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Titre du blog : Sur mes brizées
Auteur : Brize
Date de création : 23-04-2008
 
posté le 19-10-2009 à 18:18:06

Ollivier Pourriol, ou le cinéma au service de la philo !

    Samedi dernier, j’ai eu le plaisir d’assister à une conférence donnée par Ollivier Pourriol,

« Les écrans de la philo »

 à l'auditorium de la belle et dynamique médiathèque de Viroflay (elle a ouvert ses portes l'année dernière).

   Ce fut pour moi l’occasion de découvrir ce jeune ex-normalien agrégé de philosophie,  ancien professeur, romancier (« Méphisto Valse », « Le Peintre au couteau », « Polaroïde ») et cinéphile averti, qui a trouvé moyen d’illustrer les concepts philosophiques de Spinoza et Descartes, entre autres, en ayant recours à une filmographie variée.

   Ainsi s’est-il, ce soir-là, appuyé sur différents passages de « American Beauty » de Sam Mendes (un film qui fut pour moi marquant) pour étayer sa présentation du concept de joie chez Spinoza (lié à celui d'éternité), au travers de ce qui arrive au héros, Lester. D’autres extraits, tirés cette fois du film « Les ailes du désir », de Wim Wenders, sont venus in fine prolonger cet exposé.

   Si les concepts philosophiques abordés ne m’ont pas paru moins difficiles à appréhender (1), j’ai beaucoup apprécié le parti pris très pédagogique (et ludique) d’amener l’auditeur à mieux les comprendre en se servant d’exemples tirés des films, tels qu’ils sont analysés par Olivier Pourriol.

   Ma grande fille de terminale tout comme l’amie qui l’accompagnait ont elles aussi goûté ce cours de philo d’un genre nouveau.

 

   Pour ceux que l’expérience tenterait, Ollivier Pourriol présente depuis quelques années ce même type de séances, intitulées « Cinéphilo », au cinéma MK2 à Paris (renseignements ici).

   Enfin, vous trouverez un écho de cette approche dans l’ouvrage publié par Ollivier Pourriol l’année dernière :

           « Cinéphilo »

(éditions Hachette littérature – collection Haute Tension - 405 p).

 

(1) extrait de "Cinéphilo" (p 177) :

   "Il n’y a pas d’introduction à Spinoza, de la même manière qu’il n’y a pas d’introduction à la philosophie : soit on reste au bord, soit on plonge. Il n’y a pas de petit bain, c’est directement le grand bain ou rien. On parle de démocratiser la philosophie. La philosophie serait à la mode, serait un phénomène de société. Mais c’est plutôt la société qui est un phénomène de philosophie. On ne comprend quelque chose aux rapports entre les hommes qu’en passant par le détour des idées. La démocratie est là : la philosophie est démocratique car elle est, en droit, accessible à tous, elle s’exprime dans le langage de l’universel, mais elle est aussi difficile pour n’importe qui. Penser est difficile. Comprendre Spinoza est difficile. Alain disait de Simone Weil, une de ses meilleures élèves, qu’elle était si douée qu’elle était bien capable d’avoir compris Spinoza. Ce n’était pas un mince compliment. Toutefois, Spinoza est connu comme le philosophe de la joie. C’est un indice que nous pouvons tâcher de persévérer dans sa connaissance. Pas pour le plaisir fat de devenir des spécialistes de ce philosophe, mais pour la joie de comprendre, de ressentir notre perfection propre, et de tâcher d’expérimenter, comme il dit, que nous sommes éternels…

     Alain a écrit, à destination de ses élèves, un petit livre très clair que je vous recommande, et qui s’intitule sobrement Spinoza. Dans la préface, il regrette le côté un peu scolaire, un peu « exposé », de son livre : « La philosophie est certes une grande chose ; on peut en faire tout ce qu’on veut, excepté quelque chose de plat. » Nous allons faire en sorte de ne pas tomber dans ce travers, même si nous pourrions aisément nous sentir aplatis par la grande ombre de Spinoza. Et c’est en nous appuyant sur l’écran, pourtant plat, du cinéma que nous allons donner du relief, de l’incarnation, du mouvement aux textes de Spinoza, qui certes sont lumineux par eux-mêmes et n’ont pas besoin de cet artifice – c’est nous qui en avons besoin. Mais, nous allons le voir, tout comme Descartes, Spinoza ne renie pas l’aide de l’imagination et de la fiction, il en dit même la fertilité et la richesse. Plongeons donc au cœur de L’Ethique, sans introduction, mais avec l’aide du cinéma. Si nous parvenons, grâce à lui, à ressentir des affects spinozistes, nous serons sur la voie des concepts."

 

Commentaires

brize le 21-10-2009 à 17:02:33
Oui, c'est ce que je vois smiley_id1992961 !
SD49 le 21-10-2009 à 16:04:17
ben dis donc, cela ne nous inspire pas la philo vu le nombre de commentaires !!!!!!!!!!!!!!