posté le 29/08/10

"Le dernier des Weynfeldt", Martin SUTER

Dernier descendant de la riche lignée suisse des Weynfeldt, Adrian, cinquante-quatre ans, mène une existence particulièrement aisée et régulière. Son métier d’expert en art, s’il ne lui est pas indispensable, l’occupe, autant que la fréquentation de ses cercles d’amis, la plupart davantage intéressés par ses largesses que par lui.   Dans cette vie dont l’immuable ordonnancement semble le rassurer, Adrian a la surprise de voir un soir débarquer Lorena, belle jeune femme qui lui rappelle Daphné, son amour de jeunesse. Ex-mannequin sans le sou, Lorena, le lendemain de la nuit qu’elle passe chez Adrian, tente de se suicider. Et si, grâce à Adrian, elle renonce à sa tentative de se précipiter du haut du balcon, c’est pour que son hôte lui promette de, désormais, veiller sur elle.   Séduit, Adrian est prêt à tout pour Lorena. Cette attraction s’exerce sur lui au moment-même où il doit négocier la vente du fameux tableau de Vallotton, «Femme nue devant une salamandre », dont le propriétaire, Baier, a bien du mal à se séparer…Le dernier des Weynfeldt », c’est d’abord la peinture psychologique, fouillée, d’un homme hors du commun, Adrian. Sa bonté paraît souvent bien proche de la naïveté, tant le lecteur a l’impression que ses proches abusent de sa générosité, trop heureux qu’il est de pouvoir partager les biens dont sa naissance l’a si largement pourvu. Mais, au-delà de la façon dont Adrian structure son existence et ses relations, on pressent autre chose, une forme de désarroi mélancolique sous-jacent qui ne demande qu’à refaire surface. Cette étude de caractère s’intègre avec bonheur à une trame romanesque qui, sans être foncièrement originale (une jeune femme tentée de profiter de l’attrait qu’elle exerce sur un homme riche), bénéficie de facteurs la renouvelant : le personnage d’Adrian est en effet suffisamment atypique (comme Lorena le constatera) pour que le lecteur ne devine pas forcément comment il va réagir aux événements se produisant autour de lui ; la thématique artistique (vrai et faux tableau) pimente l’intrigue, dont elle constitue un facteur déterminant et lui donne aussi une autre dimension en posant la question de l’authenticité, qu’on peut éventuellement étendre aux individus.   J’ai lu « Le dernier des Weynfeldt » avec plaisir, découvrant un auteur et une écriture, de qualité, au travers d’une histoire qui a suscité en moi intérêt et curiosité (et même si le dénouement, qui m’a plu sur le fond, a soulevé en moi quelques réserves d’ordre technique quant à sa vraisemblance). Il n’est donc pas du tout exclu que je m’aventure dans d’autres romans de Martin Suter !

 


 
 
posté le 27/08/10

"Truman Capote", un film de Bennett Miller

 


 
 
posté le 25/08/10

Coup de cœur pour le tome 1 de "La Zone", d'Eric STALNER

Dans une Grande-Bretagne post-apocalyptique où la nature semble avoir repris tous ses droits, un petit village d'Ecosse s’est reconstruit sur les ruines du passé et vit comme avant la révolution industrielle. A l’écart, avec un puma pour seule compagnie, il y a Lawrence. Lawrence et ses étagères bourrées de livres et, surtout, sa connaissance du monde du dehors où il voyagea dix ans plus tôt, un monde contaminé dont les autorités du village, religieuses entre autres, refusent d'entendre parler . D’ailleurs les livres, porteurs de savoir et germes potentiels de perturbations, n’y ont pas plus la cote que Lawrence et c’est tout juste si les habitants savent lire. La jeune Keira, pas davantage que les autres, alors que Lawrence cherche à l’instruire.   Mais elle et ses deux compagnons, Jared et Thomas, ne cherchent qu’une chose : découvrir ce qui existe au-delà des limites du village, grâce à une carte détenue par Lawrence, dont ils viennent d’apprendre l’existence…

 


 
 
posté le 24/08/10

Pique-nique de la Blogoboule : le retour !

     La fin des vacances signifie aussi le retour du Pique-nique de la Blogoboule, organisé dimanche 29 août et pour la quatrième année consécutive, dans un parc parisien,

 


 
 
posté le 21/08/10

"Anna Karénine", Tolstoï

Chez les Oblonski, ce matin-là, rien ne va plus. Darie Alexandrovna vient de découvrir que son époux, le prince Stépane Arcandievitch, la trompe avec l’ancienne institutrice française de leur cinq enfants et elle envisage de le quitter. Stépane Arcandievitch, lui, ne sait quelle attitude adopter pour éviter d’envenimer la situation. Arrivé à son bureau, il a l’heureuse surprise de voir surgir son ami Lévine. Celui-ci a quitté ses terres pour Moscou, dans l’intention de demander enfin en mariage la belle-sœur de Stépane, la jeune Kitty, dont il est secrètement amoureux. Mais il ne tarde pas à se rendre compte que Kitty n’est pas insensible au charme du beau comte Vronski, qu’elle côtoie régulièrement.   Vronski, de son côté, croise inopinément le chemin de la belle Anna Karénine, la sœur de Stépane Arcandievitch, qui vient rejoindre son mari à Moscou : la rencontre ne laisse aucun des deux indifférent…Anna Karénine » m’a d’emblée séduite par son entrée directe dans le vif du sujet (on débarque littéralement chez les Oblonski) et sa manière d’aborder de front les personnages : justesse des notations, finesse de l’analyse des caractères, avec un auteur tout en empathie, donnent une impression de vraisemblance, le sentiment de pénétrer dans l’intimité des situations et des gens. Par moments, l’auteur se permet d’aller encore plus loin, en indiquant ce que tel ou tel protagoniste aurait voulu dire… pour finalement exprimer autre chose, des mots qui ne sont pas fidèles au fond de sa pensée : et j’ai trouvé que c’était infiniment réaliste, ces propos qui nous échappent, non conformes à ceux que nous avions formulés intérieurement et toutes ces incompréhensions qui peuvent résulter de telles difficultés ou erreurs de communication.   A cette remarquable peinture psychologique, insérée dans une trame romanesque à souhait qui explique l’engouement que ce roman ne manqua pas de susciter, « Anna Karénine » allie une peinture sociologique dont je ne doute pas qu’elle ait passionné les lecteurs contemporains, puisque les questions socio-politiques évoquées étaient d’actualité. Pour ma part, autant j’ai été sensible à tout ce qui concernait les relations de l’aristocratie avec le peuple (à cet égard, les états d’âme de Lévine, reflets de ceux de Tolstoï, sont passionnants), autant d’autres sujets abordés me sont totalement passés au-dessus, soit parce qu’ils ne m’intéressaient pas, soit parce que je ne faisais pas l’effort de les comprendre. Mais ces passages sont, somme toute, assez peu nombreux et n’entravent guère le cours principal du roman. Et ils sont, largement, contrebalancés par les descriptions des lieux où l’action se déroule, de la campagne russe souvent, à mon sens jamais trop longues et toujours particulièrement évocatrices.   J’ai lu la première moitié de ce long roman avec enthousiasme, savourant une œuvre qui me rappelait certaines peintures du 19 siècle dont le classicisme n’a d’égal que la beauté, liée à l’harmonie de la composition et des couleurs. Au passage j’ai remarqué, parfois, que le cours des choses s’infléchissait subitement de manière radicale (je pense à la fin de certaines des parties du roman), sans que l’auteur s’appesantisse dessus alors qu’il nous avait comblé de détails sur la situation antérieure : le procédé m’a surprise mais il s’avère finalement assez efficace car dynamique.

 


 
 
posté le 14/08/10

"Harold", Louis-Stéphane ULYSSE

États-Unis, début des années 60.

  Chase Lindsey, éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau dont le nom, Harold, est inscrit sur une bague rivée à l’une de ses pattes. Il est frappé par sa surprenante intelligence mais aussi par son caractère farouche, voire agressif. Peu de temps après, il est contacté par Ray Berwick, dresseur à Hollywood, auquel il va prêter main forte sur le tournage des « Oiseaux » d’Hitchcock.

 


 
 
posté le 13/08/10

"Manière de voir" interroge les utopies !

   Si lorsque vous entendez le mot "utopie", vous dressez immédiatement l'oreille, alors ce numéro d'août-septembre de "Manière de voirest pour  vous !

 


 
 
posté le 11/08/10

Besoin d'encouragements !

      Je profite de ma pause de blog pour relever un petit challenge perso : lire (enfin !) une oeuvre de Tolstoï, à savoir  "Anna Karénine" (je m'étais, il y a bien longtemps, cassé les dents sur "Guerre et paix"). Même que j'ai brûlé mes vaisseaux en emportant en vacances (où j'ai, au moins jusqu'à la fin de cette semaine, après je ne sais pas, une connexion internet) un seul roman (qui fut vite lu, et dont je vous parlerai bientôt) + celui-ci.

 


 
 
posté le 02/08/10

"Le tueur à la cravate", Marie-Aude MURAIL

Quatrième de couverture :

   Grâce à quelques clics et une adresse mail bidon, Ruth Cassel a pu s’inscrire sur le site perdu-de-vue.com et y déposer une vieille photo de classe en noir et blanc trouvée dans les affaires de son père. La manip n’a qu’un seul but : l’aider à différencier les deux blondes aux yeux noisette sur la photo, Marie-Eve et Eve-Marie, respectivement la mère de Ruth et sa sœur jumelle, décédées à vingt ans d’intervalle.