04-02-2009 à 11:19:17 (site)
Dommage, il est sur la LAL. Moi, qui espérais retourner dans grand nord à travers ce livre ; il semble difficile de décrire les paysages et habitants du Grand Nord...tout en apportant le rythme d'une histoire de qualité ! il est vrai aussi qu'au-delà du cercle polaire on a le sentiment d'être toujours au ralenti ....
12. brize le 04-02-2009 à 21:14:24 (site)
@ Philo, Aifelle et Chris 89 : Je crois que mes goûts me portent vers des lectures plutôt rythmées et ça peut donc coincer quand je ressens un manque dans ce domaine. Mais ce n'est que mon ressenti et j'ignore si le vôtre serait similaire pour ce roman. En tout cas, Chris, j'avais effectivement l'impression que ça allait un peu au ralenti !
13. Karine :) le 05-02-2009 à 04:01:04 (site)
Déjà que le thème me tentait plus ou moins (disons que je vis le grand nord quotidiennement depuis un mois et demi...)... je sens que je vais passer mon tour sur ce coup!
14. SD49 le 05-02-2009 à 07:22:27
moi aussi j e passe mon tour, je suis comme toi Brize il faut que ca avance avec un certain rythme ... sinon je m'ennuie
15. Florinette le 05-02-2009 à 18:02:56 (site)
Il est dans ma LAL suite au billet de Cuné, j'ai quand même bien envie de le lire tout en sachant qu'il y a un risque de déception, au moins ton billet aura déjà mis un frein à cette ardeur !
16. brize le 05-02-2009 à 18:20:37 (site)
@ Karine : Eh oui, tu n'es pas comme nous, à rechercher le charme des grandes étendues glacées !!!
@ SD 49 : Ce qui m'étonne, c'est que cette notion de rythme, dont je croyais jusqu'à il y a peu qu'elle pouvait faire l'objet d'un jugement objectif, fait aussi partie des appréciations subjectives : je l'ai constaté récemment (mais je ne sais plus à propos de quel roman), parce que là où moi j'avais "diagnostiqué" un manque de rythme, un ou plusieurs autres lecteurs ne l'avaient pas perçu ainsi. Du coup, maintenant, je me méfie et j'inclus le critère "manque de rythme", comme les autres, dans le domaine de mon ressenti subjectif de lecture !
@ Florinette : Ce serait dommage de ne pas le lire car ton appréciation peut tout à fait rejoindre celle de Cuné et non la mienne.
18. brize le 09-02-2009 à 11:38:45 (site)
Sybilline, c'est comme d'hab... seulement mon humble avis
!
19. Katell le 10-02-2009 à 11:01:02 (site)
J'ai dévoré ce roman et suivi cette hivernale randonnée, presque sauvage, avec délectation!
Ce sont les aléas de la lecture....moi aussi je passe à côté de romans que beaucoup de blogueurs ont apprécié.
Else, jeune autrichienne de bonne famille, âgée de dix-neuf ans, est en villégiature avec sa tante en Italie, dans un hôtel de montagne. Un télégramme de sa mère vient perturber cet agréable séjour. Else apprend en effet que son père, une fois de plus, a des problèmes d'argent. Il faut donc qu'elle aille demander à M. Dorsday, un vieil ami de la famille qui séjourne dans le même hôtel, de prêter trente mille gulden à ses parents.
Mais M. Dorsday, auprès duquel Else se résout à formuler cette requête, met une condition à ce prêt : qu' Else le laisse la regarder, nue, pendant quinze minutes...
Je ne connais pas grand chose à la musique, mais il me semble que la construction de "Mademoiselle Else" (publiée en 1924), longue nouvelle en forme de monologue intérieur, pourrait sûrement être assimilée à celle d'une pièce musicale.
On commence en effet avec un petit air guilleret : Else est une jeune fille qui aime badiner. Elle manie l'ironie avec bonheur et ne se prend pas trop au sérieux. même si elle est consciente de l'attrait qu'elle exerce sur les autres, les hommes en particulier, bien sûr. Des fantasmes de jeune fille lui traversent l'esprit. Elle est heureuse de vivre.
La lecture de la missive de sa mère la trouble, autant que la nécessité impérieuse dans laquelle elle se trouve d'aller solliciter M. Dorsday, alors qu'elle n'en a nulle envie. D'espiègle, la musique se fait plus mélancolique.
Déjà mise au supplice lorsqu'elle s'exécute, c'est une tempête (on imagine le tumulte des instruments) qui se déchaîne en elle lorsque, en réponse, l'ami de la famille formule son incroyable requête : Else envisage tout (y compris le suicide de son père, qu'elle évoque à plusieurs reprises (le thème du suicide apparaissant d'ailleurs comme un leitmotiv dans la nouvelle), plutôt que satisfaire à ses exigences.
Dès lors, l'insouciance initiale est battue en brèche par l'angoisse de cette dette à régler et des moyens à mettre en œuvre : satisfaire aux exigences de Dordsay, préférer laisser son père se suicider ou se faire jeter en prison (puisque, de toute façon, il recommencera à faire des dettes, elle en est sûre).
La tension monte crescendo. La musique s'amplifie jusqu'à devenir tonitruante. Les pensées d'Else s'affolent complètement, comme elle.
Else est une jeune fille exaltée. Mais aussi une jeune fille clairvoyante, qui a conscience de sa valeur marchande, dont elle constate que ses parents font usage. Une rêveuse et aussi une sensuelle mais en aucun cas quelqu'un de déraisonnable, même si, soudain, elle perd pied, en proie à une insurmontable panique.
Le lecteur la voit prise dans le tourbillon de ses égarements, il suit les irrépressibles mouvements de son âme. L'ironie initiale d'Else devient soudain beaucoup plus acerbe, comme si ses yeux s'ouvraient sur la dureté de son environnement. Brinquebalé au cœur des méandres des pensées d'Else, on se demande ce qu'elle va faire (surtout, ne lisez pas la quatrième de couverture : dans mon édition, elle donne tout simplement le résumé de l'histoire !). Tout va très vite et, soudain, le dénouement.
J'ai relu cette étonnante nouvelle (découverte il y a quelques années, après avoir vu un téléfilm qui en était l'adaptation) avec plaisir, dans le but d'en parler sur ce blog et de vous donner envie, si vous ne la connaissez pas, de vous y plonger.
Une fois de plus, il y aurait encore beaucoup à dire et cela me plairait d'approfondir l'analyse... mais le texte est déjà court, alors si je vous en raconte trop, vous n'irez jamais le lire !
"Mademoiselle Else" est une œuvre réputée : sa conception originale (un monologue continu), sa représentation critique de la place de la femme dans la société du début du vingtième siècle et, bien sûr, son héroïne au tempérament passionné, sont autant d'éléments susceptibles d'intéresser et de séduire les lecteurs actuels !
Extrait (le début de la nouvelle) :
"Tu ne veux vraiment plus jouer, Else?" - "Non, Paul, je n'en peux plus. A tout à l'heure. Au revoir, chère Madame." - "Mais enfin, Else, ne m'appelez pas toujours Madame. Dites Cissy, tout simplement."- "Au revoir, Madame Cissy." - "Pourquoi partez-vous déjà, Else ? Il nous reste deux bonnes heures avant le dinner." - "Jouez votre simple avec Paul, Madame, mois je vous gâcherais votre plaisir, aujourd'hui." - "Laissez-la chère Madame, elle fait du genre, c'es son jour. Un genre d'ailleurs qui te va à ravir, Else... Et ton sweater rouge, encore mieux." - "J'espère que tu auras plus de succès avec le genre bleu, Paul. A tout à l'heure."
Une assez belle sortie. J'espère qu'ils ne me croient pas jalouse... Je jurerais qu'ils ont une liaison, cousin Paul et Cissy Mohr. Rien au monde ne m'indiffère davantage... Je me retourne et leur adresse un signe de la main. Un signe de la main et un sourire. Ai-je l'air de faire du genre maintenant ?... Dieu, ça y est, ils jouent. En fait, je joue mieux que Cissy Mohr ; et Paul non plus n'est pas vraiment un matador. Il a une belle allure pourtant... avec son col ouvert et sa tête de méchant garçon. Si seulement il était moins affecté. Tu n'as rien à craindre, tante Emma...
Quelle magnifique fin de journée ! Le temps aurait été idéal pour escalader le Rosetta, jusqu'au refuge. Qu'il est majestueux, le Cimone, dressé dans ce ciel ! ... Nous nous serions mis en route à cinq heures. J'aurais eu mal au cœur, comme d'habitude. Après, ça passe... Il n'y a rien de plus sublime que de marcher dans l'aurore... L'Américain borgne, sur le Rosetta, avait l'air d'un boxeur. C'est peut-être à la boxe qu'on lui a crevé l'œil. J'aimerais assez me marier en Amérique, mais pas avec un Américain. Ou alors je me marie avec un Américain, et nous vivrons en Europe. Villa sur la Riviera, escalier de marbre plongeant dans la mer. Moi, étendue nue sur le marbre... Il y a combien de temps que nous étions à Menton ? Sept ou huit ans. J'en avais treize ou quatorze. Ah, nous connaissions des jours meilleurs, alors...
"Mademoiselle Else", Arthur SCHNITZLER
éditions Le Livre de Poche, collection biblio (94 p)
1. keisha le 01-02-2009 à 11:52:20 (site)
j'ai entendu parler de cet auteur récemment par un libraire (un vrai). Y a-t-il des points communs avec Zweig ?
2. Aifelle le 01-02-2009 à 13:25:58 (site)
Je l'ai lu il y a longtemps et en garde un bon souvenir. J'aime cette époque et ce genre d'écrivain.
4. Alwenn le 01-02-2009 à 22:52:04 (site)
Noté aussi ! Ce début me plaît bien et tout ce que tu en dis aussi !
5. Karine :) le 02-02-2009 à 04:26:43 (site)
Comme Keisha, je me faisais la réflexion à savoir si ça peut rejoindre Zweig par certains côtés. Parce que si c'est le moindrement le cas, c'est certain que je le lirai!!
6. brize le 02-02-2009 à 08:49:50 (site)
@ Keisha et Karine : Zweig (1881- 1942) et Schnitzler (1862 - 1931), tous deux Autrichiens, sont contemporains, même si, comme vous pouvez le constater, Zweig est beaucoup plus jeune. D'après les renseignements que j'ai pu glaner sur Internet, Zweig nourrissait une grande admiration pour Schnitzler, avec lequel il a d'ailleurs entretenu une correspondance.
Quant à répondre sur la question des points communs... je passe le relais à qui voudra bien s'y coller, car mes connaissances sur ces deux auteurs sont bien trop succinctes pour que je me risque à une étude comparative de leurs œuvres : de Zweig, je n'ai lu en effet que "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme", et pas assez récemment pour que je puisse me lancer dans une quelconque analyse.
@ Aifelle : J'avais adoré la voix off du téléfilm (preuve que la télé mène à tout !) et je l'ai tout à fait retrouvée ensuite dans la nouvelle qu'il m'a fait découvrir.
@ Leiloona et Alwenn : De toute façon, quand bien même vous ne seriez finalement que modérément conquises, vous aurez fait une lecture culturelle... donc c'est déjà tout bon !
7. Florinette le 02-02-2009 à 19:16:49 (site)
Je ne connais pas ce livre et ce que tu en dis me plaît déjà, donc c'est noté !
8. brize le 03-02-2009 à 08:47:38 (site)
C'est une nouvelle qui pourrait tout à fait te plaire, Florinette !
9. Aliénor le 05-02-2009 à 15:36:01 (site)
En tout cas tu nous donnes envie de le lire ! Je l'ajoute de suite à ma liste.
10. brize le 05-02-2009 à 18:43:52 (site)
Aliénor, je me réjouis de t'avoir donné envie de lire cette nouvelle car je n'ai rédigé ce billet que dans ce but (en plus, tu te rends compte, moi qui n'ai pas du tout l'habitude de relire, je l'ai même relue pour être sûre d'en parler correctement ! )
!
11. sybilline le 08-02-2009 à 16:16:23 (site)
Schnitzler est, d'après mon lointain souvenir, beaucoup plus caustique que Zweig (qui ne l'est pas du tout) et ses personnages sont bien plus antipathiques.
Mais tu m'offres là une belle occasion de m'y réessayer et peut-être d'y recueillir une tout autre impression.
A suivre donc...
Jamal Malik, un jeune Indien issu des bidonvilles, gagne une somme faramineuse au jeu "Qui veut gagner des millions ?"... et se retrouve arrêté, accusé de tricherie. Son interrogatoire (musclé, au moins au début) est le prétexte à des retours en arrière successifs qui permettent de reconstituer le cours de sa vie...
Quelques billets élogieux (dont ceux d' Anne et d' Ys) m'ont encouragée à aller voir ce film, en version originale.
Plongée sans concession dans les bas-fonds de l'Inde , "Slumdog millionaire" vaut sûrement mieux qu'un documentaire pour appréhender une réalité qu'on vit de l'intérieur, par l'intermédiaire des tribulations d'un enfant puis d'un jeune homme sans arrêt contraint à la débrouille et amené à se frotter malgré lui à quelques personnages sans scrupules .
Il y a des moments très durs dans ce film extrêmement tonique et pas du tout glamour, malgré la quête par le héros d'une dulcinée perdue. Contrairement à ce que j'ai pu lire chez certains critiques journalistiques (Télérama notamment, pour ne pas le nommer), je n'ai pas trouvé que le réalisateur (ou l'auteur, en l'occurence) cherchait à prouver qu'un jeune homme franc et sincère pouvait toujours s'en sortir, dans l'Inde actuelle.
Non, je n'ai vu aucune démonstration dans ce film (auquel on pourrait éventuellement reprocher le côté itératif du scénario : pour expliquer ses bonnes réponses successives, le héros raconte à chaque fois une aventure de son passé), aucune morale manichéenne ou autre, juste une histoire, point, dont je n'ai pas tiré de "leçon" particulière mais que j'ai appréhendée comme un prétexte pour donner à voir l'Inde d'aujourd'hui.
Ancré dans la vision d' un pays dont on se demande comment il peut continuer à s'en sortir ainsi, le film, à mon avis, dépasse en effet son propos anecdotique pour nous rappeler, à nous autres occidentaux nantis, par la force des images et le biais d'un récit mené tambour battant, ce que le mot survie signifie.
C'est peu et c'est déjà beaucoup. C'est, en tout cas, au-delà de l'intérêt ponctuel des situations, de la qualité des prises de vue et de l'interprétation des acteurs, ce que personnellement j'en retiendrai.
"Slumdog millionaire", un film de Danny Boyle
2. keisha le 30-01-2009 à 13:32:59 (site)
En fait j'aimerais bien lire le livre,finalement ! Tu ne l'as pas lu, je crois?
3. liliba le 30-01-2009 à 18:12:39 (site)
J'ai beaucoup aimé le livre (La fabuleuse histoire d'un indien malchanceux qui devint milliardaire), plein d'humour, t rès original et qui permettait de visiter l'Inde et de découvrir ses cultures de façon bien ludique.
4. Karine :) le 30-01-2009 à 18:18:39 (site)
JE crois que je vais déterrer le livre de ma pile! IL ne reste qu'à le trouver!!
5. manu-- le 30-01-2009 à 18:38:19 (site)
Moi aussi, je crois que j'ai plutôt envie de lire le livre
6. shalimar le 30-01-2009 à 19:41:57 (site)
je te conseille le livre qui est tres different et que j'ai prefere (parce que lu avant d'avoir vu le film ? possible !)
a bientot
(PS : j'utilise le pseudo draio sur le blog http://club-de-lecture.vefblog.net/)
7. brize le 30-01-2009 à 22:19:44 (site)
@ Ys : Tu m'avais demandé combien d'avis positifs il me fallait pour me décider à aller le voir... et je me suis dit que tu avais raison, j'en avais quand même lu déjà assez pour ne pas avoir l'impression de prendre trop de risques !
@ Keisha : Non, je n'ai pas lu le livre et je n'avais pas trop l'intention de le faire... mais après les commentaires de Liliba et Shalimar, je crois que je vais me laisser tenter !
@ Liliba : Ton appréciation sur le livre est tellement élogieuse que je le lirai peut-être, ce que je n'avais pas trop l'intention de faire !
@ Karine : Oui, c'est le moment adéquat pour extraire ce livre des profondeurs de ta PAL !
@ Manu : J'ai préféré aller voir le film, parce que le temps que je lise le livre (et déjà, je n'étais pas décidée à le faire)... j'avais peur que le film ne passe plus dans ma ville ! Et puis, j'aime bien avoir la surprise en allant voir un film.
@ Shalimar : Ton avis sur le livre s'ajoute à celui de Liliba... je vais finir par aller acheter le roman !
Merci pour ta précision sur ton pseudo sur vefblog : je n'aurais jamais fait le rapprochement !
8. Catherine de La culture se partage le 31-01-2009 à 20:12:25
Bonjour, j'ai vu ton commentaire sur le blog de Petite Pom concernant le défi Littérature policière sur les 5 continents. Vas-tu participer ?
PS : J'ai lu le livre mais pas vu le film.
9. brize le 31-01-2009 à 21:57:27 (site)
Catherine, j'ai souhaité un "Bon challenge " à Pom'... mais je n'ai pas l'intention d'y participer ! J'étais déjà au courant de ce challenge et je trouve le thème super, mais je me connais assez pour savoir que dès qu'il est question de contrainte de lecture, ce n'est pas mon truc, ou alors à dose homéopathique, comme pour le défi "Blog-o-trésors" de Grominou ou ma toute récente inscription au Blogolub de lecture : là, on est déjà au maximum de ce que je peux exiger de moi
!
10. SD49 le 01-02-2009 à 19:23:07
Quel dépaysement !!!! j'ai beaucoup aimé ce film, et la façon dont il est tourné.
11. insatiable lectrice le 02-02-2009 à 09:50:48
Je trouve que ce film mérite d'avoir tous ces beaux billets!
Je ne suis pas trop tentée par le livre: j'ai vraiment envie de rester sur les images du film.
12. brize le 03-02-2009 à 08:51:34 (site)
@ SD49 : Oui, nous voilà bien loin de nos univers protégés...
@ Anne (Insatiable Lectrice) : Je suis allée voir une partie des billets au sujet du livre recensés sur "Blog-o-book" et certains avis mitigés me conduisent à différer mon intention de lecture !
13. Naina le 07-02-2009 à 18:25:25 (site)
Pour avoir une vision plus globale de l'Inde d'aujourd'hui et comprendre comment ce pays s'en sort, je te conseille la lecture de "Planet India" de Mira Kamdar.
Tu peux lire mon billet sur ce livre : http://notesdelecture.canalblog.com/archives/2008/12/09/11688750.html
14. brize le 09-02-2009 à 11:43:17 (site)
Naina, merci pour cette très intéressante piste de lecture !
15. uncoindeblog le 10-02-2009 à 21:46:21 (site)
J'avais lu le livre et me suis laissée tenter par le film. Ce que tu en dit est très vrai. Comme souvent, des éléments sont manquants, mais le(s) scénariste(s) ont su utiliser des moments intéressants et essentiels du livre.
Je suis rarement d'accord avec les critiques de Télérama mais j'aime beaucoup les lire avant-après afin de râler un peu ;-)
16. brize le 11-02-2009 à 22:00:10 (site)
Et puis, il est normal que nous exercions notre sens critique... en critiquant les critiques
!
17. Patachousse 1 le 15-02-2009 à 14:06:33 (site)
Un de mes films préférés, des très bons acteurs, des paysages sublimes, une histoire émouvante... Un film à voir absolument !
18. brize le 15-02-2009 à 21:23:03 (site)
Il ne fait pas l'unanimité (il a été descendu dans l'émission "Le Masque et la Plume"... et les auditeurs se sont insurgés en envoyant des tas de lettres ou courriels de mécontentement !), mais aucun film ne peut, de toutes façons, prétendre à cela.
22. alexledingue le 22-03-2009 à 12:42:37
Ce film est une (grosse) bouze. Désolé.
Il est filmé à la truelle, enfile les clichés les plus misérabilistes possibles sur l'Inde les uns après les autres, caricature une culture bien plus complexe que cela, sombre dans le gnangnan le plus pathétique (la mort du frère en disant "Dieu est grand"), véhicule une idée catastrophique de la femme. La structure narrative est répétitive et surtout sans cesse surlignée (les explications sur le taux d'audience de l'émission qui augmente au fur et à mesure que le Jamal Malik gagne de l'argent sont dignes d'un téléfilm de M6). Les bons sentiments, et surtout les gentils ils gagnent à la fin !! Une horreur absolue et surtout tout simplement un mauvais film couronné sur ses bons sentiments. Allez (re)voir Trainspotting !!!!
23. brize le 22-03-2009 à 12:56:54 (site)
@ Aurore : C'est un film que je ne regrette pas d'avoir vu.
@ Alexledingue : Je savais que le film était controversé et j'ai lu avec intérêt ton commentaire très argumenté.
Moi qui pensais, grâce à ce film, avoir mieux pu approcher l'Inde... je me dis qu'il faudra que j'aille confronter cette image (que tu juges désastreuse) à d'autres, via des films ou des livres.
24. la-ronde-des-post-it (laptitesardine) le 25-05-2009 à 03:13:23 (site)
un coup de coeur pour ce film que j'ai vu une fois au ciné, et revu une fois avec des amis à qui je n'avais cessé d'en faire l'éloge!!
la VO est formidable!
En ce milieu du XXIème siècle, les milliardaires qui ont eu le malheur de perdre leur corps ont trouvé moyen de continuer à exister grâce à des Copies informatiques de leurs esprits. Simulations d'eux-mêmes, ils vivent désormais dans des simulations de notre univers.
Paul Durham, conduisant des expériences avec plusieurs de ses propres copies, fait une découverte de dimension historique. Tout système suffisamment complexe peut exister sans support informatique : il trouve dans la trame de l'Univers l'assise nécessaire et peut s'étendre sans limite. Plus besoin de réseaux et d'ordinateurs ; plus besoin, même, de réalité. Durham entreprend alors de créer une cité virtuelle parfaite, Permutation City, où des humains pourront continuer à vivre au-delà de leur mort physique. Eternellement. Il intéresse à son projet quelques milliardaires soucieux de se mettre à l'abri des aléas du monde charnel, en leur proposant un pari pascalien : si ça marche vous serez immortels, si ça ne marche pas vous n'aurez perdu que de l'argent.
Durham est-il un chercheur, un illuminé ou encore un escroc ? Et l'amour a-t-il encore une place entre deux simulations dans un univers virtuel ?
A travers une intrigue digne d'un thriller métaphysique, Greg Egan réussit à faire passer et comprendre tous les concepts de la réalité virtuelle.
"La cité des permutants" (paru en France en 1996) a la réputation d'être une œuvre majeure de la science-fiction actuelle, en même temps qu'un roman ardu... ce que j'ai pu constater !
Mathématicien de formation et informaticien de métier, l'auteur, Greg Egan, assoit effectivement son roman sur un certain nombre de théories scientifiques (dans le domaine, notamment, de la biochimie moléculaire sans oublier, aussi, la "théorie de la poussière"), dont l'exposé, pourtant rapide, m'est, soyons honnête, souvent un peu passé au-dessus, même si j'en comprenais le sens global. Cela ne m'a pas empêchée de poursuivre mon incursion dans d'improbables et fascinantes contrées.
Pourtant, je n'irai pas jusqu'à dire que, dans "La cité des permutants", le fil narratif est très bien tendu et le roman brillant par sa construction. La progression est relativement linéaire et assez lente et elle s'effectue par le biais d'une focalisation successive sur divers personnages suivis d'abord individuellement, jusqu'à ce que le récit les amène à se croiser (ou non, d'ailleurs !). Rien d'original là-dedans et si l'on y ajoute son abord par moments difficile, force est de constater que ce roman était perfectible.
Mais sa séduisante originalité réside dans le fond, la matière sur laquelle le romancier a travaillé.
Qui ou que sommes-nous, qu'est-ce-qui nous définit comme personnes ? Un réseau de perceptions connecté à un environnement réel est-il indispensable dès lors que notre moi intime a été dupliqué au sein d'un programme informatique qui le reproduit dans son intégralité et sur lequel, qui plus est, nous pouvons jouer à l'infini en en modifiant tous les paramètres ? Et si cette nouvelle vie, virtuelle, pouvait être vécue sans limitation dans le temps, souhaiterions-nous la vivre et, si oui, qu'en ferions-nous ?
Partant du postulat que la réalité virtuelle est envisageable, Greg Egan décline les possibilités qui s'offrent à lui de manière subtile, au point que le lecteur (comme certains personnages) est parfois pris de vertige en appréhendant le redoutable jeu de miroirs dans lequel l'image (ou le mirage ?) du réel se perd à l'infini. Parce qu'à l'intérieur de la Cité des Permutants, il y a aussi un autre monde qui a été créé, à partir d'un autre type de réalité, celle du Cosmoplexe, dont l'expansion s'est effectuée avec, à la base, seulement quelques cellules viables livrées à leur propre évolution. Si bien qu'à la fin du roman, deux réalités virtuelles coexistent, densifient le postulat initial et provoquent un rebondissement ultime percutant pour la narration.
J'ai beaucoup apprécié cette plongée dans des univers virtuels où l'esprit (ou l'âme ?) continue à exister sans dimension charnelle et où les bénéficiaires de cette "immortalité" réagissent de manière très personnelle à leur nouvel environnement, où l'on s'interroge, incidemment, sur sur ce qui fonde notre rapport à nous-même et aux autres et sur l'intérêt que nous prêtons à notre passage individuel sur terre (un passage qui n'en serait alors plus un, puisqu'il n'aurait jamais de fin).
Un roman complexe et troublant, parsemé d'images belles et incroyables (Maria manipulant directement les cellules du Cosmoplexe, une Copie décidant d'escalader à l'infini la façade d'un immeuble, les paysages des mondes virtuels...), dont je recommande la lecture aux amateurs de SF.
"La cité des permutants", Greg EGAN
éditions Robert Laffont, collection Ailleurs et Demain (329 p)
et aussi au Livre de Poche SF
3. Karine :) le 30-01-2009 à 19:31:52 (site)
Ca semble un peu compliqué pour moi... je crois que je suis trop novice en matière de SF! Ca semble bien particulier comme lecture!
4. chiff le 30-01-2009 à 21:27:18 (site)
Sans doute complexe, mais alléchant. Je n'ai encore rien lu d'Egan!
5. brize le 30-01-2009 à 22:05:48 (site)
@ Liliba : C'est vrai que c'est un peu space !!!
@ Karine : Oui, pour un novice en SF, ça risque d'être un peu raide !
@ Pom' et Chiff : Pour des amatrices de SF comme vous, la découverte d'Egan serait intéressante (et "La cité des permutants" est un des ouvrages que P. Curval m'avait recommandés quand je lui avais demandé quelles étaient les oeuvres marquantes en SF de ces vingt dernières années).
6. Isil le 01-02-2009 à 13:07:41 (site)
J'ai envie de lire cet auteur mais je vais attendre d'avoir fini la trilogie martienne de Robinson qui dans le genre aride se pose là aussi. Deux en même temps, je n'y survivrais pas.
7. brize le 01-02-2009 à 13:20:14 (site)
Tu as bien raison, Isil : faut pas abuser des bonnes choses !
8. BiblioMan(u) le 05-02-2009 à 10:31:29 (site)
J'ai essayé de lire plusieurs fois du Greg Egan mais j'avoue que le courant Hard SF auquel il appartient me laisse toujours perplexe et que, parfois, j'y comprend goutte !
Le roman ouvre sur une scène forte, en 2003, alors que la principale protagoniste, Helen, est âgée de 57 ans.
Puis, de manière kaléidoscopique, au gré de retours en arrière qui s'enchevêtrent, le lecteur découvre des pans de son passé plus ou moins récent. Progressivement, il reconstitue l'histoire de cette femme née en Roumanie et dont l'émigration aux États-Unis avec son mari Jacob et leur fils Alexandru, alors qu'elle avait quarante ans passés, a débouché sur une réussite socio-professionnelle avérée.
En parallèle à son parcours se dessine celui de son fils, Alexandru, pour lequel elle souhaite plus que tout "un brillant avenir", qu'elle juge entravé par la présence de sa compagne, Marie ...
J'ai immédiatement accroché à ce roman, alors même que je n'étais pas convaincue qu'il me plairait, malgré les billets élogieux lus à son sujet, parce qu'une amie guère enthousiaste m'avait dit que ce n'étaient que "des histoires de famille".
Il est effectivement beaucoup question de famille(s) dans ce roman, la famille (d'adoption) comme seul point d'ancrage pour Helen, enfant, au fil de ses nombreux déménagements. Mais la famille qui s'oppose plus tard à sa relation avec Jacob, au motif qu'il est juif. Et la famille qu'Helen reconstitue à son tour et au travers de laquelle elle exerce, sans paraître le percevoir, une pression continue sur son propre fils, sans jamais y décerner comme un écho de la pression qu'elle a subie.
Il est aussi question de racines et de déracinement, d'attaches qu'on peut ou veut rompre (ou non), de la nécessité de se propulser en avant pour tracer son chemin personnel et de la douleur accompagnant souvent ce parcours.
Helen est le personnage central mais le point de vue bascule occasionnellement du côté de Marie, la compagne de son fils Alexandru, offrant un autre aperçu, très éclairant, d'une même situation. Découvrir Helen au travers des différents âges de sa vie permet de mieux comprendre ce qui la meut. Le portrait gagne en profondeur parce qu'il inscrit l'individu dans la durée et, partant, dans la complexité des choix qui l'ont façonné. Quant aux êtres qui entourent Helen, à part Marie, ils ne sont vus qu'au travers des yeux de l'héroïne.
Si l'auteur ne se perd pas en longues digressions psychologiques, elle a l'art de capter les sensations et les tensions et de les esquisser rapidement ou bien de les rendre perceptibles par les gestes et les actes de ses personnages.
Beaucoup de scènes fortes ponctuent la lecture, puisque le principe du roman est de reconstruire le passé d'Helen au travers de fragments de mémoires, de souvenirs de passages décisifs vivement ancrés en elle.
Les résonances que ce roman a eues en moi me semblent tenir à deux causes. D'une part, l'intérêt de l'histoire proprement dite, s'attachant à une femme d'exception venant d'un pays, la Roumanie, marqué par la dictature.
D'autre part, la capacité qu'a l'auteur de brosser des sentiments poignants, parfois inavouables, de pointer du doigt une situation ou un état dans lesquels le lecteur peut d'ailleurs, par moments, reconnaître des pans de son vécu, parce qu'il est certaines choses qui atteignent l'universel (en particulier les difficultés de communication entre les êtres d'une même famille, les incompréhensions résultant d'incidents mineurs ou la manière dont nous pouvons nous éloigner irrémédiablement de ceux qui font obstacle à notre volonté d'avancer).
Un beau roman à la construction originale, irrigué d'amour (notamment celui qu'Helen porte à son mari Jacob et à son fils Alexandru) et marqué par la difficulté qu'il y a , souvent, à exister avec les autres.
"Un brillant avenir", Catherine CUSSET
éditions Gallimard (369 p)
1. Leiloona le 27-01-2009 à 13:49:31 (site)
Nous partageons le même avis sur ce livre.
En revanche, je trouve qu'une certaine mélancolie se dégage de ce livre. Voir ce qu'est devenu Jacob au fil des ans m'a troublée. Peut-on à ce point changer au cours d'une vie ? Peut-on devenir l'ombre de soi-même ?
2. keisha le 27-01-2009 à 13:55:19 (site)
De toute façon j'aime bien l'auteur et je comptais le lire, ce livre !
3. brize le 27-01-2009 à 13:58:51 (site)
La mélancolie que tu évoques, Leiloona, je l'ai aussi ressentie, mais elle m'a semblé en grande partie liée aux périodes les plus proches chronologiquement, celles où Helen et surtout Jacob (qui est plus âgé qu'elle) commencent à sentir sur eux le poids des ans et vivent donc encore plus durement toute difficulté avec l'entourage (et la fin du livre est mélancolique, même si la vie continue, avec Camille).
Certes, la figure de Jacob s'affaiblit, mais pour moi c'est directement lié à l'âge et à ses problèmes de santé, qui ont tendance à le conduire à se refermer sur lui-même.
Et tu as bien raison, Keisha
! De mon côté, je connaissais l'auteur de nom, mais je n'avais encore rien lu d'elle.
édité le 27-01-2009 à 14:00:23
4. cathulu le 27-01-2009 à 19:06:16
Alors que j'avais aimé les précédents, celui-ci m'est tombé des mains au sens propre. je l'ai trouvé plat et je me fichais des personnages comme d 'une guigne !
5. brize le 27-01-2009 à 19:51:10 (site)
Aïe... tu rejoins l'amie qui n'avait pas aimé (en fait, j'ignore si elle l'a lu jusqu'au bout !) ! Mais je ne suis pas plus étonnée que ça : en fait, ce qui m'a étonnée, c'était d'accrocher (et pourtant, ce fut bien le cas !), d'autant que je ne partais pas conquise d'avance. Bon, je crois qu'une fois de plus il n'y a rien à comprendre : ça passe ou ça casse ... et ça rappelle, une fois de plus, le caractère très subjectif de nos avis !
6. Julien(lecturesdejulien) le 27-01-2009 à 20:09:54 (site)
J'ai croisé l'auteur lors d'un salon, et elle était très amicale et très gentille. C'est déjà un bon point.
Maintenant, à lire ton billet qui recoupe de nombreux témoignages que j'ai pu entendre dans mon entourage sur ce roman, je ne peux que l'ajouter à ma LAL (ce qui ne veut pas dire le lire, mais peut-être le lire un jour !).
7. manu-- le 27-01-2009 à 21:34:12 (site)
J'avais lu "L problème avec Jane" il y a très longtemps et c'est une de mes plus grande déception. Je ne crois pas que je relirai cet auteur un jour. Trop peur d'être à nouveau déçue. Surtout que les avis sont partagés.
8. sybilline le 28-01-2009 à 01:01:07 (site)
Ton article tout en finesse me donnerait bien envie de le lire si je n'étais déjà débordée par une PAl doublée d'une LAL d'une hauteur babélienne
9. kathel le 28-01-2009 à 11:47:21 (site)
Je n'ai jamais rien lu de cet auteur, pourtant notée depuis longtemps... Celui-ci est le premier qui m'attire vraiment !
(mais comme bien d'autres, la liste de mes élus est longue !)
10. Florinette le 28-01-2009 à 18:39:06 (site)
J'ai de plus en plus envie de lire ce livre, mais je vais attendre un peu, car ma PAL déborde !
11. brize le 28-01-2009 à 20:29:58 (site)
@ Julien : Que l'auteur soit sympathique ne permet pas de savoir si on aimera ou non son livre, mais je suis d'accord avec toi, c'est bien agréable
!
@ Manu : Je te comprends car j'ai moi-même énormément de mal à récidiver avec un auteur qui au premier abord m'a déçue
.
@ Sybilline : Je t'imagine perdue dans une des belles images que tu mets en ligne sur ton blog, avec des piles incommensurables de livres autour de toi, dont on n'aperçoit plus que la minuscule silhouette (je n'ai pas dit que tu étais petite, c'est juste que les livres s'élèvent sur une hauteur immense ! en plus, pour le moment, je ne t'ai jamais vue, donc pour la taille, mystère !) ...
@ Kathel : J'étais dans le même cas : premier livre de l'auteur qui m'attirait !
@ Florinette : Tu as raison, parce que si ta PAL devient monstrueuse, tu seras à ton tour une petite silhouette perdue au milieu de tes livres (voir ce que j'ai dit à Sybilline ! ) !
12. liliba le 30-01-2009 à 18:13:47 (site)
Il faut vraiment que je le lise, depuis le temps que je note vos commentaires à toutes...
13. brize le 30-01-2009 à 18:27:06 (site)
Apparemment, il ne plaît pas forcément (et s'il y a abandon de lecture, on ne le sait pas toujours car du coup, pas de billet !), mais pour ce qui me concerne, c'est une lecture que je ne regrette pas
!
14. chiff le 30-01-2009 à 21:32:58 (site)
J'ai envie de découvrir cette auteur. Mais je ne sais pas si je vais commencer par celui-ci!
15. brize le 30-01-2009 à 22:06:33 (site)
Tu as le choix, car elle n'en est pas à son coup d'essai !
16. Popeline le 01-02-2009 à 08:57:56
Bonjour,
Je n'étais plus venue depuis un moment.
En lisant ton billet, j'ai eu la sensation de mettre un pied dans le roman de Catherine...
Tu vois je lis les opinions çà et là, tout en essayant de ne pas être faussement influencée par telle ou telle analyse.
J'essaie de garder en quelque sorte, mon libre-arbitre.
Le fait que le lecteur retrouve une partie de son vécu dans l'histoire, est sans doute une volonté de l'auteur.
C'est peut être une manière d'attiser notre sensibilité et de nous captiver encore davantage.
Pour finir, je te souhaite un excellent dimanche et je te félicite encore pour ton blog très enrichissant et toujurs fort agréable à lire !
17. brize le 01-02-2009 à 09:29:16 (site)
Popeline, je n'ai pas l'impression que l'auteur, en écrivant son histoire, se rende toujours compte des échos qu'elle trouvera ou non chez ses lecteurs, je pense qu'il ou elle manque du recul nécessaire (mais peut-être que je me trompe).
Merci d'être passée, Popeline et bon dimanche à toi aussi
!
18. SD49 le 08-02-2009 à 17:07:43
Très bon moment de lecture, pourtant je me méfie un peu des 'prix', et c'est vrai qu'on s'y retrouve très bien marlgé cette construction particulière.
Etats-Unis, années 50
Franck et April Wheeler sont (encore) jeunes et déjà bien installés dans une coquette maison de banlieue avec leurs deux enfants. Lui prend le train tous les matins pour se rendre à son travail, un boulot alimentaire de commercial dans une grosse boîte pendant qu'elle reste au foyer.
Mais est-ce là la vie dont ils rêvaient, lorsqu'ils se sont rencontrés ?
C'est la question que soulève soudain April...
Je n'en savais pas plus lorsque je suis allée voir ce film, ayant survolé tout ce que j'avais pu apercevoir à son sujet. J'avais seulement retenu que l'alchimie du couple interprété par Leonardo di Caprio et Kate Winslet fonctionnait une fois de plus parfaitement. Je savais aussi que ce film était tiré d'un roman de Richard Yates intitulé "La fenêtre panoramique".
Mon verdict ?
Tout m'a plu dans ce film (que j'ai vu en V.O) !
Bien sûr, le fait qu'il se déroule aux Etats-Unis, dans cette ambiance des années 50 que j'apprécie toujours (style vestimentaire, musique... pas le mobilier, ça non !) de voir reproduite au cinéma. La réalisation (cadrage, couleurs...), excellente.
Surtout, c'est le thème qui me "parlait" particulièrement. Parce que les questions que se posent Franck et April, tout le monde est susceptible de se les poser : qu'avons-nous fait/que faisons-nous de notre vie, nos rêves de jeunesse peuvent-ils devenir réalité ou bien la réussite sociale suffit-elle à définir une vie réussie ?
Les comédiens s'effacent complètement derrière leurs personnages, tant ils les jouent magistralement.
J'ai plongé immédiatement dans l'histoire de ce couple, une histoire prenante portée par une progression dramatique constante, avec quelques scènes d'une rare intensité, pour n'en sortir qu'une fois le film achevé.
Pour moi, ce fut un film parfait.
Alors, si le thème vous tente, je crois qu'il y a fort peu de risques que vous soyiez déçus !
"Les Noces Rebelles" (titre original : "Revolutionary Road"), réalisé par Sam Mendes
2. Lune de pluie le 26-01-2009 à 21:35:59 (site)
J'hésitais... (réaction au "quand cela est trop médiatisé ...) mais ce que tu en dis m'incite à y aller ce we. J'ai aussi envie de voir "Le temps des actrices". Bonne semaine Brize
4. Karine :) le 27-01-2009 à 04:10:00 (site)
C'est une épidémie de romans à lire pour voir les films après!!! J'attendrai en DVD (pas moyen d'avoir de VO ici) mais je le verrai sûrement... je vois tout les films de Kate Winslet...
5. Le blog de philo le 27-01-2009 à 08:52:06
J'avais envie de revoir le duo Kate Winslet, Di Caprio. Tu viens de finir de me convaincre.
6. keisha le 27-01-2009 à 13:54:34 (site)
Je suis très traditionnelle : j'ai lu le livre, on verra le film ensuite, peut être, mais tu mes donnes envie !
7. brize le 27-01-2009 à 14:15:05 (site)
@ Leiloona : J'aimerais bien qu'il te plaise autant qu'à moi !
@ Lune de pluie et Philo : J'ai souvent du mal à me décider à aller au cinéma mais là, j'avais vraiment l'impression que le film allait me plaire et ça a été le cas !
Pour "Le temps des actrices", en revanche, le thème ne m'attire pas.
@ Sylire : Je ne sais pas s'il fait l'unanimité, je peux seulement te dire qu'il m'a convaincue, moi (mais c'est comme pour les livres, on ne peut jamais être certain de la manière dont les uns et les autres "recevront" un film).
@ Karine et Keisha : Compte tenu de la taille du livre, j'ai immédiatement renoncé à l'idée de le lire avant de voir le film. Et puis, dans ce sens-là, au moins, je ne risquais pas d'être déçue par l'adaptation cinématographique et en plus j'avais le suspense lié à ma non connaissance de l'histoire. Maintenant, il n'est pas exclu que je lise le roman et j'aurai le plaisir d'aller davantage au fond des choses et des analyses. Finalement, aller de l'écran au livre, ce n'est pas si mal (et il me semble bien que ce n'est pas la première fois que je procède ainsi) !
édité le 27-01-2009 à 14:18:22
8. Florinette le 28-01-2009 à 18:40:34 (site)
J'ai très envie d'aller voir ce film et également de lire le livre !! ;
9. brize le 28-01-2009 à 20:33:02 (site)
L'envie de voir le film, tu peux la satisfaire facilement. Quant à celle de lire le livre... hé, hé, ne viens-tu pas de dire que tu avais un petit problème de PAL monstrueuse ?!!!
édité le 28-01-2009 à 20:33:55
10. Alwenn le 28-01-2009 à 22:26:38 (site)
Ah ! Justement, je me tâtais pour aller le voir ! Merci pour ce billet Brize !
11. brize le 30-01-2009 à 13:59:58 (site)
Alwenn, si l'histoire t'attire, tu peux te laisser tenter sans problème, parce qu'à mon avis c'est la nature de l'hisoire qui représenterait le motif pour lequel on n'aimerait pas ce film, de qualité.
12. liliba le 30-01-2009 à 18:15:03 (site)
Je déteste "Carpaccio" mais le sujet me tente vraiment, je vais essayer d'y trainer mon homme, ou peut-être plus facilement (!) une copine...
13. brize le 30-01-2009 à 18:29:28 (site)
Di Caprio n'est pas non plus (du tout !) mon type, mais je trouve qu'il joue très bien. Sinon, je ne connais pas les goûts de ton homme en matière de cinéma, mais tu auras peut-être davantage de chances de convaincre une copine de t'accompagner !
14. Patachousse 1 le 15-02-2009 à 13:52:38
Un petit bonjour,
Un très beau film, avec ses rêves et ses désillusions.
Très émouvant... A voir absolument !
15. brize le 15-02-2009 à 21:24:36 (site)
Oui, un film qui m'a marquée et que je ne risque pas d'oublier.
On est en 1896, au Nord du Canada, dans le Klondike. Un nouveau venu dans la région effectue, en compagnie d'un chien, un périple de 16 kms pour rejoindre sa destination le soir même. On lui a bien dit qu'il n'était pas prudent de partir seul, mais il n'en a eu cure, persuadé qu'il est de pouvoir faire le trajet sans encombre. C'est sans compter sur le froid, de moins 45 °, peut-être même moins 60...
"Construire un feu" est le premier album de Chabouté que je lis. Il est basé sur une nouvelle de Jack London.
L'histoire est simple et racontée de manière linéaire : elle met en jeu un personnage et son chien, dans l'immensité d'étendues forestières ou non, recouvertes de neige. Mais elle est prenante et forte, au point que je me suis surprise à pousser diverses exclamations en même temps que je la lisais, tant je participais à ce qui se passait (pourtant, ça m'arrive plutôt rarement de parler toute seule, je vous rassure !).La BD se lit très rapidement car il y a relativement peu de texte.
Le graphisme est à dominante noir et blanc, avec de l'orangé réservé pour le feu. J'ai aimé tout ce qui concernait le dessin des paysages car j'ai trouvé que l'ambiance du Grand Nord était bien rendue. En revanche, la représentation du personnage ne m'a pas convaincue : les traits de l'homme m'ont semblé plutôt grossiers et, surtout, il m'a paru avoir un air particulièrement peu intelligent (pour parler clair, genre grosse brute qui n'en a pas beaucoup dans le ciboulot).
Bref, un premier contact pas désagréable mais sans plus (ce n'est pas le genre de BD que j'achèterais : manque d'intrigue + graphisme ne me satisfaisant que partiellement), mais cet album jouit d'une excellente réputation, aussi ne faut-il prendre mon avis que pour ce qu'il est, très subjectif.
J'espère pouvoir découvrir prochainement le dernier opus du même auteur, "Tout seul", (qui était emprunté au moment de mon passage à la bibliothèque), au sujet duquel j'ai lu des billets élogieux.
"Construire un feu", Chabouté
éditions Vents d'Ouest
Le billet de Joëlle (plus enthousiaste que moi !)
1. Ys le 25-01-2009 à 13:53:59 (site)
J'ai lu il y a bien longtemps la nouvelle de London et m'en souviens comme si c'était hier : un vrai choc, un condensé de tragédie humaine, c'est magnifique. Il faudra que j'essaie cette BD
2. Yv le 25-01-2009 à 20:20:22 (site)
J'aime bien Chabouté. Je ne connais pas celui-c, mais ceux que j'ai lu m'ont bien plu. Le graphisme et l'atmosphère qu'il sait créer, plus que les scénarii
3. La liseuse le 26-01-2009 à 12:32:32 (site)
Il faudra que je lise une de ces BD à ce Chabouté que je vois de partout. Il a toujours une très bonne pplace sur les tables des librairies j'ai remarqué. le thème de cete bd se prête bien à l'hiver en plus. Je verrai en février/mars. Là, mon budget bd est bien dépassé. faut que je me calme.
4. Brize le 26-01-2009 à 18:16:02 (site)
@ Ys : Tiens, j'aimerais bien la lire, maintenant, cette nouvelle !
@ Yv : Même si cet album ne m'a pas vraiment conquise, je lui reconnais beaucoup de qualités et je serai contente de poursuivre ma découverte de l'auteur.
@ La Liseuse : Tu peux toujours avoir recours aux bibliothèques, qui permettent de découvrir (sans limitation de budget !) pour acheter plus tard éventuellement, si tu as eu un coup de coeur !
6. brize le 15-03-2009 à 21:31:01 (site)
Alors je pense que "Tout seul", du même auteur, devrait beaucoup lui plaire aussi !
Pris en flagrant délit de participation involontairement "musclée" aux émeutes de banlieues, Nic Oumouk est condamné à des travaux d'enterré général.
Le voilà donc propulsé dans la France profonde pour y aider un cultivateur. Après avoir accumulé les bourdes, Nic Oumouk va toutefois découvrir quelque chose de pas du tout ordinaire...
Si Manu Larcenet est très connu pour ses séries "Le retour à la terre" et "Le combat ordinaire", il me semble que son héros des banlieues, Nic Oumouk, a tendance à passer un peu plus inaperçu et c'est dommage !
Je vous l'avais déjà présenté ici, à l'occasion de ma lecture du tome 1, "Total souk pour Nic Oumouk", que j'avais bien aimé (après avoir franchi ma réticence initiale pour le graphisme, dont j'ai ensuite reconnu qu'il était parfaitement adapté à l'histoire et aux personnages).
Ce tome 2, "La France a peur de Nic Oumouk" (paru en 2007), je l'ai carrément trouvé EXCELLENT !
D'abord parce que, à la sempiternelle question "Peut-on rire de tout ?", Manu Larcenet répond gaillardement oui, en n'ayant pas peur de se colleter avec un sujet sensible, celui des émeutes de banlieues. Résultat : c'est toujours très bien vu et c'est marrant (il y a notamment quelques savoureux échanges de répliques entre Nic et sa mère ou sa grand-mère !) !
Ensuite, parce que l'arrivée en "PROVINCE", avec le recours à la métaphore spatiale (Nic est aussi perdu qu'au milieu de constellations qui lui seraient totalement étrangères), est un régal. Les déboires de notre héros, en particulier avec les poules, des "galinettes de limou réputées pour leur caractère" m'ont beaucoup plu et j'ai adoré la manière dont le récit bifurquait in fine dans une thématique écologique sur un mode pas mal déjanté !
A lire sans hésiter !
"La France a peur de Nic Oumouk", Manu LARCENET
éditions Dargaud, collection Poisson Pilote
1. manu-- le 23-01-2009 à 11:49:24 (site)
Je ne lis que du positif sur ce Manu Larcenet. Je pense que je me laisserai tenter un de ces jours mais je ne sais pas encore avec quelle série.
2. keisha le 23-01-2009 à 17:55:49 (site)
Je suis fan de Larcenet mais ne connaissais pas cette série ! A lire donc .
4. Yv le 23-01-2009 à 20:07:55 (site)
Toujours très bon Nic Oumouk. Du même Larcenet, je viens de finir le guide de survie dans l'entreprise, pas mal non plus. c'est une série avec le personnage de Congo Bob
6. Alwenn le 23-01-2009 à 21:59:33 (site)
Je ne connaissais pas du tout, mais ça a l'air drôlement chouette ! Je note ! ((et quoi, quoi, quoi ? Qu'apprends-je dans le blog-it ? Tu n'as pas succombé au charme ravageur d'Edward ??? Spa grave... on était déjà trop nombreuses sur le coup...^^))
7. brize le 24-01-2009 à 09:41:03 (site)
@ Manu : Ben oui, il faudra quand même que tu découvres ton quasi homonyme
! Quant aux séries, je n'ai lu que le tome 1 du "Combat ordinaire" (très centré sur le personnage du héros, avec ses questionnements psycho-existentiels) et les deux premiers de la série "Le retour à la terre", que j'ai bien aimés. J'ai l'impression qu'il y en a un peu pour tous les goûts, donc il faut fureter.
@ Keisha : C'est un auteur assez prolixe et il y a pas mal d'oeuvres moins connues derrières les séries "cultes".
@ Florinette : Oui, ça vaut le coup !
@ Yv : Je note et je regarderai si je peux trouver cet album en bibliothèque.
@ Fleur : Bien d'accord avec toi, surtout ce tome 2 (à mon avis).
@ Alwenn : Ce qui est bien, avec les BD, c'est qu'on peut en noter tant et plus, ça reste gérable (pas comme pour les livres, avec les temps de lecture requis) !
Au sujet du blog-it : Eh oui, je n'ai pas succombé à Edward... mais comment veux-tu que je sois sensible au charme d'un gamin qui a l'âge de ma fille aînée (même s'il est beaucoup plus vieux, je sais bien !) ?!!! Quant à Carlisle, encore trop jeune ! En plus, c'était affreux, j'étais certaine de l'avoir déjà vu quelque part, mais en BRUN, parce que ce blond et cette couleur de peau, je trouvais que ça ne lui allait pas du tout. Il a fallu que je mène mes investigations sur AlloCiné pour que je reconnaisse en lui un des personnages secondaires de la série "Damages", vue sur Canal + et qui va passer sur je ne sais plus quelle autre chaîne cette semaine, série pas mal d'ailleurs, bref, il était effectivement BRUN !
8. Fantasio le 24-01-2009 à 11:37:27 (site)
J'adore, en général, les albums de Manu Larcenet. Mais moi non plus je ne connais pas cette série. Je vais essayer de combler rapidement cette lacune.
9. levraoueg le 24-01-2009 à 17:43:24 (site)
Ben moi aussi j'ignorais totalement l'existence de cette série. Merci du tuyau !
10. brize le 24-01-2009 à 19:08:29 (site)
@ Fantasio et Levraoueg : Ravie de vous la faire découvrir
!
11. Armande le 24-01-2009 à 20:44:09 (site)
J'adore cette série qu'un collègue du collège où j'enseigne m'a fait découvrir. D'ailleurs, dès qu'un Larcenet sort, je m'empresse de me mettre sur les rangs pour qu'il me le prête. Il faut jouer des coudes, la demande est très forte sur Larcenet !
12. brize le 25-01-2009 à 12:26:20 (site)
Pour ce qui me concerne, Armande, je le connais encore très peu, mais je vais poursuivre mes investigations du côté de chez Larcenet
!
14. brize le 28-01-2009 à 20:38:19 (site)
, un de plus avec Yv, Fleur, Armande (et moi, bien sûr !) !
Du château de Versailles, on ne retient trop souvent que le décor magnifique, les ors et les fêtes. Pourtant, derrière cette façade brillante, la vie quotidienne soulevait son lot de difficultés auxquelles devait répondre, en particulier, le Service des Bâtiments, omniprésent pour traiter toutes les questions évoquées dans ce livre de William Ritchey Newton : "Derrière la façade . Vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle".
L'auteur nous entraîne à sa suite dans les entrailles du château, en abordant au travers de sept thématiques des aspects souvent méconnus lorsqu'il est question de l'existence qu'on y menait :
- Le logement : Alors qu'il semble indispensable au courtisan de loger près du roi, il lui est très difficile d'obtenir un logement sur place et, qui plus est, correspondant à son rang . La crise du logement était d'autant plus grave que l'état de ceux-ci (228 appartements au total, abritant plus de mille personnes) laissait très souvent grandement à désirer.
- La "Bouche à la Cour": Il y a différents lieux où trouver table ouverte (et le circuit des "restes" du haut vers le bas de l'échelle sociale est impressionnant) mais cela n'est pas toujours facile d'y être reçu. A défaut, chacun cherche à se restaurer au moindre coût, quitte, s'il le faut, à aménager dans son appartement des cuisines et des réchauffoirs clandestins.
- L'eau : Apporter de l'eau pour toutes les fontaines et, évidemment, de l'eau bonne à boire pour tous les habitants du château, a toujours été un problème difficile à régler, malgré les prouesses d'ingénierie mises en œuvre. Et il importait aussi de s'occuper de l'évacuation des eaux usées et de la mise en place de lieux d'aisance en nombre suffisant...
- Le feu : Il faut chauffer le château et ses dépendances... mais en veillant à ne pas mettre le feu, ce qui est un risque permanent compte tenu des installations souvent inappropriées.
- L'éclairage : Où il est question de chandelles, de miroirs et de fenêtres, autant de moyens utiles pour ne pas, en dehors des fêtes lumineuses, vivre dans la pénombre.
- Le nettoyage : Frotteurs et balayeurs son indispensables à la propreté du château... qui rencontre aussi un délicat problème de vidange des fosses d'aisance. Ah oui, il y a aussi un peu trop de rats !
- Le blanchissage : Encore un problème : nettoyer (où ?, car on retrouve ici la question du manque d'eau disponible) puis faire sécher le linge de la Cour, mais en toute discrétion, car il convient de ne pas gâcher la vue du château et du parc avec du linge suspendu à droite ou à gauche.
La préface et, in fine, les "Arrière-pensées", rappellent qu'il faut situer l'entreprise de Louis XIV dans un souci de captation des courtisans et de rayonnement personnel. Si ce souverain-là est parvenu à ses fins, le prestige de Versailles a ensuite connu un inexorable déclin, lié notamment à tous les problèmes matériels et, partants, financiers (aucune difficulté technique ne pouvant se résoudre sans argent, lequel se faisait de plus en plus rare) qui reviennent sans cesse dans l'ouvrage.
Celui-ci, extrêmement fouillé et documenté, n'hésite pas à entrer dans les détails (rémunérations des différents prestataires de services etc.). Au final, on a une étude exhaustive et bien menée, mais destinée à un public déjà un peu spécialisé dans le domaine (ce qui n'était pas mon cas) et soucieux de parfaire ses connaissances car disposant déjà d'une vue d'ensemble de la vie quotidienne au château (certes, les éléments fournis permettent de la reconstituer, au moins partiellement, mais tel n'est pas le but de l'ouvrage, résolument analytique).
Un essai de qualité, donc, mais à conseiller de préférence aux amateurs avertis souhaitant disposer de données pointues dans des domaines spécifiques !
"Derrière la façade. Vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle", William RITCHEY NEWTON
éditions Perrin ( 270 p, dont un encart de 8 pages de documents iconographiques en couleur )
1. Aifelle le 21-01-2009 à 13:52:40 (site)
Cà ne me tente pas trop, et puis j'ai déjà lu pas mal de choses sur le revers des ors et dorures.
2. Laila le 21-01-2009 à 14:12:30 (site)
Oh, il me fait de l'oeil ce livre. J'adore ce genre d'ouvrage !
3. keisha le 21-01-2009 à 16:54:11 (site)
Bien sur je l'avais coché dans la liste celui là et j'espère que tu as eu plaisir à le lire malgré sa technicité. Cela fait du bien , ce genre de lectures un peu différentes !
4. Julien(lecturesdejulien) le 21-01-2009 à 19:36:55 (site)
La géolocalisation de ton blog me laisse penser que tu n'as pas choisi cet ouvrage au hasard...
5. Alwenn le 21-01-2009 à 20:58:18 (site)
Il pourrait tout à fait me tenter celui-là ! Et en plus, chéri ne serait pas contre le lire non plus, en historien qu'il est ! ^^
6. brize le 21-01-2009 à 21:47:46 (site)
@ Aifelle : Euh... j'avoue que c'était le premier livre que je lisais sur la question, donc je ne peux pas le situer dans le domaine (je pensais que c'était un sujet assez peu traité).
@ Laila : Il te plaira si tu cherches quelque chose d'analytique sur le thème traité.
@ Keisha et Julien : Julien, rien ne t'échappe ! J'avais effectivement coché ce livre parce que j'habite depuis deux ans à Versailles, donc je trouvais amusant de lire un livre au sujet du château. J'avais vu la présentation de l'éditeur et la table des matières, si bien que je n'ai pas été surprise. Mais, quand même, c'était trop détaillé pour moi : personnellement, un ouvrage synthétique concernant la vie quotidienne au château de Versailles aurait mieux correspondu à mon profil d'amateur très peu éclairé en la matière !
@ Alwenn : Je ne sais pas ce qu'en penserait un historien : je ne lis jamais d'ouvrages de ce genre, mais j'ai trouvé celui-ci a priori très bien documenté et assez bien présenté (même si j'aurais aimé davantage de mises en perspective, mais ce n'était pas l'objet de l'étude).
7. saxaoul le 22-01-2009 à 12:27:46 (site)
Je l'avais sélectionné mais ce n'est pas celui là que j'ai reçu. Après lecture de ton billet, je ne regrette rien car il m'aurait sans doute paru aussi trop technique, trop précis.
8. Leiloona le 22-01-2009 à 18:35:43 (site)
Merci ! Je le note pour une amie historienne qui bosse une fois par semaine à Versailles.
9. brize le 22-01-2009 à 21:34:54 (site)
@ Saxaoul : Si ton niveau de connaissances sur le château de Versailles est similaire au mien, c'est-à-dire dans la moyenne, je crois aussi que ce livre t'aurait paru un peu trop détaillé pour te convenir.
@ Leiloona : Ah oui, elle, je pense qu'elle fait partie des gens qui peuvent être très intéressés par cette étude !
10. manu-- le 23-01-2009 à 11:47:58 (site)
Ca me fait penser que je ne suis même jamais aller visiter Versailles ! Mais bon, je ne suis pas une passionnée ni des châteaux ni de l'époque !
11. Florinette le 23-01-2009 à 18:29:05 (site)
J'aime beaucoup les livres sur Versailles et la cour, d'après ton billet il devrait m'intéresser. Je me souviens avoir dévoré le journal de Louis XIV, qui expliquait également le problème de l'eau, les coûts d'entretien...Merci pour cette découverte Brize et bon week-end ! :-)
12. brize le 24-01-2009 à 09:27:08 (site)
@ Manu : Allons, allons, un petit effort : Versailles mérite bien une visite (de préférence au printemps, dit celle-qui-préfère-le-Hameau-de-la-Reine)
!
@ Florinette : Tiens, je ne savais pas qu'il existait un "Journal de Louis XIV", ça doit être intéressant.
Bon week-end à toi aussi !
13. Karine :) le 24-01-2009 à 18:28:22 (site)
Si le derrière de la façade m'intéresse beaucoup, je crois que ça aurait été trop détaillé pour mon niveau de connaissance... je préfère les trucs qui recréent la vie au château, je crois!
15. céline de enlivrezvous le 25-01-2009 à 19:55:16
L'opération de babelio permet décidément de découvrir toutes sortes de livres, c'est vraiment chouette :-)
16. brize le 25-01-2009 à 20:01:56 (site)
Bien d'accord avec toi : l'opération "Masse critique de Babelio", sur le principe (parce que, bien sûr, on ne peut jamais être sûr d'aimer le livre qu'on avait coché, mais ce n'est pas étonnant), c'est
!
Un vieil homme s'occupe paisiblement de son jardin, dans les Ardennes, notant au fil des saisons les petits faits marquants de son évolution. Sa femme, médecin, veille sur lui, car son état de santé est critique.
Une fois de plus, elle refuse, de ce fait, l'interview que souhaitait se voir accorder une jeune étudiante, Barbara. Parce que ce vieil homme qui jardine n'est autre qu' Arnold Francart, ancien explorateur du continent arctique, spécialiste réputé en climatologie.
Mais sa dernière expédition a connu un accident tragique, qui l'a conduit à se couper du monde depuis seize ans...
Sans être exceptionnelle, l'histoire recèle une petite intrigue suffisante pour pousser le lecteur à tourner les pages. Elle a aussi le mérite de le sensibiliser,
s'il ne l'était déjà, aux problèmes liés au réchauffement climatique et à la fonte des glaces tout en fournissant quelques renseignements techniques intéressants sur les expéditions polaires.
Mais surtout, le graphisme est très séduisant (et je n'aurais pas choisi cette couverture-ci, que je trouve peu attrayante). Les quelques planches évoquant le continent arctique et la lutte de deux hommes pour s'y frayer un chemin témoignent de la splendeur et de la rudesse d'une nature sauvage et perturbée, contrastant avec le paysage domestiqué du jardin.
C'est celui-ci qui est,
d'ailleurs, le personnage principal de l'album. Au travers des saisons, de la rusticité hivernale au flamboiement des couleurs printanières, il déploie son ordonnancement d'ensemble agrémenté de gros-plans sur ses diverses parcelles, le tout finement détaillé dans un dessin de toute beauté.
Servais a su capter et restituer le charme de ce microcosme en constant renouvellement et parfaitement intégré à son environnement naturel.
Un bel album, à découvrir !
"Le jardin des glaces", SERVAIS
éditions Dupuis, collection Aire Libre
Le billet de La Liseuse, qui m'a permis de rencontrer cette BD.
1. Leiloona le 19-01-2009 à 14:19:09 (site)
Je reviendrai car ton billet me donne envie d'en savoir plus sur cette BD, mais je ne vois pas les images. C'est ballot.
2. melcouettes le 19-01-2009 à 14:49:07 (site)
moi aussi je trouve ça intéressant mais je vois pas les images :-S
3. brize le 19-01-2009 à 19:24:23 (site)
Désolée, mais il y a un plantage des photos hébergées sur Vefblog, depuis cet après-midi apparemment (pas de chance, faut que ça tombe le jour où je mets un billet en ligne avec des illustrations de bande dessinée !)
:-(
4. Laetitia la liseuse le 19-01-2009 à 21:10:31 (site)
Jolie chronique ! J'ai vraiment aimé ce contraste entre ce jardin vert, grouillant de vie et le désert blanc de l'Arctique. Un très beau voyage.
5. Florinette le 20-01-2009 à 11:38:31 (site)
J'en ai déjà pris note après le billet de La Liseuse, mais je n'ai pas eu le temps d'aller à la biblio pour voir s'ils l'ont ! Le graphisme est vraiment magnifique ! :-)
6. brize le 20-01-2009 à 20:07:22 (site)
@ Laëtitia : Merci !
@ Florinette : De mon côté, j'ai craqué et je l'ai achetée (mais j'achète beaucoup plus facilement une BD qu'un roman, parce que, honnêtement, je pense que je ne relirai jamais ledit roman, alors que la BD, si !).
édité le 20-01-2009 à 20:08:15
7. sylvielectures le 27-01-2009 à 21:09:23
J'ai lu aussi la présentation de cet album chez la liseuse, et j'ai également eu envie de le lire. Il est donc noté, mais pas encore dans ma pal.
j'aime bien servais.
8. brize le 27-01-2009 à 21:54:01 (site)
Je crois que je n'avais lu jusqu'à présent qu'un seul album de Servais (je ne me souviens plus du titre et seulement vaguement du thème) et là aussi, j'avais surtout été sensible au graphisme, qui m'avait bien plu.
A cinquante-cinq ans, Richard Novak est un homme d'affaires riche (dont les affaires se réalisent uniquement via internet) qui vit seul dans une superbe maison sur une hauteur de Los Angeles. Ses journées sont rythmées par des habitudes régulières. Il fait du sport (chez lui), mange sainement et dispose d'une employée de maison pour toutes les tâches ménagères. Ses contacts avec le monde extérieur sont limités au point qu'il se rendra compte, une fois l'accident arrivé, qu'il n'était pas sorti depuis vingt jours.
L'accident, c'est une douleur soudaine et terrifiante qui envahit et irradie tout son corps et le terrasse, au point qu'il croit sa dernière heure arrivée. Mais une fois aux urgences, les examens ne révèlent rien d'anormal et la douleur a fini par disparaître comme elle était venue.
En rentrant chez lui, Richard s'arrête dans une boutique de donuts et fait la connaissance du gérant, Anhil. Une fois chez lui, il est incapable de reprendre le cours normal de son existence. Il sort en ville, se fait renverser par une voiture mais s'en tire sans trop de mal, puis il va au supermarché où il rencontre une jeune femme en pleurs.
Pendant ce temps, en contrebas de sa maison, la curieuse dépression de terrain qu'il a observée continue de s'approfondir...
Drôle de livre, en vérité !
Évidemment, c'est le titre, très racoleur (et fidèle à l'original anglais) qui m'avait attirée + la couverture + les éditions Actes Sud (dont les volumes me plaisent tant par leur format que par le contenu proposé).
Certes, j'avais lu (et par deux fois, ce qui est exceptionnel) la quatrième de couverture, mais j'étais restée un peu perplexe, comme vous sans doute après avoir parcouru ci-dessus ma présentation du roman. Mais comme j'avais l'occasion d'emprunter ce livre en bibliothèque, autant aller voir in situ de quoi il retournait.
Au tout début, je n'ai pas été emballée. J'ai trouvé un peu trop long ce passage sur la crise de douleur qui emmène le héros à l'hôpital. Le lecteur est, avant même la lecture des résultats, persuadé qu'il n'a rien, de concret s'entend, alors tout cela m'a semblé un peu appuyé. Néanmoins, j'ai commencé à être sensible aux annotations un peu décalées sur tel ou tel personnage dont l'auteur parsème le récit.
Ensuite, je me suis demandée si j'allais poursuivre car, après tout, les déboires de ce pauvre-quinquagénaire-plein-aux-as-mais-tellement-seul... qu'est-ce que je pouvais en avoir à faire ? Quel lecteur s'attacherait à un personnage aussi peu héroïque, tellement aisé que c'en est écœurant et qu'on ne va quand même pas le plaindre parce qu'il est sans doute en train de se rendre compte qu'il a raté sa vie autre que matérielle ?
Oui, mais... Mais j'avais envie de voir ce qui allait lui arriver et ce que c'était que cette cavité ("dépression" je ne sais pas si l'expression anglaise joue aussi sur les mots, comme en français) qui apparaissait dans le sol devant chez lui. Donc j'ai continué à lire et, au fur et à mesure que j' avançais et que les rencontres et les péripéties banales ou insolites s'enchaînaient, j'ai définitivement renoncé à l'idée de ne pas poursuivre ma lecture, parce que j'étais bien accrochée à ce Richard et aux virages que, soudain, sa vie était en train de prendre.
Au fil du récit, mené sur un rythme plutôt enlevé, on voit comment son existence, progressivement, bascule. Anodins ou non, les événements qui le poussent ou qu'il provoque l'entraînent avec son consentement dans une espèce de spirale forçant son évolution. Le récit est ponctué de petites touches ironico-humoristiques et l'émotion pointe de temps en temps.
Richard croise les trajectoires de vie d'autres personnages, plus ou moins brièvement. A chaque fois, l'auteur fournit à leur sujet suffisamment d'informations pour que notre intérêt soit éveillé, comme l'est celui de Richard, distrait ainsi de son propre cheminement, mais aussi, de ce fait, aidé dans la poursuite de son ré-apprentissage à vivre.
Pas de lourde analyse psychologique. Ce que ressent Richard est décrit mais c'est le mouvement qui prime.
J'ai cependant fatigué un peu dans la seconde partie, malgré l'arrivée en fanfare du fils du héros.
Surtout, j'ai commencé à me demander si les personnages n'étaient pas un peu "trop" pour être crédibles : le héros trop gentil, le vendeur de donuts trop pétri d'humanité, la jeune femme du supermarché trop femme-au-foyer-révoltée-par-l'ingratitude-des-siens, l'acteur célèbre trop dépourvu de défauts, l'ex-épouse trop obnubilée par son travail etc.
Quelle était la vérité humaine dans ces portraits ? Ou bien l'auteur avait-il décidé de brosser une sorte de fable, posant là des figures emblématiques, sans craindre donc les stéréotypes, ?
A cette thèse s'accorderait la scène finale qui m'a beaucoup plu, avec cette vision un peu surréaliste de la soudaine situation du héros (je ne vous en dis pas plus) et , d'ailleurs, l'évolution de la fameuse dépression de terrain dont je parlais plus haut a aussi, à mon avis, un côté joliment figuratif.
Pour conclure, je dirai que ce livre fut d'une lecture agréable, mais je me demande malgré tout si son propos (ce qu'on peut tirer de l'histoire de cet homme) n'est pas trop facile, voire assez vain.
A lire éventuellement, pour vous faire votre propre opinion (c'est un livre qui peut séduire même s'il m'a laissée relativement perplexe)... d'autant que j'aimerais bien avoir votre avis à son sujet !
"Ce livre va vous sauver la vie", A.M. HOMES
éditions Actes Sud (446 p)
1. levraoueg le 17-01-2009 à 13:52:37 (site)
Mine de rien la challengeuse a posteriori poursuit son challenge dù 1% ! Mais je ne suis pas très étonnée par ton avis mitigé pour avoir un peu feuilleté ce livre en libre lors de la rentrée. Et puis son titre n'augurait rien de bon...
2. kathel le 17-01-2009 à 14:15:50 (site)
J'étais tentée par ce livre, car j'ai déjà lu "Muavaise mère" du même auteur et je suis toujours attirée par les romans américains, mais il me donne une impression de déjà-vu que je n'explique pas...
A lire éventuellement plus tard !
3. Ys le 17-01-2009 à 14:18:36 (site)
J'ai acheté ce livre pour la bib mais je n'ai pas encore eu de retours... tu as l'air plutôt mitigée...
4. keisha le 17-01-2009 à 14:27:34 (site)
Pourquoi pas ? Et puis c'est Actes Sud (ben oui, un argument qui en vaut bien d'autres !)
5. Pralinerie le 17-01-2009 à 23:26:32 (site)
Comme toi, je l'ai feuilleté et reposé plusieurs fois. J'hésite toujours. Mais ton avis ne donne guère envie d'aller plus loin
6. aifelle le 18-01-2009 à 07:23:22 (site)
Je ne suis pas très intéressée, j'ai tant d'autres livres en attente. Et ma déception la plus rude de ces dernières années vient d'un livre d'Actes Sud !
7. manu-- le 18-01-2009 à 09:31:00 (site)
J'ai l'impression qu'il sent le trop plein de bons sentiments américains, non? Avec la conclusion positive qu'ils ont envie de lire pour se donner le moral? Si c'est le cas, je passe définitivement. Et pourtant, j'aime la littérature américaine.
8. sybilline le 18-01-2009 à 11:36:51 (site)
Ce que j'apprécie dans tes critiques, c'est la façon si nuancée d'aborder les livres, Brize.
9. brize le 18-01-2009 à 13:06:43 (site)
@ Levraoueg : Je m'étonne moi-même, pour ce "challenge du 1% de la rentrée littéraire 2008" que tu avais lancé et auquel tu avais accepté que je m'inscrive comme "challengeuse a posteriori" (et pour ceux qui voudraient en savoir plus, se reporter à la rubrique ad hoc dans la catégorie "Défis lecture"). Je te dirais que je suis même une "challengeuse inconsciente", car quand j'ai vu que tu avais inscrit "La Mascotte" dans la liste, je me suis dit qu'il fallait que je t'envoie un mail car tu t'étais trompée, le livre était de 2007. Ce dont j'étais persuadée jusqu'à ce que je reprenne ledit livre, dont l'édition originale est effectivement sortie en 2007 mais la traduction en France en septembre 2008 : trop forte Levraoueg
!
Pour revenir à "Ce livre va vous sauver la vie", moi j'aimais bien ce titre, justement, si plein de promesses (eh oui, je dois être quelqu'un de crédule !) !
@ Kathel : Je n'avais rien lu de l'auteur. Et cette impression de déjà-vu, non, je ne vois pas d'où elle peut te venir. Quant à ce que tu le lises, comme je le dis dans mon billet, d'autres avis/ressentis de lecture m'intéresseraient.
@ Ys : Oui, mon avis est mitigé. Tiens, si tu as par hasard des retours de tes lecteurs, je serais curieuse de les connaître.
@ Keisha : Ben oui, je suis d'accord, l'argument "C'est Actes Sud", ça se tient : on a le droit d'être attiré par certaines éditions (pour les éditions Sabine Wespieser aussi, j'ai un avis favorable ; mais, j'y pense, il me semble bien qu'elle a fait ses premières armes chez Actes Sud !)
@ Praline : Je te recommanderais bien, très égoïstement je le reconnais, de le lire quand même, car j'aimerais bien savoir ce que tu en penseras.
@ Aifelle : Alors là, tu excites ma curiosité : quelle fut donc ta plus grande déception rencontrée chez Actes Sud ?
@ Manu : Non, ça ne donne pas comme cela dans la caricature, c'est quand même plus nuancé, mais j'ai trouvé que ça manquait de remise en question sur le fond.
@ Sybilline : Je ne sais pas si je mérite toujours ce joli compliment, parce que quand je suis enthousiaste, je n'ai pas l'impression d'être très nuancée ! Maintenant, j'ai souvent la quasi certitude que ce qui ne m'a pas plu ou que moyennement, peut plaire à quelqu'un d'autre, parce qu'il y a telle ou telle qualité dans le livre. Et puis, comme la plupart des lecteurs, j'essaie d'éviter de m'aventurer vers un livre dont je pense qu'il ne me conviendra pas... ça m'évite les billets de franche détestation (encore que celui sur "La meilleure part des hommes" n'en était pas très loin
)!
"Ce livre va vous sauver la vie" est l'exemple typique du roman pour lequel mon ressenti est nuancé... d'où les nuances de mon billet !
10. Aifelle le 18-01-2009 à 13:28:35 (site)
Il s'agit d'un livre de Serge Revzani "le magicien" auquel je n'ai trouvé aucun intérêt, ennuyeux, abscns, je me suis vraiment forcée pour aller au bout.
11. brize le 18-01-2009 à 13:57:44 (site)
Aifelle, je n'ai jamais rien lu de cet auteur, mais si je le fais un jour, je ne choisirai pas ce livre-ci
!
12. Florinette le 18-01-2009 à 14:03:29 (site)
Si je le vois à la biblio, je l'emprunterais, sinon j'attendrais qu'il sorte en poche, car je ne suis pas sûre qu'il me plaise !
13. Ninalivre le 18-01-2009 à 22:21:08 (site)
Ce n'est pas vraiment le roman que j'ai envie de lire mais je le note quand même pour ma bibliothèque. Bonne soirée Brize et à bientôt.
14. amandameyre le 19-01-2009 à 08:57:17 (site)
je passe, tu es trop dubitative et je n'ai pas le temps
15. brize le 19-01-2009 à 12:42:38 (site)
@ Florinette : Effectivement, c'est plus prudent !
@ Ninalivre : Compte tenu de la diversité des goûts des lecteurs, je pense aussi que c'est un bon achat pour la bibliothèque.
@ Amanda : Je doute que ce livre plaira à tous... mais je suis sûre qu'il a trouvé et trouvera ses lecteurs ! En attendant, il est certain qu'il faut gérer ses priorités de lecture
!
16. BiblioMan(u) le 22-01-2009 à 16:36:27 (site)
Celui-ci était sous mon sapin et j'ai eu la même perplexité en lisant et relisant la quatrième de couverture. Mais je vais tout de même le lire pour me faire mon avis.
17. brize le 22-01-2009 à 21:29:04 (site)
Super ! Je serai vraiment contente de savoir ce que tu en penseras !
19. brize le 25-01-2009 à 20:04:29 (site)
Céline, tu trouverais peut-être aussi le bouquin chouette (je me pose à son sujet des questions que tu ne te poserais pas forcément, si ça se trouve je coupe les cheveux en quatre et tu trouverais que ça n'a pas lieu d'être). En tout cas, j'ai au moins une amie qui m'a dit avoir aimé !
21. brize le 30-01-2009 à 18:30:40 (site)
Ah oui, moi aussi j'avais tilté sur le titre ! Je serai contente d'avoir ton avis sur ce roman !
Le narrateur évoque sa jeunesse dans un village où il est le fils du cafetier, d'origine italienne, comme sa mère. Sa mère, persuadée qu'il deviendra écrivain plus tard alors que le professeur de français s'acharne à stigmatiser ses fautes d'othographe ou de grammaire. Aussi, lorsque la mère surprend son fils en train de lire le premier tome de "A la recherche du temps perdu", de Proust, elle exulte.
Dès lors, elle partage avec lui cet engouement proustien qui va finir par agacer le père. Lequel succombera à son tour, pour ne pas rester sur la touche... comme tout le village d'ailleurs, amené à participer à un spectacle autour du prestigieux écrivain !
Récit de souvenirs d'adolescence adressé, sur le mode du tutoiement, à une mère (et le lecteur devine rapidement pourquoi) belle et chaleureuse, "La petite cloche au son grêle" mêle de manière alerte émois adolescents et découverte du monde des livres.
Une lecture vive mais aussi sensible et émouvante, qui se savoure comme une petite madeleine (mais pour ce qui me concerne, sans plus).
"La petite cloche au son grêle", Paul VACCA
éditions Philippe Rey (182 p )
Retrouvez chez Florinette, conquise ("une histoire magnifique et bouleversante"), les liens vers tous les billets enthousiastes qui ont fleuri dans la blogosphère au sujet de ce petit livre (et premier roman).
1. Aifelle le 15-01-2009 à 13:54:22 (site)
Décidément, il est partout ce livre, déjà noté, j'ai très envie de le lire. Et ce soir je vais enregistrer l'émission d'Arte.
2. Leiloona le 15-01-2009 à 18:00:57 (site)
Je crois que c'est le premier avis mitigé que je lis ! 
Il me tente bien, en tout cas.
3. manu-- le 15-01-2009 à 18:08:47 (site)
Je dois bien avouer qu'il ne me tente pas vraiment ce livre.
Par contre, j'avais déjà noté l'émission d'arte ;-) . Et peut-être même le film de Woody Allen qui passe avant !
4. keisha le 15-01-2009 à 18:40:48 (site)
Finalement, ce livre n'a que de bons articles !
Oui, Paul Auster, entre autres, ce soir. Mais le Woody Allen se laisse bien regarder aussi !
5. sylire le 15-01-2009 à 21:30:19 (site)
C'est pour moi une très jolie lecture et pour un premier roman, c'est prometteur !
6. Florinette le 16-01-2009 à 14:08:02 (site)
Ma maman ayant connu la même destinée, c'est un livre qui a fait raviver en moi beaucoup de souvenirs...
Bonne fin de semaine Brize ! :-)
7. brize le 16-01-2009 à 20:58:56 (site)
@ Florinette : Il y a certains livres qui ont un écho très fort en nous, lorsqu'ils nous rappellent ainsi des moments graves de notre vie...
Bonne fin de semaine à toi aussi
!
@ Toutes : Ce livre ne me tentait pas plus que ça, mais j'en avais (comme vous) beaucoup entendu parler et ma curiosité n'a pas résisté lorsqu'on me l'a proposé dans un cercle de lecture. Deux autres lectrices du groupe l'ont, comme moi, bien aimé, mais pas de coup de cœur non plus.
Bonne lecture à celles qui ne l'ont pas encore lu !
8. Lune de pluie le 17-01-2009 à 11:11:30 (site)
Rien que le nom de "Proust" (pour moi) est magique. Donc je vais me laisser tenter (et la curisoité! quand les avis divergent, elle est encore plus forte
)
9. brize le 17-01-2009 à 11:22:11 (site)
On ne peut pas vraiment dire que les avis divergent : tout le monde (dont moi !) s'accorde à reconnaître des tas de qualités à ce roman ; après, il impressionne plus ou moins ... et là, c'est vrai que je n'ai pas été emballée comme pas mal d'autres blogueurs, même si la lecture a été agréable.
édité le 17-01-2009 à 11:22:48
10. Karine :) le 24-01-2009 à 20:41:12 (site)
Je crois que ton billet est le premier plus tempéré que je lis... et ça me rassure toujours!! Bon, je finirai certainement par le lire, les trucs nostalgiques, normalement, j'aime!
12. brize le 30-01-2009 à 18:33:20 (site)
@ Karine : C'est vrai que mon billet est plus "tempéré", voilà exactement le terme qui convient !
@ Liliba : Donc, un autre avis en vue !
13. sylvielectures le 31-01-2009 à 10:31:47
Ce livre est dans ma lal depuis assez longtemps maintenant, mais les commentaires élogieux sur les blogs se faisant toujours aussi présents et élogieux, il ne devrait pas tarder à se retrouver dans ma pal....
16. brize le 07-04-2009 à 13:08:14 (site)
SD49, beaucoup de lecteurs ont été, comme toi, séduits par ce roman et c'est d'autant mieux pour l'auteur que c'est son premier.
Comme vous l'avez peut-être remarqué, je lis (très) rarement des recueils de nouvelles. Et après avoir achevé la lecture de "On n'est jamais préparé à ça", je me suis dit que j'avais sans doute tort : parce que ces dix nouvelles-là, voyez-vous, je ne les ai pas lues, je les aies dévorées !
Allez, un petit (mais tout petit, il ne s'agit pas de déflorer ces histoires) aperçu du thème de chacune :
- Marie Durand : Marie Durand est parfaite en tout. Et parfaitement insupportable...
- Réalidad : A trente-deux ans, il est toujours puceau. Tout ça, pour l'amour de l'art...
- Sur le sable : Une jeune femme arrive à Saint Malo ; elle ne connaît pas cette cité mais celui qu'elle aime lui a toujours dit que ses yeux en avaient les couleurs ...
- Tri Nitro Nolwenn : Où un joueur de guitare est amoureux d'une chanteuse incendiaire.
- Le corps d'une femme : C'est lui qui parle, lui qui fut trop longtemps délaissé par un esprit peu soucieux de s'en occuper ...
- Le cercle infernal : Un petit garçon, fils de gendarme, déménage en cours d'année et arrive dans sa nouvelle classe.
- Monter en bas : Vivien contemple le cadavre de Madeleine, qu’il vient de tuer ...
- Dysmachinchose : Comment draguer une artiste peintre quand on est daltonien ?
- Miroir ou Brouillé : Où il est question de deux sœurs, bretonnes d'origine, pour lesquelles dans la vie, comme pour l'œuf sur la galette, c'est "miroir" ou "brouillé".
- Note de cœur : Un "nez" amoureux...
Des thèmes extrêmement divers, donc, et des nouvelles qui se succèdent sans se ressembler, ce que j'ai trouvé très agréable. A l'aise dans tous les genres, Gaëlle Pingault n'hésite pas à faire se côtoyer la sympathique histoire d'un garçonnet et celle d'un psychopathe et ne peut que séduire les lecteurs éclectiques.
Un point commun relie cependant tous ces textes : de la fêlure à la rupture, tous témoignent d'une faille dans la vie des protagonistes, d'un moment où les choses basculent, pour le meilleur ou pour le pire. Et le lecteur, effectivement, alors même qu'il vient de faire connaissance des personnages, particulièrement fouillés malgré le format court, ce qui est une des forces de l’auteur, "n'est jamais préparé à ça".
Il va d'ailleurs passer, au fil du recueil, par tout le spectre des émotions. Si Gaëlle Pingault manipule en effet volontiers l'humour, noir ou pas, voire l'ironie mordante, elle sait aussi jouer avec nos sentiments : beaucoup d'humanité dans ses textes et aussi beaucoup d'amour, entre un homme et une femme, pour un enfant, pour une sœur... sans oublier un peu de haine, à l'occasion, afin de faire bonne mesure !
Quant à sa plume, elle s'adapte à chaque fois au sujet traité, variant à volonté le style et le registre de langue. Bref, une écriture parfaitement maîtrisée, pour des histoires-tranches de vie pas toujours ordinaires qui ne le sont pas moins et, invariablement, surprennent (vous savez, la fameuse "chute" !).
Je ne saurais donc trop vous recommander la lecture de ce petit recueil, premier opus d'un auteur qu'on suivra avec attention.
« On n’est jamais préparé à ça », Gaëlle PINGAULT
Éditions Quadrature (123 p)
L'avis de Martine Galati, conquise elle aussi, sur Culturofil.
Gaëlle Pingault , née en 1976, bretonne exilée en région parisienne, est orthophoniste. Retrouvez son interview sur Bibliosurf ici. Et Mot compte double lui a consacré une page blanche, avec une nouvelle inédite.
Le site des Editions Quadrature : consacrées à la nouvelle, elles publient trois recueils par an depuis leur naissance, en 2005.
1. Leiloona le 13-01-2009 à 12:33:04 (site)
Je suis comme toi : j'ai du mal avec les nouvelles, mais ce que tu dis de ce recueil me plaît beaucoup.
A voir, alors !
3. Florinette le 14-01-2009 à 11:47:44 (site)
Moi qui aime les nouvelles, je sens que celles-ci ont tous les ingrédients pour me plaire ! ;-)
4. motcomptedouble le 14-01-2009 à 12:52:24 (site)
Merci d'avoir cité MOT COMPTE DOUBLE qui offre un bel échantillon de l'écriture de Gaëlle Pingault. Pour ceux qui hésitent encore à lire des recueils de nouvelles, cet auteur devrait changer leur regard : on ne s'ennuie jamais en la lisant.
5. Laetitia la liseuse le 14-01-2009 à 19:09:46 (site)
J'aime bien les recueils de nouvelles. c'est vrai que c'est plutôt court. Pas évident de s'attacher aux personnages.
et c'est là que l'on voit le talent de l'auteur en général. dans ce format, j'aime beaucoup Armand Cabasson et Léa Silhol. Auteurs de fantastique.
6. brize le 14-01-2009 à 20:00:34 (site)
@ Leiloona et Florinette : C'est un recueil qui m'a conquise !
@ Aifelle : Il est paru mi-décembre, donc tu ne le trouveras pas tout de suite en bibliothèque.
@ Mot compte double : J'aime être emportée et surprise par ma lecture et avec ces nouvelles, pas de problème, on l'est !
@ Laetitia : Merci pour les références !
7. BiblioMan(u) le 15-01-2009 à 10:56:15 (site)
Les histoires ont l'air vraiment prenantes. Je note tout ça...
8. Tamara le 15-01-2009 à 13:08:15 (site)
Tu m'as totalement convaincue (d'autant que j'aime beaucoup les nouvelles !)
9. manu-- le 15-01-2009 à 18:11:06 (site)
Je ne lis pas trop de nouvelles non plus. A voir, peut-être si je les trouve en bibliothèque.
10. brize le 16-01-2009 à 08:53:20 (site)
@ BibioMan(u) et Tamara : Notez, notez, ça vaut le coup !
@ Manu : Comme je le disais à Aifelle, il est paru trop récemment pour que tu le trouves déjà en bibliothèque.
édité le 16-01-2009 à 08:53:58
Mark Kurzem, historien australien, raconte dans ce livre l'histoire de son père, telle qu'il l'a découverte alors qu'il était déjà adulte.
Alors qu'il fait ses études à Oxford, il a la surprise, un beau jour, de voir son père arriver sans prévenir d'Australie. Pour tout bagage, il dispose d'une "petite valise marron cabossée".
"Il [mon père] s'était toujours montré protecteur envers cette mallette - la règle tacite qui prévalait était que personne à part lui n'était autorisé à y poser la main. Il l'emportait partout où il allait, la tenant si serrée sous son bras qu'elle devait s'être greffée à sa cage thoracique.
Elle contenant tout ce que mon père avait ramené d'Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale : des maigres souvenirs de son enfance en Russie et en Lettonie.
Aussi loin que je m'en souvienne, la petite valise avait figuré en bonne place dans notre vie de famille. Même si nous savions qu'elle contenait des photographies, des documents et autres réminiscences de son passé, aucun d'entre nous n'avait jamais été autorisé à regarder à l'intérieur."
Le père a raconté à ses enfants qu'âgé de cinq ou six ans, suite à un traumatisme dont il n'a plus souvenir, il s'est retrouvé à errer pendant des semaines seul dans la forêt russe, loin de ses parents, des bergers vraisemblablement. Il a été recueilli par des soldats lettons puis adopté par une famille lettone car il n'avait aucun souvenir de son nom et de son village d'origine, et cette famille a plus tard émigré avec lui en Australie.
Pourquoi vient-il voir son fils à Oxford ?
Les bribes de réponse ne viennent que peu à peu.
Deux mots surgissent, tout d'abord, qu'il n'avait jamais révélés à personne : "Panok et Koidanov", deux mots exhumés d'une vie d'avant son passage dans la forêt. Deux mots à partir desquels il demande à son fils de découvrir quelle est son identité.
Puis il sort de sa mallette une photo plus que surprenante :
"J'y vis un petit garçon, âgé de six ou sept ans, pas plus, habillé d'un uniforme militaire qui devait avoir été fait sur mesure pour lui. Il posait fièrement au pied d'un arbre de Noël joliment décoré.
Mon regard se porta sur l'uniforme, et, pendant un moment, je retins mon souffle. Sur ses revers et sur les manches de la veste à col montant se trouvait l'insigne en forme d'éclair qui permettait d'identifier les SS. Le petit garçon était une version miniature de la caricature du nazi, telle qu'on la représente dans les films de guerre. Et il s'agissait de mon père."
Le fils assiste alors à l'émergence progressive d'un passé totalement hors du commun. Un petit garçon juif de cinq ans échappe de justesse au massacre de sa famille, erre pendant des mois dans les bois où il survit jusqu'à ce qu'il soit recueilli par des soldats lettons. Ce petit garçon a oublié son nom. Il est donc rebaptisé. Il apprend le letton et se met au service des soldats qui l'ont sauvé, dont il devient la mascotte, pourvue d'un uniforme à sa taille. C'est aussi un petit garçon auquel le sergent Kulis, qui lui a sauvé la vie, a fait comprendre que si sa judaïté était découverte, il mourrait...
« Ce livre se lit comme un thriller » (et ce que je vous en ai dit ne correspond qu'aux 80 premières pages, sur 438 au total), m'a dit ma sœur, bibliothécaire de son état (mais pas dans la ville où j'habite, malheureusement !), lorsqu'elle m'a chaudement recommandé la lecture de ce témoignage, usant d'un argument dont elle savait, connaissant le genre de lectures que j'apprécie (celles où-le-fil-narratif-est-suffisamment-tendu-pour-retenir-mon-attention !), qu'il serait efficace
Et elle avait raison ! Cette biographie reconstituée par retours en arrière successifs, douloureuse remontée vers un passé nié, renié, se lit effectivement comme un thriller (d'ailleurs, je ne saurais trop vous recommander de ne pas faire comme moi et d'éviter d'aller regarder toutes les photos insérées au milieu du livre, sous peine de déflorer un peu l'histoire !) : quel fut le passé réel du père, peut-on ou non retrouver son identité, que signifient "Panok" et "Kodianov" ?
Le père du narrateur s'est décidé à parler, mais cette parole, avant d'être délivrance, est souffrance. Revivre une enfance aussi incroyable et, surtout, aussi cruelle représente un processus terrible de mise au jour de ce qui avait été volontairement occulté pour d'abord survivre puis vivre tout court, se marier, fonder une famille...
Et que dire, justement, de cette famille, en premier lieu le fils aîné, qui découvre soudain un passé si savamment travesti ? Avant de compatir, le narrateur se sent trahi, parce que son père lui avait caché tout cela. Et l'épouse apprend que l'homme qu'elle côtoyait depuis tant d'années lui était dans un sens étranger.
Deux dimensions dans ce témoignage, donc.
L'histoire, en premier lieu. Incroyable et prenante. Avec, notamment, ces moments particuliers dont le père se souvient, ces moments où tout aurait pu basculer, où le cours de son destin aurait pu changer, s'il avait suivi telle ou telle personne qu'il a croisée... Et puis, dans la foulée, l'enquête sur le terrain pour corroborer ou non les souvenirs et, qui sait, retrouver la véritable identité du père.
La seconde dimension de ce témoignage réside dans la psychologie des principaux protagonistes. Le père, qui s'est soudain décidé à se livrer, ne sait que faire de sa judaïté, s'interroge sur son éventuelle culpabilité et, tourmenté, fait preuve d'un courage remarquable en poursuivant ce chemin qu'il a décidé d'emprunter, quelles que soient les embûches.
Quant au fils, malgré le choc, malgré l'impression, partagée avec son père, de nager parfois au milieu des décombres de son propre passé, lui aussi avance, soutenant son père jusqu'au bout, armé de persévérance et d'amour filial.
Un témoignage passionnant, relaté avec brio... et qui se lit comme un roman !
"La Mascotte", Mark KURZEM
Les Editions Noir sur Blanc (438 p )
1. SD49 le 10-01-2009 à 11:41:14
vite vite que je le trouve à la bibliothèque, après un billet pareil j'espère ne pas être déçue.
Je suis vraiment très tentée.
2. Karine :) le 10-01-2009 à 15:20:06 (site)
Je ne lis jamais de trucs vécus mais tu m'as convaincue pour celui-ci... ça semble réellement passionnant!!! Ton enthousiasme est communicatif!
3. manu-- le 10-01-2009 à 17:11:08 (site)
Je ne sais pas trop si ça m'intéresserait. Par contre, je crois que mon père, ça pourrait carrément lui plaire.
4. Aifelle le 11-01-2009 à 10:21:25 (site)
Je suis tentée par ce témoignage, pas tout de suite parce que j'en ai un peu trop lu ces derniers temps, mais je note.
5. michel_serialecteur le 11-01-2009 à 12:55:27 (site)
Je le note de suite, cet éditeur peu connu traduit des livres toujours très curieux ! celui ci semble passionnant
6. Florinette le 11-01-2009 à 13:03:03 (site)
Je vais en prendre note même si pour l'instant je ne suis pas attirée par ce genre de roman, car il pourrait plaire à mon entourage ! :-)
7. brize le 11-01-2009 à 19:48:51 (site)
@ SD49 : Le billet est à l'image de mon ressenti... mais je ne peux pas augurer du tien : je ne peux qu'espérer que le livre te plaise autant qu'à moi
.
@ Karine et Michel : Franchement, j'ai vraiment trouvé ce livre aussi passionnant qu'un roman.
@ Manu et Florinette : Eh oui, les blogs nous servent aussi à glaner des idées pour nos proches !
@ Aifelle : Il est certain que c'est mieux de varier les genres, ce que j'essaie, comme toi, de faire.
8. ninalivre le 11-01-2009 à 21:57:02 (site)
Je note ce livre car j'ai des lecteurs dans ma bibliothèque qui seront très intéressés par ce livre, alors tu as une soeur bibliothécaire alors vous devez avoir de beaux sujets de conversation !!! bises et à bientôt.
9. chris89 le 12-01-2009 à 11:35:44 (site)
Après ton commentaire, je vais surligner ce livre. Il est sur ma LAL depuis quelques jours après l'avoir parcouru à la FNAC !!
10. brize le 12-01-2009 à 19:08:36 (site)
@ Nina : Evidemment, on parle bouquins, mais nos goûts sont souvent assez différents donc c'est sympa quand on se retrouve sur un livre, comme c'est le cas ici.
@ Chris 89 : Ben ça, c'est une sacrée coïncidence !
11. rennette le 13-01-2009 à 09:13:36 (site)
merci de ta visite...
et là je dois dire que ce livre m'attire terriblement... noté !!! merci
Lyon, en 2054. Le docteur Andy Sollow est un savant de renom, inventeur du fulguima, qui convertit en images ce qui normalement se présente sous forme de mots, les livres par exemple. La mère de Ange qui, en dernier recours, lui amène son fils, incapable de parler, lire et écrire depuis sa naissance, neuf ans auparavant, ne pouvait donc mieux tomber. Sollow se rend immédiatement compte que Neuf, comme il décide de l'appeler, loin d'être arriéré, est doté d'une intelligence nettement supérieure à la moyenne, mais ne fonctionnant qu'à partir des zones du cerveau liées à la production des images. En même temps qu'il accepte d'aider Neuf à devenir un petit garçon "normal", il envisage d'utiliser ses extraordinaires compétences dans le cadre des recherches qu'il mène.
De son côté, l'épouse de Sollow, Annabel, ne sait plus à quel saint se vouer maintenant qu'elle a échoué à l'examen d'accès au diplôme d'Aptitude Auprès des Enfants, étape préalable du processus long et complexe menant à terme au déclenchement d'une grossesse légale.
Tandis que Sollow poursuit ses recherches innovantes, testant l'Expéron, procédé consistant à extraire des expériences vécues par une personne pour les implanter dans une autre, en même temps qu'il avance dans la découverte des capacités de Neuf, son épouse s'éloigne de lui, prête à tout, contrairement à lui, pour avoir un enfant y compris illégalement, avant d'atteindre le cap fatidique de la quarantaine...
Voilà un roman d'anticipation tout à fait sympathique qui, s'il ne révolutionnera pas le genre, a le mérite de traiter avec intelligence divers thèmes dignes d'intérêt au travers d'une histoire fort bien construite, si bien qu'il se lit avec grand plaisir.
Même si le savant est viril et intelligent et son épouse aussi canon qu'une reine de beauté, leurs caractères sont bien dessinés et, de ce fait, crédibles et attachants. Alors, les questions qui se posent à eux ne sont pas des cas d'école mais des interrogations douloureuses vécues, au moins pour l'épouse, dans leur chair.
Elle veut un enfant. On découvre que le processus légal hyper contraignant rendant la chose possible est le produit des exigences des féministes qui souhaitaient voir le métier de parent reconnu à part entière. Et force est de constater à quel point le mieux est l'ennemi du bien.
D'autres questions sont ainsi, par le biais d'aventures individuelles, abordées. L'eugénisme, puisque le parcours menant à la grossesse passe aussi par une sélection partielle de l'individu à naître. L'avenir du livre, que le fulguima pourrait condamner. L'effet de la réception, par un individu, via l'Expéron, d'une expérience qu'il n'a pas lui-même vécue. Plus globalement, le roman s'interroge sur l'utilisation des individus dans le cadre de la recherche expérimentale.
Certes, les thèmes de réflexion n'ont pas une envergure hors du commun et le cadre de référence demeure essentiellement familial, rapprochant ce roman d'anticipation d'une comédie de mœurs revue et corrigée à la mode SF. Mais l'histoire fonctionne très bien et m'a accrochée au point que je l'ai lue sinon d'une traite du moins très rapidement.
Un bon moment de lecture, que je recommande même aux réfractaires à la SF, car l'entrée dans ce proche futur possible est faisable moyennant un effort d'adaptation relativement faible.
"Expéron", Hélène CRUCIANI
éditions Griffe d'Encre (244 p)
Les avis de Lucile, Uncoindeblog, Amanda, Tamara .
1. Leiloona le 06-01-2009 à 13:00:13 (site)
L'intrigue me tente bien. (J'aime beaucoup cette couverture, ça doit jouer aussi.
)
2. keisha le 06-01-2009 à 13:24:30 (site)
Maison d'édition qui a l'air sympa, un peu de SF qui fait réfléchir, pourquoi pas ?
3. SBM le 06-01-2009 à 14:01:59 (site)
Moi qui ne suis pas réfractaire justement, je me demande... je viens d'être un peu déçue pas cette maison d'édition et tu soulignes quand même un certain nombre de clichés...
4. Alwenn le 06-01-2009 à 14:29:55 (site)
Je pense que je vais passer mon tour malgré ton avis favorable. Je ne suis pas très SF, et ça me fait un peu penser à l'univers de Gemma Malley. Bon, ce doit être différent, mais ça demeure des thèmes proches.
5. Tamara le 06-01-2009 à 16:47:48 (site)
Bon, je crois qu'on a un avis à peu près similaire... Sympathique ouvrage de "SF débutant" !
6. Brize le 06-01-2009 à 20:45:41 (site)
@ Leiloona et Keisha : à tenter, effectivement !
@ SBM et Tamara : Ce roman est bien pensé, bien mené et distrayant, c'est déjà beaucoup, je trouve, mais il ne restera pas dans les annales de la SF. Dans sa catégorie, cependant, il se défend très honorablement et mérite qu'on s'y intéresse.
@ Alwenn : C'est vrai, les thèmes sont proches mais tu sais, en SF (comme ailleurs), ce n'est pas tant le thème qui compte que le traitement qui en est fait. Et là, le traitement est totalement différent de celui de Gemma Malley dans "La déclaration".
7. manu-- le 07-01-2009 à 11:25:38 (site)
Je passe. J'ai décidé de tenter la fantasy cette année. La SF, peut-être en 2010 !
8. Florinette le 07-01-2009 à 17:00:41 (site)
Comme tu le recommandes au réfractaire de la SF, je n'hésite pas à en prendre bonne note ! ;-)
9. brize le 07-01-2009 à 19:18:42 (site)
@ Manu : Ah... la fantasy ! Là, c'est moi qui ai un peu de mal à accrocher !
@ Florinette : Je pense que tu peux te risquer
!
10. liliba le 08-01-2009 à 13:38:11 (site)
Je crois qu'en ce début d'année, je peux faire un "effort d'adaptation relativement faible" !!!
11. brize le 08-01-2009 à 19:19:40 (site)
Liliba, ça, c'est de la bonne résolution, ou je ne m'y connais pas
!
12. SD49 le 10-01-2009 à 09:36:06
oh oh Brize où es tu ???? es tu toute gelée près du chateau ???? où es tu en panne de lecture ?
à très bientot !
13. brize le 10-01-2009 à 09:47:24 (site)
J'suis là, pas gelée, pas (du tout) en panne de lecture
! Et la parution du prochain billet est imminente
!
En 1923, en Afrique du Sud, à la ferme d'Hebron, Catherine a huit ans. Comme sa meilleure amie, Maria. La première est blanche, fille des maîtres. La seconde noire, fille de la cuisinière. En 1990, Catherine et Maria vivent toujours à Hebron.
Mais, entre ces deux dates, bien des années se sont écoulées. Marquées par une longue séparation, quand Katie part encore enfant loin d'Hebron, avec sa mère et sa petite sœur. Elle n'y revient que jeune femme, alors que ses parents sont morts. La ferme est habitée par son nouveau propriétaire, Tom Fyncham, que son épouse, Isobel, a quitté récemment. Il séduit immédiatement Katie...
Maria, de son côté, n'a jamais oublié Catherine et l'a attendue pendant tout ce temps.
L'amitié des deux fillettes, inaltérable, traverse les péripéties du présent, tandis que le passé remonte insidieusement à la surface pour venir perturber le cours de leurs vies...
Le roman raconte l'histoire de Catherine, superposant les événements de l'enfance à ceux du présent, qui servent de fil conducteur. Alors que Katie avance, difficilement, dans sa propre vie, le lecteur découvre son passé tel qu'elle l'a vécu et aura, comme elle, la révélation des pans qui lui étaient demeurés cachés.
L'atmosphère du roman est empreinte de mystère et le désir de connaître ce qui demeure dans l'ombre (à qui appartiennent donc ces ossements découverts par une fillette ?) crée un certain suspense.
Mais deux aspects, avant tout, m'ont séduite dans cet ouvrage .
Il y a, tout d'abord, la relation franche mais n'excluant pas le secret de Katie et Maria, au-delà de l'apartheid, évoqué en toile de fond, une relation irriguée par leurs souvenirs d'enfance, dont les images et les dialogues ressurgissent (en italique et dans un présent intemporel) pour entrecouper régulièrement la narration.
Et surtout, j'ai été sensible au mouvement d'ensemble du roman, évoquant celui du cours de la rivière vers laquelle Catherine retourne toujours : flux du présent et flux du passé se croisent, se télescopent parfois dans les visions que Maria ne peut s'empêcher d'avoir... L'écriture est baignée de poésie, une pulsion profonde de la nature rythme le roman, une aura d'irrationnel confère à ces quelques vies pas si simples une présence et une dimension fortes.
Un roman fluide et assez prenant, qui se lit avec plaisir.
Quelques extraits pour vous donner un aperçu du style :
- "Au crépuscule, après la fin de l'orage, un vent tiède se mit à souffler sur le veld, empruntant la route devant l'école et le magasin, puis l'avenue bordée de gommiers qui conduisait à la maison de Hebron. Il portait la nouvelle de ces ossements humains que la fillette avait trouvés. Prenant de la vitesse, il gravit la volée de marches en pierre et passa sous l'énorme porte cintrée en bois qu'on avait fait venir de Hollande. Il survola le grand tapis, se faufila entre les pieds du piano à queue et franchit, à l' autre bout de la pièce, la porte menant à la cour intérieure autour de laquelle était bâtie la maison. Là, il encercla les rosiers et le figuier de Barbarie, délogeant un lézard qui fila se mettre à l'abri."
- "Il y avait dans son coeur un trou si grand que, si elle jetait des choses dedans, elle ne les entendait pas toucher le fond".
- "L'air était lourd, chaud et immobile : si elle avait eu un couteau, elle aurait pu trancher dedans."
"L'Église des pas perdus", Rosamund HADEN
Le Livre de Poche (281 p)
Ce livre m'a été offert par le Livre de Poche en échange d'une critique pour leur site.
Les avis d'Amanda, de Joëlle, Uncoindeblog , Praline ...
1. keisha le 02-01-2009 à 12:13:29 (site)
Je l'ai lu (avant blog !) et apprécié, c'est paru chez Sabine Wespieser ,dont j'aime les choix généralement
2. keisha le 02-01-2009 à 12:14:21 (site)
Oups, j'ai cliqué trop vite !
Bonne année 2009 et belles lectures !
4. Aifelle le 02-01-2009 à 13:13:23 (site)
Je note, l'histoire et ce que tu en dis m'inspire bien. La photo de couverture est belle. Bonne année Brize.
5. Karine :) le 02-01-2009 à 15:27:13 (site)
Je n'étais pas du tout certaine... mais je crois que tu viens de réussir à mon convaincre!! Une atmosphère un peu mystérieuse, normalement, ça me réussit bien!
7. Ys le 02-01-2009 à 22:22:57 (site)
L'année de lecture commence bien alors. Bonne année 2009 Brize, avec encore plein de bons livres !
8. maijo le 02-01-2009 à 23:09:29 (site)
Très belle année 2009, Brize. Qu'elle soit pleine de douceur et de joie, de lectures, de rencontres, de bons moments. Bisous.
9. sybilline le 03-01-2009 à 10:01:54 (site)
Tu commences l'année sur les auspices de l'amitié et de la tolérance, Brize..
Et ce roman semble fort beau
10. brize le 03-01-2009 à 12:55:32 (site)
@ Keisha : Le fait que ce roman ait été initialement édité chez Sabine Wespieser était pour moi un point positif qui a contribué à me faire accepter la proposition du livre de poche.
Bonnes lectures à toi aussi pour 2009 !
@ SD49 : Bonne année à toi aussi... avec plein de bons livres à la médiathèque !
@ Aifelle : Belle couverture, en effet. Bonne année à toi aussi !
@ Karine : Et en plus, il y a un beau ténébreux... ça devrait te plaire !
@ Cathulu : Chouette, un billet en perspective !
@ Ys : Oui, bonne pioche, cette fois-ci, au livre de poche ! Bonne année à toi aussi, Ys !
@ Maijo : Et pour toi, que cette année 2009, porteuse de tant de changements dans ta vie, soit synonyme de richesse et de découvertes humaines, en notre compagnie, bien sûr, car tu vas nous voir encore davantage attachés à ton blog lorsque tu partiras pour tes incroyables aventures !
@ Sybilline : Oui, c'est un beau roman où, en pleine période d'apartheid, une jeune Noire parle aussi bien qu'une Lady parce que son amie blanche lui a appris l'anglais, tout simplement !
11. chris89 le 03-01-2009 à 19:58:33 (site)
Un bien beau début d'année avec ce livre - Je le note et bonne et heureuse année à toi et les tiens.
12. le blog de philo le 04-01-2009 à 00:38:35
Tu commences l'année avec un très beau billet qui donne envie de découvrir ce livre. Tous mes voeux pour cette nouvelle année.
13. manu-- le 04-01-2009 à 11:39:48 (site)
Bonne année Brize.
Tu m'as également convaincue. Je le note dans la liste des prochains achats :-)
14. Florinette le 04-01-2009 à 14:57:58 (site)
Un joli livre pour commencer l'année 2009 que je te souhaite belle et douce, bisous et à bientôt Brize !
15. Lucile le 04-01-2009 à 18:18:24 (site)
Très bonne année à toi Brize!
J'ai moi aussi beaucoup aimé ce roman, mais surtout pour son ambiance mystérieuse... A bientôt!
16. brize le 04-01-2009 à 18:30:54 (site)
@ Chris 89 et Florinette : Oui, une lecture bien agréable ! Bonne année à vous aussi
.
@ Philo : Je suis contente que mon billet t'ait donnné envie de découvrir ce livre et je te souhaite à mon tour une bonne année 2009 !
@ Manu : J'espère ne pas me tromper
mais je pense que ce livre devrait te plaire. Bonne année à toi aussi !
@ Lucile : Ce roman peut séduire son lecteur de diverses manières, c'est ce qui fait son charme ! Bonne année et au plaisir de se revoir, le cas échéant
!
17. fashion victim le 04-01-2009 à 19:49:09
J'ai beaucoup aimé aussi! Bonne année Brize! Bises!
18. brize le 05-01-2009 à 09:17:34 (site)
Bonne année à toi aussi, Fashion et à bientôt, sûrement : ça m'étonnerait que l'année 2009 ne nous donne pas à nouveau l'occasion de nous rencontrer
!
19. Patachousse le 05-01-2009 à 20:19:30 (site)
Une Bonne et Heureuse Année 2009, plein de bonheur et de lecture...
Cdt.
20. brize le 05-01-2009 à 21:46:39 (site)
Bonne année à toi aussi, Patachousse et que ton blog t'apporte beaucoup de plaisir
!
21. liliba le 08-01-2009 à 13:40:20 (site)
J'avais lu un billet je ne sais plus où tout récemment, et j'hésitais, et puis je me dis, que après tout, ça a l'air pas mal tout de même, puisque tu as aimé !
22. brize le 08-01-2009 à 19:18:34 (site)
Jusqu'à présent, j'ai l'impression que ce livre n'a recueilli que des avis favorables. J'espère que tu aimeras aussi
!
25. myloubook le 10-01-2009 à 19:04:55 (site)
On se croise, j'étais sur ton blog en train de chercher ton avis quand tu m'as laissé un commentaire
27. brize le 11-01-2009 à 10:52:40 (site)
@ Lou : Les grands esprits...
!
@ Praline : Bonne Année à toi aussi !

. Tout le monde connaît, bien sûr, la théorie selon laquelle il suffit d'un grain de sable pour enrayer la machine.
Ici, Schuiten et Peeters l'exploitent, avec maestria, de manière aussi décalée que d'habitude !
Dans une Brüsel à l'architecture fantastique, d'étranges incidents de produisent. Une jeune maman croit tout d'abord que ses enfants ont rapporté du sable dans l'appartement, jusqu'à ce que celui-ci en soit littéralement envahi. Son voisin, un savant, voit apparaître chez lui une, puis des pierres, de plus en plus nombreuses, pesant chacune 6793 grammes. Tout près, son ami, Maurice, restaurateur, s'allège au point de ne plus pouvoir bientôt se déplacer sans lest !
D'anodins, ces incidents deviennent de plus en plus préoccupants, au point que la ville de Brüsel doit faire appel à une consultante, Mary von Rathen (la Mary de "L'enfant penchée"), "collecteuse de phénomènes inexpliqués". C'est à elle qu'il incombe d'interrompre ce qui finit par devenir un désastre pour la ville et n'est pas sans rapport avec la visite d'un géant barbu et chevelu, venu d'une contrée lointaine pour vendre des bijoux...
Le tome 1 exposait la situation en présentant l'apparition des incidents et le début de l'enquête de Mary von Rathen. Tout s'accélère et empire dans le deux : la fantaisie est susceptible de virer au tragique et Brüsel purrait sombrer définitivement dans le chaos. Mary von Rathen parviendra-t-elle à résoudre l'énigme et tout finira-t-il par rentrer dans l'ordre (ou ce qui en tient lieu) ?
Une fois de plus, Schuiten et Peeters nous emmènent dans une Brüsel qui semble vivre dans un univers parallèle, où le bizarre existe déjà au quotidien si bien que le trop bizarre, qui peut conduire au dérapage fatal, passe d'abord inaperçu.
L'intrigue est insolite au possible mais, dans un environnement où les lois de la raison n'ont plus de sens, elle suit sa propre logique et le lecteur s'y perd volontiers. Elle est plaisante à lire (avec, deci delà, une pointe d'humour), les décors sont fascinants, les personnages esquissés, comme l'ensemble des dessins, avec justesse, dans un graphisme noir et blanc dense et élégant, puissamment évocateur.
Un diptyque hors du commun, infiniment séduisant.
"La théorie du grain de sable" (2 tomes), SCHUITEN et PEETERS
éditions Casterman
1. manu-- le 29-12-2008 à 09:14:26 (site)
Tiens, ça a l'air pas mal. La ville fait-elle penser à la capitale belge?
Si oui, ça pourrait me tenter. Je vais me renseigner :-)
2. Mo le 30-12-2008 à 14:18:23 (site)
Ah, ces bd me font envie depuis longtemps, elles sont tellement belles!
Bon réveillon à toi!
3. brize le 30-12-2008 à 19:08:22 (site)
@ Manu : J'ai toujours été persuadée que la ville de Brüsel, vue par Schuiten et Peeters (un de leurs albums , "Brüsel", lui est d'aillieurs consacré), était une vision des possibles de Bruxelles... mais je ne connais pas la ville, donc je n'ai jamais pu comparer !
@ Mo : Je suis incapable de résister à une BD de Schuiten et Peeters !
Bon réveillon à toi aussi !
4. sybilline le 31-12-2008 à 12:09:27 (site)
Voilà une BD que je ne voudrais manquer à aucun prix, d'autant plus que je suis bruxelloise 
Bonne fête de fin d'année, Brize!
6. songes-litteraires le 01-01-2009 à 16:48:39 (site)
Bonne année Brize avec j' espère beaucoup de belles découvertes littéraires!!
Songes-litteraires.
7. Laetitia la liseuse le 01-01-2009 à 20:55:03 (site)
Meilleurs voeux Brize ! J'espère que tu as passé un très beaux réveillon.
8. brize le 03-01-2009 à 13:04:14 (site)
@ Sybilline : Tu es bruxelloise... alors tu dois déjà connaître la "Brüsel" de Schuiten et Peeters ! Bonne année, Sybilline !
@ Cathulu : Un certain nombre de ces bonnes lectures proviendront vraisemblablement d'un certain blog
!
@ Songes littéraires : Bonne année à toi aussi, avec plein de billets fouillés sur ton blog !
@ Laëtitia : Réveillon tranquille en famille, avec un bon feu de cheminée ! Bonne année à toi aussi !
11. chiffonnette le 08-01-2009 à 20:23:50 (site)
Bon, je suis trop longtemps passée à côté de Shuitten! Noté et souligné!
12. brize le 08-01-2009 à 21:04:08 (site)
Chiffonnette, tu peux aussi découvrir Schuiten et Peeters avec d'autres ouvrages faisant aussi partie du cycle "Les cités obscures" comme "La fièvre d'Urbicande", "Les murailles de Samaris" ou (plus récents) "La frontière invisible" (2 tomes), "L'enfant penchée" (je ne suis pas exhaustive)... Le mieux serait de les lire dans l'ordre de parution puisque c'est un projet global.
13. céline de enlivrezvous le 10-01-2009 à 00:05:44 (site)
Je m'y connais très peu dans l'art de la BD, mais les dessins de Schuiten et Peeters m'attirent beaucoup ! Vivant à "Brüsel", je devrais apprécier :-) Je te souhaite une bonne année pleine de lectures !
14. brize le 11-01-2009 à 10:56:07 (site)
Céline, en tant qu'habitante de "Brüsel", il me semble que la rencontre avec Schuiten et Peeters est incontournable !
Bonne année à toi aussi avec des tas de belles lectures !
Oui ! Ils y étaient, dans les paquets au pied du sapin, les trois livres que j'avais inscrits sur ma LAPN (Liste Au Père Noël ) !
C'est Florinette qui m'avait donné très envie de me plonger dans les histoires de Beatrix Potter et d'admirer tous ses merveilleux dessins.
Ce sont Keisha et Sentinelle qui, à l'occasion de la parution de "Tamara Drewe", m'ont fait découvrir Posy Simmonds avec son précédent album, "Gemma Bovery".
Et pour "La théorie du grain de sable", tome 2... l'idée vient de moi, grande admiratrice depuis longtemps de Schuiten et Peeters, dont je collectionne les ouvrages.
Et vous, des cadeaux livresques au pied du sapin ???
1. zacetnono le 25-12-2008 à 17:41:24 (site)
Je passe jour te souhaité
à toi et aussi les tiens
une belle et heureuse fin d'apres-midi et
un très bon joyeux Noel
Gros bisous
2. keisha le 25-12-2008 à 20:05:14 (site)
La LAPN a bien fonctionné ! Bonnes lectures, j'attends les articles.
3. manu-- le 25-12-2008 à 20:47:07 (site)
Je vois que tout le monde a été gâté :-) (et moi aussi ;-) )
4. Chiffonnette le 25-12-2008 à 21:50:09 (site)
Jolie liste et jolis cadeaux!! Bonne fin de Noël Brize!
5. Isill le 25-12-2008 à 21:55:39
Joyeux noël! Pas de livres pour moi cette fois mais un superbe agenda Corto Maltese qui s'en rapproche un peu. Bonnes lectures.
6. Karine :) le 25-12-2008 à 23:43:47 (site)
Les trois livres que tu voulais... le Père Noël a vu juste, dis donc!!! Quelques bouquins ont aussi fait partie de ce qu'il m'a laissé!!
7. Alwenn le 26-12-2008 à 11:29:59 (site)
Aaaah ! Le Beatrix Potter, il était sur ma liste mais je ne l'ai pas eu. Je vais donc l'acheter moi-même (j'aime bien me faire des cadeaux ^^). Et toi tu l'as déjà... je te jalouse à mort, là !
)
8. brize le 26-12-2008 à 12:34:35 (site)
@ Zacetnono : Merci !
@ Keisha : ils viendront !
@ Manu : Ces trois livres sont les cadeaux qui m'ont le plus fait plaisir !
@ Chiffonnette : Eh oui, Noël, c'est fini !
@ Isil : Ah oui, l'agenda Corto Maltese, pas mal ! De mon côté, j'ai appris il y a peu que l'artiste Gaëlle Boissonnard, dont j'aime beaucoup les cartes et dont j'achète le calendrier chaque année, venait de sortir un agenda : plus qu'à le trouver !
@ Karine : Il est trop fort, ce Père Noël
!
@ Alwenn : Hé, hé... je savais bien que j'allais faire des envieuses
(et si je n'avais pas reçu le Beatrix Potter, j'aurais aussi été me l'acheter
!)
9. Laetitia la liseuse le 26-12-2008 à 18:22:00 (site)
Oh les beaux cadeaux ! ça ne soulage pas nos piles mais qu'importe. recevoir des cadeaux est toujours un véritable plaisir !
10. brize le 26-12-2008 à 22:56:17 (site)
Oui, surtout de beaux livres comme ceux-là : il y a un plaisir physique à les feuilleter, à admirer les dessins, la qualité du papier (et il y a même un signet dans "Tamara Drewe" !) bref l'objet lui-même (ça doit me rappeler les albums que j'avais enfant... je sais, c'est facile de dire ça avec le Beatrix Potter
!) !
11. ninalivre le 26-12-2008 à 23:03:38 (site)
Je n'ai pas eu de livres au pied du sapin sniff sniff !! j'adore Béatrix Potter c'est une super didée de cadeau.
12. Katell le 27-12-2008 à 09:56:08 (site)
Le PN a déposé "Une brève histoire du tracteur en Ukraine" de M.Lewycka, "Syngué sabour" de A.Rahimi et un superbe livre "Thé: rituels et bienfaits" à l'iconographie sublime! Un vrai bienfaiteur ce PN!!
13. brize le 27-12-2008 à 12:22:41 (site)
@ Nina : Mais il fallait le lui demander, au Père Noël, de t'apporter le Beatrix Potter : je suis sûre qu'il l'aurait fait
! Allez, il a dû se faire pardonner avec d'autres cadeaux, non ?!!!
@ Katell : Le PN est un mec bien, y'a pas à dire !!!
15. brize le 27-12-2008 à 18:22:31 (site)
Ah, mais c'est super, ça, un Noël qui joue les prolongations
! J'espère que tu auras encore de belles surprises !
16. Marie de Lecture & Cie le 28-12-2008 à 11:35:12 (site)
Et bien chez moi aussi le Père Noël a laissé des cadeaux (exclusivement) livresques sous le sapin : "Tamara Drewe" aussi (que j'avais emprunté, lu et adoré... et que je voulais du coup rien qu'à moi dans ma bibli) ainsi que d'autres titres :
- "L'excuse" de Julie Wolkenstein
- "Insomnie et autres histoires" et
"Loin d'être parfait" d'Adrian Tomine (BD)
- "Le petit Christian" de Blutch (BD)
De bonnes heures de lecture en perspective ! ;-)
A bientôt ! Et contente d'avoir découvert ton blog !
PS : J'attends ta critique de Tamara Drewe avec impatience !
édité le 28-12-2008 à 11:36:20
17. sybilline le 28-12-2008 à 12:55:53 (site)
Tu as été gâtée dis donc!
Merci de nous partager ces trouvailles superbes!
18. Laila_S le 28-12-2008 à 15:17:07 (site)
Bien chanceuse dis donc !
Et ta liste a fonctionné !
Moi aussi cette année, elle a fonctionné, et j'ai reçu "Bibliothèques du monde".
De Joyeuses Fêtes ! 
Laila
19. lael le 28-12-2008 à 17:19:24 (site)
Et bien tu as été gâtée et j'en suis ravie!!! je te souhaite encore de bonnes fêtes de fin d'année et de belles lectures pour 2009
21. Florinette le 28-12-2008 à 18:58:22 (site)
Tu vas te régaler à découvrir tous ces magnifiques contes et illustrations de Beatrix Potter !!
Gemma Bovery, je pense que je vais me l'offrir avec mes chèques-cadeaux livres ! 
22. brize le 28-12-2008 à 20:01:39 (site)
@ Marie : Comme je te comprends, d'avoir voulu « Tamara Drewe » dans ta bibliothèque ! J'ai eu exactement la même réaction avec « Gemma Bovery », après l'avoir lu en bibliothèque aussi ! Quant à ma critique de « Tamara Drewe », elle ne tardera pas, mais je ne vais pas le lire dans l'immédiat car j'ai émigré dans le sud-ouest pour un réveillon familial... et j'ai dû me résoudre à ne pas emporter ce bel album dans mes bagages !
Sinon, je ne connais pas les BD dont tu parles, donc j'aurai moi aussi le plaisir d'aller découvrir ton blog pour y lire bientôt les billets à leur sujet ! A bientôt !
@ Sybilline : Je n'ai pas pu résister au plaisir (un peu puéril, je le reconnais... mais entre amateurs de livres, je me suis dit qu'on me comprendrait !) de vous faire partager la joie que j'ai eue à les recevoir !
@ Laila : Ah oui, la liste a bien fonctionné ! Je ne connais pas « Bibliothèques du monde », donc j'aurai le plaisir de le découvrir sur ton blog !
@ Lael : Merci et des tas de bonnes lectures pour toi aussi en 2009 !
@ Pom' : Miam ! Voilà un cadeau bien savoureux !
@ Florinette : Oh oui, j'ai déjà lu deux histoires et ces dessins sont un vrai bonheur !
Bonne idée pour « Gemma Bovery », je pense que tu vas aimer !
édité le 28-12-2008 à 20:02:39
23. calepin le 28-12-2008 à 21:08:58 (site)
J'ai testé cette année la LAPN et ça marche plutôt bien ! Ma PAL s'est enrichie des trois tomes de Millenium, de "Best Love Rosie" et de "La vie en sourdine" de David Lodge... J'adore Noël...
24. Brize le 31-12-2008 à 18:45:34 (site)
Chouettes lectures en perspective ! Vive Noël et la LAPN
!
25. chris89 le 03-01-2009 à 19:43:31 (site)
"Tamara Drewe" voilà un livre qui devrait finir dans ma PAL rapidement !!!

J'espère que vous trouverez au pied du sapin tous les livres qui vous faisaient envie (et le reste
) !
1. Ys le 24-12-2008 à 10:09:20 (site)
Joyeux Noël à toi aussi et plein de cadeaux à lire et à manger (ben quoi, ça ne suffit pas dans la vie ?!)
3. fashion victim le 24-12-2008 à 10:28:09
Joyeux Noël!!!
7. Laetitia la liseuse le 24-12-2008 à 12:00:05 (site)
Je crois que c'est bien parti pour... Les livres sous des couches de papiers cadeaux hé hé !
Très bon noël à toi Brize !
9. sentinelle le 24-12-2008 à 13:25:38
Bonnes fêtes à toi aussi Brize !
10. keisha le 24-12-2008 à 14:13:42 (site)
Joyeux Noël !
Pour apporter tous les bouquins dont on a envie, un renne ne suffit pas ...
11. sybilline le 24-12-2008 à 14:23:10 (site)
Merci Brize!
Je te souhaite aussi une très belle fête de Noël pleine de couleurs, de chaleur et bien sûr, de livres!
16. chris89 le 24-12-2008 à 18:27:31 (site)
Bon Noël, bonne fête et tout ce dont tu as envie ...!!!!
18. Lune de pluie le 25-12-2008 à 00:31:34 (site)
"Douce nuit,...". J'arrive tard et c'est dans une paix ambiante que je te souhaite un "Joyeux Noël".
21. patachousse le 25-12-2008 à 11:07:13 (site)
Joyeux Noël et plein de bonheur...
22. Leiloona le 26-12-2008 à 11:31:22 (site)
Je suis en retard (google reader fait des caprices et il t'a oubliée. :/)
J'espère que tu as passé de bonnes fêtes !
édité le 26-12-2008 à 11:31:42
23. Caro[line] le 27-12-2008 à 15:13:55 (site)
Joyeux Noël à toi aussi !
Et oui, le Père Noël a apporté quelques livres au pied de mon sapin. :-)
24. maijo le 27-12-2008 à 21:22:51 (site)
Chère Brize, j'espère que ton Noël fut bon également, et que tu as trouvé au pied du sapin tout ce qui te faisait envie!
Germain (1,89m, 110 kgs) a 45 ans, des petits boulots, vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère, là où il fait son potager... et jouit d'une réputation de sympathique abruti auprès de ses copains du café, parce qu'il y a un certain nombre de trucs qui lui échappent, faut être clair là-dessus, même si ça ne l'empêche pas de vivre.
Jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Margueritte, au jardin public. Elle a quatre-vingt-six ans, s'intéresse aux pigeons, comme lui, mais aussi aux livres. Alors elle fait la lecture à Germain, l'analphabète, et un monde nouveau s'ouvre à lui...
C'est Germain qui raconte. Et quelle verve ! Comme il le dit lui-même, il lui est difficile d'aligner une phrase sans quelques gros mots bien sentis.
Nous, lecteur, on assiste en direct à l'éveil dudit Germain. Car s'il est analphabète, Germain est loin d'être bête, on s'en rend compte tout de suite, niché qu'on est dans sa tête, à entendre tout ce qu'il pense.
En outre, Germain nous explique les ratés qui l'ont mené là. Une mère pas aimante, un instituteur brutal et ironique... et voilà comment un garçon qui n'était peut-être pas très doué, effectivement, passe à côté des mots. Et des sentiments aussi.
Progressivement, dès lors que Margueritte a entrepris de semer cette terre en friche qu'est son cerveau, Germain apprend à mieux se voir tel qu'il est : il a conscience de penser peu parce qu'il dispose de peu de mots ; de ne pas bien savoir aimer parce qu'on ne le lui a pas appris. Et, tout doucement, il change...
Le monologue intérieur de Germain est truculent, bourré d'humour et sa naissance aux livres (on notera sa réaction au début de "La peste", avec tous ces rats qui déboulent, hilarante) et aux sentiments apparaît aussi ponctuée de touches émouvantes.
Voilà un petit livre rondement mené où on ne s'ennuie pas une seconde et où on s'amuse beaucoup, en même temps qu'on réfléchit, mine de rien et avec un beau cas concret, à des questions très sérieuses : l'éducation, dans la sphère familiale et scolaire, la relation aux livres et à la culture en général, l'inné et l'acquis...
Une lecture sympathique et revigorante qui devrait plaire à plus d'un lecteur !
Deux extraits pour vous donner une idée du style... dans deux passages de nature très différente, comme vous pourrez le constater !
"Les mots, ce sont des boîtes qui servent à ranger les pensées, pour mieux les présenter aux autres et leur faire l'article. Par exemple,les jours où on aurait l'envie de frapper sur tout ce qui bouge, on peut juste faire la gueule. Mais du coup, les autres peuvent croire qu'on est malade, ou malheureux. Alors que si on dit d'une façon verbale, Faites pas chier, c'est pas le jour ! ça évite les confusions.
[...] Quand j'y réfléchis bien, c'était sûrement mieux pour moi, de pas en connaître des masses. J'avais pas besoin de choisir : je disais seulement ce que je savais dire. Du coup je risquais pas de me tromper. Et puis, surtout, je pensais moins."
Germain se rappelle les soirs où, enfant, il admirait les photos d'un livre qu'il avait sur les Indiens d'Amazonie . Sa vocation était de devenir l'un d'eux :
"Je me voyais en chef indien, les plumes coiffées impeccable, et la biroute au vent dans mon étui pénien. Je me disais, S'ils [ son instituteur, sa mère ] continuent à me pourrir la vie, je me fabriquerai des flèches empoisonnées et je leur balancerai dans le prose. Et je resterai là, tranquille, sarbacane à la main, pendant qu'ils crèveront avec la bave aux lèvres.
On est rêveur, quand on est gosse.
N'empêche, Indien d'Amazonie, c'est plutôt un beau sort, je trouve.
Ils se baladent presque à poil à part des colliers et des arcs, ils glandent rien sauf jouer de la flûte et faire un peu la guerre. Ils se bourrent la gueule au coin du feu de camp avec des alcools de liane ou je sais quoi d'autre, il fument des pétards pour raison religieuse.
Ils ont la belle vie. Sans compter qu'ils peuvent mater leurs gonzesses du lever au coucher sans faire un seul effort, vu qu'elles ont les deux seins à l'air et le reste sous une plume."
"La tête en friche", Marie-Sabine ROGER
éditions du Rouergue (218 p)
Les billets de Leiloona , Joëlle, Clarabel, Sylire, Cathulu.
1. keisha le 23-12-2008 à 13:57:55 (site)
Noté justement parce que je viens de lire une BD rapportant le chemin de 8 "têtes en friche", à qui l'école n' a pas apporté la maîtrise du minimum ( d'où leur illettrisme). Ton héros y ressemble même si c'est plus grave semble-t-il.
2. kathel le 23-12-2008 à 14:27:57 (site)
C'est la magie des blogs : donner (très) envie de lire un livre vers lequel on ne serait pas allé de soi-même ! Vite, ma p'tite liste !
3. Florinette le 23-12-2008 à 17:56:14 (site)
La couverture m'avait déjà interpellée et maintenant, je pense que ce livre devrait vraiment me plaire !
Joyeuses fêtes de Noël et de fin d'année Brize, bisous ! :-D
4. Aifelle le 23-12-2008 à 18:21:32 (site)
Il fait partie des livres que je me promets bien de lire en 2009.
5. Yv le 23-12-2008 à 21:33:05 (site)
J'attends, car il est en lice pour le prix inetr CE. Je le lirai donc cette année
6. brize le 23-12-2008 à 22:18:10 (site)
@ Keisha : Le héros a cumulé, entre le manque d'amour à la maison et le manque de bienveillance du maître à l'école, ça faisait beaucoup pour un seul enfant !
@ Kathel : C'est Leiloona qui, la première, m'avait donné envie, avec son billet, d'aller lire ce livre auquel je n'avais pas non plus prêté attention jusque là !
@ Florinette : Oh, oui, je pense que ce livre te plaira, Florinette. Et je te souhaite à toi aussi de joyeuses fêtes de Noël
!
@ Aifelle et Yv : J'espère que ce livre vous plaira autant qu'à moi
!
7. cathulu le 24-12-2008 à 09:29:42
revigorante est le mot qui convient ! Joyeux Noël à toi, Brize !
http://cathulu.hautetfort.com/archive/2008/09/19/et-je-me-dis-que-tenir-a-une-grand-mere-c-est-pas-plus-repo.html
8. brize le 24-12-2008 à 10:37:59 (site)
Ton billet m'avait échappé, Cathulu (je l'ajoute en lien). Mais je vois que ton avis est un peu mitigé en raison du langage grossier souvent utilisé. Personnellement, j'ai trouvé qu'il collait bien au personnage, mais c'est vrai que ça peut déranger certains lecteurs (j'en connais), je n'y ai ma foi pas pensé tant j'ai apprécié ce livre (enfin, les extraits que j'ai insérés donnent une idée du style).
Et joyeux Noël à toi aussi
!
13. brize le 26-05-2009 à 13:12:40 (site)
@ SD 49 : Je te comprends ! Et c'est aussi un livre, je trouve, qu'on a envie d'offrir (ce que j'ai déjà fait !) !
14. Nicolas le 13-10-2009 à 00:08:22 (site)
Sympathique roman,. Pas non plus inoubliable mais drôleet plein de fraîcheur, ce qui n'est déjà pas mal.
Vincent et Grégoire sont deux jeunes braqueurs à la petite semaine. Mais celui auquel ils arrachent une sacoche contenant beaucoup d'argent et des tas de choses bizarres (morceaux de dents, touffes de cheveux etc.) n'apprécie pas du tout leur façon de faire.
Quand il s'en sera pris à Vincent, ce sera au tour du Commissaire Adamsberg de s'en prendre à lui ...
Je connaissais cet ouvrage, paru en 2000 et issu de la collaboration de l'auteur de romans policiers Fred Vargas et du dessinateur Baudoin, de vue, mais sans plus car, après l'avoir feuilleté, j'avais constaté que j'étais réfractaire au graphisme (ce n'est pas un jugement mais l'expression de mon goût, parce que, dans ce domaine, on aime ou on n'aime pas, c'est très subjectif... même si on peut aussi améliorer son regard, j'y reviens juste après) et je n'étais pas allée plus loin. Mais là, ce roman avait été apporté par une participante à un cercle de lecture, autrement dit sur un plateau et j'aurais donc eu mauvaise grâce à ne pas tenter l'expérience, en passant outre mes réticences "primaires" !
Verdict ? J'ai appris à mieux apprécier ce graphisme noir et blanc très personnel (voir une planche ici en format PDF) : globalement, je ne suis toujours pas convaincue mais je reconnais qu'il s'accorde parfaitement à l'histoire et à son atmosphère (et j'aime bien les planches qui dépeignent des lieux, mais il y en a peu). En revanche, je ne voyais pas Adamsberg, le héros que connaissent bien les lecteurs de Fred Vargas, tel qu'il est figuré, mais bon, ça peut encore passer, par rapport à ce pauvre Danglard qui n'a vraiment pas été gâté, affublé qu'il est d'une tronche d'alcoolique (version couperose à gogo) qui ne laisse aucun doute sur son peu d'intérêt pour l’eau potable ! Voilà pour le dessin.
Pour ce qui est du scénario (écrit spécialement pour la circonstance : il ne s'agit pas, en effet, de l'adaptation d'un autre récit), il tient la route et on y retrouve la patte de Vargas, voire certaines thématiques. Au demeurant, il s'agit bien ici d'un roman graphique davantage que d'une bande dessinée, car il y a effectivement du texte en dehors de celui directement lié aux dessins.
Si les quatre évangélistes ne figurent pas au programme, on trouve quatre frères, dont le prénom commence par un G, dotés d'un père acharné à façonner, à l'aide de vieilles canettes de bière et de capsules, la reproduction d'une immense statue avec quatre fleuves.
On notera aussi un vieux bonhomme adepte d'ésotérisme, un tueur en série surnommé le Bélier, une (innocente ?) jeune fille qui passera par là... sans oublier une poule fugueuse !
La fratrie est attachante. Grégoire, le garçon aux rollers, n'est pas à la fête et Adamsberg s'avère toujours aussi intuitif, dûment accompagné d'un Danglard toujours aussi cultivé.
Bref, une bonne petite intrigue qui retient l'attention, tout comme cet album, à lire aussi , pourquoi pas, par simple curiosité, lorsqu'on est amateur de Fred Vargas...
"Les quatre fleuves", Fred VARGAS, BAUDOIN
Editions Viviane Hamy
Prix ALPH-ART du meilleur scénario (Angoulême - 2001)
1. manu-- le 21-12-2008 à 16:55:33 (site)
Je n'ai jamais lu Vargas et aucun de ses livres ne me tentent. C'est peut-être là l'occasion de découvrir son univers.
2. kathel le 21-12-2008 à 17:03:41 (site)
Oups, cela me fait penser qu'il m'attend gentiment sur une étagère... A ma décharge, ce n'est pas à moi qu'il avait été offert !
4. keisha le 21-12-2008 à 18:24:47 (site)
Vargas + BD, j'ai envie d'essayer. Mais paru en 2001, jamais vu !
5. Aifelle le 22-12-2008 à 07:42:02 (site)
Je préfère en rester aux Vargas classiques et garder mes propres représentations.
6. brize le 22-12-2008 à 10:35:03 (site)
@ Manu : Me voilà bien embarrassée pour te répondre ! Cette BD rappelle l'univers de Vargas, pour ceux qui la connaissent déjà, mais je trouve qu'il n'y a pas assez de texte pour qu'une personne ne l'ayant jamais lue puisse la découvrir par ce biais, apprécier son style etc.
Mais si, de toute façon, tu es partie pour ne rien lire d'elle, pourquoi effectivement ne pas essayer de l'approcher ainsi ?
@ Kathel : Je me demande ce que tu en penseras !
@ Cathulu : Oui, ça se laisse lire !
@ Keisha : Eh oui, on a beau être vigilants, certaines parutions nous échappent !
@ Aifelle : C'est vrai qu'il y a toujours le risque de voir les images des BD ou des films nous gâcher les nôtres. Pour ma part, j'ai quand même l'impression que mes représentations initiales d'Adamsberg et Danglard vont vite reprendre le dessus !
7. ninalivre le 26-12-2008 à 23:06:32 (site)
J'ai eu la même impression que toi en lisant cette BD, pourtant j'aime bien les BD en noir et blanc mais j'ai trouvé les dessins trop noirs !! A bientôt et continue à passer de bonnes fêtes.
8. brize le 28-12-2008 à 20:10:29 (site)
A bientôt, Nina ! Les fêtes se poursuivent en famille et c'est bien agréable !
9. liliba le 08-01-2009 à 13:43:42 (site)
On me l'avait offert, et tout comme toi, j'ai eu du mal avec les dessins, et j'ai mis longtemps avant de l'ouvrir... Et puis finalement, j'ai bien aimé et trouvé également que dessins et histoire allaient bien ensemble. Et puis j'aime Vargas !
10. brize le 08-01-2009 à 19:16:51 (site)
Quand un graphisme ne nous attire pas, c'est difficile de passer outre... mais parfois on s'en félicite !
Commentaires
1. Leiloona le 05-02-2009 à 19:33:35 (site)
Hum, un billet alléchant ! Je le note !
2. manu-- le 05-02-2009 à 20:52:14 (site)
Ca a l'air original ! Je note aussi.
3. Alwenn le 05-02-2009 à 21:31:13 (site)
J'en entends beaucoup parler ces derniers temps, et toujours en bien. Je re-re-re note alors !
)
4. fashion victim le 06-02-2009 à 09:01:37
Ben je vais pas faire original : je note.
)
5. Karine :) le 06-02-2009 à 17:02:38 (site)
Interesting!!! J'avais vu un film il y a des années avec cette prémisse mais comme toi, j'avais rapidement oublié la couleur de la peau des personnages... et c'Était en film, imagine!!! Mais je le note, ça semble vraiment bien!!
6. Florinette le 06-02-2009 à 18:58:10 (site)
Mince j'étais à la médiathèque tout à l'heure et je n'ai pas pensé à regarder dans les rayons pour la jeunesse, tant pis, ça sera pour une prochaine fois !
Bon week-end Brize !
7. brize le 06-02-2009 à 20:25:59 (site)
@ Leiloona, Manu, Alwenn et Fashion : Et hop, un de plus sur la LAL !
@ Karine : Bon, tu me rassures, parce que j'ai hésité à parler de cette affaire de couleurs que j'avais tendance à oublier en cours de lecture, en me disant que ça allait paraître curieux... mais, bon, si je commence à m'autocensurer sur mon blog, où va-t-on ?!!!
@ Florinette : Tant pis : il y aura (sûrement !) d'autres passages à la médiathèque ! Bon week-end à toi aussi !
8. Tvless le 07-02-2009 à 19:49:20 (site)
Effectivement, j'avais adoré cette série ^_^
J'ai lu les deux autres tomes depuis, et je n'ai pas regretté (même si mon personnage préféré... enfin bon, il vaut mieux ne pas raconter l'histoire ;-) )
C'est vraiment très bien fait et surtout très intelligent ; j'adore, j'adore !!
9. brize le 09-02-2009 à 11:35:29 (site)
J'hésitais à lire la suite (au moins le deuxième car, pour le moment, ils n'ont pas le dernier à la bibliothèque), mais tu es très convaincante, TVless !
10. laloula le 09-02-2009 à 17:53:49
Première chose : cette série est en effet très bien et il parait que son dernier livre l'est aussi...
Deuxième chose : je suis arrivée ici par chez Saxaoul, et parce que j'ai lu cette chose étonnante : tu n'as pas de PAL, comme moi!! Je commençais à me sentir seule!!
11. brize le 09-02-2009 à 18:42:12 (site)
Laloula,
au Club des Blogueuses Sans PAL (ben oui, à deux, on peut déjà fonder un club, d'autant que, si ça se trouve, nous ne sommes pas seules !!!) !
12. laloula le 13-02-2009 à 17:26:36 (site)
Oui tu as raison, on devrait vraiment faire un club, je crois que nous sommes exceptionnelles;-)