Paris, 1885. Jean Corbel, jeune médecin fils d'un marchand de couleurs et lui-même ancien peintre amateur, en ménage avec une actrice débutante, Sybille, se trouve mêlé à une sombre histoire de meurtres, où les cadavres sont utilisés pour reconstituer le fameux tableau de Manet, "Le déjeuner sur l'herbe".
Une femme venue en consultation dans son cabinet, surnommée "Obscura", et pour laquelle il a ressenti une attirance immédiate, lui semble être étroitement liée à cette affaire...
J'ai passé un moment de lecture très plaisant avec ce polar historique, genre dont je ne suis pourtant pas coutumière (en fait, à part les deux premiers tomes de la série des Nicolas Le Floch, de Jean-François Parot, que j'ai bien aimés, je n'ai pas l'impression d'en avoir lu d’autres).
Ici, le rôle principal étant tenu par un médecin, il va de soi que la vision de l'époque est marquée par celle des maladies qui y occupaient une place prépondérante : tuberculose, croup (maladie de l'existence de laquelle je finissais par douter, alors que je me souvenais en avoir entendu souvent parler dans mes lectures de jeunesse) et l'horrible syphilis, dont la présentation qui nous en est faite est inoubliable (et on se dit que les progrès de la médecine nous ont permis d'échapper à une maladie particulièrement épouvantable).
Quant à la profession médicale, elle ne faisait pas encore, tant s'en faut, partie de celle des notables :
"Soixante pour cent des médecins parisiens ne gagnaient pas de quoi vivre décemment, certains n'atteignaient pas le seuil de survie des trois mille francs. Même les charges officielles étaient misérables. Le médecin du Sénat touchait moins que le concierge. [...] La plupart des médecins gagnaient moins que la plupart es ouvriers, qu'il s'agisse de colleurs de papier, de charpentiers, de marbriers, de peintres en bâtiments ou de charretiers."
A propos de l'époque, je ne peux m'empêcher de vous citer ce passage qui, je trouve, en restitue parfaitement toutes les caractéristiques :
"Il [Jean Corbel] était né sous le Second Empire, en 1857, avait connu les rigueurs du siège de Paris en 1870, le passage à la IIIème République et les horreurs de la Commune, les rues jonchées de cadavres dont la vision l'avait si fortement impressionné. Il avait assisté à la modernisation de la ville, au percement de boulevards et d'avenues larges comme des cours d'eau, à la destruction de centaines de maisons, à la construction d'un nouveau type de bâtiments en pierre de taille et aux toits de zinc et d'ardoise. Tous ces chantiers nécessitaient l'apport de matériaux transportés par des barges toujours plus grandes sur le fleuve toujours plus encombré. Il avait été témoin de la modernisation de l'éclairage des rues, avec de nouveau bec de gaz, puis l'électricité; Il assistait encore à l'afflux de populations nouvelles rendu possible par l'essor du chemin de fer, ce peuple grouillant venu des quatre coins du pays et de plus loin encore, d'Espagne et d'Italie par exemple, cherche fortune ou plus raisonnablement gagner sa pitance. La ville en absorbait autant qu'il en arrivait, hommes, femmes, enfants, chacun participant à sa manière au changement de physionomie de la capitale qui réclamait tant de main-d'œuvre, tant de corps de métiers différents. Chaque année aussi elle en rejetait un certain nombre, des malades pour la plupart dont la santé n'avait pas résisté à des conditions de vie trop dures, aux logements surpeuplés, sous-ensoleillés et sous-aérés, à l'alimentation mal équilibrée et à des conditions de travail harassantes. Autant de tragédies anonymes qui n'empêchaient pas la cité de s'étendre, la population de croître et les lumières de briller toujours plus fort."
L'évocation de cette époque inclut bien sûr celle du Salon des Refusés, en 1863, où fut présenté le fameux tableau de Manet, "Le déjeuner sur l'herbe", qu'un criminel s'acharne ici à reproduire.
Une telle attitude incite le héros médecin à s'interroger sur les désordres du psychisme de l'assassin et à contacter son collègue et ami, Gérard Roch, aliéniste : eh oui, la notion de serial killer n'est pas encore, à cette époque, devenue commune ! Au passage, on a donc un aperçu de la manière dont étaient perçues les maladies psychiques, alors que Charcot peinait encore à se faire entendre.
En présentant la médecine du 19ème siècle en même temps que, globalement, Paris à ce moment-là et les modes de vie de la population, indigente (la plus nombreuse) ou fortunée, avec un détour par les lieux de plaisir (dont les maisons de grande tolérance), l'auteur n'en néglige pas pour autant ses personnages. Jean est un jeune docteur bon et un peu idéaliste, animé du désir de soigner les corps en se préoccupant des esprits. Et Obscura, qui l'attire, semble évidemment évoquer ce côté obscur sans lequel notre héros serait trop lisse. Le père de Jean, fabriquant et marchand de couleurs pour les artistes peintres, est un vieil homme attachant et sa compagne, Sibylle, une jeune femme enthousiaste souhaitant réussir sa carrière d'actrice. Ajoutez leur Gérard, l'ancien amoureux de Sibylle, doté d'un physique de lutteur, qui revient d'une campagne de pêche sur un chalutier et occupe les fonctions de médecin aliéniste dans un asile pour personnes fortunées, sans oublier Ange, le saute-ruisseau croisé au détour d'une visite à domicile, et vous obtenez une galerie de personnages sympathiques dont l'histoire a tout de suite retenu mon attention.
Un couple central attachant, une intrigue bien menée avec ce qu'il faut d'inquiétude quant au devenir des protagonistes et enfin une écriture agréable, font d'"Obscura", dans sa catégorie, un roman policier de qualité, dont je retiendrai en particulier l’intéressante incursion qu'il m'a offerte dans le Paris de la fin du 19ème siècle.
"Obscura", Régis DESCOTT
éditions Jean-Claude Lattès (397 p)
Amanda a trouvé ce roman "fort bon !".
Parce que j'ai déjà des livres consacrés à certains peintres mais aucun sur la peinture en général (ben quoi, fallait bien que je me trouve des excuses, enfin, je veux dire, des raisons de l'acheter !), j'ai craqué samedi dernier pour cette petite (13 cm x 17 cm) brique (512 pages) parue chez "National Geographic".
Des planches synoptiques par époque, de courts chapitres consacrés aux principaux artistes, avec une petite analyse d'au moins un de leurs tableaux majeurs, le tout présenté d'une manière très claire (pédagogique) et attractive avec, cela va de soi, une iconographie riche et superbe : voilà une mini-encyclopédie (à un prix lui aussi mini :15,75 €) au sein de laquelle j'aurai plaisir à fureter au hasard ou au gré de mes interrogations sur le sujet et qui a déjà commencé à faire mon bonheur !
N.B : promis-juré, cet article n'est pas sponsorisé !
N.B 1 : ce n'est pas l'illustration que j'aurais choisie pour la couverture, mais là, je chipote.
"Histoire de la peinture", Les Essentiels de National Geographic (éditions que je connaissais déjà pour leurs guides de voyage).
Et maintenant, j'aimerais bien découvrir, dans la même collection, "Histoire du monde" (la solution pour combler mes lacunes en la matière ?!!!).
1. Isil le 30-05-2009 à 10:37:32 (site)
Je suis aussi à la recherche d'un ouvrage de ce type. J'en feuillette régulièrement et je ne me décide jamais :-)
Elle est très bien la couverture.
4. bladelor le 30-05-2009 à 13:42:32 (site)
Je note illico, c'est exactement le type d'ouvrage qu'il me faut, histoire de combler mes lacunes en la matière.
5. Nanne le 30-05-2009 à 19:51:51 (site)
C'est le genre d'ouvrage que j'aime feuilleter de temps en temps pour éviter la honte d'une réponse idiote à une question culturelle ... De bien beaux livres donnant l'essentiel à retenir !
6. rosetina le 30-05-2009 à 20:02:22 (site)
Bonjour par hasard sur ton blog que je trouve très interessant, une envie de lire en te lisant, à plus Rosetina
7. Aifelle le 31-05-2009 à 07:53:20 (site)
Je vais le feuilleter en librairie pour voir à quoi il ressemble. C'est toujours utile ce genre de livre.
8. Cécile de Quoide9 le 31-05-2009 à 15:57:00 (site)
Mais non tu ne chipotes pas, tu t'exprimes... et je suis d'accord avec toi mais en même temps autant de lecteurs, autant d'idées sur la couverture je suppose. Renoir n'est pas un choix aburde, loin de là. Tu aurais mis quoi toi ?
Moi peut-être le déjeuner sur l'herbe de Manet. Non pas que j'adore ce tableau mais il a un côté subversif et décalé qui me semble intéressant à mettre en avant.
9. brize le 31-05-2009 à 19:43:25 (site)
@ TOUTES :
Compte tenu de son format, cet ouvrage n'a pas la prétention d'être exhaustif, mais je trouve qu'il donne un bon aperçu d'ensemble (qui permet de réorganiser les connaissances que nous pouvons avoir, souvent éparses),certes très succinct (certains risquent donc de le trouver minimaliste), mais ensuite il ne tient qu'à nous d'aller nous documenter davantage sur les aspects qui nous intéressent. Surtout, je le trouve très agréable à parcourir et très clair.
@ Rosetina : Bienvenue « Sur mes brizées » et ravie de pouvoir te donner des idées de lectures !
@ Isil et Cécile : Oui, elle est jolie, la couverture, mais je trouve ce choix un peu trop classique, trop consensuel (pour ne pas rebuter le lecteur potentiel). Effectivement, pourquoi pas « Le déjeuner sur l'herbe », pour les raisons, précisément, que tu évoques, Cécile, et parce que, souvent, les artistes ne sont pas reconnus comme des « Grands » de leur vivant. Ou alors un tableau surréaliste (Magritte, Dali...).
Iris Chase est une vieille dame. Elle déroule sous nos yeux le film de sa vie, marquée par la mort tragique de sa jeune sœur, Laura. Ce récit de souvenirs est émaillé de coupures de journaux relatant quelques événements phares qui lui sont directement liés. S'y intercalent aussi des extraits du livre "Le Tueur aveugle", publication posthume de Laura Chase, dans lequel un homme ébauche une histoire fantastique.
Reconstituant le puzzle des vies d'Iris et Laura, le lecteur ne cesse de se demander, au fil de sa lecture, quelle(s) vérité(s) cachent les apparences...
Après un démarrage sur les chapeaux de roues (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots... vous comprendrez si vous lisez le roman !), j'ai dû me rendre à l'évidence : pour démêler les fils noués dès le début du roman, dont la construction originale m'avait immédiatement séduite, il allait falloir en passer par le récit de toute une vie.
Le style de Margaret Atwood est remarquable et j'ai aimé sa manière très fine de restituer les sentiments et les perceptions d'une femme, Iris, au crépuscule de sa vie, dépeignant les contraintes de sa vieillesse avec une acuité n'excluant pas une certaine ironie. J'ai apprécié les différents portraits féminins qui émaillent sa rétrospective d'environ soixante-dix ans de l'histoire des États-Unis, évocation intéressante d'un milieu social au travers des époques, se focalisant sur le destin d'une famille en particulier, avec les difficultés liées à la grande dépression et aux deux guerres mondiales.
J'ai donc lu ce roman sans déplaisir mais, finalement, sans entrain, Le désir de connaître la réponse aux diverses interrogations suscitées par l'auteur en début de roman n'était pas un moteur suffisant pour me pousser à tourner fébrilement les pages, car j'ai rapidement ressenti un manque de tension dramatique et de péripéties pour relancer mon intérêt : de ce côté-là, je m'attendais à beaucoup mieux. Et si les fils de l'histoire ne sont dénoués que tout à la fin, un élément clé est compréhensible (et un deuxième paraît assez manifeste, aussi) dès le milieu du roman. Au point que les ultimes révélations ne m'ont pas davantage surprise que cela !
Au demeurant, je n'ai pas éprouvé d'attachement particulier pour les personnages et le récit de SF ne m'a pas convaincue car il m'a paru plaqué, même si, à un moment, la narratrice explique que, heureusement, il y avait cette histoire pour tisser un lien entre elle et le raconteur.
Pour conclure, "Le tueur aveugle" est un roman qui ne m'a pas emportée et me laissera le souvenir d'une lecture certes de qualité (ce roman a d'ailleurs obtenu le Booker Prize 200) ... mais bien longue.
N.B. : De Margaret Atwood, j'ai lu "Le dernier homme", qui m'a laissé le souvenir d'un livre éprouvant (récit post-apocalyptique) et "La voleuse d'hommes" : j'ai énormément aimé ce roman mais que je n'ose pas vous le recommander car aussi bien son écriture que son histoire sont particuliers et ma perception des deux très subjective (pour changer !). Compte tenu des échos que j'en ai (et parce que le thème de ce roman ne m'attirait déjà pas), je ne pense pas lire "L'odyssée de Pénélope", en revanche "La servante écarlate" me paraît incontournable.
"Le tueur aveugle", Margaret ATWOOD
éditions Robert Laffont - collection Pavillons (580 p)
et aussi en collection 10/18
BOB a récapitulé les avis parus au sujet de ce roman : je me sens très proche de celui de Sentinelle .
1. manu-- le 27-05-2009 à 09:10:51 (site)
Je n'avais pas non plus été très emballée par ce roman et j'avais à l'époque écrit : "Ce roman présente d'indéniables qualités et peut être qualifié de bon. Malgré tout, je lui ai trouvé quelques défauts qui m'ont rendu la lecture assez ardue. La construction est assez ingénieuse. Malheureusement, je n’ai pas du tout été captivée par le récit de science fiction écrit par Laura Chase, la sœur d’Iris. Le style m’a semblé assez lourd. Malgré qu’ils étaient assez courts, les chapitres m’ont parus longs. Les personnages sont assez horripilants, on ne s’y attache pas du tout.
Enfin bref, beaucoup de pages pour finalement pas grand chose. Les choses sont à peine esquissées. On s’attend à la découverte d’un terrible secret qui est finalement assez mal amené et se perd dans le flot de paroles inutiles."
Je n'ai plus jamais osé m'aventurer dans une lecture de cet auteur. Pourtant, "La voleuse d'hommes" m'attirait.
2. Ys le 27-05-2009 à 09:12:05 (site)
Bon, je reste avec "La servante écarlate" sur ma liste, on dirait bien que ses romans sont assez "irréguliers"...
3. bladelor le 27-05-2009 à 09:37:47 (site)
C'est l'un des premiers titres que j'avais noté en commençant à fréquenter les blogs de lecture... et toujours pas lu à ce jour !!! Ton billet me laisse à penser que je devrais plutôt me tourner vers un autre ouvrage de l'auteur...
4. Neph le 27-05-2009 à 10:04:10 (site)
Manu me l'a fait parvenir grâce à "Passe ton livre à ton voisin !", j'espère être plus emballée : c'est vrai que c'est un pavé...
5. Mango le 27-05-2009 à 10:33:55 (site)
Je me souviens d'une lecture pénible, très ennuyeuse. Ce livre ne m'a pas laissé un grand souvenir, mais peut-être alors :" La voleuse d'hommes" ou "La servante écarlate"!
6. keisha le 27-05-2009 à 11:02:06 (site)
J'ai lu ce roman mais en VO e qui fait que j'ai pris du temps. Embrouillant mais habile construction.
Je te recommande la servante écarlate...
7. sentinelle le 27-05-2009 à 11:12:44
Nos impressions sont effectivement fort semblables ! Je conseille également "La servante écarlate". Petite question : pourquoi dis-tu que la lecture de son roman "Le dernier homme" était éprouvante ? J'hésite justement à le lire et aimerais savoir si ce choix est judicieux ?
8. brize le 27-05-2009 à 13:42:23 (site)
@ Manu : Merci pour ton long commentaire, dans lequel je retrouve une bonne partie de ce que j'ai ressenti à cette lecture.
J'ai adoré "La voleuse d'hommes", aussi bien pour son écriture spécifique (narration au présent de l'indicatif, on est dans l'instant) que pour ses personnages, dont l'histoire m'a intéressée parce que je les ai trouvés attachants. Ce fut un coup de cœur (j'ai lu ce livre en bibliothèque et je l'ai acheté ensuite). Mais j'ai lu à son sujet pas mal de critiques négatives : j'en ai déduit que j'avais été personnellement très réceptive à ce roman et ne peux donc que te suggérer de t'y aventurer sur une trentaine de pages, qui devraient te suffire à te faire ton opinion et à savoir si tu as ou non envie de poursuivre.
@ Ys : M. Atwood ne fait apparemment pas partie de ces auteurs dont on peut se dire, parce qu'on a aimé un de leurs romans, qu'on les aimera tous : mais, finalement, peut-on le dire pour tant d'auteurs que cela ? Au début, c'est ce que je pensais (en découvrant John Irving, par exemple, puis Alison Lurie, David Lodge et Barbara Kingsolver, pour ne citer qu'eux, car j'ai lu pas mal de livres de chacun) puis, au fil du temps, je me suis rendu compte que ce n'était pas forcément le cas puisqu'il m'arrivait de ne pas accrocher à un livre d'un auteur que j'avais repéré.
@ Bladelor et Neph : Il y a beaucoup de critiques très positives au sujet de ce roman, il peut donc vous plaire comme il a déjà plu à de très nombreux lecteurs.
Sinon, Bladelor, tu peux éventuellement tenter "La servante écarlate" : je ne l'ai pas lu mais il me semble être celui qui, parmi les œuvres de l'auteur, suscite le plus de critiques favorables.
@ Mango : Pour "La voleuse d'hommes", je te renvoie à ce que j'ai dit à Manu. Et "La servante écarlate" sera ma prochaine lecture de cet auteur.
@ Keisha : Oui, je compte bien le lire.
@ Sentinelle : "La servante écarlate" est bien notée.
Pour "Le dernier homme", je te rassure, la lecture était "éprouvante" sur le fond (un homme se retrouve seul à tenter de vivre sur terre, après une catastrophe, et le lecteur va découvrir au fur et à mesure des retours en arrière comment on en est arrivé là : et, tu peux me croire, ce n'est pas très réjouissant, ce futur envisagé ! raison pour laquelle j'ai utilisé le terme "éprouvant", parce que c'est un livre dur) mais pas sur la forme car je ne me souviens pas m'être ennuyée pendant ma lecture : je voulais savoir ce qui s'était passé et la curiosité + l'intérêt de ce qui était raconté me poussaient à tourner les pages sans problème.
9. Leiloona le 28-05-2009 à 08:02:24 (site)
Hum alors si c'est un pavé dont le style n'est pas des plus légers, je ne note rien.
10. brize le 28-05-2009 à 08:22:05 (site)
Leiloona, je n'ai aucun reproche à formuler quant au style (au sens propre du terme), que j'ai trouvé excellent.
11. oups007 le 28-05-2009 à 08:29:35 (site)
petit passage dans ton joli petit coin , notre but du jour découvrir les blogs de nos amis du vef! très joli ton blog! on continue notre petite route merci pour ton bon accueil gros potouxxxxxxxx la fée plume et ses merveilleux lutins
12. Restling le 29-05-2009 à 20:35:02 (site)
Bon je n'ai toujours pas lu de livre de Margaret Atwood mais si je dois commencer (et j'en ai très envie quand même), je pense que je choisirai La servante écarlate.
14. brize le 30-05-2009 à 08:38:31 (site)
@ Oups 007 : Bonne continuation dans ton périple !
@ Restling et Manu : Sages décisions !
15. Karine:) le 30-05-2009 à 18:24:28 (site)
Arghhh... il est dans ma pile, celui-là. Et je crains les longueurs... c'Est pour ça que je retarde tant sa lecture, je pense!
16. Nanne le 30-05-2009 à 19:49:06 (site)
Conclusion, après la lecture de ton billet concernant de livre qui me paraissait captivant, je reste sur "La servante écarlate" que je veux lire depuis longtemps !
17. levraoueg le 31-05-2009 à 20:53:04 (site)
C'était donc Le dernier homme, ce livre que j'avais eu envie de lire avant d'en oublier immédiatement le titre et le nom de l'auteur ! Merci de m'avoir rendu la mémoire... En tous cas pour Le tueur aveugle, je passe...
18. brize le 02-06-2009 à 21:48:43 (site)
@ Karine : ça vaut quand même le coup d'essayer !
@ Nanne : Si tu dois en choisir un, il me semble en effet que c'est plus sûr d'aller vers "La servante écarlate".
@ Levraoueg : Comme "Le dernier homme" est une lecture d'avant blog, je n'en ai pas gardé d'analyse écrite. Je me souviens que, outre l'aspect "éprouvant" dont j'ai parlé plus haut, quelque chose d'autre m'avait gênée dans l'histoire, dans le dénouement me semble-t-il, mais mon souvenir n'est pas précis.
19. sylvielectures le 05-06-2009 à 18:53:23 (site)
je n'ai pas lu ce titre, mais de cet auteur j'ai bien aimé l'odyssée de Pénélope et surtout la servante écarlate..
20. brize le 05-06-2009 à 19:03:09 (site)
Encore un avis positif au sujet de cette "Servante écarlate", que je ne manquerai donc pas de lire.
21. liliba le 09-06-2009 à 12:46:02 (site)
J'avais adoré La voleuse d'homme, et je crois bien en avoir un ou deux d'elle sur ma PAL, mais depuis Books, et ma journée du lendemain au marché aux livres, elle s'est encore agrandie, ça devint le bazar !
22. brize le 09-06-2009 à 12:54:01 (site)
Dans mes bras, Liliba ! Enfin, je rencontre (et en plus, c'est vrai, puisqu'on vient de se rencontrer à "Books" !) quelqu'un qui a aimé "La voleuse d'hommes" autant que moi ! (et si je comprends bien, tu ne peux pas me dire ceux de M. Atwood que tu as dans ta PAL ?!!! dis, ça ne t'arrive jamais d'acheter un livre que tu aurais déjà, oublié dans les profondeurs de cette PAL
?).
Présentation de l'éditeur : Sixtine vit seule, presque toujours en vacances, dans une maison à vendre au bord de l'Atlantique. Elle ne désire rien de plus que ce qu'elle a déjà. Rien si ce n'est un chien qu'elle choisit d'adopter dans un élan du cœur sans mesurer à quel point sa vie va en être bouleversée.
Sa sœurJeanne, de vingt ans son aînée, new-ynew-yorkaise d'adoption, ne l'aurait pas compris. Mais après la mort de son mari, elle a décidé de retrouver la France et Sixtine, qu'elle n'a pas vue depuis de longues années.
"Far-Ouest" est un magnifique road-movie à la française avec des personnages pleins de grâce, épris de liberté.
"Far-Ouest" aurait aisément pu s'intituler "Dalton et Sixtine", Dalton étant le nom du chien que Sixtine adopte. Pendant la première soixantaine de pages, j'ai eu l'impression de lire une chronique directement tirée du magazine "30 millions d'amis", consacrée aux modalités pratiques et psychologiques d'adoption d'un chien ayant vécu sept ans dans un chenil. J'ai failli passer mon chemin mais la curiosité a été la plus forte (et le roman est court) et je voulais en avoir le cœur net, ayant le souvenir de billets élogieux lus au sujet de ce livre.
Jeanne, la sœur de Sixtine, part brièvement à la recherche de celle-ci, mais on est loin du "road-movie" évoqué par l'éditeur... D'ailleurs, ce qui concerne Jeanne n'est tout compte fait qu'accessoire par rapport à l'essentiel : l'histoire d'amour (n'ayons pas peur des mots) vécue par Sixtine (misanthrope ou seulement sauvage, chacun appréciera) et son compagnon animal, racontée avec beaucoup de sensibilité.
Un premier roman à réserver, à mon avis, aux (très) grands amis des chiens.
"Far-Ouest", Fanny BRUCKER
éditions JC Lattès (305 p)
L'avis de : Clarabel , Cuné , Cathulu , Florinette .
1. la-ronde-des-post-it(laptitesardine) le 25-05-2009 à 09:05:38 (site)
pas pour moi je pense...
2. zarline le 25-05-2009 à 10:11:23 (site)
J'ai également adopté mon chien dans un refuge et depuis, j'avoue être un peu gaga de cette boule de poils (comme tous les propriétaires de chiens, je pense). Ce livre est fait pour moi.
3. Ys le 25-05-2009 à 10:39:12 (site)
En voilà un qui n'est pas pour moi, je n'aime pas du tout les chiens et 30 millions d'amis me fait faire des cauchemars !
4. la-ronde-des-post-it (ln) le 25-05-2009 à 10:55:49 (site)
Moi et les animaux.... je crois que je vais m'abstenir de lire celui-ci...
5. Florinette le 25-05-2009 à 14:19:39 (site)
Je ne suis pas fan des chiens, j'en ai même peur et pourtant ce roman m'a beaucoup plus...
6. brize le 25-05-2009 à 19:14:42 (site)
@ Florinette : J'ai été déçue quand j'ai constaté que le chien était un personnage à part entière dans le roman : ce n'est pas ce que je m'attendais à lire, même si je reconnais sans peine que l'histoire est racontée avec finesse (enfin, globalement, parce que tout n'est pas toujours fin par exemple dans l'évocation de Jeanne !).
@ Zarline : Je pense que tu seras heureuse de retrouver dans ce roman des émotions vécues avec ton chien.
@ Laptitesardine, Ys et Ln : Ce n'est que mon avis (qui s'appuie sur mon ressenti) et le commentaire de Florinette prouve bien qu'on ne peut pas me donner a priori entièrement raison : il ne vous restera plus qu'à aller, le cas échéant, tester par vous-mêmes !
8. brize le 26-05-2009 à 12:59:15 (site)
Trop forts, les blogs : grâce à eux, on alimente nos Listes et Piles A Lire et en plus on fait des cadeaux (je dis ça, Leiloona, parce que je fais comme toi, je repère aussi ce qui plairait à d'autres qu'à moi !) !
9. Restling le 29-05-2009 à 20:37:48 (site)
Pas pour moi. J'aime bien les animaux mais je ne suis pas sure de pouvoir être considéré comme une "très grande amie des chiens"... ^_^
10. Karine:) le 30-05-2009 à 18:25:16 (site)
Je ne suis pas une grande amoureuse des chiens. Vraiment pas. Je vais donc passer mon tour!!
11. brize le 02-06-2009 à 21:51:18 (site)
@ Restling et Karine : Dans ce roman, l'accent est mis sur la relation entre Sixtine et son chien, ce qui m'a conduit à formuler cette mise en garde/recommandation. Mais, bien sûr, ce n'est que mon avis, pas forcément partagé par d'autres lecteurs de l'ouvrage.
12. sylvielectures le 05-06-2009 à 18:51:19
je l'ai noté celui là, parce que cette histoire de far ouest, du côté de l'océan atlantique m'attire beaucoup.... mais il n'est pas encore dans ma pal...
Francis, écrivain de soixante ans, a refait sa vie avec Judith, après la mort tragique de son épouse et d'une de leurs filles. Mais, quelques années plus tard, il vit un nouveau drame avec la disparition soudaine de son autre fille, Alice, une actrice en vue, qui laisse sans nouvelles son mari, Roger, et leurs deux jumelles. Des semaines d'angoisse s'écoulent, jusqu'à ce qu'une piste apparaisse enfin.
J'ai lu ce court roman quasiment d'une traite (et pourtant, ce n'est pas un thriller !), tant je voulais savoir ce qui allait arriver ou ce qui s'était passé, lorsque la narration effectue un saut dans le temps et nous laisse un moment dans l'expectative quant à ce qui s'est déroulé dans l'intervalle, avant de nous le révéler ou de nous laisser le deviner à demi-mot. Il n'y a pas à dire, Djian (dont c'était le premier livre que je lisais) s'y entend pour raconter une histoire et retenir l'attention de son lecteur, découvrant au besoin, progressivement, les pans du passé nécessaires à la compréhension du présent.
Je n'ai pas éprouvé d'attachement particulier pour les personnages, mais j'ai eu l'impression d'assister à une espèce de tragédie antique, où les sentiments et les réactions sont exacerbés et où le spectateur reconnaît pourtant des facettes de son humanité. L'auteur approche toutes les formes que l'amour (ou son absence, si terrible mais d'après lui envisageable) peut revêtir, dans la relation parents-enfants, dans le couple, lorsqu'il se cherche ou finit par ne plus se trouver et hors du couple qui bat ou non de l'aile. Les personnages, au travers des incidents ou des événements qu'ils traversent, décrivent la diversité des attitudes possibles, les chemins pris sans, parfois, pouvoir ou vouloir revenir en arrière. Le thème du pardon ou de son impossibilité traverse bien sûr le roman, auquel il donne son titre.
Que l'histoire soit ou non vraisemblable ne m'a pas souciée : j'y ai cru le temps de m'y plonger. Quant à l'écriture, elle ne m'a pas séduite plus que cela mais elle porte efficacement la narration et ses protagonistes. Enfin, les considérations de l'auteur sur son dur labeur d'écriture m'ont intéressée.
"Impardonnables" fut donc une lecture prenante, qui ne m'a pas déplu (mais dont je ne pense pas qu'elle me marquera), ancrée dans un pays basque dont l'auteur a su saisir l'atmosphère.
"Impardonnables", Philippe DJIAN
éditions Gallimard (233 p)
D'autres avis (avec, en outre, la possibilité d'en apprendre davantage au sujet de l'histoire proprement dite, si vous le souhaitez) chez : Lily , Amanda , Sylire , Sylvie , Cuné , Fashion , In Cold Blog , Ys .
1. Ys le 21-05-2009 à 14:44:56 (site)
Ce qui m'a le plus déçue, c'est le suspens un peu raté, je trouve, mais sinon j'ai aimé et ne devrais pas tarder à recommencer avec Djian.
2. manu-- le 21-05-2009 à 15:25:17 (site)
Chouette, il est dans ma PAL et ce sera mon premier livre de Djian !
3. liliba le 21-05-2009 à 20:56:59 (site)
De cet auteur, je n'ai lu que "37,2° le matin" que j'ai détesté de bout en bout : l'histoire, le style, le coté malsain, les personnages... J'ai feuilleté ses autres romans, mais vraiment je déteste son style...
4. brize le 21-05-2009 à 22:22:49 (site)
@ Ys : J'ai trouvé qu'il y avait une tension suffisante pour me pousser à tourner les pages, ce que j'ai apprécié.
@ Manu : Premier contact avec l'auteur, tout comme moi !
@ Liliba : Je ne suis pas du tout en mesure de comparer ce roman-ci avec les autres (que ceux qui le sont n'hésitent pas !), puisque c'est le seul que j'ai lu, mais si tu ne le sens pas, sans doute vaut-il mieux ne pas insister.
5. Leiloona le 22-05-2009 à 06:34:20 (site)
Je n'ai jamais lu Djian ... je suis restée bloquée sur ses premiers écrits qui ne m'attiraient pas du tout. Il faudrait peut-être que je regarde ce qu'il fait d'un peu plus près. Lorsque ce livre sortira en poche, par exemple.
6. amanda meyre le 22-05-2009 à 09:15:27 (site)
tu le dis très bien : agréable, mais pas inoubliable. Mais sympatique
7. SD49 le 22-05-2009 à 09:16:25
moi aussi je ne me souviens que de 37°2 mais en film, et cela ne me donne pas du tout envie de lire cet auteur, à tort peut être ....
8. Florinette le 22-05-2009 à 11:50:35 (site)
Je pense que celui-ci, je le lirais, car après une première expérience décevante avec cet auteur, à cause de son style trop cru, j'ai bien envie de retenter avec ce roman, en plus si ça parle du pays basque, je ne peux qu'être tentée ! ;-)
Bon week-end Brize !
9. sylvielectures le 22-05-2009 à 19:02:56
je n'ai pas vraiment apprécié. Il en fait des tonnes, il fallait oser, d'accord, mais je ne sais pas vraiment si ça sert le propos, pour moi, non, pas vraiment...
10. brize le 22-05-2009 à 19:28:31 (site)
@ Leiloona et SD 49 : Cet auteur ne m'attirait pas non plus, mais ce livre-ci est très bien "passé" !
@ Amanda : J'ai l'impression que je l'oublierai très vite, ce roman ! Mais je n'ai pas vu le temps passer en le lisant !
@ Florinette : Le pays basque n'est que le décor autour de la maison du narrateur, mais comme c'est une région que j'aime bien, j'ai trouvé que c'était agréable de la retrouver dans un roman.
Bon week-end à toi aussi.
@ Sylvie : Je n'ai pas eu l'impression qu'il en faisait des tonnes, mais peut-être est-ce parce que, avec tout ce qu'on lit dans les romans, (presque) plus rien ne me surprend ! Et puis, tout ce que tu énumères dans ton billet, ce sont des événements qui ne nous tombent pas dessus d'un seul coup, mais au fil du roman, donc on a le temps nécessaire, me semble-t-il, pour encaisser au fur et à mesure des découvertes.
11. sylire le 22-05-2009 à 21:07:40 (site)
Un lecture que j'ai appréciée notament pour le style de Djian que je ne connaissais pas.
12. floaimelesmots le 22-05-2009 à 21:42:36 (site)
Je n'ai jamais eu assez de curiosité pour lire des romans de Djian malgré les billets plutôt élogieux sur ce titre. Je l'ai noté pourtant mais non !
13. SD49 le 23-05-2009 à 08:49:26
bon allez, j'essaierai peut etre celui-là si je le revois à la bibliothèque
14. Restling le 23-05-2009 à 10:52:27 (site)
J'ai lu quelques Djian dont Doggy Bag Saison 1 (berk berk berk) et hormis cette grosse déception, j'ai beaucoup aimé. J'attends maintenant qu'Impardonnables soit libre à la bibliothèque pour pouvoir le lire à mon tour. Je suis pressée !
15. Albertine le 23-05-2009 à 14:03:16
J'ai fais une rasia de livres de poche jeudi ! Je l'ai vu mais pas en poche. Or en ce moment, c'est la crise pour moi! Du coup je crois que j'ai bien fait vu ton regard sur ce livre. Je suis dans Pennac, depuis le temps que j'en entends parler de cet auteur !
16. brize le 23-05-2009 à 21:10:48 (site)
@ Sylire : J'ai vu dans ton billet que tu qualifiais ce style de "brut de décoffrage" et c'est vrai que je l'ai trouvé simple (à moins que ce soit une fausse simplicité fruit d'un travail particulier... en tout cas il ne se voit pas), mais efficace.
@ Floaimelesmots : Il y a tellement de choix parmi les livres à lire qu'il vaut sûrement mieux privilégier ceux qui nous attirent davantage que les autres.
@ SD49 : Suite aux billets que j'avais lus, j'avais prévu de le lire (par curiosité) mais en fait je ne l'ai pas cherché : il m'est tombé entre les mains en farfouillant parmi les romans entassés sur la table des acquisitions récentes d'une des annexes que je fréquente. Et comme il est court, je n'ai pas hésité.
@ Restling : Ce sera très intéressant d'avoir ton avis, puisque tu connais bien l'œuvre de l'auteur.
@ Albertine : Il vient de sortir, donc il ne paraîtra pas en poche tout de suite et , si tu lis les romans de Pennac auxquels je pense ("Au bonheur des ogres" et "La fée carabine"), tu n'as aucun regret à avoir !
17. Hathaway le 24-05-2009 à 08:40:11 (site)
J'ai longuement hésité devant ce livre à la librairie l'autre jour... Mon libraire me l'a finalement déconseillé. Je serais tout de même curieuse de le découvrir !
18. brize le 24-05-2009 à 09:20:05 (site)
C'est tout l'intérêt des bibliothèques
(car ce n'est pas un livre que j'aurais acheté).
19. sylire le 24-05-2009 à 11:29:04 (site)
Je pense que c'est un style "brut de décoffrage" savamment travaillé !
20. brize le 24-05-2009 à 11:32:56 (site)
Si l'on en croit ce que le narrateur écrivain explique, dans le roman, à propos de sa propre écriture, ce doit être le cas !
21. Lucile le 24-05-2009 à 13:29:18 (site)
J'avais entendu une interview de Djian au sujet de ce roman sur France Inter, et il ne m'avait pas donné envie de le lire... Ton avis me conforte dans cette voie...
22. kathel le 24-05-2009 à 17:54:57 (site)
j'ai beaucoup lu Philippe Djian après 37°2, mais rien depuis Assassins qui ne m'a pas laissé grand souvenir... Celui-ci me permettra sûrement de renouer avec cet auteur !
23. brize le 24-05-2009 à 19:43:26 (site)
@ Lucile : Si je peux t'éviter d'allonger ta liste de livres à lire... tu m'en vois ravie !
@ Kathel : Comme je le disais à Restling, ce sera intéressant d'avoir ton avis sur ce roman, car tu pourras le comparer aux autres que tu as lus de l'auteur.
24. saxaoul le 25-05-2009 à 08:48:04 (site)
Je n'ai toujours pas lu cet auteur mais son interview dans le magazine des livres m'a donnée envie !
25. brize le 26-05-2009 à 13:17:11 (site)
J'ai acheté ce magazine pour lire l'article consacré aux blogs littéraires et une fois l'article lu, j'ai feuilleté le reste et je n'y suis pas revenue ! Je vais aller déterrer le magazine dans la pile pour lire cette interview !
26. céline de enlivrezvous le 27-05-2009 à 09:19:01
J'avais été tellement déçue par "Doggy bag" que je pensais ne jamais rouvrir un Djian ! Mais ta critique me tente malgré tout, d'autant plus que j'avais beaucoup aimé "37°2 le matin".
27. brize le 27-05-2009 à 09:21:39 (site)
Céline, d'après ce que j'en sais, "Doggy bag" s'inscrivait dans un projet spécifique de l'auteur, atypique par rapport au reste de son oeuvre. "Impardonnables" devrait t'intéresser davantage.
28. SD49 le 05-07-2009 à 14:42:09
Ca y'est je l'ai lu. Et mon avis est assez proche du tien. Ce roman est bien fait, on s'aperçoit dout à coup de ce qui s'est passé sans que cela ait été raconté. Original comme façon de faire. Je n 'en garderai pas un grand souvenir mais il ne m'a pas déplu.
29. brize le 05-07-2009 à 14:56:29 (site)
Oui, nos avis se rejoignent (en plus, maintenant, on peut dire qu'on a lu au moins un livre de Philippe Djian, excellent pour notre culture littéraire contemporaine !).
Présentation de l'éditeur :
A l'université de Grenoble, Nathan Seux travaille sur la sexualité. Ses recherches convergent vers un étrange laboratoire qui semble utiliser génétique et nanotechnologies dans des buts alarmants : marketing, manipulation, contrôle du corps et de l'esprit, "amélioration de l'homme". Bientôt, ses étudiants sont assassinés les uns après les autres et toutes ses pistes débouchent sur des bains de sang...
Au lieu de me borner, après avoir lu la quatrième de couverture qui, comme son titre, m'attirait, à feuilleter ce roman, j'aurais été mieux avisée d'en lire les premières pages, dont le caractère bien trash m'aurait donné une idée de ce qui pouvait m'attendre. En feuilletant, j'avais malgré tout repéré des passages un peu suspects, mais je m'étais dit que l'ensemble les rachèterait. Maintenant que j'ai achevé ma lecture, puis-je considérer que ce fut le cas ? Pas vraiment...
Parce que du glauque et du malsain, il y en a quand même pas mal, dans ce livre ! Une petite fille y est élevée par son père, séquestrée dans une pièce où elle franchira d'une écœurante manière, grâce à lui, toutes les étapes de l'enfance et de l'adolescence... Le père est du genre fou-pervers-intelligent. C'est lui qui est à l'origine de la diabolique machination que Nathan et ses collaborateurs vont mettre au jour.
Alors certes, le thriller est rondement mené et le lecteur veut savoir ce qu'il va advenir des différents protagonistes (et c'est la seule raison qui m'a poussée à tourner les pages et à ne pas interrompre ma lecture, même si l'un des protagonistes a l'art de se fourrer bêtement dans la gueule du loup !), mais le traitement des thèmes ne m'a pas plu dans la mesure où la composante scientifique se mêle aux délires mystiques d'un homme possédé par des convictions religieuses le rattachant aux divinités phéniciennes, comme s'il avait fallu à l'auteur, pour justifier les monstruosités commises au nom de la science, le recours partiel à l'explication par la folie. A mon sens, le roman y perd en efficacité car il m'a été impossible de concevoir comme vraisemblable ce qu'il présentait (alors que je suis plutôt un lecteur de SF bon public, prêt à admettre des tas d'hypothèses futuristes), tant les données scientifiques intéressantes fournies étaient régulièrement noyées au milieu d'un salmigondis de propos d'illuminé frappadingue (ce qui ne l'empêche pas d'être redoutablement intelligent, retors, manipulateur) au comportement répugnant. Bref, cette tonalité spécifique a pour moi déteint sur le reste et m'a conduite à discréditer le tout, jetant ainsi le bébé avec l'eau du bain. A noter, d'ailleurs, que l'aspect "Marketing viral", pourtant mis en exergue dans le titre, n'est qu'à peine évoqué au sein d'un ensemble de concepts relatifs aux évolutions possibles des biotechnologies et à leurs applications éventuelles.
Enfin, j'ai un peu achoppé sur le style, avec cette manière qu'a l'auteur d'insérer, entre deux guillemets ou en italique (là, c'est quand il veut insister), des bribes de phrases correspondant aux pensées-éclairs des personnages principaux, façon de faire que j'ai trouvée très artificielle.
"Marketing viral" est donc un roman qui ne m'a guère séduite, mais il s'agit là d'une appréciation très personnelle et je reconnais que le suspense m'a poussée à en achever rapidement la lecture. Il peut, j'en suis persuadée, tout à fait plaire pour le côté thriller efficace à partir de terrifiantes supputations sur l'avenir de la biotechnologie mêlée à la nanotechnologie, dès lors qu'on n'est pas rebuté par les aspects mystiques et/ou malsains d'une partie de la narration.
"Marketing viral", Marin LEDUN
éditions Au diable vauvert (492 p)
Le blog de l'auteur.
La liseuse a beaucoup apprécié ce roman, dont elle souligne les qualités (narration efficace, écriture énergique et très visuelle, écrivain poussant le lecteur à la réflexion).
1. Laetitia la liseuse le 17-05-2009 à 12:06:04 (site)
Comme quoi les goûts et les couleurs... c'est vrai que l'auteur n'a pas fait dans la dentelle. La partie mystique n'était pas tant indispensable à la réussite du bouquin mais elle apporte une dimension différente.
3. keisha le 17-05-2009 à 14:33:20 (site)
Chouette, je vais passer!
Blog it: j'espère que tu vas les aimer , ces pavés, même si , c'est vrai ce n'est pas bien raisonnable...
4. Karine:) le 17-05-2009 à 16:24:18 (site)
Je vais passer aussi... pour que j'aime le glauque, il faut que ce soit vraiment un truc très weird... et je ne pense pas que ça corresponde!!
5. floaimelesmots le 17-05-2009 à 21:17:47 (site)
le glauque, ce n'est pas trop pour moi. Je passe vite ! Bonne soirée.
6. ChoupynettedeRestin le 17-05-2009 à 21:29:22 (site)
De Ledun, j'avais lu Modus Operandi, qui était pas mal du tout, mais qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, vu que je serais bien en peine de te dire de quoi il parle...
)
7. Restling le 17-05-2009 à 21:42:32 (site)
Bon alors moi je passe mais pour une autre raison : je déteste les personnages qui ont le chic pour se jeter dans la gueule du loup, un peu de subtilité que diable !!! :-)
9. sylvielectures le 18-05-2009 à 10:11:10 (site)
le titre et le sujet pouvait m'attirer, mais à la lecture de ton billet, je passe
10. brize le 18-05-2009 à 11:59:22 (site)
@ TOUTES : Mon billet est, j'en suis consciente, partiel et partial, même si je me suis efforcée de ne pas occulter les qualités de ce roman, bien mises en avant par La Liseuse. Compte tenu de ce qui m'a gênée dans ma lecture, je n'arrive pas, sur ce coup-là, à vous dire d'aller, quand même, vérifier par vous-mêmes que ce roman ne vous convient pas.
@ Keisha : Pour "Le tueur aveugle", comme je le dis dans mon blog-it (mais je préciserai dans mon billet au sujet de ce roman), je n'ai pas été conquise.
J'ai repris la lecture de "L'Ombre en fuite" et, là aussi, je suis très mitigée (pas de chance, avec mes deux pavés consécutifs, dont les qualités ne suffisent pas à emporter mon adhésion).
@ Choupynette : D'après ce que j'avais lu au sujet de "Modus Operandi", ça avait déjà l'air un peu glauque. Mais j'ai cru que ce serait différent avec cet opus-ci;
@ Restling : Je te rassure, ça n'arrive qu'une seule fois dans le roman !
11. Lilibook le 18-05-2009 à 14:31:02 (site)
J'aime les romans policier - thrillers mais là ça m'a l'air vachement glauque donc moi aussi je passe mon tour.
12. Mango le 19-05-2009 à 09:30:42 (site)
J'ai eu suffisamment de déceptions dans mes lectures ces derniers temps! Merci de m'éviter celle-ci!
13. Mango le 19-05-2009 à 09:37:31 (site)
Je n'avais pas encore lu ton post-it! Je suis comme toi: je n'ai pas aimé non plus "Le tueur fou", à tel point que je ne l'ai même pas commenté. Il fait partie des livres mal aimés dont je te parlais!
14. brize le 19-05-2009 à 20:53:31 (site)
@ Lilibook : Comme je le disais plus haut, pour celui-ci, je ne vais pas insister en te conseillant d'aller te faire ta propre opinion.
@ Mango : Pour moi aussi, en ce moment, c'est en dents de scie, pour ce qui est de la satisfaction ressentie au niveau des lectures...
Quant à mon billet sur "Le tueur aveugle", j'ai tout ce que je veux dire noté en vrac : il faut encore que je mette en forme !
16. brize le 21-05-2009 à 13:42:53 (site)
Ys, je n'en doute pas, mais je pense aussi que tu es plus imperméable/endurante que moi, donc ce qui m'a rebutée ne devrait pas te gêner autant
.
17. M.L. le 21-05-2009 à 14:49:41
Bonjour Brize,
Un commentaire de lecture pour le moins précis et argumenté (dans le bon comme dans le moins bon) et je vous en remercie. Heureusement pour moi, d'autres ont apprécié (rires), mais votre franchise souligne des tas de questions que je me suis posé pendant l'écriture de ce roman et cela m'intéresse de voir comment les réponses que je leur ai apportées sont perçues. Quelques petites précisions, tout aussi partiales, je l'avoue, pour alimenter le débat (non pour remettre en cause votre argumentaire).
Tout d'abord et avant tout, en dépit de certaines scènes difficiles psychologiquement, je ne dirais pas de ce roman qu'il est "glauque" ou "malsain" ou encore "trash", ou alors, c'est que la vie humaine l'est dans son ensemble, en particulier telle qu'elle est mise en scène dans le roman noir en général, la science-fiction ou le "thriller". Vous aurez compris que les scènes auxquelles vous faites allusion ne sont jamais gratuites, et servent à camper les personnages de Jézabel et de Sahar. Mon objectif est symbolique : pointer du doigt le rapport incestueux qui existe entre progrès scientifique et société humaine. La bombe atomique ou les excès contemporains de l'industrie agro-alimentaire en sont de très bons exemples. J'espère ne pas tomber tout de même dans le "gore" ou le "trash". J'ai en tout cas pris garde de ne pas trop m'y aventurer. Ces scènes représentent, je crois, à peine 10 pages sur 500, ce qui est peu, vous en conviendrez. Des livres comme le Silence des Agneaux ou les Rivières Pourpres me semblent entrer dans les détails sordides de manière autrement plus violente.
Quant à l'aspect mystique du livre, c'est vrai qu'il est omniprésent. C'est un choix. Pourquoi ? Et bien sans doute parce que la question des bio et nanotechnologies est posée telle quelle aujourd'hui. Il y a bien sûr le côté technique et scientifique, expériences, recherche et développement, etc. dont on parle un peu dans les médias et dans des colloques spécialisés. Les avancées réelles ou supposées en matière de recherche en bio et nanotechnologies inspirent aussi les groupes les plus secteurs comme les raeliens, par exemple. Plus prosaïquement, de grands groupes industriels ou militaires s'y intéressent déjà aujourd'hui pour des applications extrêmement variées (alimentaire, surveillance, cosmétiques, etc.). Mais il y a aussi et surtout les croyances, l'idéologie, le mysticisme qui entourent ces questions. Pensez que certains chercheurs n'imaginent rien que moins que la substitution de l'homme par des machines autrement plus performantes. Imaginez que certains scientifiques ou hommes politiques très influents outre-atlantique expliquent le plus sérieusement du monde que l'homme n'est qu'une étape dans l'évolution de l'humanité, et que la machine ou le corps amélioré par la technologie en serait l'aboutissement ultime, quitte à l'aider un peu. Et ce ne sont pas les délires de quelques fous égarés sur la planète. Il y a derrière ces idées des gens influents, des lobbies industriels, des sectes, des groupes de pression, etc. Parmi les plus connus et les plus influents, vous avez ceux qui s'appellent les trans-humanistes, auxquels je fais constamment allusion dans le roman. Tapez simplement leur nom sur un moteur de recherche, et pour peu que vous lisiez l'anglais, vous découvrirez à quel point leur influence est grande aujourd'hui et leurs arguments absolument délirants. Dans Marketing Viral, je n'ai, malheureusement, pas inventé grand chose. Plus qu'un roman de SF ou d'imaginaire, c'est avant tout un roman très contemporain sur une question dont on parle finalement très peu, quand elle est au coeur des enjeux scientifiques, techniques et sociétaux de ce début de XXIème siècle. Des milliards y sont investis chaque année sans que personne ne sache vraiment où ni comment. Les propos de Sahar, par exemple, ne sont qu'un assemblage "façon puzzle" d'extraits de discours empruntés à des scientifiques au cours de colloques spécialisés ou des chercheurs ayant pignon sur rue. Certains étaient même tout simplement tirés d'articles de la presse nationale (Le Monde, Libération, Le Figaro, etc.). Pour "illuminé frappadingue" qu'il soit, Sahar n'est guère différent des leaders oeuvrant dans certains de ces groupes scientifiques, sectaires, ou les deux, croyez-moi.
Enfin, je suis heureux que l'aspect "thriller" vous ait plu. Les sujets que j'aborde ne sont pas simples, je le reconnais volontiers, et réussir à maintenir le lecteur en haleine jusqu'à la fin est une véritable gageure, et ceci d'autant plus qu'un bon roman, c'est avant tout : une histoire.
Amicalement,
M.L.
18. brize le 21-05-2009 à 18:43:11 (site)
@ Marin Ledun :
Tout d'abord, un grand merci pour ce sympathique et long commentaire, très éclairant.
Vous expliquez, en effet, qu'il existe réellement des mouvements influents visant à transformer l'homme par le biais des biotechnologies et qu'ils sont imprégnés de croyances plus ou moins mystiques reflétant leur foi dans un avenir de l'homme projeté hors des limites de sa seule nature. Je n'en avais jamais entendu parler (je connais, comme tout le monde, le mouvement raëlien, mais les transhumanistes, non). Peut-être aurait-il été bon (pour les lecteurs aussi ignorants que moi) de préciser cela dans une annexe (certains auteurs le font, je l'ai déjà noté), avec des références bibliographiques et/ou de sites internet, afin que la distinction apparaisse clairement entre ce qui, dans votre roman, relevait de la réalité et ce qui était du domaine de la fiction d'anticipation. De fait, j'ai cru issu de votre imagination ce que, dans le livre, vous dites des transhumanistes, alors qu'il s'agissait apparemment de la transposition littéraire, dans le cadre d'une projection prospective, d'une dérive que vous aviez détectée dans notre environnement contemporain, dérive que vous souhaitiez d'autant plus pointer du doigt que vous la saviez méconnue.
Malgré tout, je persiste à avoir l'impression que, si Sahar n'avait pas été fou, son projet (et celui des personnages auxquels il est lié, a priori sensés, eux) m'aurait paru plus crédible, plus vraisemblable et donc plus dangereux et alarmant, ce qui aurait rendu votre mise en garde plus percutante.
Pour ce qui est de l'aspect glauque-malsain, je sais qu'il s'agit d'une sensibilité très personnelle (et ma perception n'est pas liée au nombre de pages mais, dans le cas particulier de Jézabel, au fait qu'il s'agissait d'un parcours personnel avec des aperçus réguliers sur ce personnage et ce qu'elle endurait, dont j'ai souffert par empathie) : elle m'a conduite ainsi à délaisser Grangé (après "L'empire des loups") ou à ne pas (plus) lire certains thrillers. Il me semble d'ailleurs que mon seuil de tolérance a, au fil des années, diminué. Dommage pour moi, car je me prive ainsi d'histoires aussi rondement menées que celle que vous avez racontée dans "Marketing viral" (roman que je n'ai pas pu lâcher, malgré le malaise qu'il m'inspirait, alors que bien d'autres me tombent des mains). Et, vous avez raison, dans la majeure partie des cas, c'est l'histoire qui importe le plus dans un roman !
Amicalement,
Brize
19. M.L. le 21-05-2009 à 18:57:07
Bonsoir Brize,
Tout d'abord, je vous remercie pour votre réponse détaillée. La question du sourçage documentaire directement sur le roman s'est posée. Certains le font en effet. Je me suis contenté de faire des liens sur mon blog, considérant, comme dit plus haut, que l'histoire primait, et que le lecteur devait rester libre de prendre le livre comme une pure fiction (ce qu'il est d'une certaine manière) ou comme un appui à la réflexion. Le côté scientifique du roman (termes, théories, etc.) est suffisamment lourd, sans doute est-il inutile d'en rajouter une couche. Mais ce que vous dites sur les transhumanistes est extrêmement intéressant pour moi : je mesure à quel point, y compris pour des personnes comme vous qui lisez beaucoup, les recherches menées en bio et nanotechnologies, les groupes qui les supportent, et les dérives sectaires qui y sont fortement liées sont inconnus ou presque du grand public, en dépit de nombreux romans d'anticipation écrits sur le sujet, d'articles de journaux ou de sites spécialisés (je vous conseille à ce sujet l'excellent site de Pièces et Main d'Oeuvre, fait par des grenoblois qui ne manient pas la langue de bois et qui disposent d'une considérable base de données sur la question - Grenoble, avec le centre Minatec, étant l'un des plus gros centres de recherche sur la question en France et en Europe occidentale).
Il me faut maintenant préciser que "Marketing Viral" est le premier volet d'un projet plus large, autour de l'histoire de Jézabel, entre autres, et du marketing en général. La question sectaire (que je ne pouvais pas, selon moi, évacuer, même si, comme vous le précisez, le traitement que j'en fais peut et doit être discuté) et la violence (notamment sexuelleà qu'elle suppose ne seront plus qu'abordées, une fois posées dans ce premier volet. Gageons que vous préfèrerez ceux-ci et que je saurai être plus subtil. A venir dans quelques années. D'autres romans noirs paraîtront d'ici là. Si cela vous intéresse, j'en parle sur mon blog.
Bien cordialement,
Marin
20. brize le 21-05-2009 à 20:26:13 (site)
@ Marin Ledun :
Il est vrai que je me suis davantage intéressée aux nanotechnologies, notamment par le biais d’un roman de Michael Crichton, « La proie », qui véhiculait beaucoup d’informations intéressantes à ce sujet. Les biotechnologies, je les ai aussi abordées, en dehors de ce qu'on peut lire dans la presse, par l’intermédiaire des romans, mais dans leurs applications au domaine de la génétique, je ne me souviens pas avoir vu le mariage du matériel et de l’organique (chez l'homme)autrement qu’en science-fiction et non dans un contexte contemporain où des individus pourraient croire à ce genre d’entreprise (un vrai cauchemar !). Je ne manquerai donc pas d’aller visiter les sites que vous indiquez.
Compte tenu de ce que vous dites au sujet des romans qui feront suite à « Marketing viral »… peut-être que je me risquerai à lire au moins le premier, parce que je suis une incorrigible curieuse !
Cordialement,
Brize
21. mathias38 le 22-05-2009 à 15:10:54
Je n'ai pas pris la peine de lire "Marketing viral", car j'avais trouvé Modus Operandi avait quelque chose de malsain. Si seulement Marin Ledun, que je trouve tout de même "bon" dans son écriture pouvait épargner davantage les enfants dans ces romans, ce serait justement moins "glauque". Il ne s'agit pas de se voiler la face ou de nier les réalités de notre société, mais franchement ces romans ne seraient que plus agréables. Maintenant l'auteur écrit pour lui-même, il a le droit de faire fit de ses lecteurs potentiels.
22. brize le 26-05-2009 à 12:03:40 (site)
@ Matthias : Je m'étais moi aussi méfiée, car j'avais lu des billets au sujet de "Modus operandi" et j'avais compris que ce roman n'était pas pour moi. Je ne peux donc pas le comparer avec "Marketing viral": peut-être néanmoins que tu ne réagirais pas de la même manière que moi à la lecture de celui-ci, car l'enfance maltraitée n'est pas, ici, le thème principal du roman.
Imaginez une résidence pour personnes âgées flambant neuf, "Les Conviviales", composée de pavillons ocre disséminés autour d'une allée centrale bordée de petites voies adjacentes, l'ensemble représentant une arête de poisson, perdue au milieu de nulle part, dans le sud-est de la France. Au fond, un club house et sa piscine. Le tout doté d'une végétation chétive car juste plantée et, surtout, cerné d'un grillage pourvu d'un portail avec son vigile et de caméras de surveillance , qui en font un lieu parfaitement sécurisé. L'habitant y est rare, car les heureux résidents n'arrivent qu'au compte-gouttes.
Le premier couple, Martial et Odette, prend rapidement ses marques, s'ennuie un peu aussi et guette donc avec impatience la venue du deuxième couple, Maxime et Marlène, bientôt suivi de Léa, célibataire.
Le petit groupe organise sa vie quotidienne, ponctuée des animations périodiques organisées au club house par Nadine, intervenante salariée. .
Mais tout n'est pas parfaitement lisse dans ce microcosme et lorsque le gardien met en garde les résidents contre l'installation de gitans à proximité, la tension monte d'un cran...
L'auteur aborde avec intelligence un thème d'actualité, l'obsession sécuritaire, qui a notamment pour corollaire l'extension du phénomène des résidences privées surveillées. Il y joint une réflexion sur l'isolement des personnes âgées, porté à son comble lorsqu'en plus ils se terrent dans un lieu à part. Il évoque ces journées qui s'écoulent, sans intérêt ni but, comme hors du temps, sans ancrage dans le réel de la vie quotidienne avec les autres, dans un groupe social digne de ce nom : cette représentation de la vieillesse m'a paru sonner très juste et inciter à se poser les bonnes questions quant aux choix de vie qui se font à ce moment-là.
Au-delà de cet aspect des choses qui m'a frappée, on a affaire à un court roman caustique, enlevé et très habilement construit. Rapidement, au fil de petits incidents, le lecteur perçoit les failles présentes en chacun des protagonistes. L'inquiétude sourd, car le vernis de pseudo bonheur se fendille en même temps que l'apparente normalité des individus dévoile une zone, même minime, de trouble. Dès lors, le sentiment que les résidents sont tous, plus ou moins, au bord de la rupture et qu'il ne faudra pas grand-chose pour les y précipiter domine et le lecteur est dans l'expectative.
"Lune captive dans un œil mort" fut d'une lecture aisée. J'étais fascinée par ce qui se déroulait sous mes yeux (comme un naturaliste qui observerait le comportement de petites bestioles piégées dans un bocal), pressée de voir où l'auteur allait en venir... sauf que, après "La théorie du panda", il m'a semblé que plus rien ne pouvait me surprendre de sa part !
Il ne me reste qu'à espérer que cette progression vers un dérapage plus ou moins contrôlé ne tournera pas au procédé (mais d'aucuns me diront peut-être qu'il s'agit là d'une marque de fabrique).
"Lune captive dans un œil mort", Pascal GARNIER
éditions Zulma (155 p)
L'avis d'Amanda , Cathulu , Freude, Yv , In Cold Blog , Keisha , Floaimelesmots .
1. keisha le 14-05-2009 à 09:07:42 (site)
Obsession sécuritaire et isolement : oui, hélas, mais heureusement pas partout en France!
2. Neph le 14-05-2009 à 09:10:38 (site)
L'édtion est jolie, et l'histoire me plait, surtout qu'elle n'a pas l'air dénuée de tout suspense !
3. la Pyreneenne le 14-05-2009 à 10:12:54 (site)
Vous avez tous réussi à m' intriguer et à me tenter !
4. kathel le 14-05-2009 à 12:20:31 (site)
il est déjà noté car le sujet m'intéresse... et j'avais bien aimé "Comment va la douleur ?"
5. sentinelle le 14-05-2009 à 15:41:16
Voilà un auteur que j'ai très envie de découvrir !
6. floaimelesmots le 14-05-2009 à 16:31:05
J'aime beaucoup cet auteur et celui-là m'a tout autant plus que "la théorie du panda "et "comment va la douleur?"
7. aifelle le 14-05-2009 à 18:10:46 (site)
Plus je le vois sur les blogs, plus il me fait envie, mais je commencerais par "comment va la douleur" qui est dans ma PAL.
8. brize le 14-05-2009 à 20:15:56 (site)
@ Keisha : J'en entends parler mais, personnellement, je n'en connais d'ailleurs pas, des résidences de ce genre.
@ Neph : Oui, il y a un certain suspense !
@ La Pyrénéenne : On est très forts, pour ça !
@ Kathel et Floaime les mots : De l'auteur, j'avais seulement lu "La théorie du panda".
@ Sentinelle : Je crois que tous ses romans sont très courts, donc une incursion chez lui te prendrait peu de temps et je serais curieuse d'avoir ton avis.
@ Aifelle : Je ne connais pas du tout le thème de "Comment va la douleur".
9. manu-- le 14-05-2009 à 21:25:01 (site)
J'ai très très envie de découvrir cet écrivain. Evidemment pas dispo à la biblio. A quand la sortie en poche ?
10. Florinette le 15-05-2009 à 11:37:59 (site)
Ce que tu décris me fait penser un peu à son roman "La théorie du panda" que j'avais beaucoup aimé, je note vite celui-ci ! ;-)
11. freude le 15-05-2009 à 16:08:11 (site)
Un bon souvenir de lecture ! Il me tarde de continuer à découvrir cet auteur !
12. brize le 15-05-2009 à 17:59:09 (site)
@ Manu : Tu n'as pas de chance car, de mon côté, j'ai lu aussi bien "La théorie du panda" que celui-ci en les empruntant à la bibliothèque.
@ Florinette : Dans "La théorie du panda", les failles ne concernent pas tous les personnages... En tout cas, comme tu as aimé, cette "Lune captive ..." devrait beaucoup te plaire aussi.
@ Freude : Je suis plus réservée : finalement, je n'ai pas l'impression d'observer la vérité de personnes que je trouverais vraisemblables, c'est plutôt une espèce de jeu de massacre auquel l'auteur se livre et je pense que je m'en lasserai.
13. Restling le 15-05-2009 à 20:45:21 (site)
Ta dernière phrase m'intrigue et me donne envie de découvrir ce dérapage plus ou moins contrôlé par moi-même...
14. SD49 le 15-05-2009 à 20:53:50
j'ai lu celui ci et la theorie du panda, j'ai bien aimé les 2 mais je trouve dommage que les fins soient un peu similaires. il faudrait que je lise comment va la douleur.
15. Leiloona le 16-05-2009 à 10:36:46 (site)
Je pense d'abord lire "la théorie du panda". Tu as le don d'attiser ma curiosité (je ne savais pas que c'était un auteur qui surprenait ses lecteurs.).
16. brize le 16-05-2009 à 11:42:50 (site)
@ Restling : Un auteur à découvrir, c'est sûr !
@ SD49 : Moi aussi je trouve que ça devient, du coup, un peu prévisible et cela m'ennuie. Pas trop envie, au moins dans l'immédiat, de lire autre chose de cet auteur (cf aussi ce que j'ai dit plus haut à Freude). Si tu lis "Comment va la douleur", n'hésite pas à venir poster ici un petit commentaire comparatif, cela m'intéresserait.
@ Leiloona : J'aime bien attiser ta curiosité
! "La théorie du panda" m'a surprise
(cf mon billet au sujet de ce livre), c'est le moins qu'on puisse dire !
17. SYLIRE le 16-05-2009 à 11:56:00 (site)
Une lecture qui me tente bien, d'autant que j'avais lu et beaucoup aimé de lui "la théorie du panda"
18. Karine:) le 16-05-2009 à 13:54:34 (site)
Plus je lis de billets, plus je me dis qu'il faut que je le lise, celui-là!!!
19. SD49 le 16-05-2009 à 17:39:06
OK Brize; je l ai pris à la bib cet après midi,ce sera ma prochaine lecture. il y avait la braderie de la bibiolthèque j ai acheté 3 romans et 2 BD pour 5 euros !!!!!!! pas mal !!!
20. brize le 16-05-2009 à 18:37:55 (site)
@ Sylire : Dans ce cas, celui-ci devrait aussi te plaire.
@ Karine : Et tu te le dis fort justement !
@ SD49 : Génial ! 5 € pour tout ça, c'est une excellente pioche !
A bientôt pour ton avis comparatif (dans la série "J'ai testé pour vous !") de "Comment va la douleur" !
21. Yv le 17-05-2009 à 15:02:21 (site)
Je partage ton avis : procédé répétitif et facile ou marque de fabrique ?
22. liliba le 17-05-2009 à 17:12:22 (site)
Je préfère lire d'abord La théorie du panda qui est sur ma LAL depuis sa parution...
23. SD49 le 18-05-2009 à 11:38:17
ca y est j'ai fini Comment va la douleur ? il est une peu différent des deux autres dans le sens où il commence par la fin et ensuite on apprend comment les protagosnistes en sont arrivés là.
Très vite lu et pas désagréable.
J'entame L'amour comme par hasard.
24. brize le 18-05-2009 à 11:52:15 (site)
Merci pour cette information, SD 49 ! Je ne pensais pas que Pascal Garnier pouvait procéder de cette manière-là.
Je suis curieuse de savoir ce que tu penseras de "L'amour comme par hasard"
.
26. brize le 18-05-2009 à 11:56:49 (site)
@ Yv : oui, la question reste ouverte !
@ Liliba : De toute façon, si c'est le premier que tu lis de lui, cela te permettra de découvrir cet auteur.
@ SD49 : OK !
27. emili le 18-05-2009 à 21:09:40
J'entend dire beaucoup de bien de cet auteur que je ne connaissais pas du tout! Lune captive dans un oeil mort me tente bien.
28. brize le 18-05-2009 à 21:33:19 (site)
Dans ce cas, Emili, n'hésite pas à aller découvrir ce roman et l'auteur, par la même occasion (et bienvenue "Sur mes brizées"
!).
30. brize le 19-05-2009 à 20:55:20 (site)
Tu as raison de te fier à ton intuition, Mango : la plupart du temps, c'est elle qui nous conduit vers nos meilleures lectures !
31. george sand et moi le 21-05-2009 à 11:30:40 (site)
j'ai eu ce livre entre les mains à la librairie, il me tente beaucoup! merci pour cette critique très éclairante et précise!
33. Lucile le 24-05-2009 à 13:35:35 (site)
Le thème ne m'inspire pas trop, là comme ça... "La théorie du panda" me tente autrement plus. J'imagine que si j'accroche je reviendrai sur cet a priori, sachant qu'en plus tu as aimé!
34. brize le 24-05-2009 à 19:48:39 (site)
Disons que j'ai apprécié l'intelligence et l'habileté de l'auteur !
édité le 24-05-2009 à 19:49:22
35. Jean-Marc le 08-06-2009 à 15:36:19 (site)
Pour changer un peu de la théorie du Panda, je conseillerai bien l'A26, qui est très très sombre. Un vrai ristretto, du concentré de noir.
36. brize le 09-06-2009 à 12:41:36 (site)
Dans le genre noir (bon, c'est vrai, très partiellement), "La théorie du panda" n'est pas mal non plus ! Mais je note pour l'A26... et tu m'as appris un mot ("ristretto", j'avoue, je ne connaissais pas, j'en étais restée à l'expresso !).
Bienvenue "Sur mes brizées", Jean-Marc
!
Pat Coyne est policier (garda) à Dublin. Mais un policier atypique, persuadé qu'il lui incombe, personnellement, de nettoyer la ville de la sale engeance qui y traîne et notamment de Berti Cunningham et sa bande, qui continuent à passer entre les mailles du filet, quelles que soient les exactions commises.
Une telle situation ne peut plus durer : il est temps que s'applique la Justice de Coyne !
Pat Coyne est une sacrée figure de policier ! Tête brûlée, dont le courage approche la témérité, il ne ménage pas sa peine... et finit par complètement péter les plombs. C'est aussi une personnalité complexe, marquée par ses relations difficiles avec son père.
Non content d'être animé de la noble intention de chasser le crime hors de la ville, c'est un passionné de la cause environnementale... qui n'hésite pas à soûler son entourage avec ses connaissances en la matière, puisées dans la fréquentation assidue du National Geographic et des documentaires animaliers.
Trentenaire pas mal de sa personne, il est marié à Carmel, jeune femme qui pique des fous rire pour un rien et qui, dans ce (premier) volume, décide de développer ses dons pour la peinture et d'échapper ainsi un peu à son quotidien.
Tous deux s'aiment et ont trois enfants, occasionnellement gardés par leur grand-mère (la belle-mère de Pat, avec laquelle il n'a aucun atome crochu) et auxquels Pat Coyne raconte des histoires issues de son imagination débordante (au début du roman, il se représente d'ailleurs en héros qui se voit régulièrement par les yeux de spectateurs satisfaits ou non de ses prestations, applaudissant en conséquence... ou changeant de chaîne !).
Il n'y a pas d'intrigue à proprement parler mais un fil narratif tendu, basé sur la volonté du héros de mettre un terme aux agissements de Cunningham et sa bande. Et les péripéties qui s'ensuivent s'enchaînent sans temps mort, au cœur de Dublin, dont le portrait est plutôt noir : on est ici bien loin de l'Irlande romanesque !
Mais ce qui, à mon sens, représente le principal intérêt de ce roman, outre son atmosphère si particulière et le fait qu'on s'attache immédiatement au héros, même s'il est un peu barge, et à sa famille, c'est son style. L'écriture de Hugo Hamilton est speedée, triviale à bon escient, bourrée de notations humoristiques, parfois un brin décalées, avec du sarcasme et de l'autodérision à la pelle et parsemée de touches poétiques.
Deux extraits pour vous en donner une idée :
Les gosses étaient rentrés en classe mais Coyne gardait encore à l'esprit une image estivale assez triste : un cornet de glace à l'envers sur le trottoir avec une flaque blanche qui s'étend autour, un freux aux ailes anthracite esquintées qui penche le bec de côté pour s'abreuver à l'infortune d'un enfant. Coyne y voyait un symbole de l'invisible tragédie qui couve sous le corps social. Il était là pour veiller à ce que les ennemis du bonheur soient bannis. Il fallait bien quelqu'un pour se coltiner toute cette brutalité, cette misère. Et Coyne allait "faire le ménage", comme ne cesse de claironner la télé. Il allait vous mater cette racaille. Dézinguer les petits salopards. Le Dirty Harry de Dublin. Il avait une liste de noms en tête, le top ten des criminels du coin.
Chaque muscle du corps monté sur ressorts, prêt à l'action, Coyne était en état de vigilance cataleptique, en latence, tel un virus fatal prêt à s'abattre sur ces énergumènes.------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Coyne tenta encore une remise en forme. Le cross-country. [...] Il emmena toute la famille pique-niquer à Phoenix Park. Les enfants pourraient visiter le zoo pendant qu'il effectuerait un long parcours sur les six hectares de terrain.
Ah zut ! s'exclama-t-il dans la voiture, on a oublié de ramener mamie. C'était pas aujourd'hui qu'elle devait rentrer ?
Comment est-on censé interpréter ça ? lâcha Carmel d'un ton agacé.
Voilà Coyne qui jouait de nouveau pour la galerie. Espérant qu'enfin ses enfants seraient de son côté. Il se retourna et expliqua que mamie Gogarty venait du zoo qui l'avait laissée sortir en liberté provisoire. Et que lui, il devait signer un document déclarant qu'il assumait la responsabilité de Mamie.
Très drôle, répliqua Carmel. C'est de l'humour garda, hein ?
En fait... il faudrait tout citer car le roman est un festival d'une écriture aussi pittoresque et haute en couleurs que le héros, de formules à l'emporte-pièce, de considérations philosophico-environnementales et autres bigrement décoiffantes.
Sombre, tonique et souvent tragiquement drôle, absolument original, "Déjanté" est un coup de cœur, pour une écriture, un personnage et sa famille, une atmosphère.
A découvrir, sans aucune hésitation !
"Déjanté", de Hugo HAMILTON
éditions Phébus, collection Rayon Noir (234 p)
Et un grand merci à Keisha, dont le billet enthousiaste relatif à la suite des aventures de Pat Coyne, "Triste flic" m'avait convaincue d'aller découvrir "Déjanté". Remontant le cours du temps, elle vient d'ailleurs de lire ce premier opus et de lui consacrer un billet, ici.
1. Neph le 11-05-2009 à 10:52:02 (site)
Ah, l'Irlande... Ca pourrait être une raison suffisante pour que je lise ce bouquin, tiens
Mais là, le reste de ton article est tout aussi convaincant, si ce n'est plus !
2. keisha le 11-05-2009 à 15:18:45 (site)
Youpi!!
Bon il te reste à découvrir triste flic aussi jouissif sinon plus, c'est dire!!!
les romans de Hamilton (Sang impur et ?) sont excellents aussi!Tu retrouveras sa plume , c'est plutôt autobiographique!
3. manu-- le 11-05-2009 à 21:40:15 (site)
Après Keisha, c'est toi ! Je dois résister ! Je n'arrive plus à gérer mes lectures, ça devient alarmant, mais je le garde en mémoire.
4. Karine :) le 12-05-2009 à 01:22:57 (site)
Écriture haute en couleur... j'avais repéré chez Keisha et là, je suis de plus en plus convaincue!!
5. Leiloona le 12-05-2009 à 09:48:25 (site)
C'est marrant cette alternance entre ces expressions bien modernes appartenant au langage courant et ces mots plus recherchés. A voir, donc ...
6. brize le 12-05-2009 à 13:12:03 (site)
@ Neph : C'est agréable de rédiger un article sur un livre qui nous a plu, en espérant que notre enthousiasme sera communicatif !
@ Keisha : Je suis moins convaincue pour les livres autobiographiques de l'auteur, au sujet desquels j'ai vu des critiques plus mitigées. En revanche, je lirai "Triste flic" dès que j'en aurai l'occasion, c'est sûr !
@ Manu : D'un autre côté, il vaut mieux avoir des tas de pistes de lectures, ce qui te permet de choisir en fonction de l'humeur du moment.
@ Karine : Tant mieux !
@ Leiloona : Un style qui a emporté mon adhésion... mais je suppose qu'il ne plaît pas à tous les coups, car il est particulier. En tout cas, comme tu le dis, c'est à voir !
7. Florinette le 13-05-2009 à 11:57:42 (site)
Un roman à l'atmosphère particulière, c'est fort tentant en plus comme il est un brin déjanté, impossible d'y résister ! ;-)
8. Lilibook le 13-05-2009 à 14:02:11 (site)
Ton billet est très intéressant. Cet atmosphère de polar que tu présentes me plaît bien.
9. Lilibook le 13-05-2009 à 14:03:45 (site)
Ouhhhhh, la faute d'ortoghraphe.....en voulant taper trop vite voilà ce qui arrive
. "Cet atmosphère"..... je remplace donc par Cette atmosphère bien évidemment.
Bonne journée.
10. brize le 14-05-2009 à 08:58:29 (site)
@ Florinette et Lilibook : Si l'atmosphère vous tente, il y a des chances que ce livre vous plaise !
(et ne t'inquiète pas, Lilibook, des fautes de frappe dans nos commentaires, on en fait tous, moi la première !).
14. brize le 18-05-2009 à 12:07:26 (site)
Le titre original est "Headbanger", dont je ne trouve pas la traduction, car ça doit être de l'argot, mais je suppose que le sens est proche de ce "Déjanté", qui correspond bien au personnage !
15. Lucile le 24-05-2009 à 13:45:02 (site)
Bon, bah là, pas le choix : je note! Bravo pour ton billet à l'enthousiasme communicatif!
16. brize le 24-05-2009 à 19:50:05 (site)
Si j'ai attiré ton attention sur ce titre, je m'en réjouis !
17. cynic63 le 19-06-2009 à 10:35:03 (site)
"Triste flic", c'est vraiment excellent. Ce'st à la fois drôle et méchant mais surtout écrit dans un style imparable
18. brize le 19-06-2009 à 19:39:54 (site)
J'ai prévu de lire aussi "Triste flic", d'ici quelque temps.
États-Unis, banlieue de San Francisco, 1953. Mariée depuis quatre ans, Pearlie Cook vit heureuse avec son mari, Holland, bel homme au cœur fragile et dont elle veille en conséquence à maintenir la vie domestique dans un état de quiétude permanente. Elle s'occupe de leur jeune fils, Sonny, soigné pour sa poliomyélite. Leur chien muet, Lyle, complète la maisonnée.
Un jour, un homme se présente chez elle. C'est Charles Drumer l'ancien patron et ami de son époux. Son arrivée va bouleverser le cours de leur existence...
Il ne faut surtout pas en savoir davantage lorsqu'on commence la lecture de cette histoire, dont le premier intérêt réside dans les révélations successives qui sont autant de coups de théâtre comme on les aime.
Le deuxième intérêt de ce roman est la représentation qu'il offre des années d'après-guerre. Pearlie narre, quelques décennies plus tard, ce qui arriva à son couple en 1953. Ainsi qu'elle le rappelle, l'image dominante concernant cette période de l'histoire des États-Unis est devenue celle du progrès matériel. Mais, pour elle, ce sont plutôt les tensions politico-sociales qui la caractérisaient. Dans cette époque de guerre froide et de chasse aux sorcières, les Juifs et les communistes (on est en plein procès des époux Rosenberg), comme les Noirs, faisaient sans conteste figures d'exclus, autant que les homosexuels ou les objecteurs de conscience pendant la seconde guerre mondiale et maintenant la guerre de Corée. Ces deux guerres, celle qui a laissé des traces physiques ou morales sur les individus et le conflit coréen encore inachevé, constituent des traumatismes dont une nation et ses individus ne se relèvent pas facilement.
L'aventure personnelle du couple s'inscrit dans ce contexte difficile, l'étude psychologique des personnages s'avérant le troisième aspect intéressant de l'ouvrage. Pourtant, paradoxalement, c'est aussi là qu'à mon avis le bât blesse. Car la narration s'effectue à partir du seul point de vue de l'épouse, dont le manque de communication avec son mari (même s'il n'est pas surprenant à cette époque) a fini par me sembler à la limite du vraisemblable. Or ces deux éléments sont précisément ceux qui permettent de justifier les péripéties et le dénouement.
"L'histoire d'un mariage" est donc un roman au style agréable, vibrant et prenant, ménageant des surprises de taille et ne laissant jamais deviner où il mène, que j'ai eu plaisir à lire mais aux ressorts psychologiques duquel j'ai, tout compte fait, un peu de mal à croire.
"L'histoire d'un mariage", Andrew Sean GREER
Editions de l'Olivier (273 p)
2. cathulu le 08-05-2009 à 14:16:46
De vraies surprises narratives en tout cas !
http://www.cathulu.com/archive/2009/03/09/femem-soigneuse-bonne-jardiniere-j-elaguais-les-rameaux-por.html
3. In Cold Blog le 08-05-2009 à 14:25:57 (site)
Ce roman me tentait bien mais le billet de Papillon m'avait un peu refroidi.
Le tien ravive mon intérêt. Je suis l'affaire, donc
4. kathel le 08-05-2009 à 14:58:00 (site)
Je l'avais déjà repéré aussi : un roman américain qui fait l'objet de plusieurs critiques positives, ça m'intéresse toujours ! ;-)
5. Ys le 08-05-2009 à 15:15:49 (site)
Je l'ai déjà noté, les coups de théâtre, j'aime ça ! Mais il me semble que je connais un des éléments essentiels du roman auquel tu ne fais pas allusion... mince, je lis trop les blogs !
7. brize le 08-05-2009 à 18:16:37 (site)
@ La Pyrénéenne, Kathel et Manu : Je pense qu'il mérite d'être lu, ce roman !
@ Cathulu :
, je me disais bien que ça ne me faisait pas tant de liens que ça (et j'avais lu et commenté ton billet) ! Mais comme ce n'est pas le titre du roman que tu as choisi comme titre de ton article (ce n'est pas un reproche, je trouve la citation très adaptée !), le moteur de recherche patine et ne te trouve pas, désolée !
@ InColdBlog : Je rejoins Papillon sur certaines de ses réserves et je pense être moins enthousiaste que les lectrices précédentes, mais ce roman m'a quand même bien plu.
@ Ys : Les billets que j'ai mis en lien n'en disent pas trop, aucun problème avec ça, heureusement, mais tu fréquentes plus du double de blogs que moi, donc le risque est plus grand de tomber sur des blogueurs qui spoilent (et, de mon côté, lorsque je constate que ça arrive, je passe une fois... et la deuxième fois, je supprime le blog en question de mon "Google Reader"
:eh oui, ça se passe comme ça chez Mac Brize, on a horreur d'en savoir trop sur l'histoire... notamment sur le dénouement, que certains, heureusement peu nombreux, je pense, n'hésitent pas à évoquer en termes pas du tout couverts).
édité le 08-05-2009 à 18:23:46
8. Florinette le 08-05-2009 à 18:42:48 (site)
Ce que tu dis donne envie d'en savoir un peu plus...Bon week-end Brize !
9. hathaway le 08-05-2009 à 19:54:51 (site)
je vais me laissé tenter... En plus j'aime beaucoup le titre =)
10. amandameyre le 08-05-2009 à 20:36:21 (site)
oh la la, mais j'ai peur de subir les foudres de Mac Brize
) bref... il m'a laissé un bon souvenir celui-ci (je me souviens surtout de Frisco en fait
11. brize le 08-05-2009 à 20:52:32 (site)
@ Florinette : C'était le but ! Bon week-end à toi aussi !
@ Hathaway : Et hop, un de plus de noté !
@ Amanda : C'est vrai que San Francisco tient sa place, dans le roman. Quant à ton blog, il fait partie des premiers que j'ai lus... et ça n'est pas près de changer (d'autant que le sinistre Mac Brize , surnommé, l'ai-je précisé, "L'Effaceur", n'y a jamais rien trouvé à redire !).
12. Leiloona le 09-05-2009 à 09:47:22 (site)
Et les blogs ne sont pas les seuls (même loin de là) à en dévoiler énormément, malheureusement.
(Enfin, je dis ça, mais peut-être que parfois j'en dis trop, je ne sais pas.)
Bon, quant au livre, il me fait penser à "Noces Rebelles".
Je le prendrai pour sa sortie en poche.
13. brize le 09-05-2009 à 09:56:20 (site)
C'est vrai, Leiloona, d'ailleurs en faisant un tour d'horizon sur internet après lecture de ce livre, j'ai effectivement constaté que certaines critiques journalistiques en disaient trop (ce qu'évite ici soigneusement de faire la 4ème de couverture).
"L'histoire d'un mariage" ne m'a pas fait penser à "Noces rebelles", je devrais dire "La fenêtre panoramique", (mais sans les avoir lus tous les deux et comme il s'agit du même pays à la même époque, je comprends que le rapprochement semble aller de soi), que je lui préfère, mais ça, c'est une appréciation très personnelle.
Et pour ton blog, je n'ai pas l'impression que tu en dises trop dans tes analyses (on peut analyser sans révéler des éléments-clés du roman qui ont besoin d'être tenus dans l'ombre pour garantir un certain suspense).
édité le 09-05-2009 à 09:58:06
14. Alwenn le 09-05-2009 à 12:25:48
Je note même si ton avis en demi-teinte ne m'ordonne pas de me jeter dessus. C'est la première fois que j'en entends parler. Je vais aller faire un tour sur les blogs que tu donnes en lien pour affiner mon idée.
15. brize le 09-05-2009 à 13:41:55 (site)
C'est chez Clarabel que j'avais repéré ce titre et j'avais très envie de le lire. Je l'ai ensuite suivi chez les autres blogueuses mises en liens, qui te donneront un éclairage complémentaire sur ce roman.
16. Aifelle le 09-05-2009 à 13:47:13 (site)
Je l'ai suivi aussi de blog en blog, noté, et je le lirai un jour. Ton avis, un peu moins enthousiaste que d'autres est très intéressant.
17. brize le 09-05-2009 à 13:53:04 (site)
@ Aifelle: il y a des romans comme ça, qui nous attirent et du coup on les suit à la trace sur les blogs !
Celui-ci, j'ai eu la chance de pouvoir l'emprunter facilement à la bibliothèque (en fait, j'ai été la première à l'emprunter, résultat de ma surveillance régulière du site internet de la bibliothèque : quand un livre m'intéresse, j'ai l'oeil !) et il se lit assez rapidement.
19. freude le 10-05-2009 à 18:17:53 (site)
L'aspect que tu décris sur l'environnement du livre me tente bien ! Je ne l'avais pas vu sur d'autres billets .
20. Brize le 10-05-2009 à 18:38:36 (site)
@ Paola Calvetti : Et une fois qu'on est plongé dedans, difficile de le lâcher !
Et me voilà toute confuse, Paola, de savoir que vous êtes passée sur mon blog et que vous avez sans doute lu mon billet au sujet de votre roman, que j'aurais aimé goûter davantage ... mais beaucoup de lecteurs l'apprécient en Italie comme en France.
@ Freude : Cet environnement influe directement sur le comportement des protagonistes, comme tu pourras le constater à la lecture du roman.
21. liliba le 10-05-2009 à 20:56:02 (site)
Je n'ai pas lu ce livre, mais pour ce que tu dis sur le manque de communication dans le couple qui t'a paru invraissemblable, je pense que quelqu'un de normal (toi, moi et quelques uns de nos lecteurs, entre autres...) ne pouvons pas nous imaginer ce qu'il en est réellement dans certains couples, même s'ils font bonne apparence à l'extérieur... Si on pouvait être une petite souris cachée sous l'oreiller, je crois vraiment que nous serions extrèmement surprises par certains couples, voire même carrément choquées parfois ! Il y a beaucoup de gens qui vivent ensemble sans avoir rien en commun et sans rien partager, et je suis sûre qu'il y en a beaucoup plus qu'on ne croit...
22. brize le 10-05-2009 à 21:04:32 (site)
Liliba, pour ce qui est du "secret des couples" (= leur vraie vie, ce qui les unit réellement... ou, justement, le défaut de leur union), tu prêches une convaincue : ce que nous voyons des couples ne reflète pas toujours leur intime vérité, il suffit pour s'en convaincre de constater comment certaines annonces de divorces surprennent l'entourage !
Et pour en revenir au roman qui nous occupe... eh bien, je ne peux pas en dire plus, tant que tu ne l'as pas lu !
23. Karine :) le 10-05-2009 à 22:17:47 (site)
Il est noté, celui-là!! J'ai lu plein de billets très - ou assez - positifs et c'est un thème qui me plait... pourquoi pas!
24. insatiable.lectrice le 11-05-2009 à 14:53:34 (site)
La médiathèque vient de l'acheter, je crois que je vais craquer ;-)
25. brize le 11-05-2009 à 18:45:23 (site)
@ Karine : Oui, il a du succès, ce roman !
@ Anne (Insatiable Lectrice) : N'hésite pas, c'est l'intérêt de pouvoir emprunter : au moins, si on n'aime pas ou que modérément, pas de regrets !
26. livr-esse le 14-05-2009 à 10:58:21
J'ai entendu de bons échos sur ce roman.
28. dasola le 14-05-2009 à 17:36:10 (site)
Bonjour, j'ai dit le bien que je pensais de ce roman le 01/04/99. C'est surtout le grand chapitre 1 qui m'a emballée. Après, comme on comprend la spécificité de l'histoire, l'attention se relâche un peu. Mais c'est vraiment bien. Bonne soirée.
29. brize le 15-05-2009 à 18:01:25 (site)
Compte tenu des particularités de l'histoire (et du procédé de révélations successives), je pense que c'est le genre de livre dont on se souvient.
30. Lucile le 24-05-2009 à 13:49:16 (site)
Malgré ton bémol sur l'aspect psychologique, je suis bien tentée aussi... A voir selon les prochains échos que j'en aurai...
31. brize le 24-05-2009 à 19:51:13 (site)
Oui, il y aura encore de nombreux échos, sans aucun doute.
32. Titine75 le 18-09-2009 à 14:52:26 (site)
Trop de surprises tue l'effet de surprise! Voilà la conclusion que j'ai tiré de ce roman qui néanmoins m'a plu. C'est vrai que les annonces sur Holland sont à la fin difficiles à avaler!
Présentation de l'éditeur : Guantanamo, on n'en sort pas facilement, et on s'en échappe encore moins. Mais Sam Adams est réputé pour ne rien faire comme tout le monde...
A la veille d'éblouir le Tout-New York avec son nouveau joujou - une fondation d'art contemporain en plein cœur de Manhattan - le redoutable milliardaire et maire de New York, Adhemar Thibodeaux jubile : le seul homme qui menace son pouvoir, le seul qui a suffisamment de preuves contre lui pour révéler ses crimes et le faire tomber, le détective-assureur Sam Adams, croupit, sur son ordre, dans les geôles de Guantanamo. Mais, tout puissant qu'il soit, Thibodeaux a tort de se croire débarrassé d'Adams, qui n'a rien oublié de ses années de soldat dans les forces spéciales...
Porté par l'élégance et le style de son héros, plein de flegme et d'humour, Harry Bellet nous entraîne dans un polar mené à cent à l'heure, de Cuba à New Yen passant par Moscou, Bonifacio, Langley (le siège de la CIA et même le ministère de l'intérieur, place Beauvau.
Parce que je n'ai pas su résister à la (sympathique) proposition de la BOB team, partenaire des éditions Robert Laffont, j'ai plongé directement dans le troisième volet des aventures de Sam Adams, sans avoir lu les deux précédents.
Ce coup-ci, contrairement à ce qui figure sur la couverture, il ne s'agit pas d'"Une nouvelle enquête de Sam Adams", mais des efforts que tous ceux qui le connaissent et l'apprécient vont déployer pour le faire sortir de Guantanamo, tandis que les autres, c'est-à-dire, essentiellement, celui qui a réussi à l'y faire enfermer, vont s'acharner à le faire taire définitivement. "Interrogé" dans le cadre de sa captivité (et on ne sort pas de Guantanamo facilement...), Sam Adams ne m'est donc malheureusement pas apparu sous le jour du "héros plein de flegme et d'humour" décrit plus haut, tel que j'aurais sans doute pu le connaître si je l'avais fréquenté dans les deux tomes décrivant les aventures l'ayant conduit à son dramatique emprisonnement ("L'affaire Dreyer" et "Carré noir"). La tonalité de cet opus-ci est en effet sombre.
Néanmoins, j'ai apprécié la technique de l'auteur : la narration est enlevée et maintient le suspense en permanence, au gré de séquences précédées d'une indication de date au sein desquelles alternent les chapitres courts, mentionnant chacun l'endroit où ils se déroulent (un peu comme dans les séries télévisées de ce type). Les personnages ont leurs caractéristiques (et leur caractère) bien à eux, une réelle originalité et certains suscitent notre sympathie. Il y a une "patte" Harry Bellet, c'est sûr, alliance maîtrisée des points que je viens d'évoquer et de considérations psycho-sociologiques tout à fait dignes d'intérêt sur l'art contemporain des pays parcourus, avec à l'occasion quelques notations descriptives sur les pays en question suffisantes pour que le lecteur s'y projette.
Voilà donc un auteur de romans policiers français, historien d'art de formation, que je suis ravie d'avoir découvert, comme je vous suggère à votre tour de le faire... mais pas à ma manière : j'ai eu l'impression de commencer à regarder une série en étant catapultée immédiatement au début de la saison 3. J'ai réussi, en gros, à reconstituer le puzzle des deux "saisons" antérieures, grâce aux indications fournies par l'auteur, mais quelle frustration de connaître la fin (provisoire ?) de ces aventures pleines de rebondissements sans les avoir suivies depuis leur origine, quand les personnages (quasiment tous sont récurrents) apparaissent puis se rencontrent, quand les amitiés (voire plus...) se nouent et les inimitiés se forgent !
Allez, si j'en ai l'occasion, j'irai faire un tour du côté des deux volumes précédents !
"Passage du vent", Harry BELLET
éditions Robert Laffont (293 p)
edit du 16/05 : L'avis de BiblioMan(u) ... très différent du mien ("[...] une farce grossière, mal fagotée, qui frôle le ridicule |...]") !
1. kesalul le 06-05-2009 à 09:56:35 (site)
Merci de ta participation Brize. Contente que ce livre dans son ensemble t'ai plu.
On te recontacte une prochaine fois?
Kesalul
2. kathel le 06-05-2009 à 12:57:11 (site)
Je ne connais pas du tout cet auteur, et je note les deux premiers... bien que le sujet du troisième et les lieux où il se passe me parlent beaucoup !
3. brize le 06-05-2009 à 13:15:08 (site)
@ Kesalul : Cela fait toujours plaisir de pouvoir parler en bien d'un auteur (français qui plus est) au sujet duquel je n'avais jusqu'à présent rien vu sur les blogs.
Partante (bien sûr !) pour de nouvelles propositions !
@ Kathel : Si ce tome-ci t'attire davantage, tu peux quand même le lire directement, c'est tout à fait faisable.
4. SD49 le 06-05-2009 à 14:46:01
bizarre, aucun livre de cet auteur dans le catalogue de ma bibliothèque, dommage !
5. Brize le 06-05-2009 à 19:20:38 (site)
Ici, ils ont le deuxième tome ("Carré noir") accessible pour moi dans une des annexes, alors que le premier n'est présent qu'à la bibliothèque centrale (à laquelle je ne me suis pas inscrite cette année car elle est trop loin de chez moi). Quant à la médiathèque de la ville voisine à laquelle je suis en revanche inscrite, c'est pareil que chez toi : ils ne connaissent pas !
8. Brize le 10-05-2009 à 18:18:10 (site)
@ Pom' : Si tu en as la possibilité, c'est mieux, à mon avis, de commencer avec le premier.
@ Thaïs : Bonne (future) lecture et à bientôt !
11. brize le 11-05-2009 à 18:11:29 (site)
@ Freude : Il me semble que cet enquêteur atypique (spécialisé dans l’art) doit gagner à être connu !
@ Liliba, de toute façon, on ne peut pas tout lire !
12. BiblioMan(u) le 16-05-2009 à 10:14:47 (site)
Une fois de plus, nous n'avons pas eu la même vision du livre. Ce qui bien sûr, ne veut pas dire que je n'adhère pas à tous tes billets. Il y a certains des livres que tu as commentés sur lesquels je suis prêt à foncer tête baissée :O) J'ai mis ton billet en lien aussi.
13. brize le 16-05-2009 à 12:04:33 (site)
@ BiblioMan(u) : Heureusement que c'est la même couverture, sinon on pourrait se demander si on a lu le même livre
, en particulier parce que j'en ai retenu le côté sombre, qui a totalement occulté pour moi l'humour dont tu fais état.
Mais, après tout, nos commentaires se complètent en se nuançant (fortement !) l'un l'autre !!!
Et, même si ces temps-ci ce n'est pas le cas, il arrive plus souvent (pour me rassurer, je viens de le vérifier en faisant un tour sur ton blog !) que nos avis se rejoignent sur nos lectures communes, comme pour "Zen City", les romans de W.G. Tapply, "Swap", "La mémoire fantôme, "La déclaration"...
14. Lucile le 24-05-2009 à 13:55:08 (site)
Le nom de l'auteur est donc à retenir... Je vais m'y essayer!
15. brize le 24-05-2009 à 19:52:43 (site)
En essayant de commencer par le commencement, pas comme moi !
Italie, à Milan, en 2000.
A cinquante ans, Emma, divorcée et mère d'un garçon de dix-sept ans, prend un tournant radical dans sa vie en décidant d'ouvrir une petite librairie uniquement consacrée aux romans d'amour, "Rêves et sortilèges". Peu de temps après, elle renoue avec Federico, un ancien amour de jeunesse, architecte marié vivant maintenant à New-York. Entre eux deux s'installe une relation épistolaire secrète, qui prend bientôt autant d'importance dans la vie d'Emma que le développement de sa librairie...
Lorsque j'ai accepté la proposition de chez-les-filles.com de recevoir ce roman des Presses de la Cité, ce fut après en avoir lu les premières pages, ici : l'écriture, le thème (et la couverture) ne me déplaisaient pas et un roman d'amour à l'air pas bête, en partie épistolaire qui plus est , à l'occasion... ça ne se refuse pas.
J'en ai donc entamé la lecture toute guillerette, charmée par les premiers pas de la narratrice dans le nouveau monde qu'est sa petite librairie (même si je n'adhère pas à son concept romans d'amour exclusivement), sa manière de composer les vitrines, sa relation avec les livres et leurs lecteurs etc. Les retrouvailles avec l'ancien amoureux, le coup du "tu n'as pas changé", trente ans après, pourquoi pas, il y a effectivement des gens qui changent peu physiquement (en quantité sans doute moindre dans la vie réelle que dans les romans) et les deux cœurs immédiatement à nouveau au diapason, malgré les années écoulées, là aussi pourquoi pas.
J'ai gentiment poursuivi mon petit bonhomme de chemin... sauf que j'ai commencé à me demander, au bout d'un moment, quel allait être le ressort dramatique permettant à ce roman de tenir sur la durée (ça, c'est bien évidemment parce que je sentais que, moi, je n'étais pas vraiment captivée et que je m'essoufflais pour ne pas dire que je m'ennuyais un peu, malgré un certain intérêt pour la vie de la librairie et un intérêt bien moindre pour une histoire d'amour stagnante).
Déjà, j'avais noté chez moi une fâcheuse tendance à survoler puis à carrément zapper les lettres de Federico, lorsqu'il partait dans ses anecdotes historico-architecturales. Mauvais signe. Arrivée malgré tout au milieu du roman, j'ai commis l'irréparable (ce qui, contrairement à ce que quelqu'un de mon entourage proche prétend, ne m'arrive qu'exceptionnellement) : je suis allée fureter plus loin (bon, oui, d'accord, vers la fin), pour voir quel serait le point d'arrivée (pour la date à laquelle ça finissait, euh... j'avais déjà été jeter un œil !). Au passage, j'ai chopé une scène-clé (dont je ne peux parler ici sous peine de spoiler mais dont je dirai seulement qu'elle m'a laissée particulièrement dubitative), le tout ne m'a pas vraiment motivée pour poursuivre.
Je suis donc revenue en arrière et, par acquis de conscience (histoire de vérifer que je ne ratais rien de capital), j'ai parcouru en diagonale (balayant les pages d'un œil vigilant) la seconde partie du roman.
Bilan ? Un livre sans aucun doute plaisant, bien rédigé, faisant preuve d'une grande culture littéraire (mais, paradoxalement, j'ai aussi sauté des passages relatifs à la littérature, qui n'avaient pas forcément l'art et la manière de me séduire... ) et qui caresse dans le sens du poil toutes les lectrices rêvant d'une petite librairie avec salon de thé intégré délicieusement cosy.
Cependant, pour ce qui concerne l'histoire d'amour, Federico (à cinquante ans passés, quand même), reste bloqué dans son mariage, état de fait sans lequel le roman n'aurait pas lieu d'être mais qui, à mon sens, tient davantage du trivial que du romanesque : heureusement qu'il y a une correspondance sous forme de lettres (et non d'e-mails), qui donne une petite couleur romantique à cette aventure .
Enfin et c'est là, pour ce qui me concerne, le point qui fut bloquant, l'histoire s'étire en longueur et manque cruellement de tension dramatique, puisque la seule question que le lecteur se pose est : "Bon, alors, cette histoire d'amour à distance, elle va durer longtemps ?". Et il faut croire que j'ai trop lu de thrillers ces temps-ci, car le rythme normal de l'écoulement des jours ne me convient guère !
"L'amour est à la lettre A" fut donc une lecture dans un premier temps agréable et sensible, pimentée par le développement (idéal !) de la librairie "Rêves et sortilèges", mais pas suffisamment motivante pour qu'elle réussisse à capter durablement mon attention.
"L'Amour est à la lettre A", Paola CALVETTI
Presses de la Cité (380 p)
Cryssilda n'y va pas par quatre chemins : "Le roman rassemble tous les éléments qui font pour moi un mauvais livre...". Hathaway n'a pas été séduite : "[...] même si j'ai apprécié certains romans d'amour dans le passé, sur ce coup-là, j'ai été totalement hermétique", Restling non plus : "[...] je n'ai pas du tout été embarquée par ce roman semi-épistolaire".
Pom' a trouvé la lecture plaisante mais s'attendait à mieux. Cuné relève certes des imperfections mais "En tant qu'amoureuse des livres [...] déclare solennellement ce roman sympathique". Virginie a été conquise : "Ce roman est un vrai petit bijou !" et Doriane la rejoint dans cette appréciation.
1. la Pyreneenne le 04-05-2009 à 08:38:53 (site)
J' ai l' impression que que les avis sont dans l' ensemble plus négatifs que positifs !
2. keisha le 04-05-2009 à 08:45:53 (site)
Avis fort divers... Mais je ne l'ai pas lu!
Pourtant au départ l'idée était bien, non?
Sur ton en passant: j'ai lu aussi Déjanté (et sa suite) et Lune captive. Aimé beaucoup ces deux là, alors bonne lecture!
3. SD49 le 04-05-2009 à 10:23:25
J'ai tellement de livres sur ma LAL que je n'y ajouterai pas celui-là. J'ai bien aimé Lune captive dans un oeil mort comme la théorie du panda du meme auteur.
4. Alwenn le 04-05-2009 à 11:54:36
Bon décidément, après tous les avis que je lis sur la blogo, je crois que je passe mon tour définitivement...
5. kathel le 04-05-2009 à 12:00:44 (site)
Au moins, je n'ai pas de regrets de ne pas avoir reçu de proposition pour ce livre !
6. Hathaway le 04-05-2009 à 12:12:31 (site)
J'avais hâte de connaître ton avis et ton avis est très bien fait !
J'ai prêté le livre à ma maman, elle peine, elle aussi.
7. Aifelle le 04-05-2009 à 12:55:39 (site)
J'ai presque terminé la lecture de ce roman, je reviendrai à ton billet après. Je pense que je serai moins sévère que toi.
8. brize le 04-05-2009 à 13:38:05 (site)
@ La Pyrénéenne et Alwenn : Attendons de voir : je n'ai recensé que les avis dont j'ai eu connaissance et d'autres vont continuer à paraître.
@ Keisha : C'est surtout l'idée de la librairie qui m'avait séduite (même si une librairie consacrée aux romans en général m'aurait davantage convenu) !
C'est ton billet sur "Triste flic", de Hugo Hamilton qui m'a donné envie de lire le précédent, "Déjanté" (j'avais d'ailleurs cru comprendre que, celui-ci, tu ne l'avais pas lu), pour y faire la connaissance du héros récurrent, Pat Coyne. Et je ne regrette pas cette découverte, que je te dois !
@ SD49 : Tu verras, il y a des avis divergents sur d'autres blogs... alors tu finiras peut-être par le rajouter quand même sur ta LAL !
Apprécié aussi "Lune captive dans un oeil mort" (cf mon billet à venir).
@ Kathel : Elle pourrait encore venir, cette proposition !
@ Hathaway : J'ai hésité à laisser ce billet tel quel, parce que je le trouvais un peu long pour une lecture inachevée. Mais je souhaitais rendre compte de l'évolution de ma perception du roman et expliquer pourquoi je l'ai laissé en cours de route, alors que je partais avec un a priori favorable et l'envie qu'il me plaise.
Je l'aurais volontiers prêté à ma maman, si elle habitait plus près, pour avoir son avis. Ce sera pour les prochaines vacances : en attendant, il va faire le tour de mon cercle de lecture (je vais veiller à ne pas les dissuader de le lire... et comme toutes ne fréquentent pas ce blog, ça devrait être possible !), parce qu'il peut très bien plaire, comme le montrent les échos divers qu'il recueille dans la blogosphère.
@ Aifelle : Euh... je t'assure que j'ai essayé de ne pas être trop sévère, en collant au mieux à ce que j'avais ressenti en cours de lecture !
9. pom' le 04-05-2009 à 18:42:22 (site)
l'histoire d'amour et son final m'a fait finir ce livre mais il est parfois monotone.
10. Leiloona le 04-05-2009 à 23:09:02 (site)
Je passe moi aussi. Déjà qu'il ne me disait rien sans le connaître ...
11. Karine :) le 05-05-2009 à 12:52:15 (site)
Le thème me plait tout à fait... et au départ, j'étais super déçue qu'on ne me l'ait pas proposé (chez les filles me boude!!) mais plus ça va, plus je me dis que bon, c'est peut-être pas la fin du monde après tout!
12. floaimelesmots le 05-05-2009 à 18:15:17
Et bien, un de moins sur ma LAL !
13. brize le 05-05-2009 à 20:34:18 (site)
@ Pom' : Comme toi j'avais envie de savoir comment cette histoire allait finir... mais j'ai aussi trouvé qu'elle manquait un peu de rythme !
@ Leiloona : Dans ce cas, il vaut mieux effectivement ne pas insister, il y a assez d'autres livres qui t'attendent !
@ Karine : Oui, je pense que tu pourras survivre à cette non-lecture... encore que
?!!!
@ Floaimelesmots : Est-ce bien raisonnable ? Ce livre plaît pas mal, quand même
!
14. pralinerie le 05-05-2009 à 20:52:30 (site)
Bon, je ne l'ai toujours pas commencé et les critiques que je croise ne me donnent pas très envie...
15. george sand et moi le 07-05-2009 à 13:58:53 (site)
En ce moment il y a de nombreux romans qui parlent de librairie... le lieu devient sujet romanesque!j'ai également entendu parler de "Au beau roman" de Cosset, qui parle d'une librairie consacrée uniquement aux chefs-d'oeuvre de la littérature, je ne sais pas ce qu'il vaut! le connais-tu ?
16. brize le 07-05-2009 à 14:09:03 (site)
@ Praline : Il te plaira peut-être... je serais bien incapable de le prévoir (et je vais guetter ton billet pour en avoir le coeur net ) !
@ George Sand et moi : J'ai moi aussi vu des billets au sujet de "Au bon roman", qui ne m'attire pas trop. Comme toi, j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de livres autour des livres ou de la littérature en général. Davantage qu'avant ou bien y sommes-nous plus sensibles parce que nous les voyons dans la blogosphère littéraire ? Je ne sais pas mais j'ai tendance, peut-être à tort, à finir par me méfier de cette thématique en craignant qu'elle ne soit un moyen pour l'auteur de masquer un manque d'inspiration pour parler d'autre chose que ce que lui et ses lecteurs potentiels connaissent bien et aiment : les livres (avec en plus l'impression qu'on tourne en circuit fermé et que la littérature ne permet pas de s'ouvrir ainsi sur autre chose que sur elle-même).
17. Cryssilda le 07-05-2009 à 17:51:03 (site)
Ah la la, tous vos billets me rassurent !
Très amusant ton billet, tu lances un truc pas trop dur, pis hop, tu nous fait une pirouette et finalement ça devient plus cignlant
18. brize le 07-05-2009 à 22:05:28 (site)
Cinglante, moi ? C'est pas (du tout !) mon style
!!! (et ravie que mon billet t'ait plu... davantage que le roman
?!).
19. Laetitia la liseuse le 08-05-2009 à 10:10:31 (site)
c'est beaucoup d'attente pour pas grand chose apparemment ! dommage. l'histoire avait l'air sympathique.
20. brize le 08-05-2009 à 11:48:32 (site)
Laëtitia, j'ai été déçue, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde (d'ailleurs, en Italie, le livre a rencontré un beau succès) et l'histoire n'est pas désagréable : la seule solution pour savoir si ça te plaît ou non sera donc de tenter
!
21. liliba le 10-05-2009 à 20:58:48 (site)
Je rêve d'une librairie avec salon de thé cosy ! Mais je n'ai pas lu ce livre, et au vu des billets lus précédemment, plus du tien, je ne vais pas le noter, celui-ci !
22. brize le 10-05-2009 à 21:10:02 (site)
A ta place, Liliba, je lui laisserais sa chance, car les avis sont partagés et si ça se trouve il te plaira malgré tout.
23. Restling le 15-05-2009 à 20:48:16 (site)
Je n'ai pas trop apprécié non plus ce roman, je me suis plutôt ennuyée en me demandant comme toi, si il allait bientôt se passer quelque chose !
24. brize le 16-05-2009 à 12:09:03 (site)
Restling, je confesse humblement que j'ai un faible pour les romans où on tourne les pages sans problème, parce qu'il s'y passe toujours quelque chose !
1550, à Valladolid (Espagne) Le philosophe Sepulveda s'est vu refuser la publication en Espagne d'un livre qu'il a fait paraître en Italie : "Des justes causes de la guerre". Il souhaite que l'Église revienne sur ce veto qu'elle a formulé et fait appel.
Une commission de théologiens est donc convoquée à Valladolid. Présidée par le légat du pape, le cardinal Roncieri, il lui incombera de donner ou non son aval à cette publication. Le dominicain Bartolomé de Las Casas, qui a passé la majeure partie de sa vie en Amérique, représente ceux qui s'opposent aux thèses de Sepulveda, selon lesquelles la colonisation par le fer et dans le sang était juste et justifiée.
Pour y voir plus clair, il importe de répondre à une question fondamentale, objet de la controverse : les indigènes sont-ils ou non des humains, créatures de Dieu ?
Dans le prologue, l'auteur, historien de formation, explique très précisément comment il a utilisé des données historiques réelles pour en faire un roman, distinguant ce qui correspond à l'exacte vérité factuelle et ce qui relève de la mise en scène romancée : j'ai beaucoup apprécié ces quelques éclaircissements, grâce auxquels on situe sans ambiguïté l'œuvre dans son dessein et sa réalisation.
Le premier chapitre présente un rappel historique permettant d'appréhender au mieux le contexte spécifique de la controverse. Y sont évoquées les différentes phases de la colonisation espagnole du Mexique et plus généralement des territoires de l'Amérique du Sud, avec comme corollaire l'anéantissement des empires aztèques et mayas (et donc des civilisations qu'on appellera ensuite précolombiennes), ainsi que toutes les questions que les contemporains se posaient au sujet de la nature de ces étranges créatures d'allure humaine peuplant ces terres lointaines.
Le début de la controverse m'a surprise parce que Las Casas raconte les horreurs commises par les Espagnols lors de leur conquête et je ne m'attendais pas à de telles atrocités, à une telle barbarie.
Lorsque c'est au tour de Sepulveda d'intervenir, la "dispute" proprement dite démarre. Elle est brillante, impressionnante. Chaque adversaire maîtrise parfaitement ses arguments, même si, dans l'art de la rhétorique , c'est Sepulveda qui a l'avantage car c'est un être froid et calculateur, de logique pure, alors que Las Casas parle avec son cœur, de toute sa fougue, marqué par les expériences vécues. Les arguments évoqués par Sepulveda paraissent, à nos yeux de lecteurs du XXIème siècle, infiniment datés parce qu'ils reposent sur des concepts que nous ne pouvons plus maintenant accepter (et que Las Casas n'acceptait pas non plus). Mais c'est justement l'intérêt du livre : mesurer ce que l'esprit humain, pour justifier l'inacceptable, pouvait concevoir comme argumentation spécieuse (et on a du mal à imaginer qu'il y croyait vraiment), à partir des théories d'Aristote (sur la notion de peuples par nature esclaves car inférieurs, des sous-humains en quelque sorte) et/ ou de l'interprétation alambiquée de textes sacrés, par le recours à des syllogismes retors.
On ne s'ennuie pas une seconde, comme on pourrait le craindre en se disant qu'une joute verbale de ce type, quelle que soit sa qualité, va finir par nous lasser. En effet, la controverse proprement dite est en elle-même déjà intéressante et stimulante mais elle est aussi parfaitement maîtrisée dans sa construction et son rythme, avec notamment des épisodes de tension entre les deux protagonistes (dus en particulier à la bouillonnante personnalité de Las Casas), l'incertitude qui règne quant à son issue et donc le suspense qui en découle. Qui plus est, l'auteur y a inséré d'autres éléments de dramaturgie (introduction d'un objet puis de personnages extérieurs sujets d'expériences) propres à retenir l'attention du lecteur, car ils contribuent à mettre en scène la controverse comme une pièce de théâtre. Pris dans cette mécanique de précision, dont il ne peut qu'apprécier l'intelligence, le lecteur se laisse emporter jusqu'au dénouement, à double détente, qui ne manquera pas de le surprendre.
Un petit livre passionné et passionnant.
N.B : Il ne me reste plus qu'à guetter une rediffusion de l'adaptation télévisée (1) qui en a été faite (que je n'ai jamais vue), avec le superbe Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Las Casas, Jean-Louis Trintignant dans celui de Sepulveda et Jean Carmet dans celui du légat du pape (excusez du peu !), que j'imagine tous les trois parfaits dans leurs rôles respectifs!
(1) Renseignements pris (après le commentaire de Leiloona), apparemment, il y a d'abord eu le téléfilm, sur un scénario de Jean-Claude Carrière, puis le livre et quelques années plus tard l'adaptation sous forme d'une pièce de théâtre.
"La controverse de Valladolid", Jean-Claude Carrière
collection Pockett (253 p)
1. la Pyreneenne le 01-05-2009 à 11:12:08 (site)
J' avais beaucoup beaucoup aimé l' adaptation télévisée !
Bon 1er mai Brize ...
2. keisha le 01-05-2009 à 11:33:10 (site)
Débat intéressant! Ce n'est pas là qu'on suggérait de remplacer les indiens (qui ont une âme) par... (je ne veux pas spoiler!) ?
3. amandameyre le 01-05-2009 à 12:01:55 (site)
je l'ai lu il y a qq temps maintenant, mais j'en garde un bon souvenir et me dis souvent que je devrais le relire
4. brize le 01-05-2009 à 13:31:48 (site)
@ La Pyrénéenne : Je l'ai laissée passer à plusieurs reprises car je n'étais pas dans l'état d'esprit ad hoc pour la regarder à ce moment-là (ben oui, j'suis comme ça, faut tomber au bon moment !) ! Mais maintenant, j'ai TRES envie de la voir, parce que j'imagine que ce téléfilm doit être à la hauteur du livre, je dirais parfait !
Bon 1er mai à toi aussi !
@ Keisha : Chuuut
...., lectrice à l'excellente mémoire !!!
@ Amanda : ça ne m'étonne pas que tu aies envie de le relire : je trouve que, dans son genre, c'est vraiment un petit livre brillant.
5. Leiloona le 01-05-2009 à 15:30:05 (site)
Lu et relu dans le cadre du boulot. Un livre indispensable ! (Je préfère la pièce de théâtre au roman : écriture plus incisive.)
6. choupynette de restin le 01-05-2009 à 19:14:49
J'avais adoré le film, vu au lycée... jen e savais pas que c'était tiré d'un livre, mais du coup j'ai très envie de le lire!
7. Neph le 01-05-2009 à 19:42:16 (site)
Je l'avais aussi vu et lu au lycée, et même subi pour le bac : je l'ai redécouvert depuis ! Lire sous la contrainte, c'est un calvaire...
8. brize le 01-05-2009 à 19:57:30 (site)
@ Leilonna : J'ignorais qu'il y avait une pièce de théâtre : j'ai complété le Nota Bene de mon article en conséquence (mais la pièce doit ressembler beaucoup à la reprise des dialogues du téléfilm, non ?).
@ Choupynette : Tu vas sûrement apprécier, en retrouvant le plaisir du film !
@ Neph : Je ne risquais pas d'étudier ce livre pour le bac... étant donné qu'il n'était pas encore paru quand je l'ai passé ! Il me semblait vaguement, ce que les commentaires confirment, que l'œuvre était parfois étudiée au lycée. Pour ma part, c'est vrai que j'ai apprécié de la lire telle quelle, sans aucun appareil critique et sans avoir vraiment conscience de me plonger dans une œuvre "reconnue". A posteriori, je peux dire qu'à mon sens cette reconnaissance est amplement méritée.
9. Lilibook le 04-05-2009 à 13:26:22 (site)
Bonjour,
Je l'ai étudié au lycée et j'en garde un très bon souvenir.
10. brize le 04-05-2009 à 13:40:42 (site)
Cela ne m'étonne pas, Lilibook !
Et bienvenue "Sur mes brizées" et dans la blogosphère littéraire en général : je souhaite longue vie à ton jeune blog, que je découvre !
11. pom' le 04-05-2009 à 18:41:31 (site)
j'avais vu le film sans savoir qu'il y avait un livre, quand je l'ai acheté, je n'iai pas fait le rapprochement puis au fil de ma lecture je me suis rappelée ce film qui était rester si longtemps dans ma mémoire, du coup ce fut un double plaisir que j'ai ressenti avec cette lecture
12. brize le 04-05-2009 à 19:00:46 (site)
Pom', si tu as écrit un billet au sujet de ce livre, n'hésite pas à me communiquer le lien car j'ai cherché en vain sur ton blog (avec le moteur de recherche intégré).
13. céline de enlivrezvous le 05-05-2009 à 13:21:44 (site)
J'ai lu ce livre il y a déjà quelques années, et je me souviens l'avoir dévoré ! Toutes ces débats avaient stimulés ma petite tête d'adolescente !
14. dasola le 05-05-2009 à 15:08:55 (site)
Bonjour, où on apprend qu'il y a pire que d'être un indien "sauvage" : c'est ... J'ai vu la controverse en DVD et j'ai lu le livre après. Les deux sont très bien. Bonne après-midi.
15. brize le 05-05-2009 à 20:39:05 (site)
@ Céline : Une petite tête qui devait déjà être pas mal faite, je pense
!
@ Dasola : Tant pis : j'ai eu un petit espoir, en voyant que tu parlais d'un DVD...mais il ne figure pas au catalogue de la médiathèque que je fréquente ! Je patienterai donc, comme prévu, jusqu'à la prochaine rediffusion télé.
16. sylvielectures le 05-05-2009 à 21:57:42 (site)
Je m'étais juré de le lire après avoir vu une excellente adaptation à la TV... toujours pas fait, mais tu me fais comme une piqure de rappel!
18. sybilline le 12-05-2009 à 18:03:10 (site)
Ton billet est prodigieusement intéressant et je n'y résiste pas: Je note tout de suite, et en tête de liste, cette controverse brûlante!
19. brize le 12-05-2009 à 18:22:40 (site)
Sybilline, je suis pratiquement certaine qu'elle t'intéressera autant que cela a été le cas pour moi et je me réjouis par avance de connaître tes impressions/réactions !
La jeune Emily Pearl vit à Chichester, Angleterre, en 1897. Elle est la gouvernante de Terence, le fils de Lord Auskin, dont l'épouse est morte en donnant naissance à son enfant, huit ans plus tôt. Celui-ci porte les stigmates de sa venue difficile au monde puisque, s'il est d'une intelligence supérieure à la moyenne, sa santé est fragile et il est hydrocéphale.
Emily s'acquitte avec conscience de ses devoirs au sein de la maisonnée mais elle a le sentiment permanent d'être prisonnière de sa vie étriquée dans le manoir, pas loin de la ferme où ses parents, qu'elle méprise, se sont mis en tête de lui trouver un mari de sa condition.
Que n'a-t-elle le courage de suivre l'exemple de sa sœur, Virginia, qui a quitté le domicile familial pour vivre une vie dont elle lui retrace les péripéties au fur et à mesure des lettres qu'elle lui envoie régulièrement !
En attendant, Emily s'épanche dans ses carnets intimes où elle raconte tout ce qu'elle vit... et tout ce qu'elle imagine.
"Les Vies d'Emily Pearl" est un roman assez fascinant. L'écriture entremêle habilement les pensées de la narratrice, saisies au vol, et ses réflexions a posteriori, avec le récit de divers incidents ou événements, en y ajoutant les propos externes captés à l'occasion ou extraits des lettres reçues de sa sœur, sans rupture apparente du flux narratif (et sans qu'apparaisse distinctement ce qui figure ou non dans les carnets). Ainsi, on ne perçoit pas de différence entre la réalité représentée au premier plan et les autres éléments, tout se fond de manière fluide, comme dans l'esprit de l'héroïne qui rédige ses carnets en même temps qu'elle vit et continue à penser.
Mais derrière cette fluidité, le lecteur devine des failles, dès lors qu'Emily reconnaît qu'elle a tendance à mentir. Elle use d'ailleurs de ce défaut à dessein, imaginant à plusieurs reprises des faits qu'elle relate comme s'ils étaient vrais dans son carnet intime, le laissant ostensiblement traîner pour qu'il soit lu par Lord Auskin, en espérant que la suite des événements tournera comme elle l'entend. Et ça marche... parfois au-delà de ses espérances ou d'une manière telle qu'on se demande si elle n'a pas exécuté ce qu'elle accuse les autres d'avoir commis.
La jeune gouvernante n'est donc pas la frêle et naïve demoiselle qu'on pourrait attendre dans ce type de personnage romanesque. Elle est de chair (intensément, mais vit-elle ou imagine-t-elle ce qu'elle décrit ?), tourmentée par la pensée et les aventures de sa sœur (mais on en vient à douter pafois de l'existence de celle-ci), comme un double d'elle-même qui se serait affranchie des amarres la retenant naguère au port d'attache qu'était son lieu de naissance.
Récit social troublant, "Les Vies d'Emily Pearl" dépeint le quotidien d'une jeune fille dont le rapport à la réalité n'est jamais satisfaisant : Emily ne se contente pas d'un environnement sans surprise (et pourtant, il en recèle, des surprises, quand on découvre par exemple la personnalité atypique de Lady Anne !), elle le rejette, elle exige davantage de son existence et le lecteur se demande quand et comment elle parviendra à adapter sa vie à ses désirs. En même temps, il ne cesse de s'interroger sur la véracité de ses propos puisque le récit se focalise sur ce seul personnage, qui nous donne tout à voir.
"Les vies d'Emily Pearl" est un livre auquel je reconnais d'indéniables qualités. Cependant, la seule chose qui m'ait, au bout d'un moment, poussée à tourner les pages, était le désir qui m'animait de connaître le fin mot de cette histoire au goût un peu étrange, qui ne me déplaisait pas mais ne me captivait pas non plus, si bien que j'aurais pu en abandonner la lecture.
Je vous laisse essayer de deviner si le dénouvement a ou non répondu à mes attentes !
"Les Vies d'Emily Pearl", Cécile LADJALI
Actes Sud (191 p)
Les billets élogieux de Lou , Uncoindeblog , Restling , Karine:) , Lilly .
1. sybilline le 29-04-2009 à 10:20:09 (site)
A te lire, l'héroïne de ce roman est bien peu sympathique, elle qui est prisonnière non de de sa vie confinée au manoir mais de son propre repli sur elle-même ..
2. Leiloona le 29-04-2009 à 16:24:17 (site)
Il est dans ma PAL ... je verrai si je ressens la même chose que toi.
3. manu-- le 29-04-2009 à 18:03:15 (site)
J'ai très envie de lire ce roman. Et je m'interroge sur ta dernière question ! C'est très cruel de nous laisser mariner ainsi ! Mais le fait que tu ne le dises pas franchement me fait pencher vers une réponse négative, non?
4. chiffonnette le 29-04-2009 à 20:09:39 (site)
Un de mes abandons. Jer n'ai jamais réussi à m'intéresser à cette jeune femme!
5. brize le 29-04-2009 à 21:18:57 (site)
@ Sybilline : Elle est quand même, dans les faits, prisonnière de ce manoir dans lequel elle travaille et ce sentiment d'étouffer dans sa vie (au sens matériel) la conduit à se replier sur elle-même, mais parce qu'elle ne s'adapte pas à son environnement.
Quant à savoir si elle est ou non sympathique... j'avoue que ta question m'a prise de court, car je me suis rendu compte que je ne me l'étais pas posée, ne me situant pas sur ce plan-là. J'ai observé Emily avec curiosité (une curiosité d'entomologiste ?), sans ressentir d'empathie pour elle, mais sans la trouver antipathique non plus : pour moi, c'était plutôt une victime qui essayait, à sa (drôle de) manière, de s'en sortir. Mais il est sûr que certains de ses agissements ne permettent pas de la ranger du côté des personnes aimables, au sens propre du terme !
@ Leiloona : Jusqu'à présent, toutes les critiques étaient très positives (heureusement que Chiffonnette est venue signaler son abandon, ce qui prouve que ce roman ne plaît pas non plus systématiquement). Je serai curieuse de voir comment tu réagiras !
@ Manu : Attention : la réponse à la question (précise) de Manu peut (éventuellement) être considérée comme un SPOILER !
Effectivement, la réponse fut négative et, dans un premier temps, j'étais tellement agacée/frustrée que j'avais rédigé la fin de mon billet en conséquence. Puis, je me suis dit que les lecteurs potentiels ne voudraient pas forcément être informés à ce sujet... mais en fait, j'aurais bien aimé l'être, moi, donc j'ai entrouvert la porte, que tu viens de pousser, ce qui m'arrange.
@ Chiffonnette : Ah, je savais bien que j'avais noté un abandon dans un commentaire d'un des billets mis en lien ! Merci, Chiffonnette, d'être venue le signaler : j'ai peur qu'on se dise que je suis une lectrice incapable de goûter ce type de littérature (ce que je ne pense pas être), parce que j'ai moi aussi failli abandonner cette lecture (euh, pour être tout à fait franche, je l'aurais peut-être abandonnée si ce n'avait pas été un livre que j'avais acheté !).
6. Alwenn le 30-04-2009 à 00:38:21
J'arrive du blog de Pimpi qui en parle justement. Je ne l'avais que vaguement noté, mais du coup, avec vos deux avis coup sur coup, il ne me tente plus beaucoup... :/ Lecture agréable apparemment, mais pas forcément captivante... Mais moi en ce moment, j'ai envie d'être happée par mes lectures ! ^^
7. brize le 30-04-2009 à 12:31:26 (site)
Ben, là, Alwenn, c'est sûr, je ne peux pas te garantir que tu seras "happée" par ta lecture, même s'il s'agit sans conteste d'un roman digne d'intérêt (et qui a suscité l'enthousiasme d'autres lectrices).
8. Florinette le 01-05-2009 à 12:36:07 (site)
Mince alors, ce livre, j'en ai déjà pris note en pensant qu'il allait bien me plaire, mais ce que tu en dis me coupe dans mon élan...surtout qu'en plus je ne pense pas que le dénouement à vraiment répondu à tes attentes...Bon 1er mai Brize !
9. brize le 01-05-2009 à 12:38:33 (site)
Florinette, je pense qu'il faut goûter le livre tel qu'il est. Sans doute mon attente était-elle hors de propos par rapport au projet de l'écrivain.
10. les livres de George Sand et moi le 01-05-2009 à 12:41:25 (site)
Ce livre est dans ma PAL je crois que je te l'avais déjà dit ! ta note me donne encore plus envie de le lire !
12. Karine :) le 02-05-2009 à 03:41:22 (site)
Je l'ai beaucoup aimé quant à moi mais Pimpi l'a lu et n'a été que moyennement conquise par l'histoire... j'ai eu les mêmes questionnements que toi tout au long du roman... j'ai d'ailleurs décidé de ma réponse à tous mes questionnements, mais sans trop savoir si elle est réaliste ou non!
13. brize le 03-05-2009 à 21:41:33 (site)
Karine, dommage qu'on ne puisse pas se rencontrer pour comparer de vive voix nos interprétations respectives !!!
14. liliba le 10-05-2009 à 21:00:51 (site)
Je note ! Ce livre va me plaire, je le sens, et en plus j'adore la couverture...
15. brize le 10-05-2009 à 21:12:23 (site)
Liliba, je peux te l'envoyer si tu veux (j'envisageais d'en faire un livre voyageur) : n'hésite pas à me le demander.
16. Restling le 15-05-2009 à 21:22:17 (site)
Je me suis posée les mêmes questions que toi : imagine-t-elle ce qu'elle décrit ? sa sœur est-elle réelle ? J'ai eu l'impression qu'on pouvait voir si on le souhaitait tout le roman comme un immense fantasme écrit mais le dénouement a ruiné mon axe d'interprétation...
17. brize le 16-05-2009 à 12:11:08 (site)
Ce dénouement m'a agacée, tu ne peux pas savoir à quel point
!
18. kathel le 10-10-2009 à 09:44:13 (site)
Je viens de le finir, et mon avis, sans être aussi sévère que celui de Fashion, rejoint le tien ; je suis assez partagée...
19. Titine75 le 18-01-2010 à 13:50:08 (site)
je viens de terminer la lecture "Des vies d'Emily Pearl" et je pense tout pareil que toi! J'ai continué parce que je voulais connaître la fin mais ça ne m'a pas passionné. Je n'ai eu aucune empathie avec le personnage principal.
Présentation de l'éditeur : Sean King, espion free-lance, est embauché par une entreprise spécialisée dans le cryptage des données afin d'enquêter sur la mort suspecte de l'un de ses chercheurs. Le siège social de cette entreprise est aussi bien protégé des intrusions extérieures que la Maison-Blanche, pourtant un autre mathématicien y est assassiné.
Que se trame-t-il vraiment dans ces mystérieux laboratoires ? Pourquoi scientifiques de haut niveau et experts en codes secrets y côtoient-ils des agents de la CIA et une adolescente autiste ?
Ma présentation :
Le duo de détectives privés Michelle Maxwell et Sean Young reprend du service. Pourtant, tout commence mal pour Michelle, qui provoque une violente bagarre, suicidaire, dans un bar. Afin d' éviter les poursuites, elle doit accepter, dans la foulée, d'effectuer un séjour en clinique psychiatrique. Elle y est prise en charge par un psychiatre ami de Sean, Horatio Barnes, qui voudrait l'aider à faire ressurgir ce qui, dans son passé, la mine. Mais, de son côté, ce sont plutôt les agissements suspects d'un des infirmiers, Barry, qui éveillent sa curiosité...
Pendant ce temps, Sean est parti démarrer une nouvelle enquête, dans l'enceinte de Babbage Town. Il s'agit d'un complexe scientifique se consacrant à des études mathématiques de haute volée qui pourraient, si elles aboutissaient, révolutionner dangereusement le domaine des mouvements informatiques de données cryptées . Babbage Town est située juste en face de Camp Peary, un camp d'entraînement de la CIA, à l'intérieur duquel, pas loin de la grille d'enceinte, on a retrouvé un de ses savants, qui se serait apparemment suicidé. Il laisse derrière lui une fillette autiste mais aussi prodigieusement douée pour les mathématiques qu'il l'était.
Et si elle détenait la clé de l'énigme de la mort de son père ?
La comparaison de ces deux présentations vous permettra de comprendre mon étonnement lorsque, après avoir commencé à lire le roman, je me suis dit que je connaissais déjà cette Michelle et ce Sean. Et pour cause : ma dernière lecture de David Baldacci remontait à 2004, avec "Une seconde d'inattention", où j'avais vu se créer le duo. Entre temps, le binôme (dont j'avais oublié les noms) que j'avais perdu de vue et ne m'attendais pas à retrouver ici (il n'est pas fait mention de Michelle sur la quatrième de couverture), s'était manifesté dans "L'heure du crime", roman paru en 2005 dont j'ai découvert l'existence après quelques recherches sur internet.
Bref. Ce moment de surprise passé, j'ai constaté qu'il ne me manquait, heureusement, pas d'éléments nécessaires à la compréhension des événements (encore que la dépression de Michelle s'explique peut-être par les aventures vécues dans le volume précédent).
Les deux enquêteurs, dont on suit les faits et gestes indépendamment, se rejoignent environ au tiers du roman, une fois que Michelle a résolu une mini-énigme dans l'enceinte de l'hôpital : affaire sans aucun rapport avec celle sur laquelle elle retrouve son acolyte et dont je n'ai pas trop saisi l'intérêt, si ce n'est qu'il lui permet de s'occuper pendant son séjour.
En revanche, l'intrigue principale est prenante et suffisamment complexe pour retenir l'attention du lecteur tout au long du roman (je l'ai lu pendant un fastidieux trajet en voiture (est-il besoin de préciser que ce n'est pas moi qui conduisais ?!), que je n'ai pas vu passer). Les chapitres courts, composés pour l'essentiel de dialogues, rythment efficacement l'ensemble, mélange de policier et d'espionnage où rien n'est cousu de fil blanc.
Ce n'est pas un polar d'atmosphère : ici, on est dans le thriller pur jus, avec quand même une petite touche psy pas désagréable, où suspense, action et rebondissements sont garantis jusqu'à la fin. De quoi satisfaire les amateurs du genre !
"Un simple génie", David BALDACCI
éditions Michel Lafon , collection Thriller (410 p)
1. Florinette le 27-04-2009 à 11:56:03 (site)
Intrigue complexe et prenante voilà tout ce que j'aime dans les thrillers, je note sans hésiter !!
2. freude le 27-04-2009 à 21:14:16 (site)
J'ai déjà lu cet auteur etj'avais bien aimé je note le titre !
3. Hathaway le 28-04-2009 à 18:41:58 (site)
Je n'aime pas vraiment les polars, sauf quand ils sont biens menés et prenants.
Je note donc ce titre
4. Karine :) le 29-04-2009 à 00:15:13 (site)
Donc, si je comprends bien, c'est mieux de lire l'autre avant??
5. brize le 29-04-2009 à 09:08:47 (site)
@ Florinette, Freude et Hathaway : Bonne (future) lecture !
@ Karine : Il y en a deux, avant. Je ne peux pas te donner d’appréciation pour le deuxième, que je n’ai pas lu, et je ne pense pas indispensable de le lire avant celui-ci. En revanche, j’ai un excellent souvenir de « Une seconde d’inattention » (celui où se forme le duo d’enquêteurs), que je te recommande.
Qui est vraiment Ralf, le "comique venu du futur" ? Et pourquoi "Le Monde selon Ralf", le talk-show qu'il anime à la télévision, est-il de plus en plus amer? Quand Texas Jimmy Balaban, son agent, l'a découvert sur les planches d'un café-théâtre de troisième zone, il était pourtant d'un drôle...
Dexter D.Lampkin, un écrivain de science-fiction désabusé, et Amanda Robin, qui joue les coaches mystiques, pensaient avoir bien peaufiné le personnage. Le problème, c'est que Ralf ne sort jamais de son rôle. Comme s'il était son rôle. Comme s'il venait vraiment du futur... et quel futur !
Le pire que vous puissiez imaginer : la biosphère a été dévastée, l'air est irrespirable, et les derniers représentants de l'espèce humaine se sont réfugiés dans des centres commerciaux pressurisés. En un mot, l'homme survit sur le vaisseau devenu fou d'une planète morte qu'il n'a pas su sauver.
Ralf a-t-il été envoyé dans le passé pour réveiller nos consciences ? Est-il celui dont nous avons besoin pour traverser l'inévitable "crise de transformation" que nous devons affronter ? Car ce qui est, est réel. Et nous ne pourrons y échapper.
Une telle présentation de l'éditeur (et, en première approche, elle correspond parfaitement au contenu) m'a attirée et je me suis dit que ce roman aurait aussi l'avantage de me permettre de découvrir Norman Spinrad, auteur de SF réputé mais dont je n'avais jusque là rien lu.
Malheureusement, ce thème que je trouvais très porteur a été traité de telle sorte qu'il a fini par perdre tout intérêt à mes yeux .
Commençons malgré tout par les points que j'ai trouvés positifs. Les trois personnages principaux (je laisse de côté Ralf, par nature intriguant et un autre protagoniste sur lequel je reviendrai plus tard), à savoir Texas Jimmy Balaban, Amanda Robin-von Staulenburg (elle change de nom en fonction du rôle social qu'elle joue) et Dexter D. Lampkin, sont suffisamment bien campés pour être, chacun dans leur genre, très crédibles : j'ai apprécié leur portrait tout en finesse et la manière dont était planté leur cadre de vie (en particulier la maison perdue dans la nature d'Amanda !). Idem pour l'environnement californien et hollywoodien : on s'y croirait !
Quid du reste et de l'intrigue à proprement parler ? Disons que sa progression, dont j'ai douté pendant un long moment, apparaît réelle au moins dans la seconde partie : on part bien d'un point A pour aller à un point B, mais il ne faut pas être pressé et surtout pas s'attendre à du spectaculaire à l'arrivée... Et pour ce qui est d'une réflexion stimulante, là aussi, je n'y ai pas trouvé mon compte.
On avance donc lentement, à coup de réunions successives de l'équipe entourant Ralf avec le producteur de l'émission, pour savoir si oui ou non elle va se poursuivre, mais globalement la narration tourne en boucle autour de la question qu'on se pose : Ralf vient-il ou non du futur ? Et Dieu sait que la réponse tarde à venir ! Quant aux sketches de Ralf, ils se suivent et se ressemblent, violentes diatribes sarcastiques à l'égard de cette "Bande de macaques" qu'est son public, celui qui va conduire l'humanité droit dans le mur.
Pour pimenter le récit, on a droit aux interrogations mystiques d'Amanda, actrice mais aussi quêteuse du sens à donner à ce qui l'entoure et animatrice de stages New Age, quand elle ne participe pas à certains d'entre eux. A côté de cela, le lecteur de science-fiction français découvre avec consternation ses "homologues" (terme que vous jugerez totalement inadéquat une fois que vous aurez lu la suite) américains : la plupart obèses (l'auteur insiste si lourdement là-dessus qu'il m'est impossible de passer cette caractéristique sous silence), souvent déguisés, à l'occasion des conventions qui les réunissent, dans de grotesques accoutrements de personnages du domaine, les fans de SF donnent l'impression d'une population passionnée certes mais surtout pathétique. L'auteur essaie bien de rattraper le coup tout à la fin mais, globalement, je pense que le lectorat (américain) en question appréciera l'image de lui qui lui est renvoyée, a priori sans second degré ...
Venons-en maintenant au protagoniste évoqué plus haut : Foxy Loxy ! Régulièrement, le projecteur est braqué sur cette jeune fille, au départ juste une nana qui vit chez sa mère, travaille dans un snack minable et touche à la drogue de temps en temps, l'essentiel pour elle, c'est qu'elle maîtrise et ne vire pas junkie. Sauf qu'un jour, elle goûte au crack ; elle ne croit pas qu'on puisse être accro en n'y touchant qu'une seule fois mais la suite de son histoire va prouver le contraire : rien ne nous est épargné (sur un style qui, chaque fois qu'elle entre en scène, devient phonético-parlé-vulgaire et se dégrade autant qu'elle, j'vous raconte pas comment qu'ça devient soûlant eud'lire ça !) de sa descente vers le no man's land des paumés, sauf qu'on ne voit toujours absolument pas le rapport avec l'intrigue principale et il faudra attendre (patiemment) le milieu du livre pour qu' (enfin !) il apparaisse.
Mélange de mysticisme New Age ("Le Temps du Rêve" et son irruption dans le quotidien et autres élucubrations...) et de thèmes de science-fiction rebattus (recyclage de poncifs SF sur les paradoxes temporels, sur le pouvoir de changement de l'infime sur le cosmique...), "Il est parmi nous" m'a donné l'impression que l'auteur diluait quelques vagues idées au fil des pages, dont celle relative au pouvoir supposé de la science-fiction de faire évoluer le monde en améliorant nos capacités de projection et d'anticipation. Le tout à la mode écrivain-de-L.A.-branché (même s'il n'y habite plus) donc agrémenté d'une bonne louche de show-biz, assaissonné d'un zeste de sex and drugs et saupoudré d'humour caustique. Pas de chance pour moi : la recette ne m'a pas convenu et je n'ai pas apprécié ce pavé, que j'ai trouvé fort indigeste.
Le pire est, sans doute, qu'à aucun moment je n'ai pensé lire les propos de quelqu'un croyant réellement au pouvoir de la science-fiction pour changer les choses (j'ai dû être trop sensible à l'incommensurable autodérision de l'auteur et je n'y ai pas perçu de second degré). Or mes récentes investigations sur internet tendent à prouver que, bien au contraire, Norman Spinrad est convaincu du rôle possible que peut jouer la science-fiction, comme en témoigne son manifeste, intitulé "La crise de transformation". Cette donnée, que j'ignorais au moment de ma lecture, ne peut cependant pas modifier mon jugement sur celle-ci : je n'ai pas ressenti la sincérité de l'auteur ni reçu le "message" véhiculé par son roman, qui m'a plutôt donné l'impression (à tort, semble-t-il) de relever d'un grand n'importe quoi, si bien que la mécanique du livre n'a pas fonctionné comme elle aurait dû.
Biblioman(u) , contrairement à moi, a été enthousiasmé par cette lecture ("Il est parmi nous" est un roman foisonnant, riche, aux pistes de lecture multiples".), dont il a notamment savouré l'humour ("fin, vachard et satirique...").
"Il est parmi nous", Norman SPINRAD
éditions Fayard (692 p)
En janvier 2002, Sylvie Denis analysait ce roman, inédit en France :
"Il est parmi nous n'est peut-être pas un roman de science-fiction au sens strict et absolu du terme. Il est très certainement quelque chose d'autre, peut-être même quelque chose de plus, en tout cas une oeuvre qui mérite autant d'être lue que quantité de pavés à épisodes qu'on nous sert ici et là à n'en plus finir...
L'histoire y est secondaire, au sens où elle n'y repose pas sur une idée de SF éminemment nouvelle [...]. Ce qui importe avant tout à l'auteur c'est de mener une réflexion sur la science-fiction, sa place et son rôle en tant que littérature, son identité et celle de la culture de ceux pour qui elle est plus qu'un genre littéraire - les auteurs mais aussi et surtout leurs fans et leurs étranges coutumes, à cause de qui, toujours selon l'auteur, en dépit de leurs meilleures intentions, la SF demeure une sorte de mystère exotique pour le reste du monde littéraire, quand ce n'est pas pour le reste du monde tout court. [...]
Ce que nous montre Norman Spinrad [...] c'est que, contrairement à ce qu'on nous dit parfois, apprécier la SF ne signifie pas qu'on "suspende son incrédulité", mais bien au contraire que l'on croie - naïvement, bêtement peut-être - à un certain pouvoir de la technoscience de transformer nos existences, à un avenir radicalement différent et, ma foi, aussi couillon que cela puisse paraître, meilleur. "
L'avis du Cafard Cosmique :
"Avec l'ironie mordante qui lui est coutumière, Norman Spinrad nous revient donc avec un propos incisif et d'une rare intelligence. Il est parmi nous se révèle indéniablement comme une lecture diablement stimulante".
edit du 27/04 :
L'avis de [off] french cokpit [on]
"Pénible, mal fichu, truffé de bonnes idées déjà exploitées ailleurs (souvent par Spinrad himself), Il est parmi nous ne décolle jamais et enlise son lecteur dans un ennui considérable. Reste l’humour sous-jacent, quelques scènes d’anthologie et deux ou trois moments de grâce. Pas assez cependant pour rendre acceptable un roman dont les deux tiers mériteraient de passer à la trappe. Une notable quantité d’importance nulle, comme dit l’autre. Et c’est dommage."
edit du 28/04 :
La critique de Claude Ecken :
"La SF peut-elle sauver le monde ? C'est cette question qui domine, finalement, par-dessus toutes les autres. Et qui rejoint celle, plus générale, de savoir si une fiction peut avoir un impact sur le réel. Pour fantaisiste que la SF apparaît aux yeux des autres, elle a l'avantage de poser les bonnes questions et, de tenter d'apporter des réponses, peu importe si certaines d'entre elles sont farfelues, échevelées ou irréalistes car trop utopiques. Cependant répondre par l'affirmative serait présomptueux. Tout juste peut-on espérer qu'une fiction ait un impact suffisant sur des personnes susceptibles, elles, de changer le monde. "Ce qui est, est réel" ne cesse de répéter le roman. C'est donc à chacun d'agir selon ses convictions."
2. fashion victim le 25-04-2009 à 23:20:20
C'est un auteur qui ne m'a jamais accroché (impossible de me rappeler des deux titres de lui que j'ai lus), j'ai souvenir d'un style assez ardu.
3. brize le 26-04-2009 à 11:31:18 (site)
@ SD49 : Ce roman m'a beaucoup déçue... et ennuyée !
@ Fashion : Je n'avais jamais rien lu de l'auteur et je ne suis pas certaine que celui-ci soit de la même eau que les précédents, si j'en crois les commentaires aperçus sur internet. En tout cas, aucun problème, ici, avec le style, ni même avec l'histoire : il n'y a rien de difficile à comprendre... c'est seulement long !
4. Euh le 26-04-2009 à 12:59:10
Puisqu'il n'y a "rien de difficile à comprendre", comment se fait-il que vous n'ayez pas compris ?

5. brize le 26-04-2009 à 14:03:11 (site)
@ Euh : J'ai compris le texte, l'histoire proprement dite et le message transmis, (relatif, comme je le dis dans mon billet, au "pouvoir supposé de la science-fiction de faire évoluer le monde en améliorant nos capacité de projection et d'anticipation "). Simplement, j'ai trouvé que la manière de raconter affaiblissait tellement ce message qu'il ne m'a pas touchée, pas convaincue (alors que je ne demandais que ça, moi, d'être convaincue par un message de ce genre). Du coup, j'ai pensé que l'auteur racontait cette histoire comme quelque chose de totalement hypothétique, auquel il ne croyait pas vraiment lui-même...
6. Euh le 26-04-2009 à 14:45:31 (site)
J'ai beau relire votre critique, je ne vois rien sur les archétypes. J'en conclus donc qu'un aspect fondamental du livre vous a échappé.
Je crois aussi que vous vous êtes méprise sur la description du fandom SF américain. Mais si vous ne l'avez pas trouvée hilarante et pertinente, je ne chercherai pas à vous convaincre.
7. brize le 26-04-2009 à 15:48:45 (site)
@ Euh : J'ignore à quelle(s) donnée(s) du roman vous vous référez en évoquant ces "archétypes" (je ne sais pas si vous faites allusion aux différents types de publics sélectionnés pour les talk-shows de Ralf ou à quelque chose de plus général) et cela m'intéresserait de savoir quel est l'aspect fondamental du livre qui m'a échappé (sans compter que cela complèterait utilement mon article avec un commentaire éclairant pour ceux qui le lisent).
Je me doutais que la présentation des fans de SF était censée être drôle... mais elle ne m'a effectivement pas semblé telle (il faut dire qu'en matière d'humour les réactions sont souvent très diverses).
8. Euh le 28-04-2009 à 09:54:39 (site)
Il me semble que le mot "archétype" apparaît assez souvent dans le roman pour que des explications soient superfétatoires.
Néanmoins:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arch%C3%A9type_(psychologie_analytique)
Je vois que vous avezr ajouté un extrait d'une critique faite par quelqu'un qui est totalement passé à côté du sens du roman. En voici deux faites par des gens qui, eux, ont mieux saisi:
Claude Ecken sur
http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2009/04/18/il-est-parmi-nous.html
"Ce roman n'est cependant pas un cri d'alarme écologiste de plus, cette problématique n'étant évoquée qu'en arrière plan. Son sujet est bien la science-fiction. Ce n'est pas un roman de science-fiction mais un roman sur la science-fiction, qui tente d'expliquer au profane sa tournure de pensée, si curieuse vue de l'extérieur, les mises en perspective qui sont les siennes et qui lui permettent de voir le monde selon un angle inédit mais qui peut être proteur de connaissance."
Stalker sur
http://www.cafardcosmique.com/phpBB2/viewtopic.php?t=4540&start=15
"Certains voient aussi le livre par le petit bout de la lorgnette, en se focalisant par exemple sur la question "du pouvoir de la SF à sauver le monde". Mais la réflexion est bien plus large que ça dans le roman, c'est un questionnement général sur le pouvoir du discours (scientifique, politique, religieux etc.) à influencer le monde. C'est pas nouveau certes, c'est une vieille question de philosophie politique, théorie révolutionnaire etc, mais elle est ici bien menée et appliquée au monde moderne des mass-médias."
9. brize le 28-04-2009 à 12:26:56 (site)
@ Euh : La critique de Claude Ecken (que je rajoute en lien dans mon article) rejoint celle, élogieuse, de Sylvie Denis (parue d'ailleurs sur le même blog, "Génération science-fiction") que j'avais déjà mise en lien et dont j'avais repris une citation.
J'en reprendrai une autre, de Claude Ecken cette fois :
"La SF peut-elle sauver le monde ? C'est cette question qui domine, finalement, par-dessus toutes les autres.".
Apparemment, je ne suis pas la seule à considérer que cet aspect du roman est essentiel, comme Sylvie Denis le soulignait déjà.
10. BiblioMan(u) le 29-04-2009 à 16:12:56 (site)
En ce qui concerne ce livre, j'ai bien l'impression ques les avis sont très tranchés. Jusqu'à présent je n'ai pas vu d'avis mitigés. En tout cas , il va bien au-delà de la lecture détente et suscite bien des discussions. Comme quoi la SF bouge encore !
11. brize le 04-05-2009 à 13:01:40 (site)
C'est certain, pour susciter des réactions et des discussions... il en suscite
!!!
"Sur mes brizées" a un an !
Merci à vous tous qui passez régulièrement lire et
commenter mes comptes-rendus de lectures !

1. In Cold Blog le 23-04-2009 à 09:10:01 (site)
Et ce n'est certainement qu'un début !
Joyeux bloganniv'.
2. Ys le 23-04-2009 à 09:15:05 (site)
Longue et riche vie à ton blog ! Et merci à toi aussi pour tes commentaires !
3. Leiloona le 23-04-2009 à 09:16:12 (site)
Oh je pensais que ça faisait plus longtemps (nous sommes donc arrivées en même temps dans la blogo.
)
Bon bloganniversaire !
4. bladelor le 23-04-2009 à 09:54:57 (site)
Je ne te suis que depuis peu, mais j'apprécie ta façon d'écrire.
Joyeux anniversaire à ce salon de lecture !
5. keisha le 23-04-2009 à 10:00:00 (site)
Eh bien , bon blog anniversaire!!! Et encore du temps sur ce blog...
9. SD49 le 23-04-2009 à 11:14:11
Un très joyeux anniversaire à ce blog et à sa créatrice. J'apprécie vraiment beaucoup de passer par ici très souvent.
Et c'est ton blog qui m'a contaminée pour aller voir tous les autres qui sont maintenant dans mes favoris et grace auxquels j'ai une LAL assez impressionante !!!!
édité le 23-04-2009 à 11:19:26
10. Alwenn le 23-04-2009 à 11:28:57
Joyeux bloganniversaire Brize ! Longue vie à cet espace que je viens visiter avec grand plaisir, toujours !
12. BlueGrey le 23-04-2009 à 15:54:03 (site)
Très joyeux bloganniversaire Brize, et longue vie à ton blog !
14. Isil le 23-04-2009 à 17:43:45 (site)
Tiens, je pensais que tu étais là depuis plus longtemps.
Très bon bloganniversaire! Champagne virtuel.
15. manu-- le 23-04-2009 à 18:05:01 (site)
Très bon bloganniversaire Brize ! Et je t'en souhaite encore beaucoup d'autres :-)
16. kathel le 23-04-2009 à 18:24:42 (site)
Joyeux bloganniversaire, Brize ! J'ai laissé passer le premier anniversaire de mon blog, il faudra que je pense au deuxième !
17. http://insatiable-lectrice.over-blog.com/ le 23-04-2009 à 19:39:06
Bon 1er anniv'!
A l'année prochaine pour le 2ème!
18. Patachousse 1 le 23-04-2009 à 20:40:27
Bon Anniversaire !
Longue vie à ton blog !
Je ne me lasse jamais de passer faire un petit tour sur ton blog pour voir les articles qui sont vraiment intéressants.
Continue comme cela !
Cordialement.
19. sentinelle le 23-04-2009 à 21:55:23
Merci à toi Brize
20. Jules le 23-04-2009 à 23:40:07 (site)
Un an?! Je te croyais plus vieille que ça! En tout cas bon blog aniversaire!!
21. BiblioMan(u) le 24-04-2009 à 09:50:50 (site)
Ben moi aussi je croyais que tu sévissais depuis plus longtemps. Quoi qu'il en soit, bonne continuation et bonnes lectures à venir...
23. brize le 24-04-2009 à 12:42:15 (site)
25. Karine :) le 24-04-2009 à 20:11:21 (site)
Bon blog-anniversaire!! Seulement un an, il me semble que ça faisait plus longtemps! Ceci dit j'espère continuer à te lire encore un moment!
27. Laetitia la liseuse le 25-04-2009 à 19:50:50 (site)
Un cap qui se fête ! Joyeux bloganniversaire Brize !!!!
29. fashion victim le 25-04-2009 à 23:18:51
Bon bloganniversaire!!!
30. Hydromielle le 26-04-2009 à 13:39:23 (site)
Je suis en retard, mais je te souhaite un bon blogganiversaire de tout coeur.
31. Tamara le 26-04-2009 à 15:24:11 (site)
Eh bien voilà, ce n'était pas si difficile que ça de se lancer, finalement ! Longue continuation à ton blog !
32. brize le 26-04-2009 à 19:54:33 (site)
!33. Florinette le 27-04-2009 à 11:54:18 (site)
Mince, désolée pour ce retard, mais je n'allais pas ressortir de chez toi sans souhaiter à ton blog un très joyeux anniversaire !!

34. Julien(lecturesdejulien) le 29-04-2009 à 20:18:05 (site)
J'ai loupé ça, j'étais en vacances !! Bon anniversaire à ton blog, Brize !
Je te souhaite de continuer encore longtemps à rédiger tes billets de lecture. Je ne réagis pas souvent, car je ne connais pas beaucoup de livres que tu lis, mais je suis 'abonné' à ton blog depuis quelques temps maintenant et je suis les sorties de tes articles régulièrement 
Continue comme ça !
35. brize le 29-04-2009 à 20:22:48 (site)
@ Florinette et Julien : Ne vous inquiétez pas, il n'y a aucune date limite quand il s'agit de recevoir d'aussi sympathiques messages
!
36. chiffonnette le 29-04-2009 à 20:32:01 (site)
Avec du retard certes; mais de tout coeur, joyeux premier bloganniversaire!
38. sylvielectures le 23-05-2009 à 15:41:27 (site)
quoi!
je me rends compte que j'ai raté ça!!!
Désolée mais de tout cœur!
Bravo, un an c'est déjà beaucoup, et je suis sure que ton blog fêtera de nombreux autres anniversaires
39. Lucile le 24-05-2009 à 13:58:06 (site)
Bon bloganniversaire! (avec un petit mois de retard... :/ oups!)
Paris, 1900, Exposition universelle. Au Palais des Mirages, la jeune fille qui joue le rôle de la fée, lors du spectacle donné quotidiennement, est victime d'un attentat qui aurait pu lui coûter la vie si sa chute n'avait été stoppée par un jeune et beau Suédois, Lukas Sandström, membre d'une chorale invitée.
La pseudo-fée a quinze ans et s'appelle Clara. Elle est la fille d'Hyppolyte Charpentier, l'ingénieur concepteur du Palais des Mirages. Et elle est déterminée à découvrir qui a voulu lui couper les ailes.
Ce faisant, elle se trouve entraînée dans une incroyable aventure, dans laquelle Lukas s'avère bien plus important qu'un simple choriste, puisqu'il doit ni plus ni moins empêcher la réincarnation d'une puissance maléfique sollicitée par une dangereuse faction occulte dont les intérêts financiers s'accommoderaient volontiers du chaos universel. Les péripéties vécues par les deux jeunes gens ne vont pas être de tout repos !
Voilà un roman jeunesse très original, mêlant avec brio une plongée passionnante dans l'univers de l'exposition universelle de Paris de 1900, avec la griserie des découvertes technologiques de l'époque et de leurs applications (les miracles de la fée électricité, le téléphone, les publicités élaborées par les frères Lumière diffusées sur un écran géant , un aperçu de la télévision, les courses cyclistes, un trottoir roulant électrique, les débuts du métropolitain etc.), à une intrigue fantastico-ésotérico-policière, le tout inséré dans une trame familiale riche, où domine la figure de Clara, jeune demoiselle de quinze ans très déterminée et dont le comportement est résolument moderne.
D'un point de vue personnel, c'est l'aspect réveil des légendes nordiques qui m'a le moins convaincue (pas en tant que tel mais parce que je lui ai trouvé par certains de ses aspects un petit air de fantasy auquel j'ai eu par moments du mal à adhérer ; en revanche, tout ce qui concerne les cheminements oniriques de Clara m'a beaucoup plu). Mais le fait que l'auteur le justifie par des considérations politico-philosophiques à mon sens pertinentes et le mouvement enlevé de l'ensemble ont eu raison de mes réticences occasionnelles.
En outre, j'ai apprécié que l'auteur n'hésite pas à sortir des sentiers battus lorsqu'il choisit les chemins que son intrigue va emprunter... notamment pour ce qui concerne le dénouement.
"Le Palais des Mirages" devrait donc séduire un lectorat jeunesse avide de lectures de qualité (on notera, au passage, que l'auteur use avec justesse d'un vocabulaire tout à fait approprié à l'époque, ce qui contribue au charme de l'ouvrage), avec dépaysement, suspense et attachement aux personnages garantis !
"Le Palais des Mirages", Hervé Jubert
éditions Albin Michel, collection Wiz (358 p)
Et, en prime, le site dédié au roman, permettant entre autres de parcourir, comme Clara, cette fameuse Exposition Universelle .
Les billets de Clarabel , Alwenn , Laure et SBM, charmées par leur lecture.
1. Leiloona le 20-04-2009 à 10:18:43 (site)
Il attend patiemment dans ma PAL. Envie de le découvrir très vite, mais je manque de temps !
2. Hydromielle le 20-04-2009 à 10:46:56 (site)
Ho ben mince alors, depuis le temps que j'essaie, c'est la 1ère fois que j'arrive à mettre un commentaire ! ENFIN !
Ceci pour dire que j'aime beaucoup l'idée de ce livre lol
3. manu-- le 20-04-2009 à 10:59:33 (site)
Il me tente mais certaines petites choses me freinent (le côté fantasy entre autres ) J'attendrai donc une éventuelle apparition à la bibliothèque ou la sortie en poche.
4. Alwenn le 20-04-2009 à 11:39:16
C'est vrai que l'intrusion de la mythologie nordique m'a déstabilisée au début. C'est un mélange pour le moins inattendu, mais j'ai fini par trouver que Jubert parvenait à un point d'harmonie, au bout de quelques pages, entre tous les éléments qu'il insérait. Mais ce n'était pas gagné au départ...
5. SBM le 20-04-2009 à 11:56:12 (site)
Le même livre que moi le même jour ! J'aime beaucoup Hervé Jubert, ces livres jeunesse me plaisent toujours : c'est bien documenté, bien écrit et très agréable à lire.
6. Neph le 20-04-2009 à 13:25:01 (site)
La couverture est si splendide qu'on en vient à regretter que ce ne soit pas une BD ! Je regarderai si mon CDI l'a dans ses rayons
7. Isil le 20-04-2009 à 14:19:07 (site)
Je n'ai lu qu'un roman SF adulte que je n'avais pas aimé mais ma nièce est fan de ses œuvres fantastiques donc je vais sûrement mettre la main sur ce titre à un moment ou un autre :-)
8. pralinerie le 20-04-2009 à 16:37:41 (site)
Il me tente trop trop ! J'avais beaucoup aimé son quadrille d'assassins !
9. brize le 20-04-2009 à 18:49:19 (site)
@ Leiloona : Hé, Hé
! Pas facile de gérer les infinies tentations de la PAL (crois-moi, une mini-PAL, c'est beaucoup moins impressionnant !)
@ Hydromielle : Désolée que tu galères pour poster un commentaire ! Si ça peut te rassurer, sache que, dans quelques (rares, tant mieux pour moi !) blogs, mes commentaires disparaissent systématiquement dans les oubliettes des spams : heureusement que les vigilantes blogueuses concernées les en exhument !
Sinon, je suis tout à fait d'accord avec toi : l'idée de départ du livre est très sympathique !
@ Manu : Je comprends, car j'ai aimé cette lecture mais pas au point que ce soit un coup de coeur.
@ Alwenn : Oui, ça passe plutôt bien... mais je n'arrive pas, malgré tout à vraiment adhérer (alors que j'adhère parfaitement à la trilogie "A la croisée des mondes", de Philip Pullman).
@ SBM : Premier livre d'Hervé Jubert que je lis et j'apprécie de découvrir un auteur jeunesse talentueux.
@ Neph : Oui, la couverture est très belle. Et je pense que c'est le type de roman que les bibliothèques doivent facilement acquérir.
@ Isil : Ah, ces adolescentes qui nous obligent à lire leurs livres
!!!
@ Praline : Je constate que les lecteurs qui connaissaient déjà l'auteur sont très satisfaits de ce nouvel opus, donc je pense que tu ne seras pas déçue.
10. myloubook le 21-04-2009 à 16:39:35
Je lis assez peu de romans jeunesse mais je note celui-ci
Et ca tombe bien, je devrais parler (enfin!) cette semaine d'un livre pour ados de Neil Gaiman ! Je reste dans cet univers...
11. brize le 21-04-2009 à 18:35:32 (site)
Neil Gaiman (dont je n'ai lu que "Coraline") est à l'honneur cest temps-ci sur les blogs
!
12. Florinette le 22-04-2009 à 11:54:29 (site)
Très envie de découvrir ce livre, en plus cette belle couverture est déjà très attirante ! :-)
14. Karine :) le 24-04-2009 à 20:12:25 (site)
Je le veux, celui-là! La couverture est magnifique, en plus!
15. laloula le 25-04-2009 à 18:26:30 (site)
Ah, moi c'est le seul de lui que je n'ai pas trop aimé...
16. brize le 11-05-2009 à 11:41:59 (site)
@ Karine : J'espère que tu réussiras à te le procurer, dans tes lointaines contrées !
@ Laloula : C'est le premier livre que je lis de cet auteur et pour le moment ses autres titres ne m'attirent pas : je crois que c'est "Le Palais des Mirages" qui me correspond le mieux.
Balram, dit "Le Tigre blanc", écrit une lettre au premier ministre de la Chine, qui doit bientôt effectuer un voyage officiel en Inde. Pour qu'il comprenne. Parce que ce qu'il va voir de l'Inde n'est pas l'Inde. Alors, Balram a décidé le l'éclairer, de le guider, lui, l'entrepreneur nouveau qui est sorti des Ténèbres où il était né pour se faire une place à Bangalore, dans la Lumière, en créant sa propre société.
Mais ça ne s'est pas fait tout seul.
Aussi Balram se raconte-t-il, au travers d'une longue lettre rédigée sur sept nuits, afin d'illustrer au travers de sa vie la vérité de l'Inde.
Et, à la fin de la première séquence du récit, il dit ce qu'il lui a fallu faire pour gagner le statut social qui est dorénavant le sien...
L'auteur, conteur matois, sait accrocher son lecteur par cette incroyable annonce, à la fin de la première nuit. Dès lors, le lecteur n'aura de cesse de tourner les pages pour découvrir comment Balram va, justement, en arriver là. En outre, il sait déjà que Balram est devenu son propre patron et il est curieux de connaître le chemin qu'il a parcouru pour sortir des Ténèbres.
Quant au procédé de la lettre au dignitaire chinois, il est lui aussi très bien trouvé : il permet en effet à l'auteur, par la bouche de Balram, le narrateur, d'émettre toutes sortes de considérations ironico-réalistes au sujet de l'Inde, sous couvert d'éviter à l'invité officiel d'être leurré. Balram est très sûr de lui : il connaît l'Inde, il en maîtrise désormais tous les rouages et n'hésite pas à se considérer comme un "intellectuel", ce qui prête parfois à sourire, mais à sourire jaune, si je puis dire, parce qu'il n'y a jamais de quoi rire franchement dans ce roman.
Balram se raconte, donc, partant de son enfance dans un village où l'instituteur détournait les fonds des matériels scolaires et des uniformes... parce que lui-même n'était pas payé. C'est un inspecteur qui donne au passage à Balram ce surnom de "Tigre blanc", car il lui découvre des capacités hors du commun.
Pourtant, Balram ne va pas rester longtemps à l'école, rapidement entraîné à exercer un métier de misère, jusqu'à ce qu'il réussisse, au prix de nombreuses difficultés, à obtenir un poste de chauffeur. Dès lors, c'est en écoutant et en regardant agir son maître et la famille de celui-ci qu'il va apprendre à connaître l'Inde et décider de sa vie.
Ce roman est terrible. Le récit de Balram nous confronte au quotidien des Indiens pauvres, de ceux qui vivent encore dans un logement familial commun à ceux qui dorment dans les rues, à Dehli, en passant par les serviteurs dont les conditions d'hébergement sont inadmissibles.
Mais il n'y a pas que les descriptions de la misère qui sont insupportables. L'auteur nous emmène au-delà, au cœur des rouages du "système" indien, viscéralement corrompu : les riches contrôlent la police à coup de pots de vin et leurs trafics économiques en tous genres sont eux-mêmes soumis au bon vouloir des politiciens, qu'ils achètent là aussi avec force dessous de table. Dans ce pays, la démocratie n'a aucun sens car toutes les voix (= empreintes digitales) des pauvres sont vendues avant même que le vote ait lieu et, d'une manière plus générale, les riches tiennent les pauvres en otages en se vengeant sur leur famille s'ils se révoltent. Quant aux pauvres eux-mêmes, ils reproduisent entre eux une forme de chantage, imposant à celui qui travaille l'obligation de vivre dans la misère car il doit envoyer la majeure partie de son salaire à sa famille. S'il ne le fait pas, on prévient son riche patron... qui le punira !
Ce n'est pas pour rien que Balram estime être enfermé dans une Cage à Poules dont il finit par vouloir à tout prix (mais à quel prix !) s'échapper.
Mené de main de maître, "Le Tigre blanc" n'est pas le genre de livre qu'on peut lâcher facilement, si j'en crois la rapidité avec laquelle je l'ai lu, en veillant cependant à ne rien perdre de toutes les informations fournies au sujet de l'Inde. Roman d'apprentissage, même si la qualification, ici, peut paraître caustique, il décrit le parcours d'un jeune homme dont la candeur et l'honnêteté initiales, en se heurtant à la corruption qui l'entoure, finiront par céder la place à une rage de s'en sortir coûte que coûte, au risque de se perdre dans ses propres ambiguïtés.
Enfin, ce roman magistral invite à s'interroger sur l'avenir de l'Inde, dont il dresse un portrait glaçant.
"Le Tigre blanc", Aravind ADIGA
éditions Buchet Castel (318 p)
1. saxaoul le 17-04-2009 à 10:41:54 (site)
je veux le lire depuis longtemps et ton post me conforte dans l'idée de le faire rapidement
2. kathel le 17-04-2009 à 11:49:25 (site)
Bravo pour ce billet qui donne vraiment envie de découvrir ce roman... magistral, tu as trouvé là un qualificatif qui lui convient très bien !
3. liliba le 17-04-2009 à 12:34:50 (site)
Je note !
Décidément, l'Inde est à l'honneur en ce moment...
4. Tamara le 17-04-2009 à 12:36:08 (site)
Lu pour le prix Fnac l'été dernier, je lui avais décerné ma meilleure note ! J'avais particulièrement aimé le ton du récit, mêlant humour et ironie, malgré la noirceur du sujet...
5. sybilline le 17-04-2009 à 17:42:43 (site)
Ton article est passionnant, comme d'habitude, d'autant plus qu'il m'éclaire sur un auteur et un livre dont je n'avais jamais entendu parler.
Je le note illico!
6. brize le 17-04-2009 à 20:38:57 (site)
@ Saxaoul : Je l'avais moi aussi noté depuis longtemps, mais j'attendais le bon moment (et avant cela, il fallait que la bibliothèque l'ait acheté) !
@ Kathel : Merci ! Si mon billet donne envie de découvrir ce roman à ceux qui ne l'auraient pas déjà noté, je m'en réjouis, car je pense que c'est un livre qui mérite d'être lu.
@ Liliba : Pour les romans, je pense que c'est un effet à moyen terme du fait que l'Inde était l'invité d'honneur du Salon du Livre 2007 : ça doit (à mon avis) booster un peu l'intérêt pour les livres du pays concerné et donc les traductions.
@ Tamara : C'est chez toi que j'avais repéré ce roman et je comprends ton coup de cœur car son style m'a moi aussi séduite.
@ Sybilline : Ton commentaire me rassure car, pour cet article, j'étais assez embarrassée : j'avais peur de trop en dire (et je ne voulais surtout pas déflorer l'histoire) mais, en même temps, je voulais transmettre ce que j'avais retenu comme marquant dans cette lecture et qui, pour moi, en fait tout l'intérêt. Alors, si j'ai réussi à éveiller le tien, tu m'en vois ravie !
7. Hathaway le 19-04-2009 à 16:16:38 (site)
J'aime beaucoup ton billet, je vais noter ce titre car je ne connais absolument pas !
8. brize le 20-04-2009 à 10:53:18 (site)
Si le contenu de ce billet t'a plu, Hathaway, je crois que le roman a toutes les chances de t'intéresser
.
9. zarline le 04-05-2009 à 11:09:58 (site)
Ton billet donne vraiment envie. C'est bien le livre qui a reçu le Booker Prize, non?
10. brize le 04-05-2009 à 12:41:36 (site)
Oui, Zarline, ce roman a bien reçu le Booker Prize ... parce qu'il le vaut bien (et bienvenue "Sur mes brizées" !
) !
Franx est à Paris pour régler une affaire de succession quand, subitement, une série de séismes ébranlent la ville. Et ce n'est que le début car l'obscurité s'installe et une pluie de cendres s'abat en continu sur une agglomération dévastée.
C'est ce cataclysme d'ampleur planétaire que Franx avait prévu depuis des années. Raison pour laquelle, avec d'autres familles, il avait transformé une ancienne bâtisse, pas loin de Brive, en camp retranché destiné à les abriter lorsque le pire se produirait.
Mais il est loin de chez lui au moment où les événements se déclenchent. Dès lors, il va devoir franchir, accompagné qui plus est d'une gamine recueillie en chemin, par un froid polaire, des territoires d'apocalypse bouleversés par des secousses sismiques récurrentes, pour tenter de rejoindre, cinq cents kilomètres plus au sud, les siens.
Ceux-ci, à savoir sa femme Alice et leurs deux enfants, Zoé et Théo, n'habitent plus qu'avec Jim, le seul à être resté quand, peu de temps auparavant, les autres familles du Feu de Dieu ont décidé de quitter les lieux, ne croyant plus aux prédictions de fin du monde de Franx. Or Jim est un psychopathe en puissance...
Rien de bien original dans cette histoire de fin du monde. Le parcours de Franx est émaillé des incidents qu'on s'attend un peu à rencontrer en pareilles circonstances, certains quand même plus stressants que d'autres.
Du côté du Feu de Dieu, la présence de Jim-le-psychopathe donne aux situations un aspect que j'ai trouvé par moments assez caricatural. Et, là aussi, le huis-clos amène son lot de péripéties un rien convenues.
Sans réelle surprise, donc, mais l'auteur sait raconter, alternant un chapitre avec Franx et un autre au Feu de Dieu, et si certes l'histoire est, à mon sens, à classer dans le registre des films catastrophe de seconde zone, elle est rythmée et se laisse lire, pimentée par un petit côté fantastique et une vague réflexion humaniste pas désagréables.
L'ensemble donne une vision (au sens cinématographique du terme) brossée de manière spectaculaire et d'allure très réaliste de l'après-civilisation tant redouté, quand l'homme se retrouve soudain totalement démuni face à une nature hostile et s'acharne à survivre.
N.B.1 : C'est le troisième roman de Pierre Bordage que je lis et je continue à préférer celui avec lequel j'ai fait connaissance de l'auteur, "Porteurs d'âmes".
N.B.2 : Dans le genre thriller d'anticipation sur fond d'apocalypse, je ne saurais trop vous recommander "Gaïa", de Yannick Monget : bon, dans cette version, l'auteur a choisi la chaleur équatoriale au lieu du froid polaire, mais ce n'est pas ce qui justifie ma préférence, puisque personnellement je m'adapte plus facilement au froid qu'au chaud !
"Le Feu de Dieu", Pierre BORDAGE
éditions Au Diable Vauvert (492 p)
1. la Pyreneenne le 14-04-2009 à 10:26:18 (site)
Cuné m'a plutôt donné envie mais je note Gaïa aussi ...
2. keisha le 14-04-2009 à 16:12:47 (site)
Les autres avis étaient plus "chauds" si j'ose dire, mais comme tu cites d'autres idées lecture...
3. brize le 14-04-2009 à 20:34:31 (site)
@ La Pyrénéenne : Cède à ton envie, car le roman peut te plaire autant qu'à Cuné et Lily
.
@ Keisha : Oui, mon appréciation est plus... tempérée ! Mais elle ne fait que refléter mon ressenti, fonction notamment de mes lectures antérieures.
4. Choupynette le 15-04-2009 à 20:32:01 (site)
j'aime beaucoup la raison avancée à ta préférence pour la référence que tu donnes en toute fin... le climat...
))
5. brize le 15-04-2009 à 20:55:31 (site)
On pourrait faire une étude des différentes typologies d'apocalypse recensées dans la littérature, je crois que ça ne manquerait pas d'intérêt !
6. kaalook le 16-04-2009 à 00:43:20 (site)
Bon, dans ta critique alors je retiens la biblio ! J'essaierai porteur d'ames !
7. Hathaway le 16-04-2009 à 17:57:55 (site)
Je vais passer mon tour je crois... Ca ne me tente pas vraiment !
8. brize le 16-04-2009 à 20:31:48 (site)
@ Kaalook : "Porteurs d'âmes" m'avait fait forte impression !
@ Hathaway : Le thème est particulier et il vaut mieux ne pas te risquer sur ces terres dévastées si le voyage ne te dit rien !
10. brize le 19-04-2009 à 18:59:28 (site)
"Porteurs d'âmes" m'avait beaucoup plu, mais celui-ci ne m'a pas emballée.
11. freude le 22-04-2009 à 16:59:43 (site)
Je n'ai jamais lu cet auteur, mais les différents billets sur le web me donnent envie. J'aime bien les histoires de fin du monde !
13. pom' le 25-04-2009 à 09:51:42 (site)
ses meilleurs ouvrages sont les derniers hommes et Abzalon que je te recommande si tu ne les pas lu
Au début du XXIIème siècle, c'est l'Afrikwana qui est devenue l'Eldorado des pays du Nord, victimes du réchauffement et du dérèglement climatiques, quand elle-même a su, en temps et en heure, effectuer les spectaculaires mutations technologiques nécessaires pour s'adapter (création, notamment, de miroirs spatiaux, gigantesques prismes permettant de mieux contrôler le climat du continent africain et aussi de centrales solaires sans déperdition d'énergie) et ainsi s'enrichir.
Fuyant son bidonville natal, le jeune Jef Cody s'est fait capturer en franchissant illégalement le mur qui sépare les pays du nord de l'Afrikwana, où il arrive donc comme Ouvrier Disciplinaire. Il doit purger sa peine dans un des nombreux parcs Magic Eden, celui du Kilimandjaro. Il s'agit d'un complexe naturel exceptionnel, habité d'animaux transgéniques dépourvus désormais de toute agressivité.
Territoire de rêve, le Parc Kilimandjaro ne l'est cependant pas pour la foule des OD qui y travaillent dans des conditions rappelant l'esclavage d'antan. En outre, d'étranges rumeurs courent sur l'apparition de garous, des animaux aussi dangereux que ceux d'autrefois...
Le parti pris d'inverser, dans le cadre d'un récit d'anticipation, des situations qui paraissent aller de soi peut donner des résultats intéressants. C'est le cas ici, même si l'auteur s'appuie sur un postulat à mon avis discutable, celui selon lequel les miracles de la technologie finiront par apporter une solution aux dramatiques conséquences des erreurs environnementales humaines. Cette réserve (très personnelle) mise à part, j'ai aimé voir l'Afrique parée des couleurs de mirage que revêtent actuellement les pays occidentaux, parce que cela rappelle au lecteur à quel point un contexte géopolitique s'avère souvent le fruit des circonstances, des opportunités qui ont ou non été saisies. Et à quel point, aussi, les pays qui s'en sortent refusent égoïstement le partage.
Ainsi, le besoin farouche qu'ont les habitants des pays du Nord de gagner ceux du Sud permet de mieux comprendre, en le rendant plus proche, ce que doivent éprouver actuellement les habitants des pays défavorisés cherchant à pénétrer en Europe. Et j'ai apprécié l'ironie consistant à indiquer que le mur érigé par les pays d'Europe pour se protéger des indésirables s'était retourné contre eux.
Le concept des parcs de loisirs peuplés d'anitrans aussi inoffensifs que des peluches géantes m'a lui aussi beaucoup plu.
Cet environnement bien pensé est découvert par le lecteur en même temps que le héros, Jef Cody. Celui-ci est immédiatement la victime désignée du gardien Lémiso, véritable tortionnaire. Heureusement, Shaka, OD lui aussi, le prend sous son aile. D'autres personnages viennent ensuite peupler le roman : la jeune et belle Astrid Fox (que Jef ne laisse pas indifférente), fille du traqueur sans pitié Drake Fox, le vieillard Massaï Naphtal et sa petite-fille Soïla...
Tous vont se trouver impliqués dans les événements déclenchés par la soudaine augmentation du nombre des animaux garous.
Original et bien rythmé, "Le sang des lions" se laisse lire avec plaisir (malgré les trop nombreux passages à tabac du héros). J'ai cependant regretté que la psychologie des personnages ne soit pas assez fouillée, voire frôle le stéréotype et j'aurais aimé que davantage d'ampleur soit donnée à l'histoire (j'ai même pensé, au fur et à mesure que je voyais la fin du livre approcher, qu'il s'agissait du premier tome d'un cycle, ce qui n'était pas le cas).
Malgré ces réserves, il s'agit d'un roman jeunesse intéressant et prenant et qui a l'insigne mérite d'amener le lecteur à mettre en question des données socio-politiques trop souvent considérées comme intangibles.
"Le Sang des Lions", Loïc LE BORGNE
éditions Intervista, collection 15-20(334 p)
1. SBM le 11-04-2009 à 09:51:51 (site)
Celui-là n'est pas mal, mais j'ai de loin préféré "Je suis ta nuit" : excellent !
2. Hathaway le 11-04-2009 à 13:07:44 (site)
Il me tente bien ce roman jeunesse, alors ourquoi pas ! je note !
3. brize le 11-04-2009 à 21:33:14 (site)
@ SBM : Hmm...mais le thème de "Je suis ta nuit", fantastico-horrifique, ne m'attire pas du tout.
@ Hathaway : Il se distingue par son thème, que j'ai trouvé très original.
4. Karine :) le 12-04-2009 à 00:10:04 (site)
Il est noté celui-là, mais en pâle. EN fait, je crois que l'autre roman de l'auteur me tente davantage.
5. george sand et moi le 12-04-2009 à 16:03:24 (site)
j'avais mis ce roman dans la pré-liste pour le prix Mauprat (livres de jeunesse), finalement il n'a pas été choisi pour figurer dans la liste finale mais ce roman me paraissait intéressant et assez nouveau!
6. amandameyre le 12-04-2009 à 18:24:38 (site)
ce n'est pas sympa de frimer avec ton abonnement à canal + !!! (même si je ne suis jalouse que parce que l'ami qui me les passe ne l'a pas encore fait cette fois-ci) pour en revenir à LLB, je n'ai lu que " je suis ta nuit" et j'avais aimé
7. brize le 12-04-2009 à 20:40:09 (site)
@ Karine : Ben moi, il ne me tente pas vraiment, je lui trouve un air trop sordide à mon goût.
@ George Sand et moi : Tu avais tout à fait raison, il est original et intéressant.
@ Amanda : Frimer, moi, jamais !!! Je fais rien que partager ma petite satisfaction de télespectatrice pas désespérée !
Sinon, j'ai lu ton billet (et parcouru les autres) sur "Je suis ta nuit"... qui ne me tente toujours pas : ça a l'air glaçant à souhait et, surtout, l'idée qu'il soit lu par des adolescents de l'âge de mes filles perturberait ma lecture car je ne suis pas persuadée qu'un roman "à la Stephen King" soit idéal à cet âge (non que je veuille condamner les ados à ne lire que des nunucheries), mais ce n'est que mon avis très personnel.
8. Laetitia la liseuse le 12-04-2009 à 22:44:21 (site)
L'avis de Ys m'avait convaincue. depuis il a attéri dans ma pile. ton avis me conforte dans l'idée que je vais passer un très bon moment de lecture.
9. aurore le 13-04-2009 à 00:41:12 (site)
jolie la déco...où sont les oeufs ?.. joyeuses pâques !! bisous
10. Thaïs le 13-04-2009 à 09:46:31 (site)
J'ai déjà entendu parler de ce livre et il m'attire.
Bon lundi Brize
11. Lael le 13-04-2009 à 10:44:09 (site)
un roman qui pourrait m'intéresser grâce à un billet fort bien écrit!
12. brize le 13-04-2009 à 12:10:02 (site)
@ Laetitia : Je viens de vérifier, mais je ne trouve pas de billet chez Ys au sujet du "Sang des lions". En revanche, elle en a bien fait un sur "Je suis ta nuit", du même auteur.
Malgré les quelques réserves émises dans mon billet, j'ai passé un bon moment de lecture avec "Le sang des lions".
@ Aurore : On les a mangés, les œufs
! Bises à toi aussi !
@ Thaïs : J'espère qu'il te plaira. Bon lundi à toi aussi !
@ Laël : Merci pour ce gentil compliment ! J'avais repéré ce livre et j'ai eu la chance de le trouver en bibliothèque, sans le chercher d'ailleurs : il était sur le présentoir (un signe qui ne trompe pas !).
13. Florinette le 16-04-2009 à 09:42:26 (site)
J'ai tellement bien aimé "Je suis ta nuit" que j'ai bien l'intention de découvrir les autres romans de cet auteur !!
Bonne journée Brize !
14. brize le 16-04-2009 à 20:33:07 (site)
Je serai ravie de découvrir tes impressions de lecture ! A bientôt, Florinette !
Delphine M., trente-cinq ans, dirige une agence très particulière. "Pour Vous" offre en effet aux clients qui la sollicitent une gamme de prestations très étendue, allant de l'accompagnement du grand-père pour sa sortie hebdomadaire à celui d'un homme atteint du sida en phase terminale en passant par les jeux de rôle les plus divers visant à prendre la place d'un disparu ou à combler les manques d'un vivant. Et cette agence, au sein de laquelle travaille aussi une employée, Marja , n'hésite pas à repousser toujours plus loin les limites de son offre : dès lors qu'il s'agit d'aider son prochain... en échange d'une rémunération substantielle, Delphine M. semble ne connaître aucun interdit.
Imperturbable, elle mène son affaire de main de maître, sans jamais se laisser distraire de son objectif (amasser toujours plus d'argent) par des sentiments parasites.
Mais sa carapace est-elle aussi indestructible qu'elle le paraît ?
Quelle écriture envoûtante ! Comme une voix basse et mélodieuse capable de capter immédiatement mon attention ! J'ai donc prêté l'oreille, sans difficulté, à ce que me racontait la narratrice, cette femme que je ne suis pas arrivée à trouver antipathique, malgré la distance qu'elle affiche vis à vis de ses clients. Cette distance, je l'ai interprétée comme une volonté de se protéger, liée à ce qu'on apprend de son entrée initiale dans la vie et du parcours qui l'a menée au démarrage de son activité. Et, à aucun moment, je n'ai eu envie de la fustiger comme certains de ses clients qui, parfois, la traitent de prostituée.
Delphine M. est un obligeant caméléon qui se prête aux désirs de personnages pressés de recourir à ses services pour vivre ou survivre. Bien sûr, elle profite de la situation mais, après tout, son offre ne fait que correspondre à une demande, si on se place dans sa logique purement économique.
Son refus de s'impliquer ne m'a donc pas choquée : comment exercer, sur le long terme, un tel métier si on se laisse absorber par la frénésie de sentiments des autres ?
Elle n'est pas méchante, juge d'ailleurs Adorno (le client par lequel la fêlure se fera jour). C'est juste une pierre, sur laquelle rien n'accroche.
Elle va loin, pourtant, Delphine. Et il est difficile de ne pas la qualifier de cynique.
Cependant, la faille que le lecteur a l'impression de discerner chez elle (ou celle qu'il espère ?) va finir par apparaître.
Même si j'ai été moyennement convaincue par les conditions dans lesquelles se fissure plutôt soudainement la carapace de l'héroïne, le livre m'a beaucoup plu.
J'ai contemplé avec étonnement, chez Delphine, une manière d'être déconcertante, où la rigueur professionnelle s'exerce au sein d'activités pas toujours avouables (et lorsque cette rigueur, dans un moment d'égarement, fait défaut, le pire peut arriver). Par son intermédiaire, j'ai aussi perçu les humains dans ce qu'ils ont de plus vulnérable et de plus volontairement candide, puisqu'ils confondent les chimères de "Pour Vous" avec la réalité. Et j'ai vu en Delphine, derrière l'écran des fantasmes créés et le matérialisme assumé, l'indéniable solitude d'une femme passant à côté de la vie.
Un roman original et infiniment captivant !
"Pour vous", Dominique MAINARD
Editions Joëlle Losfeld (250 p)
Cuné ("Etrange et pénétrant, à goûter !") et Cathulu ("Un roman qui nous invite à une réflexion sur notre société et sur les rapports humains [...].") ont aimé, Amanda attendait mieux ("L'intention était bonne mais la réalisation me laisse particulièrement dubitative".)
2. Jumy le 08-04-2009 à 09:38:53 (site)
C'est vrai que l'histoire de départ est assez intrigante. Je me laisserai bien tenter...
Je note, j'irai voir si la bibliothèque l'a en rayon.
4. pom' le 08-04-2009 à 09:51:55 (site)
le ciel des chevaux ne m'a pas laissé un souvenir si positif que ça, si je le vois à la biblio, je le lirai peut etre
5. saxaoul le 08-04-2009 à 11:29:50 (site)
C'est une histoire originale dont j'ai entendu parler à droite et à gauche. Je ne pense pas acheter le livre (ou alors d'occasion) mais je me laisserai peut être tenter si je le trouve à la médiathèque.
6. brize le 08-04-2009 à 21:36:33 (site)
@ La Pyrénéenne et Jumy : J'étais moi aussi assez intriguée par cette histoire mais pas convaincue qu'elle pouvait me plaire car je lui trouvais un côté plutôt glauque. Du coup, j'ai aperçu plusieurs fois le livre à la bibliothèque, sans avoir envie de m'y frotter.
C'est seulement après avoir lu "Ailleurs", que je me suis dit que, pour ce qui est du glauque, ça ne risquait pas d'être pire, donc je pouvais peut-être y aller.
Et je ne l'ai pas regretté : je ne m'attendais pas à être autant captée par ce livre !
@ Cathulu : Oui, c'est vraiment l'impression, très forte, que j'ai eue.
@ Pom' : Je n'avais jamais rien lu de l'auteur mais des bibliothécaires connaissant cet auteur ont trouvé ce roman très différent de ses précédents.
@ Saxaoul : Tu as de grandes chances de le trouver à la médiathèque car l'auteur est connue et le livre a fait parler de lui.
Commentaires
1. Leiloona le 01-06-2009 à 09:13:23 (site)
Un polar historique avec une touche de peinture ? Voici un idée bien sympa !
En revanche, je n'ai jamais entendu parler du croup.
2. manu-- le 01-06-2009 à 09:26:12 (site)
Le côté reconstitution d'un tableau par un meurtrier avait l'air sympa mais par contre, je ne supporte plus les descriptions de maladie de long en large, donc je passe. Sais-tu que la syphilis est une maladie qui a fait sa réapparition ces 10 ou 20 dernières années ? Evidemment, on la soigne maintenant :-D
3. la-ronde-des-post-it(lasardine) le 01-06-2009 à 09:50:31 (site)
je ne suis pas non plus coutumière de ce genre de bouquin mais la description que tu en fais me donne (presque) envie...
je suis tout de même freinée par le souvenir de "Pavillon 38", du même auteur, qui ne m'avait pas franchement emballée...
à voir donc...
édité le 01-06-2009 à 09:50:59
4. Mango le 01-06-2009 à 10:22:04 (site)
Tu donnes ici la très juste définition du bon roman policier, comme je les aime aussi. Je retiens ce titre.
5. Ys le 01-06-2009 à 10:31:17 (site)
Ah, quand j'entends le mot "aliéniste", je sors mon stylo ! J'adore les histoires de folie au XIXe siècle et les débuts ou prémices de la psychanalyse !
6. la Pyreneenne le 01-06-2009 à 11:30:27 (site)
Pourquoi pas ?
7. amandameyre le 01-06-2009 à 17:43:48 (site)
un bon polar, surtout pour l'ambiance et la reconstitution historique, oui, très bien rendues
8. Florinette le 02-06-2009 à 10:10:01 (site)
Après avoir découvert récemment cet auteur avec "Caïn & Adèle", j'ai très envie de poursuivre dans ses oeuvres et ce roman me tente beaucoup !
9. brize le 02-06-2009 à 18:14:26 (site)
@ Leilonna : Pour répondre à ta question : La diphtérie est une angine qui se caractérise par la formation de fausses membranes à l'entrée des voies respiratoires. Leur localisation sur le larynx provoque l'asphyxie par l'obstruction du conduit aérien : c'est le croup. La diphtérie était autrefois pandémique. Elle était encore la plus grande cause de mortalité infantile à la fin du 19ème siècle avec des dizaines de milliers de cas chaque année (encore trois mille morts par an en France en 1924)(source : wikipédia). Depuis, la maladie a été éradiquée grâce à la découverte du vaccin ad hoc.
@ Manu : Les maladies ne représentent pas l'essentiel du roman, mais c'est vrai qu'elles occupent une certaine place. A lire peut-être en sautant les passages concernés ? Et pour la syphilis, je l'ignorais, mais heureusement elle n'arrive pas dans la phase ultime de son développement, celle qui est décrite dans le roman...
@ Laptitesardine : Qu'est-ce qui t'avait déplu dans "Pavillon 38" (pas lu et je n'en connais que vaguement le thème) ?
@ Mango, La Pyrénéenne et Florinette : "Obscura", sans conteste, "mérite un détour" (oui, je sais, c'est pas bien de parodier le guide Michelin !).
@ Ys : C'est un aspect du roman, mais il n'est cependant pas creusé.
@ Amanda : Tu ne t'étais pas trompée en pensant qu'il me plairait !
10. ChoupynettedeRestin le 02-06-2009 à 19:27:55 (site)
une idée fort alléchante!
11. la-ronde-des-post-it(laptitesardine) le 02-06-2009 à 20:26:58 (site)
je ne m'en souviens pas très bien, il y a un moment que je l'ai lu... je crois en fait que c'est tout simplement le genre qui ne me plaît pas plus que ça...
mon mari lui, a adoré!
tu me diras si tu le lis
12. freude le 03-06-2009 à 08:29:31 (site)
Moi j'ai beaucoup aimé Pavillon 38, lu récemment et ce roman Obscura me fait un peu penser à Cinq leçons sur le crime et l'hystérie de Patricia Parry. Ca me tente bien, noté !
13. la-ronde-des-post-it (ln) le 03-06-2009 à 13:07:50 (site)
Je ne suis pas très fan de ce genre de lecture, mais peut-être que je pourrais m'y mettre grâce à ce que tu décris. Les passages cités me donnent une petite envie de le lire.
14. brize le 03-06-2009 à 13:26:08 (site)
@ Choupynette : C'est un roman dont je garderai un bon souvenir.
!
@ Laptitesardine : Pas sûre que ça me plaise non plus, je me méfie quand il s'agit de psychopathes (comme c'est le cas dans ce roman, je crois) ! Et comme il n'est pas à la bibliothèque... (mais je l'achèterai peut-être pour mon mari, que je suis chargée d'approvisionner en romans policiers, quitte d'ailleurs à ne pas tous les lire quand ils sont trop trash pour moi !).
@ Freude : Toujours pas lu ce roman-ci de Patricia Parry : bon, j'attendais qu'un temps suffisamment long se soit écoulé après ma lecture de "Petits arrangements avec l'infâme", mais là, c'est bon (et en plus, je l'ai, ce livre !).
@ Ln : J'aime bien ta "petite envie de le lire"
15. Lilibook le 03-06-2009 à 14:21:41 (site)
Oh ça me plaît énormément car pour ma part j'adore les polars historiques ! Et celui-ci sur un p'tit air de peinture m'a l'air bien original. Je note de suite.
16. Alwenn le 03-06-2009 à 21:33:59
Oh oh ! tout pour me plaire : peinture, polar historique, XIXeme... Et si en plus tu dis avoir passé un agréable moment... Je note !
)
17. la-ronde-des-post-it(laptitesardine) le 03-06-2009 à 22:20:40 (site)
ouais ben je crois que c'est justement le côté psychopathe qui m'a "gênée" ^^
du peu que je me souvienne j'ai trouvé ça "compliqué"...
18. brize le 04-06-2009 à 08:58:21 (site)
@ Lilibook : Oui, il pourrait bien te plaire !
@ Alwenn : Il m'a bien plu, ce polar historique !
@ Ln : M'étonne pas : je me méfie des psychopathes dans les romans policiers (avec eux, je crains toujours le pire... et j'ai souvent raison !). Dans "Obscura", on sait tout de suite qu'il y en a un, mais l'accent n'est pas mis sur lui.
19. myloubook le 05-06-2009 à 14:38:02 (site)
Tiens je note celui-ci ! J'ai été tentée par la couverture et ce que tu dis m'intéresse beaucoup, en particulier l'aspect médical. Cela me rappelle un peu une partie de "Ambre" de Katrin Winsor, où deux des personnages principaux sont atteints de la peste (celle de Londres au XVIIe).
20. brize le 13-06-2009 à 10:11:53 (site)
Ah oui, la couverture ! Je l'avais trouvée pas mal, moi aussi !
21. Jémlyre le 15-05-2010 à 15:13:04 (site)
Il m'a l'air vraiment intéressant ! Je le note !