VEF Blog

Titre du blog : Sur mes brizées
Auteur : Brize
Date de création : 23-04-2008
 
posté le 08-12-2009 à 08:09:51

"Les hommes-objets au cinéma", Laurent JULLIER et Jean-Marc LEVERATTO

     Quand deux profs de fac (l’un d’études cinématographiques et l’autre de sociologie de la culture) s’associent pour étudier le cas des "Hommes-objets au cinéma", ça donne un petit ouvrage à destination du grand public pas déplaisant du tout !

   S’intéressant aux "liens complexes qui unissent corps et masculinité", son propos est d’"explor[er] la façon dont le cinéma a créé, commenté, contesté, noué et dénoué ces liens au fil des années". L’homme-objet est défini comme celui qui " livre la marchandise, |…] se repose en paix : son corps parle pour lui".

   On notera que le Larousse, qui ne connaît pas encore sa version masculine, donne de la femme-objet la définition suivante :  "femme considérée comme une chose ou un objet de désir". Quelle que soit la définition, le cinéma paraît de toute façon le lieu d’étude idéal de l’homme considéré sous cet angle, puisque ceux qui s’y donnent à voir deviennent les objets de notre regard. 

   Les auteurs balaient donc la représentation masculine au fil des époques dans le "cinéma grand public franco-italo-américain" en distinguant trois tendances successives : celle du "mystère masculin" , avant la seconde guerre mondiale (Douglas Fairbanks, Rudolph Valentino…), celle, après 1945, où domine l’image "des hommes, des vrais" (Kirk Douglas, Marlon Brando, William Holden, Paul Newman…), puis la période où ils apparaissent " jeunes et sensibles" (Montgomery Clift, , Alain Delon, James Dean…) et enfin, de nos jours (retour aux sources de la virilité, mais avec un bémol), "musclés mais fins".

   Alors, bien sûr, et les auteurs le soulignent, cette catégorisation n’offre qu’un repère global tolérant de nombreuses exceptions (il peut y avoir des chevauchements entre les périodes, rien n’est aussi figé) : ce sont les limites de cette présentation, liées au format court de l’ouvrage. De ce fait, les exemples de toutes sortes illustrant ces tendances abondent, autant que ceux les modulant, de même que les références à diverses études plus approfondies ayant déjà exploré ce domaine, au sein desquelles nos deux professeurs n’hésitent pas à butiner quelques citations dont ils font leur miel.

   Touffu, l’ouvrage m’a parfois donné ainsi une impression de fouillis, faute justement de pouvoir s’attacher à une thèse en la développant. Néanmoins, les points de focalisation nombreux et percutants donnent lieu à des propos toujours intéressants. Ceux-ci, il faut le noter, sont exposés dans un registre de langue soutenu, voire par moments inutilement jargonnant (l’utilisation répétée du verbe "performer" et de ses dérivés, néologisme bâti à partir de l’anglais "to perform", qui pouvait sans problème être remplacé par " jouer, interpréter" m’a d'ailleurs agacée).

   Enfin, et c’est évidemment le point fort de l'ouvrage qui n’échappera pas à ceux qui le feuilletteront, la mise en page est soignée et l’iconographie remarquable. Abondante et de qualité, bien choisie (la sélection a dû être terrible !) mais, cela va de soi, contestable en fonction des goûts des un(e)s et des autres (la photo de Daniel Craig sortant de l’onde et celle de Jean Dujardin en maillot de bain en grand format mais celle de Hugh Jackman en petit !), (j’ai illustré mon billet avec deux photos d’acteurs qui ne figurent pas dans le livre), elle est très agréable à découvrir (certaines photos plus que d'autres...), d’autant qu’elle s’accompagne de petites légendes analytiques pertinentes.

    Au final, un beau petit livre qui, s’il n’est pas parfait, possède à mon avis suffisamment de qualités pour qu’on y jette un œil au moment des achats de cadeaux-livres  !

   A noter que cet album, proposé à la découverte par Ulike, fait partie d’une nouvelle collection cinéma publiée chez Armand Colin (voir vidéo ci-dessous).

 

"Les hommes-objets au cinéma", Laurent Jullier et Jean-Marc Leveratto

Editions Armand Collin (128 p)

 

 

Commentaires

brize le 13-12-2009 à 18:33:31
Manu, tu crois que les pervers sauront davantage capter ton attention smiley_id119173 ?!!!
manu-- le 13-12-2009 à 16:57:01
Bof, je dois dire que la majorité des hommes cités ne me font ni chaud ni froid ! je verrai de ce qu'il en est des pervers de Restling :-D
brize le 12-12-2009 à 21:25:59
@ Soie : C'est pas faux Sourire !


@ Choupynette : à consommer sans modération, tu crois smiley_id119161 ?!!!
ChoupynettedeRestin le 12-12-2009 à 10:24:59
J'aime bien l'idée... l'homme-objet, rien que pour soi...miam!
Soie le 11-12-2009 à 12:56:33
Ce doit être agréable à effeuiller ... euh je voulais dire feuilleter ! rougis
brize le 09-12-2009 à 21:28:13
@ Neph : Pourquoi pas !


@ Ys : ça ne m'étonne pas de toi ( ça complètera certaines de tes lecturessmiley_id140561 ) Clin doeil1 !
Ys le 09-12-2009 à 11:50:04
Il me semble que je préfèrerais les pervers...
Neph le 08-12-2009 à 20:51:07
Je parlerai de celui sur le péplum demain ! Il m'avait l'air sympa, celui-là : je me demande si je ne vais pas l'offrir à une copine pour Noël !
brize le 08-12-2009 à 18:36:46
Diable Et oui, Restling, quand on préfère les Pervers aux Hommes-objets, faut assumer, après smiley_id119172!
Restling le 08-12-2009 à 16:53:28
Bon mais alors je suis la seule à avoir reçu Les pervers au cinéma ? smiley_id239863

Pour le coup, ça risque d'être un peu moins glamour... smiley_id239883
brize le 08-12-2009 à 11:44:21
@ Isil : L’acception retenue pour le terme « hommes-objets » (cf début de mon billet) est telle qu’elle autorise des analyses donnant, effectivement, l’impression de dépasser le cadre qui semblait initialement prévu à la seule lecture du titre.


@ Mango : Il vaut le coup d’œil.


@ Liliba : Tu crois que le Père Noël peut t’en apporter un ?!!!
liliba le 08-12-2009 à 09:25:54
Hum, j'en voudrais bien un pour Noël ! (pas le livre, mais un homme objet rien que pour moi !!!)
Mango le 08-12-2009 à 09:21:44
Je ne l'achèterai pas mais le feuilletterai volontiers si je le vois à la bibliothèque!
Isil le 08-12-2009 à 09:04:58
Nous avons parlé de cet ouvrage lors d'une rencontre de blogueuses. Celles qui l'ont lu lui reprochaient d'être souvent hors sujet et de montrer somme toute peu de véritables hommes-objets.