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Titre du blog : Sur mes brizées
Auteur : Brize
Date de création : 23-04-2008
 
posté le 05-05-2008 à 18:19:41

"La Rose Blanche", Six Allemands contre le nazisme

 

« Die weisse Rose » (« La Rose Blanche »), est le nom d’un mouvement de résistance de jeunes étudiants qui, en 1943, en Allemagne, se sont opposés au national-socialisme.

Cette opposition conduira à l’arrestation de trois d’entre eux :

Christoph Probst, 24 ans

Hans Scholl, 25 ans

Sophie Scholl (sa sœur) 22 ans

Condamnés à mort pour haute trahison, ils sont décapités à la hache.

Avec trois de leurs compagnons, exécutés plus tard, ils avaient entrepris, à Munich, de secouer le joug du fascisme en invitant leurs compatriotes à faire de même.

 

L’opuscule, paru en 1955 et réédité aux éditions de minuit, est le récit par Inge Scholl, sœur cadette de Hans et Sophie, de l’enfance de ceux-ci.

 

Comme beaucoup de jeunes Allemands, ils adhèrent aux Jeunesses Hitlériennes, qui les séduisent, avant de prendre conscience, au travers de divers incidents, de la réalité nazie.

 

Extraits :

(p23) : « Nous appartenions corps et âme à ce mouvement, sans comprendre que notre père ne partageât pas notre bonheur et notre fierté. Il était au contraire très hostile et nous disait parfois : « Ne les croyez pas. Ce sont des brigands sans foi ni loi, ils trompent grossièrement le peuple allemand ». Quelquefois, il comparait Hitler au joueur de flûte de Hameln, qui avait charmé les enfants pour les mener à la mort. Mais ses paroles restaient vaines ; entraînés par notre jeune enthousiasme, nous faisions fi de ses avertissements. »

(p31) : « Un sentiment naquit en nous : celui de vivre à l’intérieur d’une maison propre et belle où, dans la cave, derrière des portes verrouillées, des choses terribles se passaient. Lentement, la crainte, puis l’horreur et l’angoisse nous gagnaient ; et le premier germe, encore infime, d’une insécurité sans limite, s’implantait en nous. »

  

Ce cheminement les mène jusqu’à la décision irrévocable de s’opposer, de l’intérieur, à leur propre pays en guerre.

L’ouvrage se clôt sur l’évocation, par quelques témoins, des dernières heures, intenses et dignes, des trois condamnés et par la reproduction des tracts diffusés par le mouvement.

  

Extrait d’un des tracts de la Rose Blanche :

« On ne peut pas discuter du nazisme, ni s’opposer à lui par une démarche de l’esprit, car il n’a rien d’une doctrine spirituelle. […] Depuis la mainmise sur la Pologne, trois cent mille juifs de ce pays ont été abattus comme des bêtes. C’est là le crime le plus abominable perpétré contre la dignité humaine et  aucun autre dans l’histoire ne saurait lui être comparé. […] Chacun rejette sur les autres cette faute commune, chacun s’en affranchit et continue de dormir, la conscience calme. Mais il ne faut pas se désolidariser des autres, chacun est coupable, coupable, coupable. »

 

Ce petit livre, bouleversant, rappelle si besoin était que l’individu, en toute conscience, peut refuser de s’assujettir au totalitarisme.

A aucun moment ces jeunes n’ont douté qu’ils risquaient, pour cela, de payer le prix fort, mais leur conviction est restée inébranlable, tout comme leur foi dans la capacité du peuple allemand à s’opposer au régime auquel il avait, inconsidérément, accordé les pleins pouvoirs.

 

L’histoire de la Rose Blanche, à mon sens, nous touche profondément, pour ce qu’elle est et aussi parce qu’elle atteint une incontestable dimension emblématique.

 

 

La Rose Blanche,  Six Allemands contre le nazisme - Inge SCHOLL

Les éditions de Minuit - 155 pages