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Titre du blog : Sur mes brizées
Auteur : Brize
Date de création : 23-04-2008
 
posté le 03-11-2010 à 12:12:27

"Le Monde Vert", Brian ALDISS

   Très loin dans le futur, la Terre a vu le règne végétal supplanter tous les autres. Un banian géant a proliféré sur la majeure partie de son sol. D’incroyables espèces pullulent, souvent plus dangereuses les unes que les autres. Il reste quelques représentants de la race humaine : leur taille, à l’image de leur intelligence, a très nettement diminué et leur peau a pris la couleur de l’environnement. Ils forment des mini-groupes itinérants, sans cesse sur le qui-vive, survivant au jour le jour. Gren, pas encore un homme, est banni de l’un d’eux. Il poursuit sa route d’abord seul puis en compagnie de Yattmur, une jeune fille rencontrée en chemin, mais aussi d’une morille : ce champignon, bien plus intelligent que lui, s’est greffé autour de son cou et immiscé dans son cerveau auquel il est maintenant connecté en permanence, pour le conseiller et le guider.

   Les pas de Gren le mèneront bien loin de sa forêt d’origine, à la découverte d’un monde dont il ignorait les secrets, en même temps que la morille ne cesse d’accroître son influence sur lui…

 

   Je n’avais jamais lu Brian Aldiss et comme c’est un auteur de SF dont la réputation n’est plus à faire, j’étais ravie de le découvrir dans le cadre d’une lecture commune du Cercle d’Atuan.

  Mais après un premier chapitre mené tambour battant et dont j’ai apprécié l’environnement végétal extrêmement surprenant et dépaysant, j’ai vite déchanté ! Mon engouement initial a en effet cédé la place à une impression de too much qui ne s’est pas démentie pendant le reste de ma lecture. Et alors que je prônais la capacité à « suspendre son incrédulité »… c’est moi-même qui n’arrivais plus à accepter les batailles de plantes tentaculaires, les plantes-échassiers, les plantes-lièvres et que sais-je encore, l’imagination de l’auteur est décidément sans limite (d’aucuns, parmi mes petits camarades du Cercle, sous prétexte qu’il était question d’une morille, se sont demandés s’il n’avait pas, justement, consommé quelques champignons hallucinogènes, ce qui aurait pu expliquer un tel déferlement d’images extraordinaires), bref, j’étais empêtrée dans un enchevêtrement de trucs verts pas possibles et vous savez quoi, trop de vert tue le vert !

   Mais ce n’était pas tout. Malgré l’accumulation de péripéties, paradoxalement, je m’ennuyais. D’ailleurs, je lisais le roman avant de m’endormir et, au moment censé être le plus palpitant, mes yeux se fermaient (et le livre aussi).

Il faut préciser, ce que je n’ai pas fait dans ma présentation ci-dessus, que le premier chapitre était gros de promesses. Les membres adultes du clan de Gren y subissaient une transformation radicale, rencontraient d’autres créatures humaines loin de leur monde d’origine et tout cela me plaisait beaucoup. Sauf que, jusqu’au dernier chapitre, il n’est plus du tout question de cet épisode d’ouverture, on finirait presque par se demander si on ne l’a pas rêvé !

    Le récit prend un autre cours, on est à fond dans le périple-avec-des-tas-de-rencontres-de-créatures-et-de-lieux-surprenants. A une ou deux reprises, ces rencontres ont piqué ma curiosité mais, dans l’ensemble, malgré les trésors d'inventivité déployés par l'auteur, je n’ai pas réussi à m’intéresser aux pérégrinations du héros, ni d’ailleurs au héros tout court, dont la psychologie m’a paru assez sommaire. Même son conflit interne avec la morille ne m’a pas passionnée, trop sommairement abordé. Quant à l’arrière-plan, le contexte, là aussi, aucun écho chez moi puisque je n’y ai pas trouvé matière à réflexion (contrairement à l’annonce racoleuse de la quatrième de couverture de l’édition Folio SF, je n'y ai pas vu « Un roman […] qui, à l’heure des dérèglements climatiques annoncés, est toujours d’actualité, tout en restant optimiste. »).

   Bref, ce roman n’a réussi ni à me divertir ni à me donner à penser, ce que pourtant la SF fait souvent très bien.

 

   Sur ce, je vous laisse, en vous recommandant, surtout, d’aller faire un tour chez Quarante-deux, Le cafard cosmique et Yozone : eux, au moins, peuvent vous donner envie de vous plonger dans ce roman, un classique de la SF (mais heureusement que je n’avais pas commencé ma découverte du genre avec lui…) !


« Le Monde Vert », Brian ALDISS

Folio SF (328 p)

Paru en 1962


D’autres avis :

 

: Lhisbei , Vert , Julien , Tortoise , Kactusss , Spocky ...
 

Commentaires

Brize le 09-11-2010 à 14:24:26
@ Lael : J'ai rigolé quand j'ai vu ton commentaire (je venais de voir ta réaction en cours de lecture sur le Cercle d'Atuan) : je vois que toi et la morille, c'est pas vraiment le grand amour ! Bienvenue au club Rire !
lael le 09-11-2010 à 00:04:38
dingue quand même qu'il y ai des critiques positives pour ce bouquin ! enfin après c'est une histoire de goût. Il me reste encore le dernier chapitre à lire... quelle corvée "-_-
Brize le 06-11-2010 à 18:52:22
@ L’or des chambres : C’est vrai qu’en SF, notre imagination est prompte à s’emballer et, du coup, si ce que nous propose ensuite l’auteur ne nous convient pas, la chute est d’autant plus rude !


@ Sassenach : Et je t’ai épargné le pire : en fouillant dans le cerveau de Gren, où elle peut lire l’histoire de l’humanité, la morille découvre que très loin dans le passé les morilles ont déjà vécu en symbiose totale avec l’humain : je pense que l’auteur a extrapolé (comprendre : déliré) à partir de l’aspect extérieur de la morille, qui peut faire penser à un cerveau…


@ SBM : Si au moins ça m’avait fait sourire smiley_id119176


@ Niki : J’ai épargné ton petit livre rouge !


@ La Nymphette : Oui, c’est normal que ce Monde Vert ait plu à une petite Nymphe des bois comme toi smiley_id176237!


@ Spocky : Oui, nos avis se rejoignent. Plus qu’à conclure : « Bon, ça, c’est fait ! »


@ Keisha : On est bien d’accord !
keisha le 06-11-2010 à 18:01:45
Ah je viens de m'apercevoir que je l'ai lu, celui là! beaucoup d'imagination dès le départ, mais, euh, les aventures se suivent , tournent parfois court, et la fin ne m'a pas convaincue.
Spocky le 06-11-2010 à 16:42:38
Je suis toute à fait de ton avis. J'ai moi aussi bien apprécié le début puis je me suis de plus en plus ennuyée pour au final être carrément déçue. Pourtant le quatrième de couverture m'avait vraiment attiré. On va dire que c'est un classique de la SF que j'aurais lu.
La Nymphette le 04-11-2010 à 21:31:58
Ben zut, j'avais bien aimé moi! Rien de spectaculaire, mais un côté vert visqueux envahissant qui m'a rappelé mon île :-)
niki le 03-11-2010 à 20:15:59
aaaaaaah ! j'aime bien quand les avis sont négatifs, je ne note pas

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SBM le 03-11-2010 à 16:25:18
Pas plus tard que la semaine dernière, je lisais un extrait de ce livre à mes stagiaires pour illustrer le courant "anticipation - catastrophes naturelles" : la nature vengeresse, quel pied ! Oui bon, on dirait que les pieuvres des sables n'ont pas su te charmer, mais les British des années 60 étaient carrément super forts pour inventer des avenirs pas radieux à notre belle humanité. Oui, c'est too much parfois, alors ça peut faire sourire, moi, c'est Lovecraft qui me fait cet effet-là.
Sassenach le 03-11-2010 à 15:17:36
Je ne note pas mais maintenant, je comprends mieux pourquoi les morilles coûtent aussi cher ! mdr Clin doeil
L'or des chambres le 03-11-2010 à 13:33:32
ça m'est arrivée bien souvent, un début prometteur pour un livre de SF, pour finir peu après dans l'ennui total... Je compatis...

Bonne journée