posté le 22/02/09

Mais lisez donc ce billet, au lieu de rigoler !!!

    "La petite maison dans la Prairie" est le premier des huit tomes du récit autobiographique de l'Américaine Laura Ingalls Wilder (1867-1957).

   Elle y raconte comment, alors qu'elle était enfant, elle et ses parents, sa sœur aînée Marie et le bébé Carrie (sans oublier le chien, le bouledogue Jack) ont quitté en chariot le Wisconsin où ils étaient bien installés (parce que, d'après le père de Laura, il commençait à y avoir trop de monde) pour un long périple les amenant à s'installer ensuite, loin de tout, dans une grande Prairie...

 

   Non, je ne retombe pas en enfance, rassurez-vous et malgré les apparences, ma lecture fut hautement culturelle (en l'occurrence, je devrais plutôt dire kulturelle, d'ailleurs !).

   Ce roman est en effet le premier que je lis dans le cadre du défi blog-o-trésors et sans ce challenge il ne me serait pas venu à l'esprit de l'ouvrir : de "La petite maison dans la prairie", j'avais la vision réductrice que m'avaient donnée les quelques très rares extraits d'épisodes aperçus à la télé et je n'avais aucune envie d'en connaître davantage... jusqu'au jour où le titre fut présenté dans la liste des œuvres retenues par une blogueuse qui a l'art de vous convaincre (voir ce qu'elle en dit dans les commentaires). Je le notais donc au passage et, même si je n'ai pas voulu annoncer d'avance les quatre ouvrages que je lirais dans le cadre du défi (mon choix n'étant pas vraiment arrêté), celui-ci figurait dans ma sélection.

 

   J'ai donc entamé cette lecture avec curiosité. Je n'ai pas été séduite par l'écriture, que j'ai trouvée sans relief, en revanche j'ai été très intéressée par l'aspect documentaire (puisqu'il s'agit d'un témoignage autobiographique) de ce roman : ce n'est pas tous les jours qu'on découvre, de l'intérieur, la vie de pionniers de l'Ouest américain ! Elle est vécue et décrite (avec le recul lié au fait que ce sont des souvenirs) par une petite fille qui reçoit pleinement ce qui l'entoure mais il faut dire que tout ce qu'elle vit est marquant.

   Entre le très long voyage en chariot pour parvenir à la nouvelle destination, la découverte de la Grande Prairie et l'installation progressive sur place, avec la construction de la maison, de l'écurie et enfin du puits, le quotidien de Laura est bien plus intense que celui d'un enfant dans un environnement "civilisé".

   Surtout, la nature est là, la famille est directement à son contact et on sent que Laura est très sensible à sa beauté. J'ai été frappée par l'évocation, à plusieurs reprises, de cerfs allongés à l'ombre des arbres, près de la rivière. Je ne parlerai pas de jardin d'Éden mais d'une profusion de gibier que l'arrivée massive des immigrants déferlant sur le Nouveau Monde et toujours en quête de fourrures comme monnaie d'échange pour acheter des biens de moindre nécessité (le sucre par exemple) ou manufacturés et utiles (les carreaux pour les fenêtres, une charrue pour entamer le labourage et les cultures) conduira à voir diminuer inexorablement.

   J'ai en outre été impressionnée par le savoir-faire du pionnier, certes chasseur et trappeur mais aussi menuisier-charpentier, cultivateur... Il faut être capable de tout faire pour se fixer et vivre à l'endroit choisi. Même si le recours aux rares voisins est utile, dans l'absolu il n'est pas indispensable.

   Enfin, la perception par Laura des Indiens (dont elle se demande où ils vont partir, puisqu'ils habitaient là) pointe du doigt le bouleversement que l'arrivée de ces pionniers a suscité au sein d'un continent où l'équilibre hommes-nature était jusque là respecté, les hommes ne prélevant que ce qui leur était nécessaire et leur nombre n'étant pas étendu au point de compromettre irrémédiablement un tel équilibre.

 

   Une lecture, donc, que j'ai faite en appréciant l'aventure humaine narrée, à dimension familiale mais emblématique (c'est toute l'histoire d'un peuple) et les péripéties quotidiennes rencontrées (certaines plus effrayantes que les autres) mais aussi en y retrouvant (ou en y projetant, si vous voulez !) des thèmes qui me semblent plus que jamais d'actualité.                                              

   Alors, si cette lecture vous tente, pourquoi pas ?                         


"La petite maison dans la prairie" (tome 1), Laura INGALLS WILDER

éditons Flammarion (350 pages)

 


Commentaires

 

1. sparkle  le 22-02-2009 à 20:21:10  (site)

Je l'ai lu petite et j'avais beaucoup aimé. C'est vrai que l'écriture est particulière mais c'est souvent de l'écriture nord-américaine du dix-neuvième siècle... Je devrais le relire maintenant que je suis adulte, ce serait interessant. Là, j'essaie de finir les bienveillantes que j'avais laissé un peu de coté... Dur

2. Pascale_carnets  le 22-02-2009 à 20:32:02  (site)

Je viens de découvrir en allant voir une expo à la BNF sur la littérature jeunesse que c'était un récit autobiographique avant d'être la fameuse série télé. L'exemplaire qui était exposé avait un autre titre d'ailleurs "La petite maison dans les grands bois" je crois. C'est quand j'ai lu le nom de Ingalls que ça a fait tilt :-)

3. calepin  le 22-02-2009 à 21:07:31  (site)

J'ai lu ton billet, mais je ne peux m'empêcher de me marrer tout de même... désolé. Je note également ton injonction à lire le roman. J'imagine d'ici le titre "La petite maison dans la prairie", trônant fièrement sur mon blog... ;-) ps : je viens de raconter l'anecdote à ma femme, qui me dit qu'elle a cette collection, et que je peux la lire si j'y tiens.....

4. brize  le 22-02-2009 à 21:29:23  (site)

@ Sparkle : J'aurais bien aimé lire toute la série quand j'étais enfant, apparemment elle a marqué beaucoup de jeunes lectrices.
Bon courage pour achever la lecture des Bienveillantes !

@ Pascale : Il me semble que la série télé, dans un sens, a fait pas mal de tort à l'oeuvre originale, d'abord en ayant tendance à l'occulter, puis en amenant à associer "Petite maison dans la Prairie" à quelque chose d'assez gentillet (voire mièvre) ... alors que je n'ai rien trouvé de tel dans ce premier tome, bien au contraire !

@ Calepin : Même pas honte Rire ! De toutes façons, je savais qu'il y en aurait pour se moquer, mais ce n'est pas grave, "La petite maison dans la Prairie" "trône fièrement sur mon blog", comme tu le dis si bien !
Et je n'ai formulé aucune "injonction à lire le roman", puisque je me borne à conclure par un prudent : "Alors si cette lecture vous tente, pourquoi pas ?"... juste à lire mon billet !

édité le 22-02-2009 à 22:08:31
édité le 22-02-2009 à 22:09:37

5. Youplala  le 22-02-2009 à 21:54:18  (site)

J'ai justement hésité devant le premier tome dernièrement... j'aurais peut-être dû le prendre, finalement. J'irai voir à la bibliothèque communale tiens! ;-)

(L'écriture est peut-être sans relief en raison de son seul but: raconter ses mémoires?)

6. Leiloona  le 22-02-2009 à 22:12:10  (site)

Ah ben ça ne me dérangerait pas de lire ce livre. Je l'ai lu quand j'avais 11/12 ans et j'avais bien aimé. Faudrait que je regarde si je l'ai encore. Clin doeil1

7. brize  le 22-02-2009 à 22:33:08  (site)

@ Youplala : Si ça te dit, je pense qu'il ne faut pas hésiter à aller découvrir ce roman, qui fait partie des classiques de la littérature jeunesse. Quant à l'écriture, mon appréciation est bien sûre très personnelle, mais j'ai trouvé qu'elle n'avait rien d'exceptionnel ; peut-être est-ce seulement dû au fait que l'auteur a privilégié un style simple, compte tenu du public visé, jeune (sur mon exemplaire, le livre est conseillé "à partir de 8 ans"), je ne sais pas.

@ Leiloona : Et si je te disais que je serais bien curieuse de lire la suite , parce que je ne veux pas spoiler, mais la fin du tome 1 est assez spectaculaire et, du coup, m'a laissée sur ma faim Fillette...
Bon, pour le moment, je résiste à la tentation de lire le tome 2 ...enfin, c'est surtout que l'annexe de bibliothèque où j'ai emprunté le livre est fermée pendant les vacances !

8. Karine :)  le 23-02-2009 à 04:51:06  (site)

Ca semble quand même différent de la série que je regardais quand j'étais petite!!! Il me semble l'avoir lu... mais je n'en ai pas beaucoup de souvenirs, à part de l'endroit où étaient placés les livres dans la biblio de mon école primaire!!

9. Grominou2  le 23-02-2009 à 06:49:39

Moi c'est le titre de ton billet qui m'a fait rigoler!

Je prend en note ce bouquin, mais à vrai dire c'est plus pour ma nièce que pour moi...

PS: Mais qu'est-que c'est que cette histoire, il semble que le pseudo de Grominou est déjà pris par quelqu'un d'autre sur vefblog!?! C'est bien moi Grominou, du blogue J'ai lu...Du coup c'est mon troisième essai pour poster ce comm'; si ça ne fonctionne pas cette fois-ci j'abandonne!

10. manu--  le 23-02-2009 à 09:03:01  (site)

Moi j'ai lu 7 des 8 tomes en étant enfant (et je les ai toujours chez moi !) et j'avais beaucoup aimé.

11. Isil  le 23-02-2009 à 09:14:56  (site)

Tu en as de bonnes toi. Si tu crois que c'est facile de lire en riant. Oui, désolée, je ne peux pas m'empêcher. Comme pour Calepin, tu piques ma curiosité. Sûr que je ne l'aurais jamais lu en m'en tenant à la série.

12. akasha580  le 23-02-2009 à 09:20:47  (site)

Bonjour,

Je ne connaissais pas ce livre avant de le voir inscrit dans la méga liste. J'ai été tentée... Mais ne l'ai pas choisi.

Je l'ai tout de même noté dans ma LAL.

13. keisha  le 23-02-2009 à 09:33:57  (site)

Pourquoi pas? Pour l'aspect documentaire et le plaisir? Pas lu, pas vu le feuilleton, mais tu donnes des idées, là!

14. insatiable.lectrice@free.fr  le 23-02-2009 à 10:14:12  (site)

Moi j'ai été une fan assidue de la série! Jamais je n'ai eu envie de lire les livres...Non je resterais définitevement sur les images: une fidélité à mon enfance ;-)

15. kesalul  le 23-02-2009 à 10:56:43  (site)

c'est excellent comme idée!!! J'avais jamais pensé à mettre mon nez là-dedans mais là tu me donnes carrément envie!!
Merci et bonne journée

16. levraoueg  le 23-02-2009 à 11:02:07  (site)

Moi je ne me moque pas, car j'en ai deplus en plus envie aussi !

17. fashion victim  le 23-02-2009 à 11:32:59

Ha!
Alors, tu vois Brize, tu me ravis au plus haut point. D'abord parce que tu as choisi ce titre alors que tout le monde disait "gna, gna, gna, la série télé, bla bla bla" alors que pour le peu que j'en ai vu la série télé n'arien à voir avec la saga romanesque. Ensuite, tu as aimé et oui, c'est ça "La petite maison dans la prairie" : un formidable documentaire sur la dure vie des pionniers vue par les yauex d'une petite fille qui devient une jeune fille puis une jeune femme. Le style est effectivement neutre : je ne crois pas que Laura Ingalls soit un grand écrivain, mais elle a écrit une saga formidable, qui a marqué ma vie de lectrice. A mettre dans les mains des plus jeunes : c'est un éblouissement.
Merci à toi de m'avoir fait confiance.

18. brize  le 23-02-2009 à 18:41:29  (site)

@ Karine : Bon, pas vraiment une lecture qui t'a marquée, donc !

@ Grominou : Ne t'inquiète pas , tu es le seul Grominou que je connaisse et immédiatement identifié (et bravo pour avoir astucieusement et ajouté un 2 à ton pseudo, afin qu'il passe sur Vefblog où, effectivement, ce pseudo doit déjà être pris) !
Et je suis ravie que le titre de mon billet t'ait fait rire !!!
Et (pour conclure) : vive le défi Blog-o-trésors, auquel je dois cette lecture !

@ Manu : Dommage que je sois passée à côté de cette série... car du coup je ne l'ai pas "transmise" à mes filles (alors que je me suis empressée de leur faire découvrir, par exemple, "Les quatre filles du docteur March"). Faudra voir du côté des petits-enfants... mais quand même, là, j'ai encore du temps devant moi !

@ Isil : Mais tu as relevé le défi, tu as réussi à lire malgré tout ! Et tant mieux si j'ai piqué ta curiosité !

@ Akasha 580 : Bienvenue "Sur mes brizées" et merci pour ton sympathique mail. A bientôt !

@ Anne (Insatiable Lectrice) : Je ne peux que m'incliner devant ce respect des souvenirs d'enfance !

@ Kesalul et Levraoueg : Si le thème vous intéresse, vous ne risquez rien à aller y voir de plus près !

@ Fashion : Ah, j'avais hâte que tu découvres mon billet car je me doutais qu'il te ferait plaisir (on est toujours content de partager nos bonheurs de lecture) ! C'est vrai que la série télé dessert les romans et c'est bien regrettable car sans ce que tu en avais dit, je n'aurais jamais eu l'idée d'ouvrir "La petite maison dans la Prairie", j'en serais restée à mes a priori. Je suis ravie de m'être fiée à ton appréciation élogieuse pour les dépasser et partir à la découverte des (authentiques) aventures de la famille Ingalls !

19. Alwenn  le 23-02-2009 à 23:36:32  (site)

Hi, hi !!! Nan, j'arrête, je te jure ! Bon, je ne crois pas que j'aimerais me pencher sur les livres, mais j'aimais bien quand j'étais petite regarder la série ! ^^

20. brize  le 24-02-2009 à 12:16:10  (site)

Alwenn, je l'savais, je l'savais que t'allais rigoler ... bon, en fait, je me disais que tout le monde allait se marrer en voyant ce billet smiley_id118663 !

21. popeline  le 25-02-2009 à 08:17:08  (site)

Bonjour,

L'idée de lire ce livre ne m'avait pas effleurée.
Pourtant, c'est avec un réel plaisir que je regardais les épisodes de "la petite maison dans la prairie".

A chaque fois, je sortais les mouchoirs et encore récemment, j'ai versé quelques larmes en visionnant une des séries (rires)...

Bonne journée et à bientôt !

22. sybilline  le 25-02-2009 à 10:01:48  (site)

Voilà un bel acte de courage que d'exposer ce compte-rendu ici, Brize!
Et apparemment, outre l'aspect documentaire humain , tu en as retiré le message toujours actuel...

23. brize  le 25-02-2009 à 12:21:33  (site)

@ Popeline : Je crois que les livres sont très différents de la série TV (je ne la connais pas vraiment). En tout cas, ce premier tome était criant de vérité et n'avait rien de gentillet Sourire1 !

@ Sybilline : J'ai hésité ... mais le ridicule ne tue plus Mexicain et, surtout, je trouvais dommage de ne pas partager cette lecture pour le moins inattendue et dont le contenu m'a (agréablement) surprise.

24. So  le 25-02-2009 à 14:08:24  (site)

c'est dingue ça... j'ai mis un article sur cette série la semaine dernière et j me disais que j'allais passer pour une tarée... eh ben non,finalement c'est au gout du jour!!

25. céline de enlivrezvous  le 26-02-2009 à 15:48:37  (site)

Les quelques vagues souvenirs que j'ai de cette série à la télé ne me donnent pas trop envie de me plonger dans cette lecture :-) Mais, comme ils disent, "don't judge a book by its cover"!

26. brize  le 26-02-2009 à 20:45:50  (site)

@ So: Je n'ai pas pensé qu'on irait jusqu'à douter de ma santé mentale Fou... mais juste que certains allaient se payer une bonne tranche de rire smiley_id117957, ce en quoi je ne m'étais pas trompée smiley_id117187 !

@ Céline : J'étais exactement dans le même cas que toi, car le peu que je connaissais de la série ne me donnait absolument pas envie d'aller jeter un oeil sur l'oeuvre d'origine, mais il me semble que les deux n'ont finalement pas grand-chose en commun.

27. sylire  le 28-02-2009 à 16:39:32  (site)

Que de souvenirs pour moi, cette série à la télévision. Enfant, d'abord, puis lors de mon congé de maternité pour ma première fille. Je trouvais cela mièvre bien-sûr mais j'étais irrésitiblement attirée par l'ambiance qui s'en dégageait.

28. brize  le 01-03-2009 à 09:57:33  (site)

Sylire, cette série a rencontré énormément de succès auprès des jeunes télespectateurs et vous devez être nombreux à en avoir un souvenir ému (même si tout le monde ne le reconaît pas Rire1 !).

29. Lael  le 02-03-2009 à 10:07:05  (site)

ahhh tous les lundis je regarde la série sur M6!! lol!! je note ce petit tome!!! tu en parles si bien que forcément tu as réveillée mon envie de me plonger dedans!!

30. brize  le 02-03-2009 à 20:17:41  (site)

Du coup j'ai hâte d'avoir ta comparaison série TV-livre !

31. laloula  le 08-03-2009 à 18:44:37  (site)

C'est marrant, je n'ai quasi jamais vu la série mais j'ai toujours eu envie de lire ce livre!!

32. brize  le 08-03-2009 à 21:26:04  (site)

Laloula, sans Fashion, je n'en aurais pas eu l'idée, mais je ne regrette pas ("Non, rien de rien..." ! c'est mon quart d'heure musical !) et, au risque de faire encore (beaucoup) rire, j'ai comme l'impression que je ne vais pas l'oublier, ce petit livre !

33. lilyetseslivres  le 11-03-2009 à 11:52:37  (site)

j'avais la MEME édition quand j'étais petite !!
(Zut, je crains qu'il n'ait disparu...)

34. brize  le 11-03-2009 à 13:37:48  (site)

C'est l'édition détenue par la bibliothèque où j'ai emprunté ce tome !
Tu ne nous as pas dit : lecture marquante, ou non ?

35. Cécile de Quoide9  le 27-03-2009 à 14:47:18  (site)

Ah ! Que de souvenirs... Je les ai tous lus (8 volumes) quand ils sont sortis et j'en garde un souvenir aimé de même que je me rappelle parfaitement de la première diffusion du premier épisode de la série sur TF1 un samedi après midi !!! Il faut dire que j'avais l'âge pour adorer ça.
Qu'en penserais-je maintenant ? Je ne sais pas trop et j'ai appris il y a quelques années en regardant de vieux épisodes de "Nounours" sur mon magnétoscope flambant neuf (à mes dépends et à ceux du marchand de sable) qu'il était parfois bon de ne pas regoûter à ses souvenirs d'enfance...

36. Brize  le 27-03-2009 à 20:10:05  (site)

En tout cas, Cécile, tu fais partie des rares (enfin, au moins parmi ceux qui se sont manifestés ici) qui ont aimé à la fois les livres et la série TV.
Et c'est vrai qu'on n'éprouve pas forcément la même émotion en revoyant ce qui nous avait plu enfant ou adolescent, ça dépend des cas... et de chacun.

37. Soie  le 22-11-2009 à 10:42:07  (site)

Je le note, l'aspect historique me parait intéressant.

38. liliba  le 24-11-2009 à 15:49:31  (site)

Je ne savais même pas qu'il y avait des livres, inculte comme je suis, je ne connais que le téléfilm (qui a bercé ma jeunesse)

 
 
 
posté le 20/02/09

"Ma bonne", Maggie GEE

   Mary Tendo, ougandaise, bénéficie d'une situation solide de chef de la blanchisserie dans un hôtel de Kampala. Mais gagner un peu d'argent supplémentaire pour réaliser ses projets ne serait pas un mal. Aussi ne résiste-t-elle pas à la demande que lui adresse son ancienne patronne, l'anglaise Vanessa Henman, lorsque celle-ci lui offre de revenir passer quelque temps auprès d'elle afin de s'occuper de son fils Justin, maintenant âgé de vingt ans et en pleine dépression.

   La décision n'est cependant pas facile à prendre. Car dix années après, Vanessa Henman, professeur de littérature et écrivain, divorcée, n'a pas laissé à Mary un excellent souvenir des huit ans pendant lesquels elle a dû, renonçant à ses études de lettres, travailler comme femme de ménage à son service.

   Mais là, tout devrait être différent : il ne s'agit pas de faire le ménage, mais de s'occuper du garçon !

   La suite des événements prouvera à Mary qu'il est toujours aussi peu aisé pour elle de s'accommoder du tempérament de Vanessa et à Vanessa que sa bonne a pris beaucoup d'assurance et qu'elle la connaissait ma foi très mal, ignorant par exemple ses talents littéraires...

 

   Voilà un roman au thème fort original, rythmé, fin et souvent piquant, que j'ai lu avec un réel plaisir.

   Les caractères de nos deux héroïnes sont disparates : bien sûr, on ne s'étonne pas de voir l'Ougandaise nature et chaleureuse et l'Anglaise plus collet monté et peu amène. Mais Maggie Gee se joue des stéréotypes en fouillant ses personnages sans trace de manichéisme. Mary Tendo sait ce qu'elle veut, elle est souvent mordante dans son appréciation de ce qui l'entoure (même si ce n'est qu'en pensée) et elle est bien décidée à ne pas (plus) se laisser exploiter par sa patronne, déterminée qu'elle est à revenir au pays avec un bon petit pactole. Quant à Vanessa, a priori moins sympathique que Mary, on finit par découvrir ce qui se cache derrière sa raideur affichée et le personnage, s'il n'en devient pas forcément beaucoup plus attachant, gagne à être compris, aussi bien dans sa relation avec son fils qu'avec son ex-mari.

   Et puis, la rencontre-affrontement (en plus ou moins demi-teintes) des deux femmes permet à l'auteur de comparer deux modes de vie distincts, l'africain et l'anglais, d'évoquer deux mondes où le mot "nécessaire" ne semble pas avoir la même signification.

 

   Cette confrontation salutaire de deux femmes dotées d'un tempérament affirmé, avec au milieu un jeune homme qui tout compte fait ne demande qu'à être heureux, donne naissance à un roman intelligent et tonique, servi par une plume maniant avec bonheur l'humour et l'ironie.

   A découvrir !

 

"Ma bonne", Maggie GEE

éditions Belfond (362 p)                

 

Le billet de Cathulu (chez laquelle j'avais noté ce titre) et celui d' Anne.                                                      

 


Commentaires

 

1. cathulu  le 20-02-2009 à 19:13:43

héhéh, en plus je crois qu'il sort bientôt en poche!

2. Aifelle  le 21-02-2009 à 06:53:32  (site)

Je garde un très bon souvenir de ce roman lu il y a quelques mois.

3. keisha  le 21-02-2009 à 07:42:44  (site)

Ce livre m'avait échappé chez celles que tu cites, mais là tu m'as convaincue.
Bonne lecture de Casco bay, fais le durer, la suite n'est pas encore là (snif)

4. insatiable.lectrice  le 21-02-2009 à 10:01:03  (site)

Tout comme Aifelle! Le souvenir de ces 2 femmes me met un petit sourire aux lèvres!

5. SD49  le 21-02-2009 à 10:37:37

et un de plus dans ma LAL, et il n y a plus qu'a attendre qu il soit disponible quand j'irai à la bib

6. kathel  le 21-02-2009 à 13:19:25  (site)

Voilà un livre vers lequel je ne serais pas allée spontanément, et que je note grâce à toi ! Merci !

7. Karine :)  le 21-02-2009 à 14:59:53  (site)

Je n'avais jamais remarqué ce livre... mais avec ce que tu en dis, je note tout de suite!

8. fashion victim  le 21-02-2009 à 18:46:51

c'est très tentant!

9. manu--  le 22-02-2009 à 09:46:26  (site)

Je le note et j'attends la sortie en poche :-)

10. brize  le 22-02-2009 à 19:16:01  (site)

@ Cathulu : ça, c'est une très bonne nouvelle !

@ Aifelle et Anne (Insatiable Lectrice) : voilà qui ne m'étonne pas Sourire1 !

@ Keisha : J'espère qu'il te plaira !
Je n'ai pas encore commencé la lecture de "Casco Bay" : j'ai démarré par le plus gros des trois, celui de Dennis Lehane.

@ SD49, Kathel, Karine et Fashion : un roman qui sort du commun et mérite qu'on aille au moins y jeter un œil (et plus si affinités, ce qui fut mon cas) !

@ Manu : Cathulu pense qu'il sort bientôt en poche, donc l'attente ne devrait pas être trop longue.

11. Florinette  le 23-02-2009 à 14:58:14  (site)

Il est déjà noté dans ma LAL et je vais attendre patiemment qu'il sorte en poche ! Clin doeil1

12. Yv  le 25-02-2009 à 10:31:01  (site)

Si ça sort du commun, je m'y intérsse, donc je note la référece de l'auteure que je ne connais pas du tout

13. brize  le 25-02-2009 à 12:24:48  (site)

@ Florinette : J'ai comme dans l'idée qu'il te reste de quoi lire en attendant cette sortie en poche !

@ Yv : Moi aussi, je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, que je suis contente d'avoir découvert.

14. pom'  le 28-02-2009 à 18:05:08  (site)

deux mondes très différents qui se rencontrent à travers deux femmes, voila qui peut me plaire

15. brize  le 01-03-2009 à 09:58:25  (site)

Et j'ai l'impression, effectivement, que ça te plaira !

 
 
 
posté le 18/02/09

"L'Etrange histoire de Benjamin Button" : du film à la nouvelle...

   Une fois de plus, comme avec "Les Noces Rebelles", je suis allée de l'écran vers l'écrit, en commençant par voir "L'Etrange histoire de Benjamin Button", avant de lire la nouvelle de Fitzgerald dont le film s'inspire.

 

- Le thème (bon, là, c'est vraiment pour le cas où vous n'auriez pas l'info, mais franchement c'est difficile de croire qu'elle vous aura échappé !) : A sa naissance, Benjamin Button est vieux, très vieux. Il va donc passer le reste de sa vie à rajeunir, jusqu'à ce que...

 

 - Le film : C'est un long film (2H35mn). C'est un beau film, avec des images que j'ai trouvées, par moments, splendides. Il ne m'a pas déplu (et ne m'a pas ennuyée, mais il aurait pu, car le rythme est lent), cependant je n'ai été ni surprise (tout était trop prévisible), ni émue, ou alors très fugitivement (et pourtant je pense être une petite âme sensible, allez comprendre !).

Paradoxalement, ce n'est pas la "grande" histoire d'amour qui parcourt le film qui m'a touchée, mais l'anecdotique, celle vécue avec Mrs Abbott , fugitive, inattendue, un peu comme hors des lieux et du temps. Et l'aperçu ultérieur, sur un écran de télévision, de cette fameuse Mrs Abbott, plus vieille mais ayant enfin fait ce qu'elle voulait de sa vie, m'a paru très beau.

Pour le reste... j'avoue, à ma grande honte, avoir passé mon temps à guetter, au fil des transformations successives du héros, le moment où il serait enfin le "vrai" Brad Pitt (actuel) : ce n'est pas glorieux, je sais, mais c'est pourtant ce que je faisais (de là à dire que c'est ce qui m'a empêchée de m'immerger vraiment dans le film... En fait, je n'ai pas d'explication pour ça).

 

 

- La nouvelle (40 pages) : Alors là, surprise ! Déjà, le bébé naît grand (il est incapable de tenir dans son berceau), chevelu, barbu... et loquace ! Dans le film, c'est plus réaliste, car c'est un vrai bébé (et non pas un vieil homme mesurant 1,75 m), sauf qu'il a tout du vieillard modèle très réduit.

Mais surtout, c'est le ton de la nouvelle qui m'a étonnée ! On n'est pas du tout dans le grand drame romantique mais dans le caustique, voire la farce. Le père arrive tranquillement à la maternité après avoir passé une bonne nuit chez lui (!), il croise le médecin furibard et lui-même est outré en voyant de quel rejeton il se trouve pourvu .

Le tout continuera à l'avenant, sur un mode ironique et loufoque , avec des situations qu'on ne peut pas prendre au sérieux , ce qui donne, au final, une nouvelle très amusante et tenant davantage de la pochade que d'une étude de caractères.

Bref, un moment de lecture que je vous recommande vivement, décalé et un peu déjanté (et qui n'a quasiment aucun rapport, si ce n'est l'idée de base, avec l'adaptation cinématographique) !

 


Commentaires

 

1. calepin  le 18-02-2009 à 11:04:20  (site)

Bien vu ton comparatif. Il semble à te lire que David Fincher ait fait du bon travail (encore une fois, serai-je tenté de rajouter)... ça me donne encore plus envie de voir ce film...

2. wictoria  le 18-02-2009 à 11:35:46  (site)

ceci est la première critique que je lis sur ce sujet, j'ignorais même que l'idée originle fut une nouvelle de Fitzgerald (auteur dont j'ai apprécié certains romans lus). Je me laisserai bien tenté par cette histoire courte et déjantée !

3. Leiloona  le 18-02-2009 à 14:06:54  (site)

Je suis davantage portée sur la nouvelle. Je verrai le film en DVD. Merci pour cette comparaison !

4. manu--  le 18-02-2009 à 20:05:53  (site)

Je suis tentée par la nouvelle. j'avais beaucoup apprécié "Gatsby le magnifique". Par contre, je passe joyeusement sur le film. Oserais-je dire que je n'ai jamais aimé Brad Pitt?

5. Isil  le 18-02-2009 à 20:16:02  (site)

La nouvelle me tente bien. Pour le film, j'hésite toujours.

6. Pralinerie  le 18-02-2009 à 21:21:14  (site)

Tu viens de faire une belle comparaison, j'hésitais à faire de même pour le prochain club des théières. Mais j'ai envie de lire et de voir plein d'adaptations. Chois extrêmement difficile.

7. Karine :)  le 19-02-2009 à 03:08:29  (site)

I lfaut que je voie ce film! J'ai bien aimé la nouvelle!

8. keisha  le 19-02-2009 à 08:36:49  (site)

Tu me donnes envie de lire le livre...

9. Jumy  le 19-02-2009 à 11:18:08  (site)

J'ai trouvé le film aussi bien plat heureusement qu'il y avait brad pour le plaisir des yeux!!!!....par contre ton commentaire me donne envie de découvrir le livre (alors que le film ne me donnait pas du tout envie!!!).

10. brize  le 19-02-2009 à 12:30:55  (site)

@ Calepin: Effectivement, c'est du bon travail !

@ Wictoria : N'hésite surtout pas, d'autant que ça se lit très vite.

@ Leilonna : La comparaison n'est pas fouillée... mais comme je n'avais pas trop le courage de partir dans une étude comparative poussée, j'ai préféré jeter sur le papier mes impressions, qui valent ce qu'elles valent , plutôt que de ne pas rédiger de billet.

@ Manu : Tu as raison d'oser (moi, c'est George Clooney : je n'ai jamais aimé son sourire jugé irrésistible de je-suis-pas-mal-et-je-le-sais mais à part ça je le trouve quand même sympathique) !

@ Isil : La nouvelle mérite un détour (qui sera très rapide). Pour le film, il y a beaucoup d'avis très élogieux de spectateurs qui ont été emballés, donc c'est difficile de savoir a priori ce que tu en penseras smiley_id118686.

@ Praline : Mais c'est aussi sympa, d'avoir l'embarras du choix Sourire!

@ Karine : Tu verras, le film est très différent !

@ Keisha : C'est une petite nouvelle : tu l'auras dévorée en un clin d'œil !

@ Jumy : La nouvelle pourrait tout à fait te plaire smiley_id118675 !

11. céline de enlivrezvous  le 19-02-2009 à 16:03:41  (site)

Je ne pense pas que j'irai voir le film au ciné (j'attendrai la sortie dvd!), mais ta note m'a donné très envie de découvrir la nouvelle ! Je connais très peu Fitzgerald (je n'ai lu que le fameux Gatsby), et c'est l'occasion de mieux le découvrir !

12. sybilline  le 19-02-2009 à 19:30:37  (site)

Encore un fois voici corroborée la version décevante et trompeuse des films reprenant l'intrigue d'un livre.

13. Galate2  le 19-02-2009 à 20:09:41  (site)

beau blog et intéressant en plus...
bonne soirée
Galaté

14. BRIZE  le 19-02-2009 à 22:02:06  (site)

@ Céline : Moi aussi, je ne connaissais que "Gatsby le magnifique" et cette nouvelle a été une amusante découverte !

@ Sybilline : Mais ce n'est pas toujours le cas : la preuve (récente !) avec l'adaptation réussie et fidèle de "La fenêtre panoramique" dans "Les noces rebelles" Sourire1 !

@ Galaté : Merci... et j'en ai autant à ton service avec ton beau blog sur le cinéma smiley_id172963 !

15. Galate2  le 20-02-2009 à 19:13:51  (site)

bonsoir

Je n'ai pas vu ce film. Je ne crois pas que j'irais le voir au ciné (vais attendre qu'il passe sur le petit écran). Je pense que vous avez du être nombreux à attendre le Brad Pitt dans son état actuel! Un film lent n'est pas forcément ennuyeux tu as raison. La preuve le superbe, sublime... "Barberousse" de Kurosawa qui dure 3H, est lent, très lent. Et on ne s'ennuie pas une minute.
Bonne soirée
Galaté

16. brize  le 22-02-2009 à 19:22:52  (site)

Galaté, je n'ai jamais vu le "Barberousse" de Kurosawa : ma culture cinématographique n'est pas mauvaise mais j'ai encore des lacunes, surtout dans les domaines qui ne m'attirent pas spécialement (je sais, je devrais faire un effort, car je risque de passer à côté de chefs d'oeuvre !).

17. Galate2  le 22-02-2009 à 20:30:20  (site)

De quels domaines parles-tu?
En ce qui concerne Barberousse, c'est l'histoire d'un médecin dans un dispensaire à la campagne. Son nom est dû à sa barbe.
bonne soirée
Galaté

18. brize  le 22-02-2009 à 20:36:30  (site)

Le domaine du cinéma asiatique, justement : je connais bien sûr Kurosawa de nom, mais je ne crois pas avoir vu un seul de ses films en entier...

19. Galate2  le 22-02-2009 à 20:39:44  (site)

bah...moi j'ai bien du mal avec le cinéma allemand...

20. liliba  le 15-03-2009 à 20:13:08  (site)

Quelle bonne idée d'avoir mis les deux en parallèle ! Pour ma part, je viens de chroniquer le film, mais j'attends de lire la nouvelle que ma maman l'ai terminée et qu'elle veuille bien me la renvoyer... Tout comme toi, et je n'ai pas honte de le dire, j'ai un peu attendu le beau Bratt... mais cela ne m'a pas empêché de me laisser transporter par ce beau film.

21. brize  le 15-03-2009 à 21:27:58  (site)

Liliba, j'ai hâte de savoir comment tu réagiras à la lecture de la nouvelle (par rapport au film Rire1 !).

22. charlottepartàladécouverte  le 23-03-2009 à 11:32:30

Je n'ai pas vu le film mais d'après les différents échos que j'ai pu en avoir, il est donc évident que le réalisateur a pris certaines libertés vis à vis de l'oeuvre originale. C'est justement le fait que Benjamin naisse vieux qui m'a plu ainsi que le fait que Fitzgerald n'insiste pas tellement sur l'histoire d'amour puisqu'elle n'est que l'illustration du décalage du personnage avec le monde et non une pseudo souffrance romantique. J'attendrai certainemeent la sortie du film en dvd

23. Sassenach  le 11-03-2010 à 15:12:31  (site)

Mon chéri a presque plus apprécié le film que moi O_o ... j'espère que, dans son cas, ce n'est pas à cause de Brad ! mdr ! Mais, il n'avait pas lu la nouvelle. A l'issue, comme j'étais encore en train de râler sur le peu de points communs entre le livre et le film, je lui ai lu la nouvelle à haute voix et au final, il l'a adoré ... beaucoup plus que le film Sourire

 
 
 
posté le 15/02/09

Daniel Tammet, autiste atteint du "syndrome savant", témoigne.

     C'est seulement il y a une huitaine de jours que j'ai découvert l'existence de l'Anglais Daniel Tammet, entendu sur France Inter puis aperçu à la télé, à l'occasion de la promotion de son livre :"Embrasser le ciel immense : le cerveau des génies". Et en allant feuilleter cet ouvrage, j'ai découvert que le précédent, "Je suis né un jour bleu", venait de sortir en collection de poche : aussitôt acheté... et aussitôt lu !

 

   Dans "Je suis né un jour bleu", Daniel Tammet, jeune homme atteint d'un autisme de forme tempérée (le syndrome d'Asperger) mais aussi doté de capacités hors du commun dans le domaine des nombres et de l'apprentissage des langues, raconte son enfance particulière et le début de sa vie d'adulte (il est né en 1979).

   Il est l'aîné d'une fratrie qui atteindra un total de neuf enfants. Même si le début de son enfance a été caractérisé par le fait que, en famille comme à l'école, il vivait à côté, en marge, sans chercher le contact des autres, il voue à ses frères et sœurs et à ses parents une profonde reconnaissance, d'une part parce qu'ils ont respecté sa différence, d'autre part parce que leur présence, leur attention constante et leur proximité bienveillante l'ont aidé à progresser pour aller vers les autres.

   C'est vers l'âge de dix ans, d'ailleurs, qu'il ressentira la nécessité de se faire des amis, comme ceux de ses frères et sœurs qu'il voit sans cesse jouer dans le jardin, alors qu'à lui le calme de sa chambre, dans laquelle il se réfugie après l'école, est indispensable.

   "Je suis né un jour bleu" est donc avant tout l'histoire d'une enfance solitaire puis de l'effort fourni pour sortir de cette solitude. L'aspect "performances géniales" est relativement accessoire dans l'ouvrage, même si on découvre avec fascination comment Daniel Tammet perçoit les chiffres et les nombres de manière vivante et colorée (synesthésique) et avec admiration comment il dispose de la faculté d'apprendre très rapidement une langue vivante (même aussi compliquée que l'islandais).

 

   J'ai trouvé passionnant le récit de cette approche progressive des autres, qui conduit le narrateur, à l'âge de vingt ans, à partir un an comme volontaire en Lituanie, pour y enseigner l'anglais. Et à rencontrer, à son retour, l'âme sœur. Même s'il continue à payer son tribut à l'autisme : inquiétude dès lors que l'environnement n'est pas connu, difficulté à saisir les non dits dans une conversation, sensation d'oppression lorsqu'il y a trop de monde autour de lui, incapacité à passer son permis de conduire car il y a trop de paramètres à prendre en compte en même temps... les progrès effectués sont extraordinaires et représentent un message d'espoir pour les autistes et leur famille et c'est en particulier pour cela que l'auteur a voulu témoigner.


   "Je suis né un jour bleu" offre au lecteur une découverte tout en finesse et sincérité de l'univers à part d'un jeune autiste et permet d'appréhender les difficultés et les efforts fournis pour s'insérer dans un environnement perçu comme étranger. Au passage, c'est aussi un aperçu des incroyables capacités offertes par le cerveau du jeune homme, atteint de ce qu'on appelle le "syndrome savant", qui nous est présenté.

   Un témoignage à ne pas manquer.


"Je suis né un jour bleu", Daniel TAMMET

éditions J'ai lu (281 p)

 

- Jusqu'au 6 mars, vous pouvez réécouter ici l'émission de France Inter "La tête au carré" du 6 février, ayant pour thème "Le cerveau des génies" et dont l'invité était Daniel Tammet.

Optimnem , le site officiel de Daniel Tammet.

 


Commentaires

 

1. Karine :)  le 16-02-2009 à 03:48:45  (site)

Je lis rarement des témoignages... mais peut-être que celui-ci sera l'exception. Pour avoir connu plusieurs jeunes présentant de l'autisme ou un Asperger, ça m'intéresse, veut veut pas!

2. Aifelle  le 16-02-2009 à 07:30:45  (site)

Je l'ai vu à la télé et trouvé très intéressant, je ne savais pas qu'il y avait un poche, je note.

3. Yv  le 16-02-2009 à 19:03:52  (site)

Rien voir, mais un Tag t'attend à cette adresse espérant ne pas t'avoir déjà été proposé : http://lyvres.over-blog.com/article-28011057.html

4. Alwenn  le 20-02-2009 à 20:24:52  (site)

Je l'ai vu aussi à la télé l'autre jour et je serais assez intéressée de découvrir ce témoignage.

5. La Nymphette  le 21-02-2009 à 17:15:39  (site)

J'ai croisé ce bouquin sur une étagère de librairie. Je suis très tentée, intéressée par les mécanismes du cerveau et surtout par la manière dont les personnes évoluent en société avec ces différences. J'ai en cours "Des fleurs pour Algernon" sur ce thème" j'achèterais ensuite celui-ci!

6. brize  le 22-02-2009 à 19:25:54  (site)

@ Karine, Aifelle et Alwenn : Franchement, ce témoignage m'a beaucoup plu : l'auteur s'y manifeste aussi spontané et sincère que dans ses interviews.

@ La Nymphette : Ah, "Des fleurs pour Algernon", c'est quelque chose, en effet !

7. liliba  le 15-03-2009 à 20:13:58  (site)

Il était dans ma tournante de bouquins l'année dernière,mais je n'avais pas d'appel, je l'ai zappé...

8. brize  le 15-03-2009 à 21:29:13  (site)

Quand on sent que ce n'est pas le bon moment... ou que ça ne nous attire pas, tout simplement, il vaut mieux ne pas forcer, parce que c'est mal parti pour que la lecture soit une réussite !

 
 
 
posté le 14/02/09

Ecolo-marrant !

      "auto bio" met en scène un couple militant écologiste et leurs deux enfants, pratiquants convaincus eux aussi. Mais vivre en adéquation totale avec ses convictions ne va pas toujours sans mal, face aux difficultés suscitées par un environnement (enfin, je veux dire, un contexte !) impitoyable : du voisin fervent adepte des pesticides pour le jardin de ses nouveaux locataires aux rongeurs séduits par le compost en passant par les bébêtes qui viennent envahir la petite piscine non traitée pour les enfants, il est parfois difficile d'assumer les conséquences des actes bienveillants pour la planète ! Et que dire des affres dans lesquels se retrouve le consommateur au moment où il achète sa nourriture : faut-il vraiment renoncer au lait ("Le lait, c'est laid")... et donc aux crêpes ?!!!

   Un dilemme parmi tous ceux qui guettent l'écologiste plein de bonne volonté, qui en plus veut éduquer ses enfants en veillant à leur bonne intégration dans la société et sans céder aux modes diverses de notre civilisation occidentale.

   Cyril Pedrosa envisage l'écologie dans sa dimension élargie (mode de vie pratique + rapport aux autres). Il se met en scène sans se ménager, pointant du doigt la manière dont il contourne à l'occasion les règles qu'il s'est fixées, quand elles s'avèrent trop contraignantes, voire s'interrogeant avec angoisse sur son appartenance ou pas à la mouvance bobo.

   Même s'il est un peu inégal, l'album est globalement très bien vu : la plupart des situations sont marrantes... et il sera difficile à d'aucuns (comme moi !) de ne pas se reconnaître dans certaines !

    A découvrir !

 

"auto bio", Cyril PEDROSA

éditions Fluide Glacial

 

C'est à Joëlle que je dois la découverte de cette BD, dont je me demande si j'aurais eu, sinon, l'idée de la feuilleter lorsque je l'ai aperçue à la bibliothèque !

 


Commentaires

 

1. keisha  le 15-02-2009 à 09:01:00  (site)

Tu as raison d'en parler! Si je la vois je saurai qu'il faut la lire!

2. Yv  le 15-02-2009 à 19:51:41  (site)

Je ne connais pas, mais me sens concerné par le problème et me reconnaitrais sans doute dans les situations.

3. brize  le 15-02-2009 à 21:45:05  (site)

Je trouve que cette BD mérite un détour... mais elle ne plaît pas forcément (si j'en crois la réaction d'une amie qui m'a dit ne même pas avoir achevé la lecture de la première planche, totalement rebutée par le graphisme), comme toujours !

4. Laetitia la liseuse  le 16-02-2009 à 19:11:01  (site)

Le graphisme peut en effet gêner. Moi la première, je suis très chiante de ce côté là. Mais comme ce titre est aussi basé sur l'humour, ça passe mieux, non ?

5. brize  le 16-02-2009 à 19:32:26  (site)

Oui, moi aussi je suis assez difficile pour ce qui est du graphisme (enfin, disons que je préfère que ça corresponde à mes goûts !), mais je suis beaucoup moins regardante dès lors que c'est une BD humoristique, s'il me semble que le dessin colle avec le propos (et dans le cas présent c'était OK) .

6. melcouettes  le 05-03-2009 à 14:47:13  (site)

Merci pour cette découverte!
Je l'ai acheté pour l'anniversaire de mon frère et j'ai quasiment pas jeté de coup d'œil dessus :-S. J'espère que ça lui plaira. Le sujet l'intéresse c'est déjà un bon point ;-).

7. brize  le 05-03-2009 à 20:49:08  (site)

Dur, dur... je sens le poids de l'immense responsabilité de ce cadeau peser sur mes épaules ! Pourvu que ça lui plaise, au frangin Rire !

 
 
 
posté le 13/02/09

Envie d'une comédie romantique dans le Londres d'après-guerre ?

     Londres et ses environs, 1954.

   Pénélope (c'est la narratrice de l'histoire) raconte comment elle a fait la connaissance de Charlotte de manière assez insolite, quand la jeune fille l'a convaincue, alors qu'elle attendait à un arrêt de bus, de monter dans un taxi avec elle pour l'accompagner et aller prendre le thé chez sa tante Clare.

   C'est ainsi que Pénélope s'est trouvée introduite dans ce cercle familial et a rencontré le cousin de Charlotte, Harry, magicien amateur à ses heures et amoureux malheureux de la richissime héritière Marina, puisqu'elle vient de l'éconduire en décidant de se fiancer à un autre.

   Pénélope, elle, est la fille de Talitha et Archie Wallace. Talitha, d'une beauté extraordinaire qui ne s'est pas fanée, a épousé à l'âge de dix-sept ans seulement Archie, mort pendant la guerre. Elle doit maintenant faire face à une situation difficile car il lui incombe de veiller sur sa famille tout en maintenant en état l'extraordinaire demeure familiale de son mari, Magna.

   Alors que Pénélope découvre progressivement le milieu que fréquente Charlotte, ses liens avec elle s'affermissent.

   Mais voilà qu'Harry se met en tête de la faire passer pour sa nouvelle petite amie, de manière à rendre Marina jalouse...

 

   Si vous avez soif d'un livre fort, à l'écriture originale et qui vous marquera, ce roman n'est pas pour vous, car il ne remplit aucun de ces trois critères.

   En revanche, si vous vous sentez une petite envie de lire un bouquin pas prise de tête et de passer un moment agréable et vite oublié en sa compagnie, "L'Amour comme par hasard" (titre beaucoup moins classe que l'original : "The Lost Art of Keeping Secrets", mais au moins on sait à quoi s'attendre) est peut-être pour vous : la lecture d'une dizaine de pages vous permettra (après celle de mon billet, bien sûr !) de vous le confirmer ou non.

   Vous y ferez la connaissance de personnages beaux, jeunes et sympathiques, évoluant dans de merveilleux décors (superbes demeures très british...la plus belle certes un peu délabrée mais pourvue d'un magnifique parc à l'anglaise). Ils vivent de petites intrigues sentimentales, au gré notamment de fêtes et soirées assez (trop, à mon goût) arrosées où ils portent de magnifiques toilettes, lesquelles soirées alternent avec un quotidien sympathique, où ils travaillent un peu quand même, sinon ils boivent du thé en mangeant de délicieux gâteaux et des scones (bon, on mange aussi de façon beaucoup plus chiche chez les Wallace sans argent, j'en conviens !), s'interrogent un peu, occasionnellement, sur leur avenir ou évoquent mélancoliquement le passé révolu d'avant-guerre.

   La lecture est légère et agréable, pimentée de quelques péripéties aussi vraisemblables que le reste et on a suffisamment envie de savoir ce qui va se passer pour tourner les pages. A noter, en toile de fond, des éléments historiques intéressants : les Teddy Boys (et l'émergence des teenagers), la fin des restrictions alimentaires en Angleterre au 1er janvier 1955, le jazz et le début du rock avec l'émergence d'Elvis Presley d'abord aux Etats-Unis... mais de là à prétexter l'intérêt historico-sociologique du roman pour en justifier la lecture, il y a un pas (de géant) que je ne franchirai pas. Inutile aussi de chercher ici une peinture exhaustive de l'économie d'après-guerre : les difficultés financières rencontrées par certains des protagonistes ne les conduiront pas à se retrouver à la rue et le roman ne s'égarera pas du côté des classes sociales défavorisées.

 

   On n'y croit pas une seconde (enfin, je n'y ai pas cru), mais, bon, on a bien le droit de rêvasser de temps en temps... et de paresser gentiment en compagnie d'un roman très romanesque !

 

   Bref, vous voilà prévenus ... et j'espère que ce sera en connaissance de cause que vous déciderez ou non de lire "L'Amour comme par hasard" (qui fut un best-seller en Angleterre) !

 

"L'Amour comme par hasard", Eva RICE

éditions Le Livre de Poche (531 p)

Ce livre m'a été offert par Le Livre de Poche, en échange d'une critique pour leur site.

 

Les avis de Clarabel et Joëlle.

 


Commentaires

 

1. myloubook  le 13-02-2009 à 16:26:24  (site)

Je ne l'ai pas encore commencé mais il m'a l'air très sympathique tout de même (même si après l'avoir parcouru un diagonale je me suis dit que ce serait sûrement très léger). Ta description me fait penser à du Barbara Pym (mondanités et thés), les jeunes gens beaux etc etc en plus et les pasteurs et les vieilles dames en moins Clin doeil Papy

2. Aifelle  le 13-02-2009 à 17:24:56  (site)

Comme tu dis, on a bien le droit de rêver un peu, de temps en temps c'est indispensable, alors pourquoi pas.

3. Karine :)  le 14-02-2009 à 02:18:14  (site)

Des thés, des gâteaux, des manoirs anglais... pourquoi pas, même si ce n'est pas une lecture comlètement inoubliable! Il en faut des comme ça, de temps en temps!

4. manu--  le 14-02-2009 à 10:08:01  (site)

Ah je le garde en mémoire pour le jour où j'aurai envie d'une lecture détente. Car le cadre et l'époque me plaisent beaucoup.
Par contre, je ne pense pas qu'on puisse le rapprocher à Barbara Pym, ce n'est ni romanesque, ni dans ce genre de milieu. Barbara Pym, c'est plutôt presbytère et petits ragots ;-)

5. Leiloona  le 14-02-2009 à 11:08:36  (site)

Je le note pour les jours où j'aurai envie d'une lecture rafraîchissante.

6. lauredumiroir  le 14-02-2009 à 11:11:32

Kikou ^^

Un petit mot pour te prévenir que le miroir a déménagé Clin doeil Maintenant il a une jolie adresse : http://autrecotedumiroir.net/
Pourras-tu mettre à jour le lien ?
Merci beaucoup et bon week end,

Laure

7. chiff  le 14-02-2009 à 21:57:34  (site)

Je note!

8. brize  le 14-02-2009 à 22:06:53  (site)

@ Lou : Lecture sympathique, effectivement et pour la comparaison avec Barbara Pym, Manu, qui s'y connaît mieux que moi (peut-être ai-je lu un roman de cet auteur, mais je n'en suis même pas sûre, car ça ne m'a pas marquée) émet de sérieuses réserves ! En tout cas, c'est du roman british, donc ça peut te plaire Sourire !

@ Manu : Merci d'être intervenue pour ce qui concerne Barbara Pym, car j'étais plutôt embarrassée pour répondre !

@ Laure : Et hop, le lien vers ton blog magique a été mis à jour Magicien !

@ Aifelle, Karine, Manu, Leilonna et Chiffonnette : C'est tout à fait le genre de romans qu'on a parfois envie de lire... donc c'est bon d'avoir quelques titres en réserve !

9. Lael  le 15-02-2009 à 13:52:56  (site)

hum!!! petites intrigues sentimentales dis tu??? je crois que ce livre est bon pour ma LAL

10. brize  le 15-02-2009 à 21:20:37  (site)

Sûrement pas un incontournable, mais une piste éventuelle pour le jour où tu auras envie (ou besoin !) d'une lecture facile !

11. Lune de pluie  le 16-02-2009 à 09:03:33  (site)

Voilà une semaine de vacances qui arrive! Je le note! Besoin de lecture facile, qu'est-ce que ça fait du bienClin doeil1

12. brize  le 22-02-2009 à 19:27:32  (site)

Tout à fait une lecture pour les vacances smiley_id118694 !

13. lilyetseslivres  le 11-03-2009 à 11:53:20  (site)

Ton billet m'avait échappé, je le rajoute tout de suite en lien !

14. brize  le 11-03-2009 à 21:04:22  (site)

Merci Lily !

15. liliba  le 15-03-2009 à 20:16:14  (site)

je l'ai déjà noté en passant je ne sais plus où, ça fait du bien de lire un peu de "léger" de temps en temps, non ? En tout cas, moi j'aime bien lire un livre un peu cucul gnangnan gentillet de temps à autre, histoire de me détendre avant d'attaquer un bon gros pavé bien glauque... Les bienveillantes m'attendent dasn mon challenge 2009...

16. brize  le 15-03-2009 à 21:30:11  (site)

Oui, c'est ça qui est chouette, avec les bouquins : il y en a dans tous les genres, au gré de nos envies et/ou de nos besoins !

17. SD49  le 20-05-2009 à 18:53:12

Grosse déception. Je pensais que ce serait mieux que ça, j'avais lu pas mal de critiques plutot positives, mais ce n 'est vraiment pas très palpitant. Il ne se passe pas grand chose a part des soirées, des repas au restaurant .
bon allez je vais quand meme aller voir sur internet qui est ce fameux Johnnie Ray !!!!!

PS : je suis en train de l'écouter , ca fait vraiment années 50 !!!!
pendant tout le livre je ne pensais pas qu'il avait réellement existé

édité le 20-05-2009 à 18:57:31
édité le 20-05-2009 à 18:59:17
édité le 20-05-2009 à 19:30:08

18. brize  le 20-05-2009 à 19:25:19  (site)

J'ai moi aussi lu beaucoup de critiques très positives sur ce roman : lorsque j'avais publié la mienne, je me disais qu'il y en aurait de bien plus féroces dans celles qui suivraient et j'ai eu la surprise de constater qu'au contraire, tous les billets étaient plus élogieux que le mien !
Et moi aussi, je ne croyais pas qu'il avait existé, ce chanteur (parce que je n'en avais jamais entendu parler), jusqu'à ce que j'écoute une de ses chansons sur un blog !

 
 
 
posté le 11/02/09

"Tout seul", Chabouté

  Tout d'abord il y a un phare, perdu sur un rocher en pleine mer. Puis un chalutier d'où deux caisses sont débarquées pour y être déposées. Afin de ravitailler "Tout seul", un homme qui vit là depuis sa naissance et s'est retrouvé isolé à la mort de ses parents, quinze ans plus tôt...

 

   Enfin ! Enfin, un album de Chabouté qui me plaît !

   Après "Construire un feu", qui ne m'avait qu'à moitié convaincue, "Pleine lune", dont je n'avais apprécié que la chute (si bien que j'ai préféré ne pas faire de billet à son sujet), je me suis dit que j'allais abandonner mes incursions chez cet auteur de BD, jusqu'à ce que je tombe par hasard à la bibliothèque sur "Tout seul" (bien en vue sur un présentoir), l'album que je cherchais initialement, car je l'avais repéré notamment chez Joëlle.

 

   Le découpage de cette bande dessinée est impeccable. On tourne autour du sujet comme le chalutier ravitailleur tourne autour du phare. Puis on arrive au cœur du phare... et du sujet. On découvre la vie de "Tout seul" et...ce serait dommage d'en raconter davantage car autant avoir le plaisir de la surprise mais je peux vous dire qu'elle est belle, parce que c'est fin, poétique et décalé, mais bon, vous verrez par vous-même, je vous y encourage vivement !

   Graphisme en noir et blanc parfaitement adapté (il ne correspond pas franchement à mes goûts, mais quelle puissance évocatrice). Peu de texte, dans un album très expressif au sens large du terme, en particulier grâce aux variations de cadrages. Progression tout d'abord tranquille de l'histoire puis la tension dramatique commence à monter, jusqu'au suspense final... et réaction au dénouement (non, je ne vous dirai rien !) à la hauteur de l'émotion ressentie.

   Une fois de plus, la matière du récit pourrait faire l'objet de pas mal de commentaires (psycho-philosophiques, n'ayons pas peur des mots !) et, une fois de plus, je ne les ferai pas car c'est impossible sans déflorer l'histoire !

 

   Pour conclure, sachez que je n'ai pas regretté d'avoir persévéré dans ma découverte de Chabouté : parce que cet album-là m'a conquise !

 

"Tout seul", Chabouté

éditions Vents d'Ouest

 


Commentaires

 

1. Ys  le 11-02-2009 à 22:46:33  (site)

J'ai plein de ses BD à la bib, il faut vraiment que je m'y mette, j'entends des éloges partout

2. kathel  le 12-02-2009 à 09:47:15  (site)

Je suis dans une période BD, il faut que je vienne en noter chez toi ! Pour celle-ci, c'est fait en tout cas ! ;-)

3. sybilline  le 12-02-2009 à 13:59:23  (site)

Il est temps que je me remette un peu à la BD que j'ai délaissée depuis quelques années!

4. brize  le 13-02-2009 à 08:27:56  (site)

@ Ys : Oui, ça vaut le coup d'y jeter un oeil, après, c'est fonction des goûts de chacun (dans l'ensemble, j'ai l'impression que Chabouté est quand même un peu trop noir pour moi, d'après ce que j'ai pu voir de ses autres albums).

@ Kathel et Sybilline : Dans le domaine de la bande dessinée, il y a une incroyable diversité : de l'album classique au roman graphique en passant par les mangas , qu'il ne faut pas oublier, la BD s'aventure sur tous les terrains (reportage, croquis d'instantanés du quotidien sans vraiment d'intrigue etc.). Je pense que chacun peut y trouver des oeuvres à son goût... mais c'est vrai qu'il faut prendre le temps de farfouiller et d'essayer pour voir si on aime Sourire1 !

5. Karine :)  le 14-02-2009 à 02:15:59  (site)

Je ne connais strictement rien en BD mais si je lis cet auteur, je crois que je vais choisir cet album... tu m'as vraiment convaincue!

6. levraoueg  le 14-02-2009 à 16:37:18  (site)

Il me le faut absolument car je crois avoir été gardienne de phare dans une autre vie (sinon pourquoi est-ce que les phares me fascineraient autant ? je ne vois pas d'autre explication...)

7. brize  le 14-02-2009 à 20:20:19  (site)

@ Karine : Je serais étonnée que cet album ne te plaise pas !

@ Levraoueg : Gardienne de phare dans une vie antérieure ? C'est trop smiley_id118672 !

8. Morgan   le 03-03-2009 à 00:06:25  (site)

J'adore Chabouté ! J'ai toutes ces BD.
Celle-ci est encore trés réussie Sourire

9. brize  le 03-03-2009 à 20:30:51  (site)

De mon côté, heureusement qu'il y a eu cet album, car j'allais abandonner avec cet auteur de BD, déçue par les deux précédentes que j'avais lues.

 
 
 
posté le 09/02/09

"Les Noces Rebelles" : du film au livre...

   Pour prolonger le plaisir ressenti lorsque j'ai vu le film "Les Noces Rebelles" (voir mon billet ici), je me suis plongée dans le livre dont il est l'adaptation, "La fenêtre panoramique", de Richard Yates. D'aucuns parmi vous jugeront sans doute que j'ai fait les choses à l'envers... mais j'avais trop envie d'aller voir le film pour attendre d'avoir lu le livre et puis cela me convenait de découvrir l'histoire au cinéma.

   En effectuant ce parcours dans l'autre sens, c'est-à-dire du film au livre, j'ai surtout été impressionnée par la fidélité du film à l'œuvre d'origine.

   Certes, la description de Franck Wheeler ne correspond guère à celle de Leonardo DiCaprio (trop petit !), ce qui n'est pas le cas d'April, dont j'ai trouvé que Kate Winslet rendait à merveille l'altière beauté. Pour le couple d'amis, Shep et Milly Campbell, les acteurs choisis m'ont paru très conformes à la description des personnages du roman, mais le cinéma ne permet pas de restituer ce que l'auteur donne comme indications concernant les odeurs caractéristiques émanant de Milly (eh oui, on n'en est pas encore aux émanations olfactives parcourant la salle de cinéma, ce qui est heureux dans certains cas).

   Pour l'essentiel, à savoir l'histoire, Richard Yates la publie en 1961 quand elle se situe en 1955, autant dire qu'il est contemporain des événements narrés. Cette proximité du sujet traité prouve à quel point l'écrivain faisait preuve de clairvoyance dans son analyse sociale sans concession. Le projecteur est braqué sur un couple mais il éclaire en même temps tout un pan de la société middle-class de l'époque, dont il illustre vraisemblablement les rêves trompeurs et les inéluctables désillusions.

   Dans le roman, une chose m'a cependant beaucoup surprise. Je m'attendais à avoir accès en profondeur à la  psychologie de Franck et April. Or c'est uniquement sur le personnage de Franck (excepté dans quelques pages, tout à la fin) que se focalise le roman. Tout ce qui le concerne est décortiqué alors qu'April est essentiellement évoquée au travers de ce qu'elle fait ou dit. Du coup, il incombe au lecteur d'imaginer, de deviner ce qui n'est pas exposé... mais pourquoi pas.

   Pour en revenir à Franck, l'auteur s'attache à sa personne, mais sans complaisance aucune. J'en veux pour preuve la manière qu'il a de nous le montrer en train de guetter, régulièrement, son reflet, pour s'assurer que ses maxillaires suffisamment serrés lui donnent l'air viril de l'homme décidé à prendre sa vie en main. Richard Yates croit-il que Franck Wheeler était quelqu'un promis à un brillant avenir et auquel il suffirait simplement, comme semble le penser April au début du roman, de donner sa chance pour qu'il trouve sa voie ? J'en doute. Et l'évolution du comportement du personnage vis à vis de son épouse (le fait qu'il lui enjoigne de se faire psychanalyser) donne à penser qu'il le considère comme incapable de s'affranchir des us et coutumes de son temps.


   Au final, "La fenêtre panoramique" représente à mon avis un roman pénétrant sur une classe sociale en général et un couple en particulier, que j'ai lu avec autant d'intérêt que j'avais vu le film qui en a été tiré.


"La fenêtre panoramique", Richard YATES

éditions Robert Laffont - collection Pavillons Poche (529 p)

 

Pour un aperçu plus complet de ce roman, je vous recommande l'analyse qu'en fait Amanda .

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 09-02-2009 à 20:01:40  (site)

Je compte aller le voir. Il faut que je prenne le temps d'aller au ciné. Arghh pas trop le temps cette semaine.

2. levraoueg  le 09-02-2009 à 21:03:57  (site)

Ben moi, j'ai été un petit peu déçue par le film, car je l'ai trouvé très froid. Je n'ai pas vraiment réussi à éprouver de la sympathie pour ces personnages ni même à les comprendre (surtout lui). Du coup, j'en suis restée au film pour le moment, mais quand je l'aurai un peu oublié... peut-être...

3. Aifelle  le 10-02-2009 à 07:09:16  (site)

Je suis exactement dans la même situation que Lavroueg et je n'ai pas trop envie de lire le livre, surtout s'il n'est pas très fouillé psychologiquement.

4. amanda meyre  le 10-02-2009 à 09:15:28  (site)

c'est terrible, d'ailleurs, que Francl lui suggère une psychanalyse, il ne la comprend pas du tout, et en gros "soigne toi et tu iras mieux, tu oublieras tes frustrations, point, c'est toi qui a un problème, pas moi".
Je trouve que si RY était passé de F à A, en détaillant tour à tour leurs personnalités, cela aurait peut-être été plus longuet et plat. April, on la devine à travers le regard de Franck. C'est une histoire terrible, et très belle Sourire

5. keisha  le 10-02-2009 à 10:08:20  (site)

Intéressante analyse, du film au livre. On aurait aimé connaitre plus de April mais c'est le choix de Yates. Les scènes entre les deux époux sont très tendues dans le livre. Bon, je retiens que c'est une belle adaptation au cinéma.

6. brize  le 10-02-2009 à 18:50:48  (site)

@ Leiloona : Je croyais que tu étais déjà allée voir le film (je me souviens que c'était prévu) et comme tu n'en parlais pas, je me disais que tu avais peut-être été déçue. Affaire à suivre, donc, en espérant que tu trouveras le temps d'y aller !

@ Levraoueg : C'est drôle, parce que j'ai beaucoup aimé le film mais en même temps je n'ai aucun mal à comprendre qu'on le trouve froid (même si ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti... mais justement, on est en plein dans le ressenti, là !). Pour le livre, dans la mesure où le film en est un écho fidèle, je ne suis pas certaine qu'il te plairait davantage, mais tu apprécierais sûrement de voir plus fouillé le personnage de Franck.

@ Aifelle : Il l'est pour Franck, mais pas pour April, autant être prévenue.

@ Amanda : Oui, cette histoire de psychanalyse (bien plus appuyée dans le livre), c'était le bouquet et la manifestation tangible de la distance qui s'était définitivement creusée entre Franck et April.
Pour l'alternance des points de vue, je ne sais pas ce que ça aurait pu donner car l'auteur aurait pu utiliser le procédé de manière dynamique et intéressante. Mais, bon, comme le dit Keisha, tel n'était pas son choix !
Je te rejoins entièrement dans ton appréciation globale : une histoire terrible et très belle (et qui m'a beaucoup impressionnée).

@ Keisha : Oui, je crois que tu ne serais pas déçue par l'adaptation .

7. Alwenn  le 10-02-2009 à 22:16:40  (site)

Je n'ai toujours pas vu le film et je pense que je n'en aurai pas le temps, mais ce que tu dis du livre m'intéresse tout autant ! Je note donc !

8. manu--  le 11-02-2009 à 16:38:22  (site)

Le livre m'intéresse beaucoup plus que le film. Quoiqu'il y a eu un tel battage autour du film qu'il sera impossible de dissocier les personnages des acteurs même sans avoir vu le film !

9. brize  le 11-02-2009 à 19:37:22  (site)

@ Alwenn : Pour moi, c'est bien une idée de lecture à noter (et à confirmer le cas échéant, lorsque tu auras eu l'occasion de feuilleter le livre).

@ Manu : Effectivement, ça risque d'être un peu difficile d'oublier la physionomie attribuée par le film aux deux héros !!!

10. liliba  le 15-03-2009 à 20:17:08  (site)

Toujours pas vu, pas encore lu... je ne suis pas très à la page !

11. brize  le 15-03-2009 à 21:34:08  (site)

Le film m'attirait énormément (alors que je ne vais pas si souvent que ça au cinéma, la période actuelle n'étant pas très représentative !) et je suis allée au cinéma poussée par un irréistible besoin de le voir. Il m'a beaucoup plu, tout comme le livre, que j'ai lu peu après.

12. la-ronde-des-post-it (laptitesardine)  le 25-05-2009 à 03:07:27  (site)

il est rarissime que je lise un bouquin après avoir vu un film (et en faisant l'inverse je suis bien souvent déçue par le film...), je préfère généralement me contenter de lire la version écrite et c'est tout!

ici, j'ai aimé le film, mais je ne me vois pas lire le livre avec en tête les personnages de l'écran
pourtant, je suis sûre qu'il m'aurait beaucoup plu!

13. brize  le 25-05-2009 à 08:59:45  (site)

A tenter peut-être plus tard (dans x années Clin doeil1 !), quand le souvenir du film aura fini par s'estomper (même si le visage des acteurs, lui, ne s'estompera pas, j'en ai conscience !).

14. Nelfe  le 30-06-2009 à 10:59:41  (site)

J'ai adoré le film même si il m'a pas mal chamboulé... Du coup, je me dis, que lire le livre serait faire preuve de masochisme ^^

15. brize  le 30-06-2009 à 13:05:54  (site)

Si tu le ressens ainsi, tu as raison de t'abstenir Sourire.

 
 
 
posté le 05/02/09

"Entre chiens et loups", Malorie BLACKMAN

   Callum Mc Gregor est le fils de la bonne. Sephy Hadley, la fille du premier ministre. Il appartient à la classe sociale des Nihils, elle fait partie des Primas. Parce qu'il est blanc et qu'elle est noire.

  Mais alors que tout devrait les séparer, l'amitié qui les a liés enfants ne s'est jamais, avec le temps, démentie et se transforme en amour, alors qu'elle a maintenant 14 ans et lui 17.

  Lorsque Callum réussit l'examen d'entrée au lycée de Sephy, pourtant, gage de son accès futur à des études qui commencent à peine à s'ouvrir aux Nihils, sa satisfaction est tempérée par les difficultés qu'il escompte rencontrer sur place.

Et il ne croit pas si bien dire...

 

   Cédant aux vives instances d'une  bibliothécaire du secteur jeunesse ajoutées à celles de ma fille cadette, qui a beaucoup aimé ce livre, j'ai entamé la lecture d'"Entre chiens et loups", séduite par l'idée de voir inversées les couleurs des oppresseurs et des opprimés.

   Pourtant, dans les premiers temps, je me suis dit qu'en tant que lectrice adulte je n'allais pas y trouver mon compte : le livre démarrait comme une love story adolescente contrariée et, même avec le contexte spécifique de la haine raciale (au sujet duquel je me disais qu'avais déjà tout lu), j'ai pensé un moment que je faisais fausse route et que j'allais voir défiler le catalogue des situations conflictuelles que je ne prévoyais que trop, celles que j'avais pu voir évoquées dans le cadre de la ségrégation raciale aux Etats-Unis ou dans celui de l'apartheid en Afrique du Sud.

   Mais le roman, bien plus subtil que je le croyais, n'a pas tardé à retenir suffisamment mon attention pour que le lise d'une traite.

 

   Certes, je n'ai pas vraiment ressenti l'impact que pouvait avoir sur le lecteur cette fameuse inversion des couleurs, qui n'est signalée qu'à la page 50. Est-ce parce que l'auteur, considérant qu'une fois posée elle est acquise, n'y revient guère, mais j'avoue que je ne voyais pas toujours spontanément le livre se dérouler avec les personnages noirs et les personnages blancs, je ne sais pas pourquoi mais il fallait que je fasse un effort pour me rappeler que c'est ainsi qu'ils se présentaient (c'est bizarre, je sais, ma fille n'a en tout cas pas du tout ressenti cette difficulté) et davantage de descriptions du physique des individus m'auraient été utiles . Mais, bon, rassurez-vous, je n'oubliais jamais qu'il y avait d'un côté ceux au pouvoir et de l'autre leurs quasi-esclaves, ça c'était impossible ! J'indique au passage que "nihil", en latin, signifie "rien", ce qui est éloquent, d'ailleurs l'appellation péjorative des "Nihils" est "Néants".

 

   Donc, si j'ai cru être en mesure, au début, d'imaginer le scénario du roman, je me suis vite aperçue que je me trompais, une fois passées les premières péripéties, qu'on voit, elles, venir de loin.

   Car l'histoire se densifie et se complexifie, franchissant le cadre des relations au sein du jeune couple, perturbées par l'environnement, pour aborder la question des réactions à avoir face à l'oppression. Le terrorisme pratiqué par la Milice de libération est-il ou non une solution envisageable quand toute autre possibilité d'action semble à court terme vouée à l'échec ? Sans répondre à cette épineuse question, le roman, qui ne vire pas à la romance, décline les possibilités qui s'ouvrent à Callum et décrit les chemins qu'il emprunte, ses choix n'étant pas toujours fonction de ses convictions mais aussi aiguillés par les circonstances...

   Autour de nos jeunes héros, les adultes ne font pas de la figuration. Le père de Sephy est prêt à tout pour maintenir l'ordre tel qu'il l'entend face aux exactions de la Milice de libération. Les parents de Callum ont des points de vue diamétralement opposés concernant l'impact que peut avoir cette fameuse Milice. Et, au lycée, Callum découvrira qu'il existe des Primas, malheureusement minoritaires, aussi soucieux que lui de voir les choses changer.

   "Entre chiens et loups" est une réflexion pénétrante et douloureuse sur les conflits raciaux ancrés dans des conflits de pouvoir. L'auteur évoque aussi bien la manipulation historico-idéologique, les ambiguïtés des comportements personnels demeurant influencés, que l'individu le veuille ou non, par l'éducation reçue, l'affranchissement difficile des préjugés et l'affirmation quasi-impossible d'une liberté dans un environnement totalitaire.

   Un roman jeunesse ( pour les grands ados) fouillé et percutant, qui n'a rien d'une bluette et peut aussi intéresser les adultes.

 

"Entre chiens et loups", Malorie BLACKMAN

éditions Milan, collection Macadam (397 p)

 

Ce livre, qui peut être lu indépendamment (il y a une fin en bonne et due forme !) est le premier d'une trilogie. Les deux tomes suivants s'intitulent :

- La couleur de la haine

- Le Choix d'aimer

 

L'avis de deux blogueuses adolescentes, Ayu ( "L'idée est très bien traitée et l'intrigue est passionnante") et TVless ("J'ai adoré ce premier tome d'une trilogie qui s'annonce dure et poignante".) et le billet de Clochette.

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 05-02-2009 à 19:33:35  (site)

Hum, un billet alléchant ! Je le note !

2. manu--  le 05-02-2009 à 20:52:14  (site)

Ca a l'air original ! Je note aussi.

3. Alwenn  le 05-02-2009 à 21:31:13  (site)

J'en entends beaucoup parler ces derniers temps, et toujours en bien. Je re-re-re note alors ! Sourire)

4. fashion victim  le 06-02-2009 à 09:01:37

Ben je vais pas faire original : je note. Sourire)

5. Karine :)  le 06-02-2009 à 17:02:38  (site)

Interesting!!! J'avais vu un film il y a des années avec cette prémisse mais comme toi, j'avais rapidement oublié la couleur de la peau des personnages... et c'Était en film, imagine!!! Mais je le note, ça semble vraiment bien!!

6. Florinette  le 06-02-2009 à 18:58:10  (site)

Mince j'étais à la médiathèque tout à l'heure et je n'ai pas pensé à regarder dans les rayons pour la jeunesse, tant pis, ça sera pour une prochaine fois !
Bon week-end Brize !

7. brize  le 06-02-2009 à 20:25:59  (site)

@ Leiloona, Manu, Alwenn et Fashion : Et hop, un de plus sur la LAL !

@ Karine : Bon, tu me rassures, parce que j'ai hésité à parler de cette affaire de couleurs que j'avais tendance à oublier en cours de lecture, en me disant que ça allait paraître curieux... mais, bon, si je commence à m'autocensurer sur mon blog, où va-t-on ?!!!

@ Florinette : Tant pis : il y aura (sûrement !) d'autres passages à la médiathèque ! Bon week-end à toi aussi !

8. Tvless  le 07-02-2009 à 19:49:20  (site)

Effectivement, j'avais adoré cette série ^_^

J'ai lu les deux autres tomes depuis, et je n'ai pas regretté (même si mon personnage préféré... enfin bon, il vaut mieux ne pas raconter l'histoire ;-) )

C'est vraiment très bien fait et surtout très intelligent ; j'adore, j'adore !!

9. brize  le 09-02-2009 à 11:35:29  (site)

J'hésitais à lire la suite (au moins le deuxième car, pour le moment, ils n'ont pas le dernier à la bibliothèque), mais tu es très convaincante, TVless !

10. laloula  le 09-02-2009 à 17:53:49

Première chose : cette série est en effet très bien et il parait que son dernier livre l'est aussi...
Deuxième chose : je suis arrivée ici par chez Saxaoul, et parce que j'ai lu cette chose étonnante : tu n'as pas de PAL, comme moi!! Je commençais à me sentir seule!!

11. brize  le 09-02-2009 à 18:42:12  (site)

Laloula, smiley_id117731 au Club des Blogueuses Sans PAL (ben oui, à deux, on peut déjà fonder un club, d'autant que, si ça se trouve, nous ne sommes pas seules !!!) !

12. laloula  le 13-02-2009 à 17:26:36  (site)

Oui tu as raison, on devrait vraiment faire un club, je crois que nous sommes exceptionnelles;-)

 
 
 
posté le 03/02/09

"La tendresse des loups", Stef PENNEY

   En 1867, à Dove River, petit village paisible du Grand Nord canadien, le trappeur Laurent Jammet est retrouvé un jour mort dans sa cabane, égorgé et scalpé. En même temps, le jeune fils des Ross, Francis, disparaît.

  Commence alors une série de chasses à l'homme impliquant aussi bien la mère de Francis que des intervenants extérieurs, Donald Moody et son chef Mackinley entre autres, envoyés par la Compagnie de la baie d'Hudson pour faire la lumière sur cette affaire...

 

   J'ai entamé cette lecture persuadée d'avance qu'elle allait me plaire, tant j'étais heureuse de renouer avec les récits du Grand Nord. J'ai été surprise par le foisonnement de personnages, auquel je ne m'attendais pas, mais pourquoi pas, chacun était bien caractérisé et présentait de l'intérêt. Et puis, la voix occasionnelle, à la première personne, de Mme Ross, me plaisait bien.

   Pourtant, arrivée vers la deux centième page, j'ai été obligée de constater que je m'ennuyais un peu (vous savez, le signe qui ne trompe pas : il me reste combien de pages, est-ce que je suis (enfin) à la moitié ?). Je continuais à attendre beaucoup de l'histoire, derrière laquelle je croyais deviner une construction savante qui allait permettre de recoller ensemble un certain nombre de morceaux jusque là épars mais je trouvais le temps long. Parce qu'à part progresser (les uns à la suite des autres, solitairement ou en groupe, en suivant la trace des précédents à plusieurs jours de distance) à travers les étendues sauvages, avec certes quelques incidents, mais vraiment mineurs... les personnages ne faisaient pas grand-chose : aucune péripétie marquante depuis le meurtre initial et, surtout, aucun élément nouveau dans le cadre de l'enquête.

   Seule la curiosité m'a poussée à poursuivre (en plus, il s'agit d'un livre couronné par des prix), car j'aurais pu laisser le roman en plan à ce moment-là, fatiguée d'attendre au moins un rebondissement.


   J'ai achevé ce livre sans entrain, espérant un dénouement fracassant ... mais il a continué sur sa lancée, les longues progressions laborieuses dans la neige imprimant leur rythme à un récit comportant peu d'incidents notables, même s'il y en a davantage dans les cent dernières pages (pour éclaircir ce qui s'est produit jusque là).

   Ce livre bien écrit et bien orchestré manquait pour moi de dynamisme et de tension dramatique (oui, je sais, il n'y avait pas marqué "thriller" sur la couverture, j'attendais apparemment trop de ce côté-là).

   Quant aux personnages, esquissés fermement mais de façon partielle (sans doute sont-ils trop nombreux pour que l'auteur puisse vraiment s'attacher suffisamment longtemps à l'un d'eux), leur aventure individuelle ne m'a quasiment jamais touchée, j'avais l'impression de les regarder mais en restant plus ou moins à l'extérieur . Pourtant certains sont davantage fouillés que d'autres, Francis et Donald en particulier, Mme Ross aussi (quoiqu'il il reste chez elle pas mal de zones d'ombre), mais ça n'a pas suffi à me les rendre vraiment proches.


   Au final, un roman dont je reconnais qu'il peint avec talent des paysages et des habitants du Grand Nord... mais auquel je suis malheureusement restée assez indifférente, d'où ma déception.


"La tendresse des loups", Stef PENNEY

éditions Belfond (446 p)

 

L'avis de Cuné, qui a beaucoup aimé ce "moment très fort de lecture" et celui de Katell , elle aussi sous le charme "d'un récit protéiforme qui est tout sauf indigeste à lire".

 


Commentaires

 

1. Djemaa  le 03-02-2009 à 12:52:09  (site)

Bonnne journée d'hiver! Pascal. Bravo pour ce blog!

2. cuné  le 03-02-2009 à 13:07:27  (site)

Oh dommage ! Moi j'avais passé un excellent moment entre ces pages, oui :-D

3. SD49  le 03-02-2009 à 13:32:23

sur les loups il y a aussi Loup de nicolas Vannier il parait qu'il est très bien mais je ne l ai pas encore lu

4. kathel  le 03-02-2009 à 18:19:07  (site)

Je jette juste un coup, il me semble que tu as été un peu déçue... Dommage, il est dans ma PAL !

5. La liseuse  le 03-02-2009 à 18:56:41  (site)

Aïe ! c'est bien dommage. Je pense le lire pour les mêmes raisons que tu évoques. J'ai aussi un avis mitigé avec ma lecture du moment "Sur la paupière de mon père" de Sjon. J'avoue que j'ai même sauté quelques pages. Heureusement, il ne fait que 220 pages.

6. brize  le 03-02-2009 à 21:01:15  (site)

@ Pascal : Merci et à bientôt !

@ Cuné : Ben oui, j'étais déçue ! Mais, bon, c'est comme ça smiley_id118686 !

@ SD49 : En fait, je ne l'ai pas précisé dans ma présentation, mais il n'est pratiquement pas question de loups, dans ce roman ; on ne les aperçoit qu'occasionnellement en arrière-plan. Pour "Loup", je n'ai pas encore eu d'écho, mais j'avais lu, de Nicolas Vanier, "Le chant du Grand Nord" (2 tomes), dont je garde un bon souvenir.

@ Kathel : J'espère que tu aimeras, comme ça a été le cas pour Cuné.

@ La Liseuse : Oui, il ne faut surtout pas que mon billet te retienne de le lire car je pense que c'est vraiment le genre de roman dans lequel on entre bien ou pas.
Je ne connais pas l'auteur que tu évoques... mais je sais ce que c'est que de sauter des pages : je n'hésite pas à le faire au besoin (pas pour "La tendresse des loups", parce que j'avais peur de rater un élément qui serait soudain apparu concernant l'enquête et aussi parce que je voulais suivre l'évolution psychologique des personnages).

7. sentinelle  le 03-02-2009 à 21:43:54

Ce livre me tentait, mais en lisant tes commentaires, je me dis que j'ai bien fait de ne pas l'avoir acheté et d'attendre de le trouver en bibli. La lisseuse aussi me fait hésiter, j'étais fort tentée également par "Sur la paupière de mon père" de Sjon mais je vais aussi attendre un peu Clin doeil

8. brize  le 03-02-2009 à 23:00:46  (site)

Sentinelle, il m'est arrivé assez souvent d'être déçue par un livre acheté (encore récemment : "Treize lunes" de Charles Frazier, dont je n'ai pas pu, malgré mes deux tentatives, dépasser une centaine de pages... au point que je l'ai offert à la bibliothèque), si bien que j'y regarde moi aussi à deux fois (mais quand j'ai un coup de coeur pour un livre lu à la bibliothèque, il m'arrive de l'acheter ensuite, pour le plaisir de l'avoir dans ma bibliothèque et de pouvoir le prêter).

édité le 03-02-2009 à 23:02:00

9. Le blog de philo  le 04-02-2009 à 09:42:59  (site)

Tout comme Sentinelle je vais donc attendre de le trouver dans une bibli. Dommage ces temps-ci, j'ai envie d'aventure. Je relirai peut-être un Clavel.

10. Aifelle  le 04-02-2009 à 10:52:57  (site)

Je l'avais noté chez Cuné, qui était très enthousiaste. De toute façon, je vais attendre le poche ou voir en bibliothèque.

11. chris89  le 04-02-2009 à 11:19:17  (site)

Dommage, il est sur la LAL. Moi, qui espérais retourner dans grand nord à travers ce livre ; il semble difficile de décrire les paysages et habitants du Grand Nord...tout en apportant le rythme d'une histoire de qualité ! il est vrai aussi qu'au-delà du cercle polaire on a le sentiment d'être toujours au ralenti ....

12. brize  le 04-02-2009 à 21:14:24  (site)

@ Philo, Aifelle et Chris 89 : Je crois que mes goûts me portent vers des lectures plutôt rythmées et ça peut donc coincer quand je ressens un manque dans ce domaine. Mais ce n'est que mon ressenti et j'ignore si le vôtre serait similaire pour ce roman. En tout cas, Chris, j'avais effectivement l'impression que ça allait un peu au ralenti !

13. Karine :)  le 05-02-2009 à 04:01:04  (site)

Déjà que le thème me tentait plus ou moins (disons que je vis le grand nord quotidiennement depuis un mois et demi...)... je sens que je vais passer mon tour sur ce coup!

14. SD49  le 05-02-2009 à 07:22:27

moi aussi j e passe mon tour, je suis comme toi Brize il faut que ca avance avec un certain rythme ... sinon je m'ennuie

15. Florinette  le 05-02-2009 à 18:02:56  (site)

Il est dans ma LAL suite au billet de Cuné, j'ai quand même bien envie de le lire tout en sachant qu'il y a un risque de déception, au moins ton billet aura déjà mis un frein à cette ardeur ! Clin doeil1

16. brize  le 05-02-2009 à 18:20:37  (site)

@ Karine : Eh oui, tu n'es pas comme nous, à rechercher le charme des grandes étendues glacées !!!

@ SD 49 : Ce qui m'étonne, c'est que cette notion de rythme, dont je croyais jusqu'à il y a peu qu'elle pouvait faire l'objet d'un jugement objectif, fait aussi partie des appréciations subjectives : je l'ai constaté récemment (mais je ne sais plus à propos de quel roman), parce que là où moi j'avais "diagnostiqué" un manque de rythme, un ou plusieurs autres lecteurs ne l'avaient pas perçu ainsi. Du coup, maintenant, je me méfie et j'inclus le critère "manque de rythme", comme les autres, dans le domaine de mon ressenti subjectif de lecture !

@ Florinette : Ce serait dommage de ne pas le lire car ton appréciation peut tout à fait rejoindre celle de Cuné et non la mienne.

17. sybilline  le 08-02-2009 à 16:08:26  (site)

Voilà au moins un livre dont je ferai l'économie!

18. brize  le 09-02-2009 à 11:38:45  (site)

Sybilline, c'est comme d'hab... seulement mon humble avis Sourire1 !

19. Katell  le 10-02-2009 à 11:01:02  (site)

J'ai dévoré ce roman et suivi cette hivernale randonnée, presque sauvage, avec délectation!
Ce sont les aléas de la lecture....moi aussi je passe à côté de romans que beaucoup de blogueurs ont apprécié.

20. brize  le 10-02-2009 à 18:58:02  (site)

J'ai ajouté un lien vers ton billet, Katell !

 
 
 
posté le 01/02/09

"Mademoiselle Else", Arthur SCHNITZLER

    Else, jeune autrichienne de bonne famille, âgée de dix-neuf ans, est en villégiature avec sa tante en Italie, dans un hôtel de montagne. Un télégramme de sa mère vient perturber cet agréable séjour. Else apprend en effet que son père, une fois de plus, a des problèmes d'argent. Il faut donc qu'elle aille demander à M. Dorsday, un vieil ami de la famille qui séjourne dans le même hôtel, de prêter trente mille gulden à ses parents.

   Mais M. Dorsday, auprès duquel Else se résout à formuler cette requête, met une condition à ce prêt : qu' Else le laisse la regarder, nue, pendant quinze minutes...

 

   Je ne connais pas grand chose à la musique, mais il me semble que la construction de "Mademoiselle Else" (publiée en 1924), longue nouvelle en forme de monologue intérieur, pourrait sûrement être assimilée à celle d'une pièce musicale.

   On commence en effet avec un petit air guilleret : Else est une jeune fille qui aime badiner. Elle manie l'ironie avec bonheur et ne se prend pas trop au sérieux. même si elle est consciente de l'attrait qu'elle exerce sur les autres, les hommes en particulier, bien sûr. Des fantasmes de jeune fille lui traversent l'esprit. Elle est heureuse de vivre.

   La lecture de la missive de sa mère la trouble, autant que la nécessité impérieuse dans laquelle elle se trouve d'aller solliciter M. Dorsday, alors qu'elle n'en a nulle envie. D'espiègle, la musique se fait plus mélancolique.

   Déjà mise au supplice lorsqu'elle s'exécute, c'est une tempête (on imagine le tumulte des instruments) qui se déchaîne en elle lorsque, en réponse, l'ami de la famille formule son incroyable requête : Else envisage tout (y compris le suicide de son père, qu'elle évoque à plusieurs reprises (le thème du suicide apparaissant d'ailleurs comme un leitmotiv dans la nouvelle), plutôt que satisfaire à ses exigences.

   Dès lors, l'insouciance initiale est battue en brèche par l'angoisse de cette dette à régler et des moyens à mettre en œuvre : satisfaire aux exigences de Dordsay, préférer laisser son père se suicider ou se faire jeter en prison (puisque, de toute façon, il recommencera à faire des dettes, elle en est sûre).

   La tension monte crescendo. La musique s'amplifie jusqu'à devenir tonitruante. Les pensées d'Else s'affolent complètement, comme elle.


   Else est une jeune fille exaltée. Mais aussi une jeune fille clairvoyante, qui a conscience de sa valeur marchande, dont elle constate que ses parents font usage. Une rêveuse et aussi une sensuelle mais en aucun cas quelqu'un de déraisonnable, même si, soudain, elle perd pied, en proie à une insurmontable panique. 

   Le lecteur la voit prise dans le tourbillon de ses égarements, il suit les irrépressibles mouvements de son âme. L'ironie initiale d'Else devient soudain beaucoup plus acerbe, comme si ses yeux s'ouvraient sur la dureté de son environnement. Brinquebalé au cœur des méandres des pensées d'Else, on se demande ce qu'elle va faire (surtout, ne lisez pas la quatrième de couverture : dans mon édition, elle donne tout simplement le résumé de l'histoire !). Tout va très vite et, soudain, le dénouement.


   J'ai relu cette étonnante nouvelle (découverte il y a quelques années, après avoir vu un téléfilm qui en était l'adaptation) avec plaisir, dans le but d'en parler sur ce blog et de vous donner envie, si vous ne la connaissez pas, de vous y plonger.

   Une fois de plus, il y aurait encore beaucoup à dire et cela me plairait d'approfondir l'analyse... mais le texte est déjà court, alors si je vous en raconte trop, vous n'irez jamais le lire ! 

   "Mademoiselle Else" est une œuvre réputée : sa conception originale (un monologue continu), sa représentation critique de la place de la femme dans la société du début du vingtième siècle et, bien sûr, son héroïne au tempérament passionné, sont autant d'éléments susceptibles d'intéresser et de séduire les lecteurs actuels !

 

Extrait (le début de la nouvelle) :


  "Tu ne veux vraiment plus jouer, Else?" - "Non, Paul, je n'en peux plus. A tout à l'heure. Au revoir, chère Madame." - "Mais enfin, Else, ne m'appelez pas toujours Madame. Dites Cissy, tout simplement."- "Au revoir, Madame Cissy." - "Pourquoi partez-vous déjà, Else ? Il nous reste deux bonnes heures avant le dinner." - "Jouez votre simple avec Paul, Madame, mois je vous gâcherais votre plaisir, aujourd'hui." - "Laissez-la chère Madame, elle fait du genre, c'es son jour. Un genre d'ailleurs qui te va à ravir, Else... Et ton sweater rouge, encore mieux." - "J'espère que tu auras plus de succès avec le genre bleu, Paul. A tout à l'heure."

  Une assez belle sortie. J'espère qu'ils ne me croient pas jalouse... Je jurerais qu'ils ont une liaison, cousin Paul et Cissy Mohr. Rien au monde ne m'indiffère davantage... Je me retourne et leur adresse un signe de la main. Un signe de la main et un sourire. Ai-je l'air de faire du genre maintenant ?... Dieu, ça y est, ils jouent. En fait, je joue mieux que Cissy Mohr ; et Paul non plus n'est pas vraiment un matador. Il a une belle allure pourtant... avec son col ouvert et sa tête de méchant garçon. Si seulement il était moins affecté. Tu n'as rien à craindre, tante Emma...

  Quelle magnifique fin de journée ! Le temps aurait été idéal pour escalader le Rosetta, jusqu'au refuge. Qu'il est majestueux, le Cimone, dressé dans ce ciel ! ... Nous nous serions mis en route à cinq heures. J'aurais eu mal au cœur, comme d'habitude. Après, ça passe... Il n'y a rien de plus sublime que de marcher dans l'aurore... L'Américain borgne, sur le Rosetta, avait l'air d'un boxeur. C'est peut-être à la boxe qu'on lui a crevé l'œil. J'aimerais assez me marier en Amérique, mais pas avec un Américain. Ou alors je me marie avec un Américain, et nous vivrons en Europe. Villa sur la Riviera, escalier de marbre plongeant dans la mer. Moi, étendue nue sur le marbre... Il y a combien de temps que nous étions à Menton ? Sept ou huit ans. J'en avais treize ou quatorze. Ah, nous connaissions des jours meilleurs, alors...

 

"Mademoiselle Else", Arthur SCHNITZLER

éditions Le Livre de Poche, collection biblio (94 p)

 


Commentaires

 

1. keisha  le 01-02-2009 à 11:52:20  (site)

j'ai entendu parler de cet auteur récemment par un libraire (un vrai). Y a-t-il des points communs avec Zweig ?

2. Aifelle  le 01-02-2009 à 13:25:58  (site)

Je l'ai lu il y a longtemps et en garde un bon souvenir. J'aime cette époque et ce genre d'écrivain.

3. Leiloona  le 01-02-2009 à 16:43:07  (site)

La forme du monologue me plaît : noté !

4. Alwenn  le 01-02-2009 à 22:52:04  (site)

Noté aussi ! Ce début me plaît bien et tout ce que tu en dis aussi !

5. Karine :)  le 02-02-2009 à 04:26:43  (site)

Comme Keisha, je me faisais la réflexion à savoir si ça peut rejoindre Zweig par certains côtés. Parce que si c'est le moindrement le cas, c'est certain que je le lirai!!

6. brize  le 02-02-2009 à 08:49:50  (site)

@ Keisha et Karine : Zweig (1881- 1942) et Schnitzler (1862 - 1931), tous deux Autrichiens, sont contemporains, même si, comme vous pouvez le constater, Zweig est beaucoup plus jeune. D'après les renseignements que j'ai pu glaner sur Internet, Zweig nourrissait une grande admiration pour Schnitzler, avec lequel il a d'ailleurs entretenu une correspondance.
Quant à répondre sur la question des points communs... je passe le relais à qui voudra bien s'y coller, car mes connaissances sur ces deux auteurs sont bien trop succinctes pour que je me risque à une étude comparative de leurs œuvres : de Zweig, je n'ai lu en effet que "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme", et pas assez récemment pour que je puisse me lancer dans une quelconque analyse.

@ Aifelle : J'avais adoré la voix off du téléfilm (preuve que la télé mène à tout !) et je l'ai tout à fait retrouvée ensuite dans la nouvelle qu'il m'a fait découvrir.

@ Leiloona et Alwenn : De toute façon, quand bien même vous ne seriez finalement que modérément conquises, vous aurez fait une lecture culturelle... donc c'est déjà tout bon !

7. Florinette  le 02-02-2009 à 19:16:49  (site)

Je ne connais pas ce livre et ce que tu en dis me plaît déjà, donc c'est noté ! Clin doeil1

8. brize  le 03-02-2009 à 08:47:38  (site)

C'est une nouvelle qui pourrait tout à fait te plaire, Florinette !

9. Aliénor  le 05-02-2009 à 15:36:01  (site)

En tout cas tu nous donnes envie de le lire ! Je l'ajoute de suite à ma liste.

10. brize  le 05-02-2009 à 18:43:52  (site)

Aliénor, je me réjouis de t'avoir donné envie de lire cette nouvelle car je n'ai rédigé ce billet que dans ce but (en plus, tu te rends compte, moi qui n'ai pas du tout l'habitude de relire, je l'ai même relue pour être sûre d'en parler correctement ! ) smiley_id172963 !

11. sybilline  le 08-02-2009 à 16:16:23  (site)

Schnitzler est, d'après mon lointain souvenir, beaucoup plus caustique que Zweig (qui ne l'est pas du tout) et ses personnages sont bien plus antipathiques.
Mais tu m'offres là une belle occasion de m'y réessayer et peut-être d'y recueillir une tout autre impression.
A suivre donc...

12. brize  le 09-02-2009 à 11:39:54  (site)

Je vais suivre Lunettes !

 
 
 
posté le 30/01/09

"Slumdog millionaire"

   Jamal Malik, un jeune Indien issu des bidonvilles, gagne une somme faramineuse au jeu "Qui veut gagner des millions ?"... et se retrouve arrêté, accusé de tricherie. Son interrogatoire (musclé, au moins au début) est le prétexte à des retours en arrière successifs qui permettent de reconstituer le cours de sa vie...

 

   Quelques billets élogieux (dont ceux d' Anne et d' Ys) m'ont encouragée à aller voir ce film, en version originale.

   Plongée sans concession dans les bas-fonds de l'Inde , "Slumdog millionaire" vaut sûrement mieux qu'un documentaire pour appréhender une réalité qu'on vit de l'intérieur, par l'intermédiaire des tribulations d'un enfant puis d'un jeune homme sans arrêt contraint à la débrouille et amené à se frotter malgré lui à quelques personnages sans scrupules .

   Il y a des moments très durs dans ce film extrêmement tonique et pas du tout glamour, malgré la quête par le héros d'une dulcinée perdue. Contrairement à ce que j'ai pu lire chez certains critiques journalistiques (Télérama notamment, pour ne pas le nommer), je n'ai pas trouvé que le réalisateur (ou l'auteur, en l'occurence) cherchait à prouver qu'un jeune homme franc et sincère pouvait toujours s'en sortir, dans l'Inde actuelle.

   Non, je n'ai vu aucune démonstration dans ce film (auquel on pourrait éventuellement reprocher le côté itératif du scénario : pour expliquer ses bonnes réponses successives, le héros raconte à chaque fois une aventure de son passé), aucune morale manichéenne ou autre, juste une histoire, point, dont je n'ai pas tiré de "leçon" particulière mais que j'ai appréhendée comme un prétexte pour donner à voir l'Inde d'aujourd'hui.

   Ancré dans la vision d' un pays dont on se demande comment il peut continuer à s'en sortir ainsi, le film, à mon avis, dépasse en effet son propos anecdotique pour nous rappeler, à nous autres occidentaux nantis, par la force des images et le biais d'un récit mené tambour battant, ce que le mot survie signifie.

C'est peu et c'est déjà beaucoup. C'est, en tout cas, au-delà de l'intérêt ponctuel des situations, de la qualité des prises de vue et de l'interprétation des acteurs, ce que personnellement j'en retiendrai.

 

"Slumdog millionaire", un film de Danny Boyle

 


Commentaires

 

1. Ys  le 30-01-2009 à 13:06:50  (site)

Très contente que tu aies apprécié ce film

2. keisha  le 30-01-2009 à 13:32:59  (site)

En fait j'aimerais bien lire le livre,finalement ! Tu ne l'as pas lu, je crois?

3. liliba  le 30-01-2009 à 18:12:39  (site)

J'ai beaucoup aimé le livre (La fabuleuse histoire d'un indien malchanceux qui devint milliardaire), plein d'humour, t rès original et qui permettait de visiter l'Inde et de découvrir ses cultures de façon bien ludique.

4. Karine :)  le 30-01-2009 à 18:18:39  (site)

JE crois que je vais déterrer le livre de ma pile! IL ne reste qu'à le trouver!!

5. manu--  le 30-01-2009 à 18:38:19  (site)

Moi aussi, je crois que j'ai plutôt envie de lire le livre

6. shalimar  le 30-01-2009 à 19:41:57  (site)

je te conseille le livre qui est tres different et que j'ai prefere (parce que lu avant d'avoir vu le film ? possible !)
a bientot
(PS : j'utilise le pseudo draio sur le blog http://club-de-lecture.vefblog.net/)

7. brize  le 30-01-2009 à 22:19:44  (site)

@ Ys : Tu m'avais demandé combien d'avis positifs il me fallait pour me décider à aller le voir... et je me suis dit que tu avais raison, j'en avais quand même lu déjà assez pour ne pas avoir l'impression de prendre trop de risques !

@ Keisha : Non, je n'ai pas lu le livre et je n'avais pas trop l'intention de le faire... mais après les commentaires de Liliba et Shalimar, je crois que je vais me laisser tenter !

@ Liliba : Ton appréciation sur le livre est tellement élogieuse que je le lirai peut-être, ce que je n'avais pas trop l'intention de faire !

@ Karine : Oui, c'est le moment adéquat pour extraire ce livre des profondeurs de ta PAL !

@ Manu : J'ai préféré aller voir le film, parce que le temps que je lise le livre (et déjà, je n'étais pas décidée à le faire)... j'avais peur que le film ne passe plus dans ma ville ! Et puis, j'aime bien avoir la surprise en allant voir un film.

@ Shalimar : Ton avis sur le livre s'ajoute à celui de Liliba... je vais finir par aller acheter le roman !
Merci pour ta précision sur ton pseudo sur vefblog : je n'aurais jamais fait le rapprochement !

8. Catherine de La culture se partage  le 31-01-2009 à 20:12:25

Bonjour, j'ai vu ton commentaire sur le blog de Petite Pom concernant le défi Littérature policière sur les 5 continents. Vas-tu participer ?
PS : J'ai lu le livre mais pas vu le film.

9. brize  le 31-01-2009 à 21:57:27  (site)

Catherine, j'ai souhaité un "Bon challenge " à Pom'... mais je n'ai pas l'intention d'y participer ! J'étais déjà au courant de ce challenge et je trouve le thème super, mais je me connais assez pour savoir que dès qu'il est question de contrainte de lecture, ce n'est pas mon truc, ou alors à dose homéopathique, comme pour le défi "Blog-o-trésors" de Grominou ou ma toute récente inscription au Blogolub de lecture : là, on est déjà au maximum de ce que je peux exiger de moi Rire !

10. SD49  le 01-02-2009 à 19:23:07

Quel dépaysement !!!! j'ai beaucoup aimé ce film, et la façon dont il est tourné.

11. insatiable lectrice  le 02-02-2009 à 09:50:48

Je trouve que ce film mérite d'avoir tous ces beaux billets!
Je ne suis pas trop tentée par le livre: j'ai vraiment envie de rester sur les images du film.

12. brize  le 03-02-2009 à 08:51:34  (site)

@ SD49 : Oui, nous voilà bien loin de nos univers protégés...
@ Anne (Insatiable Lectrice) : Je suis allée voir une partie des billets au sujet du livre recensés sur "Blog-o-book" et certains avis mitigés me conduisent à différer mon intention de lecture !

13. Naina  le 07-02-2009 à 18:25:25  (site)

Pour avoir une vision plus globale de l'Inde d'aujourd'hui et comprendre comment ce pays s'en sort, je te conseille la lecture de "Planet India" de Mira Kamdar.

Tu peux lire mon billet sur ce livre : http://notesdelecture.canalblog.com/archives/2008/12/09/11688750.html

14. brize  le 09-02-2009 à 11:43:17  (site)

Naina, merci pour cette très intéressante piste de lecture !

15. uncoindeblog  le 10-02-2009 à 21:46:21  (site)

J'avais lu le livre et me suis laissée tenter par le film. Ce que tu en dit est très vrai. Comme souvent, des éléments sont manquants, mais le(s) scénariste(s) ont su utiliser des moments intéressants et essentiels du livre.
Je suis rarement d'accord avec les critiques de Télérama mais j'aime beaucoup les lire avant-après afin de râler un peu ;-)

16. brize  le 11-02-2009 à 22:00:10  (site)

Et puis, il est normal que nous exercions notre sens critique... en critiquant les critiques smiley_id119168 !

17. Patachousse 1  le 15-02-2009 à 14:06:33  (site)

Un de mes films préférés, des très bons acteurs, des paysages sublimes, une histoire émouvante... Un film à voir absolument !

18. brize  le 15-02-2009 à 21:23:03  (site)

Il ne fait pas l'unanimité (il a été descendu dans l'émission "Le Masque et la Plume"... et les auditeurs se sont insurgés en envoyant des tas de lettres ou courriels de mécontentement !), mais aucun film ne peut, de toutes façons, prétendre à cela.

19. So  le 25-02-2009 à 15:10:18  (site)

Et le voilà oscarisé!!!

20. brize  le 26-02-2009 à 20:49:56  (site)

Ce qui réjouit tous ceux qui ont aimé ce film smiley_id118473 !

21. aurore  le 22-03-2009 à 01:33:03  (site)

j'en fait partie, j'ai bien aimé ce film

22. alexledingue  le 22-03-2009 à 12:42:37

Ce film est une (grosse) bouze. Désolé.
Il est filmé à la truelle, enfile les clichés les plus misérabilistes possibles sur l'Inde les uns après les autres, caricature une culture bien plus complexe que cela, sombre dans le gnangnan le plus pathétique (la mort du frère en disant "Dieu est grand"), véhicule une idée catastrophique de la femme. La structure narrative est répétitive et surtout sans cesse surlignée (les explications sur le taux d'audience de l'émission qui augmente au fur et à mesure que le Jamal Malik gagne de l'argent sont dignes d'un téléfilm de M6). Les bons sentiments, et surtout les gentils ils gagnent à la fin !! Une horreur absolue et surtout tout simplement un mauvais film couronné sur ses bons sentiments. Allez (re)voir Trainspotting !!!!

23. brize  le 22-03-2009 à 12:56:54  (site)

@ Aurore : C'est un film que je ne regrette pas d'avoir vu.

@ Alexledingue : Je savais que le film était controversé et j'ai lu avec intérêt ton commentaire très argumenté.
Moi qui pensais, grâce à ce film, avoir mieux pu approcher l'Inde... je me dis qu'il faudra que j'aille confronter cette image (que tu juges désastreuse) à d'autres, via des films ou des livres.

24. la-ronde-des-post-it (laptitesardine)  le 25-05-2009 à 03:13:23  (site)

un coup de coeur pour ce film que j'ai vu une fois au ciné, et revu une fois avec des amis à qui je n'avais cessé d'en faire l'éloge!!
la VO est formidable!

 
 
 
posté le 29/01/09

"La cité des permutants", Greg EGAN

 Présentation de l'éditeur : 

 

   En ce milieu du XXIème siècle, les milliardaires qui ont eu le malheur de perdre leur corps ont trouvé moyen de continuer à exister grâce à des Copies informatiques de leurs esprits. Simulations d'eux-mêmes, ils vivent désormais dans des simulations de notre univers.

   Paul Durham, conduisant des expériences avec plusieurs de ses propres copies, fait une découverte de dimension historique. Tout système suffisamment complexe peut exister sans support informatique : il trouve dans la trame de l'Univers l'assise nécessaire et peut s'étendre sans limite. Plus besoin de réseaux et d'ordinateurs ; plus besoin, même, de réalité. Durham entreprend alors de créer une cité virtuelle parfaite, Permutation City, où des humains pourront continuer à vivre au-delà de leur mort physique. Eternellement. Il intéresse à son projet quelques milliardaires soucieux de se mettre à l'abri des aléas du monde charnel, en leur proposant un pari pascalien : si ça marche vous serez immortels, si ça ne marche pas vous n'aurez perdu que de l'argent.

   Durham est-il un chercheur, un illuminé ou encore un escroc ? Et l'amour a-t-il encore une place entre deux simulations dans un univers virtuel ?

 

A travers une intrigue digne d'un thriller métaphysique, Greg Egan réussit à faire passer et comprendre tous les concepts de la réalité virtuelle.

 

   "La cité des permutants" (paru en France en 1996) a la réputation d'être une œuvre majeure de la science-fiction actuelle, en même temps qu'un roman ardu... ce que j'ai pu constater !

   Mathématicien de formation et informaticien de métier, l'auteur, Greg Egan, assoit effectivement son roman sur un certain nombre de théories scientifiques (dans le domaine, notamment, de la biochimie moléculaire sans oublier, aussi, la "théorie de la poussière"), dont l'exposé, pourtant rapide, m'est, soyons honnête, souvent un peu passé au-dessus, même si j'en comprenais le sens global. Cela ne m'a pas empêchée de poursuivre mon incursion dans d'improbables et fascinantes contrées.

      Pourtant, je n'irai pas jusqu'à dire que, dans "La cité des permutants", le fil narratif est très bien tendu et le roman brillant par sa construction. La progression est relativement linéaire et assez lente et elle s'effectue par le biais d'une focalisation successive sur divers personnages suivis d'abord individuellement, jusqu'à ce que le récit les amène à se croiser (ou non, d'ailleurs !). Rien d'original là-dedans et si l'on y ajoute son abord par moments difficile, force est de constater que ce roman était perfectible.

   Mais sa séduisante originalité réside dans le fond, la matière sur laquelle le romancier a travaillé.

   Qui ou que sommes-nous, qu'est-ce-qui nous définit comme personnes ? Un réseau de perceptions connecté à un environnement réel est-il indispensable dès lors que notre moi intime a été dupliqué au sein d'un programme informatique qui le reproduit dans son intégralité et sur lequel, qui plus est, nous pouvons jouer à l'infini en en modifiant tous les paramètres ? Et si cette nouvelle vie, virtuelle, pouvait être vécue sans limitation dans le temps, souhaiterions-nous la vivre et, si oui, qu'en ferions-nous ?

   Partant du postulat que la réalité virtuelle est envisageable, Greg Egan décline les possibilités qui s'offrent à lui de manière subtile, au point que le lecteur (comme certains personnages) est parfois pris de vertige en appréhendant le redoutable jeu de miroirs dans lequel l'image (ou le mirage ?) du réel se perd à l'infini. Parce qu'à l'intérieur de la Cité des Permutants, il y a aussi un autre monde qui a été créé, à partir d'un autre type de réalité, celle du Cosmoplexe, dont l'expansion s'est effectuée avec, à la base, seulement quelques cellules viables livrées à leur propre évolution. Si bien qu'à la fin du roman, deux réalités virtuelles coexistent, densifient le postulat initial et provoquent un rebondissement ultime percutant pour la narration.


   J'ai beaucoup apprécié cette plongée dans des univers virtuels où l'esprit (ou l'âme ?) continue à exister sans dimension charnelle et où les bénéficiaires de cette "immortalité" réagissent de manière très personnelle à leur nouvel environnement, où l'on s'interroge, incidemment, sur sur ce qui fonde notre rapport à nous-même et aux autres et sur l'intérêt que nous prêtons à notre passage individuel sur terre (un passage qui n'en serait alors plus un, puisqu'il n'aurait jamais de fin).

   Un roman complexe et troublant, parsemé d'images belles et incroyables (Maria manipulant directement les cellules du Cosmoplexe, une Copie décidant d'escalader à l'infini la façade d'un immeuble, les paysages des mondes virtuels...), dont je recommande la lecture aux amateurs de SF.


"La cité des permutants", Greg EGAN

éditions Robert Laffont, collection Ailleurs et Demain (329 p)

et aussi au Livre de Poche SF

 


Commentaires

 

1. pom'  le 30-01-2009 à 12:49:02  (site)

voila un livre qui devrait me plaire

2. liliba  le 30-01-2009 à 18:13:02  (site)

bouh, trop space pour moi !

3. Karine :)  le 30-01-2009 à 19:31:52  (site)

Ca semble un peu compliqué pour moi... je crois que je suis trop novice en matière de SF! Ca semble bien particulier comme lecture!

4. chiff  le 30-01-2009 à 21:27:18  (site)

Sans doute complexe, mais alléchant. Je n'ai encore rien lu d'Egan!

5. brize  le 30-01-2009 à 22:05:48  (site)

@ Liliba : C'est vrai que c'est un peu space !!!
@ Karine : Oui, pour un novice en SF, ça risque d'être un peu raide !
@ Pom' et Chiff : Pour des amatrices de SF comme vous, la découverte d'Egan serait intéressante (et "La cité des permutants" est un des ouvrages que P. Curval m'avait recommandés quand je lui avais demandé quelles étaient les oeuvres marquantes en SF de ces vingt dernières années).

6. Isil  le 01-02-2009 à 13:07:41  (site)

J'ai envie de lire cet auteur mais je vais attendre d'avoir fini la trilogie martienne de Robinson qui dans le genre aride se pose là aussi. Deux en même temps, je n'y survivrais pas.

7. brize  le 01-02-2009 à 13:20:14  (site)

Tu as bien raison, Isil : faut pas abuser des bonnes choses !

8. BiblioMan(u)  le 05-02-2009 à 10:31:29  (site)

J'ai essayé de lire plusieurs fois du Greg Egan mais j'avoue que le courant Hard SF auquel il appartient me laisse toujours perplexe et que, parfois, j'y comprend goutte !

9. brize  le 05-02-2009 à 12:18:13  (site)

C'est vrai que par moments c'est assez... hard Oula !

 
 
 
posté le 27/01/09

"Un brillant avenir", Catherine CUSSET

   Le roman ouvre sur une scène forte, en 2003, alors que la principale protagoniste, Helen, est âgée de 57 ans.

  Puis, de manière kaléidoscopique, au gré de retours en arrière qui s'enchevêtrent, le lecteur découvre des pans de son passé plus ou moins récent. Progressivement, il reconstitue l'histoire de cette femme née en Roumanie et dont l'émigration aux États-Unis avec son mari Jacob et leur fils Alexandru, alors qu'elle avait quarante ans passés, a débouché sur une réussite socio-professionnelle avérée.

  En parallèle à son parcours se dessine celui de son fils, Alexandru, pour lequel elle souhaite plus que tout "un brillant avenir", qu'elle juge entravé par la présence de sa compagne, Marie ...

 

   J'ai immédiatement accroché à ce roman, alors même que je n'étais pas convaincue qu'il me plairait, malgré les billets élogieux lus à son sujet, parce qu'une amie guère enthousiaste m'avait dit que ce n'étaient que "des histoires de famille".

   Il est effectivement beaucoup question de famille(s) dans ce roman, la famille (d'adoption) comme seul point d'ancrage pour Helen, enfant, au fil de ses nombreux déménagements. Mais la famille qui s'oppose plus tard à sa relation avec Jacob, au motif qu'il est juif. Et la famille qu'Helen reconstitue à son tour et au travers de laquelle elle exerce, sans paraître le percevoir, une pression continue sur son propre fils, sans jamais y décerner comme un écho de la pression qu'elle a subie.

   Il est aussi question de racines et de déracinement, d'attaches qu'on peut ou veut rompre (ou non), de la nécessité de se propulser en avant pour tracer son chemin personnel et de la douleur accompagnant souvent ce parcours.

   Helen est le personnage central mais le point de vue bascule occasionnellement du côté de Marie, la compagne de son fils Alexandru, offrant un autre aperçu, très éclairant, d'une même situation. Découvrir Helen au travers des différents âges de sa vie permet de mieux comprendre ce qui la meut. Le portrait gagne en profondeur parce qu'il inscrit l'individu dans la durée et, partant, dans la complexité des choix qui l'ont façonné. Quant aux êtres qui entourent Helen, à part Marie, ils ne sont vus qu'au travers des yeux de l'héroïne.

Si l'auteur ne se perd pas en longues digressions psychologiques, elle a l'art de capter les sensations et les tensions et de les esquisser rapidement ou bien de les rendre perceptibles par les gestes et les actes de ses personnages.

 

   Beaucoup de scènes fortes ponctuent la lecture, puisque le principe du roman est de reconstruire le passé d'Helen au travers de fragments de mémoires, de souvenirs de passages décisifs vivement ancrés en elle.

 

   Les résonances que ce roman a eues en moi me semblent tenir à deux causes. D'une part, l'intérêt de l'histoire proprement dite, s'attachant à une femme d'exception venant d'un pays, la Roumanie, marqué par la dictature.

D'autre part, la capacité qu'a l'auteur de brosser des sentiments poignants, parfois inavouables, de pointer du doigt une situation ou un état dans lesquels le lecteur peut d'ailleurs, par moments, reconnaître des pans de son vécu, parce qu'il est certaines choses qui atteignent l'universel (en particulier les difficultés de communication entre les êtres d'une même famille, les incompréhensions résultant d'incidents mineurs ou la manière dont nous pouvons nous éloigner irrémédiablement de ceux qui font obstacle à notre volonté d'avancer).

 

   Un beau roman à la construction originale, irrigué d'amour (notamment celui qu'Helen porte à son mari Jacob et à son fils Alexandru) et marqué par la difficulté qu'il y a , souvent, à exister avec les autres.

 

"Un brillant avenir", Catherine CUSSET

éditions Gallimard (369 p)

 

Les avis de Cuné et de Leiloona .

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 27-01-2009 à 13:49:31  (site)

Nous partageons le même avis sur ce livre.
En revanche, je trouve qu'une certaine mélancolie se dégage de ce livre. Voir ce qu'est devenu Jacob au fil des ans m'a troublée. Peut-on à ce point changer au cours d'une vie ? Peut-on devenir l'ombre de soi-même ?

2. keisha  le 27-01-2009 à 13:55:19  (site)

De toute façon j'aime bien l'auteur et je comptais le lire, ce livre !

3. brize  le 27-01-2009 à 13:58:51  (site)

La mélancolie que tu évoques, Leiloona, je l'ai aussi ressentie, mais elle m'a semblé en grande partie liée aux périodes les plus proches chronologiquement, celles où Helen et surtout Jacob (qui est plus âgé qu'elle) commencent à sentir sur eux le poids des ans et vivent donc encore plus durement toute difficulté avec l'entourage (et la fin du livre est mélancolique, même si la vie continue, avec Camille).
Certes, la figure de Jacob s'affaiblit, mais pour moi c'est directement lié à l'âge et à ses problèmes de santé, qui ont tendance à le conduire à se refermer sur lui-même.

Et tu as bien raison, Keisha Sourire1 ! De mon côté, je connaissais l'auteur de nom, mais je n'avais encore rien lu d'elle.

édité le 27-01-2009 à 14:00:23

4. cathulu  le 27-01-2009 à 19:06:16

Alors que j'avais aimé les précédents, celui-ci m'est tombé des mains au sens propre. je l'ai trouvé plat et je me fichais des personnages comme d 'une guigne !Sourire

5. brize  le 27-01-2009 à 19:51:10  (site)

Aïe... tu rejoins l'amie qui n'avait pas aimé (en fait, j'ignore si elle l'a lu jusqu'au bout !) ! Mais je ne suis pas plus étonnée que ça : en fait, ce qui m'a étonnée, c'était d'accrocher (et pourtant, ce fut bien le cas !), d'autant que je ne partais pas conquise d'avance. Bon, je crois qu'une fois de plus il n'y a rien à comprendre : ça passe ou ça casse ... et ça rappelle, une fois de plus, le caractère très subjectif de nos avis !

6. Julien(lecturesdejulien)  le 27-01-2009 à 20:09:54  (site)

J'ai croisé l'auteur lors d'un salon, et elle était très amicale et très gentille. C'est déjà un bon point.
Maintenant, à lire ton billet qui recoupe de nombreux témoignages que j'ai pu entendre dans mon entourage sur ce roman, je ne peux que l'ajouter à ma LAL (ce qui ne veut pas dire le lire, mais peut-être le lire un jour !).

7. manu--  le 27-01-2009 à 21:34:12  (site)

J'avais lu "L problème avec Jane" il y a très longtemps et c'est une de mes plus grande déception. Je ne crois pas que je relirai cet auteur un jour. Trop peur d'être à nouveau déçue. Surtout que les avis sont partagés.

8. sybilline  le 28-01-2009 à 01:01:07  (site)

Ton article tout en finesse me donnerait bien envie de le lire si je n'étais déjà débordée par une PAl doublée d'une LAL d'une hauteur babélienne

9. kathel  le 28-01-2009 à 11:47:21  (site)

Je n'ai jamais rien lu de cet auteur, pourtant notée depuis longtemps... Celui-ci est le premier qui m'attire vraiment !
(mais comme bien d'autres, la liste de mes élus est longue !)

10. Florinette  le 28-01-2009 à 18:39:06  (site)

J'ai de plus en plus envie de lire ce livre, mais je vais attendre un peu, car ma PAL déborde !

11. brize  le 28-01-2009 à 20:29:58  (site)

@ Julien : Que l'auteur soit sympathique ne permet pas de savoir si on aimera ou non son livre, mais je suis d'accord avec toi, c'est bien agréable smiley_id176236 !

@ Manu : Je te comprends car j'ai moi-même énormément de mal à récidiver avec un auteur qui au premier abord m'a déçue Oula.

@ Sybilline : Je t'imagine perdue dans une des belles images que tu mets en ligne sur ton blog, avec des piles incommensurables de livres autour de toi, dont on n'aperçoit plus que la minuscule silhouette (je n'ai pas dit que tu étais petite, c'est juste que les livres s'élèvent sur une hauteur immense ! en plus, pour le moment, je ne t'ai jamais vue, donc pour la taille, mystère !) ...

@ Kathel : J'étais dans le même cas : premier livre de l'auteur qui m'attirait !

@ Florinette : Tu as raison, parce que si ta PAL devient monstrueuse, tu seras à ton tour une petite silhouette perdue au milieu de tes livres (voir ce que j'ai dit à Sybilline ! ) !

12. liliba  le 30-01-2009 à 18:13:47  (site)

Il faut vraiment que je le lise, depuis le temps que je note vos commentaires à toutes...

13. brize  le 30-01-2009 à 18:27:06  (site)

Apparemment, il ne plaît pas forcément (et s'il y a abandon de lecture, on ne le sait pas toujours car du coup, pas de billet !), mais pour ce qui me concerne, c'est une lecture que je ne regrette pas Sourire1 !

14. chiff  le 30-01-2009 à 21:32:58  (site)

J'ai envie de découvrir cette auteur. Mais je ne sais pas si je vais commencer par celui-ci!

15. brize  le 30-01-2009 à 22:06:33  (site)

Tu as le choix, car elle n'en est pas à son coup d'essai !

16. Popeline  le 01-02-2009 à 08:57:56

Bonjour,

Je n'étais plus venue depuis un moment.

En lisant ton billet, j'ai eu la sensation de mettre un pied dans le roman de Catherine...

Tu vois je lis les opinions çà et là, tout en essayant de ne pas être faussement influencée par telle ou telle analyse.
J'essaie de garder en quelque sorte, mon libre-arbitre.

Le fait que le lecteur retrouve une partie de son vécu dans l'histoire, est sans doute une volonté de l'auteur.
C'est peut être une manière d'attiser notre sensibilité et de nous captiver encore davantage.

Pour finir, je te souhaite un excellent dimanche et je te félicite encore pour ton blog très enrichissant et toujurs fort agréable à lire !

17. brize  le 01-02-2009 à 09:29:16  (site)

Popeline, je n'ai pas l'impression que l'auteur, en écrivant son histoire, se rende toujours compte des échos qu'elle trouvera ou non chez ses lecteurs, je pense qu'il ou elle manque du recul nécessaire (mais peut-être que je me trompe).
Merci d'être passée, Popeline et bon dimanche à toi aussi smiley_id118694 !

18. SD49  le 08-02-2009 à 17:07:43

Très bon moment de lecture, pourtant je me méfie un peu des 'prix', et c'est vrai qu'on s'y retrouve très bien marlgé cette construction particulière.

19. brize  le 09-02-2009 à 11:44:51  (site)

Je suis très contente que ce livre t'ait plu smiley_id118675 !

 
 
 
posté le 26/01/09

"Les Noces Rebelles"

   Etats-Unis, années 50

  Franck et April Wheeler sont (encore) jeunes et déjà bien installés dans une coquette maison de banlieue avec leurs deux enfants. Lui prend le train tous les matins pour se rendre à son travail, un boulot alimentaire de commercial dans une grosse boîte pendant qu'elle reste au foyer.

  Mais est-ce là la vie dont ils rêvaient, lorsqu'ils se sont rencontrés ?

  C'est la question que soulève soudain April...

 

   Je n'en savais pas plus lorsque je suis allée voir ce film, ayant survolé tout ce que j'avais pu apercevoir à son sujet. J'avais seulement retenu que l'alchimie du couple interprété par Leonardo di Caprio et Kate Winslet fonctionnait une fois de plus parfaitement. Je savais aussi que ce film était tiré d'un roman de Richard Yates intitulé "La fenêtre panoramique".

   Mon verdict ?

   Tout m'a plu dans ce film (que j'ai vu en V.O) !

   Bien sûr, le fait qu'il se déroule aux Etats-Unis, dans cette ambiance des années 50 que j'apprécie toujours (style vestimentaire, musique... pas le mobilier, ça non !) de voir reproduite au cinéma. La réalisation (cadrage, couleurs...), excellente.

   Surtout, c'est le thème qui me "parlait" particulièrement. Parce que les questions que se posent Franck et April, tout le monde est susceptible de se les poser : qu'avons-nous fait/que faisons-nous de notre vie, nos rêves de jeunesse peuvent-ils devenir réalité ou bien la réussite sociale suffit-elle à définir une vie réussie ?

 

   Les comédiens s'effacent complètement derrière leurs personnages, tant ils les jouent magistralement.

  J'ai plongé immédiatement dans l'histoire de ce couple, une histoire prenante portée par une progression dramatique constante, avec quelques scènes d'une rare intensité, pour n'en sortir qu'une fois le film achevé.

 

  Pour moi, ce fut un film parfait.

  Alors, si le thème vous tente, je crois qu'il y a fort peu de risques que vous soyiez déçus !

 

"Les Noces Rebelles" (titre original : "Revolutionary Road"), réalisé par Sam Mendes

 


Commentaires

 

1. Leiloona  le 26-01-2009 à 19:21:47  (site)

Chouette ! Je compte le voir mercredi ! Rire

2. Lune de pluie  le 26-01-2009 à 21:35:59  (site)

J'hésitais... (réaction au "quand cela est trop médiatisé ...) mais ce que tu en dis m'incite à y aller ce we. J'ai aussi envie de voir "Le temps des actrices". Bonne semaine Brize Sourire

3. sylire  le 26-01-2009 à 21:36:09  (site)

Il a l'air de faire l'unanimité, alors pourquoi pas !

4. Karine :)  le 27-01-2009 à 04:10:00  (site)

C'est une épidémie de romans à lire pour voir les films après!!! J'attendrai en DVD (pas moyen d'avoir de VO ici) mais je le verrai sûrement... je vois tout les films de Kate Winslet...

5. Le blog de philo  le 27-01-2009 à 08:52:06

J'avais envie de revoir le duo Kate Winslet, Di Caprio. Tu viens de finir de me convaincre.

6. keisha  le 27-01-2009 à 13:54:34  (site)

Je suis très traditionnelle : j'ai lu le livre, on verra le film ensuite, peut être, mais tu mes donnes envie !

7. brize  le 27-01-2009 à 14:15:05  (site)

@ Leiloona : J'aimerais bien qu'il te plaise autant qu'à moi !

@ Lune de pluie et Philo : J'ai souvent du mal à me décider à aller au cinéma mais là, j'avais vraiment l'impression que le film allait me plaire et ça a été le cas !
Pour "Le temps des actrices", en revanche, le thème ne m'attire pas.

@ Sylire : Je ne sais pas s'il fait l'unanimité, je peux seulement te dire qu'il m'a convaincue, moi (mais c'est comme pour les livres, on ne peut jamais être certain de la manière dont les uns et les autres "recevront" un film).

@ Karine et Keisha : Compte tenu de la taille du livre, j'ai immédiatement renoncé à l'idée de le lire avant de voir le film. Et puis, dans ce sens-là, au moins, je ne risquais pas d'être déçue par l'adaptation cinématographique et en plus j'avais le suspense lié à ma non connaissance de l'histoire. Maintenant, il n'est pas exclu que je lise le roman et j'aurai le plaisir d'aller davantage au fond des choses et des analyses. Finalement, aller de l'écran au livre, ce n'est pas si mal (et il me semble bien que ce n'est pas la première fois que je procède ainsi) !

édité le 27-01-2009 à 14:18:22

8. Florinette  le 28-01-2009 à 18:40:34  (site)

J'ai très envie d'aller voir ce film et également de lire le livre !! ;Clin doeil1

9. brize  le 28-01-2009 à 20:33:02  (site)

L'envie de voir le film, tu peux la satisfaire facilement. Quant à celle de lire le livre... hé, hé, ne viens-tu pas de dire que tu avais un petit problème de PAL monstrueuse ?!!!

édité le 28-01-2009 à 20:33:55

10. Alwenn  le 28-01-2009 à 22:26:38  (site)

Ah ! Justement, je me tâtais pour aller le voir ! Merci pour ce billet Brize !

11. brize  le 30-01-2009 à 13:59:58  (site)

Alwenn, si l'histoire t'attire, tu peux te laisser tenter sans problème, parce qu'à mon avis c'est la nature de l'hisoire qui représenterait le motif pour lequel on n'aimerait pas ce film, de qualité.

12. liliba  le 30-01-2009 à 18:15:03  (site)

Je déteste "Carpaccio" mais le sujet me tente vraiment, je vais essayer d'y trainer mon homme, ou peut-être plus facilement (!) une copine...

13. brize  le 30-01-2009 à 18:29:28  (site)

Di Caprio n'est pas non plus (du tout !) mon type, mais je trouve qu'il joue très bien. Sinon, je ne connais pas les goûts de ton homme en matière de cinéma, mais tu auras peut-être davantage de chances de convaincre une copine de t'accompagner !

14. Patachousse 1  le 15-02-2009 à 13:52:38

Un petit bonjour,
Un très beau film, avec ses rêves et ses désillusions.
Très émouvant... A voir absolument !

15. brize  le 15-02-2009 à 21:24:36  (site)

Oui, un film qui m'a marquée et que je ne risque pas d'oublier.

 
 
 
posté le 25/01/09

"Construire un feu", Chabouté

    On est en 1896, au Nord du Canada, dans le Klondike.

  Un nouveau venu dans la région effectue, en compagnie d'un chien, un périple de 16 kms pour rejoindre sa destination le soir même. On lui a bien dit qu'il n'était pas prudent de partir seul, mais il n'en a eu cure, persuadé qu'il est de pouvoir faire le trajet sans encombre. C'est sans compter sur le froid, de moins 45 °, peut-être même moins 60...

 

  "Construire un feu" est le premier album de Chabouté que je lis. Il est basé sur une nouvelle de Jack London.

  L'histoire est simple et racontée de manière linéaire : elle met en jeu un personnage et son chien, dans l'immensité d'étendues forestières ou non, recouvertes de neige. Mais elle est prenante et forte, au point que je me suis surprise à pousser diverses exclamations en même temps que je la lisais, tant je participais à ce qui se passait (pourtant, ça m'arrive plutôt rarement de parler toute seule, je vous rassure !).La BD se lit très rapidement car il y a relativement peu de texte.

  Le graphisme est à dominante noir et blanc, avec de l'orangé réservé pour le feu. J'ai aimé tout ce qui concernait le dessin des paysages car j'ai trouvé que l'ambiance du Grand Nord était bien rendue. En revanche, la représentation du personnage ne m'a pas convaincue : les traits de l'homme m'ont semblé plutôt grossiers et, surtout, il m'a paru avoir un air particulièrement peu intelligent (pour parler clair, genre grosse brute qui n'en a pas beaucoup dans le ciboulot).

 

  Bref, un premier contact pas désagréable mais sans plus (ce n'est pas le genre de BD que j'achèterais : manque d'intrigue + graphisme ne me satisfaisant que partiellement), mais cet album jouit d'une excellente réputation, aussi ne faut-il prendre mon avis que pour ce qu'il est, très subjectif.

  J'espère pouvoir découvrir prochainement le dernier opus du même auteur, "Tout seul", (qui était emprunté au moment de mon passage à la bibliothèque), au sujet duquel j'ai lu des billets élogieux.

 

"Construire un feu", Chabouté

éditions Vents d'Ouest

 

Le billet de Joëlle (plus enthousiaste que moi !)

 


Commentaires

 

1. Ys  le 25-01-2009 à 13:53:59  (site)

J'ai lu il y a bien longtemps la nouvelle de London et m'en souviens comme si c'était hier : un vrai choc, un condensé de tragédie humaine, c'est magnifique. Il faudra que j'essaie cette BD

2. Yv  le 25-01-2009 à 20:20:22  (site)

J'aime bien Chabouté. Je ne connais pas celui-c, mais ceux que j'ai lu m'ont bien plu. Le graphisme et l'atmosphère qu'il sait créer, plus que les scénarii

3. La liseuse  le 26-01-2009 à 12:32:32  (site)

Il faudra que je lise une de ces BD à ce Chabouté que je vois de partout. Il a toujours une très bonne pplace sur les tables des librairies j'ai remarqué. le thème de cete bd se prête bien à l'hiver en plus. Je verrai en février/mars. Là, mon budget bd est bien dépassé. faut que je me calme.

4. Brize  le 26-01-2009 à 18:16:02  (site)

@ Ys : Tiens, j'aimerais bien la lire, maintenant, cette nouvelle !
@ Yv : Même si cet album ne m'a pas vraiment conquise, je lui reconnais beaucoup de qualités et je serai contente de poursuivre ma découverte de l'auteur.
@ La Liseuse : Tu peux toujours avoir recours aux bibliothèques, qui permettent de découvrir (sans limitation de budget !) pour acheter plus tard éventuellement, si tu as eu un coup de coeur !

5. Morgan   le 15-03-2009 à 09:15:07  (site)

Celui-là je l'ai offert à mon homme qui l'a adoré Sourire

6. brize  le 15-03-2009 à 21:31:01  (site)

Alors je pense que "Tout seul", du même auteur, devrait beaucoup lui plaire aussi !

 
 
 
posté le 23/01/09

"La France a peur de Nic Oumouk", Manu LARCENET

    Pris en flagrant délit de participation involontairement "musclée" aux émeutes de banlieues, Nic Oumouk est condamné à des travaux d'enterré général.

  Le voilà donc propulsé dans la France profonde pour y aider un cultivateur. Après avoir accumulé les bourdes, Nic Oumouk va toutefois découvrir quelque chose de pas du tout ordinaire...

 

   Si Manu Larcenet est très connu pour ses séries "Le retour à la terre" et "Le combat ordinaire", il me semble que son héros des banlieues, Nic Oumouk, a tendance à passer un peu plus inaperçu et c'est dommage !

   Je vous l'avais déjà présenté ici, à l'occasion de ma lecture du tome 1, "Total souk pour Nic Oumouk", que j'avais bien aimé (après avoir franchi ma réticence initiale pour le graphisme, dont j'ai ensuite reconnu qu'il était parfaitement adapté à l'histoire et aux personnages).

   Ce tome 2, "La France a peur de Nic Oumouk" (paru en 2007), je l'ai carrément trouvé EXCELLENT !

   D'abord parce que, à la sempiternelle question "Peut-on rire de tout ?", Manu Larcenet répond gaillardement oui, en n'ayant pas peur de se colleter avec un sujet sensible, celui des émeutes de banlieues. Résultat : c'est toujours très bien vu et c'est marrant (il y a notamment quelques savoureux échanges de répliques entre Nic et sa mère ou sa grand-mère !) !

   Ensuite, parce que l'arrivée en "PROVINCE", avec le recours à la métaphore spatiale (Nic est aussi perdu qu'au milieu de constellations qui lui seraient totalement étrangères), est un régal. Les déboires de notre héros, en particulier avec les poules, des "galinettes de limou réputées pour leur caractère" m'ont beaucoup plu et j'ai adoré la manière dont le récit bifurquait in fine dans une thématique écologique sur un mode pas mal déjanté !


   A lire sans hésiter !


"La France a peur de Nic Oumouk", Manu LARCENET

éditions Dargaud, collection Poisson Pilote

 


Commentaires

 

1. manu--  le 23-01-2009 à 11:49:24  (site)

Je ne lis que du positif sur ce Manu Larcenet. Je pense que je me laisserai tenter un de ces jours mais je ne sais pas encore avec quelle série.

2. keisha  le 23-01-2009 à 17:55:49  (site)

Je suis fan de Larcenet mais ne connaissais pas cette série ! A lire donc .

3. Florinette  le 23-01-2009 à 18:29:58  (site)

Aaah il faut vraiment que je lise cet auteur !!

4. Yv  le 23-01-2009 à 20:07:55  (site)

Toujours très bon Nic Oumouk. Du même Larcenet, je viens de finir le guide de survie dans l'entreprise, pas mal non plus. c'est une série avec le personnage de Congo Bob

5. -Fleur-  le 23-01-2009 à 21:02:43  (site)

J'adore cette série, elle est super amusante!

6. Alwenn  le 23-01-2009 à 21:59:33  (site)

Je ne connaissais pas du tout, mais ça a l'air drôlement chouette ! Je note ! ((et quoi, quoi, quoi ? Qu'apprends-je dans le blog-it ? Tu n'as pas succombé au charme ravageur d'Edward ??? Spa grave... on était déjà trop nombreuses sur le coup...^^))

7. brize  le 24-01-2009 à 09:41:03  (site)

@ Manu : Ben oui, il faudra quand même que tu découvres ton quasi homonyme Sourire ! Quant aux séries, je n'ai lu que le tome 1 du "Combat ordinaire" (très centré sur le personnage du héros, avec ses questionnements psycho-existentiels) et les deux premiers de la série "Le retour à la terre", que j'ai bien aimés. J'ai l'impression qu'il y en a un peu pour tous les goûts, donc il faut fureter.

@ Keisha : C'est un auteur assez prolixe et il y a pas mal d'oeuvres moins connues derrières les séries "cultes".

@ Florinette : Oui, ça vaut le coup !

@ Yv : Je note et je regarderai si je peux trouver cet album en bibliothèque.

@ Fleur : Bien d'accord avec toi, surtout ce tome 2 (à mon avis).

@ Alwenn : Ce qui est bien, avec les BD, c'est qu'on peut en noter tant et plus, ça reste gérable (pas comme pour les livres, avec les temps de lecture requis) !
Au sujet du blog-it : Eh oui, je n'ai pas succombé à Edward... mais comment veux-tu que je sois sensible au charme d'un gamin qui a l'âge de ma fille aînée (même s'il est beaucoup plus vieux, je sais bien !) ?!!! Quant à Carlisle, encore trop jeune ! En plus, c'était affreux, j'étais certaine de l'avoir déjà vu quelque part, mais en BRUN, parce que ce blond et cette couleur de peau, je trouvais que ça ne lui allait pas du tout. Il a fallu que je mène mes investigations sur AlloCiné pour que je reconnaisse en lui un des personnages secondaires de la série "Damages", vue sur Canal + et qui va passer sur je ne sais plus quelle autre chaîne cette semaine, série pas mal d'ailleurs, bref, il était effectivement BRUN !

8. Fantasio  le 24-01-2009 à 11:37:27  (site)

J'adore, en général, les albums de Manu Larcenet. Mais moi non plus je ne connais pas cette série. Je vais essayer de combler rapidement cette lacune.

9. levraoueg  le 24-01-2009 à 17:43:24  (site)

Ben moi aussi j'ignorais totalement l'existence de cette série. Merci du tuyau !

10. brize  le 24-01-2009 à 19:08:29  (site)

@ Fantasio et Levraoueg : Ravie de vous la faire découvrir smiley_id118675 !

11. Armande  le 24-01-2009 à 20:44:09  (site)

J'adore cette série qu'un collègue du collège où j'enseigne m'a fait découvrir. D'ailleurs, dès qu'un Larcenet sort, je m'empresse de me mettre sur les rangs pour qu'il me le prête. Il faut jouer des coudes, la demande est très forte sur Larcenet !

12. brize  le 25-01-2009 à 12:26:20  (site)

Pour ce qui me concerne, Armande, je le connais encore très peu, mais je vais poursuivre mes investigations du côté de chez Larcenet smiley_id118664 !

13. BiblioMan(u)  le 28-01-2009 à 17:33:14  (site)

J'adore !!!!!!

14. brize  le 28-01-2009 à 20:38:19  (site)

smiley_id118672, un de plus avec Yv, Fleur, Armande (et moi, bien sûr !) !

 
 
 
posté le 21/01/09

"Derrière la façade. Vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle"

  Du château de Versailles, on ne retient trop souvent que le décor magnifique, les ors et les fêtes. Pourtant, derrière cette façade brillante, la vie quotidienne soulevait son lot de difficultés auxquelles devait répondre, en particulier, le Service des Bâtiments, omniprésent pour traiter toutes les questions évoquées dans ce livre de William Ritchey Newton : "Derrière la façade . Vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle".

   L'auteur nous entraîne à sa suite dans les entrailles du château, en abordant au travers de sept thématiques des aspects souvent méconnus lorsqu'il est question de l'existence qu'on y menait :

 

- Le logement : Alors qu'il semble indispensable au courtisan de loger près du roi, il lui est très difficile d'obtenir un logement sur place et, qui plus est, correspondant à son rang . La crise du logement était d'autant plus grave que l'état de ceux-ci (228 appartements au total, abritant plus de mille personnes) laissait très souvent grandement à désirer.

- La "Bouche à la Cour": Il y a différents lieux où trouver table ouverte (et le circuit des "restes" du haut vers le bas de l'échelle sociale est impressionnant) mais cela n'est pas toujours facile d'y être reçu. A défaut, chacun cherche à se restaurer au moindre coût, quitte, s'il le faut, à aménager dans son appartement des cuisines et des réchauffoirs clandestins.

- L'eau : Apporter de l'eau pour toutes les fontaines et, évidemment, de l'eau bonne à boire pour tous les habitants du château, a toujours été un problème difficile à régler, malgré les prouesses d'ingénierie mises en œuvre. Et il importait aussi de s'occuper de l'évacuation des eaux usées et de la mise en place de lieux d'aisance en nombre suffisant...

- Le feu : Il faut chauffer le château et ses dépendances... mais en veillant à ne pas mettre le feu, ce qui est un risque permanent compte tenu des installations souvent inappropriées.

- L'éclairage : Où il est question de chandelles, de miroirs et de fenêtres, autant de moyens utiles pour ne pas, en dehors des fêtes lumineuses, vivre dans la pénombre.

- Le nettoyage : Frotteurs et balayeurs son indispensables à la propreté du château... qui rencontre aussi un délicat problème de vidange des fosses d'aisance. Ah oui, il y a aussi un peu trop de rats !

- Le blanchissage : Encore un problème : nettoyer (où ?, car on retrouve ici la question du manque d'eau disponible) puis faire sécher le linge de la Cour, mais en toute discrétion, car il convient de ne pas gâcher la vue du château et du parc avec du linge suspendu à droite ou à gauche.

 

   La préface et, in fine, les "Arrière-pensées", rappellent qu'il faut situer l'entreprise de Louis XIV dans un souci de captation des courtisans et de rayonnement personnel. Si ce souverain-là est parvenu à ses fins, le prestige de Versailles a ensuite connu un inexorable déclin, lié notamment à tous les problèmes matériels et, partants, financiers (aucune difficulté technique ne pouvant se résoudre sans argent, lequel se faisait de plus en plus rare) qui reviennent sans cesse dans l'ouvrage.

   Celui-ci, extrêmement fouillé et documenté, n'hésite pas à entrer dans les détails (rémunérations des différents prestataires de services etc.). Au final, on a une étude exhaustive et bien menée, mais destinée à un public déjà un peu spécialisé dans le domaine (ce qui n'était pas mon cas) et soucieux de parfaire ses connaissances car disposant déjà d'une vue d'ensemble de la vie quotidienne au château (certes, les éléments fournis permettent de la reconstituer, au moins partiellement, mais tel n'est pas le but de l'ouvrage, résolument analytique).

 

   Un essai de qualité, donc, mais à conseiller de préférence aux amateurs avertis souhaitant disposer de données pointues dans des domaines spécifiques !

 

"Derrière la façade. Vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle", William RITCHEY NEWTON

éditions Perrin ( 270 p, dont un encart de 8 pages de documents iconographiques en couleur )

 


Commentaires

 

1. Aifelle  le 21-01-2009 à 13:52:40  (site)

Cà ne me tente pas trop, et puis j'ai déjà lu pas mal de choses sur le revers des ors et dorures.

2. Laila  le 21-01-2009 à 14:12:30  (site)

Oh, il me fait de l'oeil ce livre. J'adore ce genre d'ouvrage ! Sourire

3. keisha  le 21-01-2009 à 16:54:11  (site)

Bien sur je l'avais coché dans la liste celui là et j'espère que tu as eu plaisir à le lire malgré sa technicité. Cela fait du bien , ce genre de lectures un peu différentes !

4. Julien(lecturesdejulien)  le 21-01-2009 à 19:36:55  (site)

La géolocalisation de ton blog me laisse penser que tu n'as pas choisi cet ouvrage au hasard...

5. Alwenn  le 21-01-2009 à 20:58:18  (site)

Il pourrait tout à fait me tenter celui-là ! Et en plus, chéri ne serait pas contre le lire non plus, en historien qu'il est ! ^^

6. brize  le 21-01-2009 à 21:47:46  (site)

@ Aifelle : Euh... j'avoue que c'était le premier livre que je lisais sur la question, donc je ne peux pas le situer dans le domaine (je pensais que c'était un sujet assez peu traité).

@ Laila : Il te plaira si tu cherches quelque chose d'analytique sur le thème traité.

@ Keisha et Julien : Julien, rien ne t'échappe ! J'avais effectivement coché ce livre parce que j'habite depuis deux ans à Versailles, donc je trouvais amusant de lire un livre au sujet du château. J'avais vu la présentation de l'éditeur et la table des matières, si bien que je n'ai pas été surprise. Mais, quand même, c'était trop détaillé pour moi : personnellement, un ouvrage synthétique concernant la vie quotidienne au château de Versailles aurait mieux correspondu à mon profil d'amateur très peu éclairé en la matière !

@ Alwenn : Je ne sais pas ce qu'en penserait un historien : je ne lis jamais d'ouvrages de ce genre, mais j'ai trouvé celui-ci a priori très bien documenté et assez bien présenté (même si j'aurais aimé davantage de mises en perspective, mais ce n'était pas l'objet de l'étude).

7. saxaoul  le 22-01-2009 à 12:27:46  (site)

Je l'avais sélectionné mais ce n'est pas celui là que j'ai reçu. Après lecture de ton billet, je ne regrette rien car il m'aurait sans doute paru aussi trop technique, trop précis.

8. Leiloona  le 22-01-2009 à 18:35:43  (site)

Merci ! Je le note pour une amie historienne qui bosse une fois par semaine à Versailles. Clin doeil

9. brize  le 22-01-2009 à 21:34:54  (site)

@ Saxaoul : Si ton niveau de connaissances sur le château de Versailles est similaire au mien, c'est-à-dire dans la moyenne, je crois aussi que ce livre t'aurait paru un peu trop détaillé pour te convenir.

@ Leiloona : Ah oui, elle, je pense qu'elle fait partie des gens qui peuvent être très intéressés par cette étude !

10. manu--  le 23-01-2009 à 11:47:58  (site)

Ca me fait penser que je ne suis même jamais aller visiter Versailles ! Mais bon, je ne suis pas une passionnée ni des châteaux ni de l'époque !

11. Florinette  le 23-01-2009 à 18:29:05  (site)

J'aime beaucoup les livres sur Versailles et la cour, d'après ton billet il devrait m'intéresser. Je me souviens avoir dévoré le journal de Louis XIV, qui expliquait également le problème de l'eau, les coûts d'entretien...Merci pour cette découverte Brize et bon week-end ! :-)

12. brize  le 24-01-2009 à 09:27:08  (site)

@ Manu : Allons, allons, un petit effort : Versailles mérite bien une visite (de préférence au printemps, dit celle-qui-préfère-le-Hameau-de-la-Reine) Roi !

@ Florinette : Tiens, je ne savais pas qu'il existait un "Journal de Louis XIV", ça doit être intéressant.
Bon week-end à toi aussi !

13. Karine :)  le 24-01-2009 à 18:28:22  (site)

Si le derrière de la façade m'intéresse beaucoup, je crois que ça aurait été trop détaillé pour mon niveau de connaissance... je préfère les trucs qui recréent la vie au château, je crois!

14. brize  le 24-01-2009 à 19:05:54  (site)

Exactement comme moi, Karine Sourire !

15. céline de enlivrezvous  le 25-01-2009 à 19:55:16

L'opération de babelio permet décidément de découvrir toutes sortes de livres, c'est vraiment chouette :-)

16. brize  le 25-01-2009 à 20:01:56  (site)

Bien d'accord avec toi : l'opération "Masse critique de Babelio", sur le principe (parce que, bien sûr, on ne peut jamais être sûr d'aimer le livre qu'on avait coché, mais ce n'est pas étonnant), c'est smiley_id117199 !

 
 
 
 

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