Années 50, France.
Cécile, 17 ans, passe deux mois d'été dans une villa de location du sud-est de la France, en compagnie de son père, Raymond. Celui-ci ,veuf de 40 ans, a retiré Cécile deux ans plus tôt de sa pension pour lui faire partager sa vie.
Extrait :
« Je crois bien que la plupart de mes plaisirs d'alors, je les dus à l'argent : le plaisir d'aller vite en voiture, d'avoir une robe neuve, d'acheter des disques, des livres, des fleurs. Je n'ai pas honte de ces plaisirs faciles, je ne puis d'ailleurs les appeler faciles que parce que j'ai entendu dire qu'ils l'étaient. Je regretterais, je renierais plus facilement mes chagrins ou mes crises mystiques. Le goût du plaisir, du bonheur représente le seul côté cohérent de mon caractère. »
Cécile escorte son père dans ses nombreuses sorties nocturnes, en même temps qu'elle voit défiler chez eux les jeunes femmes qu'il séduit.
C'est d'ailleurs la dernière en date, Elsa, 25 ans, demi-mondaine entretenue par ses amants successifs, qui les accompagne dans leur villégiature.
Le séjour est paisible. Cécile fait connaissance de Cyril, jeune homme épris d'elle, avec lequel elle fait du bateau . Jusqu'à l'arrivée d'Anne. Belle femme de l'âge du père de Cécile, Anne est surtout une intellectuelle posée dont le mode de vie diffère nettement du leur. Alors qu'elle évince Elsa et tandis que Raymond et elle décident de se marier, Cécile panique à l'idée de voir mis en péril l'équilibre de l'existence menée avec son père, gage selon elle de leur bonheur.
Extrait :
« Il fallait absolument se secouer, retrouver mon père et notre vie d'antan. De quels charmes ne se paraient pas pour moi subitement les deux années joyeuses et incohérentes que je venais d'achever, ces deux années que j'avais si vite reniées l'autre jour... La liberté de penser, et de mal pense et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux dire « être moi-même » puisque je n'étais rien qu'une pâte modelable, mais celle de refuser les moules. »
Cécile en vient à décider, sans trop y croire, de manipuler les personnes de son entourage pour défaire ce qui est en cours...
Extrait :
« C'est ainsi que je déclenchai la comédie. Malgré moi, par nonchalance et curiosité. Je préfèrerais par moments l'avoir fait volontairement avec haine et violence... Que je puisse au moins me mettre en accusation, moi, et non pas la paresse, le soleil et les baisers de Cyril. »
C'est avec beaucoup de curiosité que j'ai lu ce roman. Je connaissais bien sûr l'auteur (comme tout le monde), sans plus : son univers ne m'avait jamais vraiment attirée. Mais comme j'avais demandé à une amie de me prêter la biographie écrite par M.D Lelièvre ("Sagan à toute allure") parue cette année, il me fallait quand même, au minimum, avoir lu une de ses oeuvres avant de la parcourir !
Ma curiosité initiale s'est vite muée en un intérêt réel pour le récit de la narratrice, Cécile en personne. J'ai ressenti, comme elle, la chaleur oppressante de cet été dans le sud-est de la France. J'ai partagé son émoi lors de l'arrivée d'Anne, son impression que ce serait bien de changer de vie et d'opter pour la voie raisonnable, puis ses doutes.
Car l'auteur s'y entend à rendre compte des sentiments de son héroïne, jeune fille sans complaisance vis à vis d'elle-même, scrutant ce qu'elle est autant que ce qu'elle paraît.
Avec elle, les personnages du roman sont peu nombreux, cinq en tout et l'action est resserrée autour d'eux. Mus par leurs pulsions, ils succombent à la pantomime vaine de ce qu'est leur apparence de vie, Anne excepté, victime d'un entourage bien plus superficiel qu'elle.
Bien que le milieu dépeint m'ait paru trop en dehors de la "vraie vie", parce que c'est celui des gens riches, échappant à toute contrainte bassement matérielle, l'histoire m'a bien accrochée et je me demandais quel en serait exactement le dénouement.
Tout compte fait, c'est celle d'une jeune fille inconséquente (ou trop fatiguée par le soleil), qui mène la danse, au risque de se perdre un peu plus.
Je pense que je n'oublierai pas cette Cécile de si tôt et j'admire que l'ouvrage ait été écrit par une jeune personne de seulement 18 ans... en souriant à l'idée du scandale qu'il a provoqué lors de sa sortie, en 1954 !
A découvrir (si vous ne l'avez pas déjà fait !) !
"Bonjour tristesse", Françoise SAGAN
éditions Pocket
Sylvie Testud raconte des anecdotes relatives à sa vie d'actrice.
De son arrivée au Conservatoire, où elle vient d'être admise et perd ses moyens devant un monstre sacré qui lui reproche son allure sportive inconciliable avec les personnages de Molière, à la cérémonie des Césars à laquelle elle se prépare en bénéficiant du luxe du prêt d'une robe haute couture, en passant par un invraisemblable tournage dans un froid glacial, une scène d'amour dans le plus simple appareil où Sylvie fait revenir toute l'équipe sur le plateau, les scènes relatées sont nombreuses, souvent surprenantes et toutes relatées dans un style qui n'appartient qu'à la comédienne.
Mais c'est justement le style qui m'a gênée !
Un style brut de décoffrage... mais (constat paradoxal !) a priori similaire à celui qui ne m'avait pas déplu du tout dans « Le ciel t'aidera », parce que je l'avais trouvé très nature et permettant de rendre parfaitement compte des situations vécues. « Le ciel t'aidera » est postérieur de deux années et je ne l'ai malheureusement pas sous la main pour être en mesure de comparer ces deux écritures : y a-t-il une modification légère mais suffisante pour influer sur mon approche des deux ouvrages ?
Dans « Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir », en tout cas, l'écriture m'a paru globalement à la fois primaire et lourdingue et m'a gâché la narration.
Ou peut-être les anecdotes racontées ne m'ont-elles pas plu davantage que ça, si bien que je me suis, du coup, montrée beaucoup moins tolérante pour le style (alors que j'avais beaucoup aimé ce que Sylvie Testud présentait dans « Le ciel t'aidera ») ? Je laisse la question en suspens , mais s'il y en a parmi vous qui ont lu les deux livres, votre avis comparatif m'intéresse !
Pour faire bref concernant le contenu du livre, « Bof ! » est le qualificatif qui me vient le plus spontanément à l'esprit.
Ce n'est pas passionnant, ça se laisse lire, c'est tout et heureusement que c'est court.
Je n'ai pas retrouvé cette salutaire autodérision qui m'avait tant plu dans « Le ciel t'aidera » (dont le thème concerne les tendances paranoïaques de l'auteur !) et m'avait rendu l'actrice infiniment sympathique . Il m'a même semblé que celle-ci faisait par moments, dans "Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir", preuve d'une certaine complaisance, voire d'un certain narcissisme dans l'étude de ses difficultés à se lever et à se préparer le matin de bonne heure (la pauvre, quelle épreuve !) et/ou de ses états d'âme lors des tournages, narcissisme dont nous autres, simples mortels, avons tendance, je le reconnais, à facilement créditer les comédiens.
Une bonne surprise toutefois, mais seulement sur la fin (est-ce à dire qu'il faut impérativement finir tous les livres que l'on commence ? Si j'en crois mon expérience, ce n'est pourtant pas toujours le cas !):
- l'avant-dernier chapitre raconte les difficultés qu'a l'actrice à se concentrer pour une scène et l'analyse psychologique qui est faite de la situation va bien au-delà de la simple anecdote, si bien qu'elle gagne en profondeur
- le dernier chapitre est tout à fait atypique (et son style ne ressemble d'ailleurs pas du tout à celui du reste du livre) : on y assiste à la difficile séparation de l'actrice d'avec le personnage qu'elle a joué, Claire ; c'est troublant, touchant et infiniment révélateur du retentissement qu'un rôle peut avoir sur le psychisme d'un comédien.
Conclusion : à feuilleter pour vous faire une idée... en n'hésitant pas si vous n'êtes, comme moi, pas emballé, à vous rendre directement aux deux dernières cases !
Recommandation : le livre « Le ciel t'aidera », du même auteur !
« Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir », Sylvie TESTUD
éditions Le Livre de Poche (188 p)
1. Hydromielle le 17-08-2008 à 20:38:18 (site)
Je n'ai lu qu'un livre de Testud, c'est et je n'ai vraiment, mais vraiment pas aimé du tout.
2. kesalul le 18-08-2008 à 09:18:28 (site)
Je ne suis pas vraiment tentée par ce type de bouquin. Les célèbrités qui nous distribuent leurs petites anecdotes, sans plus...
3. cathulu le 18-08-2008 à 13:41:05
C'est rigolo, je parle d'un autre roman de cette auteure bientôt avec presque les mêmes conclusions que toi !
5. LVE le 19-08-2008 à 09:49:18 (site)
Le livre m'avait bien plu. Sa fraîcheur, son authenticité, son côté j'me-la-pète-pas-arrêtons-là-la-mythification-de-l'artiste, il va faire ses courses comme tout le monde... Sylvie Testude raconte bien la trouille, le trac et les mystères de la petite célébrité et l'image qu'elle véhicule auprès des autres et mêmes des proches. Une petite descente agréable dans la réalité d'un monde dont on fait tout une montagne. C'est salvateur.
6. brize le 19-08-2008 à 12:47:03 (site)
@ Hydromielle : oui, j'avais vu sur ton blog que tu n'avais pas aimé "Le ciel t'aidera"... que justement je recommande ! Une fois de plus, les goûts et les couleurs
!
@ Kesalul : Je reconnais que j'avais le même a priori que toi. Je me suis intéressée à Sylvie Testud parce qu'une amie, qui lit beaucoup et écrit à ses heures, me l'avait recommandée.
@ Cathulu: Je ne manquerai pas de te lire !
@ Philo : Oui... mais les avis sont partagés, donc chacun jugera !
@ LVE : Ce n'est pas ainsi que j'ai perçu ce livre, qui m'a déçue. Mais peut-être est-ce parce que j'en attendais trop : cela faisait un moment que je le cherchais et j'ai été toute contente lorsque je l'ai trouvé ! J'aurais bien aimé qu'il me plaise comme à toi !
7. sentinelle le 19-08-2008 à 20:22:29
Ce livre ne m'a jamais tentée, et tu ne m'encourages pas vraiment à dépasser cet a priori lol
8. brize le 19-08-2008 à 21:14:29 (site)
ça m'apprendra aussi, avec mes commentaires du genre :
! C'est comme ça qu'on finit de dissuader une lectrice déjà réticente : je plaide coupable !
Quatrième de couverture
La planète Athshe était un vrai paradis sous le couvert de la forêt qui était le monde. Des humains y vivaient en paix, dont le corps était revêtu d'une soyeuse fourrure verte et qui ne mesuraient guère plus d'un mètre.
Puis d'autres humains, beaucoup plus grands, la peu lisse, tombèrent du ciel et entreprirent de défricher, c'est-à-dire détruire,la forêt qui était le monde. Et ils ne se soucièrent pas plus des Athshéens que s'ils étaient des animaux sauvages, violant et tuant. Ils venaient d'un monde ruiné, surpeuplé, affamé de matières premières, de bois, de grains et de terres vierges, la Terre.
Ceci est l'histoire de la révolte de Selver, l'Athshéen qui devint un dieu dans la légende de son peuple parce qu'il lui apprit la haine et de Lyubov l'ethnologue terrien qui sauva l'honneur de son peuple.
En rupture (provisoire !) de lecture pendant mes vacances, je me suis décidée à relire (ce que je ne fais quasiment jamais) ce roman (Prix Hugo 1973, traduit en français en 1979) découvert il y a plus de 20 ans, en même temps que d'autres ouvrages de science-fiction d'Ursula Le Guin, dont je me souviens seulement qu'ils m'avaient marquée.
On peut considérer cette oeuvre comme une espèce d'étude illustrée de la question suivante :
que peut faire un peuple numériquement majoritaire, parfaitement adapté à son environnement mais dont le mode de vie semble primitif, envahi par un groupe dit « civilisé », bien moins nombreux mais redoutablement armé, décidé à conquérir, en le détruisant, cet environnement ?
Pour servir son propos, Ursula Le Guin a malheureusement recours à une figure qui m'a paru extrêmement caricaturale, celle du colonel Davidson. Aucune nuance dans sa présentation : il est sûr de lui, prétentieux, raciste, incapable d'évolution, bref odieux. Personnellement, j'ai du mal à croire en un tel personnage monolithique, mais peut-être s'agit-il seulement de naïveté de ma part. Toujours est-il que cette figure m'a gênée, parce qu'elle a une importance capitale dans le roman, dans la mesure où, à deux reprises, elle sert de déclencheur d'événements dramatiques.
Mais, au-delà de ma réticence concernant ce personnage , sans doute emblèmatique, pour l'auteur, des tares du colonialisme , le propos du roman m'a gobalement intéressée et j'ai trouvé la narration tout comme la réflexion sur laquelle elle s'appuie efficaces.
Ursula Le Guin décrit en effet un peuple fondamentalement différent du nôtre : physiquement (taille d'enfants de 6 ans, pelage vert) ; dans son adaptation parfaite à son environnement : les Athshéens sont littéralement intégrés à la forêt, ils se fondent en elle ; dans son mode de vie (structure veille/sommeil radicalement différente de la nôtre) et dans sa structure philosophico-sociale originale, bâtie sur la place accordée au monde du rêve par rapport au monde réel, le premier dûment maîtrisé pour conduire le second.
Ce peuple est absolument non violent, c'est pourquoi il lui faut quand même 4 ans avant d'être en mesure d'envisager une réaction par rapport aux Terriens .
Le racisme terrien est dû à la méconnaissance : l'Athshéen, renommé « créate », est qualifié d'inférieur et méprisé parce que personne (sauf l'ethnologue Lyubov) ne s'intéresse vraiment à ce qu'il est.
Ursula Le Guin dresse un portrait sans concession des Terriens colonisateurs d'une planète à laquelle leur arrivée (invasion) ne peut apporter que malheur et désolation. C'est un récit dur, celui d'une révolte d'opprimés dont la violence n'est que l'écho des brutalités subies. Pas d'angélisme : les Athshéens ne sortiront pas indemnes du passage des Terriens.
Le plus remarquable est de constater comment chacun des groupes s'interroge sur l'« humanité » de l'autre, nous invitant ainsi à nous demander quels sont les critères qui définissent ladite humanité.
Un récit, à mon sens, intemporel (ce qui est souvent une des caractéristiques les plus intéressantes des oeuvres de science-fiction) et à découvrir.
« Le nom du monde est forêt », Ursula LE GUIN
(162 pages dans l'édition Robert Laffont 1979, collection "Ailleurs et Demain"... vous savez, celle avec les magnifiques couvertures, dont un exemple figure en tête de cet article !)
1. sentinelle le 13-08-2008 à 20:00:15
Une question me brûle les lèvres : cette lecture n'était pas trop "didactique" ?
2. brize le 13-08-2008 à 20:48:47 (site)
Bonne question !
Et tu pointes sans doute, avec le recul de ta propre analyse de mon commentaire, ce qui globalement a dû me gêner et perturber mon plaisir de lecture (en fait, j'ai été un peu déçue par rapport au souvenir que j'avais, mais peut-être aurais-je dû relire un autre livre d'Ursula Le Guin ?).
Je n'irais cependant pas jusqu'à dire que le propos est trop didactique, mais c'est sûrement limite. Pour moi en effet, il était évident que, même si je lisais un roman, j'étais en face d'un auteur qui voulait transmettre un message.
Les personnages prinicpaux ne sont par ailleurs pas nombreux et le livre est trop court pour qu'on ait le temps de s'attacher à eux, ce qui est dommage.
Est-ce à dire que le "message" de l'auteur aurait gagné à être inclus dans un roman plus développé ? La question reste ouverte !
3. chiffonnette le 18-08-2008 à 09:18:03 (site)
Le Guin est sans doute un peu didactique parfois mais elle reste un auteur d'une intelligence remarquable! En tout cas, je note ce titre et je vais m'empresser de le lire! ;-)
5. myloubook le 19-08-2008 à 15:02:40
Bravo pour cette note intéressante ! J'ai lu un autre Ursula Le Guin décrivant une société disparue imaginaire mais je n'arrive plus à trouver le titre (publié chez actes sud). Très intéressant aussi, avec des documents imaginés notamment.
6. brize le 19-08-2008 à 20:58:37 (site)
Merci, Lou !
Tu m'intrigues avec ce roman d'Ursula Le Guin publié chez Actes Sud (en particulier avec les documents imaginés que tu évoques, j'aime beaucoup l'idée). Peut-être s'agit-il de "Loin, très loin de tout" (seul titre que j'ai trouvé chez cet éditeur), mais qui semble être un ouvrage jeunesse.
7. myloubook le 20-08-2008 à 16:05:23 (site)
Je n'avais pas le temps de le chercher hier mais voilà : "la vallée de l'éternel retour". Voici le résumé sur Amazon : A lire dans l'ordre... ou le désordre, en inventant le parcours de libre découverte d'un peuple imaginaire, de son territoire et de ses coutumes, la Vallée de l'éternel retour est avant tout un fascinant roman d'ethnofiction. Dans ce texte inclassable qui signe des noces inattendues entre le réalisme magique et la rigueur de l'observation ethnologique, Ursula Le Guin donne en effet vie, langue et histoire à la vallée, un territoire d'après le Séisme, et à ses habitants, les Kesh. Merveilleuse et singulière architecture, authentique création littéraire, livre " total " et surprenant, la Vallée de l'éternel retour s'enracine dans le drame et l'émotion des origines à travers le récit de Roche Qui Raconte, un personnage de femme qui, de l'enfance à la vieillesse, connain un bouleversant destin. Et le voyage de cette héroïne à la recherche de son identité et essayant de réconcilier en elle les deux peuples dont elle est issue donne à cette oeuvre de libre fantaisie la tonalité, plus grave, des grandes fables où se narre l'aventure de l'existence.
8. brize le 20-08-2008 à 17:02:47 (site)
Un grand MERCI, Lou, pour cette présentation d'une oeuvre figurant comme "indisponible" à la FNAC et sur AMAZON... mais bien présente sur le catalogue du réseau des bibliothèques de ma ville, comme je viens de le constater ! Mais étant donné que c'est un pavé (pas loin de 700 pages !), on va attendre un peu pour s'y plonger !
Chez les Spellman, on est détectives privés de père (et mère) en fils... pardon, en filles, parce que, justement, le seul garcon de la famille, David, a choisi l'honorable profession d'avocat.
Rae, 14 ans, marche en effet (brillamment ?) sur les traces d'Isabel, de 14 ans son aînée. Et n'oublions pas son oncle homonyme, Ray, qui s'illustre aussi dans la profession... quand il n'est pas en train de cuver ou de jouer au poker avec ses amis.
Le seul problème, c'est que l'habitude (professionnelle) de surveiller les autres contamine jusqu'au fonctionnement de la famille elle-même ! Enquêtes, filatures etc., difficile d'avoir une vie privée quand tout le monde vous espionne : Isabel en sait quelque chose, qui collectionne les ex petits amis sous l'oeil inquisiteur de ses parents.
Bienvenue chez les Spellman, où tout, y compris le plus inimaginable, est possible !
J'ai découvert ce roman (en poche) en apercevant la suite qui vient d'être publiée chez Albin Michel (en grand format, bien sûr !), « Les Spellman se déchaînent », avec un bandeau rouge choc : « Au secooOOOOURS, ils reviennent... » !
Le début ne m'a pas trop accrochée, parce que les frasques d'Isabel adolescente ne m'intéressaient guère.
Mais à partir de la page 48 (sur 439 pages), plus de problème ! Le rappel du passé de l'oncle Ray a retenu toute mon attention, puis j'ai fait la connaissance de Miss Rae et un tel phénomène ne court pas les rues !
C'est d'ailleurs l'énigme de la disparition, depuis quatre jours, de ladite Rae, que le roman doit élucider, raison pour laquelle Isabel, la narratrice, revient en arrière pour raconter les derniers événements survenus dans la famille avant cet événement.
Au travers du récit, centré sur les aventures amoureuses et professionnelles d'Isabel, le lecteur assiste aux invraisemblables manigances internes des membres de la famille Spellman : rétributions occultes (voire extorsion de fonds), chantages en tout genre etc. tous les moyens sont bons pour exercer une pression sur l'autre... dans son intérêt bien sûr ! Et le pire, c'est qu'on se prend au jeu : plus rien ne nous étonne (ou presque !) et on en redemande !
Voilà un roman (globalement) léger et drôle, mené tambour battant, qui n'a d'autre prétention que de vous distraire et, dans sa catégorie , j'ai trouvé que c'était un vrai petit bonheur de lecture.
Au fait, je vous ai dit que c'était un excellent roman de vacances ?!!!
« Spellman et associés », Lisa LUTZ
éditions Le Livre de Poche
1. calepin le 11-08-2008 à 09:48:04 (site)
Bonjour, je suis en train de me constituer une petite bibliothèque pour les vacances (jour J-4) : je vais peut-être envisager celui-ci...
2. Karine (mon coin lecture) le 12-08-2008 à 01:06:14 (site)
n'était plus en vacances, on dirait que je saute sur tout ce qui est roman de vacances! Je prends donc celui-ci en note... pour me sentir en vacances!
3. kathel le 13-08-2008 à 11:11:21 (site)
C'est bien tentant, un peu de lecture légère... Je tâcherai de le rencontrer, ce livre !
4. brize le 13-08-2008 à 20:53:44 (site)
Je pense que vous ne devriez pas être déçues (enfin... j'espère !) !
Londres, 1861.
Voilà maintenant 17 ans que Sue a été recueillie, bébé, et élevée par Mme Sucksby, dans le quartier interlope du Borough. Là, à Land Street plus précisément, celle-ci règne sur son petit monde de voleurs et receleurs, au milieu duquel Sue reçoit son éducation.
Lorsque « Gentleman », amateur de combines en tout genre, propose à Mme Sucksby de faire employer la jeune fille en tant que femme de chambre d'une jeune héritière qu'il veut séduire, Mlle Lilly, pour l'aider dans ses manoeuvres, Sue se laisse convaincre pour faire la fortune de sa famille adoptive.
C'est ainsi qu'elle part pour Briar, où elle découvre un manoir isolé, froid, humide et sombre. Maud Lilly y coule des jours monotones, entrecoupés de longues séances de travail dans la bibliothèque de son oncle, maître des lieux, en vue de rédiger un index de ses collections.
Sue et Maud font connaissance, jusqu'à ce que Gentleman arrive, pour mener la machination à son terme...
Il serait délicat de trop en dire sur l'intrigue de cet ouvrage, qui se caractérise justement par une succession de coups de théâtre particulièrement efficaces ! On est en plein roman-feuilleton rocambolesque et le lecteur, s'il accepte de se laisser entraîner, n'est pas au bout de ses surprises.
Tout commence de manière assez classique, avec l'arrivée de Sue dans un manoir à l'atmosphère glauque, comme il y en a tant dans les romans anglais du 19ème siècle. Maud Lilly est pâle et délicate, toute en sensibilité. La narration est très précise, l'auteur prend le temps de tout nous décrire, des lieux, des gens et des sentiments. Pourtant, à mon avis, il n'y a pas de « gras » dans ce gros (750 pages) roman. Pratiquement tout ce qui est présenté a son importance, même si on ne peut le comprendre que plus tard. Par ailleurs, l'écriture de l'auteur est fluide et agréable, si bien que, malgré sa taille et son rythme assez lent, le roman ne m'a pas paru fastidieux à lire.
Au premier coup de théâtre (à la fin de la première partie) en succèderont d'autres.
L'intrigue est retorse et perverse, comme bon nombre de ses protagonistes.
Pour lecteurs avertis seulement, ce roman ne s'embarrasse pas de bienséance victorienne mais nous dévoile au contraire quelques dessous de cette époque : âmes prudes et/ou craignant le sordide s'abstenir (et je me refuse à en dire davantage, de peur de déflorer l'histoire ! ).
Si ce que je vous ai présenté a retenu votre attention, n'hésitez pas à tenter l'immersion dans les incroyables et terribles aventures de Sue et Lilly : je peux vous assurer qu'elles ne ressemblent à aucune autre !
N.B. : C'est le premier livre de Sarah Waters que je lis. Intialement, je souhaitais découvrir cet auteur avec « Ronde de nuit », mais les critiques parcourues sur internet m'ont amenée vers « Du bout des doigts », à la lecture duquel personne ne s'était ennuyé, ce qui ne semblait pas être le cas pour le précédent.
« Du bout des doigts », Sarah WATERS
éditions 10/18
2. Karine (mon coin lecture) le 07-08-2008 à 04:27:10 (site)
Il fait partie de mon challenge 2008, celui-là. Et je suis très, très curieuse, de lire un roman "époque victorienne" pas victorien du tout!!!
3. insatiable.lectrice le 07-08-2008 à 08:33:49 (site)
Et zut! Samedi dernier je l'ai pris en main dans ma bouquinerie puis remis en rayon ;-((((
4. Lucile le 07-08-2008 à 09:49:57 (site)
Tiens tiens, c'est très intriguant tout ça! Je note, je note! Je pense que ça peut me plaire! Bises Brize!
6. brize le 08-08-2008 à 15:16:45 (site)
Je ne peux pas vous garantir que le livre vous plaira, une fois de plus, la seule solution consiste à tester (on dirait que je suis en train de parler d'un plat que je vous conseillerais de goûter pour voir si vous aimez !!!) !
7. cathulu le 08-08-2008 à 17:24:38
Il est dans ma Pal mais pour l'instant son épaisseur me fait retarder un peu ma lecture !
8. fashion victim le 09-08-2008 à 15:23:08
Il est dans ma PAL, mais comme Cathulu, je le trouve un peu gros pour l'instant...
9. Ys le 10-08-2008 à 17:49:36 (site)
Bonjour,
première visite sur ton blog et je tombe sur un roman que j'ai déjà noté et qui me tente bien. Ton billet ne fait que renforcer mon envie de le lire.
A bientôt
10. brize le 13-08-2008 à 20:51:38 (site)
@ Cathulu et Fashion : Oui, c'est un pavé ! Je l'avais emporté pour ma semaine dans les Pyrénées (repos post randonnées) et il a été largement suffisant !
@ Ys : Bienvenue "Sur mes brizées" et à bientôt !
11. SD49 le 16-08-2008 à 17:35:52
De retour de vacances je m'empresse de rajouter ce titre dans ma LAL, moi aussi j'etais dans les Pyrenées (orientales près de Font Romeu temps superbe !!!!!!!)
12. brize le 19-08-2008 à 14:27:53 (site)
Je n'étais pas du même côté (près de Luz Saint Sauveur), mais le temps a été très beau aussi : on a eu de la chance !
13. myloubook le 20-08-2008 à 16:02:27 (site)
Je l'ai dévoré à une époque où je lisais beaucoup moins. En revanche j'ai essayé de commencer l'autre victorien se passant dans une prison et je n'ai lu que la moitié. Il faudra que je le finisse un jour, mais je trouvais que l'action peinait à avancer. Quant à "caresser le velours", acheté en même temps que "du bout des doigts", je l'ai trouvé plus mièvre en le parcourant ensuite, comparé à ma première lecture.
14. brize le 20-08-2008 à 18:22:42 (site)
Conclusion après ton commentaire, Lou : pour ceux et celles qui hésiteraient, parmi les romans de ce type écrits par Sarah Waters, "Du bout des doigts" semble le plus recommandable !
Pat a vingt ans. Elle entame sa deuxième année sabbatique à Edimbourg et trouve une chambre à louer dans un appartement en colocation au 44 Scotland Street. Là, elle fait la connaissance de Bruce, de quelques années plus âgé qu'elle et surtout très beau... et le sachant ! Bruce travaille dans un cabinet d'experts immobiliers.
Pat trouve un travail d'assistante auprès de Matthew, fils d'une famille aisée, qui tente cette fois de trouver sa voie en tenant une galerie d'art.
Dans son immeuble, elle fait la connaissance de Domenica Macdonald, la soixantaine, sympathique anthropologue. Elle aperçoit aussi régulièrement Bertie, petit garçon de cinq ans que sa mère, Irene, ne laisse plus respirer, depuis qu'elle a découvert qu'il était surdoué.
Vous l'aurez compris, « 44, Scotland Streeet » est un roman où les gens se croisent : le point central est bien l'adresse qui donne son titre au livre, mais ne sont pas concernés que les habitants du lieu. Dans un dispositif en cercles concentriques, le roman aborde aussi les personnes qui les côtoient : employeurs de Bruce, en particulier le couple Raeburn et Sasha Todd et leur fille Lizzie, Angus Lordie, artiste peintre connu par Domenica Macdonald, Lou qui tient un café fréquenté par Matthew et ses amis etc.
Dans l'ensemble, ces « tranches de vie » edimbourgeoises m'ont bien plu : le ton est vif, facilement caustique, les personnages sont intéressants, voire attachants et les analyses psychologiques les concernant souvent très fines.
On s'intéresse donc à leur vie quotidienne, avec ses petites surprises et ses mini-suspenses ainsi qu'à leur devenir. Au point qu'on regrette de devoir les laisser en pleine action, sans trop savoir (en particulier pour certains d'entre eux, comme Bruce et Bertie) quelle orientation va prendre le cours de leur vie : on aimerait une suite, comme il y en a eu pour les «Chroniques de San Francisco» d'Armistead Maupin, dont l'auteur explique dans la préface qu'il s'est inspiré pour écrire ce qui, initialement, fut un feuilleton paraissant dans un journal.
Quelques réserves concernant : des longueurs occasionnelles (le bal des conservateurs, par exemple) ; des passages où les considérations exposées m'ont un peu ennuyée parce qu'à mon sens trop « écossaises » pour présenter un intérêt plus général ; le personnage de Lizzie, que je croyais cerner au début mais dont la présentation m'a ensuite paru plus confuse.
Néanmoins, ce livre a été d'une lecture agréable et je pense qu'il devrait satisfaire un public friand, comme moi, de romans distrayants et intelligents à la fois.
C'est grâce au billet d' Amanda que j'ai découvert ce roman.
additif du 4/08 (suite au commentaire d'Amanda) :
Le roman "44 Scotland Street" inaugure une série intitulée "Les chroniques d'Edimbourg", dont le tome 2, "Edimbourg express" est déjà sorti en 10/18, mais en collection "Les Exceptionnels" (dont j'ignorais jusque là l'existence) donc malheureusement plus cher qu'un poche.
« 44 Scotland Street », Alexander MC CALL SMITH
éditions 10/18 (414 p)
1. amandameyre le 03-08-2008 à 21:38:18
il y a une suite "Edimbourg express" où l'on retrouve ts ces personnages (je ne l'ai pas encore lue). Je pense comme toi que c'est un lecture agréable, idéale pour l'été!
2. Karine (mon coin lecture) le 04-08-2008 à 01:29:18 (site)
Ca fait plusieurs fois que je le croise, celui-ci! Pour une lecture d'été... pourquoi pas!
3. brize le 04-08-2008 à 12:26:02 (site)
@ Amanda : Merci pour l'info, que j'avais ratée parce qu'elle ne figure ni sur la quatrième de couverture, ni dans la préface de l'auteur. J'ai complété mon billet en conséquence.
@ Karine : je pense que tu peux te laisser tenter !
4. kathel le 04-08-2008 à 13:33:16 (site)
Comme Karine, je l'ai déjà croisé, feuilleté, je vais me laisser tenter un de ces jours, c'est sûr ! ;-)
5. cathulu le 04-08-2008 à 15:46:24
Un livre fort plaisant qui donne envie de lire la suite qu'il faudra attendre en poche vu le prix!
6. Solen le 05-08-2008 à 16:59:55
Je sors de la médiathèque où je leur ai mis swap sur le cahier de suggestion et dans mon sac j'avais 'uglies"... Je vais peut-être imprimer ton blog pour mon prochain tour là bas!
7. brize le 08-08-2008 à 15:10:13 (site)
@ Kathel : ça vaut le coup d'essayer !
@ Cathulu : j'ai craqué, le tome 2 est acheté (mais, sans mentir, je ne m'achète pas souvent des bouquins, aussi étonnant que ça paraisse !) !
@ Solen : ça me plaît bien, ton idée d'imprimer mon blog
!
Poursuite de mes pérégrinations estivales ... et pas de connexion internet pendant huit jours.
A bientôt !
***
1. perle-rousse le 26-07-2008 à 11:00:36 (site)
Bonnes vacances alors !
Gros bisous et à bientot.
2. sybilline le 26-07-2008 à 11:57:41 (site)
Tu le fais en deux temps, c'est une excellente idée que j'applique également depuis peu!
Re-bonnes vacances alors!!
5. le blog de philo le 31-07-2008 à 22:33:07
Profites s-en bien, alors. A bientôt.
Suite de la série inaugurée avec "Fascination"
Edward et Bella filent le parfait amour, jusqu’à ce qu’un incident dont les conséquences auraient pu être dramatiques intervienne au cours de la fête d’anniversaire donnée par le clan Cullen au profit de la jeune fille.
Peu après, Edward décide de rompre et rend sa liberté à Bella en lui demandant de l’oublier, comme il va le faire.
Bella s’enfonce alors dans une dépression qui dure plusieurs mois et dont parvient seulement à la tirer l’amitié de Jacob.
Mais le jeune homme manifeste soudain une hostilité incompréhensible vis-à-vis de la jeune fille…
Quelle déception que ce tome 2, dont j’attendais qu’il développe les promesses du premier, en accentuant le côté aventures et la découverte du milieu vampire !
Au lieu de cela, j’ai eu droit à au moins 250 pages (sur 571) pendant lesquelles il ne se passe quasiment rien.
Edward est parti et Bella sombre dans une douleur incommensurable. Sa relation avec Jacob la tire certes de son apathie, mais pour moi le livre l’est resté, apathique.
J’ai eu l’impression que l’auteur reprenait la même recette que précédemment (étonnant comme Bella est attirée par les êtres hors normes !) et j’ai continué à m’ennuyer.
Enfin, Edward et le clan Cullen réapparaissent (il était temps !) et cela commence à devenir plus intéressant.
Sauf que ce devait être trop tard pour moi, parce que j’en étais venue à être prodigieusement agacée par la facilité avec laquelle Bella fondait en larmes ou manquait défaillir, sans doute parce qu’elle l’avait déjà fait plus d’une fois au fil du roman et que ça ne passait plus.
Bref, impossible d’accrocher à l’histoire (alors que je ne demandais qu’à aimer) et pour le moment je ne suis plus tentée de poursuivre la lecture de cette série. Peut-être étais-je moins réceptive au moment où j'ai effectué cette lecture que lors de ma découverte du premier tome ? Je l'ignore, mais je suis obligée de constater que, cette fois-ci, il n'y a pas eu de "fascination" !
Pour nuancer cet (atypique) avis guère enthousiaste, les billets de : Lily, Bladelire, Fashion, Allie, Stéphanie, contentes de leur lecture.
« Tentation », Stephenie MEYER
Editions Hachette Jeunesse
1. Argantel le 23-07-2008 à 22:25:49 (site)
Moi, ça m'a saoulé dès le 1er tome ! Tu confirmes le fait que je ne lirai absolument pas le 2ème ! lol
2. Karine (mon coin lecture) le 24-07-2008 à 02:40:31 (site)
J'avais adoré le premier et, même si j'ai moins apprécié les volets suivants, j'ai quand même aimé. Et je vais me jeter sur le tome 4 qui sort en anglais dans quelques jours, c'est certain!!!
3. mes bettys le 24-07-2008 à 10:25:57 (site)
Je te rassure , je crois que tu n'es pas la seule. J'ai le souvenir que Laure n'a pas aimé non plus le tome 2 (je te mets son lien : http://www.miroir.ns8-wistee.fr/tentation)
4. brize le 24-07-2008 à 12:22:58 (site)
Merci pour le lien, qui me permet aussi de découvrir ce très joli blog !
5. Carolyn Grey le 25-07-2008 à 16:46:20 (site)
Je n'ai pas du tout aimé non plus, énorme déception que ce 2e volume. Que d'ennui...
6. pom' le 25-07-2008 à 18:23:37 (site)
merci pour cet avis, je sais à quoi m'en tenir, remarque, je m'en doutais un peu.
De nos jours, à Toulouse. Khaled Addad est emmené par les gendarmes à l'hôpital psychiatrique, où il est pris en charge par le docteur Antoine Le Tellier. Le jeune homme a été retrouvé, prostré, non loin du corps de sa soeur, Meriem, égorgée à son domicile et il fait figure de coupable.
C'est le deuxième meurtre non élucidé qui frappe la communauté musulmane.
Le docteur Le Tellier, sceptique quant à l'éventuelle schizophrénie de Khaled, découvre d'étranges connexions entre les rêves de celui-ci et le précédent meurtre et en vient à les relier à des affaires similaires, qui se sont déroulées elles aussi à Toulouse... mais au XVIII ème siècle : les affaires Calas et Sirven, dans lesquelles Voltaire a joué le rôle que l'on sait !
Renouant les fils épars du passé, Antoine Le Tellier aura du mal à démêler vérité et mensonge, au coeur d'une ville où la tension monte et tandis que certaines figures de proue politiques semblent fort satisfaites de voir les troubles se multiplier...
Patricia Parry met habilement en parallèle deux intrigues, l'une actuelle et l'autre se déroulant au XVIIIème siècle. Cette dernière est retracée sous forme épistolaire et j'ai été impressionnée par la virtuosité avec laquelle l'auteur retrouve le style de l'époque (au point qu'extraits de lettres réelles et lettres fictives se confondent), en même temps qu'elle donne vie et profondeur aux personnages représentés.
Certes, je n'ai pas (contrairement à d'autres blogueuses !) succombé au charme d'Antoine Le Tellier, beau médecin psychiatre sensible et amoureux des femmes en général... mais qui m'a paru un peu fade (opinion, je le répète, toute personnelle!). Mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier une intrigue particulièrement bien construite, dont j'ai cru, arrivée à mi-parcours, avoir deviné l'issue, alors qu'elle me réservait encore deux rebondissements spectaculaires, auxquels je ne m'attendais absolument pas (pour les lecteurs très cartésiens, à noter qu'un élément mineur de l'intrigue, une fois que celle-ci est résolue, demeure du domaine de l'irrationnel). Et, pour ce qui me concerne, lorsqu'un roman policier me surprend jusqu'au bout, il a déjà tout bon !
Par ailleurs, le roman a le mérite de traiter une histoire originale, qui permet à l'auteur de capter l'air du temps et les travers de la récupération politique d'incidents divers. Le récit, astucieux, intéressant et plein de suspense (l'auteur a l'art de clore ses chapitres sur des interrogations qui poussent à poursuivre la lecture !), plonge le lecteur dans l'Histoire en même temps qu'il l'immerge dans le contemporain le plus incendiaire... au sens propre du terme, manoeuvré par d'obscures et inquiétantes puissances !
A découvrir... en sachant que le deuxième tome des aventures d'Antoine Le Tellier paraîtra en octobre !
Les avis de Stéphanie, Fashion, Amanda
Le blog de l'auteur, Patricia Parry.
"Petits arrangements avec l'infâme", Patricia Parry
Editions Seuil
2. liliba le 22-07-2008 à 09:25:50 (site)
Voilà qui parait tout indiqué pour s'ajouter aux dizaines de bouquins déjà prets dans ma valise...
3. sentinelle le 23-07-2008 à 11:32:58
Voilà un roman bien alléchant !
Bon retour à toi Brize :-)
4. mes bettys le 24-07-2008 à 10:27:25 (site)
Comme sentinelle , il me tente bien. J'espère que les vacances ont été bonnes!
Commentaires
1. pom' le 20-08-2008 à 10:24:04 (site)
je l'ai lu il y un sacré bout de temps, c'est le seul de sagan que j'ai lu.
2. kathel le 20-08-2008 à 11:36:37 (site)
Je crois que je l'ai lu il y a longtemps, ma mémoire me fait défaut, c'est agaçant... En tout cas, tant mieux s'il a bien "vieilli" !
3. Karine (mon coin lecture) le 20-08-2008 à 12:46:01 (site)
Il m'attend dans ma pile "officieuse", celui-ci... c'est à dire les livres que je désespérais d'avoir le goût de lire un jour! Je crois que je vais le déménager dans ma pile officielle!!! C'est déjà ça!
4. kesalul le 20-08-2008 à 17:48:09 (site)
Je l'ai lu il y a deux ans environ et j'en ai toujours un agréable souvenir. Je ne connaissais pas les romans de cet auteur, mais je n'ai pas été déçu de cette découverte.