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Titre du blog : Sur mes brizées
Auteur : Brize
Date de création : 23-04-2008
 
posté le 24-05-2008 à 10:13:20

"Les monades urbaines" ou Le Meilleur des Mondes version SILVERBERG

 

La Terre, année 2381.

La population s’élève maintenant à 75 milliards d’habitants, vivant dans des monades, gigantesques tours de 3000 mètres de hauteur. Chacune est divisée en strates, correspondant à des classes sociales (les dirigeants dans les étages du haut, bien sûr !) et portant le nom d’anciennes villes du monde.

L’existence tourne autour d’une croyance fondamentale, d’ordre religieux : les humains doivent croître et se multiplier. Les familles ont donc beaucoup d’enfants dans le cadre d’une vie sexuelle totalement libérée puisque, même si les couples existent, il n’y a aucun frein aux multiples relations hors union.

Dans cet univers clos des monades, l’homme, en paix avec lui-même et avec les autres, semble totalement heureux, absolument non désireux de se risquer à l’extérieur de sa propre ville et encore moins hors les murs.

 

Le premier chapitre décrit la visite d’un étranger, un « sociocomputer » de Vénus, en mission dans la monade 116, qu’il découvre en même temps que nous : appartements à la surface et aux mobiliers réduits, vie en promiscuité dans une totale impudeur, le tout légitimé par la nécessité d’utiliser au mieux l’espace disponible. Intrigué, voire choqué, le sociocomputer découvre ces pratiques, mais il n’est pas au bout de ses surprises…

 

Au fil du roman (dont une partie était, à l’origine, des nouvelles), l’auteur promène sa caméra dans les différents étages de la monade 116. En même temps qu’on appréhende mieux son fonctionnement, on fait ainsi la connaissance de divers personnages, qui vont ensuite se croiser.

Exceptionnellement, il peut arriver à certains d’entre eux de ressentir des difficultés à continuer à vivre dans la monade, ce meilleur des mondes…

 

Le tableau brossé par Silverger est impressionnant, dans son étude socio-psychologique du comportement humain en milieu clos. Il y fait d’ailleurs la part belle à l’aspect relations sexuelles, la liberté dans ce domaine engendrant l’absence de jalousie, garante de l’harmonie.

Le revers de la médaille apparaît pourtant dès le premier chapitre et la suite ne fera que confirmer ce que le lecteur pressentait : le prix à payer pour maintenir cette quiétude est élevé.

 

« Les monades urbaines » est le portrait glaçant d’une humanité confinée et maintenue dans une béatitude prolifique.

A cet égard, le style d’écriture utilisé par Silverberg est remarquable. Présent de l’indicatif, phrases courtes, narration relativement atone : les mots semblent à l’image de la vie dans les monades, lisse et apparemment sans surprise.

 

Ce livre m’a plu (même si la liberté sexuelle favorise plutôt les hommes, autorisés aux pérégrinations nocturnes… tandis que la femme reste chez elle !). Je suis contente de l’avoir lu, car c’est un classique de la science-fiction, paru en 1974, qui pose des questions originales et intéressantes.

Cependant, je suis restée sur ma faim pour tout ce qui concerne le contexte. Ainsi, il n’a pas été répondu à mes interrogations concernant les conditions d’émergence des monades et de cette nouvelle religion nataliste a priori fort peu rationnelle. De même, l’auteur n’explique pas pourquoi, conjointement aux monades, il continue d’exister des sociétés humaines à l’agencement différent, sur Terre ou sur Vénus. Sans doute s’agissait-il d’une volonté de l’auteur, qui tenait seulement à se focaliser sur les monades en elles-mêmes.

 

"Les monades urbaines", Robert Silverberg

éditons du Livre de poche, collection Science-fiction 

 

Commentaires

gruikman le 21-12-2010 à 00:35:25
Très bon livre je suis d'accord Clin doeil

Es-tu sûre que seuls les hommes peuvent se promener la nuit? Moi qui suis un homme, je ne me suis pas dit que ça ne pouvait pas fonctionner des 2 côtés... je dois être déformé Clin doeil.

Concernant le contexte, je trouve qu'il en dit pas mal tout de même et je m'imaginais assez une évolution progressive de l'humanité terrienne à cause de son choix assumé de se multiplier sans fin. Toute la société est construite autour de cette idée. Je n'ai pas eu besoin de plus. Et puis le style est remarquable mais il faudrait que je le lise en anglais pour mieux me rendre compte!
brize le 04-11-2008 à 10:06:36
et merci, Amanyte, pour cette nouvelle piste de lecture Sourire1 !
Amanyte le 03-11-2008 à 20:49:28
J'ai adoré cet auteur quand je dévorais la SF, à découvrir aussi un roman fabuleux "Les Ailes de la nuit" ... merci de nous faire découvrir des tas de lectures ...
brize le 29-05-2008 à 18:45:59
Super : une fan de SF ! Y'a de l'échange de titres dans l'air !
pom' le 29-05-2008 à 17:21:32
je suis une fan de SF, il faut que je decouvre cet auteur, je dois avois un de ces livres dans ma gigantesque PAL.